6 raisons pour arrêter de boire de l’alcool
5 avril 2019

Un matin, il n’y a pas si longtemps, je me suis levé et j’ai jeté tout l’alcool qui était dans mon appartement. J’ai décidé que c’était assez. Terminé. Vu de l’extérieur, ça semblait assez radical et soudain, et on aurait pu douter de ma capacité à respecter cet engagement. Mais c’est un engagement qui a été respecté et qui le sera encore dans le futur. Pourquoi en suis-je si certain ? Parce que j’ai décidé de vivre de manière plus rationnelle et que c’est la seule manière cohérente de vivre.

Pensons-y un instant. On s’attache en auto pour éviter les accidents, on ne fume pas pour éviter le cancer des poumons, on fait de l’exercice pour son cœur, on mange santé, on consulte un planificateur financier pour sa retraite, on se plaint de la pollution, on parle de santé mentale, on prend du soleil mais pas trop, on… Puis on ingère un produit cancérigène, toxique, et qui coûte très cher. Logique, SVP ?

Voici les principales raisons qui m’ont convaincu d’arrêter de boire de l’alcool :

1. LA SANTÉ

L’alcool est un cancérigène avéré du groupe 1, selon le CIRC. Le groupe 1, ce n’est pas la catégorie du « peut-être » ou du « possiblement ». Il s’agit du groupe où se situent des agents cancérigènes aussi sympathiques que l’amiante, l’arsenic ou le gaz moutarde. Boire de l’alcool augmente significativement le risque de contracter un cancer de la bouche, du larynx, du pharynx, du foie, du sein ou colorectal. Une étude a également démontré que la consommation régulière de bière accentue les risques d’avoir un cancer de la prostate. Il est possible, si on a l’estomac assez solide, de trouver des images de ces cancers pour se convaincre qu’il ne s’agit ni d’une partie de plaisir ni d’une simple statistique.

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Même si la possibilité d’attraper un cancer augmente en fonction du nombre de consommations d’alcool et de la régularité de l’ingestion, une seule consommation est suffisante pour augmenter les risques. L’alcool serait responsable de près de 11% des cancers chez les hommes (4,5% chez les femmes) et une consommation régulière, même modérée, réduit l’espérance de vie.

Outre le cancer, l’alcool augmente le risque d’hypertension, d’arythmie cardiaque, de cirrhose du foie, d’hémorragie cérébrale et de troubles cognitifs. L’alcool constitue également un facteur de corrélation avec de nombreuses maladies mentales.

2. Le sommeil

Putain de sommeil. Oui, ce sont les mots que j’employais vers la fin. M’endormir, aucun problème, mais peu importe ce que je faisais, ou presque, je me réveillais six heures après ma dernière gorgée, vers 3h00 du matin, bien alerte, le cœur battant la chamade, et incapable de me rendormir. Suivaient une douche, puis quelques heures de lecture, et avec un peu de chance j’arrivais à m’assoupir avant que n’arrive le matin. Pas besoin de dire que ma journée du lendemain était très ordinaire…

Pourtant, l’alcool endort. Le problème, c’est qu’il réveille plus tard dans la nuit et compromet le sommeil paradoxal, qui constitue la phase du sommeil la plus réparatrice. Le sommeil paradoxal augmente normalement en durée tout au long de la nuit ; la première phase peut durer dix minutes tandis que la dernière peut durer une heure. Une nuit normale de huit à neuf heures peut comporter quatre ou cinq phases de sommeil paradoxal. Le sommeil paradoxal est très important notamment pour consolider les apprentissages et pour la maturation du système nerveux. Un manque de ce type de sommeil peut nuire à la concentration.

En outre, l’alcool interfère avec le rythme circadien et il affecterait certaines hormones permettant le sommeil. C’est pourquoi non seulement il y a manque de sommeil paradoxal dans la seconde partie de la nuit, mais également on se réveille plus souvent. Le lendemain (et les jours suivants, quand on commence à vieillir et à récupérer plus lentement), on est fatigué et on a de la difficulté à se concentrer. La productivité au travail chute, la patience est moindre, les risques d’accidents automobiles augmentent et l’humeur est moins bonne.

La consommation d’alcool peut également mener à de l’insomnie chronique et exacerber des problèmes de ronflement ou d’apnée du sommeil.

3. L’argent

On a tendance à sous-estimer l’impact que peuvent avoir de petites décisions sur nos finances. Par exemple, imaginons le cas d’une personne dépensant environ 35$ par semaine en alcool. Ce n’est pas beaucoup ; on parle ici de l’équivalent de deux ou trois bouteilles de vin par semaine. Hé bien, si ce 35$ par semaine était mis de côté, il monterait à 1820$ au bout d’un an. Or, tant qu’à le mettre de côté, pourquoi ne pas l’investir ? Le marché, dans son ensemble, a donné un rendement approximatif de 7% par année depuis plusieurs décennies. Combien font 35$ par semaine à 7% de croissance pendant dix ans ? 26 000$. Et pendant vingt ans ? 79 000$. Et trente ans ? 186 000$ ! Si deux jeunes personnes faisaient le choix pour le reste de leur vie l’une de ne pas boire d’alcool et l’autre de dépenser 35$ par semaine, la différence, au bout, de cinquante ans, se chiffrerait à 834 000$ !!

Pour une personne qui dépense davantage, les économies seraient encore plus intéressantes. Prenons le cas d’un buveur qui dépense 70$ d’alcool par semaine, soit environ trois bières par jour et deux bouteilles de vin la fin de semaine, avec une sortie occasionnelle dans les bars. Un scénario plausible. Cette personne économiserait 52 000$ après une décennie, 159 000$ après vingt ans et 372 000$ après trente ans !

On appelle cela : la magie des intérêts composés. L’argent qui crée l’argent. De petits changements d’habitudes qui ont de grandes conséquences.

Arrêter de boire peut ainsi permettre de se payer un rêve dans quelques années, ou bien d’améliorer dès maintenant sa qualité de vie. Un buveur léger pourrait ainsi se payer de très belles vacances annuelles tandis qu’un autre pourrait carrément mettre une mise de côté pour l’achat d’une maison.

4. La perte de poids

Il est difficile de perdre du poids quand on boit de l’alcool. Par exemple, une seule bouteille d’un vin rouge sec contient autant de calories que trois beignes ! De plus, l’alcool donne faim : il active dans le cerveau des zones qui favorisent la prise alimentaire. Une personne prenant dans sa soirée une bouteille de vin aura donc ingéré l’équivalent de trois beignes additionnés possiblement d’un repas supplémentaire. Comment espérer perdre du poids de cette façon ? Sans parler que l’alcool donne rarement envie de manger de la salade…

5. sautes d’humeur

L’alcool cause des sautes d’humeur, principalement, dans mon cas, dans les jours suivants l’ingestion d’alcool, cet interstice entre deux beuveries. Certaines personnes sont plus sensibles que d’autres aux dérèglements de la sérotonine, et ces sautes d’humeur peuvent causer beaucoup de dommages aux proches qui les subissent. Elles peuvent mettre en danger des relations, un emploi, ou bien davantage. Je ne saurais juger moi-même de tout ce qui a été détruit par mon humeur changeante, mais j’ai choisi d’agir de manière à réduire les risques.

