Anglomanie et clientélisme estudiantins
14 février 2012

Autre signe distinctif de l’état de dégénérescence de la pensée collective au sein de ce qui fut un jour une classe étudiante sur la page Facebook, ironiquement, de la CLASSE. Un lien faisait état de l’affichage d’une banderole anti-hausse des frais entièrement en anglais au-dessus de l’autoroute Décarie. Un commentateur a souligné le fait que ça aurait été beaucoup mieux en français ; s’en est suivie une belle démonstration de l’anglomanie et du clientélisme ambiants, dans une suite de commentaires qui auraient fait faire des cauchemars aux leaders étudiants d’il y a une génération.

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L’argumentaire des anglomanes de service est toujours sensiblement le même : clientéliste. Le premier commentateur écrivait :

Ya pas juste des université française (sic) au québec… Que ce soit un anglais ou un français on s’en tape tu pas!! L’important c’est que le message passe! Comment pouvons nous accepter cette hausse pour nos enfants; les générations futures.

Suis-je le seul à voir la contradiction ici ? L’individu commence son commentaire en prônant la satisfaction des intérêts INDIVIDUELS des anglophones et termine en parlant de l’intérêt COLLECTIF des générations futures. S’il ne s’était agi que d’un seul individu, je n’en parlerais pas, mais c’est là un discours que je trouve tout aussi courant qu’il est faux.

D’un côté, on parle du respect des individus, de la nécessité de leur parler dans leur langue, de penser à eux de manière individuelle et selon leur bien-être individuel, en faisant abstraction du bien-être collectif que constitue la survie du français, par exemple. Mais de l’autre, il faudrait demander au reste de la population de penser au bien-être collectif des étudiants et de la société en général. Me suivez-vous toujours ?

En clair, les individus adoptant ce genre de discours ont de la difficulté à bien affirmer leur conception de l’éducation. Cette éducation constitue-t-elle un enjeu individuel ou collectif ? La différence est fondamentale. Si l’éducation est un bien individuel, et qu’on doive donc offrir une éducation dans plusieurs langues étrangères et selon les demandes des clients-étudiants, de quel droit interpelle-t-on les contribuables pour qu’ils la paient ? À l’inverse, si on considère que l’éducation constitue un bien collectif profitant à l’ensemble de la société, pourquoi tolère-t-on qu’on finance une éducation dans une langue étrangère et s’adresse-t-on aux étudiants comme s’ils étaient des clients ? Pourquoi refuse-t-on de les intégrer à la collectivité québécoise en s’adressant à eux dans la langue des Québécois ?

Adopter un discours logique m’apparaît indispensable. On ne peut pas sortir dans la rue à 10 000 ou 20 000 en demandant qu’on respecte le droit COLLECTIF à l’éducation et en refusant la marchandisation de celle-ci, alors que d’un autre côté on méprise le droit COLLECTIF des Québécois d’assurer la survie de leur langue et qu’on accepte le clientélisme d’étudiants vivant ici mais refusant obstinément d’apprendre la langue nationale.

Cette faille dans la pensée de plusieurs leaders étudiants est fondamentale. Elle indique qu’au-delà des beaux discours socialisants, ceux-ci ont déjà capitulé et qu’ils considèrent déjà les étudiants comme des clients et l’éducation comme une marchandise.

Le ver est dans la pomme : leur mouvement est condamné à l’échec non pas parce que la cause n’est pas juste – elle est juste ! – mais parce que ceux qui la porte ne comprennent pas pas de quelle manière elle l’est. Ils ne réalisent pas que si l’éducation constitue une richesse collective, cette richesse doit donc appartenir non pas à un étudiant individuel – peu importe sa langue maternelle – mais à la collectivité, qui a le français comme langue commune et qui s’attend à ce que l’éducation contribue au bien-être commun, ce qui inclut la survie du français en tant que seule langue commune et officielle du Québec.

En attendant, qu’ils continuent de parler de bloquer la hausse. Mais qu’ils ne le fassent surtout pas en parlant de le faire « ensemble » quand ils méprisent le combat COLLECTIF des Québécois pour assurer la survie de leur langue.

