Mario Dumont veut vous séduire
14 novembre 2008

Que fera Mario Dumont pour nous séduire la prochaine fois?

Mario Dumont est prêt à tout pour nous séduire. C’est le roi du contenant vide, de la pizza indigeste qu’on nous fait passer pour de la haute gastronomie et des clips de douze secondes qui semblent avoir été montés pour séduire un électorat pré-pubère. Tantôt il propose de couper les commissions scolaires, tantôt il fait rire la gallerie en proposant de couper 2 milliards $ dans nos services en pleine crise financière (alors que tout le monde sait qu’il faut au contraire davantage dépenser en période de crise, afin de stimuler la consommation), tantôt il désire mettre fin aux programmes des régions ressources, et maintenant il désire américaniser notre système de santé en permettant une saignée des professionnels du public vers le privé et en refilant la facture aux usagés les moins bien nantis, alors qu’il a été démontré et redémontré qu’un tel système est plus coûteux et moins efficace pour soigner un maximum de gens.

Ça fait maintenant une quinzaine d’années que Mario Dumont gagne sa croute en manipulant les gens, en les faisant vibrer grâce à leurs préjugés de droite et en simplifiant à l’excès des problématiques complexes pour essayer de gagner des votes.  Quinze ans qu’il change ses politiques à la petite semaine, s’entourant de gens les plus médiocres et les moins compétents. Quinze ans qu’il propose déréglementations, privatisations et dépeçage de l’État alors qu’on constate maintenant que de telles politiques ont conduit l’économie américaine – et mondiale – au bord du gouffre. Quinze ans qu’il bloque notre parlement et qu’on le fait vivre grassement pour atteindre son seul but: prendre le pouvoir et démolir ce que nous avons mis des décennies à construire.

Mario Dumont est dangereux. Non seulement est-il d’une incompétence légendaire dès qu’il est question d’autre chose que de clips de douze secondes, mais son amateurisme et ses politiques de girouette mèneraient le Québec vers une instabilité encore plus grande que maintenant. Il est en chute libre dans les sondages, et j’ose croire que les gens un peu partout en régions se sont réveillés et on constaté que la seule place d’où M. Dumont ne changera jamais d’idée et où il sera à son aise, ce sera dans les poubelles de l’Histoire, aux côtés d’autres politiciens et mouvements passéistes dont on a heureusement réussi à se débarrasser par le passé.

J’avais raison – Pierre Morin derrière Bleu Québec
13 novembre 2008


Pierre Morin

J’avais raison quand j’écrivais ce texte. Pierre Morin est effectivement la personne derrière le blogue Bleu Québec et c’est lui qui a fait les vidéos controversées sur le PQ et le PLQ.

Évidemment, j’aurais aimé que Tristan Péloquin note dans son texte que je l’avais annoncé en primeur, mais bon…

L’important est que le rat soit démasqué pour de bon.

Dans les dents, le gars qui appuie l’ADQ avec nos impôts, et ce, à partir de l’Assemblée nationale.

Pour en savoir davantage sur Pierre Morin.


Après vérification, j’aimerais quand même féliciter Tristan Péloquin pour son travail. Il m’a dit en privé qu’il était sur la piste de Pierre Morin depuis un bon moment déjà. Depuis avant l’époque où j’étais membre du regroupement des blogueurs souverainistes et qu’on avait démasqué Morin derrière Élodie Gagnon-Martin et MisterPi.

Le blâme du petit boy-scout
6 novembre 2007

Mario Dumont aime faire le clown et se faire remarquer, avec ses gesticulations et ses phrases-choc, autant de mise en valeur sur le paraître pour cacher l’être. Et il ne manque pas une occasion de surfer sur l’actualité: c’était bien lui qui avait lancé le débat sur les accomodements raisonnables, avant de se rétracter de façon honteuse en discréditant le projet Marois, qui lui cherchait de vraies solutions au problème. Mais voici que Dumont relance le même cirque.

