Laissons Andrew Coyne vomir son Maclean’s
27 septembre 2010

Que n’importe quel torchon canadien écrive quoi que ce soit à propos d’un soi-disant gène structurel ou intrinsèque typique des Québécois et les poussant à la corruption ne devrait même pas nous surprendre ou nous choquer. L’histoire du journalisme jaunissant canadien regorge de ce racisme abâtardi, des incitations à la haine et à l’émeute de The Gazette ayant mené à l’incendie du parlement de Montréal en 1849, en passant par les hallucinations de Jan Wong qui établissait un lien entre la tuerie de Dawson et la Loi 101, en 2006, ou encore par les insanités de Diane Francis et autres créatures qui, dans un pays sainement constitué, auraient de la difficulté à tenir captive une audience d’une dizaine de personnes.

Dès qu’il est question du Québec, le vieux fond orangiste, suprémaciste et raciste colonial des Canadiens prend le dessus sur ce qui devrait leur faire office de cerveau et c’est avec une insolente bonhommie qu’ils défèquent sur notre nation et se prétendent observateurs de notre prétendue infériorité, nous, les colonisés, qui ne mériteraient que de disparaître ou d’être enfin civilisés. Et nous qui avons tellement peur d’exister, nous qui ne sommes Québécois que du bout des lèvres, mordons à l’hameçon de notre propre infériorisation.

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Réglons la question dès le départ. Les arguments de Maclean’s sont tellement faibles qu’il est d’une facilité déconcertante de les invalider.

  • Le Québec, plus corrompu que le reste du Canada? Allons donc. Disons plutôt que le Québec règle ses problèmes de corruption quand ils arrivent. Trois premier ministres de la Colombie-Britannique ont démissionné à cause de scandales de corruption au cours des dernières décennies et le Canada lui-même s’est construit sur la corruption de John A. MacDonald.
  • La corruption, symptôme du nationalisme québécois? N’importe quoi. C’est bel et bien Lévesque qui a instauré les règles les plus strictes de gouvernance et aucun gouvernement du Parti Québécois – malgré tout ce qu’on peut lui reprocher – n’a jamais été accusé du tiers des actions reprochées présentement à Charest.
  • La corruption, causée par une trop grande présence de l’État? C’est exactement le contraire! Les données démontrent que les pays les moins corrompus (Nouvelle-Zélande, Danemark) sont ceux qui ont une présence étatique plus importante alors que les plus corrompus (Somalie, Afghanistan) n’ont pour ainsi dire pas de gouvernement ni d’institutions; en fait, c’est d’une logique implacable: c’est bel et bien le privé qui augmente les risques de corruption et c’est toujours parce que l’État se désengage et réduit ses garde-fous que les enveloppes brunes circulent plus facilement.

Maintenant, passons aux choses sérieuses. Qu’en avons-nous à foutre de l’opinion du Maclean’s ou de n’importe quel autre revue jaunie? « C’est une revue sérieuse », qu’on entend dire un peu partout. Ah oui? C’est quoi le sérieux pour vous, dites-moi? Du papier glacé, une propriété de Rogers et du papier de toilette à fleur de lys? Non, le Maclean’s n’est pas plus ou moins sérieux que n’importe quel autre média. En fait, il nous prouve, avec cette aberration, qu’il est tout sauf sérieux. Il entretient les mythes à l’égard du Québec chez les Canadiens et il contribue à démontrer, comme l’a affirmé Bernard Landry aujourd’hui, qu’il y a bel et bien deux nations dans ce pays.

Ne serait-il pas temps un peu pour nous d’arrêter de sur-réagir quand n’importe quel scribouilleur vomit sa prose sur notre nation? Ne serait-il pas temps de comprendre et d’accepter que c’est NORMAL que le Canada, à l’aide de ses médias, se serve de n’importe quel prétexte pour démoniser les Québécois? Ce n’est pas notre faiblesses intrinsèque qui est mise en cause ici, mais plutôt notre statut de peuple conquis ayant des réflexes du colonisé plus à l’écoute des besoins de son maître que de ses propres désirs de liberté. Oui, Maître. Merci, Maître. Voulez-vous vous essuyer encore davantage les pieds sur mon dos, Maître? C’est ce que nous sommes: des conquis.

Maintenant, si nous voulons changer les choses, si nous voulons à nouveau être un peuple fier, qu’on ignore un peu ce qu’écrivent ces ferrailleurs de la stupidité et qu’on cesse de se préoccuper des « quand dira-t-on » canadiens. Nous avons le droit d’exister, nous avons le droit de vouloir la liberté et les mensonges ne changeront jamais rien à notre fierté; ils ne peuvent que renforcer notre désir de nous séparer d’un Canada fétide, raciste et francophobe où pullulent toutes sortes de déchets journalistiques à la Andrew Coyne.

Corruption: où sont les manifestants?
28 novembre 2009

Que le gouvernement Charest ne veuille toujours pas d’une enquête publique sur la corruption dans le milieu de la construction, on peut comprendre. Qui sait ce qu’on trouverait sous cette lourde pierre immobile d’un parti traditionnellement plus près des milieux d’affaires que des petites gens? Cela, on le comprend. Ce qui inquiète, par contre, c’est que les éditorialistes et quelques organisations diverses soient les seuls à réellement la demander. Les gens ordinaires, les artistes et les activistes, ils ne descendent pas dans la rue pour ces choses.

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Pourtant, en février 2004, ils étaient plus de 4000 dans les rues de Montréal à manifester contre le projet du Suroît, à Beauharnois, où le gouvernement voulait construire une centrale thermique. À cette manifestation, organisée par la coalition Québec « vert » Kyoto, étaient présents la Coalition québécoise contre la pollution atmosphérique, Nicolas Reeves, le fils du scientifique Hubert Reeves, l’Union des consommateurs, le Collège des médecins en médecine familiale, le groupe de musique les Cowboys Fringants…

Et pourtant, en avril 2006, ils étaient près de 12 000 à manifester contre le projet de privatisation partielle du Mont-Orford, dont un proche du Parti Libéral devait obtenir la propriété. La manifestation avait été organisée par la Coalition SOS Parc Orford, où se sont regroupés l’Association de préservation du lac Magog, l’Association des propriétaires riverains du lac Bowker, l’Association pour la protection de l’environnement du lac Orford, l’Association pour la protection de l’environnement du lac Stukely, la Fondation Marécage Memphrémagog, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP), le Club de conservation chasse et pêche, le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE), les Amis du parc du Mont-Orford, Memphremagog Conservation Inc. et Nature Québec. Des dizaines d’artistes ont dénoncé le projet; Richard Séguin a même écrit une chanson en l’honneur du Mont-Orford sur son dernier album.

L’air pour le Suroît, l’eau, la terre, la nature pour le Mont-Orford. Voilà des thèmes qui inspirent, qui regroupent les écologistes, qui font rêver les artistes, qui mobilisent les foules. Mais quand la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) perd 40 milliards de dollars, ou quand on soupçonne que les soumissions sont systématiquement gonflées pour payer les amis du parti et que le gouvernement s’est engagé à dépenser 42 milliards de dollars, en PPP, pour rebâtir nos infrastructures, où sont les citoyens? Où sont les organisations, les coalitions, les artistes, les amis du peuple et les bons camarades du plateau Mont-Royal? Les chiffres ne sont pas vendeurs. Quarante milliards par ci, quarante-deux milliards par là; ce ne sont que des chiffres, non?

