Ouïgours, Québécois, même combat?
6 juillet 2009

Une chose m’a frappé concernant les émeutes du Xinjiang: le parallèle entre l’histoire des Ouïgours, autrefois l’ethnie majoritaire, et les francophones d’Amérique du Nord. Serait-il possible que ces tristes événements enfantent des pistes de réflexion pour le Québec?

ouigours-quebecois

Source de l’image

La ressemblance, au niveau démographique, est criante. Lorsque Mao prit le pouvoir en 1949, il promit une sorte de fédéralisme respectueux des minorités, à la soviétique. Cet idéal a été trahi. À l’époque, les Hans, ethnie majoritaire en Chine, ne formaient que 4% de la population du Xinjiang, cette province riche en pétrole. Aujourd’hui, après des décennies d’efforts de la part des autorités centrales, ceux-ci sont 10 millions et majoritaires dans la province. L’assimilation à grande vitesse, voilà le destin de ce peuple turcophone et musulman.

Évidemment, on ne peut pas comparer le radicalisme de la répression chinoise et la semi-mollesse canadienne face aux francophones. La Chine punit de mort toute velléité indépendantiste et elle interdit la fréquentation des mosquées aux moins de dix-huit ans. En outre, lors de manifestations pacifiques en février 1997, elle a entassé des milliers de Ouïgours dans des camions comme de la viande froide avant de les arroser d’eau par une température inférieure à -15 degrés celsius. Dernièrement, elle a imposé l’envoi d’un contingent de filles ouïgours à l’autre bout du pays, soi-disant pour améliorer leur condition économique, ce qui a précipité la crise. On est loin, très loin de la situation canadienne.

Malgré tout, les faits demeurent: si l’assimilation des francophones d’Amérique du Nord est plus lente que celle des Ouïgours, le résultat est le même: la disparition éventuelle d’une culture et de tout un peuple.

Les Ouïgours, face à leur assimilation, ont fait ce que nombre d’autres peuples ont fait avant eux: ils se sont radicalisés. Ils sont devenus plus violents, sympathisants avec des organisations comme le Mouvement islamique du Turkestan oriental et fomentant des émeutes au lieu de revendiquer paisiblement l’amélioration de leurs conditions.

N’y a-t-il pas là une leçon à tirer pour le Québec? Plus un peuple disparaît, plus ses éléments restants se radicalisent.

Ainsi, ne faudrait-il pas se demander à quel moment le Québec devra lui aussi se radicaliser pour protéger sa culture et sa langue? Ceux et celles qui se disent démocrates et attachés à la non-violence, que feront-ils pour empêcher cette radicalisation issue d’une accélération de l’assimilation?

Tout comme il n’est pas surprenant que les Montréalais québécois soient les plus indépendantistes, le radicalisme s’alimente du désespoir de perdre son identité.

Évidemment, notre situation n’est rien en comparaison à celle des Ouïgours. Mais attendons-nous que le français régresse au point où la violence deviendrait la seule solution?

Plus que jamais, défendre le française et notre culture me semble un geste non seulement patriotique, mais également pacifique, car empêchant la radicalisation découlant de l’assimilation.

Obama: Yes We Can, mais quoi au juste?
18 janvier 2009

yes-we-can-obamaJe ne suis plus capable d’entendre parler de l’investiture de Barack Obama. Nos médias rivalisent d’applaventrisme pour présenter chaque faits et gestes de l’homme – que dis-je, du demi-dieu – censé représenter le changement. Oh et quel changement, au fait? Le changement en tant que marque de commerce, « changement inc. », une formule tellement vague et creuse qu’elle peut faire vibrer tous un et chacun selon leurs propres valeurs, du protecteur de l’environnement au spéculateur en passant par le militaire et la veuve de soldat éplorée. Chacun trouve une parcelle de rêve en Obama et qu’importe si tous ces rêves sont contradictoires ou impossibles à réaliser : « Yes We can (inc.) ».

En fait, Obama n’est même plus un humain, c’est une idée. L’idée qu’un pays sur la pente descendante puisse retrouver miraculeusement un fragment de son prestige passé. L’espoir qu’une société désarticulée, fragmentée jusqu’à la moelle redevienne cohérente, que les lendemains chantent à nouveau, qu’il soit possible de laisser ses enfants jouer dehors jusqu’à 21h00, d’aller au drive-in dans une Cadillac 1957 décapotable, de s’acheter un hamburger et une frite pour 35 cents, d’organiser un bal de fin de secondaire sans qu’il soit même question d’alcool ou de drogue. Obama, c’est le rêve d’une Amérique qui a perdu son innocence et qui espère la retrouver, telle une Musulmane qui se fait recoudre l’hymen en espérant effacer les marques d’un passé jugé impur.