En effet, en proposant une motion de blâme contre le gouvernement Charest, sur la « question des commissions scolaires », Dumont démontre encore une fois la petitesse de sa pensée politique et son attitude irrémédiable de perdant habitué de japper fort de son arrière-banc mais incapable de prendre ses responsabilités en tant que co-participant au pouvoir.

Car on les connaît les positions de Dumont. Il avait bien fait rire de lui lors de la dernière campagne électorale, en proposant l’abolition des commissions scolaires. Mais si le taux de vote à ces élections fut faible dimanche dernier, il ne fut pas anormalement faible, c’est-à-dire qu’il est toujours faible et qu’il ne s’agit donc pas d’un fait nouveau. Cette sortie de Dumont était donc pré-programmée, tel un vieux spectacle d’humour maintes fois présenté qui ne fait plus rire personne, et il ne s’agit pour le chef de l’ADQ que d’une manière de faire encore parler de lui. Et tant pis pour ses responsabilités.

Pourtant, il aurait pu proposer des solutions pour revitaliser la démocratie scolaire. Ça fait huit mois qu’il est au parlement; qu’a-t-il fait en ce sens? Il aurait pu proposer une plus grande latitude des commissions scolaires, davantage de pouvoir pour celles-ci, ou même un système de votation quant aux responsables du ministère de l’éducation. Tout ceci aurait cependant demandé deux choses: de l’imagination et le désir de régler les choses. Dans un premier cas, l’ADQ en est totalement dépourvue, se contenant de marcher le vent dans le dos quand il souffle, et deuxièmement elle avait déjà annoncé son désir d’éliminer ces commissions scolaires au lieu de les aider.

Au fond, on peut se demander: Mario Dumont prônera-t-il l’élimination de la démocratie si le taux de participation aux élections législatives chute? La mission du chef de l’ADQ est-elle d’achever le patient malade au lieu de le soigner? Excusez-moi M. le « cheuf », mais avec des médecins comme ça on n’a plus besoin de bouchers. Ce n’est pas en agissant en boy-scout qu’on participe constructivement à la politique québécoise.

Et le pire, dans toute cette histoire, c’est qu’après avoir crié sur tous les toits que l’Assemblée nationale n’est pas un lieu approprié pour débattre du projet péquiste sur la citoyenneté québécoise, il utilise maintenant notre parlement pour émettre un blâme… parce qu’il « trouve trop évasives les réponses du gouvernement sur les élections scolaires ». Wow, la belle leçon de démocratie. « Tu ne t’intéresses pas à ce que je propose, alors je t’envois une motion de blâme ». Les mains en l’air, fais ce que je dis sinon bang bang t’es mort. À ce compte, chaque parti dont les propositions ne sont pas acceptées blâmerait un autre parti et le parlement deviendrait rapidement une foire. Une chance que l’incohérence ne tue pas, car Dumont serait bien mort huit ou neuf fois!

Pendant que M. Dumont joue sa petite joute de l’égo en mal de publicité, le Québec est en train de définir son futur et d’imaginer comment intégrer les immigrants sans y perdre son identité. Pendant que M. Dumont gesticule devant les médias et fait un fou de lui-même, le PQ et le PLQ assument la gouvernance de cette nation et agissent comme seuls des partis politiques sérieux doivent agir.

Si j’étais Pauline Marois ou Jean Charest, je crois que je me contenterais d’un petit sourire en coin, ou d’un soupir rempli de sous-entendus, du genre « vous connaissez Dumont, n’importe quoi pour attirer l’attention ». Ça vaudra mieux que n’importe quel blâme du petit boy-scout blessé dans son égo de voir « son » parti chuter dans les sondages et être relégué à sa juste place dans la politique québécoise: celle d’un tiers-parti structuré entièrement autour de la personnalité de son chef, et n’ayant aucune existence positive en-dehors de lui.

