Laissons Andrew Coyne vomir son Maclean’s
27 septembre 2010

Que n’importe quel torchon canadien écrive quoi que ce soit à propos d’un soi-disant gène structurel ou intrinsèque typique des Québécois et les poussant à la corruption ne devrait même pas nous surprendre ou nous choquer. L’histoire du journalisme jaunissant canadien regorge de ce racisme abâtardi, des incitations à la haine et à l’émeute de The Gazette ayant mené à l’incendie du parlement de Montréal en 1849, en passant par les hallucinations de Jan Wong qui établissait un lien entre la tuerie de Dawson et la Loi 101, en 2006, ou encore par les insanités de Diane Francis et autres créatures qui, dans un pays sainement constitué, auraient de la difficulté à tenir captive une audience d’une dizaine de personnes.

Dès qu’il est question du Québec, le vieux fond orangiste, suprémaciste et raciste colonial des Canadiens prend le dessus sur ce qui devrait leur faire office de cerveau et c’est avec une insolente bonhommie qu’ils défèquent sur notre nation et se prétendent observateurs de notre prétendue infériorité, nous, les colonisés, qui ne mériteraient que de disparaître ou d’être enfin civilisés. Et nous qui avons tellement peur d’exister, nous qui ne sommes Québécois que du bout des lèvres, mordons à l’hameçon de notre propre infériorisation.

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Réglons la question dès le départ. Les arguments de Maclean’s sont tellement faibles qu’il est d’une facilité déconcertante de les invalider.

  • Le Québec, plus corrompu que le reste du Canada? Allons donc. Disons plutôt que le Québec règle ses problèmes de corruption quand ils arrivent. Trois premier ministres de la Colombie-Britannique ont démissionné à cause de scandales de corruption au cours des dernières décennies et le Canada lui-même s’est construit sur la corruption de John A. MacDonald.
  • La corruption, symptôme du nationalisme québécois? N’importe quoi. C’est bel et bien Lévesque qui a instauré les règles les plus strictes de gouvernance et aucun gouvernement du Parti Québécois – malgré tout ce qu’on peut lui reprocher – n’a jamais été accusé du tiers des actions reprochées présentement à Charest.
  • La corruption, causée par une trop grande présence de l’État? C’est exactement le contraire! Les données démontrent que les pays les moins corrompus (Nouvelle-Zélande, Danemark) sont ceux qui ont une présence étatique plus importante alors que les plus corrompus (Somalie, Afghanistan) n’ont pour ainsi dire pas de gouvernement ni d’institutions; en fait, c’est d’une logique implacable: c’est bel et bien le privé qui augmente les risques de corruption et c’est toujours parce que l’État se désengage et réduit ses garde-fous que les enveloppes brunes circulent plus facilement.

Maintenant, passons aux choses sérieuses. Qu’en avons-nous à foutre de l’opinion du Maclean’s ou de n’importe quel autre revue jaunie? « C’est une revue sérieuse », qu’on entend dire un peu partout. Ah oui? C’est quoi le sérieux pour vous, dites-moi? Du papier glacé, une propriété de Rogers et du papier de toilette à fleur de lys? Non, le Maclean’s n’est pas plus ou moins sérieux que n’importe quel autre média. En fait, il nous prouve, avec cette aberration, qu’il est tout sauf sérieux. Il entretient les mythes à l’égard du Québec chez les Canadiens et il contribue à démontrer, comme l’a affirmé Bernard Landry aujourd’hui, qu’il y a bel et bien deux nations dans ce pays.

Ne serait-il pas temps un peu pour nous d’arrêter de sur-réagir quand n’importe quel scribouilleur vomit sa prose sur notre nation? Ne serait-il pas temps de comprendre et d’accepter que c’est NORMAL que le Canada, à l’aide de ses médias, se serve de n’importe quel prétexte pour démoniser les Québécois? Ce n’est pas notre faiblesses intrinsèque qui est mise en cause ici, mais plutôt notre statut de peuple conquis ayant des réflexes du colonisé plus à l’écoute des besoins de son maître que de ses propres désirs de liberté. Oui, Maître. Merci, Maître. Voulez-vous vous essuyer encore davantage les pieds sur mon dos, Maître? C’est ce que nous sommes: des conquis.

Maintenant, si nous voulons changer les choses, si nous voulons à nouveau être un peuple fier, qu’on ignore un peu ce qu’écrivent ces ferrailleurs de la stupidité et qu’on cesse de se préoccuper des « quand dira-t-on » canadiens. Nous avons le droit d’exister, nous avons le droit de vouloir la liberté et les mensonges ne changeront jamais rien à notre fierté; ils ne peuvent que renforcer notre désir de nous séparer d’un Canada fétide, raciste et francophobe où pullulent toutes sortes de déchets journalistiques à la Andrew Coyne.

