La désinformation de Gesca
23 février 2007


Vous rappelez-vous du débat des chefs de 2003? Charest avait utilisé une affirmation de Parizeau, sortie à la toute dernière minute, pour intimider le chef du PQ, Bernard Landry. Mais qui avait sorti cet article? Le groupe Gesca, qui appartient à Power Corporation, et qui a un agenda néolibéral bien connu (Power Corporation possède notamment la Great West Life Co., qui ferait des milliards $ si on privatisait la santé…), a été derrière cette opération.

Lire le texte: L’« affaire Parizeau » : Coup monté de Power Corporation ?

Nous revoici en campagne électorale, et Gesca nous refait le même truc, notamment sur Cyberpresse.

Tiens, aujourd’hui, le texte intitulé Vente du Mont-Orford : Boisclair reste vague. Quand on lit le texte, on se rend compte que Boisclair n’est pas vague du tout: la nouvelle est claire et sans équivoque, si le PQ est élu on ne va pas privatiser le Mont-Orford. C’est très clair. Mais plutôt que de se concentrer sur la nouvelle, Gesca préfère souligner le soi-disant vague très approximatif de petits détails sans importance pour lui nuire.

Hier, j’ai vu de nombreux exemple semblables, et j’aurais dû les noter car dans les archives les titres semblent avoir été changés. C’est assez subtil comme façon de procéder, mais en clair on prend une nouvelle « x » et on lui donne un titre temporaire qui favorise systématiquement le PLQ ou l’ADQ. Exemple: si Boisclair attaque Charest sur ses promesses en santé, on soulignera la « réponse cinglante de Charest » plutôt que l’attaque justifiée du premier.

Désinformation 101.

Voilà pourquoi les blogues sont importants. Dans un univers médiatique québécois monopolisé par les intérêts financiers, il est difficile de trouver une alternative au quotidien à ce rouleau-compresseur de la pensée unique.

Le morceau de viande
20 février 2007

Voici une analyse intéressante de Denis Lessard.

En clair, ça dit que lors des dernières élections, le vote étudiant s’est divisé à peu près également entre ADQ, PLQ et PQ et qu’une forte proportion n’a même pas daigné aller voter.

Mais maintenant, Charest aurait donné un grand coup de main à Boisclair, car désormais le vote étudiant est pratiquement acquis au PQ (à moins que Québec Solidaire ne brouille les cartes) et aussi – et surtout – les étudiants se sentiront plus concernés et ils iront voter en masse.

Ça rejoint un peu l’analyse que je faisais dans un précédent texte où j’écrivais que la position de Charest allait clarifier le débat.

On attendait de Boisclair qu’il passe à l’attaque. Charest lui a fourni un gros morceau de viande bien juteux et le petit cure-dent faisant office de coûteau entre ses dents se transforme maintenant en véritable poignard.

Mais est-ce que ça va durer?