Sauf que le passé ne s’efface pas. On ne retrouve jamais son innocence, tout comme on ne peut oublier volontairement quoi que ce soit, à moins de vivre dans un déni proche de la schizophrénie. Que conseille-t-on à la fillette victime de viol devenue grande? De faire face à son passé. À l’enfant battu? De faire face à son passé. Grandir, devenir cohérent et adulte signifie de faire face à son passé et d’accepter ses blessures afin que s’opère une cicatrisation psychologique permettant de passer à autre chose et d’anticiper la vie telle qu’elle est, avec les ressources du présent, sans devoir constamment affronter quelque hideux fantôme dans le garde-robe de son subconscient.

Malheureusement, il semble que les Etats-Unis aient choisi une autre voie. Au lieu d’accepter les leçons du passé et de réaliser que leur pays n’est plus le « phare de la liberté dans le monde libre », dixit George W. Bush, et que d’autres modèles alternatifs prennent forme un peu partout (Vénézuela, Chine, Inde, Brésil, etc.), ils ont choisi de régresser en enfance et de se trouver un bon petit papi pour les rassurer et leur dire que rien n’est perdu et leur chanter les louanges d’un espoir aussi tangible qu’inexplicable.

Qu’importe si le pays a passé son pic de production de pétrole depuis quarante ans et est devenu dépendant du reste du monde. Yes We Can! Qu’importe si la balance commerciale déficitaire atteint de nouveaux abîmes année après années. Yes We Can! Qu’importe si la Chine peut faire s’écrouler le dollar vert demain matin si elle vend ses réserves. Yes We Can! Un slogan, un simple slogan, mais qui ne veut rien dire, tout simplement parce qu’Obama ne peut rien faire. De nombreux autres empires ont progressivement perdu leurs avantages compétitifs et se sont écroulés, parfois brutalement, parfois dans la douceur, mais la chute est irrémédiable : on ne reste pas éternellement sur le toit du monde.

Conséquemment, au lieu de berner sa population et le monde entier en proposant une image de rêve infantilisant empêchant les gens de réellement prendre conscience de l’état réel et irrémédiable de la situation d’un État en déclin, Obama devrait faire preuve d’honnêteté et envisager un rôle réduit des Etats-Unis dans le monde (au lieu de vouloir envoyer l’armée au Pakistan), une meilleure redistribution de la richesse (au lieu de baisser les impôts des plus riches, dans la lignée des politiques fiscales de Bush) et surtout, SURTOUT, crever cette bulle de vanité qui gonfle l’égo d’un peuple qui se croit élu par l’Histoire pour diriger le destin de tous les autres peuples de la Terre.

Or, si Obama avait été honnête et avait dit la vérité à son peuple, il n’aurait jamais été élu. Après huit ans du cauchemar Bush, les Etats-Unis ont choisi de se rendormir afin de rêver un peu au lieu de se réveiller et de constater que leur maison est en feu et qu’il n’est plus temps de penser à la restaurer mais bien à la quitter et de changer sa façon de vivre pour toujours.

Obama n’est pas un sauveur, mais un entertainer qui fait rêver le monde sur le soi-disant grand changement que présenterait sa couleur de peau différente à la Maison Blanche pendant qu’il applique les mêmes politiques autodestructrices que ses prédécesseurs, mais celles-ci soutenues d’un hypocrite sourire et d’une vision du monde qui ne s’est toujours pas débarrassée de l’idée nuisible selon laquelle les Etats-Unis auraient le devoir moral d’intervenir partout dans le monde au gré de leurs intérêts.

Comme si nous étions toujours dans une version disneyland des années 1950 et que rien n’avait changé depuis. En fait, oui, le président est Noir. Toujours agréable à savoir pendant que le monde s’enfonce dans les inégalités et le chaos. Vous avez peur du futur, vous perdez pied dans ce monde qui vous semble de plus en plus dangereux. Surtout, ne cherchez pas à comprendre (ce n’est pas important), prenez votre petite pilule « Yes We Can inc. » et continuez à rêver!

