Citoyens 2 – Extrémistes anglophones 0
16 octobre 2011

Nous étions plus d’une trentaine au meilleur de la manifestation. Eux, trois. Je ne croyais pas que les suprématistes anglophones pouvaient davantage se faire ridiculiser qu’ils l’avaient été à la dernière manifestation de leur groupuscule haineux, mais c’est pourtant ce qui s’est produit. Plus humiliant encore pour eux, la police les a forcés à changer de côté de rue afin de ne pas nuire à notre manifestation et de nombreux citoyens les ont engueulés. Et nous, on a fait la promotion de nos idées. Ce qui était EXACTEMENT le but recherché.

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Ce qui avait commencé, il y a quelques mois, comme un regroupement informel de citoyens opposés à l’intolérance d’une minorité d’extrémistes dirigés par Hugo Shebbeare, se transforme inlassablement en force citoyenne pour le français. Nous avons un seul point commun, pour beaucoup: le désir de protéger notre langue. Nous ne faisons pas de politique, nous ne voulons rien savoir des chicanes entre mouvements ou groupuscules. Nous ne sommes pas nécessairement des mêmes horizons, mais nous sommes unis pour une cause: la promotion et la valorisation de la langue commune des Québécois.

Certains se sont moqués de nos projets. Au début, gentiment. Puis, après notre succès du mois d’août, un peu plus agressivement. Des membres très en vue du Réseau de résistance du Québécois (RRQ), dont Carl Contant, chef du RRQ-Lanaudière, nous ont insultés, nous ont traîné dans la boue et ont même menacé une des personnes ayant participé à l’organisation de la manifestation. Ils ont fait des pressions pour empêcher qu’une organisation très connue pour son implication dans le mouvement ne se joigne à nous, alors qu’elle avait démontré son intérêt. Leur argument était que nous nuisions au « mouvement » en donnant de la visibilité à aux extrémistes anglophones, mais la seule organisation qui a réussi à perdre de la crédibilité dans cette histoire, c’est le RRQ.

Nous avons prouvé l’utilité de notre action. Non seulement des membres du RRQ étaient-ils parmi nous, mais c’est notre discours, nos arguments, notre point de vue qui ont volé la vedette. Nous avions des pancartes dénonçant le sur-financement des institutions de langue anglaise, nous avions des dépliants faisant état de nos revendications et nous avons fait remplir près de cinq pages de signatures pour la pétition en faveur d’une Loi 101 plus forte. Nous avons même convaincu des anglophones non seulement de reconnaître l’importance de la Loi 101, mais également de signer la pétition pour son renforcement! Toute l’attention était sur nous, un groupe de citoyens de tous les âges et des deux sexes, pendant que les trois extrémistes anglophones – tous blancs et tous à peu près du même âge – n’ont réussit qu’à rendre nos idées encore plus désirables aux yeux des passants.

Avec notre mégaphone, nous avons crié, bien fort: « Nous demandons la fin du sur-financement des institutions de langue anglaise. Les anglophones de souche forment 6% de la population et il est injuste qu’ils reçoivent près de 30% du financement pour leurs universités! » Plusieurs citoyens se sont arrêtés, ont lu nos pancartes, et nous ont questionnés à propos de ce déséquilibre du financement. Le fait d’avoir tenu cette manifestation en face d’un des pavillons les plus luxueux de la Concordia University rendait notre argumentaire encore plus convaincant, alors que nous avions simplement à parler du désastre de l’Îlot Voyageur à l’UQÀM pour illustrer notre propos.

D’un point de vue plus personnel, j’ai eu l’occasion de discuter avec un policier qui m’a expliqué que le fait que Hugo Shebbeare m’ait crié directement dans le visage avec son mégaphone le 26 août dernier pouvait constituer une voie de faits. Nous avons donc évité de lui faire la même chose et le policier lui a demandé de changer de coin de rue et de mettre fin à son harcèlement contre nous. Il va sans dire que j’étudie mes options d’un point de vue légal. Je ne cherche pas à suivre cette voie, mais si Shebbeare continue de me harceler ou de harceler mes compatriotes avec ses plaintes abusives, il est possible que je dépose une plainte contre lui; j’ai de nombreux témoins. Je lui suggère de se tenir tranquille et de faire valoir ses idées dans le respect de la loi.