Non.

Au-delà des chiffres, il y a la richesse produite par les Québécois et la capacité de s’en servir à bon escient.

Ainsi, combien de centrales éoliennes, hydro-électriques ou solaires, pouvant produire de l’énergie propre, pourrait-on construire avec une quarantaine de milliards de dollars? Quel magnifique et gigantesque parc ne pourrait-on pas s’offrir avec la même somme? Mais ça, on ne le voit pas. Ou on l’oublie.

On part du principe que l’argent gouvernemental sert soit à baisser les impôts, soit à payer les programmes. On s’est enchaînés dans une logique défensive où on a oublié jusqu’à la possibilité que l’argent – notre argent – puisse servir à améliorer notre vie commune. On préfère s’attacher à un tronc d’arbre pour éviter qu’il ne soit coupé au lieu de se battre pour qu’on puisse en sauver dix.On préfère se battre pour que le gouvernement réduise les cibles de CO2 pour Kyoto plutôt que de se demander ce qu’il aurait pu faire comme progrès écologiques avec une quarantaine de milliards de dollars. On a évacué le domaine des chiffres pour les laisser aux comptables. Et les comptables, eux, ils calculent, sans se soucier de nos besoins.

En fait, l’absence de mobilisation de masse contre les pertes de la CDPQ ou contre la corruption possible du gouvernement ne constitue qu’un signal supplémentaire de la résignation des citoyens quant à leur capacité à opérer un réel changement dans le système. Empêcher la construction d’une centrale thermique, bloquer la privatisation d’un parc, d’accord, mais tant qu’on ne touche pas aux véritables enjeux, aux grosses sommes d’argent. Déstabilisés par un jeu politique qu’on ne comprend plus, on bouge au pièce par pièce, n’attendant qu’un morceau offrant assez de poigne pour s’y accrocher jusqu’à l’excès. Pendant ce temps, la roue continue de tourner.

Et si, pour une fois, on osait changer l’ordre des choses? Et si on descendait dans la rue et qu’on ne se contentait pas d’un petit changement pour nous attendrir, mais qu’on remettait en cause une façon de fonctionner où notre gouvernement semble s’acoquiner avec des entreprises privées pour gaspiller notre argent en faveur d’entreprises corrompues nous offrant des services de moindre qualité et trop chers?

Avant de penser à hausser nos tarifs et impôts ou de couper nos services, il faudrait peut-être s’assurer que notre gouvernement gère notre argent avec la même hardiesse que celle qu’il emploie pour défendre ses amis du privé.

Et pour qu’il le fasse, il devra être forcé de le faire. À la vie comme en politique, tout est question de rapport de force.

La gangrène politique
5 novembre 2009

Je lisais cet énième article démontrant les liens entres personnages politiques et entreprises de construction. Sur une photo, on voyait l’ancienne ministre Jérôme-Forget poser fièrement à côté de la fille de Tony Accurso et de deux secrétaires-trésoriers de la FTQ-Construction. Je me suis demandé: existe-t-il un seuil de scandales à partir duquel on devient insensible? S’habitue-t-on réellement à une réalité aussi médiocre?

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Peut-être que oui. Ça m’a fait penser à un roman de Stephen King où une femme menottée qui, devant la menace de crever de faim et de soif, s’enfonce un morceau de vitre dans le poignet, s’arrache la moitié de la main avant de tirer bien fort sur celle-ci et d’observer sa peau se peler contre la menotte et exposer sa chair à vif. Il arrive un moment où, dans toute l’opération, la douleur devient une information comme une autre. Où le cerveau, las des signaux de détresse répétés envoyés par les nerfs, décide de fermer boutique. « Bon, ok les nerfs, on vous a assez entendu pour aujourd’hui! » La douleur existe toujours, mais ce n’est qu’une information comme une autre. Une nouvelle en page B-8.

Or, c’est un peu ce qui semble en train de se produire avec les scandales de collusion et de corruption. Les révélations sont toujours aussi percutantes, toujours autant inquiétantes, mais une certaine lassitude semble s’être emparée des citoyens. Un accablement, ou peut-être une certaine résignation. Comme si on avait décidé de sacrifier sa main dans la menotte et qu’on ne voulait pas perdre davantage d’énergie à la sauver. Comme si, épuisés de s’être tant indignés en vain depuis des semaines pour voir le même insignifiant jouer les naïfs à l’Hôtel de ville de Montréal et les mêmes élites politiques tenter de noyer le poisson, les citoyens avaient décidé de lâcher prise. D’abandonner le moignon ensanglanté d’où dégoulinent nos idéaux.

On se croyait beau, on se croyait fin, on se croyait civilisé. On se croyait à l’abri. La corruption, les enveloppes brunes, la mafia, c’était bon pour la Sicile ou le Mexique. Ou en Russie, ou en Chine. Ou même aux États-Unis. Ici, pas de question, pas de de problème, tout allait bien! On s’acoquinait ouvertement avec des entrepreneurs privés, on donnait les contrats à qui mieux-mieux, on se faisait gratter le dos pendant qu’on graissait la patte d’un autre. « Pas pwoblême, missié! »

Il est peut-être temps de faire face à la réalité: notre système n’est pas davantage protégé des fausses sirènes aux enveloppes brunes que n’importe quel autre. Et plus on ouvre la porte aux entrepreneurs privés pour qu’ils fassent le travail que nous ne voulons pas faire faire par des employés de l’État, plus les risques de corruption sont élevés. Nous avons besoin d’un État fort et ultra-vigilant pour retenir ce magma abject qui s’égoutte au-dessus de nos têtes et qui transforme notre ville et notre province en la risée puante de la planète.

Car quand les citoyens eux-mêmes ne réagissent plus à cette gangrène qui grignote insidieusement la plaie ouverte de nos institutions, quand les électeurs ne bronchent même plus lorsqu’on leur annonce qu’une partie d’eux-même est en train de pourrir et que tout le corps risque d’y passer si rien n’est fait, c’est d’un électrochoc dont nous avons besoin. Un puissant cri en pleine face du patient: « MONSIEUR VOUS ALLEZ MOURIR SI ON NE VOUS AMPUTE PAS! ».

Ce hurlement, cet électrochoc nous tirant de notre torpeur, porte un nom: une commission d’enquête publique.

Vous trouvez l’image ci-haut dégoûtante? Moi aussi. Mais ce dégoût n’est rien en comparaison de ce que m’inspire le Parti Libéral du Québec avec son refus obstiné de faire la lumière sur toutes ces malversations et d’enfin amputer la partie infectée de ce système déficient.

Sur le coup, une enquête, une amputation, ça fait mal. Mais c’est toute la confiance des citoyens en leurs institutions qui risque d’être détruite pour très longtemps si on ne l’organise pas.

Et ça, c’est pire que tout. Ça ouvre la porte aux pires dérives.

Le vote ethnique
2 novembre 2009

« Ici git un peuple mort de bêtise! » – Olivar Asselin, en parlant de l’épitaphe à apposer sur la tombe des Canadiens-français dans le cimetière des peuples.

