Kosovo: la finalité du mensonge
17 février 2008

Je m’en rappelle comme si c’était hier. Céline Galipeau, pleurant presque à la télévision, devant de longues files d’albanophones kosovars, soi-disant victimes d’une épuration ethnique et que la « communauté internationale » allait sauver. Cette pauvre Céline Galipeau, victime et complice d’une terrible opération de désinformation qui allait permettre aux États-Unis de « libérer » le Kosovo non pas pour lui donner la « liberté » mais pour mieux l’asservir et s’en servir comme d’une colonie-tampon entre les réserves de pétroles de la mer Caspienne et les marchés donnant sur l’Adriatique…

En effet, à la fin des années 90, on a un (long) moment cru que les réserves de pétrole de la Caspienne étaient supérieures à celle de l’Irak et peut-être même de l’Arabie Saoudite. Mais le problème, pour les États-Unis, était que les Russes pouvaient avoir accès facilement à ce pétrole, alors qu’aucun pays « ami » de l’Oncle Sam ne permettait d’acheminer le pétrole vers l’Occident. Et c’est là que le Kosovo devenait important: il était le lien entre la production et la distribution de pétrole.

Ainsi, tout comme ce fut le cas en Afghanistan, les services secrets américains se sont alliés avec les intégristes musulmans afin de créer des troubles; une subversion créée de toutes pièces. Ils ont commencé à s’attaquer à la minorité serbe de la province, brûlant des églises, violant des femmes et des enfants, tuant des vieillards. Ils ont fait régner la terreur afin d’entraîner la Serbie dans le piège-à-con. Et elle y est tombée! Car Slobodan Milosevic, comme tout bon président (élu démocratiquement) de n’importe quel pays, se doit de faire respecter l’ordre et de protéger sa population. Ainsi, il a dû envoyer des renforts pour faire cesser les troubles, ce qui a par la suite permis aux États-Unis de déclencher une guerre… qui elle seule fut responsable de l’exil des Kosovars, Serbes et Albanophones!

Avec le recul, on peut facilement affirmer que la guerre du Kosovo fut la plus grande opération de désinformation depuis la seconde guerre mondiale (mais tout de même dépassée par le 11 septembre 2001)!

Et maintenant, maintenant quoi? On a un nouveau soi-disant pays, appuyé par ceux qui ont financé les terroristes (les États-Unis) et présidé par un ancien terroriste, et dont la seule existence est une aberration culturelle et ethnique, un énième découpage d’une région déjà beaucoup trop morcelée.

Et pendant ce temps, un pays qui devrait exister depuis longtemps et a toutes les raisons d’exister, n’existera probablement jamais puisque même la cheffe du parti soi-disant indépendantiste a trahi son peuple, sa culture et sa langue…

À lire, ou à relire:

Le Kosovo, un otage de plus dans la guerre du pétrole
Kosovo ‘freedom fighters’ financed by organized crime
Démantèlement de la Yougoslavie
The Albanian Connection
Washington finance la guerre ethnique dans les Balkans

Pour mieux comprendre les guerres de Yougoslavie:

Emperor’s Clothes Articles on Yugoslavia

L’idéologie d’Alain Dubuc
5 novembre 2007

On ne risque plus de choquer grand monde en affirmant qu’Alain Dubuc est un piètre éditorialiste dont l’oeuvre se rapproche davantage de celle d’un propagandiste de la droite qu’autre chose. Je ne le lis plus qu’un oeil, le sourire en coin, le plus souvent pour rigoler. Mais rendons à César ce qui lui appartient: le chien-chien de Power Corporation a du talent.

Dans son dernier torchon, Dubuc laisse entendre que le PQ serait un parti de droite parce que la gauche et la droite ne seraient soudainement plus ce qu’ils étaient. Rien de moins.

« Dans les sociétés industrialisées, la ligne de partage repose de moins en moins sur l’opposition entre l’économique et le social. Ce qui distingue maintenant la gauche de la droite, c’est bien davantage le traitement des minorités, l’accueil des immigrants et l’exclusion. »

Dubuc est un apôtre de la fin des idéologies. Selon lui, l’idéologie n’existe plus que chez les autres, et elle aurait été remplacée par le « gros bon sens ». C’est un phénomène assez connu que les idéologies au pouvoir ont tendance à justifier leur place au soleil en se réclamant du bien commun et en affirmant que rien d’autre ne saurait exister en-dehors d’eux. Mais c’est faux. Dubuc a une idéologie, et son idéologie est le libéralisme économique à outrance, et cette idéologie est tout à fait de droite.