Cette manifestation fut une grande réussite. Nous avons prouvé, encore une fois, que les Québécois rejettent les suprématistes et ceux qui veulent détruire notre paix sociale en abolissant notre loi la plus chère. Nous avons agi comme des citoyens, sans logo d’organisation, sans support logistique, mais avec la gracieuse offre de sécurité de la MPQ. Nous avons également prouvé que nous étions au-dessus des bas jeux politiques d’organisations ne pouvant accepter qu’une initiative citoyenne s’organise en-dehors de ses rangs.

Nous étions présents pour la cause du français, simplement, en notre nom.

Des Québécois DEBOUT!

Si la tendance se maintient, il devrait s’agir de la dernière manifestation de ce groupuscule haineux. Le 17 avril, ils étaient 13 manifestants, le 26 août, ils étaient 7, et aujourd’hui ils étaient 3. Un individu normal, à ce stade, comprendrait que personne ne partage ses folles idées.

Ceci dit, nous serons prêts pour une prochaine ronde et nous remercions chaleureusement Hugo Shebbeare de nous donner l’occasion de conscientiser les Québécois et de leur rappeler que, près de trente-cinq ans après l’adoption de la Loi 101, existe toujours une minorité de Rhodésiens incapable d’accepter notre existence et dont le rêve le plus fou est de nous voir disparaître.

À la prochaine fois!

Le client n’a pas toujours raison
28 juin 2010

« Le client a toujours raison! » vociférait la femme d’un ton qui se voulait sans appel, argument final, fin de la discussion, un à zéro. Hé bien non, que je lui répondis: quand votre mari jette ses déchets dans le stationnement par la fenêtre de votre voiture et qu’il m’invective et veut porter plainte parce que je lui ai demandé poliment de se ramasser, non, le client n’a pas raison. Elle est restée l’air béat, me fixant avec des yeux arrondis, la bouche en cul de poule, stupéfaite qu’un employé – un serviteur, que dis-je! – puisse insinuer que le client ait autre chose que des droits.