Dumont a raison… puis a tort!
3 octobre 2007

C’était la suite aujourd’hui de la joute orale entre Jean Charest et Mario Dumont, un véritable débat sur l’environnement et l’économie qui laisse le PQ complètement absent du paysage politique.

Quand Dumont affirme qu’il faudrait développer davantage notre hydro-électricité et favoriser les exportations, il a tout à fait raison. Dans un contexte de crise énergétique majeure qui risque de se produire d’ici quelques années, toute forme d’énergie propre et renouvelable jouit d’un immense avantage sur le pétrole.

J’écrivais dans L’indépendance face au pic pétrolier que l’Alberta aura un important avantage sur le Québec grâce à ses larges réserves de pétrole. Dans les conditions actuelles, c’est un fait qui ne peut être démenti. Mais si le Québec se dotait de nouveaux grands projets hydro-électriques lui permettant d’assurer sa sécurité énergétique tout en profitant de la hausse du coût de l’énergie pour pouvoir offrir une électricité à bas prix à ses citoyens tout en se servant des profits pour payer de meilleurs programmes sociaux, on serait évidemment gagnant.

Là où Dumont se trompe, cependant, c’est quand il ne s’oppose pas clairement à la hausse des coûts de l’électricité. Car ce n’est pas à l’ensemble des citoyens, dont les plus pauvres, qui sont les plus touchés, d’avoir à payer pour une électricité plus chère. Le coût de la vie est déjà assez élevé ainsi et il faudrait que le monopole d’État d’Hydro-Québec rapporte aux plus démunis et à la classe moyenne, grâce à une électricité à bas prix pour les Québécois et au prix du marché lors de l’exportation.

Ainsi, et seulement de cette façon, le Québec peut-il tirer son épingle du jeu dans un contexte de raréfication des ressources pétrolières et de hausse dramatique des coûts énergétiques.

Construire de nouveaux barrages, d’accord, mais il faut que ça profite au citoyen lambda, et pas juste à ceux qui ont les moyens de supporter les hausses de frais imposées par Hydro-Québec.

Profiter à tous, pas juste aux argentiers de l’ADQ à la haute finance qui salivent déjà sur les contrats à venir.

Division péquiste
1 octobre 2007

Le 2 mai dernier, j’écrivais un texte intitulé La fin du PQ? où j’exposais mon idée selon laquelle la seule chose qui unisse ce parti est la quête vers l’indépendance. D’un côté on a une aile-gauche, échaudée par vingt-cinq années de néolibéralisme et qui ne demeure au PQ que dans l’espoir de voir le vieux rêve d’une indépendance au service d’un projet de société réalisé; de l’autre on a une aile-droite, pour qui l’indépendance est surtout un trademark, une affirmation nationale, « un pays sur la carte », et donc un simple but.

L’aile gauche a toujours vu l’indépendance comme un moyen de réduire les inégalités sociales et d’améliorer les conditions de vie des Québécois. L’aile droite considérait davantage l’accession du Québec à la souveraineté comme une fin, c’est-à-dire la reconnaissance de la spécificité québécoise à l’échelle internationale. Et les purs et durs, ils désiraient surtout en finir avec les Anglais et voir leur pays enfin « sur la map ». Un tel mélange de visions complètement différentes de ce que devait être l’indépendance ne pouvait qu’exploser une fois le rendez-vous manqué.

Ce problème des contradictions entre la fin et les moyens vient hanter jusqu’aux blogueurs souverainistes, qui se divisent en deux camps quant à savoir ce qu’il convient de faire du cas Pierre Morin.

D’un côté il y a ceux, dont je fais partie, qui désirent voir Pierre Morin congédié pour ses agissements et qui considèrent qu’on ne peut pas accepter qu’un employé au service d’un parti politique travaillant dans le sanctuaire de l’Assemblée nationale puisse faire des campagnes de salissage aux frais des contribuables et sous un faux pseudonyme. Notre désir en est purement un d’idéal: nous refusons que des gens puissent se foutre à ce point de notre démocratie et puissent continuer à exercer leur fonction dans NOTRE parlement après avoir ainsi souillé l’institution.