Si je m’oppose aux hausses, c’est également pour le bien-être des générations futures. Des générations qui ont tout autant le droit d’avoir accès à une éducation de qualité et gratuite que de pouvoir vivre en français dans un environnement francophone où on intègre les anglophones dans la langue commune plutôt que de les exclure en s’adressant systématiquement à eux en anglais.

L’incohérence méprisante de Françoise David
27 janvier 2011

Deux paragraphes. C’est tout ce qu’il aura fallu de la part de Françoise David pour qu’elle me convainque de déchirer définitivement ma carte de membre de Québec Solidaire (QS). Fini pour moi. Fi-ni. J’étais devenu membre l’an dernier, après l’énième enfoncement à droite du Parti Québécois et alors que le parti violait ses propres règlements internes pour éliminer le SPQ-Libre, c’est-à-dire à peu de choses près ce qu’il restait de feue son aile centre-gauche. J’avais décidé de me pincer le nez devant les positions multiculturalistes de QS en espérant y trouver mon compte dans un programme économique de centre-gauche tout ce qu’il y a de plus avant-gardiste pour le Québec. Malheureusement, Françoise David vient de me rappeler pourquoi ce parti ne pourra jamais réellement parler au nom des Québécois: ce parti n’a de Québécois que le nom.

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En effet, en traînant dans la boue un militant nationaliste de gauche comme Jean-Roch Villemaire, sous prétexte que son mouvement entend réduire l’immigration ou qu’il s’oppose aux dérives d’un multiculturalisme transformant insidieusement la nation québécoise en un fourre-tout sans queue ni tête, elle s’attaque de front à tous ceux qui, à des degrés divers, ont à la fois conscience de la nécessité d’un ordre économique plus solidaire ET d’une société valorisant la protection de l’identité et de la langue des Québécois. En accusant frauduleusement M. Villemaire d’être un raciste – alors que sur son site il est clairement indiqué que l’homogénéité nationale prônée ne doit pas être raciale – Françoise David se met à genoux devant les Éric Duhaime, Mathieu Turbide, Joanne Marcotte et autres scribouille-merdes de ce monde, eux qui ont tout fait pour monter en épingle une simple manifestation contre l’apartheid israélien.

Ainsi, David, plutôt que de resserrer les liens contre la propagande de Quebecor et d’encourager les manifestations contre l’achat de produits israéliens, justifie la manipulation orchestrée par Quebecor – appuyée par le Réseau Liberté(sic)-Québec, qui reçoit d’importantes sommes de grosses entreprises et qui s’affilie aux extrémistes de la droite économique afin de tenir son discours anti-étatiste, rappelons-le – et les accusations de l’extrême-droite économique voulant que ce soient des extrémistes qui s’opposent à l’apartheid israélien.

Un air de déjà-vu

Cette dénonciation d’un individu sur la base de propos approximatifs donne une impression de déjà-vu. Évidemment, David n’est pas Bouchard et Villemaire n’est pas Michaud, mais il s’agit d’un réflexe typiquement québécois – et colonisé – que de se vouloir plus saint que le pape et d’être les premiers à dénoncer quiconque aurait pu éventuellement tenir l’ombre d’un propos permettant de croire au manque d’ouverture des Québécois, ce peuple si ouvert qu’il en vient presque à disparaître au nom de celle-ci.

Disons-le d’emblée, c’est bien ce dont il s’agit. Quand Villemaire parle de « droit du sang », il n’affirme pas, contrairement aux mensonges de David, qu’un citoyen à la peau basanée et vivant ici depuis longtemps n’aurait pas les mêmes droits que les autres. Ce concept est d’ailleurs très bien expliqué sur le site du MNRQ:

L’État-Nation, moteur de l’histoire, doit être homogène, non pas sur un plan strictement racial, ce que l’expérience historique ne prouve absolument pas, mais sur un plan de cohésion et de coopération mutuelle entre les divers participants de ce groupement historique. Les éléments qui refusent cette cohésion ne sont pas les bienvenus dans cet Etat-Nation et, au minimum, ne doivent pas avoir la possibilité matérielle de développer leur influence et leur puissance au détriment de la communauté nationale.