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Pourtant, on l’oublie souvent, mais avant d’être des clients ou des employés, nous sommes des citoyens, des gens de la cité. Nous avons des droits, mais aussi des responsabilités. Notre emploi ne constitue qu’une facette de notre identité, une simple transformation de notre temps en argent nous permettant de (sur)vivre. Le caissier chez Wal-Mart ou la pompiste chez Esso ne cessent pas d’être des membres de la communauté parce qu’ils sont au travail; leurs employeurs peuvent exiger certains codes, certaines manières, mais on ne devrait en aucun cas permettre que ces règles outrepassent les valeurs citoyennes.
Or, le problème découle précisément du fait que de nombreux emplois sont tellement précaires – sans aucune protection syndicale – que les patrons peuvent exiger n’importe quoi de leurs employés, y compris de devoir tolérer l’inacceptable: des clients qui insultent, des clients qui menacent, des clients qui intimident… et des clients qui jettent leurs ordures à terre. L’employé est ainsi dépossédé de son statut de citoyen et devient une sorte d’esclave des temps modernes, un sans-voix devant accepter de servir de défouloir pour n’importe quels frustrés se cherchant une cible facile.
Quand un de ces consommateurs-roi n’ayant jamais été éduqué socialement, à qui on n’a jamais expliqué que l’employé devant lui est un humain méritant le respect, que ce n’est pas parce qu’il gagne moins d’argent qu’il vaut moins, que la rue ou le stationnement ne sont pas un dépotoir à ciel ouvert, quand un de ces abonnés du je-me-moi fait face à un citoyen au travail, un vrai, jouissant d’une certaine forme de protection d’emploi, il frappe un noeud, un vrai. Il ne comprend pas, il s’insurge, il élève la voix; un peu plus et il ferait sa crise de l’enfant gâté à qui on enlève une sucette. « Vous n’avez pas le droit de me dire de ramasser mon papier! Vous êtes un employé, je suis le client et le client a toujours raison! » Non, monsieur. Vous êtes client et vous avez tort. Ramassez vos déchets, excusez-vous de vous être emporté, merci pour votre achat et revenez nous voir.
Mais le client ne reviendra pas. Il ira ailleurs. Il se cherchera un autre employé à mépriser, un autre stationnement où jeter ses ordures, un autre commerce où il pourra se croire important pour quelques minutes.
Un autre avantage du syndicalisme
Et si, au-delà de la protection d’emploi et de conditions de travail moins dégradantes, il s’agissait d’un autre bienfait du syndicalisme? Être syndiqué et travailler dans le public, c’est avoir la chance de continuer à être un citoyen. C’est avoir le privilège de ne pas laisser sa conscience à la maison le matin en partant pour la retrouver, usée et poussiéreuse, le soir en rentrant à la maison.
S’il y avait davantage d’employés syndiqués ne se laissant pas écraser par le premier malotru venu, de telles personnes n’auraient pas le choix de modifier leurs méthodes. Si, à quarante ans, on en est encore au stade de jeter ses cochonneries par la fenêtre de sa voiture, on peut parier que c’est parce qu’il n’y a pas eu beaucoup de citoyens pour remettre les pendules à l’heure et expliquer que la propreté est l’affaire de tous. Si à chaque fois qu’un client agissait d’une manière contraire aux valeurs sociales il se faisait reprendre poliment par un employé-citoyen, gagez-vous que la société fonctionnerait mieux et serait un peu plus cohérente?
Un collègue de travail m’a conté comment il a été sensibilisé au fait de ne pas jeter ses papiers dans la rue. Il y a quelques décennies de cela, il était au Maroc, et dans un quartier relativement sale, il s’est senti justifié de se délaisser d’un emballage quelconque. Quelques secondes après, il a senti un objet dur derrière un de ses genoux, s’est retourné et a vu un soldat avec une mitraillette le pointer de son arme et pointer le déchet ensuite. Apprentissage à la dure, mais ce collègue n’a plus jamais jeté quoi que ce soit ailleurs que dans une poubelle et il se fait un devoir, lui aussi, d’inciter les gens à avoir une meilleure conscience citoyenne et à ne pas polluer notre environnement commun.
Évidemment, on peut faire les choses autrement. Avec fermeté, politesse, voire avec empathie, on fait comprendre au client que s’il a le droit d’être bien servi, il a la responsabilité de ne pas agir d’une manière contraire aux valeurs citoyennes et qu’il n’est pas justifié de se prendre pour le nombril du monde. On appelle cela l’éducation citoyenne. La société qui complète l’apprentissage d’individus manquant cruellement de valeurs sociales.
Cet enseignement, il est la responsabilité de chaque citoyen, qui doit pouvoir le faire, dans le respect, dans toutes les sphères de sa vie.
J’ai été poli, mais j’ai été chanceux: je suis syndiqué et une cliente a laissé son numéro de téléphone pour plaider en ma faveur. Qui peut se targuer d’avoir cette veine? Combien d’employés doivent se faire violence au quotidien, endurer, souffrir, nuire à leur propre santé pour endurer les insanités d’individus désolidarisés habitant ici mais ne faisant partie d’aucune communauté sinon celle de leur propre nombril?
Citoyens, syndiquez-vous, car le client n’a pas toujours raison!

Le client n'a pas toujours raison
28 juin 2010

« Le client a toujours raison! » vociférait la femme d’un ton qui se voulait sans appel, argument final, fin de la discussion, un à zéro. Hé bien non, que je lui répondis: quand votre mari jette ses déchets dans le stationnement par la fenêtre de votre voiture et qu’il m’invective et veut porter plainte parce que je lui ai demandé poliment de se ramasser, non, le client n’a pas raison. Elle est restée l’air béat, me fixant avec des yeux arrondis, la bouche en cul de poule, stupéfaite qu’un employé – un serviteur, que dis-je! – puisse insinuer que le client ait autre chose que des droits.

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Pourtant, on l’oublie souvent, mais avant d’être des clients ou des employés, nous sommes des citoyens, des gens de la cité. Nous avons des droits, mais aussi des responsabilités. Notre emploi ne constitue qu’une facette de notre identité, une simple transformation de notre temps en argent nous permettant de (sur)vivre. Le caissier chez Wal-Mart ou la pompiste chez Esso ne cessent pas d’être des membres de la communauté parce qu’ils sont au travail; leurs employeurs peuvent exiger certains codes, certaines manières, mais on ne devrait en aucun cas permettre que ces règles outrepassent les valeurs citoyennes.