6. Temps libre

On ne pense pas à l’ampleur du temps que fait perdre l’alcool. Il ne s’agit pas seulement de l’acte de boire lui-même, qui pouvait, pour moi, aller de 16h00 à 21h00 environ quelques jours par semaine. Il faut aussi considérer le temps perdu pour penser à l’alcool, pour aller acheter l’alcool, le sommeil perdu (voir le point 2), la perte de productivité les jours suivants, etc.

Quand on arrête de boire, on se retrouve soudainement avec beaucoup de temps libre. Il s’agit du moment idéal pour se (re)découvrir une passion, pour se développer, pour faire du sport, pour écrire, pour s’activer autrement, pour éviter la passivité.


Il y a probablement autant de raisons d’arrêter de boire qu’il y a de personnes qui boivent. Ces six raisons sont les miennes, mais d’autres personnes pourraient en ajouter d’autres :

  • Meilleure vie sexuelle;
  • Plus belle peau et apparence plus jeune ;
  • Plus grande confiance en soi ;
  • Moins d’impulsivité;
  • Sentiment d’abandonner une béquille.

Vivre rationnellement

Au final, le choix se résume entre deux options : veut-on vivre de manière rationnelle ou non. Veut-on agir comme un être humain doté d’un cerveau et capable de faire des choix selon les conséquences de ces choix, ou désire-t-on agir comme un animal suivant ses pulsions et ses désirs immédiats ?

La Prière de la Sérénité, lue chez les Alcooliques Anonymes, dérive du stoïcisme. Plusieurs l’ont attribué (possiblement faussement) à l’empereur Marc-Aurèle, un des Stoïciens les plus connus, mais peu importe ce qui est vrai ou non dans cette paternité, l’idée de base des Stoïciens y est : on ne contrôle pas la partie animale qui est en nous, mais seulement la partie rationnelle, et il faut se donner le défi, en tant qu’humain, de contrôler ce qui peut être contrôlé et d’accepter ce qui ne le peut pas.

Or, quand on se soumet volontairement à l’alcool, quand on décide de s’imposer une telle béquille, vit-on à la hauteur de ce que doit être un être humain ? Un autre Stoïcien, Épictète, écrivait :

« Ce n’est pas par la satisfaction du désir que s’obtient la liberté, mais par la destruction du désir. »

Ce désir de boire de l’alcool, il peut être détruit.

Au-delà des effets positifs sur la santé, le sommeil, l’argent, la perte de poids, l’humeur et les temps libres, il y a la satisfaction de devenir véritablement libre, de placer son bonheur non pas dans une substance toxique et nuisible, mais dans soi, c’est-à-dire la seule chose sur cette Terre sur laquelle on a un véritable contrôle.

De la cherté de l’or
28 février 2012

Dernièrement, je discutais avec une personne qui se plaignait de la difficulté croissante à protéger son pouvoir d’achat. Face au coût de la vie qui augmente, et avec une certaine incertitude en ce qui concerne le marché immobilier, elle me demandait ce que je ferais, si j’étais elle. C’est sans la moindre hésitation que je lui ai conseillé d’acheter de l’or. Pas parce que j’en ai moi-même (il est toujours sage de rembourser ses dettes avant de faire quoi que ce soit d’autre), mais parce que je m’intéresse à la dévaluation croissante de notre monnaie et aux conséquences inévitables : le retour de l’or comme étalon de la valeur des autres choses. Elle me regarda, sceptique, et déclara ce que j’ai entendu très souvent depuis une année ou deux : « J’achèterais bien de l’or, mais c’est devenu trop cher ».

Ça m’a semblé symptomatique. Tout coûte infiniment plus cher depuis des décennies, mais ce serait l’or qui serait « trop cher ». Pour le plaisir de la chose, j’ai compilé des statistiques dans le graphique suivant (cliquez sur l’image pour un agrandissement).

La première des courbes est celle de la masse monétaire, du moins celle qui est encore publiée par Statistique Canada (on ne publie plus M3, qui était encore plus complète). Contrairement à ce que croient certains, l’augmentation du coût de la vie n’est pas la cause de l’inflation, mais plutôt son symptôme. C’est l’augmentation de la masse monétaire qui constitue la véritable cause de l’inflation. Il y a d’autres facteurs, notamment la vélocité de la quantité de monnaie en circulation, mais toutes choses finissant par être égales par ailleurs, l’augmentation de la masse monétaire entraîne une augmentation de la valeur des autres biens parce qu’il y a toujours plus de monnaie en circulation pour un nombre limité de biens. Si nous sommes deux personnes dans le désert à avoir chacun un dollar à dépenser pour un verre d’eau, ce verre d’eau vaut un dollar ; si nous avons chacun cent dollars dans les poches, le même verre d’eau vaut cent dollars. Plus la masse monétaire est élevée, plus les prix montent.

Or, entre janvier 1980 (soit l’aboutissement du dernier marché haussier dans l’or) et avril 2011, la masse monétaire canadienne a explosé, augmentant de 984%. Pendant ce temps, le coût des aliments n’augmentait que de 177%, celui de l’habitation de 168%, celui du transport de 250%, celui de l’énergie de 374% et celui de l’or… de 88%. L’ensemble des biens quotidiens coûte moins cher que l’or lorsqu’on compare à 1980. Cher, vous dites ?

La déconnexion croissante entre la masse monétaire et les autres biens s’explique notamment par l’apparition d’une foule de produits financiers dérivés depuis deux décennies, de même que par le fractionnement des réserves bancaires, qui permet de prêter de la monnaie qui n’existe pas. À terme, pourtant, la croissance de la masse monétaire doit finir par rejoindre sensiblement celle des biens tangibles. La seule raison pour laquelle ce ne fut pas le cas jusqu’à maintenant fut parce que personne ne pensait à retirer ses billes, comme je l’expliquais dans Casino. Tout le monde reste assis à la table du casino, se contentant de profits sur papier, et remettant ceux-ci en jeu à chaque fois pour en obtenir davantage. Sauf qu’en bout de piste, ce ne sont que des jetons.

Il y a deux façons de faire correspondre la masse monétaire (jetons) aux biens réels : soit la masse monétaire est réduite, soit la valeur des biens réels est augmentée. En bout de ligne, le résultat est semblable, mais le processus est tout à fait différent : sévère dépression d’un côté, hyperinflation de l’autre. Ou bien on arrête d’imprimer de la monnaie et le système de Ponzi s’effondre, entraînant des pertes d’emplois et un rééquilibrage violent ; ou bien on continue d’imprimer de la monnaie toujours plus rapidement, et de plus en plus vite, au fur et à mesure que les gens quittent le casino pour acheter des biens durables, ce qui mène à la perte de toute valeur pour la monnaie-papier et, ultimement, à une dépression.

À la fin de toute chose, les dettes doivent être purgées. Soit on déclare défaut de paiement, soit on imprime jusqu’à la mort.