Car si on aime bien ça les beaux slogans rassembleurs, un peu de contenu ne ferait pas de tort.  Et tiens, pourquoi ne pas commencer par ce qui se passe en Palestine?

Game Over: les miroirs craquent
28 novembre 2008

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Alors qu’il était premier ministre de la Chine au début des années 2000, Zhu Rongji avait réuni économistes, fonctionnaires, spécialistes de la finance et autres experts pour découvrir les meilleures possibilités de placements pour la Chine. Ceux-ci lui furent présentés comme « un miroir qu’on met face à un autre miroir, et ainsi de suite jusqu’à l’infini ».

Comment appeler différemment tous ces produits dérivés? Alors que le commerce mondial journalier n’atteint pas 50 milliards $, que le PIB mondial (valeur de la production des biens et services) frôle les 150 milliards, à quasi-égalité avec les marchés boursiers, les marchés de change s’élèvent à plus de 1700 milliards $ et les produits dérivés plus de 5600 milliards $! ((Le Monde diplomatique, novembre 2008, p.20)) C’est une incroyable bulle financière qui a été créée de toutes pièces. Ce que les néolibéraux appelaient « création de richesse » avant le krach apparaît maintenant dans toute sa clarté: il ne s’agissait que d’un reflet de la richesse, projeté par un ingénieux système de miroirs pour faire croire qu’on créait de la richesse avec du vent là où pourtant rien ne se créait.

Fort de cette compréhension de l’économie, la Chine a pu mettre la pédale douce et modérer ses investissements. Voilà pourquoi elle se trouve en bien meilleure position que beaucoup d’autres pays aujourd’hui.

Dans les faits, ce n’est pas seulement une crise financière qui ébranle le monde; il s’agit également d’une crise idéologique. Alors que la majorité des pays de la planète avaient souscrits au consensus de Washington depuis la chute du mur de Berlin, cette idéologie néolibérale consistant à appliquer les recettes drastiques du FMI et de la Banque Mondiale pour libéraliser et dérèglementer les économies, on voit poindre aujourd’hui un nouveau consensus, que certains seraient prêts à appeler « consensus de Pékin ».

En effet, devant l’échec retentissant de l’idéologie néolibérale, où même ses plus grands promoteurs nationalisent banques et compagnies d’assurances et épongent ainsi les déficits pharaoniques de ces colosses au pied d’argile, il semble que les politiques plus modérées de la Chine deviennent peu à peu un exemple à suivre.

Ce consensus de Pékin, tel que défini par l’économiste Joshua Cooper, contient trois théorèmes:

  1. Il faut mettre l’accent sur l’innovation;
  2. Il faut prendre en considération le Produit national brut (PNB) mais aussi la qualité de vie et une certaine forme d’égalité qui empêche le chaos;
  3. Il faut laisser les pays indépendants, libres de leurs propres décisions, sans se faire imposer quoi que ce soit par une puissance étrangère.

Évidemment, on est encore dans une économie capitaliste avec ce consensus, mais cette forme de capitalisme est beaucoup moins extrémiste et dangereuse. On reconnaît enfin la nécessité d’avoir une société cohérente où la pauvreté ne doit pas être extrême. On comprend enfin qu’une société largement inégalitaire entraîne des coûts sociaux et humains qui minent la croissance et empêchent la réalisation du plein potentiel des individus et des peuples.

Face au jeu de miroirs néolibéral se dessinera-t-il enfin un jeu de vitres ouvertes sur le monde où la manipulation et l’enflure spéculative sont remplacées par l’observation objective et rationnelles des conséquences des politiques économiques?

Si le mur de Berlin est tombé en 1989, c’est un autre mur qui s’écroule devant nos yeux. S’il restera toujours quelques fanatiques qui essaient de recoller les morceaux cassés du miroir néolibéral, à l’image de ces communistes pour qui 1989 ne signifiait rien de particulier, ceux-ci deviendront progressivement une minorité, une relique passéiste d’une idéologie qui a eu sa chance et qui a lamentablement échoué.

Game Over.

Les élections: la paix ou la démocratie?
27 octobre 2008

Démocratie ou dictature?