Les valeurs « canadiennes » de René Lévesque
18 septembre 2009

René Lévesque, un des plus grands Canadiens? Figurant au nombre des 18 plus grands Canadiens, selon le magazine Maclean’s, René Lévesque mérite cette reconnaissance notamment parce qu’il aurait épousé des « valeurs canadiennes » comme le centrisme, l’honnêteté, l’engagement en faveur de la démocratie et la non-violence. Valeurs canadiennes… ou québécoises?

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Le centrisme. Depuis l’élection du Parti Québécois, en 1976, tous les gouvernements du Québec se sont tenus au centre de l’échiquier. De 1976 à 1982, au centre-gauche, et depuis au centre-droit, avec quelques tentatives un peu plus à gauche. À chaque fois qu’un gouvernement a tenté de tirer vers les extrêmes, il s’est fait ramener très rapidement à l’ordre par la population. On peut simplement penser aux grandes manifestations contre Jean Charest dans les premières années de son mandat de 2003, et de quelle façon il a dû adoucir son discours de réingénierie de l’État.

Au Canada, par contre, on n’a jamais hésité à s’éloigner du centre, surtout vers la droite. Les gouvernements de Mulroney (1984-1993) et de Harper (depuis 2006) se sont clairement affichés à droite. Le premier a été un partisan de privatisations massives (dont celle de Petro-Canada, véritable joyau) et le second utilise sensiblement les mêmes recettes économiques que George W. Bush. Avant d’être élu, Harper a séduit des Québécois désillusionnés par la corruption du Parti Libéral du Canada, mais dès qu’il a commencé à appliquer ses politiques moins centristes, ses appuis ont fondu comme neige au soleil.

C’est le Québec qui a toujours ramené les gouvernements vers le centre. Le centrisme est une valeur beaucoup plus québécoise que canadienne.

Honnêteté et engagement en faveur de la démocratie. Personne n’est contre la vertu; tous les pays au monde se disent « en faveur de la démocratie ». Jusqu’à ce qu’une crise survienne et qu’on puisse réellement mesurer cet engagement. Et y a-t-il eu une crise plus profonde que le référendum très serré de 1995 pour mesurer l’attachement canadien à la démocratie?

Alors que le Parti Québécois a joué franc-jeu, a respecté les dépenses allouées pour la campagne du OUI et a été intègre dans tout le processus, le gouvernement canadien a littéralement volé le référendum. Quelques exemples au hasard:

  • Près de 42 400 immigrants ont reçu prématurément leur citoyenneté avec la consigne claire de voter pour le NON. « Vous êtes Canadien maintenant; votez en conséquence! »
  • Plus de 15 000 Canadiens hors-Québec ont pu voter grâce aux manoeuvres frauduleuses de l’avocat Casper Bloom, payé avec des ressources non comptabilisées dans les 5 millions de dollars permis par la loi.
  • L’augmentation des attributions de certificat de citoyenneté a bondi de 87 % entre 1993 et 1995.
  • Trois jours avant le référendum, plus de 100 000 Canadiens sont arrivés à Montréal dans des vols nolisés, par autobus, ou par train. Il a été démontré que plusieurs de ces voyages ont été gratuits, et donc payés par l’État canadien lui-même, en violation directe des lois du Québec.
  • En 1998, le Directeur général des élections du Québec a conclu que 56 000 personnes ne détenant pas de carte d’assurance-maladie du Québec (et n’habitant donc pas le territoire du Québec) ont voté illégalement au référendum de 1995.

La voilà, la belle honnêteté canadienne et cet engagement en faveur de la démocratie. Au seul moment où le Canada a réellement eu la chance de mettre en application ces principes dont il se gargarise depuis des décennies, il a échoué lamentablement et a violé la volonté de tout un peuple.

Non-violence. L’Histoire récente du Canada a toujours opposé les pacifistes québécois aux Va-t-en-guerre canadiens-anglais. Déjà, le 27 avril 1942, lors d’un référendum sur la conscription, les Canadiens-anglais votaient OUI à 80% alors que les Canadiens-français votaient NON à 85%. Et aujourd’hui, rien n’a changé. Un sondage démontre que 73% des Québécois s’opposent à la présence canadienne en Afghanistan, contre seulement 54% des Canadiens. Pire: Harper et Ignatieff ont tous deux appuyé l’invasion de l’Irak par les États-Unis; aujourd’hui, des soldats québécois mourraient en Irak si un de ces deux chefs avait été au pouvoir en 2003.

