Le torchon brûle à Outremont
3 septembre 2008

On a beaucoup parlé des accomodements religieux et de la commission Bouchard-Taylor. Si personne ne semblait s’entendre sur les causes de ce problème – certains y voyaient une exagération des médias alors que d’autres constataient un laisser-aller des autorités – tout le monde paraissait d’accord pour dire que ça prenait davantage que des ouï-dires et donc un travail journalistique plus sérieux pour bien comprendre l’étendue et les causes du problème. Bref, ça prend des journalistes citoyens.

Deux sites internet ont attiré mon attention: Accommodements Outremont et Outremont autrement.

Le premier, dont l’auteur a publié un mémoire à la commision Bouchard-Taylor, dénonce les traitements de faveur et l’apparente corruption des autorités face aux Juifs hassidiques. Il explique notamment que ces derniers reçoivent des billets de courtoisie quand ils commettent une infraction alors que les citoyens ordinaires reçoivent des contraventions, et que cette situation a été corroborée par la juge Sophie Beauchemin. Il dénonce aussi le fait que Céline Forget, ex-conseillère municipale, subit des menaces de mort, du vandalisme, du harcèlement et des poursuites multiples pour avoir fait fermer la synagogue illégale Amour pour Israël . L’auteur, qui fait face à une poursuite pour harcèlement de la part de Michael Rosenberg pour avoir pris en photo et dénoncé l‘état lamentable d’une ruelle derrière la synagogue de celui-ci, subit présentement son procès. Sauf que pendant ce temps, les Juifs d’Outremont continuent de recevoir des billets de courtoisie et de se stationner à quinze ou seize voitures devant la synagogue, sans respecter les interdictions de stationnement, et à ne pas craindre la moindre contravention… Pas même lorsqu’ils effectuent des travaux illégaux!

Le second site s’attaque plus directement à la mairesse d’arrondissement, Marie Cinq-Mars. On lui reproche notamment d’avoir utiliser son poste pour essayer d’empêcher une contravention qu’on lui décernait, de faire fi des règles d’urbanisme les plus élémentaires, d’appliquer une gestion pourrie mettant l’arrondissement dans le rouge (peut-être que si les Juifs hassidiques payaient leurs contraventions…) . L’auteur y dénonce aussi l’intimidation jusque dans la salle de conseil d’arrondissement de la part d’un proche de Jean-Richard Bélander, l’organisateur politique de Mme. Cinq-Mars, qui a traité de raciste un citoyen venu se plaindre des synagogues illégales.

Quand des citoyens doivent organiser des sites web, des manifestations, écrire des mémoires et photographier les traitements de faveur accordés aux Juifs hassidiques, c’est signe qu’il y a un problème majeur au niveau des autorités. Sans aller jusqu’à ouvertement qualifier l’administration de Mme. Cinq-Mars de corrompue, force est d’admettre qu’il y en a une forte apparence.

À Outremont, nous avons dépassé le stade du contact difficile entre une minorité de ghettoïsés refusant de s’intégrer et la majorité des Québécois désirant seulement qu’on applique la loi. Il n’y a plus de contact, purement et simplement. Les autorités se sont mis à genoux devant cette puissante minorité et ont décidé de leur accorder tous les passe-droits au monde.

Est-ce ça Outremont aujourd’hui? Si tu es blanc, francophone, tu paies et tu subis. Si tu es Juif, on t’envoie des billets de courtoisie à répétition sans la moindre conséquence?

Dieu que je suis bien dans mon trou de l’est!

Des Juifs racistes et xénophobes?
9 mai 2008

Avez-vous lu cette nouvelle? Un propriétaire de logement de Boisbriand a fait une demande d’expulsion à la Régie du logement parce que sa cinquantaine de locataires juifs hassidims ne payaient pas le loyer. La Régie donne raison au propriétaire et une huissière se rend pour expulser les voleurs (y a-t-il un meilleur mot pour décrire des gens qui s’approprient le bien d’autrui sans en payer le juste prix?). Mais celle-ci fait face à un barrage de poilus d’un côté et de femmes de l’autre (évidemment l’égalité des sexes n’existe pas chez ces fanatiques) qui exigent que l’ordre d’expulsion vienne d’un grand rabbin et elle fait appel à la police pour pouvoir accomplir son travail.