En cherchant à réduire le débat gauche-droite à de simples trivialités sur l’immigration et le traitement des minorités, Dubuc chercher à discréditer les politiques sociales qui pourraient émaner du PQ et à semer la zizanie au sein du parti, espérant qu’en lançant des roches à l’aile-gauche celle-ci réagira en critiquant le soi-disant virage à droite du PQ.

Oui, on a le droit d’affirmer que le PQ est un parti de droite. On peut parler de la désassurance des frais dentaires en 1982, du déficit zéro, etc. Ce ne sont pas là des mesures du « gros bon sens », mais un choix idéologique ayant toute une trainée de conséquences. Le virage à droite du PQ, s’il a eu lieu, n’est pas le moindrement relié aux minorités ou à l’exclusion au sens où l’entend Dubuc.

Et puis, si on en parlait d’exclusion? Si on parlait de ces personnes aujourd’hui à la bouche hideuse, qui n’ont pas été chez le dentiste depuis 1982 car elles n’en ont pas le moyens? Et si on parlait des jeunes qui ne poursuivent pas leurs études à cause des frais de scolarité trop élevés? Et si on parlait de jeunes immigrés qui doivent vivre dans la criminalité car un travail au salaire minimum n’arrive pas à leur permettre de vivre décemment? Et si on parlait de l’exclusion de la droite, de la vraie droite, de celle dont Dubuc fait la promotion à tous les jours dans ses torchons mais dont il n’ose à peine se réclamer?

Au fond, le vrai danger n’est pas que Dubuc arrive à convaincre quiconque ayant un minimum de culture politique. Il est trop évident que ce qu’il avance est faux et que son seul désir est de nuire au PQ. Non, le seul danger est qu’à force de répéter ses mensonges, il arrive à convaincre ceux qui ne s’y intéressent que d’un oeil. L’autre, celui que je tiens fermé.

« Un mensonge répété mille fois reste mensonge, un mensonge répété un million de fois devient vérité. »
-Joseph Goebbels

Et la question à mille dollars: pourquoi les journaux de Gesca lui permettent-ils de mentir aux Québécois jour après jour après jour après jours?

Nouvelle-poubelle
2 octobre 2007

La « nouvelle » de La Presse à Power Corporation, selon laquelle Gilles Duceppe prendrait sa retraite au lendemain des prochaines élections, est du journalisme de poubelle et une opération de désinformation au profit des Libéraux.

Ceux-ci, on le sait, sont au prise avec un grave problème de leadership, mais sont tout de même tentés de voter contre le discours du trône de Harper. Si le Bloc vote lui aussi contre, on va en élections et les Libéraux risquent d’en manger toute une.

Alors voilà, puisque La Presse de Power Corporation a de profonds liens avec le PLC (on se rappelle des liens personnels entre les Desmarais et la famille Chrétien), celle-ci veut absolument éviter la défaite du parti. Et le meilleur moyen d’y arriver est de donner du temps à la grogne d’avoir raison de Dion (pour le remplacer peut-être par Ignatieff, par exemple), et donc d’inciter le Bloc à ne pas précipiter le pays en élections.

Bref, en lançant le message que Duceppe quitterait au lendemain des élections, on incite le parti à éviter ces dites élections de peur de donner trop de munitions aux adversaires politiques ou de faire douter l’électeur indécis.

En terme de marketing désinformant, La Presse a fait un bon coup. Mais en terme de respect de la vérité et de journalisme sérieux, le journal confirme encore une fois sa profonde tendance jaunissante et le peu de crédibilité qu’on peut lui accorder.

Après les blogues poubelles, on a maintenant les journaux poubelles.

Désinformateurs sans frontières
6 août 2007

Reporters sans Frontières ou la désinformation sans frontières...Tous les principaux médias québécois ont rapporté, aujourd’hui, cette conférence de presse de Reporters sans frontières (RSF), qui dénonçait Pékin pour ses « violations des droits de l’homme », un an avant le début des Olympiques de 2008. Coup d’éclat médiatique en faveur de la liberté d’expression ou campagne de subversion contre la Chine? En la matière, RSF ressemble de plus en plus à outil de propagande au service des États-Unis.

Puisque le passé est souvent garant du futur, regardons deux exemples: Cuba et le Vénézuela.

