Gérard Deltell, l'ADQ et notre disparition
6 juin 2010

Colonisé. C’est le seul mot qui me vient à l’esprit. Alors que le français recule au Québec, qu’il devient de plus en plus difficile de travailler ou de fonctionner dans la langue commune à Montréal et dans ses banlieues, que de plus en plus de commerces et d’institutions se bilinguisent et violent la Loi 101, que propose le chef de l’ADQ, Gérard Deltell? Il veut intensifier l’apprentissage de l’anglais et bilinguiser la jeunesse québécoise.

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« Il faut que ce soit bilingue. Il faut que nos enfants soient bilingues. Il faut qu’on ait une génération bilingue au Québec. On ne peut plus se permettre d’attendre. Il faut le faire là » a affirmé l’ancien journaliste de TQS catapulté à la tête du parti moribond. On aurait envie de lui demander: pourquoi une telle urgence, pourquoi un tel culte du bilinguisme? Aurait-on perdu une guerre, aurait-on été soumis à un quelconque envahisseur au cours des dernières années qui nécessiterait de la part de nos enfants l’apprentissage d’une langue étrangère?

Le bilinguisme, pourtant, dans un contexte minoritaire, c’est la mort. Dans toute l’histoire de l’humanité, dites-moi, connaissez-vous un seul peuple qui, minoritaire, est devenu entièrement bilingue avec la langue majoritaire sans perdre sa propre langue? Moi, je connais le gaélique qui est disparu d’Irlande quand les Irlandais sont devenus bilingues avec la langue anglaise, et je connais le français qui est mort en Ontario avec le culte du bilinguisme qui a sournoisement détruit les reliquats d’une présence française à l’ouest de la rivière des Outaouais. C’est cela le bilinguisme: la mort de la langue faible. Car le bilinguisme, comme le disait le linguiste Albert Dauzat, c’est bel et bien un état transitoire d’une langue vers une autre.

Ce culte du bilinguisme nous affaiblit. Il nous convainc de la nécessité d’apprendre une langue étrangère pour travailler chez nous, mais il nous occulte cette vérité que la langue étrangère ne devrait pas nous permettre le travail, mais que le travail devrait se faire dans notre langue commune. Autrement dit: alors que nos parents et grands-parents se sont battus pour que nous puissions atteindre les plus hauts échelons en français, nous nous prostituons, seuls dans notre individualité, dans une langue qui n’est pas la nôtre et nous oublions notre devoir historique d’action collective pour la protection de cet héritage linguistique.

Imposer l’anglais – ou toute autre langue étrangère – à nos enfants, c’est capituler devant un monde unidimensionnel, un monde qui refuse la pluralité des langues et des peuples. C’est aussi utiliser notre force collective – l’État – pour détruire notre cohésion sociale et encourager ce qui nous nuit déjà, c’est-à-dire l’anglicisation qui fait reculer notre langue à Montréal et dans sa région immédiate. C’est cautionner un état des choses où on demande de plus en plus la connaissance de langues étrangères pour des emplois qui ne le nécessitent pas vraiment et où la langue étrangère est placée sur un piédestal. On préfère bilinguiser chaque Québécois plutôt que d’exiger la francisation de chaque emploi. Lâcheté.

La proposition de l’ADQ est non seulement stupide, mais elle va à l’encontre des solutions qui devraient être mises en place par tout gouvernement sensibilisé aux dangers linguistiques. Plutôt que d’accroître la présence de l’anglais chez notre jeunesse, il faudrait plutôt la réduire et éliminer les cours d’anglais au primaire et au secondaire. Il faudrait rétablir la valorisation d’un bon orthographe français et de la connaissance la plus parfaite possible de notre langue. Plutôt que d’apprendre à nos jeunes à jouer de plusieurs instruments de musique, il faudrait leur apprendre à en maîtriser réellement un seul, quitte à ce que ceux-ci choisissent de s’initier à un autre dans leurs temps libres. Ce n’est pas à l’État québécois à financer des mesures qui nuisent à la cohésion sociale et qui font de l’anglais la seule et réelle langue commune de notre territoire. Le faire équivaudrait à un suicide collectif rapide et à une anglicisation conduisant directement à notre disparition.

Que l’ADQ cherche à tout prix à se faire remarquer, on le comprend. L’ancien parti de Mario Dumont survit littéralement sur le respirateur artificiel. Cependant, il ne faudrait pas oublier que derrière cet appel désespéré se cache toutes les fausses sirènes du bilinguisme qui aliénient notre peuple. S’il faut le répéter, qu’on le fasse: l’État doit être au service de la collectivité et cette collectivité qui désire survivre entend le faire en français. Conséquemment, l’État ne doit pas, sous aucun prétexte, se substituer à la volonté parentale et enseigner une langue étrangère à nos enfants. Si un parent désire que son enfant parle anglais, mandarin ou russe, qu’il lui paie un cours privé après les heures de classes: l’école doit favoriser la cohésion sociale et cette cohésion passe par le français.

