Le pic pétrolier, c’est maintenant!
23 octobre 2007

Pour ceux qui en doutaient encore, lisez bien cette nouvelle. Ce n’est plus le moment de tergiverser et de branler dans le manche: le baril de pétrole vaut neuf fois son prix de 1998, le charbon a doublé en cinq ans, l’uranium a triplé, l’or et l’argent ont plus que doublé aussi. C’est la fuite en avant vers tout ce qui pourrait permettre de produire de l’énergie dans ce monde qui va bientôt manquer de pétrole pour assurer sa croissance économique.

Mais pourquoi les compagnies pétrolières, qui font des profits à tous les ans, ne parlent pas du pic pétrolier?

«Nous sommes face à un déni institutionnel. Les sociétés pétrolières ne peuvent que taire la vérité, sans quoi le cours de leur action risquerait de s’effondrer» a ajouté le député allemand Hans-Joseph Fell, co-fondateur de EWG.

Non seulement ça, mais quand on regarde leurs bilans financiers, on se rend compte que leur croissance est presque exclusivement constituée d’acquisition de rivales et de prise de contrôle de vieux puits; bref y a rien de nouveau. Ce n’est qu’une question de temps avant que ça pète pour de bon.

Pendant ce temps, il est de plus en plus probable que le baril de pétrole monte à 100$ cet hiver, et avec cette hausse les prix à la pompe augmenteront aussi. Beaucoup d’argent sera drainé des citoyens vers l’énergie, et donc moins sera disponible pour la consommation et la croissance économique. On peut donc s’attendre à une hausse de l’inflation et à une baisse de la croissance, voire à une récession (du moins, aux États-Unis).

Pendant ce temps, Bush parle d’attaquer l’Iran, un important producteur de pétrole dont les ressources sont convoitées par la Chine…

Le géant déstabilisé
20 septembre 2007

Le système économique mondial a rarement paru aussi fragile. La crise des prêts hypothécaires aux États-Unis, de même que le peu de certitudes quant aux stocks de pétrole (et à la capacité d’augmenter l’offre pour répondre à une demande absolument croissante) font trembler le géant du sud. Mais la situation est-elle si alarmante? Je crois que oui.

En effet, tout le système actuel est basé sur le dollar, qui lui-même est profondément dépendant du pétrole. Si celui-ci venait à manquer, comme cela semble être de plus en plus le cas avec le pic pétrolier, le système n’aurait d’autre choix que de s’effrondrer, puisque tout, absolument tout notre mode de vie est basé sur le pétrole, de l’alimentation (engrais, machinerie, transport, emballage) à notre transport en passant par tout ce que nous utilisons qui soit en plastique.

Attention, je ne dis pas que le pétrole va disparaître demain matin. Non, il y en aura probablement pour encore 400 ans. Le problème, c’est la fin du pétrole à bon marché. C’est ce moment précis où la courbe de la demande croise celle de l’offre et où les prix partent à la hausse et entraînent toute une panoplie de conséquences: inflation, récession, dépression, pénuries diverses, etc.

Et pendant ce temps, ou du moins jusqu’à ce moment, le déficit commercial des États-Unis augmente constamment, atteignant la somme de plusieurs milliards $ par jour. Les investisseurs ont de moins en moins confiance et la monnaie chute. Signe que cette chute ne fait que commencer, la quantité de monnaie disponible (ou imprimée) n’est plus annoncée publiquement depuis maintenant près d’un an. Autrement dit: on fait rouler la planche à monnaie pour financer la balance commerciale négative et on a choisi de laisser le dollar se déprécier.

À terme, ce qui risque de se produire? Un effondrement majeur, à moins que les États-Unis soient en mesure de trouver des sources multiples et très importantes de liquidités et de pétrole. Si cela signifie envahir l’Iran, il faudra le faire. S’il faut organiser un autre coup d’État contre le Vénézuela, ce serait fait. S’il faut augmenter la production de pavot en Afghanistan, on le fera. Mais de toute façon, ça ne changera rien au résultat.

L’empire tremble, et il est prêt à tout pour ne pas tomber.

Comme l’explique Gabor Steingart dans un excellent texte publié dans le Der Spiegel, en octobre 2006:

« La dépendance des banques centrales étrangères vis à vis du dollar [U.S.] va retarder le crash, mais il ne le préviendra pas. La congère de neige d’aujourd’hui deviendra l’avalanche de demain. Des masses de neige sont déjà en train de s’accumuler à une vitesse époustoufflante. L’avalanche pourrait se produire demain, dans quelques mois ou d’ici quelques années. La plupart de ce que les gens considèrent aujourd’hui comme immortel va être emporté par la crise globale de la monnaie – peut-être même le rôle de leader des États-Unis. »

Et nous, en attendant la chute, on fait quoi? On se met la tête dans le sable en disant que tout va bien ou on vit dans l’angoisse perpétuelle? Ou peut-être qu’on se prépare, mais comment?