Bref, nous ne voulons pas savoir qui profitera ou ne profitera pas de son départ ou non et ce qu’il arrivera par la suite. Pour nous, il s’agit d’une question de principe, et celui-ci n’obéit à aucun compromis.

De l’autre côté, une certaine droite péquiste aimerait jouer le jeu de la real politik en affirmant que Pierre Morin serait moins dangereux au parlement les mains liées qu’au chômage en train de bloguer toute la journée. Même si ce raisonnement se tient, il est profondément partisan et démontre que pour une partie des blogueurs souverainistes la lutte ne se faisait pas contre quelqu’un qui usurpait la confiance des citoyens quant au parlement et aux institutions politiques, mais se faisait contre un adversaire du Parti Québécois.

Concrètement, si Pierre Morin avait été péquiste, à leurs yeux ça aurait été acceptable. Mais puisqu’il était adéquiste, ça ne l’était plus et il faudrait désormais le ménager pour éviter d’en faire un martyr.

Un tel raisonnement me donne la nausée.

Cette façon de pensée conduit à de nombreux excès. Car à partir du moment où on reconnaît que la fin justifie les moyens et qu’on peut accepter à peu près n’importe quoi sous prétexte que ça va aider notre cause, on donne le même droit à ses adversaires.

On donne le droit aux services secrets de conclure des ententes avec des dealers de drogue pour assurer le financement occulte de campagnes militaires secrètes.

On donne le droit aux fanatiques de commettre des actes violents puisque leurs actes visent une fin qui est noble.

On permet tous les excès. Et c’est inacceptable.

Car au fond, ce n’est pas qu’une histoire de division entre blogueurs souverainistes et blogueurs partisans péquistes, c’est une démonstration de la paralysie qui atteint le Parti Québécois depuis des années, pris dans un discours axé sur la fin mais oubliant les moyens, omettant d’expliquer concrètement en quoi l’indépendance du Québec serait un moyen d’améliorer la redistribution de la richesse et les conditions de vie des plus défavorisés, par exemple.

Qu’on le veuille ou non, le Parti Québécois est devenu un parti comme tous les autres. Il est prêt à tout pour se faire réélire, même à renier son article un. Ça ne vous fait pas penser à un autre parti, ça? Un parti qui se renie au gré des sondages pour gagner des votes?

Au fond, je suis peut-être un romantique idéaliste: j’aimerais que la bataille se fasse honnêtement, à visage découvert, et en misant sur les idées et les programmes politiques votés par les membres. Malheureusement, que ce soit à l’ADQ, au PQ de Pauline Marois ou chez certains blogueurs souverainistes péquistes, on ne vise que la victoire et on se fout des principes ou des raisons derrières celle-ci. On veut vaincre, et tant pis pour les idéaux qu’on fait semblant de défendre!

La seule façon de se sortir de ce merdier, au niveau politique comme au niveau de la blogosphère, c’est un virage à 180 degrés de Pauline Marois vers une indépendance rapide ou l’appui à un autre parti. Un parti qui saura vraiment rallier tout le monde vers ce but tout en étant au-dessus des tactiques déloyales de ses adversaires.

Signer la pétition demandant le renvoi de Pierre Morin

La méthode brutale
12 juin 2007

Mario Dumont n’est pas reconnu pour sa subtilité. Dernière démonstration en liste: son désir de passer une loi pour assurer un service à 80% dans le transport en commun en cas de grève. Évidemment, personne n’est dupe: Dumont cherche encore une fois à surfer sur une vague de mécontentement alimentée par des médias corporatistes (dont certains appartiennent à des compagnies qui sont en conflit de travail avec leurs employés) pour espérer gruger quelques voix. Sauf que cette fois-ci il y a péril dans la demeure.