En fait, des révélations ont démontré que c’est la peur de favoriser l’élection du Parti Québécois qui a poussé Jean Chrétien, alors premier ministre du Canada, à s’opposer à la guerre en Irak. Dit plus clairement: sans le Québec, le Canada serait allé en Irak.

C’est grâce au Québec que le Canada s’est mérité cette image de nation non-violente et pacifique. Le fait que les deux principaux partis, actuellement, partagent la même vision militaire du pays ne démontre qu’une chose: la baisse du pouvoir politique du Québec; en 2009, on peut gagner le pouvoir sans le Québec.

On le constate, le centrisme, l’honnêteté, l’engagement en faveur de la démocratie et la non-violence ne sont pas des valeurs canadiennes, mais québécoises.

Or, si René Lévesque est un grand Canadien parce qu’il a réussi à convaincre le Canada d’accepter ces valeurs, ce n’est peut-être pas grâce à lui, mais plutôt malgré lui. Le Canada s’est toujours trouvé de nobles valeurs lorsque le nationalisme québécois était assez fort pour le tenir en respect. Ne pas tenir compte des valeurs québécoises aurait constitué un sérieux coup de pouce aux indépendantistes, Lévesque ou pas Lévesque. Ce n’est donc pas Lévesque qui a permis de changer le Canada pour le mieux, mais les indépendantistes eux-mêmes. Grâce à leur puissance, ils ont forcé le Canada à changer et à tenir davantage compte des valeurs québécoises.

Voilà une leçon que certains Canadiens feraient mieux de se rappeler avant de dénigrer le mouvement indépendantiste québécois. Si le Canada est ce qu’il est aujourd’hui, c’est grâce aux Québécois et à leurs valeurs.

Quand le système de santé U.S. tue
5 juillet 2009

Barack Obama a raison de travailler pour l’instauration d’un système universel de soins de santé.  Non seulement le système de santé états-unien est-il le plus coûteux des pays de l’OCDE, mais il est tout à fait incapable de concurrencer un système comme celui du Canada, de loin supérieur.

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En effet, quand on regarde les dernières statistiques de l’OCDE, on se rend compte à quel point le système de santé de nos voisins du sud est déficient. Outre le fait qu’il gobe près de 33% plus de ressources que le nôtre, il est incapable de sauver autant de vies. À preuve, l’indice d’années potentielles de vie perdues (APVP).

Voici le nombre d’années potentielles de vie perdues par 100 000 habitants pour:

  • les maladies infectieuses et parasitaires:  64 au Canada et 201 aux États-Unis ;
  • les maladies dues au VIH: 25 au Canada et 94 aux États-Unis;
  • les tumeurs malignes: 823 au Canada et 851 aux États-Unis;
  • les maladies du sang: 12 an Canada et 29 aux États-Unis;
  • les maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques: 104 au Canada et 158 aux États-Unis;
  • le diabète sucré: 56 au Canada et 98 aux États-Unis;
  • les troubles mentaux et du comportement: 36 au Canada et 66 aux États-Unis;
  • les maladies du système nerveux: 106 au Canada et 122 aux États-Unis;
  • les maladies de l’appareil respiratoire: 422 au Canada et 781 aux États-Unis;
  • les cardiopathies ischémiques: 233 au Canada et 372 aux États-Unis;
  • les infarctus du myocarde:  120 au Canada et 151 aux États-Unis;
  • les maladies cérébrovasculaires: 57 au Canada et 107 aux États-Unis;
  • la grippe et les pneunomathies: 28 au Canada et 50 aux États-Unis;
  • les bronchites, asthme et emphysème: 8 au Canada et 28 aux États-Unis;
  • les maladies de l’appareil digestif: 104 au Canada et 187 aux États-Unis;
  • les maladies de peau; 1 au Canada et 6 aux États-Unis;
  • les maladies du système ostéo-musculaire: 13 au Canada et 25 aux États-Unis;
  • les maladies du système génito-urinaire: 20 au Canada et 53 aux États-Unis;
  • les grossesses et accouchements: 5 au Canada et 19 aux États-Unis;
  • les pathologies périnatales: 342 au Canada et 395 aux États-Unis;
  • les malformations congénitales: 179 au Canada et 206 aux États-Unis;
  • les symptômes et états mal définis: 138 au Canada et 166 aux États-Unis;
  • les causes externes (agressions, accidents, chutes, etc.): 892 au Canada et 1478 aux États-Unis.

Toutes ces données proviennent de l’OCDE et sont pour l’année 2004, dernière année où toutes les comparaisons sont possibles.

Ce que ces statistiques nous démontrent, c’est que le système de santé canadien est spectaculairement supérieur à celui des États-Unis, dans toutes les facettes possibles. Concrètement, une personne tombant malade aux États-Unis a beaucoup plus de risques d’en mourir qu’au Canada.

