Titanic Boisclair
27 avril 2007

J’écrivais dans Cannibalisme inc. qu’on doit juger un homme à ses actions et non seulement à ses paroles. Philippe Edwin-Bélanger en a fait une brillante démonstration en claquant la porte de son poste de président régional du PQ de la région de Québec. Il a affirmé que Boisclair avait peur du verdict des militants lors d’un congrès national et que cela expliquait sa volonté de le repousser à 2009. Et il a choisi de partir, estimant qu’il avait mieux à faire que de parler du chef à tous les jours plutôt que de parler des véritables enjeux.

La situation actuelle au PQ ne peut plus durer. On est tellement occupé à débattre du manque de leadership d’André Boisclair qu’on n’a plus d’énergie pour le reste. On n’arrive plus à jouer le rôle de l’opposition, qui est de critiquer le gouvernement tout en proposant des alternatives constructives. Au niveau médiatique, le PQ a l’air d’une bande de fossoyeurs et de charognards s’entre-déchirant autour d’un corps mort.

Et on connaît l’importance de l’impact médiatique pour gagner des élections.

Ainsi, dès 1998, Jean Charest a été de toutes les tribunes comme chef de l’opposition. Il a passé son temps à critiquer tout ce que faisait le PQ, à proposer des alternatives. Il se disait prêt à gouverner; tellement prêt que le « je suis prêt » est devenu son slogan lors des élections de 2003. Et il a gagné.

André Boisclair pourrait-il faire la même chose? Non. Et peu importe la raison. Il a beau être un bon gars, un honnête politicien, un bon vivant, un homme qui connaît ses dossiers; le courant ne passe pas, il n’arrive pas à diriger ses troupes et la mutinerie qui couve est en train d’emporter le bateau.

D’un parti sans chef, le PQ s’est retrouvé avec un capitaine sans crédibilité ni carte nautique, et lentement mais sûrement le bateau dérive. Des milliers de voix s’élèvent et crient: « attention, iceberg droit devant ». Mais qui écoute?

Seul aux commandes, le capitaine Boisclair continue de dire que tout va bien et donne l’ordre de continuer.

S’il ne part pas, s’il ne laisse pas de côté son orgueil pour le bien du parti et de la cause, le navire du PQ sera bientôt une épave et on se rappelera avec nostalgie du départ de Edwin-Bélanger comme ayant eu lieu à un moment où il était encore temps de changer de cap.