En effet, de quelle genre de grève parle-t-on quand elle n’est appliquée qu’à 20%? Ce n’est pas une grève; on empêche donc les travailleurs d’exprimer leur refus des propositions patronales et on les accule au pied du mur en les forçant à se rendre au travail. Bref, on donne le gros bout du bâton aux patrons. Mais c’est extrêmement dangereux socialement, puisque ultimement le seul recours des employés contre l’intransigeance d’un employeur est justement de refuser de travailler et de forcer le retour à la table de négociations. Si on passe une loi limitant le droit de grève, on donne de facto carte blanche aux patrons pour bloquer les négociations, puisque de toute façon les conséquences ne seraient pas trop difficiles à endurer.

Par ailleurs, quel est l’intérêt d’une telle loi? Un sondage pendant la grève des employés d’entretien de la STM a démontré que près de 70% des usagés étaient satisfaits du service. Et puis, est-ce que ces grèves sont si fréquentes? Les chauffeurs d’autobus et les opérateurs de métro n’ont pas fait la grève depuis 20 ans à Montréal! Mais à droite on préfère évidemment mettre l’emphase sur une plus longue période, faisant fi des améliorations du climat de travail depuis.

Ce qui risque de se produire avec une telle loi, c’est une détérioration notable de ce climat de travail. Puisqu’on enlève aux travailleurs le droit de se faire respecter et de négocier une convention collective d’égal à égal avec la partie patronale, ceux-ci devraient trouver d’autres moyens pour se faire entendre, ce qui risque d’être bien pire pour la population.

Au Japon, on dit « If it ain’t broken, don’t fix it ». Si ça fonctionne bien, pourquoi tout changer? Pourquoi risquer de faire reculer la classe moyenne avec ces mesures anti-syndicales?

Encore une fois, on constate l’amateurisme de Mario Dumont et son incapacité d’établir des stratégies cohérentes à long terme. Il surfe sur n’importe quel thème d’actualité et son seul but est d’atteindre le pouvoir. Et que fera-t-il ensuite, suite à son élection?

Il travaillera à se faire réélire.

Le pouvoir pour le pouvoir, c’est ça son leitmotiv. Et tant pis si la classe moyenne écope au passage.

Budget: que fera Dumont du sondage?
4 juin 2007

Le tout dernier sondage CROP l’affirme sans détour: la position de l’ADQ lors des tribulations sur l’adoption du budget a été la moins appréciée des Québécois. Mais que fera Mario Dumont de ces résultats?

En effet, le chef adéquiste a toujours été très près des résultats de sondage, changeant souvent ses politiques à la petite semaine, navigant tantôt sur l’insatisfaction vis à vis du système judiciaire, ou sur le débat des accomodements raisonnables ou concernant le Mont-Orford. L’ADQ donne souvent l’impression d’un parti à la dérive, sans direction, à la remorque de la pensée magique du jour, du consensus du soi-disant « gros bon sens ». Le parti n’a que très rarement pris une position qu’il a respecté dans le temps. Et quand il l’a fait, ça lui a pété à la figure, comme cette fois-ci.

Les Québécois ne sont pas des idiots. On élit des gens pour gouverner, pas pour se cacher. Oui, le PQ a eu tort de ne présenter que trois députés lors du vote du budget, mais la position de l’ADQ était-elle plus congruente? Le parti n’a jamais attendu de voir le budget et a décidé de voter contre « par principe » alors qu’une négociation permettant entre autres des modifications et l’élimination des baisses d’impôts consenties aux plus nantis aurait été beaucoup plus constructive.

On dit que dans la vie il faut savoir choisir ses batailles. Pour une fois – peut-être une première fois – l’ADQ a décidé de tenir son bout et de ne pas changer sa position ou revenir sur ses politiques. Et c’est une bataille qu’elle a perdu et qui discrédite durablement le parti et sa capacité à vouloir coopérer dans un gouvernement minoritaire.