Alors, peu importe ce qu’en pense une certaine ado-droite paralysée dans ses dogmes du passé, nous sommes un exemple à suivre pour nos voisins du sud et un système universel et public s’avère de loin meilleur qu’un système sélectif et privé.

Cela ne signifie pas que le système de santé canadien soit parfait, mais ça devrait orienter nos choix pour le futur et nous décourager d’opter pour la voie suicidaire d’une plus grande présence du privé.  Encore une fois, et plus que toujours, le public est de loin plus performant et utile que le privé.

Santé: la droite américaine en quête de manipulation
31 mai 2009

La malhonnêteté intellectuelle de la droite américaine est sans limite.  Opposée aux réformes de la santé proposées par le président Obama, elle décide de se lancer dans le pathos en prenant l’exemple d’une patiente canadienne ayant obtenu des soins aux États-Unis pour tenter de démoniser le système canadien et toute forme de médecine publique. Cette démarche s’avère tout autant pathétique que trompeuse.

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En effet, prendre un seul cas et généraliser, c’est facile. Même moi je peux le faire, et je l’ai déjà fait. J’ai écrit ici sur le fait que mon père a été hospitalisé aux États-Unis à 2000$ de l’heure sans qu’on puisse lui trouver son problème et que c’est finalement un médecin canadien, deux mois plus tard, qui lui a diagnostiqué une tumeur au poumon. Il a eu son opération en quelques semaines et il récupère à merveille aujourd’hui. So long pour la supériorité du privé.

Malheureusement, on ne bâtit pas des réalités sur quelques cas. Ce n’est pas parce que le système de santé américain peut occasionnellement sauver quelques patients qu’on doit passer sous silence le fait qu’il est responsable de la mort de dizaines de milliers de personnes annuellement. 101 000 personnes, pour être plus précis, qui auraient pu être sauvées si les États-Unis se dotaient d’un système aussi performant que la France, bonne première. C’est du moins le résultat d’une étude qui démontre que les États-Unis se classent bon derniers au sein de toutes les nations industrialisées, notamment parce que 47 millions de leurs citoyens ne disposent d’aucune forme de couverture médicale. Le Canada, lui, se classe sixième sur dix-neuf. So long pour les horreurs du système canadien.

Par ailleurs, il est toujours pertinent de rappeler que le système français, le meilleur des pays industrialisés, est davantage public que celui du Canada (76,3% contre 69,9%; seulement 46% pour les États-Unis). Et il coûte moins cher: 3449$ per capita contre 3578$ pour le Canada et un astronomique 6714$ pour les États-Unis, de très loin le plus coûteux. Les imperfections de notre système de santé ne découlent donc pas de son caractère public, contrairement à ce que certaines personnes mal intentionnées affirment.

En fait, s’il y a des problèmes avec le système canadien, c’est principalement causé par son sous-financement chronique. Les États-Unis dépensent 15,3% de leur PIB pour la santé (tout en n’offrant aucune couverture à plus de 15% de leur population!) contre 10,0% pour le Canada. En clair: le Canada surpasse aisément les États-Unis en dépensant près de 33% de moins! Imaginons ce qu’il en serait si le système de santé était adéquatement financé! Encore une fois, on le constate, le public coûte moins cher et est plus performant, car il soigne davantage d’individus.

Avec ces chiffres en tête, on ne se surprend guère de la tactique utilisée pour démoniser le système canadien. En se servant d’une seule personne et de sa triste histoire, on espère parler aux émotions des gens et leur faire oublier qu’ils vivent dans un pays avec un système de santé misérable, plus intéressé par les profits des entreprises que le bien-être de la population.

Les intérêts de Sarkozy
19 octobre 2008

Quel petit peuple nous sommes, non? Je revois encore cette conférence de presse caricaturale de Nicolas Sarkozy, venu en coup de vent saluer ceux qu’il considère sûrement comme de loyaux sujets, où ce dernier ventait les mérites d’un Canada uni et s’en prenait presque aux journalistes pour leurs questions un peu trop pointues. Cet homme est une vraie contrefaçon de marionnette de cirque. On le regarde et on se plaît à s’imaginer qu’un tel fantoche aux mains de l’artiste aurait eu l’air trop grossier pour être présenté devant public.