Dans le premier cas, l’ex-agent secret cubain et reporter de RSF Nestor Baguer a rapporté avoir rencontré Robert Ménard, secrétaire-général de l’organisation, en septembre 1998. À cette occasion, Ménard lui a offert de l’argent et un portable pour l’inciter à devenir « collaborateur ». Mais par la suite, les relations entre les deux se sont envenimées, comme le rapportait Baguer:

« Il était en colère contre moi et ils ont nommé un autre représentant. Il disait que je n’étais pas assez agressif. Il me donnait l’exemple d’autres personnes qui envoyaient des informations, qui disaient qu’il y avait des grèves de la faim et ce n’était pas vrai. Une fois où il a été question d’une telle grève, je me suis personnellement rendu sur les lieux dans le quartier de Santo Suarez. Je suis entré à une heure où l’on ne m’attendait pas. Et j’ai trouvé ces gens-là en train de faire chauffer une soupe au poulet. Tout était faux. »

Non seulement RSF a été une fabrique à désinformation (littéralement, qui organise de l’information frauduleuse pour induire les gens en erreur), mais les méthodes de Ménard ressemblent à s’y méprendre à celles des agents de la CIA…

Au Vénézuela, c’est la même désinformation. Le 12 avril 2002, pendant le coup d’État (avorté) financé par la CIA, contre Hugo Chavez, RSF s’adressait « aux nouvelles autorités » (leur donnant ainsi une crédibilité) et affirmait que Chavez avait démissionné, ce qui était évidemment faux.

Mais dès qu’il est question de la liberté de presse dans les pays « développés », c’est le silence radio. Après tout, on ne mord pas la main qui nous nourrit. Maxime Vivas l’explique bien:

« Quant à la liste fournie par RSF sur ses interventions dans dix pays riches, c’est de la poudre aux yeux, le minimum syndical. Aucun ne figure d’ailleurs aujourd’hui en première page de son site, lequel épingle huit pays pauvres. RSF « proteste » parfois contre les puissants, mais sans aucune action spectaculairement affichée et suivie et surtout pas contre le pays qui a tué le plus de journalistes dans le monde ces dernières années : les USA. »

Et quelle est cette main qui nourrit RSF? Notamment la CIA, le NED (National Endowment for Democracy), un outil de subversion étatsunien, l’IRI (International Republican Institute), qui est reliée à l’administration Bush et est un satellite du NED…

Ainsi, c’est ce NED qui a offert 20 millions $, en janvier 2005, à l’opposition vénézuelienne, dont 40 000$ à RSF, sans doute pour l’inciter à poursuivre « le bon travail »…

Alors quand Reporters sans Frontières annonce une conférence de presse pour dénoncer quoi que ce soit, quand bien même ce serait la réincarnation d’Hitler incarné dans le corps de Staline avec la dentition de Dracula, je prends toujours ça avec un gros grain de sel!

La désinformation de Gesca III
10 mars 2007


Nouvelle tentative de Gesca inc. aujourd’hui de faire déraper la campagne électorale. Voici le titre du texte: Philpot embarrasse de nouveau son chef.

À quoi s’attend-on en lisant un titre pareil? On croit qu’il a dit quelque chose de déplacé suite à la dernière controverse sur le Rwanda made by LaPresse (voir La désinformation de Gesca II). On se dit qu’il en a rajouté, ou encore qu’il a dit quelque chose de controversé encore une fois ces derniers jours.

Mais quand on lit le texte, on se rend compte qu’il s’agit d’une simple phrase tirée d’un livre… publié il y a deux ans! Philpot y écrit que la nomination de Michaëlle Jean comme gouverneure-générale était une manière de légitimer le coup d’État en Haïti, coup d’État auquel le Canada a participé. Bon, ok, c’est légèrement controversé, surtout concernant Michaëlle Jean. Mais on a dit bien pire à son sujet. Et pour le coup d’État, c’est effectivement ce qui s’est produit, selon le très respecté intellectuel Michel Chossudovsky.

Encore une fois, on voit Gesca inc. et son empire s’immiscer dans la campagne électorale et chercher à imposer son agenda politique. Non seulement le fait-elle en mettant en première page des textes qui devraient se retrouver très loin dans le journal, mas elle met au travail ses chroniqueurs et même ses blogueurs dans son entreprise de désinformation.

Quand vous lisez La Presse, Le Soleil, ou que vous visitez Cyberpresse, n’oubliez pas que vous lisez la vision du monde selon Gesca inc., qui appartient à Power Corporation, une entreprise hyper-puissante qui a des intérêts majeurs dans de nombreuses entreprises qui profiteraient de politiques économiques plus à droite, telles que proposées par le PLQ et l’ADQ.

Ne l’oublions jamais: 97% de la presse au Québec est contrôlée soit par Power Corporation, soit par Quebecor.

Et ces deux entreprises ont le même agenda politique: s’enrichir à tout prix.