Si nous reculons, si nous écoutons les vieilles démagogies adéquistes débilitantes, ce n’est pas seulement notre capacité à survivre en tant que peuple francophone qui écoperait, mais également notre compétence à décider nous-mêmes de notre propre survivance et notre faculté à intégrer les nouveaux arrivants en français, dans notre langue, la seule qui nous soit commune et qui doit être enseignée dans nos écoles.

L’autre choix porte un nom: disparition.

Gérard Deltell, l’ADQ et notre disparition
6 juin 2010

Colonisé. C’est le seul mot qui me vient à l’esprit. Alors que le français recule au Québec, qu’il devient de plus en plus difficile de travailler ou de fonctionner dans la langue commune à Montréal et dans ses banlieues, que de plus en plus de commerces et d’institutions se bilinguisent et violent la Loi 101, que propose le chef de l’ADQ, Gérard Deltell? Il veut intensifier l’apprentissage de l’anglais et bilinguiser la jeunesse québécoise.

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« Il faut que ce soit bilingue. Il faut que nos enfants soient bilingues. Il faut qu’on ait une génération bilingue au Québec. On ne peut plus se permettre d’attendre. Il faut le faire là » a affirmé l’ancien journaliste de TQS catapulté à la tête du parti moribond. On aurait envie de lui demander: pourquoi une telle urgence, pourquoi un tel culte du bilinguisme? Aurait-on perdu une guerre, aurait-on été soumis à un quelconque envahisseur au cours des dernières années qui nécessiterait de la part de nos enfants l’apprentissage d’une langue étrangère?
Le bilinguisme, pourtant, dans un contexte minoritaire, c’est la mort. Dans toute l’histoire de l’humanité, dites-moi, connaissez-vous un seul peuple qui, minoritaire, est devenu entièrement bilingue avec la langue majoritaire sans perdre sa propre langue? Moi, je connais le gaélique qui est disparu d’Irlande quand les Irlandais sont devenus bilingues avec la langue anglaise, et je connais le français qui est mort en Ontario avec le culte du bilinguisme qui a sournoisement détruit les reliquats d’une présence française à l’ouest de la rivière des Outaouais. C’est cela le bilinguisme: la mort de la langue faible. Car le bilinguisme, comme le disait le linguiste Albert Dauzat, c’est bel et bien un état transitoire d’une langue vers une autre.
Ce culte du bilinguisme nous affaiblit. Il nous convainc de la nécessité d’apprendre une langue étrangère pour travailler chez nous, mais il nous occulte cette vérité que la langue étrangère ne devrait pas nous permettre le travail, mais que le travail devrait se faire dans notre langue commune. Autrement dit: alors que nos parents et grands-parents se sont battus pour que nous puissions atteindre les plus hauts échelons en français, nous nous prostituons, seuls dans notre individualité, dans une langue qui n’est pas la nôtre et nous oublions notre devoir historique d’action collective pour la protection de cet héritage linguistique.
Imposer l’anglais – ou toute autre langue étrangère – à nos enfants, c’est capituler devant un monde unidimensionnel, un monde qui refuse la pluralité des langues et des peuples. C’est aussi utiliser notre force collective – l’État – pour détruire notre cohésion sociale et encourager ce qui nous nuit déjà, c’est-à-dire l’anglicisation qui fait reculer notre langue à Montréal et dans sa région immédiate. C’est cautionner un état des choses où on demande de plus en plus la connaissance de langues étrangères pour des emplois qui ne le nécessitent pas vraiment et où la langue étrangère est placée sur un piédestal. On préfère bilinguiser chaque Québécois plutôt que d’exiger la francisation de chaque emploi. Lâcheté.
La proposition de l’ADQ est non seulement stupide, mais elle va à l’encontre des solutions qui devraient être mises en place par tout gouvernement sensibilisé aux dangers linguistiques. Plutôt que d’accroître la présence de l’anglais chez notre jeunesse, il faudrait plutôt la réduire et éliminer les cours d’anglais au primaire et au secondaire. Il faudrait rétablir la valorisation d’un bon orthographe français et de la connaissance la plus parfaite possible de notre langue. Plutôt que d’apprendre à nos jeunes à jouer de plusieurs instruments de musique, il faudrait leur apprendre à en maîtriser réellement un seul, quitte à ce que ceux-ci choisissent de s’initier à un autre dans leurs temps libres. Ce n’est pas à l’État québécois à financer des mesures qui nuisent à la cohésion sociale et qui font de l’anglais la seule et réelle langue commune de notre territoire. Le faire équivaudrait à un suicide collectif rapide et à une anglicisation conduisant directement à notre disparition.
Que l’ADQ cherche à tout prix à se faire remarquer, on le comprend. L’ancien parti de Mario Dumont survit littéralement sur le respirateur artificiel. Cependant, il ne faudrait pas oublier que derrière cet appel désespéré se cache toutes les fausses sirènes du bilinguisme qui aliénient notre peuple. S’il faut le répéter, qu’on le fasse: l’État doit être au service de la collectivité et cette collectivité qui désire survivre entend le faire en français. Conséquemment, l’État ne doit pas, sous aucun prétexte, se substituer à la volonté parentale et enseigner une langue étrangère à nos enfants. Si un parent désire que son enfant parle anglais, mandarin ou russe, qu’il lui paie un cours privé après les heures de classes: l’école doit favoriser la cohésion sociale et cette cohésion passe par le français.
Si nous reculons, si nous écoutons les vieilles démagogies adéquistes débilitantes, ce n’est pas seulement notre capacité à survivre en tant que peuple francophone qui écoperait, mais également notre compétence à décider nous-mêmes de notre propre survivance et notre faculté à intégrer les nouveaux arrivants en français, dans notre langue, la seule qui nous soit commune et qui doit être enseignée dans nos écoles.
L’autre choix porte un nom: disparition.