Choc et stupeur. On a tellement lu et entendu parler de la corruption de l’administration Tremblay qu’on avait presque oublié qu’il pouvait être réélu. Imaginait-on sérieusement qu’après avoir lu tout ce que des médias comme Rue Frontenac, La Presse, Le Devoir, TVA et Radio-Canada ont révélé à propos de cette administration, on allait véritablement le réélire?

Et si, dans les faits, ceux qui ont voté pour lui hier sont précisément ceux qui ne lisent ni Rue Frontenac, ni La Presse, ni Le Devoir, ni TVA et ni Radio-Canada? On pourra faire des dizaines d’analyses sur ces résultats, mais à la fin, une seule conclusion s’imposera: les francophones ont voté pour trois partis alors que les non-francophones et les immigrants ont voté pour seulement deux. C’est cette concentration du vote anglophone et allophone, allié à l’incapacité pour les francophones de voter en bloc, qui ont permis à Tremblay de se faire réélire.

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En fait, quand on regarde les résultats (encore incomplets), on se rend compte que le véritable « éléphant dans la pièce » dont tous les journalistes parlaient n’était pas l’éthique. Ou plutôt, l’éléphant de la corruption était peut-être dans le salon, mais celui des enjeux linguistiques se trouvait confortablement assis sur nos genoux, cachant tout le reste. Les anglophones ont voté massivement CONTRE Louise Harel, la « méchante séparatiste unilingue française », préférant la mafia, la corruption, les nids-de-poule et la grisaille d’une ville-cancre à l’élection d’une souverainiste fière de ses origines.

Le vote anglophone fut donc tout à fait ethnique et raciste, quoi qu’on en dise. Peu importe le programme, peu importe les idées, peu importe les projets, les anglophones ont voté CONTRE Louise Harel parce qu’elle fait partie du 40-50% de la population du Québec qui croit à l’indépendance. Ce vote anglophone fut donc un vote d’exclusion, de repli sur soi.

Par exemple, dans Côtes-des-Neiges, où le pourcentage d’immigrants dépasse 47% et où le français n’est parlé à la maison que par 28,9% de la population, le candidat d’Union Montréal a gagné avec près de 52% des votes, contre 26% pour Projet Montréal et un maigre 17% pour le parti de Louise Harel. À l’opposé, dans Rosemont-Petite-Patrie, où 80% de la population parle le français et où il n’y a que 20% d’immigrants, le vote fut beaucoup plus serré: 35% pour le candidat de Louise Harel, 33% pour celui de Projet Montréal et 31% pour Union Montréal. À l’exception de quelques arrondissements où Louise Harel avait des candidats-vedettes, celle-ci a obtenu des victoires très serrées partout, alors que Union Montréal aurait pu faire élire un poteau de téléphone dans certains quartiers anglicisés. Qu’on se le dise crument: c’est le vote quasi-monolithique des anglophones et des immigrants qui a permis à Tremblay de se faire réélire.

Quatorze années après le dernier référendum, n’est-il pas symptomatique d’en être au même point et de devoir constater que la même division entre Québécois de souche d’un côté et anglophones et immigrants de l’autre s’opère toujours? Malgré toutes les tentatives de rapprochement, malgré le culte du multiculturalisme que même le Parti Québécois a fait sien, malgré les campagnes de francisation, malgré les programmes de discrimination positive, malgré l’avilissement de Louise Harel à se créer une organisation fantoche « Friends of Louise Harel », rien n’a changé: les anglophones et les immigrants nous tournent le dos.

Une leçon pour les Québécois

Or, ne s’agit-il pas là d’une formidable leçon qu’il nous faudrait enfin comprendre? On ne peut pas, nous, Québécois, continuer de voter en fonction d’éthique, de tramways et d’espaces verts, en oubliant toute référence à notre situation linguistique et identitaire fragile pendant que les autres ne votent que pour cela. Pendant que le français recule à Montréal et que les familles québécoises quittent une métropole où ils ne se sentent plus chez eux, nous en faisons totalement abstraction et nous croyons que les anglophones et les immigrants vont faire comme nous et « rationaliser », se dire que ce n’est qu’une élection municipale et que les enjeux linguistiques et identitaires se décident ailleurs. Erreur.

Les anglophones ont compris comment une élection fonctionne. On ne vote pas pour les idées, on vote pour une identité. On ne vote pas pour un tramway ou une entrée maritime, on vote pour quelqu’un qui représente ce que nous sommes, qui parle notre langue, et qui protège nos valeurs. Mieux vaut un corrompu à nous qu’un intègre à eux, en quelque sorte. Mieux vaut des bandits à l’Hôtel de ville qu’une indépendantiste unilingue française considérant que Montréal doit demeurer une ville francophone.

En quelque sorte, l’élection de Gérald Tremblay n’est peut-être pas une si mauvaise chose. Elle permet de remettre à l’avant-scène la vraie division de Montréal et de redéfinir le véritable enjeu de cette ville: le combat identitaire des Québécois. Nous avons maintenant quatre années pour espérer trouver de nouveaux leaders qui n’auront pas honte de se définir en tant que francophones et de militer pour que la prochaine administration de la ville en soit une à notre image.

Évidemment, cela ne sera pas plus facile dans quatre ans. Au rythme accéléré où Montréal s’anglicise et avec l’augmentation des quotas d’immigrants et à cause de notre difficulté croissante à les intégrer, les francophones seront probablement encore moins nombreux à la prochaine élection. Et les multiculturaleux, pour qui les Québécois ne forment qu’un groupe identitaire parmi d’autres, jouiront d’un bassin supplémentaire d’électeurs prêts à voter contre quiconque espère encore que Montréal sera autre chose qu’une ville-monde anonyme déconnectée de toute référence à ce qui fut un jour le peuple du Québec.

Dans un futur où on veut nous transformer en une ethnie comme n’importe quelle autre, si nous osions, nous aussi, le vote ethnique?  Et si nous cessions de travestir nos idéaux pour espérer créer un consensus et convaincre une minorité qui a mille raisons d’être contre nous de nous appuyer et que nous tentions plutôt de convaincre les nôtres qui ont mille raisons d’être avec nous?

De la corruption municipale au 11 septembre 2001
23 octobre 2009

« Tu crois à ÇA, toi? » Ils me regardent d’un air incrédule, hésitant quant à la suite des choses: comment un individu « aussi intelligent que moi » peut croire aux théories du complot relativement au 11 septembre 2001? Souvent la discussion s’arrête là. Ce qui se voulait un argument-massue pour discréditer Richard Bergeron, de Projet Montréal, se termine en queue de poisson. J’ai même, parfois, l’impression d’assister au moment précis où je cesse d’être un interlocuteur valide. Pourtant, entre la « théorie du complot » du 11 septembre 2001 et les complots de plus en plus avérés du monde municipal, il n’y a qu’une question d’ordre de grandeur.