Un jeu dangereux
31 mai 2007

Mario DumontÀ moins de 24 heures d’un vote déterminant sur le budget qui risque de replonger le Québec en élections, il faut commencer à se questionner sur les conséquences électorales de la chute du gouvernement au sein de l’opinion publique. En d’autres mots: qui portera le chapeau, qui sera le grand coupable qui aura forcé les Québécois à retourner aux urnes après seulement quelques mois?

Évidemment, il y a les deux cibles faciles, le PLQ et le PQ. Le premier a complètement fait abstraction de son statut de gouvernement minoritaire en allant contre la volonté de la majorité en se servant de l’argent du déséquilibre fiscal pour baisser les impôts des plus nantis. Et le deuxième a décidé que ça ne se passerait pas comme ça, qu’il refuserait de voter pour un budget ne prenant pas davantage en considération ses doléances.

Mais… On n’oublie pas quelqu’un là? Quelqu’un comme Mario Dumont et son ADQ, qui, avant même le dépôt du budget, avait annoncé qu’il voterait contre? Voici le message lancé par Dumont et son parti: « Nous autres, on ne veut rien savoir de votre budget. On va voter contre et ça finit là ». Cette forme d’intransigeance peut être extrêmement populaire dans certains cas, mais c’est une arme à double tranchant qui peut se retourner contre lui si la population en vient à croire qu’il ne veut surtout pas faire fonctionner le parlement.

Justement, à cet effet, le refus de l’ADQ de participer aux négociations de la dernière heure pour tenter de trouver un compromis pourrait constituer aux yeux des citoyens un exemple d’intransigeance négative et contre-productive. C’est la crise à Québec, chaque armée prépare ses armes et Mario Dumont refuse de parler de trêve, de compromis ou de paix. C’est un comportement extrêmement dangereux qui pourrait lui enlever beaucoup de crédibilité.

En effet, si jamais le gouvernement tombe, et que le Québec retourne en élections, les adversaires de l’ADQ auraient désormais une arme facile contre Dumont. On peut déjà imaginer Marois au débat des chefs affirmer: « Nous avons tenté d’éviter les élections, mais vous, M. Dumont, vous préfériez rester hors-jeu et faire fi de la volonté des Québécois de faire fonctionner le parlement. » Mario Dumont risque de se retrouver seul peinturé dans son coin.

Politiquement parlant, ça peut être une grave erreur comme ça peut n’être rien du tout. Si le gouvernement tombe, l’ADQ se retrouvera assez rapidement dans l’eau chaude pour son refus du compromis et de la négociation, mais si le gouvernement ne tombe pas, Dumont pourra présenter tout le verbiage du PQ et du PLQ comme des discussions de « vieux partis » et il pourra ainsi continuer de jouer la carte d’un renouveau s’opposant aux vieilles idées.

Dans tous les cas, ça demeure un jeu dangereux où le gain n’est pas proportionnel au risque. On peut donc parler d’une erreur tactique majeure, justifiée par l’immaturité politique de l’ADQ et par son désir de donner une impression de premier ministre à un chef qui devrait intervenir au lieu de se tenir loin de la mêlée.

Au fond, peut-être a-t-il seulement peur de se salir les mains?

La fin
25 mars 2007

ParlementÊtes-vous comme moi, à avoir hâte que ça se termine? C’est un vrai marathon qui n’en finit plus cette campagne électorale. À tous les jours les mêmes phrases creuses, les mêmes discours, les mêmes stratégies, les mêmes idées, et la même couverture très peu objective des principaux médias.

L’émission Les Coulisses du pouvoir nous apprenait aujourd’hui que la couverture médiatique de la campagne de l’ADQ a été de près du double de celle du PQ, qui elle tirait largement derrière celle du PLQ. Faut-il se surprendre que des médias appartenant à de grosses corporations ou au gouvernement fédéral parlent davantage des partis les plus à droite et qui proposent des politiques économiques plus susceptibles de favoriser les plus riches?