Phase terminale pour l’ADQ
28 octobre 2009

En confiant à François Bonnardel le poste de chef parlementaire de l’ADQ, Gilles Taillon a débranché la dernière machine qui maintenait son parti artificiellement en vie. Pas que le conjoint de la ministre libéral Nathalie Normandeau ferait nécessairement pire qu’Éric Caire, mais si Taillon avait eu le début d’un semblant de sens politique, il aurait donné ce poste à Caire les yeux fermés.

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En effet, Taillon aura beau parler d’unité, de « collégialité », d’esprit rassembleur, ce ne sont là que des mots-creux s’il ne peut pas trouver le moyen de satisfaire les 50%-1 personnes qui n’ont pas voté pour lui. C’est une vérité politique tellement primaire qu’il est tout à fait invraisemblable que Taillon ait pu agir autrement. Obama a nommé Hillary Clinton au poste de secrétaire d’État; Jean Chrétien avait Paul Martin comme ministre des finances. Quand on veut réellement unir un parti, on doit donner des postes d’importance à ses adversaires afin de solidifier les bases de la formation politique.

Or, les bases de l’ADQ sont en piètre état. Le parti végète à 8% dans les intentions de vote, n’a plus d’argent, se retrouve aussi divisé qu’il peut être mathématiquement possible de l’être, ses militants sont démotivés, il a à sa tête un chef cancéreux avec le charisme d’une armoire de cuisine et qui récompense sa petite clique au lieu de penser au bien-être du parti. Un chef tellement instable sur son piédestal qu’il doit répéter à au moins trois reprises en conférence de presse cet après-midi qu’il est le chef, qu’il est légitime, qu’il a gagné, que les autres doivent se rallier à lui parce qu’il est le chef. Quand le chef a besoin de convaincre les journalistes qu’il est le chef, ça ne va vraiment pas bien.

L’ADQ devrait peut-être confronter sa triste réalité: le parti est devenu inutile. Il a manqué son rendez-vous avec l’Histoire, et cette cruelle maîtresse ne donne jamais de seconde chance quand on lui colle un lapin. Idéologiquement, l’ADQ a été créée entre autres pour s’opposer au fédéralisme centralisateur prôné par le Parti Libéral et pour proposer des idées économiques conservatrices; en 2009, tant le PLQ que le PQ prônent un fédéralisme « autonomiste » et les thèses économiques défendues par l’ADQ ont perdu toute crédibilité avec la crise actuelle. Et sans le charisme extraordinaire d’un Mario Dumont, que reste-t-il? L’ADQ est mort, sa marginalisation croissante ne constitue qu’un dernier sursaut dans un corps refusant d’accepter sa fatalité.

Je regardais Taillon, mal à l’aise, l’air de suer à grosses gouttes, tentant d’expliquer comment il allait travailler avec ses six députés, lui qui n’est même pas un élu. Je l’observais, et ces vieilles paroles d’Aut’Chose, le groupe de Lucien Francoeur, me sont venues à l’esprit: « Le trip est fini, chu loin de chez moi, comme Jim Morrison à Paris, si vous pouvez comprendre… » Oui, le trip est fini. L’ADQ a vécu, les Québécois ont vu, et elle a été vaincue. Par son amateurisme, par ses idées dépassées, par son incapacité à s’organiser au-delà des mots et à bâtir une plate-forme politique crédible.

D’une certaine manière, Taillon rend peut-être service à la politique québécoise en contribuant à achever le mourant.  En remplacement de l’attention médiatique accordée traditionnellement à une « troisième voie » qu’on donnait à l’ADQ, on aura peut-être enfin la chance de voir une alternative se lever, un parti qui, au-delà des beaux discours, saurait vraiment réinventer notre société et la faire entrer dans l’Histoire par la grande porte.

Pour l’ADQ, c’est la phase terminale. Les soins palliatifs ont débuté.

La marginalisation de l’ADQ
24 août 2009

Les positions extrémistes défendues par trois des quatre candidats à la succession de Mario Dumont sont en train de reléguer l’Action Démocratique du Québec (ADQ) au rang de parti marginal, voire pire, original. Quelque part entre la Loi Naturelle et le Bloc Pot. Lors du débat, Éric Caire, Gilles Taillon et cet hurluberlu libertarien qu’est Jean-François Plante s’obstinaient quant à savoir qui serait le plus à droite, qui dépècerait l’État au mieux, qui ferait payer les étudiants, qui privatiserait quoi. Qui aurait le courage de mettre le feu à la maison et d’appeler cela le progrès.