Jusque là, tout va bien. Procédure normale.

Mais que fait la police, au lieu d’appliquer l’ordre de la cour et de procéder à l’expulsion? Elle nomme un médiateur puis elle quitte les lieux un peu plus tard sans avoir expulsé les délinquants!

Woah les moteurs!

Comme le soulignait Richard Martineau à son émission Franchement Martineau à LCN, qu’arriverait-il si la même situation se produisait avec un Québécois blanc catholique? Face à la huissière, il demanderait que ce soit son évêque qui lui donne l’ordre de quitter. Est-ce qu’on nommerait un médiateur? Est-ce qu’on repartirait quelques heures plus tard en le laissant dans « son » logement? Évidemment non! On le sortirait de là manu militari et on lui collerait probablement une accusation d’entrave à la justice!

Deux poids, deux mesures!

La vérité, c’est que ces gens-là sont des racistes. Ils vivent dans notre pays, dans nos communautés, mais ils nous rejettent. Ils ne nous parlent pas, ils empêchent leurs enfants de jouer avec les nôtres, ils méprisent nos lois et nos valeurs. Ils nous considèrent comme des inférieurs, de pauvres non-juifs, et ils croient que tout leur est dû. Face à des gens comme ça, le devoir de l’État est d’appliquer la même loi pour tous. De leur faire comprendre qu’ils ne sont pas mieux que les autres. De les expulser comme on expulserait n’importe qui d’autre. De les traiter comme les autres.

La justice se doit d’être aveugle. Sauf que dès que ça touche un Juif, on dirait qu’elle regarde du coin de l’oeil et applique les lois différemment. Pour notre grand malheur, nous, ces pauvres idiots qui n’ont pas la chance d’être des Hassidims au-dessus des lois.

Gandhi contre Pétain
3 mars 2008

Dans la foulée du débat que j’ai lancé sur la nécessité de protéger le français face aux projets d’anglicisation comme celui de angryfrenchguy, une citation de Alain B., le copain de Cégep de Renart (ce qui explique son attachement à son égard), m’a fait réfléchir.

Mais je dis que le monde a changé bien davantage grâce à des idées comme celles de Jésus, Ghandi et Martin Luther King qu’avec celles de Napoléon.

Évidemment – vous aurez compris – ces nobles à-plat-ventristes se situent dans la catégorie des Gandhi et cie. Mais moi, je vois les choses différemment.

Car Gandhi, pour ne nommer que lui, a surtout fait de la désobéissance pacifique son action de choix dans sa lutte contre l’impérialisme britannique. Sa puissance n’a jamais été celle de la collaboration avec l’agresseur, mais plutôt celle de la puissance du nombre, d’une masse d’Indiens refusant la collaboration et se respectant assez pour lutter – pacifiquement – contre elle.

Pour ce qui est des Québécois-mous comme Renart et ses suiveux, je les comparerais plutôt au Maréchal Pétain, jusqu’aux-boutistes dans leur désir de collaborer avec l’ennemi. Pour défendre la France, épousons la culture allemande. Pour défendre le français, écrivons en anglais. Même combat! Et quand des gens résistent, on les accusent de chercher à troubler la « pacifique cohabitation » avec les envahisseurs, et on les jette en prison, comme Léon Blum ou Georges Mandel. Bref, tout ce qui pourrait troubler la paix du vaincu est vu comme une menace, comme un radicalisme. Mieux vaut accepter la soumission, voire la disparition de nos valeurs, plutôt que de troubler la paix sociale…

Ce comportement n’est pas élogieux, loin de là. C’est plutôt une forme de lâcheté, de négation de soi-même, de ses valeurs, de sa culture, au nom de l’accomodement de l’autre. Ce sont ces gens qui ont provoqué la crise des accomodements raisonnables de par leur incapacité à imposer nos valeurs. Ce sont aussi ces gens qui sont responsables de l’anglicisation (démontrée statistiquement, contrairement à ce que sous-entend Renart dans une citation sur son blogue) de Montréal.