Une chose est claire: il est temps que ça se termine. L’incertitude, ce n’est pas bon pour personne. Il faut que le rideau tombe, que les électeurs se prononcent, et qu’on reparte du bon pied. Le prochain gouvernement sera vraisemblablement minoritaire, et ce sera pour nous une occasion de mieux y voir clair et de répondre à trois questions fondamentales:

1) Jean Charest est-il capable de gouverner le Québec avec stabilité et d’assumer le désir identitaire du Québec?

2) André Boisclair est-il capable d’être rassembleur, de rallier les progressistes et les autres au sein de son parti et de mener à bien à la fois la quête indépendantiste et l’attachement des Québécois à leur social-démocratie?

3) Mario Dumont est-il capable d’être autre chose qu’un beau parleur et peut-il s’entourer d’une équipe? Est-il en mesure d’adoucir ses politiques quasi-extrémistes et de plaire autant aux régions qu’aux gens des grands centres?

Demain soir, nous serons fixés. Je crois que le PQ pourrait gagner ces élections avec près de 50 sièges, profitant de la division du vote fédéraliste et de droite entre l’ADQ et le PLQ. Mais même si c’était le cas, ce serait une victoire extrêmement fragile, qui ne pourrait être célébrée que parce que Boisclair revient de loin et qu’il a su mettre un frein à la montée adéquiste dans les dernières semaines de campagne.

Mes prédictions:

PQ: 50 sièges
PLQ: 49 sièges
ADQ: 26 sièges

Quelles sont les vôtres?

Mise à jour (20h30):

Le site Democraticspace vient de mettre à jour ses dernières prédictions. Le site ne s’est jamais encore trompé sur les résultats, et il prévoit un gouvernement libéral minoritaire, avec une très forte opposition du PQ et quelques sièges de moins que prévu pour l’ADQ.

Mise à jour (lundi, 9h00):

AUX URNES, CITOYENS!

Car comme le disait Vilain Pingouin, le droit de voter, c’est aussi le droit de chiâler! (Ok, ok, ça faisait longtemps que je voulais la ploguer celle-là! )
😉

Mise à jour (lundi, 13h30):

Il y a une rencontre de blogueurs ce soir organisée dans un bar du centre-ville. Les informations sont sur le site de Julie Bélanger. Mettez un petit 2$ que Philippe Schnob va y être. Pour ma part, je vais passer la soirée tranquille avec ma blonde et regarder les résultats à la télévision. N’hésitez pas à laisser vos commentaires tout au long de la soirée! Je vous reviens plus tard ce soir, quand nous aurons un nouveau gouvernement! (Au moins j’aurai quelqu’un pour me consoler si jamais le petit Mario obtenait trop de sièges… ) À bientôt!

Dix raisons pour le PQ
22 mars 2007

Parti QuébécoisJ’ai fait mon choix! Après des semaines d’hésitations, tergiversant entre l’idée de voter Québec Solidaire, Parti Québécois ou un autre parti mineur, j’ai finalement décidé: c’est le Parti Québécois qui aura mon vote. Voici pourquoi:

10) Parce que Stephen Harper veut choisir le prochain premier ministre du Québec à notre place. Il affirme qu’il ne négociera pas avec un chef souverainiste et donc il exhorte les Québécois à voter ADQ ou PLQ. C’est assez insultant comme demande, ne trouvez-vous pas? Je ne sais pas pour vous, mais pour moi ça a été une bonne motivation de faire exactement le contraire!

9) Parce que Québec Solidaire m’a déçu sur la questions des hommes. J’aime beaucoup le parti de Khadir et David, mais je trouve que son discours ultra-féministe est quelque peu déconnecté de ma réalité de tous les jours. Je ne suis pas d’accord avec leur proposition de nommer une femme à la tête de la commission sur les accomodements raisonnables sous principe que c’est une femme. Je crois aussi qu’aujourd’hui, en 2007, ce sont les hommes qui ont besoin d’un coup de pouce et que les femmes, surtout les plus jeunes, ont atteint une égalité de fait.