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Occasionnellement, j’ai la chance, quand je fais face à quelqu’un à l’esprit particulièrement ouvert ou à un membre de ma famille, de pouvoir donner quelques arguments. Je leur parle des opérations militaires orchestrées par l’armée américaine le matin du 11 septembre 2001:

  • Opération Northern Vigilance. Cette opération, datant de la Guerre Froide, a envoyé de larges ressources aériennes en Alaska pour répondre à une attaque simulée de la part de l’URSS.
  • Exercice de guerre biologique Tripod 2. La FEMA est arrivée le 10 septembre 2001 à New York en vue d’un exercice programmée le 12 septembre. Elle était donc prête pour offrir son aide le matin du 11 septembre.
  • Opération Vigilant Guardian. Cet exercice simulait des avions ayant été détournés par des terroristes sur tout le nord-est des États-Unis le 11 septembre au matin. Les premiers répondants ont d’ailleurs cru que les avions qui ont frappé le World Trade Center faisaient partie de l’exercice. Notons au passage que cet exercice supposait que le haut-commandement de l’armée pouvait ajouter de faux-échos d’avions détournés sur les radars des opérateurs.
  • Opération Northern Guardian. Une opération conjointe avec la NORAD envoyant encore davantage d’avions dans le nord de l’Amérique du Nord et ailleurs au monde. Dans le cadre de cette opération, plusieurs avions ont quitté le sol américain vers l’Islande et la Turquie en août 2001, avant de revenir en décembre 2001.
  • Opération Vigilant Warrior. C’est Richard Clarke, dans son livre « Against All Enemies », qui parle de cet exercice. Il affirme qu’au matin du 11 septembre 2001, Richard Myers, chef des armées, lui aurait affirmé le 11 septembre au matin que l’armée était en pleine opération conjointe avec le NORAD, une opération incluant de faux-détournements d’avions.

Si j’ai le temps, je leur entretiens aussi du système PROMIS (Prosecutor Management Intelligence System), qui était en mesure de mettre au jour les communications des Talibans ou d’Al-Quaïda. Je leur explique aussi de quelle façon deux des terroristes prenant des cours de vol ont été sous enquête du FBI mais que des supérieurs ont exigé qu’on les laisse tranquille. Je parle aussi de ce prisonnier au Canada qui affirmait que des attentats allaient se produire à New York dans la deuxième semaine de septembre. Je leur divulgue aussi les contradictions dans la séquence du temps de l’enquête officielle. Je leur parle du pic pétrolier, de la nécessité d’empêcher la Chine de mettre la main sur les ressources du Moyen-Orient, etc. Bref, je pourrais en parler pendant des heures. Encore faut-il trouver une oreille réceptive.

Or, de telles oreilles sont rares. La plupart des gens ne veulent pas en entendre parler parce que cela dépasse leur conception logique des choses. Que des responsables américains aient pu faciliter des attentats, ou laisser faire des attentats, dans le but de s’imposer militairement dans le monde, notamment pour s’accaparer de ressources géostratégiques comme le pétrole, à une ère où celui-ci se fait de plus en plus rare, cela ne peut pas se pouvoir. Et ce qui ne peut se pouvoir n’existe pas. Un peu comme la mort quand on est jeune et qu’on a la santé.

En fait, il s’agit là de la principale différence entre le complot du 11 septembre et les complots de la corruption municipale. Dans un premier cas, la sagesse populaire nous dit que c’est impossible, tandis que dans le deuxième, on arrive facilement à imaginer nos élus prendre une petite enveloppe brune sous une porte fermée à clef. Dans les faits, pourtant, c’est du pareil au même. Une enveloppe contenant quelques milliers de dollars pour un élu d’une ville d’un million et demi d’habitants; des ressources pétrolières et des avantages géostratégiques indéniables pour une puissance planétaire. Une démocratie mis à mal et une perte de confiance des citoyens; quelques milliers de morts. Tout est une question de grandeur. Mais sur le fond, il s’agit de la même corruption, du même silence comploteur.

Parfois, on s’objecte en me disant qu’un complot comme le 11 septembre 2001 serait impossible, car quelqu’un, quelque part, finirait par parler. Et moi de répondre que plusieurs ont parlé, mais que ceux qui en savent le plus ne peuvent pas parler, car ils sont liés par leurs propres intérêts. Et qu’un complot peut très bien se tramer sur une grande échelle, s’il se tient sur de solides fondations.

Ces fondations, Benoît Labonté en a parlé largement hier. Des politiciens recevant des pots-de-vins, une mafia près des élus, des individus donnant 1000$ chacun à un parti politique et qui se font ensuite rembourser par une entreprise, un entremetteur se prenant 3%, des contrats municipaux gonflés, des menaces, de l’extorsion, des fonctionnaires impliqués, des ministres provinciaux aussi… « Tu sais, Benoit, en politique municipale, à Montréal, c’est juste de ça » aurait déclaré Gérald Tremblay à Labonté.

En voilà un beau complot. Juteux. Des milliers de personnes impliquées. Et pourtant, ça a pris combien d’années, combien d’articles de journaux, avant que les langues ne se délient? Et s’il n’y avait pas eu de campagne électorale, se seraient-elles seulement déliées? Tous ces individus ont gardé le silence non pas surtout par craintes de représailles, mais parce que leur intérêt était en jeu. Du petit employé donnant 1000$ et se faisant rembourser, et qui profitait ainsi d’un crédit d’impôt, jusqu’à l’entrepreneur qui mettait la main sur de mirobolants contrats, en passant par les politiciens qui obtenaient de l’argent facile pour leurs campagnes électorales. Tout ces gens se fermaient la bouche, se pinçaient le nez et essayaient de retenir leur respiration pour profiter de la manne le plus longtemps possible.

Des complots, oui, ça existe. Que ce soit pour le contrôle de l’Hôtel de ville de Montréal ou pour prendre possession des richesses de la planète, des individus seront toujours tentés par l’appât du gain et n’hésiteront pas à sacrifier ce qu’il faut – à leur échelle respective – pour arriver à leurs fins. L’important n’est-il pas de les démasquer, un à un, et de ne pas opérer de tri sous prétexte qu’un tel serait impossible ou qu’un tel improbable? Qui, il y a trois mois à peine, aurait pu croire à l’ampleur de la corruption municipale à Montréal sans se faire traiter d’adepte de la théorie des complots?

J’aimerais que les journalistes des principaux médias laissent tomber les œillères de leurs préjugés et s’appliquent, avec autant de conviction, à faire la lumière sur tous les événements qui marquent notre quotidien, de la corruption municipales aux opérations secrètes clandestines menées par le plus puissant pays de la planète.

Corruption municipale: il faut une enquête publique
20 octobre 2009

La politique municipale? Tout va bien, annonce Jean Charest. Une enquête publique? Mais non, ça ne presse pas… Pendant que le bateau coule et que les citoyens font de moins en moins confiance aux institutions, on va se contenter de colmater les brèches, une par une.

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Or, ce ne sont pas par des brèches que s’immisce l’âcre parfum de la corruption dans nos villes, mais par la grande porte. Voici quelques exemples, en vrac, de ce système pourri jusqu’à la moelle.