Ce sont des collaborateurs qui, de par leur refus de protéger notre langue et de par leur désir de supporter des projets d’anglicisation comme le blogue d’angryfrenchguy sont responsables de la régression du français.

Et malheureusement, il y aura toujours des mous encore plus mous pour féliciter les collaborateurs et espérer eux aussi une part du butin.

C’est l’histoire d’un peuple et d’une langue qui sont en train de mourir, non pas sous l’assaut d’une culture étrangère violente, mais devant le manque de désir de ses citoyens de protéger ce qui les définit.

Comme disait l’employé qui travaillait avec moi ce soir: « De toute façon, dans cinquante ans on va tous parler anglais. Les Québécois sont des soumis, ils ont toujours été soumis, et ils seront toujours soumis. » Lui, c’est un gars qui est sage. Un futur policier. Oh, il le serait déjà s’il était une femme et qu’il était noir, mais en tant que Québécois blanc francophone il a été refusé une première fois à l’école de police. Faut dire, nous au Québec on fait passer les autres en premier.

J’imagine que c’est pour ça que les immigrants ne nous respectent pas et choisissent l’anglais. Nous sommes doux, nous sommes fins. Nous sommes la carpette où ils s’essuient les pieds en attendant de rencontrer des gens qui se respectent assez pour leur donner le goût de s’intégrer.

Un engagement… à rien du tout
9 décembre 2007

L’idée du PLQ de faire signer un engagement moral aux nouveaux immigrants, statuant qu’ils ont pris conscience des valeurs des Québécois, ne mène nulle part.

En effet, quelle est la force d’un document qui ne force à aucun engagement? Un document signé, c’est un contrat, une entente que prennent deux parties. Et quand une des deux parties ne respecte pas sa signature, il y a des conséquences. Mais quelles seraient les conséquences pour un immigrant refusant obstinément de s’intégrer? Il n’y en a pas.

Voilà encore une fois pourquoi le projet de citoyenneté québécoise de Pauline Marois est une bien meilleure idée: on propose la carotte d’un côté (cours gratuits, aide aux nouveaux arrivants, etc.) MAIS également le bâton (on enlève certains privilèges à ceux qui ne montrent pas le moindre désir de s’intégrer à leur nouvelle communauté).

Grosso modo, signer une feuille de papier disant qu’on va respecter les valeurs québécoises, c’est à peu près comme signer son permis de conduire et dire qu’on va respecter les règles de la sécurité routière. Mais peu importe notre signature; on roule à 120 sur la 20, on oublie le clignotant, on change de voie là où ce n’est pas permis, on ignore les passages pour piétons. Bref, on suit le courant.

Et si on applique ça aux nouveaux arrivants, ça donne quoi? Ça donne des immigrants qui se foutent bien d’apprendre le français, et qui font comme ceux qui sont déjà ici et qui trouveront toujours de toute façon un pauvre petit Québécois assez à-plat-ventriste pour les servir dans une langue étrangère.

En somme, signer un papier qui dit qu’on va respecter les « valeurs québécoises », c’est ni plus ni moins légitimer le statu quo et encourager l’immobilisme chez les immigrants.

La solution, la seule vraie, c’est celle qui passe par les incitatifs et les conséquences. Incitatif: on t’aide à apprendre le français. Conséquence si tu ne le parles pas: personne ne va te comprendre et tu ne vas pas pouvoir communiquer.