Ce droit du sang n’a rien de raciste, redisons-le. Il s’agit simplement de la capacité, pour les Québécois, d’affirmer qu’un Québécois ne constitue pas seulement un individu habitant le territoire du Québec. Il y a nombre de citoyens nouvellement arrivés sur notre territoire qui ne reconnaissent ni notre langue commune, ni nos valeurs communes, encore moins l’égalité des sexes si chère à Françoise David. Ces gens sont-ils Québécois? Par la loi, oui. Mais le sont-ils vraiment? Villemaire, plutôt que de laisser la question en suspens, y répond directement: non, un individu ne doit pas seulement résider au Québec pour être Québécois; il doit soit descendre d’une lignée typiquement québécoise ou avoir vécu un certain laps de temps et fait preuve d’une certaine intégration pour être considéré comme tel. Peut-on sérieusement considérer de la même manière un individu dont les ancêtres sont arrivés en 1671 et un autre arrivé hier matin? Je ne crois pas.

Cette position n’a rien d’extrémiste. De nombreux pays ne donnent pas le droit de vote avant plusieurs mois, et n’accordent que difficilement la citoyenneté. Nous, au Québec, nous sommes littéralement envahis par un contingent d’immigrants largement supérieur à notre capacité d’intégration. Comme je l’ai déjà écrit dans un billet, le Québec reçoit, proportionnellement à son poids démographique, plus d’immigrants que la plupart des pays développés. Et le pire, c’est que nous ne jouissons pas de la garantie identitaire d’un pays indépendant, ce qui signifie que nous sommes constamment sur le ligne de front pour les intégrer. Québec Solidaire, en rejetant du revers de la main à la fois le problème de l’immigration trop nombreuse et celui de notre incapacité à intégrer les immigrants déjà présents sur notre sol, se désolidarise du peuple québécois, cet ensemble de citoyens partageant une langue et des valeurs communes.

Par ailleurs, la Loi 101, véritablement fondement du Québec moderne et dont la popularité et l’affection des Québécois est démontrée sondage après sondage, ne s’appuie-t-elle pas sur une forme particulière de droit du sang, elle qui réserve l’école anglaise aux enfants d’anglophones? Françoise David aurait-elle la cohérence – ou l’indécence – d’affirmer son opposition à cette Loi si fondamentale?

L’incohérence de Québec Solidaire

En faisant primer le droit individuel d’un immigrant à pouvoir jouir du statut de « Québécois » – même s’il ne partage rien de sa société d’accueil – sur les droits collectifs des citoyens québécois, QS commet la même erreur que le Réseau Liberté(sic)-Québec, mais au niveau identitaire. Le RLQ affirme que l’individu doit être le centre de l’économie, que sa liberté est strictement individuelle et qu’il n’a pas à se faire « brimer » par l’État ou par qui que ce soit pour s’épanouir dans un monde désolidarisé; Québec Solidaire, au contraire, affirme que l’État doit constituer la volonté commune des Québécois d’agir au niveau économique, notamment en haussant les impôts de mieux-nantis et en brimant une partie de leur « liberté » pour le mieux-être de tous.

Mais Québec Solidaire, pour une raison inconnue, se montre incapable d’appliquer le même raisonnement au niveau identitaire. Brimer la liberté individuelle pour le bien de tous est possible pour l’économie, mais tabou en ce qui concerne l’identité. Sur ce point, on doit au moins reconnaître que le RLQ est cohérent: il prône l’absence de solidarité collective à tous les points de vue. QS, au contraire, refuse de réaliser que si l’État doit être libre de légiférer pour le bien-être collectif au niveau économique, il doit en être de même au niveau des valeurs communes et intrinsèques des Québécois et qu’un citoyen comme Villemaire, qui réclame la fin du laisser-aller dans ce domaine, n’a pas à être trainé ainsi dans la boue sous prétexte que ses idées sont davantage cohérentes et assumées que celles du parti de Françoise David.