Dans ce contexte, le prix de l’or n’est pas « trop élevé ». L’or constitue de la monnaie depuis des millénaires, contrairement à la monnaie fiduciaire actuelle, qui existe depuis environ 1971 (date à laquelle Nixon a coupé le lien avec l’or, ce qui a affecté tous les pays dont la monnaie était liée au dollar U.S., incluant la nôtre). La masse monétaire de ce papier qu’on salit en lui mettant des têtes de personnes décédées dessus a augmenté de près de onze fois depuis 1980 alors que l’or a à peine doublé.

En fait, si on part du principe qu’à terme la valeur imaginée de ces jetons qu’on considère être la masse monétaire finira par rejoindre la valeur réelle des biens réels, il faudrait que l’or ait augmenté dans la même proportion que la dite masse monétaire. On obtient alors un prix équitable de 8391$ par once. L’or se transigeant aujourd’hui à près de 1775$ par once, je crois qu’on peut dire qu’il reste un certain potentiel de mouvement à la hausse.

Encore une fois, cela ne veut pas dire que l’or va se transiger à 8391$. Cela veut simplement dire qu’il s’agit de sa valeur en terme de pouvoir d’achat si on tient compte de la croissance de la masse monétaire depuis 1980. Sa valeur réelle pourrait être inférieure en cas de dépression (une once à 2000$ est très avantageuse si une maison s’achète pour 20 000$) ou supérieure en cas d’hyperinflation (une once à un million de dollars permettant d’acheter une maison à 20 millions de dollars). Ce qui compte est la valeur des choses qui peuvent être achetées.

Ceci dit, le pic de 1980 ne constitue que le sommet d’un cycle beaucoup plus faible que le cycle actuel. En 1980, il y avait encore beaucoup de pétrole à bas prix et on n’avait pas encore entendu parler sérieusement du pic pétrolier. Les baby-boomers étaient dans la fleur de l’âge. L’endettement n’était pas aussi généralisé. La moitié du monde ne pouvait pas posséder d’or. L’économie n’était pas en phase terminale comme c’est le cas aujourd’hui.

Il faudra donc compter sur un prix beaucoup plus élevé que 8391$ en valeur d’aujourd’hui. Beaucoup. Inutile de dire à quel point : il suffit de s’informer, de comprendre que chaque pièce d’un immense casse-tête se met en place. Pièce un : les banques centrales ont cessé de vendre de l’or et elles en achètent désormais. Pièce deux : l’Iran transigera son pétrole en or. Pièce trois : la Chine va ouvrir une bourse de métaux précieux physiques au cours de l’été. Pièce quatre : la Chine et la Russie transforment rapidement leurs réserves de dollars U.S. en or.

Ce qu’il faut réaliser, c’est que tout ce que nous considérions comme étant stable ne l’était pas. Il s’agissait d’une illusion. On a lancé de la monnaie en l’air, on a fait danser le singe sur son unicycle, on a joué nos vies au casino, on a utilisé notre confiance dans le système pour abuser de nous.

L’illusion est terminée. L’économie réelle va sourdre de tous les pores du système actuel et le nouveau système qui se mettra en place sera basé sur des biens réels, et les seuls biens réels qui ont une grande valeur, qui sont morcelables, qui s’entreposent facilement, qui se transportent facilement, qui ne se détériorent pas, ne rouillent pas, ne se décomposent pas, sont les métaux précieux : l’argent, monnaie du peuple pour des millénaires, et l’or, monnaie des rois et objet de toutes les convoitises depuis qu’existe toute forme de civilisation.

En 2012, changer sa monnaie-papier pour de l’or – peu importe son prix – pour quelqu’un ayant des actifs, devrait constituer une priorité. Et pour ceux qui, comme votre humble serviteur, n’ont que des dettes, il faut les rembourser en premier (le contraire serait jouer au casino et c’est précisément le problème fondamental du système actuel). Travailler, rembourser ses dettes. Travailler, stocker le fruit de son labeur dans quelque chose qui ne se dépréciera pas en étant imprimé à souhait.

A-t-on d’autres choix ?

Casino
18 février 2012

Quand je dis que le système économique actuel constitue un gigantesque casino, plusieurs font semblant de comprendre, sourient à l’évocation d’une image, mais n’ont pas réellement intégré la signification de cette idée. Ce n’est pas tant par le résultat – le hasard ou la détermination de s’enrichir ou de s’appauvrir – qu’elle s’explique, mais bien par la nature même du fonctionnement de notre monnaie. Nous croyons posséder des dollars, mais nous avons des jetons.

Casino

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Imaginez-vous un casino. Celui-ci, voulant attirer les clients et leur donner envie de dépenser plus qu’ils n’en auraient les moyens, bonifie progressivement chaque somme investie par un jeton d’une valeur supérieure. Vous mettez un dollar, par exemple, et le casino vous donne des jetons d’une valeur de deux dollars. Et plus le temps passe, plus le casino augmente la valeur des jetons que vous pouvez échanger pour votre argent, afin de vous remercier de votre fidélité et de vous inciter à jouer davantage. Plus vous restez dans le casino, plus vous vous « enrichissez ». Et vous regardez autour de vous, et tous les autres clients « s’enrichissent » de la même manière. Même quand vous perdez au jeu, vous gagnez à long terme parce que le casino vous donne l’apparence de piper les dés en votre faveur.

L’illusion fonctionne parfaitement jusqu’au moment où les clients décident de remplacer leurs jetons par de l’argent-papier. Le casino a alors un problème fondamental à résoudre : il a émis plus de jetons qu’il n’a d’argent-papier en réserve. Comment résoudre le problème ? Deux solutions. De un, il rembourse les clients qu’il peut rembourser dans l’ordre qu’ils se présentent et il déclare faillite par la suite. De deux, il rembourse proportionnellement moins d’argent-papier que la valeur réelle des jetons.

Et tous ces braves clients qui avaient l’impression de s’être enrichis sont floués.

L’argent-papier est un jeton de casino

Cette illusion a lieu dans notre système économique depuis une trentaine d’années. On fait la promotion d’une idée stupide selon laquelle tout le monde pourrait s’enrichir dans un système capitaliste. On a incité les gens à spéculer en bourse, à mettre de côté dans des RÉER, dans des fonds de pension, et à vivre au-dessus de leurs moyens parce qu’ils avaient l’impression d’être suffisamment riches pour le faire. Mais l’étaient-ils ? Combien valent des dizaines de milliers de dollars à la bourse ou dans un fond de pension si les autres détenteurs d’une compagnie vendent leurs actions ou si le fond de pension est sous-financé ? Le jour arrive où les jetons sont supérieurs en nombre à leur valeur réelle. L’illusion ne fonctionne que tant que la confiance existe.