Sauf que pour que cette solution fonctionne, il faudrait que les Québécois arrêtent d’agir en laquais toujours sur leurs gardes, prêts à s’avilir pour servir l’autre dans la langue de Shakespeare. Il faudrait enfin être fiers de ce que nous sommes et refuser de parler anglais sur le territoire de notre nation, de Kuujuaq à Gaspé en passant par Montréal-Ouest et Stanstead.

Être nous-mêmes chez nous. Rien que cela. Et exiger le respect. En français.

Une histoire de clowns (racistes)
28 novembre 2007

Hier soir, au forum sur les accomodements raisonnables de Montréal, une bande de clowns « multiculturaleux » se sont présentés dans la salle attenante aux débats et ont chahuté afin de tenter de déranger les citoyens qui ont eu le courage d’aller participer à cet exercice démocratique. Il y a deux choses qui m’écoeurent dans cette situation.

D’abord, le but même d’une commission publique est d’entendre les gens. C’est à peu près le plus près d’une démocratie participative qu’on peut aller. C’est le moment ultime où tous ceux qui se sentent en mal d’attention ou qui se croient négligés peuvent aller exprimer leurs idées et tenter de se faire entendre.

Alors, pourquoi aller faire du tapage dans une salle à côté pour déranger les honnêtes citoyens qui viennent s’exprimer sur la question? Le tapage qui dérange, on le fait généralement quand on est exclu du débat, quand celui-ci se tient à huis clos loin de notre pouvoir. Comme au sommet des Amériques, en avril 2001, où les citoyens étaient exclus du processus de décision, par exemple. Mais hier, au contraire, on était là pour écouter le citoyen. Pourquoi déranger ainsi ceux qui veulent s’exprimer? Ces clowns n’auraient eu qu’à faire la file et à déclamer leurs idées haut et fort devant tout le monde, comme des êtres matures et cohérents.

Par ailleurs, que dire de leur message? J’ai vu cette affiche: « Racism is not reasonable » (Le racisme n’est pas raisonnable). Peut-être croyaient-ils ce message clair, mais j’adhère moi-aussi à ce message. Sauf que j’aurais envie de leur dire: « VOTRE racisme n’est pas raisonnable ». Car à mes yeux, quelqu’un d’assez idiot pour venir présenter une affiche en anglais à une commission suivie dans la quasi-totalité par des francophones fait preuve d’une sorte de suprématie langagière du genre « je me considère supérieur à vous, « fucking » francophones ». Et c’est quoi le racisme, sinon se considérer supérieur aux autres?

Ce sont eux les racistes, eux qui se pensent les bons protecteurs anglophiles d’un statu quo en pleine décomposition face à l’intransigeance de francophones – la majorité – qui commettent l’odieu crime de vouloir débattre démocratiquement d’un problème collectif.

On dit souvent qu’il y a des coups de pied au cul qui se perdent. Dans le cas de ces clowns racistes, je ne m’y risquerais même pas. J’aurais bien trop peur de salir mes souliers ou de donner un semblant de crédibilité à des imbéciles qui se discréditent eux-mêmes.

Je connais un Afghan
8 novembre 2007

Je connais un Afghan. En fait, j’en connais deux. Ils travaillent à la fruiterie pas loin de chez moi. Deux gras travaillant comme c’est pas possible; levés à 4h30 du matin et au travail jusqu’à la fermeture à dix-huit heures ou à vingt heures. Des cernes sous les yeux, mais des gens heureux de leur travail et fiers de faire ce qu’ils font.

Faut dire, leurs fruits et légumes ne sont pas chers. Une vraie honte d’imaginer ceux qui vont chez IGA un peu plus loin sur la rue pour payer souvent le double du prix. Mais chez mon ami l’Afghan, les avocats sont 2 pour 1,49$, les poivrons rouges sont à 1,99$ la livre, la salade à 79 cennes, les concombres à 2 pour 99 cennes, le tofu à 1,79 pour une livre. Il te crosse pas mon ami; il te fait même un rabais à la caisse quand il se rend compte que ça a été mal étiqueté.