Néanmoins, le simpliste personnage possède une certaine intelligence. Il est un très bon ami de Paul Desmarais, après tout, ce milliardaire trempé dans le pétrole albertain (et possédant La Presse, entre autres) et dont il affirme que ce dernier l’a aidé à se faire élire président de la République française: « Si je suis aujourd’hui président de la République, je le dois en partie aux conseils, à l’amitié et la fidélité de Paul Desmarais ». Il sait où sont ses intérêts et ceux de ses amis. Car si l’affaiblissement de ce qu’il reste du mouvement souverainiste (merci madame Marois!) risque de profiter aux Conservateurs et donc à la Power Corporation de Desmarais, il y a d’autres intérêts en jeu.

En effet, comme le note Parizeau, il y a la question du nucléaire derrière tout ceci. Et bizarrement, le lendemain de l’intervention de Parizeau sortait cette nouvelle d’une possible privatisation partielle d’Énergie Atomique du Canada Limitée (EACL).

Mais que manque-t-il donc au puzzle pour que tout s’explique?

Réponse: Areva.

Cette compagnie, numéro un mondial de la production nucléaire et contrôlée à près de 95% par l’État français, se place en bonne position pour obtenir le contrat du nucléaire au Canada. En outre, Sarkozy essaie de la fusionner avec Alstom et Bouygues pour en faire un véritable colosse qui serait plus à même d’obtenir des contrats à l’étranger, dont au Canada. Et au fait, qui est le directeur d’Areva Canada? Armand Laferrère, qui outre le fait d’être un lobbyiste pro-israélien est un ancien conseiller du président Sarkozy et a déjà signifié l’intérêt de sa firme de devenir actionnaire de EACL.

Et que se passe-t-il donc par la suite? Hé oui! Sarkozy, qui contrôle de fait Areva, vient faire un beau discours sur l’unité nationale permettant à Stephen Harper de se mettre en valeur (et ainsi donner un coup de pouce aux entreprises de Paul Desmarais qui profitent du boom pétrolier albertain) et deux jours plus tard on confirme que AECL risque d’être partiellement privatisée.

La suite de l’histoire pour bientôt: Areva va devenir actionnaire de EACL.

Tout va pour le mieux dans le monde des puissants et pendant que nous nous obstinons à savoir comment redistribuer ce qu’il reste de notre maigre tarte, nous attaquant les uns les autres, eux ils se sauvent avec notre richesse collective et se la sépare entre copains.

Ce sont des gens comme ceux-là qui font que le monde va aussi mal.

AJOUT:Pendant ce temps, je rêve d’un grand chef pour le Parti Québécois, un qui est capable de se lever debout et de dire « Sarkozy, mêle-toi de tes affaires vieux bouc! » au lieu de faire le dos rond et de s’avilir à vouloir démontrer que l’indépendance du Québec (dont elle ne parle plus du tout) serait un projet inclusif (mot vide) et non pas une simple division (concept vide). Je l’ai déjà écrit et je le répète: Pauline Marois fait partie du problème au PQ, pas de la solution.

Pourquoi je vais voter NPD
14 septembre 2008

J’ai fait mon choix. Ça n’a pas été long cette fois-ci; alors qu’il y a une semaine à peine j’hésitais encore entre donner mon vote au Bloc Québécois ou au Nouveau Parti Démocratique, c’est finalement ce dernier que je désire appuyer. Pourquoi? Pour deux raisons principales.

La première, c’est que Jack Layton mène une campagne exceptionnelle, donnant l’impression que Stéphane Dion et Gilles Duceppe ne sont que de simples figurants. Je crois de plus en plus que le NPD va former l’opposition officielle aux prochaines élections si rien ne change et j’estime que la meilleure façon de contrer le gouvernement de droite de Stephen Harper est de se rallier au parti de Jack Layton, le seul qui, grâce à sa position de centre-gauche, sait s’opposer à Stephen Harper tout en ratissant assez large pour espérer obtenir le vote des Libéraux déçus.

En outre, le programme électoral du NPD me rejoint: investissements dans la petite enfance (tout en respectant les CPE québécois), écologisme (on a tendance à oublier que c’est grâce à M. Layton que le centre-ville de Toronto est climatisé avec l’eau des Grands Lacs), éducation, amélioration des soins de santé publique, lutte contre la pauvreté, lutte contre les escroqueries des grandes entreprises telles que les pétrolières.

Layton a compris ce que beaucoup de politiciens et de citoyens ont oublié: le problème n’est pas la richesse du pays, mais plutôt comment on redistribue cette richesse. Il ne faut surtout pas oublier que Stephen Harper a donné des réductions d’impôts de plusieurs dizaines de milliards $ à de grandes entreprises comme les pétrolières ou les compagnies de téléphonie cellulaire. Ni qu’il a prolongé de trois ans les droits de monopole sur les médicaments de marque, ce qui rend l’accès aux médicaments génériques moins chers beaucoup plus difficile à obtenir. La richesse existe, mais le présent gouvernement a décidé que celle-ci devait aller dans les poches d’actionnaires anonymes ou pour défendre les intérêts américains en Afghanistan (en faisant de nos soldats des tueurs) au lieu de profiter à l’ensemble des citoyens du pays.