Or, le problème découle précisément du fait que de nombreux emplois sont tellement précaires – sans aucune protection syndicale – que les patrons peuvent exiger n’importe quoi de leurs employés, y compris de devoir tolérer l’inacceptable: des clients qui insultent, des clients qui menacent, des clients qui intimident… et des clients qui jettent leurs ordures à terre. L’employé est ainsi dépossédé de son statut de citoyen et devient une sorte d’esclave des temps modernes, un sans-voix devant accepter de servir de défouloir pour n’importe quels frustrés se cherchant une cible facile.

Quand un de ces consommateurs-roi n’ayant jamais été éduqué socialement, à qui on n’a jamais expliqué que l’employé devant lui est un humain méritant le respect, que ce n’est pas parce qu’il gagne moins d’argent qu’il vaut moins, que la rue ou le stationnement ne sont pas un dépotoir à ciel ouvert, quand un de ces abonnés du je-me-moi fait face à un citoyen au travail, un vrai, jouissant d’une certaine forme de protection d’emploi, il frappe un noeud, un vrai. Il ne comprend pas, il s’insurge, il élève la voix; un peu plus et il ferait sa crise de l’enfant gâté à qui on enlève une sucette. « Vous n’avez pas le droit de me dire de ramasser mon papier! Vous êtes un employé, je suis le client et le client a toujours raison! » Non, monsieur. Vous êtes client et vous avez tort. Ramassez vos déchets, excusez-vous de vous être emporté, merci pour votre achat et revenez nous voir.

Mais le client ne reviendra pas. Il ira ailleurs. Il se cherchera un autre employé à mépriser, un autre stationnement où jeter ses ordures, un autre commerce où il pourra se croire important pour quelques minutes.

Un autre avantage du syndicalisme

Et si, au-delà de la protection d’emploi et de conditions de travail moins dégradantes, il s’agissait d’un autre bienfait du syndicalisme? Être syndiqué et travailler dans le public, c’est avoir la chance de continuer à être un citoyen. C’est avoir le privilège de ne pas laisser sa conscience à la maison le matin en partant pour la retrouver, usée et poussiéreuse, le soir en rentrant à la maison.

S’il y avait davantage d’employés syndiqués ne se laissant pas écraser par le premier malotru venu, de telles personnes n’auraient pas le choix de modifier leurs méthodes. Si, à quarante ans, on en est encore au stade de jeter ses cochonneries par la fenêtre de sa voiture, on peut parier que c’est parce qu’il n’y a pas eu beaucoup de citoyens pour remettre les pendules à l’heure et expliquer que la propreté est l’affaire de tous. Si à chaque fois qu’un client agissait d’une manière contraire aux valeurs sociales il se faisait reprendre poliment par un employé-citoyen, gagez-vous que la société fonctionnerait mieux et serait un peu plus cohérente?

Un collègue de travail m’a conté comment il a été sensibilisé au fait de ne pas jeter ses papiers dans la rue. Il y a quelques décennies de cela, il était au Maroc, et dans un quartier relativement sale, il s’est senti justifié de se délaisser d’un emballage quelconque. Quelques secondes après, il a senti un objet dur derrière un de ses genoux, s’est retourné et a vu un soldat avec une mitraillette le pointer de son arme et pointer le déchet ensuite. Apprentissage à la dure, mais ce collègue n’a plus jamais jeté quoi que ce soit ailleurs que dans une poubelle et il se fait un devoir, lui aussi, d’inciter les gens à avoir une meilleure conscience citoyenne et à ne pas polluer notre environnement commun.

Évidemment, on peut faire les choses autrement. Avec fermeté, politesse, voire avec empathie, on fait comprendre au client que s’il a le droit d’être bien servi, il a la responsabilité de ne pas agir d’une manière contraire aux valeurs citoyennes et qu’il n’est pas justifié de se prendre pour le nombril du monde. On appelle cela l’éducation citoyenne. La société qui complète l’apprentissage d’individus manquant cruellement de valeurs sociales.