Et comment j’arrive à communiquer avec lui? Oh, c’est pas trop difficile, même si ça a demandé une adaptation. Faut dire, j’habitais dans Ahuntsic avant, un quartier où le monde se parlait pas mal moins. Un quartier un peu plus pogné, de banlieue. Mais ici… on dit icitte, et quand j’entre dans sa fruiterie, l’Afghan me sourit et me dit: « Salut mon chum, comment ça va man? »

Les accomodements raisonnables, lui il s’obstine pas avec ça. Ça fait douze ans qu’il est au Québec; il est arrivé en même temps que Saku Koivu mais lui non seulement il parle le français, mais il parle le Québécois, le vrai Québécois de l’est de la ville. Le Québécois toffe, celui qui t’envoie promener si tu lui parles en anglais. Celui qui se respecte.

Et s’il avait immigré à ville Saint-Laurent, dans le Mile-end, dans Parc Extension, ou même sur le Plateau, est-ce qu’il serait aussi bien intégré? Aurait-il appris à parler comme nous aussi rapidement si à chaque fois qu’il essayait de parler notre langue un Québécois à-plat-ventriste se dépêchait de lui parler en anglais? Se serait-il intégré aussi bien dans un milieu où le Québécois n’a aucun respect pour sa langue et s’oblige à parler dans une langue étrangère dès qu’il entend quelqu’un parler anglais?

Je connais un Afghan, mais ça m’a pris cinq mois pour savoir qu’il était Afghan. Parce que j’ai toujours vu un Québécois quand je lui parlais; un Québécois d’origine étrangère, mais un gars d’ici, d’icitte comme on dit dans mon coin, qui travaille en français, est fier de ce qu’il fait, et est parfaitement intégré à sa communauté.

Les losers
1 novembre 2007

Avez-vous déjà été dans un camp d’immersion en langue étrangère? Moi oui, en fait, pas tout à fait. J’avais 14 ans, et j’allais dans un camp de hockey au Collège Notre-Dame, face à l’Oratoire Saint-Joseph. À l’époque, je ne savais à peu près dire que « yes, no, thank you », mais en une semaine dans un milieu très anglophone j’en ai appris assez pour me débrouiller et comprendre ce dont il était question. Assez, à tout le moins, pour pouvoir tenir une conversation de base, avec des phrases courtes et des mots simples.

Mais cette capacité d’adaptation ne semble pas donnée à tout le monde. À preuve, après plus de douze ans au Québec, le capitaine du Canadien, Saku Koivu, est toujours incapable de parler le français. Quand on le critique sur ce point, il répond « je devrais apprendre le français », mais il ne l’apprend toujours pas. Ça me fait penser au criminel endurci qui se dit « je devrais cesser de violer la loi » et qui recommence encore et toujours les mêmes erreurs. Devant une telle lâcheté, un seul mot me vient à l’esprit: LOSER, un mot que doivent comprendre la plupart des Finlandais.

Le Canadien de Montréal, c’est plus qu’une tradition: c’est l’expression collective du défoulement d’un peuple qui a été infériorisé pendant des siècles et qui peut exprimer sa rage dans le contexte bien défini d’un match de hockey. Si j’étais cynique, je dirais que nous ne devons plus avoir la moindre rage à exprimer quand on regarde le nombre ridiculement bas de joueurs québécois dans cette équipe. Mais je ne suis pas cynique, vous le savez.

Sauf que le capitaine de l’équipe, c’est plus qu’un joueur ordinaire. C’est celui qui doit être le ciment du club, le lien avec les médias, le représentant de la communauté. Celui qui doit aller parler aux jeunes, qui doit pouvoir saluer les partisans. Celui qui doit faire partie de la ville au point où c’est la ville qui vit en lui. Un peu comme Peter Statsny, qui a appris le français à son arrivée à Québec dans les années 1980 et qui l’a même transmi à son fils, lui aussi joueur de hockey.