Que se passe-t-il quand la confiance disparait ? On se rend compte que l’argent-papier, le billet de 20$ avec la face de la reine dessus, n’a pas la moindre valeur. Il s’agit simplement d’une PROMESSE de paiement, la conviction que quelqu’un d’autre saura y voir la même valeur que soi-même. En clair, quand quelqu’un a un tel billet dans ses poches, il n’a pas encore été payé ; la transaction est encore ouverte, exigeant, pour qu’elle soit conclue, que quelqu’un, quelque part, reconnaisse la valeur de ce billet et lui offre des produits réels, concrets, en échange.

Or, puisque le système actuel est basé sur la dette et que les promesses de remboursement de dettes, aux niveaux individuel et collectif, ont dépassé la capacité de les payer, et puisqu’un billet de banque peut simplement être imprimé, qu’est-ce qui garantit que les produits que je peux acheter avec un billet de vingt dollars aujourd’hui seront les mêmes dans dix ans, un an ou même un mois ?

La seule certitude, en fait, c’est que je pourrai acheter moins de produits réels parce que le système est truqué : le casino imprime toujours plus d’argent-papier (jetons) qu’il n’y a de biens réels.

Vers la sortie

Quand la population prend conscience de la perte de valeur accélérée de l’argent-papier, alors qu’on n’a de choix que d’en imprimer de plus en plus et de plus en plus vite pour rembourser les promesses (réduisant la valeur de chaque billet), que se passe-t-il ? Elle court vers la sortie. Elle sort du casino. Elle cherche à terminer la transaction, à échanger les jetons contre un bien réel, tangible.

Et quels sont les biens tangibles dont la valeur ne peut pas être diminuée par une simple presse d’impression ? Quels sont ces biens qui ne peuvent pas devenir des jetons parce qu’ils sont en nombre limité et dont la valeur leur est intrinsèque ? Quels sont ces biens qui sont assez liquides, qui sont durables, qui sont morcelables, qui peuvent remplacer l’argent-papier ?

Les métaux précieux.

Une once d’or vaudra toujours une once d’or. Une once d’argent vaudra toujours une once d’argent. Ces métaux ne peuvent être imprimés, ne peuvent être contrôlés. Voilà pourquoi ils ont servi de monnaie pendant des millénaires. Voilà pourquoi encore aujourd’hui, dans de nombreuses langues, incluant le français, il n’existe pas de mot permettant de différencier l’argent (métal) de l’argent (monnaie). L’or, l’argent, ce sont de la monnaie. De la monnaie qui ne peut pas être possédée par une quelconque force politique et qu’on ne peut transformer en jetons.

« L’or, c’est de la monnaie et rien d’autre », disait J.P. Morgan. Quand on a été payé en or ou en argent, on a été payé et la transaction est terminée.

Investir hors du système

Le système actuel est basé sur la confiance. Il n’a été possible que parce que deux ou trois générations de citoyens ont appris à faire confiance à l’argent-papier, ont cru que les promesses allaient être respectées, que le travail stocké sous forme de monnaie et investi DANS LE SYSTÈME allait pouvoir être utilisé plus tard.

Aujourd’hui, on comprend que le système ne fonctionne plus. Il croule sous les dettes. Pas à cause des programmes sociaux, pas à cause des groupes d’intérêts ; l’austérité ne réglerait rien du tout. Il croule sous les dettes parce que la monnaie est créée dans la dette et qu’il faudrait une croissance infinie pour assurer sa survie. Or, cette croissance infinie n’existe pas. Le pic pétrolier est là pour nous le rappeler.

À partir du moment où on comprend ce qui se passe, où on prend conscience de l’inéluctabilité du fait que les promesses seront brisées, que les sommes investies ne seront pas retournées ou le seront dans une monnaie tellement dévaluée qu’elle ne signifiera plus rien, à partir de ce moment-clef où on comprend que le système est pourri de l’intérieur, serait-ce sensé d’investir dans le dit-système ?

La réponse est non. Et c’est pourquoi de plus en plus de citoyens – plus fortunés que votre humble serviteur, qui ne possède encore que des dettes – possèdent de l’or et de l’argent dans un coffre-fort d’une solide firme privée, avec des garanties et un audit régulier, et qu’ils ont cessé de croire à la fois au Père Noël et à l’idée loufoque que la crise actuelle va se résoudre d’elle-même.

La crise sera permanente parce que la chute d’un système basé sur la confiance et avalant son propre vomi sera permanente.

Le temps n’est plus à la roulette ou au black-jack. Il est temps de prendre ses jetons et de sortir du casino.

Épargner en-dehors du système
6 février 2012

Je discute parfois avec des gens très intelligents et allumés qui comprennent la détresse absolue du système économique actuel. Ils saisissent le concept du pic pétrolier ; ils sont en mesure d’appréhender les conséquences catastrophiques d’une limitation physique de l’énergie disponible pour un système basé sur une croissance infinie.

Ferme

Pourtant, ils ne font rien. Je leur demande où sont leurs épargnes, et la réponse varie entre soit une absence totale soit des « investissements » dans des REER ou autres outils faisant précisément partie du système actuel.

Le paradoxe devrait sauter aux yeux : comment des individus conscientisés quant à l’inéluctabilité de l’effondrement du système économique actuel peuvent-ils vivre sans épargner ou en épargnant dans des outils susceptibles d’être affectés en cas d’effondrement ?

Le devoir d’épargner

On dit souvent des adultes qu’ils recherchent ce dont ils ont manqué lorsqu’ils étaient enfants. La société en général n’est pas différente : est valorisé ce qui comble un manque. Je dirais même davantage : est NÉCESSAIRE ce qui comble un manque.

La plus profonde de ces déficiences constitue l’absence d’épargne. Il fut une époque où on saisissait qu’il fallait mettre un certain pourcentage de ses revenus de côté pour les jours pluvieux. Dans un système de monnaie stable, basé sur l’étalon-or, par exemple, on retirait simplement une partie de sa richesse dans le présent pour l’utiliser dans le futur. On mettait de l’argent-papier sous un matelas et le tour était joué.

On épargnait EN-DEHORS du système puisqu’un dollar valait toujours un dollar.

Aujourd’hui, les épargnants sont devenus des investisseurs. Cela est logique : depuis la fin du lien entre la monnaie et l’or, au tournant des années soixante-dix, l’inflation ravage le pouvoir d’achat de quiconque met de l’argent de côté. Il faut donc obtenir des intérêts permettant de battre cette inflation. Il faut mettre l’argent à risque.

On a trompé toute une génération d’épargnants en leur faisant croire qu’un RÉER ou une obligation du gouvernement constituaient des investissements sans risque. L’absence de risque n’est pas du domaine de l’investissement. Quand un système économique implose, les promesses sont brisées. Et c’est bien cela, un RÉER : une promesse. Elle sera brisée.

La seule façon d’épargner

Il existe une seule façon, aujourd’hui, de protéger son pouvoir d’achat : il faut épargner dans des matières « dures », des choses qui ne sont pas affectées par l’inflation. L’or et l’argent constituent les principales, mais on pourrait également considérer une terre agricole, de la nourriture non périssable, d’autres métaux, etc.

Il s’agit d’une épargne en-dehors du système car peu importe la situation, une once d’or vaudra toujours une once d’or et un acre de terre arable vaudra toujours un acre de terre arable.