Pour ma part, j’ai choisi mon camp. Ma carte de membre de Québec Solidaire est déchirée et dans la poubelle. Et j’appuie Jean-Roch Villemaire. Je ne suis pas en accord avec toutes ses positions et je suis beaucoup plus modéré que lui quant à savoir qui doit être considéré comme Québécois, mais je reconnais chez lui le désir de cohérence de la pensée et d’intégrité dans la recherche d’une société québécoise plus juste et solidaire au niveau économique, mais dont la solidarité ne saurait être exploitée par des gens méprisant la culture et la langue des Québécois.

Si on me le demandait, je dirais que le Front Québécois serait ce qui se rapproche le plus de mes idées, même si ce proto-mouvement n’est encore, précisément, qu’une idée.

En attendant, je suis orphelin. J’attends qu’un parti politique ait la cohérence de me proposer à la fois une société économiquement plus solidaire et un Québec véritablement maître de son passé, de son présent et d’un futur qui serait autre chose qu’un bouillon mondialiste et anglais.

La liberté d’exister
14 janvier 2009

Rima Elkouri a écrit un texte très intéressant à propos des dernières statistiques concernant la baisse d’influence du français à Montréal. Elle cite Marc Termote, qui avait prédit la minorisation du français à Montréal en 1999, et explique que dans un contexte d’immigration non-francophone, de baisse de natalité et de primauté des droits individuels sur les droits collectifs en Amérique du Nord, le futur du fait français est plus qu’incertain dans la métropole québécoise et que ce n’est pas en rafistolant ce vieux tissu troué qu’on appelle la loi 101 qu’on pourra changer la tendance.

Je trouve cette analyse très réaliste, mais Elkouri n’en tire pas les nécessaires conclusions : si on désire protéger le français à Montréal, et au Québec puisque la ville constitue le cœur économique et culturel de la province, il faut renoncer à cette loufoquerie d’une politique linguistique basée sur l’affichage et confronter de front l’idéologie dominante encourageant les droits individuels au détriment des droits collectifs.

En clair, le problème n’est pas que linguistique, mais idéologique. L’anglicisation galopante du Québec, appuyée par le bilinguisme institutionnalisé, constitue la charpente qui s’édifie sur les fondations d’une idéologie plaçant l’individu au-dessus de tout. Le je-me-moi est roi et maître et quiconque cherche à imposer ne serait-ce que quelques mesures conciliatrices permettant de mieux amalgamer les différences doit se heurter de front à la charte des droits individuels ou à l’inquisition médiatico-politique. Pensons simplement aux accomodements raisonnables, qui en sont l’expression la plus évidente : l’individu est tellement important qu’une minorité tente de se donner des passe-droits en fonction de leur spécificité au lieu de s’adapter aux valeurs de la majorité.

Paradoxalement, si l’anglicisation se base sur le droit à la spécificité individuelle quand il est question du droit à l’anglais, on demande aux francophones de renoncer à ce même droit sous prétexte « d’augmenter leurs chances ». On leur demande la connaissance de l’anglais, et au lieu d’exiger qu’il soit possible de travailler dans leur langue aux plus hauts échelons, les francophones renient une partie de ce qu’ils sont pour faire le saut vers l’anglais. Bref, le droit des minorités s’exprime surtout pour la minorité anglophone québécoise, et pas pour celle francophone en Amérique du Nord.

Conséquemment, si on espère réellement assurer la survivance du français au Québec, il faut changer ses façons de faire de deux façons : d’abord en mettant fin au principe du deux poids deux mesures, où on exige des compromis socialement plus exigeants aux francophones qu’aux anglophones, et en redonnant une juste place aux droits collectifs.

Deux poids, deux mesures

Hier, je suis allé patiner sur le Canal Rideau, à Ottawa, avec ma copine. Y êtes-vous déjà allé? Vraiment un endroit magnifique pour la patine que cette plus longue patinoire au monde! À chaque kilomètre ou un peu plus, il y a des kiosques pour aiguiser les patins, et je me suis surpris, le plus naturellement du monde, à parler français avec les employés, qui m’ont répondu dans la langue de Molière car ils étaient visiblement francophones. Sauf que les clients qui suivaient, ils les servaient en anglais. « Super, que je me suis dis, enfin une ville réellement bilingue en Ontario! » Fort de cette expérience, j’ai tenté de commander en français une queue de castor pour ma patineuse préférée. Ai-je besoin de vous compter la suite? Je me suis fait répondre un laconique « Pardon? (prononcer ‘pôôrdune’) » avec un air méprisant voulant dire « pourquoi ne parles-tu pas anglais, le zouf? ».