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En fait, le seul candidat semblant posséder encore un minimum de bon sens était Christian Lévesque. Face aux appels délirants d’Éric Caire pour une hausse des tarifs en éducation (oui, vous avez bien lu, une hausse), Lévesque a été cinglant: « Tu as un salaire de député de 85 000 $, l’ensemble de la population a un salaire moyen, par couple, de 45 000 $. Quels choix [les parents] vont-ils faire? […] Si on veut une économie du savoir, chacun des citoyens doit participer à cet effort. » Lévesque a mis le doigt là où ça fait mal: l’ancien parti de Mario Dumont veut tellement se démarquer des autres qu’il devient peu à peu une parodie élitiste où on peut à la fois se targuer de vouloir implanter une « société du savoir » tout en rendant l’accès aux études supérieures plus difficile. Les mauvaises langues diraient qu’un individu sans éducation est plus susceptible de voter pour l’ADQ, mais je n’oserais atteindre ici un si haut niveau de cynisme.

Caire, que plusieurs médias ont nommé vainqueur de ce débat, s’est empressé d’appuyer les propositions absolument hallucinantes des jeunes adéquistes: abolition du Fonds des générations, disparition des cégeps, élimination de la Loi antibriseurs de grève, hausse massive des frais de scolarité, gel des prestations de la Régie des rentes du Québec, privatisation de la SAQ, privatisation partielle d’Hydro-Québec, hausse de la TVQ, hausse des tarifs d’électricité, réduction de la taille de l’État… Un peu plus et on annonçait le changement de nom de la province et la fécondation forcée de toutes les femmes en âge de procréer. On constate, en regardant les pays trônant au sommet de l’index des pays en détresse (Failed State Index) en 2009, que ce type de « solutions » où on réduit le pouvoir redistributeur et égalisateur de l’État pourrait nous mener loin. Québec, Somalie, même combat!

Or, alors que le monde entier subit une récession mondiale causée par les déréglementations et les privatisations, alors que le Québec, grâce à son haut taux de syndicalisme et à sa meilleure redistribution de la richesse, est l’endroit le moins durement frappé en Amérique du Nord, que proposent ces chers candidats? Davantage de ce qui a causé les problèmes actuels! Pendant que le monde entier réapprend à utiliser l’État et à favoriser une meilleure redistribution de la richesse, l’ADQ fait fi de la réalité et s’enferme un peu plus profondément dans ses dogmes surannés.

Quand certains disent que l’ADQ vit dans le passé, n’y a-t-il pas meilleure preuve que ce discours faisant abstraction de toute la situation économique actuelle, pire crise depuis des décennies? C’est comme si toute l’économie était tombée d’une falaise et que Taillon, Caire et Plante cherchaient à trouver un nouveau précipice où nous enfouir.

La fin de l’ADQ?

Le 9 décembre dernier, j’écrivais que le départ de Mario Dumont allait tuer l’ADQ.

Je donnais quatre raisons:

  1. La position autonomiste de l’ADQ ne tient plus, car le PLQ est devenu autonomiste et le PQ a mis son projet souverainiste sur le glace;
  2. La forte mentalité anti-étatiste de l’ADQ ne peut survivre à l’examen des faits: la crise a touché durement les pays ayant appliqué les réformes néolibérales et a épargné ceux qi ont résisté;
  3. Aucun candidat potentiel n’a le charisme de Mario Dumont (Éric Caire me donne le goût d’ajuster les couleurs de la télévision quand je le vois.);
  4. Les six députés restant seront tentés de joindre un autre parti.

J’ai eu tort pour le quatrième point, ayant sur-estimé l’attrait des deux autres partis de centre-droit, mais je crois avoir eu raison pour le reste. L’ADQ ne peut plus jouer sa carte autonomiste face à un Jean Charest réclamant davantage de pouvoir d’Ottawa et une Pauline Marois semblant bien satisfaite sur son trône de l’opposition. Et puisque aucun candidat n’arrive à se démarquer grâce à sa personnalité, il ne reste qu’une option permettant de se différencier des autres: la formidable fuite en avant du capitalisme le plus extrémiste possible et de positions semblant issues tout droit de livres d’Ayn Rand ou autres fanatiques anti-étatistes. Le nouveau mantra adéquiste semblent être: « nous voulons être différents, nous voulons être différents, nous voulons être différents ». La différence, pour la différence, il ne reste plus leurs positions de la droite radicale pour les distinguer du Parti Québécois et du Parti Libéral.

Or, quel futur peut-il exister pour un parti qui se place volontairement à l’extrémité du spectre politique, sinon la lente et cruelle agonie de la marginalisation? Contrairement à Québec Solidaire, qui cherche constamment à occuper un centre-gauche délaissé par le Parti Québécois, l’ADQ – et surtout Caire, Taillon et Plante – semble se conforter dans une course à la chefferie ressemblant de plus en plus à un combat de coqs déterminant qui aura le privilège d’être le capitaine du bateau lorsqu’il coulera définitivement. Il y a des icebergs partout, mais on pousse les machines à fond et on se croise les doigts.