Le système actuel, en forçant l’ensemble des citoyens à participer à un gigantesque casino où l’argent prêté à peu d’intérêts est réinvesti dans des bulles sans fin (bourse, immobilier, obligations, etc.), a systématiquement sous-évalué la valeur réelle des vraies choses.

Tout le monde a mis l’ensemble de ses biens dans un jeu de roulette et tant que la roue tourne, tout va bien, tout va bien, tout va bien.

La personne réellement intelligente sait que la roue ne tournera pas toujours et que lorsqu’elle s’arrêtera, il y n’y aura plus de jetons pour tout le monde.

Épargner, mettre de côté pour plus tard, et le faire en-dehors du système, est un impératif pour quiconque comprend l’ampleur des défis des deux prochaines décennies.

Un marché brisé
30 décembre 2011

Normalement, dans une économie capitaliste, le marché est ce lieu quasi-divin de découverte de la valeur des choses. Vendeurs et acheteurs proposent leurs prix et c’est l’équilibre entre la capacité  à sacrifier des marges de profit pour l’un et à sacrifier son pouvoir d’achat pour l’autre qui détermine le prix. Ce système séculaire est brisé. FUBAR, comme disent les zulus.

La faillite de la maison de courtage MF Global ne constitue pas un événement fortuit. MF Global constitue le pinacle, le parachèvement d’un système complètement malade où les fonds des clients sont hypothéqués, ré-hypothéqués et re-ré-hypothéqués parfois jusqu’à l’infini. Le principe est aussi simple que ridicule: c’est un peu comme si je vivais dans la maison du beau-frère et que je la ré-hypothéquais auprès de plusieurs banques différentes, que j’empocherais tout  cet argent et qu’en cas de défaut de remboursement c’est le beau-frère qui perdrait sa maison. Fou comme ça.

C’est ce qui s’est passé: de nombreux clients ont perdu leur or et leur argent, car celui-ci, nullement en sécurité, avait été ré-hypothéqué à plusieurs reprises. Lorsque le système de Ponzi s’est écroulé, leurs possessions ont été volées légalement lorsqu’elles ont été remises aux banques qui avaient prêtées à MF Global.

La balle d’argent

Cela va encore plus loin quand on apprend que MF Global aurait déposé plusieurs centaines de millions de dollars chez JP Morgan. JP Morgan, comme plusieurs le savent, constitue la main cachée du marché, la maison-mère (avec Goldman Sachs) du cartel bancaire. Morgan est notamment en charge des plus grandes ventes à découvert sur l’argent-métal au COMEX.

Or, voilà qu’il y avait des indication selon lesquelles l’argent-métal n’était plus disponible au COMEX. En clair: des personnes ont acheté de l’argent-métal au COMEX et ont un reçu en papier, mais il n’y a plus de métal derrière pour l’appuyer; JP Morgan le vend à découvert. Il suffirait qu’un nombre suffisant de personnes prennent possession de l’argent-métal physique pour que le système s’effondre.

En poussant MF Global à l’effondrement, JP Morgan peut mettre la main sur les valeurs hypothéquées, dont BEAUCOUP d’argent-métal, permettant de pr0téger ses valeurs à découvert.

La fin de toute confiance

Les implications de tout ceci sont simples: on ne peut plus avoir confiance dans le marché – on ne peut plus croire que des valeurs sur un écran d’ordinateur ou des reçus en papier ont la moindre valeur – et on ne peut plus croire au juste prix dans les métaux précieux, pour ne nommer que ceux-ci.

Si on ajoute à cela le fait qu’il y a près d’une once d’argent ou d’or physique pour chaque centaine d’onces de contats en papier, la seule conclusion est qu’il faudrait être stupide pour même considérer transiger sur ces marchés.

La fin de partie approche. L’expérience moderne de monnaie fiduciaire, initiée à Jekyll Island en 1910 avec l’élaboration de la FED et concrétisée en 1971 avec la fin définitive de l’étalon-or, ont fait long feu. Les banques, principales bénéficiaires de ce système où ils contrôlent la principale valeur d’échange et de calcul de la richesse, font TOUT ce qu’elles peuvent pour empêcher l’inévitable: le retour d’une monnaie honnête en or et en argent, comme cela fut le cas pour des millénaires.

Alors qu’auparavant elles opéraient principalement dans l’ombre, elles n’hésitent plus aujourd’hui à voler jusqu’à l’argent dans le compte des citoyens pour assurer leur objectif de suppression du prix des métaux précieux et la continuation d’un jeu dans lequel elles seules peuvent gagner.

Le même genre de suppression a eu lieu dans les années soixante et il a échoué. Celle-ci échouera encore. Ils peuvent faire s’effondrer le prix PAPIER de l’argent de 50$ à 5$ s’ils le veulent, la déconnexion entre leur ersatz de valeur et la valeur réelle n’en sera que plus grande.

Plus que jamais, le marché est brisé. La seule façon de se protéger: échanger ses jetons et sortir du casino.

Quand tout sera consumé, une seule monnaie n’aura pas brûlé: l’or et l’argent.

Un marché brisé
30 décembre 2011

Normalement, dans une économie capitaliste, le marché est ce lieu quasi-divin de découverte de la valeur des choses. Vendeurs et acheteurs proposent leurs prix et c’est l’équilibre entre la capacité à sacrifier des marges de profit pour l’un et à sacrifier son pouvoir d’achat pour l’autre qui détermine le prix. Ce système séculaire est brisé. FUBAR, comme disent les zulus.

La faillite de la maison de courtage MF Global ne constitue pas un événement fortuit. MF Global constitue le pinacle, le parachèvement d’un système complètement malade où les fonds des clients sont hypothéqués, ré-hypothéqués et re-ré-hypothéqués parfois jusqu’à l’infini. Le principe est aussi simple que ridicule: c’est un peu comme si je vivais dans la maison du beau-frère et que je la ré-hypothéquais auprès de plusieurs banques différentes, que j’empocherais tout cet argent et qu’en cas de défaut de remboursement c’est le beau-frère qui perdrait sa maison. Fou comme ça.

C’est ce qui s’est passé: de nombreux clients ont perdu leur or et leur argent, car celui-ci, nullement en sécurité, avait été ré-hypothéqué à plusieurs reprises. Lorsque le système de Ponzi s’est écroulé, leurs possessions ont été volées légalement lorsqu’elles ont été remises aux banques qui avaient prêtées à MF Global.

La balle d’argent

Cela va encore plus loin quand on apprend que MF Global aurait déposé plusieurs centaines de millions de dollars chez JP Morgan. JP Morgan, comme plusieurs le savent, constitue la main cachée du marché, la maison-mère (avec Goldman Sachs) du cartel bancaire. Morgan est notamment en charge des plus grandes ventes à découvert sur l’argent-métal au COMEX.

Or, voilà qu’il y avait des indication selon lesquelles l’argent-métal n’était plus disponible au COMEX. En clair: des personnes ont acheté de l’argent-métal au COMEX et ont un reçu en papier, mais il n’y a plus de métal derrière pour l’appuyer; JP Morgan le vend à découvert. Il suffirait qu’un nombre suffisant de personnes prennent possession de l’argent-métal physique pour que le système s’effondre.