Le voilà, le deux poids, deux mesures dans toute sa splendeur. Sous prétexte du droit des individus, le francophone sert les anglophones en anglais, mais l’anglophone, lui, ne se sent pas obligé de servir les francophones dans leur langue. La conséquence de ce deux poids, deux mesures est l’anglicisation progressive et constante des francophones dans tout le Canada, surtout hors-Québec, et l’aliénation culturelle qui en découle.

« Imposer » nos droits collectifs

Depuis quelques décennies, toute forme d’imposition de droits collectifs à l’individu possède une très mauvaise presse : on accuse facilement d’extrémiste ou de reliquat d’un passé soviétisant quiconque désire rétablir une vérité qu’on a oubliée : l’humain ne constitue pas le système; il doit être au cœur de celui-ci, mais doit parfois limiter sa liberté pour en offrir une plus grande aux autres.

Ainsi, quand je m’arrête à un feu rouge en voiture, on brime ma liberté de poursuivre ma route et on me fait perdre du temps. Cet arrêt s’avère pourtant nécessaire afin d’assurer une plus grande liberté aux autres conducteurs, qui n’ont pas à s’immobiliser à chaque intersection en priant tous les Dieux de ne pas avoir d’accident avant de continuer leur chemin. On brime la liberté de certains pour assurer celle de tous.

De la même manière, si on pouvait réellement renforcer nos lois linguistiques et agir collectivement pour réduire l’influence de l’anglais, notamment en imposant des examens de français aux nouveaux arrivants, en exigeant la francisation totale des petites entreprises et en réduisant le financement aux écoles anglaises, on brimerait certainement plusieurs individus. Pourtant, tout comme pour la lumière rouge dans l’exemple ci-haut, la liberté gagnée pour la collectivité en vaudrait la peine : on assurerait la pérennité de la langue française et ainsi de la culture québécoise et de ses valeurs partagées par 90% de la population.

Évidemment, dans un contexte d’Amérique du Nord individualiste et néolibérale, une telle façon de penser peut paraître radicale. Nous vivons à une époque où toute forme d’action collective est systématiquement discréditée et où tous ceux qui réclament une action concertée de la part de l’État se font rabrouer par tous les bien-pensants au penchant libertaire, « un label culturel et médiatique très prisé par toutes sortes de rebelles de confort pour enrober d’un vernis anticonformiste leur adhésion à l’ordre établi. » ((Jean-Pierre Garnier, Le Monde diplomatique, Janvier 2009, p.17))

Ainsi, il ne s’agit pas seulement d’exiger une « apparence » de francisation où les anglophones ont appris à jouer le jeu ou à demander gentiment à l’autre de « s’abaisser » à vouloir apprendre notre langue, mais plutôt d’exiger de notre gouvernement qu’il fasse ce pour quoi il a été élu, c’est-à-dire protéger nos valeurs et assurer la survivance de celles-ci dans le temps. On doit lui demander d’imposer le français pour notre plus grand bien, tout comme il a imposé le port de pneus d’hiver ou l’interdiction du cellulaire au volant, et ce malgré les protestations d’une minorité.

Nous sommes à la croisée des chemins. Nous avons le recul nécessaire pour constater que dans notre contexte de minorité culturelle nous avons besoin d’un État fort dont le rôle consiste à assurer la persistance de nos valeurs dans le temps.

Car, qu’on le veuille ou non, une langue n’est pas qu’un outil de communication mais un vecteur de transmission de valeurs. Si nous désirons offrir à nos enfants un monde meilleur, il faut prendre les décisions politiques qui s’imposent, même si celles-ci déplaisent à une minorité.

Protéger notre langue, c’est protéger toutes les langues et la diversité des cultures et des peuples de la Terre. S’il faut se tenir debout et exiger le français, s’il faut casser des œufs pour faire l’omelette, n’est-il pas de notre devoir de citoyen et de (futurs) parents de le faire?