Mais Koivu, c’est différent. Il est un joueur de hockey très moyen, à peine bon pour un deuxième trio ailleurs dans la LNH. Il est incapable de s’intégrer dans la communauté. Il crache sur nous, les Québécois, en refusant d’apprendre notre langue. La seule raison pour laquelle il est encore ici, c’est que le propriétaire de l’équipe, lui-même un Américain qui ne connaît pas plus le hockey que son importance pour les Québécois, s’est lié d’affection pour lui. Il en a fait son général en territoire occupé, et peu importe si le général en question se fout des gens et ne désire pas réellement faire partie de la ville.

Sauf que nous, à Montréal, on est mou. On endure des joueurs pourris comme Samsonov pendant deux ans, comme Bonk, comme Grabovsky, ou encore Kovalev 4 parties sur 5, mais on va huer un Brisebois ou un Théodore à la moindre erreur. On aime ça s’auto-flageller. On aime ça être dur envers nous-mêmes. Mais huer l’autre, cet étranger qui ne veut rien savoir de nous, qui ne veut même pas se payer un petit cours de français une fois par semaine, alors non ça ne se fait pas…

Il y a donc deux losers dans cette histoire: Saku Koivu, pour son manque de désir de s’intégrer dans la communauté québécoise, et le Québécois qui paye 125$ le billet pour aller se faire manquer de respect par un capitaine exécrable qu’on se fait imposer depuis douze ans.

La majorité a raison (André Pratte n’aime pas la démocratie)
29 octobre 2007

J’aurais voulu en parler plus tôt, mais j’ai beaucoup travaillé en fin de semaine, ayant notamment passé mon samedi soir à servir des immigrants incapables de dire « bonjour », « merci », ou de dire n’importe quel mot de français même après des années ici. Avez-vous lu le dernier torchon de André Pratte? Voici quelques extraits de sa dernière merde, intitulée « La majorité a tort ».

Même si on leur posait des questions plus directes, les Québécois francophones se montreraient peut-être favorables au projet de loi de Mme Marois. Cela ne donnerait pas davantage raison à la leader péquiste. On parle ici des droits des minorités. C’est justement pour protéger les minorités de la «dictature de la majorité» qu’existent les chartes des droits.

On ne prive pas une minorité de ses droits pour satisfaire les fantasmes de militants déçus, ni même pour calmer la paranoïa de la majorité.

Ok, dans le désordre, démêlons cette désinformation.

Premièrement, M. Pratte invalide l’argument selon lequel la majorité aurait bien choisi en laissant sous-entendre que les questions du sondage, démontrant que la majorité des Québécois appuient le projet du PQ, auraient été imprécises, induisant ainsi la population en erreur. Mais c’est ce même André Pratte qui, à d’autres moments, va se servir de sondages pour faire valoir les intérêts du privé, de baisses d’impôts ou autres mesures néolibérales. Comme quoi on dit bien ce qu’on veut dire…

Ensuite, en mettant l’accent sur la « protection des minorités », c’est la démocratique que M. Pratte invalide. Une charte défendant les minorités contre des exagérations de la majorité, personne n’est contre. Mais de faire passer un test de français aux immigrants n’est pas tout à fait de la torture. Bref, sous prétexte de défendre la charte, M. Pratte démontre son peu de respect pour la démocratie qui est, qu’on le veuille ou non, une dictature de la majorité. Ce n’est peut-être pas le meilleur système, mais c’est de loin le moins pire.

Finalement, les immigrants n’ont pas à avoir le « droit » de venir ici, de parasiter notre mode de vie et de lever le nez sur nos valeurs, d’engorger nos tribubaux avec leurs demandes d’accomodements et de cracher sur notre langue. Immigrer au Québec est un privilège, et non un droit. Il n’est pas question de soulager la paranoïa de la majorité, comme l’affirme le bouffon de Gesca inc. (Power Corporation), mais bien d’inciter positivement les immigrants à s’intégrer, en leur imposant d’apprendre le français et de mieux connaître nos valeurs.