Ça doit changer. Et le NPD constitue le meilleur parti pour changer les choses. Il est le seul qui permettra de redonner vie à une classe moyenne dont la condition stagne depuis des décennies.

La seconde raison pour laquelle je vais voter NPD, et non pas Bloc Québécois, est la piètre performance de Gilles Duceppe et du parti en général. Duceppe a le mot « perdant » écrit sur le front avec le même marqueur que Stéphane Dion. Il a perdu ses marques; il a l’air de quelqu’un ne voulant pas être là, ayant simplement hâte de constater l’étendue de son échec pour annoncer son retrait de la vie politique.

Évidemment, ce n’est pas de sa faute. En jetant aux oubliettes le projet souverainiste, Pauline Marois a enlevé toutes les munitions du camp bloquiste, si bien que le parti se retrouve à faire la guerre à poings nus devant l’armada conservatrice. Il ne fait pas le poids, malheureusement, car il ne peut plus rallier les souverainistes (quand même 40 à 50% des citoyens!) derrière lui, si bien que ceux-ci préfèrent maintenant voter pour leurs allégeances sur l’échelle gauche-droite au lieu de voter pour un parti se disant « présent » sans expliquer en quoi sa présence constituerait un plus pour l’indépendance ou, à défaut, pour la vie des citoyens en général.

Si j’étais Gilles Duceppe, j’appellerais Pauline Marois et je la remercierais chaudement d’avoir contribué à une défaite qui s’annonce majeure pour le Bloc en éliminant le seul facteur de cohérence pouvant inciter des gens aux opinions politiques diverses à se rallier derrière la souveraineté.

Ceci dit, je peux encore changer d’idée. Je suis également ouvert aux arguments du Parti Libéral, qui me semble un peu moins à droite que par le passé, de même qu’au parti Vert, même si à mes yeux ce parti n’a pas sa raison d’exister puisque ses politiques environnementales sont déjà inclues au sein du NPD.

Et ne me parlez pas de vote stratégique, SVP. Je vote avec mon coeur, avec ma tête, et selon mes convictions. À mes yeux, s’empêcher de voter pour un parti parce qu’il ne risque pas de gagner dès la prochaine élection constitue une forme particulièrement abrutissante de tautologie; il ne gagnera jamais si tout le monde se dit qu’il ne gagnera pas. À mon avis, il faut voter pour le parti qu’on croit être en mesure de faire le meilleur travail pour améliorer non seulement sa situation personnelle, mais celle de la majorité de la population.

Et ce parti, j’en suis maintenant convaincu, c’est le Nouveau Parti Démocratique.

Je peux encore changer d’idée, mais ça prendrait un gros revirement pour le Bloc et une contre-performance majeure du NPD. Et je ne crois pas que ça va se produire, malheureusement pour mes amis bloquistes.


AJOUT:

Même si je critique durement le Bloc dans ce billet, je ne souscris pas du tout à l’analyse bâclée de l’ancienne aile-droite du parti qui, maintenant que le projet souverainiste est sur la glace, ne se sent plus rejoint par les politiques sociales-démocrates du parti.

On peut évidemment se questionner sur la crédibilité de cette « nouvelle » de La Presse, quand on connaît le penchant fédéraliste de ce journal, de même que sur la crédibilité des auteurs de cette « dénonciation », dont fait partie Richard Délisle, qui a été candidat pour la Canadian Alliance (ex-Reform Party) en 2000 (ça dit tout).

Ceci dit, il faut quand même prendre le temps de réfuter l’argument selon lequel la prétendue proximité du Bloc vis-à-vis des syndicats serait un problème.

En effet, ils ne sont que quatre au Bloc à venir de la CSN. Mais oublie-t-on qu’ils sont des dizaines du Parti Conservateur à venir du milieu des affaires ou de professions libérales? Entre un parti qui est relié aux syndicats, des organisations démocratiques qui défendent les intérêts de la classe moyenne (puisque celle-ci est majoritairement syndiquée), et un autre qui s’acoquine à des intérêts privés sur lesquels les citoyens n’ont pas le moindre contrôle, je préfère – et de loin! – la première option.

La vérité, c’est que sans échéancier référendaire, même à long terme, la droite n’a plus envie de se boucher le nez et de rester au Bloc, avec tous ses députés et militants intéressés par des choses aussi inutiles (à ses yeux) que la redistribution de la richesse. Elle entend faire valoir ses opinions et préfère s’acoquiner avec le gouvernement Harper, « gérant de la franchise du Parti républicain » selon l’analyse très imagée mais tout à fait réelle de Denis Coderre.