Ainsi, nous devrions être appelés aux urnes le 8 décembre prochain. Pendant que l’économie mondiale bat de l’aile et que chaque contrat obtenu de l’étranger se veut un baume sur la plaie béante et purulente que constitue la situation économique actuelle, notre premier ministre Jean Charest préfère penser à ses propres intérêts et annule un voyage en Chine pour espérer s’assurer une majorité lors des prochaines élections.

Charest fait la calcul suivant: on s’en va en récession, elle va être très sévère, probablement la pire depuis des décennies, et si ses pires effets pervers n’ont pas encore atteint le Québec ce n’est qu’une question de temps avant que le feu soit dans la grange et qu’on réclame la tête du coq le plus flamboyant. Car qu’on le veuille ou non, quand ça va mal on se cherche des coupables. Et si le Parti Libéral a une chance d’améliorer son sort, c’est ici et maintenant.

De quoi peut-il avoir peur?

D’un côté, l’ADQ s’en va nulle part; le parti est en train de sombrer dans la discorde interne et au rythme où vont les choses on se demande même si le parti de Mario Dumont serait en mesure de garder une vingtaine de sièges (il en a 39 présentement). Le navire coule, et déjà les rats ont commencé à le quitter.

De l’autre côté, Pauline Marois est égale à elle-même: prétentieuse, hautaine, tenant un discours creux et ayant à peu près autant de charisme que la secrétaire blasée chez votre dentiste. Donnez-lui son 4% à elle, et ça presse! Le PQ est lui aussi prêt à se faire battre, car son but premier est l’indépendance du Québec et Marois a rejeté ce principe, peu importe ce que les poèmes conventionnelo-populistes d’appels à la patrie d’une poignée de béni-oui-oui en fin de semaine laissaient croire. Le PQ de Pauline Marois a tué l’indépendance, et avec une cheffe aussi médiocre le parti n’a pas la moindre chance de gagner les élections.

Jean Charest vogue donc allègrement vers la majorité. Contrairement à Stephen Harper, qui a tenu le même pari et l’a perdu, Charest n’a pas une bande d’Albertains fanatiques à satisfaire et il ne coupera pas dans la culture à quelques semaines des élections. Il va se taper une petite campagne tranquille en martelant que son parti est le meilleur pour faire face aux problèmes économiques et on oubliera ce qu’était réellement le PLQ majoritaire: les écoles privées juives, le Suroît, le Mont Orford, les privatisations, etc.

Alors non, je ne suis pas emballé par cette campagne électorale qui s’annonce déjà ennuyante et au résultat prévisible. Mais je n’irais pas jusqu’à écrire des conneries comme Patrick Lagacé qui affirme que « Après [les élections], si le bon Dieu est bon, la paix pendant quatre ans. »

La véritable « paix », c’est-à-dire l’absence d’enjeux électoraux, c’est celle qu’offre une dictature , éliminant la démocratie… et les journalistes trop irrévérencieux; on devrait peut-être le rappeler à M. Lagacé, lui qui ne vote pas. Car le droit de voter, c’est le droit de chiâler. Quand on reste assis chez soi pendant que ce pour quoi des centaines de milliers de personnes ont donné leurs vies au travers des siècles se met en branle, on est discrédité et pour longtemps.

L’instabilité politique n’est sûrement pas la panacée, mais elle force les élus à se remettre régulièrement au diapason avec la population sous peine d’être relégués dans l’oubli. Et notre démocratie, quoi qu’imparfaite, doit être protégée de tous ceux qui croient avoir des opinions sur tout mais qui ne sont même pas capables de bouger leurs fesses une fois par année pour aller voter.

En ce sens, si la manoeuvre politique de Jean Charest est très « politi-chienne », le texte de Patrick Lagacé fait très « journal-élitiste ». Comme quoi certains ont parfois de la difficulté à s’élever au-dessus du quotidien pour voir les véritables enjeux derrière le processus électoral.


AJOUT: Mes 4-5 derniers commentaires sur le blogue de Patrick Lagacé ont été censurés mystérieusement effacés. Je me suis plains à Patrick Lagacé, qui évidemment dit qu’il n’est au courant de rien. Vraiment plate comme situation; on suit leur foutu nétiquette à la lettre et suffit qu’on soit en désaccord avec l’auteur pour que les messages « disparaissent mystérieusement »! Ah Gesca et leur censure…

La valeur de la médaille
19 août 2008

Il y a un aspect de ces Jeux Olympiques qui me dérange particulièrement: c’est celui où on félicite ou on remet en question tout le mode d’entraînement et le modèle social d’un pays en se basant simplement sur le nombre de médailles que le dit-pays a récolté. Il y a pourtant beaucoup d’autres facteurs à tenir en compte, notamment la relation entre le nombre de médailles récoltées et la population du pays.