Peut-être que si André Pratte sortait de son VUS ou de sa grosse baraque pour venir faire un tour rue Décarie à Ville Saint-Laurent, il aurait une autre vision des choses. Parce que ce que moi j’y vois – et ce n’est pas le seul endroit à Montréal – est une majorité d’immigrants qui ne veulent rien savoir d’apprendre le français, et une majorité de Québécois trop lâches pour leur imposer notre langue et nos valeurs.

Le fait que Gesca et Power Corporation mobilisent ainsi tous leurs laquais pour détruire le projet du Parti Québécois ne fait que démontrer à quel point ce projet est non seulement utile, mais indispensable.

J’ai toujours été très critique du Parti Québécois, mais s’il place ce projet au coeur de son programme électoral lors des prochaines élections, il ne fait plus de doute dans mon esprit qu’il aura mon vote (en autant qu’il n’adopte pas trop de politiques néolibérales en contre-partie).

Parce que la majorité a raison de s’inquiéter pour sa langue et sa culture. Met ça dans ta pipe, André Pratte.

Les raccourcis de Lagacé
24 octobre 2007

Patrick Lagacé remet ça ce matin:

Tiens, tiens, Bernard Landry égratigne le projet de loi de Pauline Marois sur la citoyenneté à deux vitesses.

Alors je me demande, là, comme ça, tout bouleversé, pensif, quelques trucs…

Bernard Landry est-il un colonisé ?

Bernard Landry est-il une marionnette à la solde des intérêts fédéralistes ?

Bernard Landry couche-t-il avec André Pratte ?

Ce que Lagacé ne dit pas, c’est que la principale critique de Landry concerne surtout les Canadiens hors-Québec qui viennent s’établir au Québec. Bref, il veut simplement modifier le projet de loi pour inclure ceux-ci. C’est tout.

On est loin, très loin d’une remise en question totale du projet.

De toute façon, je me demande ce que Lagacé pourrait y trouver de constructif de toute façon. Je lui ai écrit pour lui demander pourquoi il s’acharnait sur un projet aussi important pour l’identité québécoise, peut-être plus important encore que la loi 101, et il m’a répondu que « c’est un projet de merde ».

Et bien, peut-être devrions-nous échanger de travail pour une journée. Moi j’enverrai des tas de billets rapides et faciles toute la journée sur Cyberpresse, et lui ira travailler à Ville Saint-Laurent avec 50% des gens qui ne parlent pas français, même après des années ici. Peut-être que ça lui montrera l’urgence de la situation. Peut-être que d’être une minorité dans son propre pays, comme je le suis, lui ouvrira les yeux sur l’urgence de la situation.

Lagacé m’a répondu que la fin ne justifie pas les moyens. Et je lui ai répondu qu’on ne torturera pas ces gens, on va juste leur faire passer un test pour vérifier leurs connaissances et leur désir d’intégration à la communauté!

Je ne me souviens plus qui a dit qu’on va toujours trop loin pour ceux qui ne font nulle part. Et bien, pendant que Lagacé fait du sur-place et calomnie un projet hyper-motivant et intégrateur pour la culture québécoise, permettant d’espérer une meilleure compréhension de notre culture de la part des immigrants, le reste du Québec continue d’avancer.

Et plus nous distancerons des Lagacé, Pratte, Roy ou Dubuc (ou d’autres chroniqueurs de Gesca inc.), plus ceux-ci tenteront d’utiliser des raccourcis pour nous rejoindre. Mais ça ne marchera pas; ils sont déjà trop loin derrière.