C’est Pauline Marois qui est la source de tous ces problèmes. Si elle n’avait pas relégué aux oubliettes le projet indépendantiste, on n’en serait pas là aujourd’hui. Le Bloc n’aurait pas à choisir entre la droite et la gauche et il pourrait continuer d’être la coalition arc-en-ciel qu’il était à l’origine. Les indépendantistes pourraient mettre de côté leurs différences et se coordonner dans le but de réaliser le projet inachevé.

La sortie publique de ces vieux épouvantails ne doit surtout pas nous faire oublier la cause réelle de l’actuelle apathie bloquiste.


Bonne journée à tous. Je serai de retour demain, mercredi, ou jeudi. J’ai écrit ce petit ajout ce matin car j’ai eu beaucoup de temps pour penser cette nuit. Imaginez-vous que la Ville de Montréal a eu la merveilleuse (que dis-je, splendide, grandiose!) idée de faire des tests de sirène d’urgence de 4h30 à 6h30 (!) ce matin. Juste pour vous donner une idée, fallait élever légèrement la voix à l’intérieur de l’appartement pour bien se comprendre… Y a des coups de pied au cul qui se perdent des fois. Ils ne peuvent pas avertir les gens, ou bien tester leurs machins le jour? Non, la nuit, quand tout le monde a chaud et a les fenêtres ouvertes et qu’on a rangé le climatiseur (qui aurait pu couvrir l’affreuse sirène). (*Soupir*)

La valeur de la médaille
19 août 2008

Il y a un aspect de ces Jeux Olympiques qui me dérange particulièrement: c’est celui où on félicite ou on remet en question tout le mode d’entraînement et le modèle social d’un pays en se basant simplement sur le nombre de médailles que le dit-pays a récolté. Il y a pourtant beaucoup d’autres facteurs à tenir en compte, notamment la relation entre le nombre de médailles récoltées et la population du pays.

En effet, voici le tableau actuel des médailles, par pays. Je préfère utiliser le total des médailles pour classifier le résultat plutà´t que le nombre de médailles d’or, car c’est déjà un très grand exploit d’être parmi les trois meilleurs de sa discipline.

  1. États-Unis: 79
  2. Chine: 76
  3. Russie: 42
  4. Australie: 35
  5. Angleterre: 33
  6. France: 29
  7. Allemagne: 28
  8. Corée du Sud: 24
  9. Japon: 22
  10. Italie: 19
  11. Ukraine: 17
  12. Pays-Bas: 13
  13. Canada: 13
  14. Cuba: 11
  15. Biélorussie: 11

Le problème avec ce tableau, c’est qu’il compare des pays que la population rend incomparables. En effet, comment comparer la Chine et son 1,3 milliards d’habitants et Cuba, par exemple, qui ne compte que 11 millions de citoyens? Afin de juger du meilleur pays, celui-ci devrait être capable à la fois de compter parmi les meilleurs pays au monde en terme de récolte brute de médailles, mais également au nombre de médailles per capita.

J’ai calculé le nombre de médailles par millions d’habitants de ces mêmes pays ci-dessous. J’ai utilisé les statistiques offertes par Wikipedia:

Nombre de médailles par million d’habitants:

  1. Australie: 1,656508875
  2. Biélorussie: 1,135686917
  3. Cuba: 0,9628892
  4. Pays-Bas: 0,765957412
  5. Angleterre: 0,539727749
  6. Corée du Sud: 0,487479456
  7. France:0,447237958
  8. Canada: 0,391416584
  9. Ukraine:0,369611121
  10. Allemagne:0,339931451
  11. Italie: 0,32676748
  12. Russie: 0,29850302
  13. États-Unis:0,256317935
  14. Japon: 0,172835834
  15. Chine: 0,055864073

On remarque, en observant ces statistiques, que le tableau s’inverse considérablement. Les États-Unis et la Chine, qui étaient respectivement deuxième et premier, prennent le 13e et le 15e rang, alors que d’autres pays, comme Cuba, l’Australie ou la Biélorussie, obtiennent les meilleurs résultats.

En clair, pourquoi je préfère cette méthode? C’est simple: un « extra-terrestre » peut apparaître n’importe où. Il y en a toujours de ces athlètes qui sont naturellement les meilleurs. Des Michael Phelps, par exemple. Mais la probabilité d’avoir un de ces athlètes est proportionnelle à la population. Il y a infiniment plus de chance d’en avoir un en Chine qu’à Cuba. Le reste – la différence – tient à l’entraînement et à la réussite du système national pour produire des vainqueurs.