En poussant MF Global à l’effondrement, JP Morgan peut mettre la main sur les valeurs hypothéquées, dont BEAUCOUP d’argent-métal, permettant de pr0téger ses valeurs à découvert.

La fin de toute confiance

Les implications de tout ceci sont simples: on ne peut plus avoir confiance dans le marché – on ne peut plus croire que des valeurs sur un écran d’ordinateur ou des reçus en papier ont la moindre valeur – et on ne peut plus croire au juste prix dans les métaux précieux, pour ne nommer que ceux-ci.

Si on ajoute à cela le fait qu’il y a près d’une once d’argent ou d’or physique pour chaque centaine d’onces de contats en papier, la seule conclusion est qu’il faudrait être stupide pour même considérer transiger sur ces marchés.

La fin de partie approche. L’expérience moderne de monnaie fiduciaire, initiée à Jekyll Island en 1910 avec l’élaboration de la FED et concrétisée en 1971 avec la fin définitive de l’étalon-or, ont fait long feu. Les banques, principales bénéficiaires de ce système où ils contrôlent la principale valeur d’échange et de calcul de la richesse, font TOUT ce qu’elles peuvent pour empêcher l’inévitable: le retour d’une monnaie honnête en or et en argent, comme cela fut le cas pour des millénaires.

Alors qu’auparavant elles opéraient principalement dans l’ombre, elles n’hésitent plus aujourd’hui à voler jusqu’à l’argent dans le compte des citoyens pour assurer leur objectif de suppression du prix des métaux précieux et la continuation d’un jeu dans lequel elles seules peuvent gagner.

Le même genre de suppression a eu lieu dans les années soixante et il a échoué. Celle-ci échouera encore. Ils peuvent faire s’effondrer le prix PAPIER de l’argent de 50$ à 5$ s’ils le veulent, la déconnexion entre leur ersatz de valeur et la valeur réelle n’en sera que plus grande.

Plus que jamais, le marché est brisé. La seule façon de se protéger: échanger ses jetons et sortir du casino.

Quand tout sera consumé, une seule monnaie n’aura pas brûlé: l’or et l’argent.

L’argent-dette
12 novembre 2011

Une vidéo très intéressante et pertinente pour comprendre l’origine de l’argent et mieux saisir de quelle manière les dettes ne seront jamais remboursées. La droite économique, quand elle prétend qu’il faut s’attaquer à la dette publique, fait montre d’une incompréhension totale de ce que constitue cette dette. Collectivement, s’il n’y avait pas de dettes, il n’y aurait pas d’argent. C’est le système en entier qui ne fonctionne pas…

Vers la fin de la vidéo, on rejette l’idée d’un retour à l’or ou à l’argent (le métal) pour favoriser une création publique de l’argent. Je crois, personnellement, que c’est la seule partie un peu plus faible de la vidéo, notamment quand il est question d’avoir un sac plein de pièces d’argent pour payer l’épicerie. L’argent étant présentement gravement sous-évalué (le ratio historique argent/or est d’environ 15,5/1; ce qui donnerait un prix de l’argent, par once, supérieur à 100$), une seule pièce devrait théoriquement permettre de faire une épicerie. De plus, l’utilisation des métaux précieux protège contre toute inflation.

En théorie on peut croire que l’inflation, si elle est contrôlée et pas créé dans la dette, constitue simplement une taxe, mais en pratique on peut imaginer les dérives possibles d’un tel système. Dans tous les cas, cette vidéo a le mérite d’exposer d’une manière assez facile à comprendre le ridicule du système actuel.

À voir ce qui se passe actuellement en Europe, alors que le cartel bancaire impose ses pions en Grèce et en Italie et que la population se prépare à souffrir largement, on comprend, comme l’explique la vidéo, que la seule finalité du système actuel est l’accaparement total de TOUTES les ressources par les banques.

Ainsi, ce n’est pas en privatisant ou en coupant les services à la population qu’on va régler quelque problème que ce soit. C’est en changeant le système.

Et inévitablement, il va s’effondrer de lui-même puisque les ressources énergétiques ne permettent plus sa croissance exponentielle, condition indispensable de son existence.

Ce n’est même plus une question de décennies…

Demain, la chute
3 novembre 2011

Nous sommes sur une rivière, autrefois tranquille, paisible, maintenant féroce, et le torrent accélère. La chute est devant nous et il n’y a pas la moindre façon de l’éviter. Aucun plan d’aide économique à la Grèce, aucune mesure d’austérité, pas même l’éclatement de la zone Euro de plus en plus probable (même l’Allemagne recommence à imprimer des marks), pas même une redistribution de la richesse, pas même la mise au pas, hautement improbable, des banquiers. Nous approchons de ce tournant dans l’Histoire, de cette chute qui va, une fois de plus, renverser l’humanité.

On nous dit: « C’est une récession ». Aucune récession ne met en danger l’ensemble du système financier de cette manière. On nous dit: « C’est une crise de liquidités ». Aucune crise de liquidités ne peut exister partout à la fois, dans tous les secteurs, et d’une manière permanente. On nous dit: « Il suffit de baisser les taux d’intérêts ». Les taux d’intérêts sont au plancher. On nous dit: « Il suffit de relancer la demande ». Les gens sont endettés jusqu’au cou. On nous dit: « Il faut renflouer les banques et les États ». Aucune impression d’argent facile ne pourra contribuer à renflouer un trou noir d’argent facile.

Notre monnaie, c’est de la dette. Elle naît dans la dette. Tout dollar en circulation est un reçu émis pour le remboursement d’une dette, avec intérêts. Voilà pourquoi les dettes sont toujours de plus en plus importantes. Il n’y a pas, il n’y aura jamais moyen de les rembourser. Elles nous plombent non pas parce qu’on vit au-dessus de nos moyens, comme aimerait le faire croire une certaine droite, mais parce qu’elles sont à la base de l’ensemble de notre système financier. Pas de dette, pas de monnaie. C’est aussi simple que cela.

Il y a une seule manière de permettre au système actuel de fonctionner: la croissance doit toujours être supérieure à la dette. Et puisque la dette est exponentielle, la croissance doit l’être aussi. Or, non seulement notre planète constitue un univers clos (pour le moment), mais sa principale ressource, la seule ayant été en mesure de produire le système actuel, le pétrole à accès facile, sera bientôt du passé (voir image). Le système actuel est intenable.

Source de l’image

Demain

De quoi aura l’air notre monde, quand nous aurons chuté? À peu près le contraire de celui d’aujourd’hui.