Cet enseignement, il est la responsabilité de chaque citoyen, qui doit pouvoir le faire, dans le respect, dans toutes les sphères de sa vie.

J’ai été poli, mais j’ai été chanceux: je suis syndiqué et une cliente a laissé son numéro de téléphone pour plaider en ma faveur. Qui peut se targuer d’avoir cette veine? Combien d’employés doivent se faire violence au quotidien, endurer, souffrir, nuire à leur propre santé pour endurer les insanités d’individus désolidarisés habitant ici mais ne faisant partie d’aucune communauté sinon celle de leur propre nombril?

Citoyens, syndiquez-vous, car le client n’a pas toujours raison!

Les crétins
15 octobre 2008

Ce n’est pas le Parti Conservateur qui a gagné les élections, mais plutôt ceux qui ne sont pas allés voter, c’est-à-dire plus de 40% des électeurs! Quand on pense qu’il y a des gens qui sont morts pour qu’on ait le droit de vote, j’ai honte.

En fait, j’ai surtout honte car nous avions tout un éventail de choix, de la gauche (Parti Communiste, Parti Marxiste-Léniniste) à la droite (Parti Conservateur) en passant par le centre-gauche (Nouveau Parti Démocratique et Bloc Québécois) et le centre-droit (Parti Libéral). Il y en avait pour tous les goûts. Que quelqu’un ait préféré rester à la maison plutôt que de faire son devoir de citoyen et voter selon ses aspirations, c’est impardonnable.

Ceci dit, on doute parfois de l’intelligence des électeurs. Comment faire autrement, quand on constate la réélection de l’incompétente Josée Verner, trop conne pour savoir qu’elle peut voter dans le comté où elle se prétente et qui n’a donc pas pu voter Parti Conservateur puisque le parti n’avait pas présenté de candidat à son lieu de résidence. Ou encore quand on voit un Maxime Bernier, qui se moque de ses concitoyens (dixit Julie Couillard) tout en « oubliant » des documents top-secret chez sa blonde-qui-doit-faire-taire-les-rumeurs-sur-son-éventuelle-homosexualité obtenir plus de 60% des voix.

Et bien, c’est ça la démocratie. Et mieux vaut voir des idiots aux urnes que des gens qui se pensent intelligents mais qui restent le cul écrasé à la maison au lieu de faire leur devoir de citoyen.

Je préfère 10 000 électeurs qui ont voté Conservateur à un seul crétin qui est resté chez lui le jour du vote.

p.s. Je cherche toujours un programmeur pour bâtir un site web. SVP me contacter.

Montréal-Nord: le rejet du contrat social
16 août 2008

Le contrat social, tel que l’a imaginé Rousseau, est le ciment qui amalgame tous les éléments de la société. C’est le processus selon lequel chacun renonce à une partie de sa liberté individuelle pour gagner la liberté civile. En clair, je renonce à agresser ou violenter mon voisin, j’accepte que mon pouvoir et ma liberté soient limités, et en échange les policiers et la justice appliquent cette loi, égale pour tous. Ce contrat social est ce qui nous a sorti du Moyen-à‚ge. Et c’est ce que remettent en cause les voyous qui font la loi à Montréal-Nord.

En effet, quand ceux-ci se plaignent d’être harcelés par la police, il ne faut pas prendre leurs mots à la légère: ils détestent la police, car à leurs yeux celle-ci ne les protège pas mais les empêche de faire ce qu’ils aimeraient faire. Ils ne comprennent pas que la police se contente d’appliquer les lois votées par les représentants de la majorité. Ils ne voient pas que la police est là pour les protéger, et que même s’ils deviennent des criminels notoires ils pourront toujours compter sur elle pour sauver leur petite vie misérable.

Pourtant, ils auraient tout pour réussir: l’intelligence, la chance d’habiter dans un pays démocratique, une éducation presque gratuite, des ressources pour les aider. Mais ce n’est pas assez. Il y a cette culture familiale issue de l’immigration et découlant de siècles d’esclavage ou de pauvreté à Haà¯ti qui les rend méfiants, voire paranoà¯aques, et les empêche de comprendre que leur intérêt consiste à accepter notre contrat social, c’est-à -dire de jouer la « game » telle qu’elle a été choisie par l’ensemble des Québécois.