  • Des contrats soulèvent des questions à Anjou: « La compagnie Paysagiste Ligne Royale inc., appartenant à Florindo Baldissin, un homme d’affaires qui était sympathisant et impliqué dans les actions bénévoles de l’équipe de Luis Miranda lors de la campagne électorale municipale de 2005, a depuis reçu pour plus de 3,5 M$ en contrats pour l’aménagement de trois parcs de l’arrondissement. »
  • Enquête sur la corruption municipale : La SQ se heurte à l’omerta des villes: « Les enquêteurs des crimes économiques de la SQ, qui mènent de front au moins une demi-douzaine d’enquêtes de corruption municipale et de malversations dans l’industrie de la construction, essuient régulièrement une fin de non-recevoir lorsqu’ils appellent ou se présentent dans certaines villes visées par leur enquête pour parler à des employés qui pourraient leur donner des renseignements. »
  • Un contrat de téléphonie «intéresse» le vérificateur: « Dans les derniers mois de l’administration de Frank Zampino à la tête du comité exécutif, Montréal avait changé de fournisseur pour ses communications téléphoniques, traditionnelles, pour les cellulaires ainsi que pour les échanges de données.  Les deux plus importants contrats à long terme, sur 10 et 7 ans, dépassaient les 80 millions. […] À la surprise générale, devant Bell qui assurait ces services depuis des années, Telus avait emporté la mise en déposant des soumissions presque deux fois moins élevées que son compétiteur qui était déjà en place. »
  • Contrats de construction: des entreprises très sollicitées: « Une quinzaine d’entreprises se partagent la moitié des contrats de travaux publics accordés par la Ville de Montréal, selon une analyse des données officielles compilées entre janvier 2005 et juin 2009. Au haut du pavé se trouvent les sociétés dirigées par l’homme d’affaires Tony Accurso, qui se trouve au centre de plusieurs controverses depuis le début de l’année. »
  • Contrats d’infrastructures à Laval : conflit d’intérêts?: « Dessau a préparé les plans et devis en vue d’appels d’offres de contrats d’infrastructures totalisant 11 millions de dollars remportés par 2 filiales de Simard-Beaudry, la compagnie de Tony Accurso. Ce n’est pas tout. La surveillance des travaux a aussi été faite par Dessau. Ça signifie que Dessau, qui est partenaire d’affaires avec Tony Accurso à Montréal, surveille en même temps ses travaux à Laval, d’où la question de l’apparence de conflit d’intérêts. »
  • Collusion à Boisbriand: le DGEQ vérifie s’il y a eu infraction: « Le Directeur des élections du Québec (DGEQ) vérifie si une infraction a été commise lorsque l’homme d’affaires Lino Zambito a tenté, en la présence de la mairesse de Boisbriand, Sylvie Saint-Jean, de convaincre deux conseillers de l’opposition, Marlene Cordato et Patrick Thiffault, de permettre la réélection de Mme Saint-Jean sans opposition. […] L’entreprise Infrabec a obtenu plus de la moitié des contrats de Boisbriand au cours des cinq dernières années, pour un total dépassant 50 millions, selon Radio-Canada. » Notons au passage que Lino Zambito est un généreux donateur du Parti Libéral du Québec, ce qui peut expliquer en partie les réticences de Jean Charest à organiser une enquête publique…
  • Accurso et Dessau bien établis à Laval: « L’ex-directeur général de la Ville de Laval, Claude Asselin, qui a quitté son poste le 1er février 2006, est entré chez Dessau comme vice-président le 17 mars suivant. Il siège toujours au comité consultatif de Dessau. M. Asselin est aussi administrateur de la firme d’urbanistes Gauthier Biancamano Bolduc, une filiale de Dessau dirigée par Frank Zampino. »
  • Faubourg Contrecoeur: Montréal a vendu le terrain 1,6 million: « Le terrain du Faubourg Contrecoeur, que la Ville de Montréal a vendu 1,6 million de dollars à la SHDM en septembre 2007, avait une valeur de 31 millions de dollars au rôle d’évaluation municipal, a constaté La Presse cette semaine. Il s’agit là d’un montant beaucoup plus élevé que le chiffre qui circulait jusqu’à maintenant. »
  • La SHDM et Catania se contredisent sur le Faubourg Contrecoeur: « La firme immobilère Catania et la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) se contredisent sur le nombre de propriétaires qui ont résilié leur contrat d’achat à la suite du feu dévastateur au Faubourg Contrecoeur, dans l’Est de Montréal. Et tant Catania que la SHDM n’en démordent pas. »
  • Martial Fillion perd son poste à la SHDM: « Le tout survient après que le rapport de vérification de la firme KPMG sur les attributions de contrats à la SHDM ait été émis. Celui-ci a établi que Martial Filion a agi à plusieurs reprises sans l’approbation de son conseil d’administration. Il aurait fait trois chèques qui totalisent plus de 8,3 millions de dollars à la firme Construction Frank Catania entre mars 2007 et juillet 2008. »
  • D’importants documents ont été détruits: « La filiale de Dessau (le groupe GGBB) qui gérait l’appel de qualification pour choisir un promoteur dans le Faubourg Contrecoeur a détruit les soumissions des cinq entrepreneurs intéressés, alors que ces documents ne lui appartenaient pas. »
  • L’enquête à la SHDM fait des vagues au Cégep du Vieux-Montréal: « Jusqu’à sa nomination, Mme Senécal était vice-présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal. À ce titre, elle épaulait le président d’alors, Frank Zampino — qui a tiré sa révérence en juillet dernier — de qui relevait la SHDM. Le conjoint de Mme Senécal, Martial Fillion, dirige la SHDM. Il a été suspendu afin de permettre une enquête sur son rôle et sur celui du promoteur Construction Frank Catania dans le développement du projet résidentiel Contrecoeur, dans l’est de Montréal. Comme vice-présidente du comité exécutif, Mme Senécal a été appelée à se prononcer sur des dossiers concernant la SHDM. »
  • Fiasco à la SHDM: « La SHDM n’avait pas le droit d’accepter de verser une aide financière de 15,8 millions à Catania. La SHDM a contrevenu à son engagement contractuel et a manqué à ses obligations envers la Ville. […] Des travaux d’une valeur de plus de 450 000$ ont été confiés à la firme GGBB sans contrats écrits ou appels d’offres. »
  • Catania a travaillé sans permis: « L’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve a déposé 39 constats d’infraction au montant de 37 245$ contre Construction Frank Catania l’été dernier, parce qu’il avait entrepris des travaux sans permis dans le Faubourg Contrecoeur, un vaste terrain situé dans l’est de Montréal, a appris La Presse. » Notons également que Sammy Forcillo, membre du comité exécutif à la Ville de Montréal, a été très actif tout l’été pour accélérer la délivrance du permis (et non pour faire appliquer la loi).
  • Catania se défend d’avoir réalisé un profit exorbitant au Parc de la Cité: « Il a caché durant 4 ans qu’il était l’associé de Mario Messier, son client principal dans Longueuil sur le Parc. […] Il a dissimulé que Hardy Goyette et Associés sont les notaires du promoteur immobilier Luc Poirier, propriétaire du terrain de l’Île Charron. »
  • Subvention nébuleuse: « Peu de temps après avoir pris la tête de Vision Montréal, l’an dernier, Benoît Labonté a donné 30 000 $ à même le budget de l’arrondissement Ville-Marie à un organisme dirigé par un employé de Vision Montréal, et dont il est impossible de vérifier les réalisations. »
  • Labonté: des contrats lucratifs pour son conseiller bénévole: « L’entreprise de Michel Petit, le conseiller « bénévole » de Benoit Labonté pour le projet d’exposition universelle de 2020 à Montréal, a obtenu 125 000$ en contrats de la part du maire de l’arrondissement Ville-Marie. »
  • Zampino a bien voyagé sur le yacht d’Accurso: « L’ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, a bel et bien voyagé en janvier 2007 sur le yacht du promoteur Tony Accurso, dans les Antilles, alors que la Ville se préparait à signer le plus gros contrat de son histoire avec un consortium GéniEAU, codirigé par M. Accurso, a confirmé hier le maire de Montréal, Gérald Tremblay. »
  • Relations Zampino-Dessau: une autre tuile: « Frank Zampino a donné un contrat de 32 millions $ à Dessau alors qu’il était maire de l’arrondissement Saint-Léonard. »
  • Zampino s’en va chez Dessau: « L’ancien président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Frank Zampino, a été embauché par la firme d’ingénieurs Dessau, partenaire d’un consortium qui a raflé le plus important contrat jamais accordé par la Ville de Montréal, celui des compteurs d’eau. »
  • Trop chers, les compteurs d’eau: « Le contrat des compteurs d’eau est trop coûteux, juge le vérificateur qui évalue son prix à plus de 600 millions lorsque l’on tient compte de divers éléments, comme le programme de subventions à la préparation de la tuyauterie de 70,8 millions ou l’inflation appliquée aux sommes payables au cours des prochaines années, soit 109 millions. »
  • Benoît Labonté a été aidé financièrement par Tony Accurso: « Le maire de Ville-Marie, Benoît Labonté, aurait reçu en 2008, après qu’il eut sollicité son aide, plus d’une centaine de milliers de dollars de Tony Accurso, et ce au moment où il entamait sa course à la direction de Vision Montréal. »
  • Benoit Labonté a eu plusieurs contacts avec Tony Accurso: « Vendredi, Benoit Labonté niait publiquement avoir eu d’autres communications avec Tony Accurso que lorsqu’il lui a été présenté lors d’une activité de financement en 2006. TVA a pourtant obtenu des documents officiels qui prouvent le contraire, que Benoît Labonté a eu plusieurs contacts téléphoniques avec monsieur Accurso. »
  • Harel expulse Labonté: « La chef de Vision Montréal, Louise Harel, l’a contraint de démissionner hier avant-midi. Une décision qui a fait unanimité au sein de ses troupes, a-t-elle spécifié. »
  • Plus de 500 personnes au Rizz pour Union Montréal: « Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et le maire de Saint-Léonard, Frank Zampino, ont tenu une importante activité de financement pour leur parti, Union Montréal, le 22 mai dernier au buffet Le Rizz. Pour l’occasion, plus de 500 militants et supporteurs ont déboursé chacun 500 $ afin d’assister à l’événement. Seulement quelques jours après l’annonce du retrait de Frank Zampino de la vie politique, le chef d’Union Montréal en a profité pour louanger son plus fidèle collaborateur. Grand argentier du parti, M. Zampino a décidé de se tourner vers le secteur privé. Ce dernier quittera son poste le 2 juillet et depuis 2001, il a joué un rôle de premier plan non seulement à la Ville de Montréal, mais également au sein du parti Union Montréal. Lors de la soirée, M. Zampino a été longuement applaudi par les convives. » Ce serait lors de cette activité que Union Montréal aurait reçu 360 000$, dont 49 000$ en dons anonymes.
  • Union Montréal: Le parti de Gérald Tremblay sous la loupe: « Le maire de Montréal est de nouveau dans l’embarras. Son parti fait l’objet d’une enquête de la part du Directeur général des élections du Québec pour des allégations de financement illégal. »
  • Laval: près de 75% des contrats à huit entrepreneurs: « Les entreprises de M. Accurso, Construction Louisbourg et Simard-Beaudry, ont en effet raflé le quart des sommes attribuées par la Ville de Laval entre 2001 et 2008, soit 97 millions sur un total de 388 millions. »