En effet, voici le tableau actuel des médailles, par pays. Je préfère utiliser le total des médailles pour classifier le résultat plutà´t que le nombre de médailles d’or, car c’est déjà un très grand exploit d’être parmi les trois meilleurs de sa discipline.

  1. États-Unis: 79
  2. Chine: 76
  3. Russie: 42
  4. Australie: 35
  5. Angleterre: 33
  6. France: 29
  7. Allemagne: 28
  8. Corée du Sud: 24
  9. Japon: 22
  10. Italie: 19
  11. Ukraine: 17
  12. Pays-Bas: 13
  13. Canada: 13
  14. Cuba: 11
  15. Biélorussie: 11

Le problème avec ce tableau, c’est qu’il compare des pays que la population rend incomparables. En effet, comment comparer la Chine et son 1,3 milliards d’habitants et Cuba, par exemple, qui ne compte que 11 millions de citoyens? Afin de juger du meilleur pays, celui-ci devrait être capable à la fois de compter parmi les meilleurs pays au monde en terme de récolte brute de médailles, mais également au nombre de médailles per capita.

J’ai calculé le nombre de médailles par millions d’habitants de ces mêmes pays ci-dessous. J’ai utilisé les statistiques offertes par Wikipedia:

Nombre de médailles par million d’habitants:

  1. Australie: 1,656508875
  2. Biélorussie: 1,135686917
  3. Cuba: 0,9628892
  4. Pays-Bas: 0,765957412
  5. Angleterre: 0,539727749
  6. Corée du Sud: 0,487479456
  7. France:0,447237958
  8. Canada: 0,391416584
  9. Ukraine:0,369611121
  10. Allemagne:0,339931451
  11. Italie: 0,32676748
  12. Russie: 0,29850302
  13. États-Unis:0,256317935
  14. Japon: 0,172835834
  15. Chine: 0,055864073

On remarque, en observant ces statistiques, que le tableau s’inverse considérablement. Les États-Unis et la Chine, qui étaient respectivement deuxième et premier, prennent le 13e et le 15e rang, alors que d’autres pays, comme Cuba, l’Australie ou la Biélorussie, obtiennent les meilleurs résultats.

En clair, pourquoi je préfère cette méthode? C’est simple: un « extra-terrestre » peut apparaître n’importe où. Il y en a toujours de ces athlètes qui sont naturellement les meilleurs. Des Michael Phelps, par exemple. Mais la probabilité d’avoir un de ces athlètes est proportionnelle à la population. Il y a infiniment plus de chance d’en avoir un en Chine qu’à Cuba. Le reste – la différence – tient à l’entraînement et à la réussite du système national pour produire des vainqueurs.

Ainsi, et contre toute attente, la performance de la Chine est loin d’être exceptionnelle, mais est plutà´t pathétique. Si la Chine gagnait proportionnellement autant de médailles que le Canada, par exemple, elle en compterait aujourd’hui près de 532! Et pas loin de 121 pour les États-Unis!

On peut donc écrire, sans se tromper, que ces deux pays sont des exemples à ne pas suivre en ce qui concerne l’exploitation des talents. Et, surprenamment, l’Australie, Cuba et la Biélorussie devraient servir d’inspiration aux décideurs en vue des prochains Jeux d’été.

Bien sûr, il faudrait bâtir un algorithme tenant compte d’autres facteurs, notamment en ce qui concerne le climat (les pays nordiques sont désavantagés aux Jeux d’été, et inversement aux Jeux d’hiver pour les pays du sud) ou le lieu d’entraînement des athlètes (pour ainsi éliminer les cas où un pays se contente « d’acheter » une médaille en allant chercher un athlète d’un autre pays) et il serait impératif d’établir un nombre minimal de médailles afin d’éliminer le facteur « chance », mais déjà cette compilation donne une idée des pays desquels il est avantageux de s’inspirer.

