Mont-Royal: la vente de feu se poursuit
23 mai 2009

Du béton. Sur le Mont-Royal. Un zonage non-respecté, une montagne défigurée. Et l’administration Tremblay s’en lave les mains. Encore. Jusqu’où ira l’insensibilité du maire envers ses citoyens et ce qui leur tient à coeur?

Toutes les villes du monde atteignent un point où elles choisissent leurs priorités et décident de protéger un espace vert assurant la qualité de vie de leurs citoyens. Il y a Central Park à New York, le Bois-de-Boulogne à Paris, et même les plaines d’Abraham à Québec. Aurait-on idée de construire des condos sur les plaines d’Abraham? En appuyant le nouveau projet de 325 condos sur le Mont-Royal (avec un beau stationnement de 671 places, soit pour deux voitures par condo, allo les problèmes de circulation!) la ville de Montréal ne fait que démontrer son peu de fierté d’avoir un parc comme le Mont-Royal en son centre.

mont-royal

Source de l’image 

En fait, le message est bien pire, car il s’agit de la continuité de celui lancé dans les affaires Accurso et Catania: la ville est à vendre. Ou plutôt: l’administration Tremblay est à vendre. Rien à foutre du zonage institutionnel: on va vous le modifier. Et les arbres? Coupez-les. Votre construction est trop haute,  créant une pollution visuelle? Rien à foutre: construisez, construisez, construisez. On n’en a rien à foutre du Mont-Royal.

Pourtant, ce parc devrait constituer notre fierté. Il est plus visité que tous les autres parcs nationaux du Québec réunis. Il offre une bouffée d’oxygène à tous les citoyens et permet à tous, peu importe leur revenu, d’avoir accès à un minimum de nature au coeur de notre ville.

Le problème n’est pas seulement qu’on y construise des condos sur son flanc. Le problème est plutôt qu’on ne sait pas où s’arrêteront ces constructions. À tous les ans des citoyens doivent s’organiser et faire des pétitions pour empêcher qu’on détruise leur joyau. Doit-on attendre qu’il ne reste plus que quelques arbres épars perdus entre les condos pour protéger notre montagne?

Avoir une montagne en son centre est une chance que peu de villes possèdent. Mais de la manière dont l’administration Tremblay s’occupe de ce qui devrait être un sanctuaire inviolable de beauté naturelle urbaine, je me dis parfois qu’on ne mérite pas cette topographie et que Montréal aurait peut-être du être aussi plate que Drummondville.

Quoi que…Là-bas, ils ont un village d’antan. On pourrait peut-être en faire un ici aussi.  Dans quelques années, on plantera 2-3 arbres entre les stationnements et les condos et on demandera aux gens d’imaginer qu’il y a déjà eu un parc à cet endroit.

À Montréal, du changement, et ça presse!  Et si on montrait la porte à ce très petit maire avant qu’il ait tout vendu ce qui nous est précieux?

Publicités

Des condos dans les îles?
5 juin 2007

Pour ceux qui ne le savent pas, le parc des îles de Boucherville est un des parcs nationaux les plus fréquentés au Québec. Situé en plein coeur du Saint-Laurent, il s’étend du pont-tunnel jusqu’à Varennes, et il comporte de nombreuses îles, de même qu’un réseau cyclable permettant de faire du vélo le long des berges. On peut aussi y faire du kayak, du canot, du pédalo, ou y jouer au golf, ou faire un pic-nique. Et c’est aussi probablement le dernier endroit dans la couronne de Montréal où on y trouve des cerfs en liberté. Voilà un parc qu’il conviendrait de choyer et de protéger.

Pourtant, on projette de construire 2500 unités de condos juste à son entrée, sur l’île Charron, sur un terrain vendu par Desjardins pour la somme de 350 000$.

Même si cette construction ne se ferait pas dans le parc lui-même, elle se ferait dans une zone tampon entre l’entrée du parc et l’autoroute. En d’autres mots, même si on ne coupe pas dans le parc officiellement, on détruirait une grande partie de la beauté sauvage de l’endroit pour y installer des condos luxueux repoussant encore davantage la limite de la nature et les animaux des îles. Mais surtout, on enlèverait la chose la plus précieuse du parc: sa naturalité.

En effet, ce qui est bien avec le parc des îles de Boucherville, c’est qu’on a vraiment l’impression d’être ailleurs quand on y est. On a peine à croire que Montréal est à 2-3 km.; on se croit dans la vraie nature. On se promène, on regarde la rive invitante du vieux village de Boucherville, on traverse vers l’île Grosbois sur le bac-à-sables, et presque partout où on regarde on ne voit que nature ou beauté.

Mais qu’en serait-il avec des tours à condos constamment dans le champ de vision? D’affreuses constructions carrées perçant l’horizon, attirant le regard, rappelant aux visiteurs leur triste destin de petites gens urbaines coincées par le béton et le bitume. N’est-ce pas de la pollution visuelle, polluant effectivement les gens qui sont dans le parc?

Voici une situation où le gouvernement Charest a une possibilité de se racheter pour sa tentative de privatisation au Mont Orford. L’ensemble des îles doit restée le plus sauvage possible. Oui, il y a déjà un hôtel, mais restons-en là. Inutile de rajouter des condos et d’autres constructions détruisant la nature et polluant l’horizon des gens.

Mais le gouvernement a-t-il seulement la volonté de s’attaquer au problème et de faire ce qui doit être fait, c’est-à-dire voter une loi, acheter le terrain et agrandir le parc? Et que doit-on attendre d’une ville comme Longueuil, qui a autrefois sacrifié tout son bord de l’eau pour y construire une route à six voies de large?

Dans un monde où la seule valeur qui compte est celle du profit et du « développement » économique, que vaut le respect d’un derniers espaces verts sauvage de la région immédiate de Montréal?