La liste est-elle assez longue? Faut-il continuer? Il faut presque fermer ses fenêtres pour ne pas sentir l’odeur de corruption qui flotte sur nos villes. Ici, il est surtout question de la région de Montréal, mais tout porte à croire que le même genre de situation peut se produire dans n’importe quelle municipalité du Québec.

En fait, c’est précisément parce que Montréal est une ville importante où les médias disposent de beaucoup de moyens qu’on peut mettre à jour de telles malversations. Des petites enveloppes, des 1000$ ou 2000$ doivent se glisser un peu partout dans des villes de moindre importance. Et sous le radar des journalistes.

N’y a-t-il pas une amère ironie à voir que les fonds publics servent à payer des publicités du DGE incitant à aller voter d’un côté, et de l’autre que nous finançons un système corrompu graissant généreusement la patte des amis des amis? J’ai des nouvelles pour le DGE: la population irait peut-être voter davantage si elle avait l’impression que ça changerait quelque chose, si elle croyait que ce ne seraient pas toujours les mêmes pourris à la tête de nos villes. Les publicités, c’est bien beau, mais avant de monter le chauffage de la voiture, on pourrait peut-être commencer par fermer les fenêtres.

Mais non, affirme Charest. Ça ne presse pas. Il y a des enquêtes en cours. Et quand une journaliste lui fait remarquer que la commission d’enquête sur le scandale des commandites avait été lancée bien avant la fin des enquêtes policières, le premier ministre a répondu que la situation du monde municipal était « un cas particulier ».

Je vais vous le dire ce qui est particulier, moi. C’est d’avoir voté pour un premier ministre réclamant les deux mains sur le volant et qui ne fout absolument rien avec le pouvoir qu’on lui a donné. Face à une opposition faiblarde de la part d’un Parti Québécois tout aussi inquiet de ce qui pourrait se trouver sous la grosse roche si on la soulève, nos élus espèrent silencieusement que la poussière retombera, que les sources des scandales se tariront et qu’on pourra continuer à faire de la politique comme avant.

Avant quoi? Avant que quelques journalistes se prennent un peu trop au sérieux et essaient d’insinuer que ce pourraient être les citoyens qui soient à la source du pouvoir, et non pas les intérêts de quelques entreprises privées « oubliant » des enveloppes brunes ça et là. Avant que d’un échéancier électoral émane une certaine conviction séditieuse que nous pourrions encore être en démocratie.

Cher politiciens, vous vous plaignez du faible taux de participation aux élections? Regardez plutôt vos mains. Ce sont ces mains-là qui gouvernent depuis des années au nom d’intérêts étrangers à la population et qui ont fini par nous convaincre que nous n’avons rien à dire dans ce petit jeu. Ce sont ces mains qui ont bâti un système poreux permettant tous les abus. Ce sont ces mains qui tissent la toile du désabusement de la population, de l’inertie qui nous confine à accepter les pires excès sans broncher. Ce sont ces mains, salies par des années de gavage à même les fonds publics, ces mains tachées du vert lubrifiant d’une machine que vous avez appris à graisser. Ce sont ces mains qu’il vous faut laver dès maintenant.

Ce ne sont plus des brèches qu’il faut colmater, mais un système en entier qu’il faut réparer.

Il faut une enquête publique. Immédiatement!