C’est donc un rejet non seulement du Québec et de la volonté de ses habitants, mais également le rejet de la démocratie, le rejet des Lumières, une ode à la barbarie, au clanisme, au népotisme et à la loi du Talion imposée en valeur suprême. « Tu me manques de respect, je te casse les jambes à coup de batte de baseball ». Des barbares.

Je jasais avec un gars qui travaillait dans ce ghetto. Il me contait que des employés se sont fait casser des bouteilles de vitre sur la tête parce qu’ils avaient voulu empêcher un vol. Un autre s’est fait casser les deux jambes avec une batte de baseball car il avait carté un jeune de 14 ans qui voulait s’acheter de l’alcool. Une autre fois, ils ont mis un fusil sur la tempe d’un agent de sécurité et l’ont forcé à s’agenouiller devant eux. Ce sont des bêtes. Les gens n’ont même pas idée de ce que ça peut être de vivre dans un tel quartier. Et ceux qui le savent ont hâte de le quitter et de ne plus se retourner.

Ainsi, en rejetant le contrat social et en refusant de respecter la loi, ces jeunes voyous sont en train effectivement de créer une sorte de ghetto hermétique moyennâgeux, où même les policiers ont peur d’intervenir. Ce sont des loups, des chacals, et ils entraînent leurs concitoyens vers la déchéance d’un monde de pauvreté et de violence à l’image des ghettos que l’on peut observer un peu partout dans le Tiers-monde. Ces voyous font régresser l’humanité; ils célèbrent la loi de la jungle et la puissance du fusil au-dessus de celle de la loi. Ce sont des ennemis.

Malgré tout, je crois à la valeur de la prévention et de mesures socio-économiques pouvant aider ceux qui veulent s’en sortir. Mais pour les autres, c’est trop tard. Nous sommes en guerre, et ces petits caà¯ds de la mort sont les ennemis de notre nation et de notre démocratie, et la police devrait pouvoir faire le ménage. Et les politiciens devraient favoriser ce ménage en instaurant un couvre-feu et en augmentant les effectifs policiers dans le quartier. Ces jeunes bêtes doivent apprendre à respecter l’autorité policière, cette renonciation d’une partie de notre liberté individuelle qui nous garantit la vraie liberté.

Ces jeunes n’ont peut-être pas eu de parents. Ces derniers, amenant leur haine de la police et leur impression de corruption de ces derniers de leur pays d’origine, les ont peut-être incité à se faire justice eux-mêmes et à ne pas faire confiance aux autorités. Et c’est pourquoi, sans parents, ils n’ont pu grandir. Ils en sont encore au stade de croire qu’ils sont tout-puissants et que le monde tourne autour d’eux. Ils n’ont toujours pas compris que des règles doivent exister pour le bien-être de tous. Si personne ne respectait les feux de signalisation, se promener en voiture serait périlleux.

La solution sera politique ou ne sera pas. Nous ne devons plus accepter de voir de jeunes bandits saccager notre ville impunément. Et, malheureusement, ce ne seront pas de ridicules regroupements du style Montréal-Nord Republik qui, outre leur parti-pris pour les vandales et les hors-la-loi de dimanche dernier, sont incapables d’écrire le mot « république » correctement (ce qui démontre leur barbarisme, nous explique l’Intelligence Conséquente), qui pourront aider à améliorer la situation. La situation ne se réglera pas en demandant aux policiers de changer; les policiers font un excellent travail (quoi qu’ils ne sont pas assez sévères) et on ne répétera jamais assez à quel point le policier a eu raison de tirer sur Villanueva, qui a foncé sur un représentant de l’ordre, ce qui était probablement l’action la plus stupide à être commise depuis des années.

En clair, la police doit avoir les mains libres pour javelliser le quartier et imposer nos valeurs et ce contrat social qui constitue notre dernier rempart contre tous les ennemis de la démocratie.

Car quand on attaque un policier, ce n’est pas seulement un homme qu’on attaque, mais l’ensemble des citoyens qui ont placé leur confiance en cet homme. Quand on vise un policier, c’est nous tous qu’on vise.