  • Une monnaie stable.Notre monnaie-dette actuelle va mourir. Elle le fera dans la déflation ou l’hyperinflation, ou dans l’une suivie de l’autre, mais elle va mourir. Toutes les monnaies fiat, c’est-à-dire qui ne sont basées sur rien d’autre que la confiance qu’on a en elles, finissent par atteindre leur véritable valeur: zéro. La monnaie du future sera basée sur des valeurs réelles, qui ne peuvent être manipulées, et qui ont fait leur preuve: de l’or, de l’argent.
  • Un monde local. La mondialisation est déjà morte, mais le monde de demain officialisera ce fait. Oubliez vos bibelots fait au Japon ou en Chine. Les pays occidentaux vivront une réindustrialisation à l’échelle locale et on réapprendra à s’auto-suffire d’un point de vue économique. Les coûts élevés de l’énergie, et donc du transport, rendront toute production à l’étranger nettement désavantageuse.
  • Une société simplifiée. Selon l’anthropologue Joseph Tainter, l’effondrement d’une société constitue simplement une simplification massive et rapide. Ce sera notre monde, demain. Terminée l’ère des multi-spécialistes, des pousseurs de crayons, des rapaces de la finance vivant des micro-changements boursiers. Prospéreront ceux qui travailleront et travailleront ceux qui produiront quelque chose d’utile et de concret pour la collectivité immédiate.
  • Le retour du village. Ce monde simplifié sera également plus dangereux, parce que la fin du paradigme actuel impliquera une baisse de la population humaine et un appauvrissement généralisé. Survivront ceux qui vivront dans des petites collectivités près des zones d’agriculture et où chacun pourra prendre soin de son prochain.
  • Le retour des valeurs. L’introduction d’une monnaie stable aura comme conséquence une stabilisation des mœurs et un retour des valeurs. Historiquement, la dévaluation des monnaies s’est toujours accompagnée de périodes de débauches et de pertes des valeurs; Rome en est le meilleur exemple, mais on pourrait également parler de la République de Weimar, ayant mené à la montée de Hitler. Chacun devant se serrer les coudes, et pouvant le faire dans un monde où une pièce de monnaie vaudra toujours une pièce de monnaie dans le temps,  le contrat social reprendra de son importance et les relations entre concitoyens se feront sur des bases plus respectueuses, sans cette complexité consistant à devoir constamment courir après des rendements pour battre l’inflation.
  • La fin des banlieues. Ces banlieues, qui constituent le pinacle du paradigme actuel, vont disparaître. Le coût de l’énergie étant trop élevé, la densité trop faible, elles feront graduellement place à de petites villes, des villages, ou même des champs. Le stationnement du Wal-Mart au-dessus des meilleures terres arables de la région sera démoli et on recommencera à cultiver.

Ces changements ne sont qu’un exemple de ce qui se produira après la chute. Plusieurs, parmi nous, sentent déjà l’inéluctabilité de ceux-ci.

La vraie question, d’ici là, consiste simplement à se préparer. À anticiper la chute, à survivre pendant celle-ci. Trouver un moyen de s’assurer de pouvoir passer du paradigme actuel au paradigme futur sans y laisser sa peau.

Voilà toute la question.

Et ceux qui auront trouvé la meilleure manière de le faire seront ceux qui prospéreront dans le futur.

Et les autres, ceux qui chantent aujourd’hui, qui s’endettent, qui vivent au moment présent, telle les cigales de la fable, seront pris au dépourvu et viendront quémander à ceux qui se sont préparés.

Ce n’est pas la Grèce qui fait défaut, ce n’est pas une crise de liquidités, ce n’est pas une récession. C’est la chute de tout un système.

Préparez-vous.

Deux milles dollars de l’heure
10 septembre 2008

On entend souvent la droite nous parler du système de santé étatsunien comme si c’était la panacée. Moyennant quelques milliers de dollars (en fait, 2000$/heure aux soins intensifs) on obtiendrait les meilleurs soins de santé au monde.

Bullshit.

Mon père a fait le tour de l’ouest des États-Unis en moto au mois de mai. La route 66, le Grand Canyon, la Californie, et tout le tra-la-la. Le voyage de sa vie, qu’il voulait faire à cinquante ans mais qu’il a dû reporter de deux ans. Un vrai beau voyage, qui a cependant été assombri par un voyage à l’hôpital et un contact on-ne-peut-plus-brutal avec le système de santé étatsunien.

Il ne se sentait pas bien depuis plusieurs jours, ne mangeait plus, avait de la fièvre et des frissons. On l’a placé aux urgences, et on lui a détecté une violente bactérie aux reins. Il a passé dix heures aux soins intensifs (heureusement il avait une assurance; un luxe que ne peuvent se permettre 45 millions d’Américains) et pendant qu’il était là on lui a fait passer une radiographie complète.

Vers la fin de son séjour à l’hôpital, un médecin est venu le voir avec une radiographie et lui a demandé: « Avez-vous mal aux poumons? »
– Non.
Il est reparti. Puis, un peu plus tard il est revenu:
« Crachez-vous du sang? »
– Non.
Nouveau départ. Mais le médecin est revenu une troisième fois:
« Vous sentez-vous constamment essoufflé? »
– Non.

Et ce fut tout. Bonne journée monsieur, à la prochaine si Dieu le veut! Prenez vos choses et partez; si vous restez on va vous charger la nuit. Et mon père est parti, son éternelle cigarette aux lèvres.

Depuis son retour au pays, il n’avait cessé d’être intrigué par le comportement du médecin aux États-Unis. Voulant en avoir le coeur net, il a été voir un médecin. Nouvelles radiographies. Et des doutes. On l’a donc envoyé voir un pneumologue. On lui a fait passer une batterie de tests, des radiographies, des résonances, on lui a rentré des tubes dans le nez, etc. Et le diagnostic est tombé il y a quelques jours: une tumeur au poumon. Une tumeur qu’on lui enlèvera dans deux semaines.

Il a eu de la chance dans sa malchance. N’ayant pas le moindre symptôme, on n’aurait jamais découvert cette tumeur s’il n’avait pas eu cette bactérie aux reins. Mais une question demeure: comment se fait-il que le médecin américain, dans son soi-disant super-hôpital osant charger 2000$ par heure pour la misère du triste monde, ait laissé partir mon père après quelques petites questions, sans lui faire passer d’autres tests? Peut-être que son assurance ne couvrait pas tous les traitements…

Car le spécialiste qui l’opérera bientôt a observé les radiographies et il a affirmé que c’était impossible de ne pas avoir vu que quelque chose clochait. Le médecin aurait dû le voir, et aurait dû lui faire passer d’autres tests. Il aurait peut-être pu être opéré beaucoup plus tôt si celui-ci avait été compétent et si, qui sait, on ne faisait pas passer les profits avant les gens.

Mon père, il devrait s’en sortir. On ne l’a pas fait attendre pendant des mois, voire des années. On va lui enlever sa tumeur de cinq centimètres carrés, on va lui couper puis lui revisser les côtes. Il va souffrir le calvaire pendant les mois suivant l’opération, mais il va survivre. Il va s’en sortir. Il sera encore là l’an prochain, dans cinq ans, dans dix ans. C’est un battant: il va survivre.

Mais combien de personnes aux États-Unis sont-elles victimes de ce système tiers-mondiste pourri? Combien d’Américains sans assurances vont-ils mourir? À combien n’oseront-on pas offrir tous les tests possibles pour des raisons de manque de fonds ou d’incompétence?