Géorgie: guerre par procuration
13 août 2008

L’Ossétie du Sud est une région autonome qui fut créée en 1922 par l’URSS. Lors de l’indépendance de la Géorgie, en 1991, ces derniers ont supprimé l’autonomie accordée aux Ossètes et n’ont eu de cesse depuis de chercher à réintégrer cette région dans son giron.

Par la suite, l’Ossétie du Sud a déclaré son indépendance et a organisé deux référendums (tous deux gagnés) démontrant l’appui de la population à sa cause. Car, il faut le dire, l’Ossétie du Sud a beaucoup plus en commun avec la Russie et l’Ossétie du Nord (partie intégrante de la Russie) qu’avec la Géorgie. Néanmoins, et contrairement au cas du Kosovo, les États-Unis et l’Union Européenne rejettent toujours cette indépendance.

Ainsi s’est instauré ce qu’on a appelé un « conflit gelé », malgré que, comme le note cette blogueuse, les nombreux morts chaque année peuvent difficilement faire oublier que sous le volcan la lave se presse, prête à surgir avec force.

Mais que s’est-il soudainement passé, lors du premier jour des Jeux Olympiques?

Profitant de l’attention sur la Chine, la Géorgie, nouvelle alliée des États-Unis depuis une Révolution des Roses largement organisée depuis Washington via des organisation de droite comme la NED, a reçu le feu vert de Washington pour reprendre le contrà´le de la République autonome, brisant ainsi le statu quo en vigueur depuis des années.

La réaction de la Russie fut donc tout ce qu’il y a de plus normale; face à l’agression de la Géorgie (avec l’appui des États-Unis) sur son alliée, elle a simplement tenté de rétablir l’équilibre des forces. Malgré les discours de Bush et les belles images d’unité de ces pays autrefois sous le giron russe mais qui aujourd’hui couchent avec Washington, dans ce conflit c’est la Géorgie qui est l’agresseur, pas la Russie.

Et si vous vous demandez pourquoi tout ce branle-bas de combat dans cette région, cliquez simplement sur l’image en haut de ce billet et observez à qui appartiennent les oléoducs qui passent en Géorgie.

Car c’est dans un contexte de fin de partiele pic pétrolier pousse les pays à se faire la lutte, par procuration, pour les dernières réserves de pétrole disponibles, essayant de faire face à la crise imminente, que se produisent ces événements.

Pas surprenant, dans ce contexte, que l’Union Européenne et les États-Unis refusent d’accepter l’indépendance des Ossètes et encouragent la Géorgie dans ses actions guerrières!

Histoire de drapeaux
9 août 2008

C’est le « buzz » de l’heure; même Patrick Lagacé publie une petite chronique où il dénonce le fait que le premier ministre désire accommoder la Chine en acceptant sa politique refusant les drapeaux non-olympiques aux Jeux. à€ ses yeux, c’est de la résignation. à€ mes yeux, c’est tout le contraire.

En effet – et cela va peut-être en surprendre certains – mais je ne suis pas contre la position de Jean Charest. Nous sommes des invités en Chine, et nous nous devons de respecter leur culture et leurs valeurs. Et une de ces valeurs est le caractère sacré et inaliénable du Tibet en son sein et le sens très patriotique d’appui que porte la population à cette cause. Il suffit pour s’en convaincre d’observer ce qui s’est passé lors de la mini-manifestation sur la place Tiananmen où de simples passants se sont chargés d’insulter ces étrangers venus en Chine pour montrer aux Chinois comment agir.

Soyons clairs: ce peuple qui a une Histoire de plus de cinq mille ans n’a pas de leçons à recevoir de notre part. Ils sont certes différents de nous, et des efforts pourraient être entrepris pour permettre plus de liberté individuelle, mais la Chine considère la nation et son existence, la quête de sa pérennité et de sa croissance, comme étant un but supérieur au bien-être de chaque individu en particulier.

En quelque sorte, ça me fait penser au magnifique (grandiose, superbe, époustouflant, et ajoutez votre superlatif!) spectacle d’ouverture, où on voyait ces milliers de gens bouger tous à l’unisson, au même moment, et dont la marche coordonnée créait des figures tout à fait géniales. C’était la Chine qu’on voyait: une Chine certes contrà´lante, mais qui permet à chaque Chinois de transcender sa petite existence individuelle en faisant partie d’un Tout infiniment plus grand et glorifiant. Nous avons quelque chose à apprendre de la Chine.