PLQ: Cynisme 1, Éthique 0.
31 août 2009

Les révélations de Radio-Canada selon lesquelles la compagnie ABC Rive-Nord, dont est actionnaire le ministre David Whissel, a reçu plusieurs importants contrats sans appel d’offres de la part du ministère des Transports ne constitue pas une exception. Cette violation des règles établies par le Conseil du Trésor constitue un énième signe du peu d’intérêt porté par le gouvernement libéral pour les questions éthiques. On a beaucoup parlé des fortes apparences de corruption de l’administration Tremblay à Montréal; il ne faudrait pas oublier les méthodes douteuses de plusieurs ministres du gouvernement Charest.

plq-ethique

Source de l’image

Voici quelques exemples patents de cette « flexibilité » de l’éthique:

  • Sam Hamad.  En 2003, Danielle Dussault, sa femme, était propriétaire de quatre services de traiteurs obtenant de juteux contrats de la part du gouvernement.  Dans sa déclaration d’intérêts suivant son assermentation comme ministre, M. Hamad a pourtant écrit que ni lui ni des membres de sa famille immédiate ne possédaient d’entreprises « qui sont susceptibles de faire des marchés avec l’État ». Suite à l’analyse du jurisconsulte Claude Bisson, la relation entre l’entreprise Nourcy et le gouvernement a été démontrée, ce qui n’a pas empêché le gouvernement Charest de tolérer ces pratiques. (( Le Soleil, Le Québec et le Canada, jeudi, 11 septembre 2003, p. A6, La conjointe d’Hamad doit réduire ses services au gouvernement, La déclaration d’intérêts du ministre soulève des questions, Paquet, Stéphane ))
  • David Whissell. Plusieurs hommes politiques doivent choisir entre leurs intérêts privés et ceux de la nation.  Pas David Whissell.  En 2007, le gouvernement Charest a modifié la loi afin de permettre au ministre de conserver ses intérêts dans ABC Rive-Nord, une compagnie obtenant des contrats du ministère des Transports et dont le chiffre d’affaires a doublé entre 2006 et 2008. Par la suite, le ministère n’a pas hésité à violé la convention collective d’employés gouvernementaux pour favoriser cette même entreprise pour l’entretien d’une partie de l’autoroute 50, dans le comté de M. Whissell.  Au lieu de vérifier si le service ne serait pas moins coûteux avec le public, comme c’est la norme, il a fallu « déplacer des ouvriers du ministère vers un autre centre de service et retirer un contrat à un autre sous-traitant, tout ça pour permettre à la firme appartenant à un ministre d’obtenir un contrat avec le gouvernement », explique Éric Lévesque du SFPQ.  Comme quoi l’idéologie du tout-privé et les intérêts personnels des ministres ne sont jamais loin.
  • Philippe Couillard. M. Couillard a négocié pendant des mois son passage au privé chez Persistence Capital Partners (PCP), alors même qu’il était toujours ministre de la santé. Cinq semaines avant sa démission de ce poste important, il a même signé un « protocole d’entente concrétisant l’accord des parties et fixant les conditions de rémunération et d’autres considérations matérielles » avec PCP. Avec les deniers publics, sur un temps qui aurait dû servir à travailler sur les enjeux pour lesquels les électeurs l’avaient choisi, il a préféré se préparer un joli parachute doré en prévision de sa sortie. Et Charest, lui, a-t-il condamné ce manque flagrant d’éthique? Non, évidemment.
  • Jean D’Amour. En 2007, il a démissionné de son poste de maire de Rivière-du-Loup pour s’opposer à Mario Dumont lors des élections provinciales.  Un mois après sa défaite et quelques mois après avoir plaidé coupable de conduite avec facultés affaiblies, il est devenu directeur du développement des affaires pour la firme de génie-conseil BPR, en contravention directe avec les règles d’après-mandat pour un maire qui imposent un moratoire de deux ans sur les activités de lobbyisme auprès de « toute institution parlementaire, gouvernementale ou municipale » (( Source )). De la même manière, M. D’Amour n’était pas sur le registre des lobbyistes alors qu’il faisait du lobbyisme… au moment-même où il devenait président du Parti Libéral du Québec (PLQ) en mars 2008!

On le constate, le PLQ ne donne pas sa place en matière d’apparence de conflits d’intérêts, voire de corruption. Ce qui surprend, par contre, c’est la candeur avec laquelle on explique de quelle manière les lois ne sont pas faites pour être respectées par les députés, mais plutôt modifiées pour satisfaire chaque individu. « La directive, elle est ajustée à toutes les fois qu’un ministre remplit une déclaration d’intérêt, pour tenir compte des situations particulières des ministres », expliquait Hugo D’Amours, attaché de presse de Jean Charest, le printemps dernier. « Ça veut dire s’assurer que la règle puisse circonscrire chacune des situations. » En bon français, ça veut simplement dire que le gouvernement Charest se réserve le droit de modifier les lois selon son bon vouloir pour satisfaire ses intérêts politiques. Plus arrogant que ça, tu meurs électrocuté sur des pylônes électriques.

Encore une fois, la véritable victime de ces magouilles est la démocratie et l’institution parlementaire elle-même. Que voit le citoyen lambda, lorsqu’il ouvre sa télévision? Il voit une belle bande d’opportunistes faisant passer leurs intérêts personnels avant ceux de la population. Peut-on lui dire qu’il a tort?

Au moment-même où on s’arrache les cheveux en public sur le faible taux de participation aux élections, il serait peut-être bon de se rappeler que c’est souvent par cynisme que certains font le choix de rester chez eux. Ou par intérêt personnel, se disant que ça n’en vaut pas la peine. Maintenant, va-t-on leur reprocher cet égoïsme pendant que leurs élus contournent allègrement les règles pour s’en mettre plein les poches?

Ce n’est pas seulement la politique municipale qui a besoin d’un bon coup de balai.

Entrevue avec Benoît Dutrizac au 98,5 FM
22 avril 2009

Bienvenue à tous les auditeurs du 98,5 FM!

J’étais en entrevue avec Benoît Dutrizac vers 13h20 cet après-midi au 98,5 FM, concernant les apparences de corruption de l’administration Tremblay.

Voici quelques textes pertinents sur la politique municipale:

Vous pouvez écouter l’entrevue ici.

Conclusion: c’est à nous, citoyens, qu’il incombe de mieux s’intéresser à la politique municipale afin de s’assurer que d’aussi tristes événements ne se produisent plus.

Merci de votre visite!

Le roi-nègre Obama
17 novembre 2008

J’ai beaucoup parlé depuis quelques mois du fait que Barack Obama ne tenait pas un discours progressiste et que son élection ne changerait strictement rien pour la majorité des États-Uniens. La vraie question, alors, c’est de savoir pourquoi il est devenu une telle icône de ce que certains appellent le « renouveau du Parti Démocrate ».

En fait, l’élection d’Obama d’abord à la tête de son parti puis à la présidence n’est que l’aboutissement d’une logique de dépolitisation et de fragmentation de la population telle que mise en oeuvre par le Parti Démocrate depuis un demi-siècle. On a l’impression d’avancer, mais dans les faits on recule: en misant sur le consensus, le Parti Démocrate a laissé tomber ses thèmes traditionnels de redistribution de la richesse et de lutte contre la corruption des élites.