Encore une fois, c’est dans l’adversité qu’on reconnaît les meilleurs.

Système de santé québécois: 1
Système de santé des États-Unis: 0

Sur un plan plus personnel (et je peux l’écrire car je ne crois pas qu’il me lise), je lui ai dit que ça irait bien, que c’était juste une petite tumeur de rien, qu’il n’avait pas encore de symptômes et que c’était bon signe, que le médecin est un pro, et qu’il aura de la médicamentation pour endurer la douleur post-opératoire.

N’empêche, j’ai peur. Sûrement rien à côté de la sienne, mais quand même. J’aurais pu rester là au téléphone à pleurer, mais j’ai préféré lui donner l’impression que c’était deux fois rien ce truc. Et puis, c’est rien que ça, non? Deux-trois petits coups de scalpels, on referme et on repart la musique, non?

Les subventions à la culture sont rentables
5 septembre 2008

Je dois vous faire un aveu: je lis parfois le Journal de Montréal. Oui, ça m’arrive, au travail, quand quelqu’un laisse traîner une vieille copie datée de quelques jours. Le Journal de Montréal, ça se lit bien en mangeant; le plus souvent c’est tellement vide qu’on n’est jamais rassasié. Sauf que cette fois-ci il y avait un texte plus que consistant et intéressant. Est-ce un hasard quand on affirme que la qualité des pages éditoriales semble s’être améliorée depuis le départ de Nathalie Elgrably?

La chronique de Geneviève Lefebvre portait sur les récentes coupures du gouvernement Harper dans la culture et sur les réactions d’une certaine catégorie de citoyens aux idées plus ou moins organisées qui se réjouissent des souffrances de nos artistes.

Même si je ne suis pas tellement chaud à l’idée de quantifier et de chiffrer la culture, et que ma position se rapproche davantage de celle d’un Bourgault pour qui « la culture est un fourre-tout indescriptible où chacun s’amuse à tenter d’y trouver son compte, à défaut de quoi on peut au moins tenter d’y découvrir son plaisir », je reste sensible aux arguments économiques de Mme. Lefebvre:

Selon le Conference Board du Canada, l’industrie culturelle vaut 7,5 % du PIB. Le rapport stipule qu’en 2007, le secteur culturel canadien a reçu 7,9 milliards de dollars en subventions, mais qu’il a engendré des bénéfices directs et indirects de 84,6 milliards. C’est ce qu’on appelle un excellent retour sur l’investissement.

À l’évidence, un tel argument économique est facile, peut-être un peu trop facile. Mais il reste qu’à long terme il peut être extrêmement rentable de subventionner les artistes. Il faut simplement être en mesure de voir un peu plus loin que le bout de son nez. Grâce au retour sur l’investissement des subventions culturelles, ce sont nos écoles, nos hôpitaux, nos routes qu’on peut se payer. Mme. Lefebvre cite l’exemple du Cirque du Soleil pour démontrer pourquoi il faut penser à long terme:

À ses débuts en 1984, le Cirque du Soleil a reçu un coup de pouce d’un certain René Lévesque avant de s’affranchir totalement de l’aide de l’État en 1992. Son siège social est toujours à Montréal et l’entreprise fait travailler des milliers de gens de chez nous à travers le monde. Créateurs et concepteurs qui payent leurs impôts ici, évidemment. Guy Laliberté n’est pas le seul à vouloir exporter les immenses talents qui sont les nôtres, tout en visant une rentabilité économique. L’ironie, c’est que si la culture engendre des profits pour beaucoup de monde, les artistes, eux, ne sont que 2,4 % à voir leur revenu annuel dépasser la barre des 50 000 $.

Ainsi, si on n’avait pas subventionné le Cirque du Soleil à ses débuts, ferait-il notre fierté aujourd’hui partout dans le monde? Ce petit coup de pouce a été extrêmement rentable pour l’État québécois. Qu’est-ce qui nous assure que ce n’est pas le prochain Cirque du Soleil qu’on est en train d’affamer en s’attaquant aux artistes? Martin Petit l’explique d’ailleurs très bien sur son blogue:

Quand on parle de financer la culture on ne parle pas de donner plus à Céline ou Louis-José Houde. On parle des danseuses des ballets canadien, on vise des entreprises à risque comme le théâtre, la danse moderne, et aussi la formation de la relève culturelle via les coupures à l’INIS et par la bande à la SAT.

En somme, aider les artistes, c’est s’aider soi-même. C’est assurer la capacité de notre culture à rayonner dans le monde et à se projeter dans le temps. Nous sommes minoritaires dans un océan de culture hollywoodienne; sans subventions, nous nous ferions purement et simplement avaler. En ce moment, le monde entier est fasciné devant cette incroyable capacité culturelle de ce petit peuple québécois d’à peine sept millions d’âmes. Nous projetons nos films en masse en France, nos artistes y remplissent des salles ou des stades, nous occupons Las Vegas pendant des mois, voire des années. Nous impressionnons le monde.

Et c’est cela que le gouvernement Harper espère détruire. RadiCarl exprime très bien mes craintes à ce sujet:

Un régime politique qui dénigre l’importance de la culture dans une société, un régime qui vise les intellectuels et les créateurs, chez moi ça sonne les petites clochettes de l’histoire… ai-je vraiment à vous dire que c’est inquiétant?

Au fond, Harper espère peut-être simplement nous imposer « sa » vision de la culture. J’aime bien la conclusion du Québécois déchaîné à ce sujet:

Voulons-nous aller vers une société où l’on prône la culture des moutons lobotomisés avalant sans recul tout ce qu’on nous propose ? Harper veut-il un peuple de Télétubies qui consomment de la culture prémachée et uniforme ? Le monsieur au beau sourire de requin aime la culture mais pas la vôtre, la sienne : la culture de l’argent.

De l’argent qu’on ne va peut-être plus avoir dans une décennie, faute des retombées culturelles et des impôts payés par des artistes très prometteurs qui auront dû renoncer à leurs rêves à cause de ces coupures. Heureusement, il nous restera toujours le Journal de Montréal, quand notre culture se résumera à une peau de chagrin miteuse.

À l’aube d’une campagne électorale, voilà quelque chose à quoi il me semble important de penser, avant de voter pour un parti ne veut pas notre bien..

AJOUT: Je constate avec déplaisir que je me suis trompé: Nathalie Elgrably continue de propager ses idioties dans le Journal de Montréal. À ce sujet, je vous conseille fortement le dernier texte de Jimmy où celui-ci démolit littéralement les arguments de l’ex-présidente de l’IEDM qui affirme qu’en réduisant le rôle de l’État dans l’inspection des aliments on obtiendrait une meilleure inspection des arguments. Au contraire, c’est précisément parce que l’Agence d’inspection des aliments laisse trop de latitude aux entreprises qu’une telle crise de listériose a été possible! Dans tous les cas, allez lire le texte de mon ex-collaborateur. Tiens, je l’aime tellement que je mets un autre lien vers son blogue!