Et puis, soyons honnêtes, si on espère demander à la Chine de s’adapter à nous, comment peut-on par la suite blâmer un immigrant qui refuse de s’intégrer au Québec? Il s’agit de faire preuve de cohérence: on ne peut pas à la fois prétendre avoir la solution aux maux d’autrui et se plaindre lorsque des gens qui viennent ici veulent nous imposer leurs solutions. Si on demande à la Chine de renier ce qu’elle est, de se voir ridiculisée par des drapeaux tibétains et de voir ainsi la perfection de ses jeux réduite en combat politique contre ses valeurs et ses croyances, comment peut-on ensuite demander à quiconque de respecter nos valeurs et nos croyances?

La vie est injuste, mais chaque pays a le devoir de se protéger lui-même et de lutter contre ce qui pourrait l’affaiblir ou le détruire. On ne peut pas, on ne doit pas dénoncer un pays qui cherche à préserver sa puissance et améliorer sa condition.

Et, heureusement, on ne peut pas blâmer les minorités qui cherchent à se faire entendre et qui luttent pour leur survie culturelle. Tout comme on ne peut empêcher un athlète motivé de cacher un drapeau dans ses sous-vêtements ou de se le tatouer dans le dos. Si on ne peut contrecarrer l’expression de ces minorités (dont nous faisons partie!), on peut ne pas la faciliter, et c’est exactement ce que fait la Chine.

C’est dans l’ordre des choses et c’est à nous, étrangers, de nous tenir en-dehors de ce combat politique qui n’est pas le nà´tre et qui, si nous nous en mêlons, pourrait donner l’idée à d’autres de venir se mêler du nà´tre.

Et pas toujours en notre faveur.

Car la diversité, c’est beaucoup plus que d’écouter Paul McCartney chanter « Jet » sur les plaines d’Abraham en sirotant une bière allemande: c’est aussi respecter la différence de l’autre en s’adaptant à sa culture lorsqu’on est chez lui, tout comme on aurait envie qu’il s’adapte à la nà´tre chez nous.

Les Olympiques de la diversité
8 août 2008

Au risque de me faire qualifier à nouveau de celui qui tape sur le même clou, je dois vous parler de cette diversité culturelle époustouflante qui s’est offerte à nous lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Pékin.

Car j’ai vu. J’ai vu des cultures qui s’affichaient, s’affirmaient sans complexe, des cultures ne demandant que la chance de pouvoir mieux s’exprimer. Cuba, Nicaragua, Brésil. Avez-vous vu tous ces peuples, tous ces représentants des pays de la Terre, avec leurs milles couleurs, leurs costumes nationaux, leurs particularités? Nigeria, Qatar, Palestine. Cette incroyable richesse du monde qui se révèle une légère brise rafraîchissante sur un monde un peu trop rectiligne et que certains aimeraient croire anglo-saxon et néolibéral? Cuba, Biélorussie, Inde.

Ce n’est pas le monde des revues de droite comme l’Actualité ou le Time magazine. Ou celui de l’IEDM et de son grand-frère le Fraser Institute. Non. Ce monde, c’est le nà´tre, celui des peuples, celui des cultures, celui de ceux qui refusent d’être une simple parenthèse qu’on efface pour faire place à une culture et une idéologie envahissantes qui prétendent être la solution à tous les maux de la planète. Si, bien sûr, la diversité et la répartition de la richesse sont un mal à éradiquer.

Mais la Chine ne se contente pas de faire du tape-à -l’oeil avec cette cérémonie. Comme le souligne Jean-Pierre Raffarin dans son carnet, la Chine possède une vision multipolaire du monde, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a réitéré son appui à l’héritage du Baron Pierre de Coubertin et a réaffirmé la place du français en tant qu’une des langues officielles des Jeux Olympiques. Lors des trois ou quatre derniers jeux, cette présence francophone était trop souvent vécue comme de la mauvaise visite qu’on se dépêche de gaver avec l’espoir qu’elle parte rapidement et sans trop se plaindre.

Face à la prétention « d’un monde global », elle prà´ne la diversité culturelle.

Et c’est cette richesse incommensurable qu’elle affiche aux yeux du monde aujourd’hui et que nous avons la mission et le devoir historique de protéger. Mais puisque nous ne pouvons pas sauver le monde par nous-mêmes, pourquoi ne pas commencer par balayer le pas de notre porte et assurer la pérennité culturelle de notre peuple? Ainsi, donnerons-nous peut-être envie aux autres peuples d’en faire autant!