Contrairement à ce que certains affirment, la société états-unienne a reculé, et substantiellement, depuis cette époque pas si lointaine où existait la ségrégation:

À bien des égards, elle est même encore moins ouverte et moins égalitaire aujourd’hui qu’elle ne l’était à l’époque des ségrégationnistes dans le Sud, quand le racisme non seulement prédominait, mais pouvait se prévaloir de la caution des autorités. Un tel paradoxe ne devrait plus surprendre: une politique économique néolibérale s’accompagne souvent d’une exacerbation de l’intérêt porté aux différences identitaires (culturelles, ethniques, parfois religieuses) et d’un surcroît de tolérance envers les disparités de richesse et de revenu. Les indices relatifs aux inégalités économiques, tel le coefficient de Gini, qui va de 0 quand l’égalité de revenu est parfaite à 1 quand l’inégalité est totale, montrent que l’égalité a régressé aux États-Unis. En 1947 (à l’apogée des lois ségrégationnistes dites « Jim Crow », en vigueur dans le sud du pays), ce coefficient était de 0,376. En 2006, il atteignait 0,464. Il s’agit là d’une hausse tout à fait significative. En 1947, les États-Unis appartenaient à la même catégorie (bien qu’étant un peu plus inégalitaires) que les pays d’Europe occidentale; en 2006, ils sont tombés au rang du Mexique et de la Chine. ((« Toutes les inégalités n’offensent pas le candidat démocrate », Walter Benn Michaels, Manière de Voir, Octobre-novembre 2008, o.66))

En somme, toutes les luttes soi-disant de libérations, que ce soit des Noirs, des homosexuels, des femmes, ou tout autre particularisme contribuant à la fragmentation du la société, n’ont pas touché à la plus profonde inégalité, celle de l’économie, qui touche indépendamment à tout le monde.

Désormais, on peu très bien s’accomoder du néolibéralisme et des élites économiques au Parti Démocrate. Quand on sait que Hillary Clinton entendait baisser les impôts de la « classe moyenne » jusqu’à 250 000$ (et Obama jusqu’à 200 000$) alors que seulement 7% des ménages gagnent plus de 150 000$, 18% plus de 100 000$ mais 50% moins de 50 000$, on constate que la lutte contre les inégalités économiques n’est PAS une priorité pour le parti.

[…] Mme Clinton et M. Obama sont les emblèmes d’un progressisme américain dont l’éthique politique désapprouve et combat les inégalités qui découlent du racisme et du sexisme avec d’autant plus de vigueur que, simultanément, elle ignore les inégalités qui ne sont pas le fait de la discrimination mais de ce que nous avions l’habitude d’appeler l’exploitation ((Ibid., p. 67))

Obama est donc simplement l’aboutissement de ce processus; il incarne à lui seul l’accomplissement suprême de cette fragmentation: il représente l’absolue prise de pouvoir « du » Noir, mais non pas celle « des » Noirs, qui outre d’avoir la peau foncée ont en commun avec les Blancs de subir une société extrêmement inégalitaire.

On peut très bien imaginer un futur glorieux pour les Homosexuels en tant qu’homosexuels, pour les Femmes en tant que femmes ou pour les Noirs en tant que noirs tandis qu’au même moment toutes ces personnes qu’on a isolé les unes des autres partagent la même misère d’un pays en décrépitude et en guerre contre un peu n’importe qui et où la même petite élite obtient toujours tous les privilèges.

Tant que tu ne changes pas comment l’argent fonctionne, tu ne changes rien du tout.

C’est bien beau le progressisme sur les questions morales, mais tant que tu ne touches pas à l’économie et que tu ne remets pas en question les dogmes économique qui ont permis la catastrophe actuelle, tu n’accomplis rien du tout.  Voilà une leçon à méditer pour nos partis politiques de droite qui se croient à gauche parce qu’ils sont progressistes sur le plan moral, mais qui ne rejettent aucunement le néolibéralisme, malgré les échecs répétés et retentissants de ce dernier.

En ce sens, Obama est peut-être simplement le prolongement de la logique du roi-nègre: il est tout aussi corrompu que l’élite qui l’a mis en place, mais à tout le moins il ressemble au peuple et peut ainsi mieux faire passer les idées de la minorité qui contrôle ce pays auprès d’une population amorphe, désillusionnée et prête à croire à n’importe quelle fable en autant qu’on lui promette un Happy End à la fin.

Le torchon brûle à Outremont
3 septembre 2008

On a beaucoup parlé des accomodements religieux et de la commission Bouchard-Taylor. Si personne ne semblait s’entendre sur les causes de ce problème – certains y voyaient une exagération des médias alors que d’autres constataient un laisser-aller des autorités – tout le monde paraissait d’accord pour dire que ça prenait davantage que des ouï-dires et donc un travail journalistique plus sérieux pour bien comprendre l’étendue et les causes du problème. Bref, ça prend des journalistes citoyens.

Deux sites internet ont attiré mon attention: Accommodements Outremont et Outremont autrement.

Le premier, dont l’auteur a publié un mémoire à la commision Bouchard-Taylor, dénonce les traitements de faveur et l’apparente corruption des autorités face aux Juifs hassidiques. Il explique notamment que ces derniers reçoivent des billets de courtoisie quand ils commettent une infraction alors que les citoyens ordinaires reçoivent des contraventions, et que cette situation a été corroborée par la juge Sophie Beauchemin. Il dénonce aussi le fait que Céline Forget, ex-conseillère municipale, subit des menaces de mort, du vandalisme, du harcèlement et des poursuites multiples pour avoir fait fermer la synagogue illégale Amour pour Israël . L’auteur, qui fait face à une poursuite pour harcèlement de la part de Michael Rosenberg pour avoir pris en photo et dénoncé l‘état lamentable d’une ruelle derrière la synagogue de celui-ci, subit présentement son procès. Sauf que pendant ce temps, les Juifs d’Outremont continuent de recevoir des billets de courtoisie et de se stationner à quinze ou seize voitures devant la synagogue, sans respecter les interdictions de stationnement, et à ne pas craindre la moindre contravention… Pas même lorsqu’ils effectuent des travaux illégaux!

Le second site s’attaque plus directement à la mairesse d’arrondissement, Marie Cinq-Mars. On lui reproche notamment d’avoir utiliser son poste pour essayer d’empêcher une contravention qu’on lui décernait, de faire fi des règles d’urbanisme les plus élémentaires, d’appliquer une gestion pourrie mettant l’arrondissement dans le rouge (peut-être que si les Juifs hassidiques payaient leurs contraventions…) . L’auteur y dénonce aussi l’intimidation jusque dans la salle de conseil d’arrondissement de la part d’un proche de Jean-Richard Bélander, l’organisateur politique de Mme. Cinq-Mars, qui a traité de raciste un citoyen venu se plaindre des synagogues illégales.

Quand des citoyens doivent organiser des sites web, des manifestations, écrire des mémoires et photographier les traitements de faveur accordés aux Juifs hassidiques, c’est signe qu’il y a un problème majeur au niveau des autorités. Sans aller jusqu’à ouvertement qualifier l’administration de Mme. Cinq-Mars de corrompue, force est d’admettre qu’il y en a une forte apparence.

À Outremont, nous avons dépassé le stade du contact difficile entre une minorité de ghettoïsés refusant de s’intégrer et la majorité des Québécois désirant seulement qu’on applique la loi. Il n’y a plus de contact, purement et simplement. Les autorités se sont mis à genoux devant cette puissante minorité et ont décidé de leur accorder tous les passe-droits au monde.

Est-ce ça Outremont aujourd’hui? Si tu es blanc, francophone, tu paies et tu subis. Si tu es Juif, on t’envoie des billets de courtoisie à répétition sans la moindre conséquence?

Dieu que je suis bien dans mon trou de l’est!