Qui aura le courage de répondre à cette question fondamentale: à quoi sert un parti comme l’ADQ en 2009?

Normandeau-Bonnardel: mariage PLQ-ADQ en vue?
23 avril 2009

On dit parfois que l’amour est aveugle. Pour les yeux, peut-être, mais pour les valeurs, jamais.  On peut faire abstraction de nombreux aspects en apparence moins charmants chez une personne, mais ne peut pas ignorer les valeurs de la personne aimée.  On peut s’amouracher d’une personne laide partageant ses valeurs tout comme on peut détester un mannequin ne les partageant pas.  Quand tout est dit, ce sont les valeurs qui font ou défont un couple.   Voilà pourquoi il importe de se questionner sur la relation entre la vice-première ministre libérale, Nathalie Normandeau, et le député adéquiste François Bonnardel.  Leur liaison constitue peut-être la consécration d’un rapprochement idéologique entre le Parti Libéral et l’Action Démocratique qui pourrait paver la voie à un possible retour de ce dernier parti dans le giron libéral.

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En effet – on l’oublie trop souvent – l’ADQ a été créée par des Libéraux dissidents qui rejetaient le fédéralisme centralisateur alors prôné par le PLQ.  Face à la vieille politique style pancanadienne du PLQ et au tout-indépendance du Parti Québécois, le parti a pu se trouver un créneau pour prospérer et offrir une troisième voie aux Québécois.  Mario Dumont, ancien président de la commission des jeunes libéraux, a su, grâce à son charisme, insuffler une vitalité certaine à ce parti jusqu’à ce qu’il devienne clair pour tous qu’un parti doit offrir davantage à la population que le charisme de son chef.

Soyons honnêtes: l’ADQ, en 2009, propose sensiblement les mêmes valeurs que le PLQ.  L’idylle Normandeau-Bonnardel n’en est qu’un signe supplémentaire.   Le parti s’est recentré et a éliminé de son discours ses projets les plus radicaux.  Face au fédéralisme décentralisateur et aux politiques de droite mieux assumées du gouvernement Charest, le parti n’arrive plus à se différencier.  Résultat?  Les deux formations politiques paraissent de plus en plus interchangeables et partagent les mêmes valeurs: moins d’État, plus de privé, libéralisme économique, davantage d’autonomie pour le Québec, etc.   La fracture issue du schisme de 1994 s’est colmatée et le départ de Dumont a simplement contribué à supprimer le facteur charisme de l’équation.

Conséquemment, il m’apparaît difficile de ne pas voir dans cette relation les premiers pas d’une future réconciliation entre les deux partis.  Quand on a en commun les mêmes valeurs, la même idéologie et qu’en plus on partage le même lit, qui sait ce qu’il peut advenir ensuite?

À quand le mariage?

Mario Dumont veut vous séduire
14 novembre 2008

Que fera Mario Dumont pour nous séduire la prochaine fois?

Mario Dumont est prêt à tout pour nous séduire. C’est le roi du contenant vide, de la pizza indigeste qu’on nous fait passer pour de la haute gastronomie et des clips de douze secondes qui semblent avoir été montés pour séduire un électorat pré-pubère. Tantôt il propose de couper les commissions scolaires, tantôt il fait rire la gallerie en proposant de couper 2 milliards $ dans nos services en pleine crise financière (alors que tout le monde sait qu’il faut au contraire davantage dépenser en période de crise, afin de stimuler la consommation), tantôt il désire mettre fin aux programmes des régions ressources, et maintenant il désire américaniser notre système de santé en permettant une saignée des professionnels du public vers le privé et en refilant la facture aux usagés les moins bien nantis, alors qu’il a été démontré et redémontré qu’un tel système est plus coûteux et moins efficace pour soigner un maximum de gens.

Ça fait maintenant une quinzaine d’années que Mario Dumont gagne sa croute en manipulant les gens, en les faisant vibrer grâce à leurs préjugés de droite et en simplifiant à l’excès des problématiques complexes pour essayer de gagner des votes.  Quinze ans qu’il change ses politiques à la petite semaine, s’entourant de gens les plus médiocres et les moins compétents. Quinze ans qu’il propose déréglementations, privatisations et dépeçage de l’État alors qu’on constate maintenant que de telles politiques ont conduit l’économie américaine – et mondiale – au bord du gouffre. Quinze ans qu’il bloque notre parlement et qu’on le fait vivre grassement pour atteindre son seul but: prendre le pouvoir et démolir ce que nous avons mis des décennies à construire.

Mario Dumont est dangereux. Non seulement est-il d’une incompétence légendaire dès qu’il est question d’autre chose que de clips de douze secondes, mais son amateurisme et ses politiques de girouette mèneraient le Québec vers une instabilité encore plus grande que maintenant. Il est en chute libre dans les sondages, et j’ose croire que les gens un peu partout en régions se sont réveillés et on constaté que la seule place d’où M. Dumont ne changera jamais d’idée et où il sera à son aise, ce sera dans les poubelles de l’Histoire, aux côtés d’autres politiciens et mouvements passéistes dont on a heureusement réussi à se débarrasser par le passé.