Vive la Chine et vive ces Jeux Olympiques de la diversité!

USA-Chine: mieux comprendre
2 mai 2008

L’aut’journal vient de publier un nouveau texte de Chossudovsky qui explique à merveille les enjeux stratégiques du conflit larvé entre la Chine et les États-Unis.

Quelques extraits:

La Chine n’est pas un modèle des droits de l’homme, mais pas plus que les États-Unis et son indéfectible allié britannique, coupables de crimes de guerre et de violations considérables contre les droits de la personne en Irak et dans le monde entier.

[…]

Dans le contexte de ses plans de guerre contre l’Iran, les États-Unis ont aussi l’intention d’affaiblir les alliés de ce pays, à savoir la Russie et la Chine. Dans le cas de la Chine, Washington cherche à bouleverser les liens bilatéraux entre Beijing et Téhéran, de même que le rapprochement de l’Iran avec la SCO, dont le siège se trouve à Beijing.

[…]

La Chine est encerclée. L’armée étatsunienne est présente dans le Sud de la Mer de Chine et dans le Détroit de Taïwan, dans la Péninsule coréenne et en Mer du Japon, ainsi qu’au cœur de l’Asie Centrale et sur la frontière ouest du Xinjiang, la région autonome Ouïgour de Chine. En outre, dans le cadre de l’encerclement de la Chine, « le Japon s’est peu à peu amalgamé en harmonisant sa politique militaire avec celle des États-Unis et de l’OTAN. »

[…]

Les événement de Lhassa à la mi-mars ne sont pas un mouvement protestataire « pacifique » spontané, comme l’ont décrit les médias occidentaux. Ces émeutes, impliquant une bande de gangsters, ont été préméditées. Elles ont été soigneusement organisées. En Inde, des activistes tibétains associées au gouvernement du Dalaï Lama en exil ont laissé entendre qu’ils s’attendaient en effet à les troubles. Mais ils refusent de préciser comment ils le savaient ni qui étaient leurs collaborateurs. »

[…]

La torche olympique a été allumée lors d’une cérémonie en Grèce, qui a été perturbée par « des militants pro-Tibet. » L’événement était parrainé par « Reporters sans Frontières, » une organisation dont les liens avec les services de renseignement étatsunien sont bien connus. La flamme olympique est un symbole. L’opération psychologique (PsyOp) consiste à prendre pour cible la flamme olympique dans les mois précédants les jeux olympiques de Beijing.

(Lire à ce sujet).

Un texte très intéressant et important à lire pour quiconque veut mieux comprendre le conflit larvé entre la Chine et les États-Unis.

RSF financé par Taiwan!
11 avril 2008

Comme je l’écrivais dans Les USA derrière la campagne anti-chinoise? et dans Désinformateurs sans frontières, l’organisation Reporters sans frontières sert de paravent à diverses opérations de déstabilisation de la CIA et de la NED (National Endowment for Democracy), une organisation créée par Ronald Reagan pour « poursuivre les actions secrètes de la CIA en soutenant financièrement et en encadrant des syndicats, des associations et des partis politiques. » (Wikipedia).

Ce qui est nouveau, par contre, c’est que Reporters sans frontières se fait désormais financer par Taiwan dans sa campagne anti-chinoise! Via la Taiwan Foundation for Democracy, une émule de la NED créée (avec son aide) en 2002 par le ministre des affaires extérieures de l’île aux politiques pro-américaines, 100 000$ ont été remis à Robert Ménard, dirigeant peu crédible de RSF ayant déjà tenté de manipuler des informations pour plaire à ses créanciers par le passé.

La question se pose désormais: on a beau ne pas aimer la répression chinoise au Tibet, mais comment être certains que nous ne sommes pas nous-mêmes manipulés à croire que le mouvement apparemment spontané d’opposition au passage de la flamme olympique n’est pas plutôt organisé et financé soit par Washington, soit par des régimes et des organisations fantoches à sa solde?

Car ne l’oublions pas, dans un contexte de fin de partie (ou de fin de party oserait-on dire), le seul et véritable ennemi des États-Unis, le seul pays capable de déstabiliser le géant américain, c’est la Chine. Tous les moyens sont bons pour discréditer Pékin et tenter de nuire à son économie, y compris la manipulation et le mensonge.