8 ) Parce que l’ADQ doit être bloquée absolument. Ce parti menace nos valeurs, notre façon de vivre, et on risque de se retrouver avec un gouvernement néolibéral sur le plan économique et néoconservateur sur le plan social. Un mélange de Duplessis et de Séraphin. Une explosion de la pauvreté urbaine, une désintégration du tissu social, le chaos dans les relations de travail. Non, je ne veux pas cela pour le Québec!

7) Parce que André Boisclair m’a agréablement surpris. Je l’ai souvent trouvé trop à droite et je n’aime pas toujours sa manière d’agir. Il m’a déçu lorsqu’il a rejeté la proposition du SPQ-Libre de nationaliser l’énergie éolienne. Cependant, depuis quelques semaines il agit beaucoup plus en chef, il est plus réceptif aux progressistes qui sont l’âme et le coeur du PQ, et il a gagné les deux débats, TLMEP et celui des chefs. Je m’imagine de plus en plus avec Boisclair comme premier ministre, et s’il n’est pas parfait, il me semble le moins pire actuellement.

6) Parce que le système actuel ne permet pas de « gaspiller » son vote. Le système est mal fait; il devrait faire place à la proportionnalité et aux petits partis. Mais ce sont les règles du jeu, et dans mon comté ça se décider avec quelques centaines de votes entre le PQ et le PLQ. Chaque vote d’un souverainiste qui va ailleurs qu’au PQ, c’est la possibilité d’élire le député du PLQ qui risque de faire gagner Charest et de donner la balance du pouvoir à Dumont et ses poteaux. Chaque souverainiste et chaque progressiste devrait y réfléchir à deux fois avant de voter Québec Solidaire. L’enjeu est trop important cette fois-ci. Et c’est un sympathisant de QS qui vous l’écrit…

5) Parce que le Parti Québécois est le parti qui rassemble le plus le Québec. C’est le parti qui a beaucoup fait avancer notre nation depuis 1976 avec ses politiques sociales audacieuses. C’est le parti qui, malgré ses imperfections, nous représente, avec sa vaste coalition allant du centre-gauche au centre-droit.

4) Parce que le PQ assure le gel des frais de scolarité. Augmenter ces frais, c’est augmenter le décrochage scolaire et augmenter la pauvreté. Boisclair a raison de faire de l’éducation sa priorité, et ce message me rejoint.

3) Parce que le PQ va empêcher la privatisation du Mont-Orford. Charest a commis l’inimimaginable: il a jeté aux ordures un bien public qu’on s’était donné depuis plus de 90 ans pour le remettre aux mains d’un promoteur qui l’avait financé lors de la dernière campagne électorale. C’est dégueulasse.

2) Parce que le PQ est le mieux placé pour régler la question des accomodements raisonnables. Dumont et l’ADQ se prétendent les champions des AR, mais il ne fait que surfer sur la vague, comme toujours. Il ne propose rien de concret, rien d’évident. Le PLQ, lui, est coincé par une vaste majorité de son électorat de l’ouest de l’île de Montréal qui ne veulent rien savoir de ce sujet. Seul le Parti Québécois est en mesure de régler cette question, de faire le pont entre des communautés culturelles nous respectant et nous les intégrant.

1) Parce que je suis indépendantiste et que le PQ est le seul parti pouvant nous amener vers la souveraineté du Québec. Lorsque nous serons indépendants, nous referons nos divisions gauche-droite, nous referons nos partis, nous lâcherons le PQ, nous changerons le système. Mais le dernier budget fédéral, où on essayait d’acheter le vote des Québécois, a rallumé mon désir d’indépendance et ma conviction qu’elle était nécessaire le plus vite possible.


    Et vous, avez-vous choisi pour qui vous allez voter le 26 mars prochain? Et quelles sont vos raisons?

Mise à jour: (13h30)

Un excellent texte intitulé « Le faux monde ». Un véritable plaidoyer contre le populisme de l’ADQ et les phrases creuses de son chef à l’égard du soi-disant « vrai monde ». À lire absolument!