J’avais raison – Pierre Morin derrière Bleu Québec
13 novembre 2008


Pierre Morin

J’avais raison quand j’écrivais ce texte. Pierre Morin est effectivement la personne derrière le blogue Bleu Québec et c’est lui qui a fait les vidéos controversées sur le PQ et le PLQ.

Évidemment, j’aurais aimé que Tristan Péloquin note dans son texte que je l’avais annoncé en primeur, mais bon…

L’important est que le rat soit démasqué pour de bon.

Dans les dents, le gars qui appuie l’ADQ avec nos impôts, et ce, à partir de l’Assemblée nationale.

Pour en savoir davantage sur Pierre Morin.


Après vérification, j’aimerais quand même féliciter Tristan Péloquin pour son travail. Il m’a dit en privé qu’il était sur la piste de Pierre Morin depuis un bon moment déjà. Depuis avant l’époque où j’étais membre du regroupement des blogueurs souverainistes et qu’on avait démasqué Morin derrière Élodie Gagnon-Martin et MisterPi.

Cher Jimmy…
12 novembre 2008

Jimmy St-Gelais

Cher Jimmy,

C’est avec stupéfaction que j’ai appris ton départ de la blogosphère aujourd’hui. Tu fais partie de ces grands qui ont animé les débats et posé les essentielles questions sur toutes les tribunes, dont UHEC.net, qui n’existe plus lui aussi. Tu as été un fidèle collaborateur et j’aimerais te réitérer que ma décision de mettre fin à l’aventure de UHEC n’était pas en relation avec toi, mais plutôt avec mon désir de « donner du lousse » avant, justement, d’avoir à couper la corde et quitter définitivement la blogosphère.

Tu donnes tes raisons dans un précédent billet, ce qui me donne envie de dire que ton départ était annoncé. Laisse-moi publier ici le billet en entier:

Vous entendiez quelqu’un pour vous dire vos quatre vérités? Je suis celui-ci.

Chers amis blogueurs politiques du Québec, vous avez raté le train.

Vous vouliez que les médias généraux citent vos billets en tant que référence dans leurs chroniques politiques? Cela a bien été le cas en 2007 et au début 2008, mais aujourd’hui, plus personne dans le monde journalistique ne prend au sérieux les affirmations des blogueurs politiques québécois.

Pour preuve, il est maintenant rarissime que l’on cite des billets provenant de blogueurs du Québec dans la chronique internet des Coulisses du Pouvoir de Radio-Canada. Pourtant, il y a un an, cette chronique n’hésitait à ploguer des textes de certains auteurs de blogues du Québec. On préfère désormais les blogues anglophones qui démontrent plus de sérieux.

Et pour cause.

Vous vous êtes divisés. Vous vous êtes comportés comme des enfants d’école.

Les insultes, les attaques personnelles, les luttes fratricides ont miné le peu de crédibilité que vous aviez. Ceux qui ont fréquenté le milieu des blogues politiques depuis le début de 2007 savent de quoi je parle.

Les médias traditionnels ont entendu de vous un plus haut niveau de professionnalisme mais vous avez dérivé vers un comportement enfantin, conflictuel et peu productif.

Et maintenant, vous en payez le prix. Et moi aussi.

Tu sais, Jimmy, je crois que tu prends le problème à l’envers. D’abord, il faut noter que la seule émission à parler des blogues est « Les Coulisses du pouvoir », que celle-ci est à Radio-Canada et que la direction de la SRC a décidé qu’il fallait pouvoir identifier les blogueurs par leurs noms avant d’en parler pour ne pas se faire prendre comme lorsque l’histoire de Pierre Morin, le troisième vice-président de l’Assemblée nationale, a causé tout un émoi. Mais ceci est un détail.

La vérité, à mon avis, est une question d’équilibre. Tu finis en disant « vous payez le prix » en disant que nous avons perdu de la crédibilité auprès des médias. Je vois les choses autrement: je crois que pour bloguer à long terme il faut atteindre l’équilibre entre popularité et respect de soi-même. Je m’explique.

Dans le temps de UHEC, je pouvais écrire 2-3 textes par jour. Je savais également quoi écrire pour déclencher les passions, et les passions, c’est vendeur. En fait, moins on fait de nuance, mieux c’est. À l’époque, je vérifiais le nombre de visiteurs scrupuleusement, j’organisais nos textes pour les publier aux moments opportuns; j’étais devenu le général d’un petit char d’assaut d’idées. Super, non? Oui, super, sauf que…

Sauf que je n’étais pas payé pour ça et ça me prenait beaucoup de temps. J’ai une vie en-dehors du blogue et je dois avancer dans celle-ci, c’est-à-dire travailler pour améliorer ma situation et celle de ma famille et devenir plus heureux et meilleur en tant que personne. Bref, d’un côté je travaillais fort pour que UHEC soit très connu (à un moment on avait régulièrement le triple des visiteurs de ce qu’a ce blogue-ci) mais plus j’y travaillais, plus je me dispersais et moins j’avais de temps pour améliorer ma vie. Si bien que j’ai fini par me désintéresser du blogue et vais te l’annoncer en grande primeur: si je ne fermais pas UHEC pour repartir à zéro sur un petit site no-name, j’aurais simplement arrêté de bloguer, j’en suis convaincu.