La désinformation de Gesca
8 mars 2007


Nouvel épisode de la lutte de Gesca inc. (filiale de Power Corporation) pour nuire au PQ aujourd’hui. D’abord, on sort la « nouvelle », c’est-à-dire qu’on rappelle que Robin Philpot a écrit, dans un livre publié en 2003(!), qu’il n’y a pas eu de génocide au Rwanda, mais plutôt des massacres des deux côtés. Ensuite, on a le trop souvent à-plat-ventriste Patrick Lagacé qui y va de son petit jeu intitulé Une envie de vomir et dont on se demande en le lisant s’il comprend bien de quoi il parle.

Toute cette histoire donne effectivement envie de vomir. Pas le livre de Philpot, mais plutôt la petite « game » de Gesca inc.

Premièrement, le livre de Philpot a été écrit il y a quatre ans. Ça avait fait un mini-scandale à l’époque, mais c’est rien, absolument rien de nouveau. Le rappeler aujourd’hui ne sert qu’à tenter de contre-carrer les mauvais pas de l’ADQ et du PLQ des derniers jours. Car, ne l’oublions pas, plus on applique un programme néolibéral, plus Power Corporation et Gesca feront de l’argent. Ils ont intérêt à ce que le PLQ ou l’ADQ gagnent.

Ensuite, je ne sais pas ce qui s’est réellement passé au Rwanda. Vous y étiez? Moi non plus. Philpot a le droit d’émettre sa théorie. C’est quoi cette petite montée de lait consistant à pousser de hauts cris en pleurnichant « il n’a pas le droit de dire ça »? Oui, il a le droit de dire ça. Qu’on juge ses arguments; après on verra. Lui, il s’est intéressé au sujet. Et Patrick Lagacé, il sait quoi sur le Rwanda, lui? Et vous?

Finalement, je trouve que Boisclair a manqué une belle occasion d’éviter le croc-en-jambe quand il a déclaré, ce matin, qu’il allait parler à Philpot avant de prendre une décision quant à l’avenir de celui-ci. Il aurait dû déclarer « je crois qu’il y a eu génocide, mais le candidat Philpot a le droit à ses opinions et cela ne remet pas en question les conidérations du parti pour les victimes de cette barbarie, peu importe le nom qu’on lui donne ». En embarquant dans le jeu de Gesca, Boisclair donne de l’importance à quelque chose qui n’en mérite pas.

Mais la grande perdante de cette histoire, c’est la liberté de presse. On se rend compte de plus en plus qu’il ne faut pas se fier aux médias et que certains, surtout ceux appartenant à Gesca inc., ont la fâcheuse tendance à jaunir au moment des campagnes électorales.

À lire: La désinformation de Gesca

Mise à jour (11h30):

J’ai écrit un message sur le blogue de Patrick Lagacé expliquant que tout ceci part de Gesca et que ce n’est rien de nouveau, mais on n’a pas jugé bon de publier mon commentaire. Vous voyez, on ne badine pas lorsqu’il est question de protéger l’employeur du beau Patrick!

La désinformation de Gesca
23 février 2007


Vous rappelez-vous du débat des chefs de 2003? Charest avait utilisé une affirmation de Parizeau, sortie à la toute dernière minute, pour intimider le chef du PQ, Bernard Landry. Mais qui avait sorti cet article? Le groupe Gesca, qui appartient à Power Corporation, et qui a un agenda néolibéral bien connu (Power Corporation possède notamment la Great West Life Co., qui ferait des milliards $ si on privatisait la santé…), a été derrière cette opération.

Lire le texte: L’« affaire Parizeau » : Coup monté de Power Corporation ?

Nous revoici en campagne électorale, et Gesca nous refait le même truc, notamment sur Cyberpresse.

Tiens, aujourd’hui, le texte intitulé Vente du Mont-Orford : Boisclair reste vague. Quand on lit le texte, on se rend compte que Boisclair n’est pas vague du tout: la nouvelle est claire et sans équivoque, si le PQ est élu on ne va pas privatiser le Mont-Orford. C’est très clair. Mais plutôt que de se concentrer sur la nouvelle, Gesca préfère souligner le soi-disant vague très approximatif de petits détails sans importance pour lui nuire.

Hier, j’ai vu de nombreux exemple semblables, et j’aurais dû les noter car dans les archives les titres semblent avoir été changés. C’est assez subtil comme façon de procéder, mais en clair on prend une nouvelle « x » et on lui donne un titre temporaire qui favorise systématiquement le PLQ ou l’ADQ. Exemple: si Boisclair attaque Charest sur ses promesses en santé, on soulignera la « réponse cinglante de Charest » plutôt que l’attaque justifiée du premier.

Désinformation 101.

Voilà pourquoi les blogues sont importants. Dans un univers médiatique québécois monopolisé par les intérêts financiers, il est difficile de trouver une alternative au quotidien à ce rouleau-compresseur de la pensée unique.