Ainsi, et contre toute attente, la performance de la Chine est loin d’être exceptionnelle, mais est plutà´t pathétique. Si la Chine gagnait proportionnellement autant de médailles que le Canada, par exemple, elle en compterait aujourd’hui près de 532! Et pas loin de 121 pour les États-Unis!

On peut donc écrire, sans se tromper, que ces deux pays sont des exemples à ne pas suivre en ce qui concerne l’exploitation des talents. Et, surprenamment, l’Australie, Cuba et la Biélorussie devraient servir d’inspiration aux décideurs en vue des prochains Jeux d’été.

Bien sûr, il faudrait bâtir un algorithme tenant compte d’autres facteurs, notamment en ce qui concerne le climat (les pays nordiques sont désavantagés aux Jeux d’été, et inversement aux Jeux d’hiver pour les pays du sud) ou le lieu d’entraînement des athlètes (pour ainsi éliminer les cas où un pays se contente « d’acheter » une médaille en allant chercher un athlète d’un autre pays) et il serait impératif d’établir un nombre minimal de médailles afin d’éliminer le facteur « chance », mais déjà cette compilation donne une idée des pays desquels il est avantageux de s’inspirer.

La guerre vue par…
30 juillet 2008

La guerre vue par le gouvernement du Canada et son armée de tueurs en uniformes.

La guerre vue par ceux qui subissent le gouvernement du Canada et son armée de tueurs en uniformes, et qui grandiront en ayant le goût de se venger.

Santé: les États-Unis dans le tiers-monde!
11 juillet 2008

Les résultats d’une très sérieuse étude démontrent que près de 50% des Étatsuniens pensent que des changements fondamentaux doivent être appliqués à leur système de santé alors que 33% pensent qu’il est si mauvais qu’il doit être refait complètement.

On en a peu parlé dans les médias québécois (ce qui n’est pas trop surprenant; quand ça va bien on n’en parle pas!), mais ces chiffres contrastent fortement avec un faible 12% pour le Canada et l’Espagne, 15% en France et en Angleterre et 17% en Nouvelle-Zélande. Les grands champions sont les Néerlandais, avec seulement 9% de mécontents!

Voilà qui confirme ce que disent à peu près tous ceux qui ont eu affaire avec les soins de santé: le problème n’en est pas un de qualité, mais d’accessibilité. Il manque de médecins, d’infirmières, de lits d’hà´pitaux et de ressources, mais les gens en place sont extrêmement compétents!

Qu’on arrête un peu de vouloir américaniser notre système de santé. La santé aux États-Unis, c’est le tiers-monde. Regardons vers l’avant, pas derrière!

Faire de l’argent sur le dos des malades est la meilleure façon de nous faire régresser.

Le PLC, un parti raciste et haineux?
4 juillet 2008

Accepteriez-vous de voter pour un parti qui accepte dans ses rangs un fanatique comme Garth Turner qui écrit, sur son blogue, que les indépendantistes québécois (ok, on parle d’à peu près 3 500 000 personnes ici) sont des « perdants », des « prétentieux, hostiles et égocentriques, machos, égoà¯stes et balkanisants ».

Pas moi, en tout cas. Et j’espère que tous ceux qui seraient tentés de voter pour le Parti Libéral du Canada s’en souviendront.

Moi ce que je trouve particulier dans tout ça, c’est que nous, les indépendantistes québécois, nous traitons nos anglophones et nos minorités comme des rois. Nous nous prostituons pour les servir dans leur langue impériale, nous acceptons toutes leurs coutumes. Nous oublions qui nous sommes, nous renions notre langue et nos valeurs. Nous nous sacrifions pour bien les servir.

Il serait peut-être temps de parler de l’attitude des anglophones frustrés et racistes comme Garth Turner. Il serait peut-être temps de parler de tous ces francophones au Canada qui sont minorisés et qu’on refuse de servir dans leur langue, voire où on organise des manifestations pour empêcher qu’on puisse les servir dans leur langue!

M. Turner fait la démonstration que ce pays n’est pas le nà´tre. Il serait plus que temps de quitter ce Canada de merde et de se débarrasser des excroissances pétrifiées qui gangrènent notre vrai pays et qui mériteraient de se faire arranger le portrait.

Stéphane Dion doit démettre ce raciste de ses fonctions s’il espère la moindre remontée au Québec.

AJOUT: Turner tente de justifier son racisme et sa haine des Québécois. Il affirme qu’il ne s’écrasera jamais devant ceux qui veulent détruire son pays. Doit-on comprendre qu’il appuie et comprend les Québécois qui ne s’écraseront jamais devant ceux qui veulent empêcher leur pays d’exister?