Le problème, c’est qu’on aime ça se dire qu’on change les choses. On aime ça se dire qu’on est bon, qu’on est puissant, que le monde entier nous lit. La vérité, c’est qu’on doit écrire pour soi-même et nulle autre personne, en n’ayant d’autre objectif que de se réaliser à travers ce qu’on fait. De s’arrêter et d’être fier du chemin parcouru. De lire ce qui a été écrit et de se dire « wow, je suis fier! ».

Et pour ceci, encore une fois, l’équilibre est primordial: on doit être au pivot entre expression personnelle et reconnaissance des autres. En ce sens, pour moi autant un antagoniste qu’un À mon humble avis sont dans l’erreur. Le premier carbure à la popularité et son blogue est devenu un dépotoir pour personnes souffrant de troubles mentaux. Le second a un plan de carrière politique et se censure de tout ce qui pourrait aller à l’encontre de ce plan et du parti pour lequel il milite. Le premier trône en haut des palmarès. Le second croupit quelque part en bas. Non, il y a un équilibre à atteindre, Jimmy, entre reconnaissance et expression personnelle.

Ce que j’essaie, pour ma part, c’est de me limiter à 2-3 textes par semaine (celui-ci est une exception). J’écris quand j’ai quelque chose à dire, et en me disant que ça ne changera rien, mais que j’aurai fait ma mince contribution. C’est mon truc, mais toi je suis sûr que tu pourrais trouver le tien.

C’est sûr que j’aimerais qu’on puisse refaire un collectif un jour, mais peu importe la forme que ça prendrait, il faudrait que ce soit en concordance avec le besoin de réalisation de chacun et être assez ouvert pour permettre la discordance, mais pas trop ouvert non plus (à l’image des 7 du Québec, un fourre-tout cacophonique).  Bref, avoir une ligne directrice de laquelle il serait possible de se distancer occasionnellement.

Sauf que le problème, on en revient toujours là, est que la ligne est bien mince et qu’elle n’est jamais la même pour qui que ce soit…

Je t’encourage à réfléchir à la question et à considérer, après quelques jours de repos, te repartir un nouveau blogue sous un autre nom un peu moins « je vais changer le monde » (pourquoi pas « le blogue de Jimmy »?)  et à y écrire tes pensées et tes réflexions, sans avoir le moindre désir d’être lu par beaucoup de gens ni de changer quoi que ce soit.  Tu es un blogueur Jimmy, alors blogue pour toi, pas pour les autres.

Mais peu importe ce que tu choisiras, moi je garde un souvenir extrêmement positif de notre collaboration.

En espérant qu’on aura la chance de rejaser de tous les opportunistes de l’ADQ, des suppôts du patronat du PLQ et des élitistes anti-démocratiques et snobillards du PQ!  🙂

Louis

p.s. J’aimerais beaucoup lire les expériences des autres blogueurs sur le sujet; qu’est-ce qui vous permet de continuer à bloguer et qui vous empêche de tout laisser tomber?

Les élections: la paix ou la démocratie?
27 octobre 2008

Démocratie ou dictature?

Ainsi, nous devrions être appelés aux urnes le 8 décembre prochain. Pendant que l’économie mondiale bat de l’aile et que chaque contrat obtenu de l’étranger se veut un baume sur la plaie béante et purulente que constitue la situation économique actuelle, notre premier ministre Jean Charest préfère penser à ses propres intérêts et annule un voyage en Chine pour espérer s’assurer une majorité lors des prochaines élections.

Charest fait la calcul suivant: on s’en va en récession, elle va être très sévère, probablement la pire depuis des décennies, et si ses pires effets pervers n’ont pas encore atteint le Québec ce n’est qu’une question de temps avant que le feu soit dans la grange et qu’on réclame la tête du coq le plus flamboyant. Car qu’on le veuille ou non, quand ça va mal on se cherche des coupables. Et si le Parti Libéral a une chance d’améliorer son sort, c’est ici et maintenant.

De quoi peut-il avoir peur?

D’un côté, l’ADQ s’en va nulle part; le parti est en train de sombrer dans la discorde interne et au rythme où vont les choses on se demande même si le parti de Mario Dumont serait en mesure de garder une vingtaine de sièges (il en a 39 présentement). Le navire coule, et déjà les rats ont commencé à le quitter.

De l’autre côté, Pauline Marois est égale à elle-même: prétentieuse, hautaine, tenant un discours creux et ayant à peu près autant de charisme que la secrétaire blasée chez votre dentiste. Donnez-lui son 4% à elle, et ça presse! Le PQ est lui aussi prêt à se faire battre, car son but premier est l’indépendance du Québec et Marois a rejeté ce principe, peu importe ce que les poèmes conventionnelo-populistes d’appels à la patrie d’une poignée de béni-oui-oui en fin de semaine laissaient croire. Le PQ de Pauline Marois a tué l’indépendance, et avec une cheffe aussi médiocre le parti n’a pas la moindre chance de gagner les élections.

Jean Charest vogue donc allègrement vers la majorité. Contrairement à Stephen Harper, qui a tenu le même pari et l’a perdu, Charest n’a pas une bande d’Albertains fanatiques à satisfaire et il ne coupera pas dans la culture à quelques semaines des élections. Il va se taper une petite campagne tranquille en martelant que son parti est le meilleur pour faire face aux problèmes économiques et on oubliera ce qu’était réellement le PLQ majoritaire: les écoles privées juives, le Suroît, le Mont Orford, les privatisations, etc.

Alors non, je ne suis pas emballé par cette campagne électorale qui s’annonce déjà ennuyante et au résultat prévisible. Mais je n’irais pas jusqu’à écrire des conneries comme Patrick Lagacé qui affirme que « Après [les élections], si le bon Dieu est bon, la paix pendant quatre ans. »

La véritable « paix », c’est-à-dire l’absence d’enjeux électoraux, c’est celle qu’offre une dictature , éliminant la démocratie… et les journalistes trop irrévérencieux; on devrait peut-être le rappeler à M. Lagacé, lui qui ne vote pas. Car le droit de voter, c’est le droit de chiâler. Quand on reste assis chez soi pendant que ce pour quoi des centaines de milliers de personnes ont donné leurs vies au travers des siècles se met en branle, on est discrédité et pour longtemps.

L’instabilité politique n’est sûrement pas la panacée, mais elle force les élus à se remettre régulièrement au diapason avec la population sous peine d’être relégués dans l’oubli. Et notre démocratie, quoi qu’imparfaite, doit être protégée de tous ceux qui croient avoir des opinions sur tout mais qui ne sont même pas capables de bouger leurs fesses une fois par année pour aller voter.

En ce sens, si la manoeuvre politique de Jean Charest est très « politi-chienne », le texte de Patrick Lagacé fait très « journal-élitiste ». Comme quoi certains ont parfois de la difficulté à s’élever au-dessus du quotidien pour voir les véritables enjeux derrière le processus électoral.


AJOUT: Mes 4-5 derniers commentaires sur le blogue de Patrick Lagacé ont été censurés mystérieusement effacés. Je me suis plains à Patrick Lagacé, qui évidemment dit qu’il n’est au courant de rien. Vraiment plate comme situation; on suit leur foutu nétiquette à la lettre et suffit qu’on soit en désaccord avec l’auteur pour que les messages « disparaissent mystérieusement »! Ah Gesca et leur censure…

Le retour de Pierre Morin
19 septembre 2008

Ceux qui sont bien au fait de ce qui se passe sur la blogosphère se rappellent certainement de « l’affaire Élodie Gagnon-Martin », ce pseudonyme utilisé par Pierre Morin, un militant adéquiste s’ayant vu offrir le poste de troisième vice-président à l’Assemblée nationale suite à sa campagne (souvent haineuse) contre le Parti Québécois lors des dernières élections provinciales. J’en ai déjà parlé ici et ici. Le meilleur résumé de cette histoire appartient à Carl, selon moi.

Toujours est-il que j’ai découvert ce matin que M. Pierre Morin a recommencé à sévir sur la blogosphère. Son blogue Un blogue bleu Québec possède la même signature graphique, le même genre de texte, les mêmes attaques personnelles, etc. Seule différence: M. Morin a placé une petite photo (que dis-je, une caricature de photo) en bas à droite de son blogue, une photo qui n’est évidemment pas la sienne, pour tenter de brouiller les pistes.

Certains diront peut-être: et alors? Alors, ce type est payé par l’État québécois et travaille à l’Assemblée nationale. Son mandat doit être de s’occuper du bon fonctionnement du parlement et de l’appareil administratif, pas de bloguer à temps plein pour s’attaquer aux adversaires politiques de son Parti Conservateur chéri. Ce faisant, il détourne les impôts que nous lui versons généreusement (nos impôts!) pour faire un travail de propagande qui ne devrait pas être le sien.

Évidemment, tout le monde a le droit de militer comme il l’entend dans sa vie privée. Mais quand on obtient un poste de prestige demandant une apparence de neutralité et d’impartialité il est important de ne pas abuser de la confiance du public en mélangeant le travail pour la collectivité (ce que Pierre Morin devrait faire pour gagner son salaire) et son travail de militant pour sa petite personne. Quand on doit être au-dessus de tout soupçon et qu’on est payé par le contribuable québécois, on doit résister à l’appel du militantisme (surtout sur les heures de travail) et ne pas oublier que 65 à 70% de ceux qui paient son salaire ne voteront pas pour le Parti Conservateur.

La dernière fois, Pierre Morin avait rapidement fermé son blogue après que le journaliste Antoine Robitaille l’eût traqué et que l’histoire se soit retrouvée dans les médias de masse.

Reste à espérer qu’il aura la même sagesse cette fois-ci ou que son chef, Mario Dumont, saura le ramener à l’ordre en exigeant sa démission.


On reconnaît le style