Les incohérences de Dumont face au projet Marois
23 octobre 2007

J’écoutais Mario Dumont ce midi en direct à RDI, lors d’une conférence de presse dénonçant le nouveau projet identitaire du Parti Québécois. En gros, le discours de Dumont se résumait en quelques points.

1) Le projet proposé par Marois est encore une ébauche et l’Assemblée nationale n’est pas un endroit où présenter des projets de lois qui n’ont pas été bien structurés;

2) Le projet est douteux d’un point de vue constitutionnel;

3) Le projet crée un malaise même chez les péquistes.

Tout d’abord, M. Dumont peut-il nous expliquer quel est le meilleur endroit où discuter des politiques d’immigration et d’intégration visant l’ensemble de notre nation, sinon à l’Assemblée nationale? Ce n’est sûrement pas à la taverne Chez Maurice, aux danseuses du Vegas ou dans le sous-sol de l’oncle Robert. C’est à l’Assemblée nationale qu’on doit en discuter. En disant qu’un projet doit être finalisé avant d’être débattu à l’Assemblée, Dumont explique de quelle façon l’ADQ fonctionne: tout est préparé dans le noir, loin des caméras, et les débats de la chambre ne sont qu’un gros show pour les nouvelles de 18 heures. C’est une insulte non seulement pour les citoyens, qui ont élu des représentants devant discuter des sujets les préoccupants, mais également pour l’institution qu’est l’Assemblée nationale.

Ensuite, quelqu’un peut-il demander à Mario Dumont de ne pas parler de constitutionnalité? De quel droit peut-il le faire, lui qui a décrété au milieu des années 90 un moratoire constitutionnel, affirmant que la question était sans importance et qu’il y avait d’autres priorités? Étrange comme les temps changent. Les priorités de Dumont, on les connaît: suivre le courant et surfer sur la vague des sondages. Sauf que quand vient le temps de se mouiller, il a peur le petit! C’est lui qui a le premier repris le débat des accomodements raisonnables, et quand vient le temps d’agir, il s’enfuie comme un lâche! Mais il a raison: si vraiment le projet est inconstitutionnel, alors les Québécois devront rejeter la constitution et voter l’indépendance. Pas facile pour un chef de parti soi-disant autonomiste qui vivote entre deux chaises depuis quinze ans.

Finalement, le malaise, il n’est pas chez les péquistes, mais chez ceux qui ont peur de prendre les moyens pour réaliser leurs objectifs. C’est facile de créer des commissions, d’appeler à l’intégration des immigrants, de se plaindre du recul du français à Montréal. Très facile. Mais beaucoup plus difficile de prendre le taureau par les cornes et de voter les nécessaires lois pour effectuer les changements souhaités. Dumont, comme à son habitude, préfère crier haut et fort et faire de grands gestes devant les caméras, mais quand vient le temps d’agir, c’est le silence radio.

Le projet de test sur les connaissances du français est une excellente idée, déjà en vigueur dans de nombreux pays, tels les États-Unis, la Suisse ou la Finlande. Grâce à un tel test, on permet d’améliorer la cohésion sociale en permettant aux immigrants de mieux comprendre leur société d’accueil et aux natifs de moins se sentir menacés par des gens qui ne s’intègrent pas toujours facilement.

D’un point de vue politique, Marois a véritablement eu un éclair de génie. J’ignore qui sont les politologues dans son équipe, mais je leur lève mon chapeau: en opposant les intérêts identitaires québécois à la constitution canadienne, on peut – enfin! – prouver que le meilleur intérêt des Québécois est l’indépendance, puisque la constitution empêche le Québec de se doter de ses propres politiques d’immigration.

Et on force également Mario Dumont à faire face à ses incohérences et à choisir sa chaise: fédéraliste et respectueux d’une constitution empêchant le Québec de protéger son identité, ou indépendantiste et désireux de sortir du cadre constitutionnel canadien contraignant.

Et puis, si le PQ bat de l’aile depuis qu’il a relégué aux oubliettes le projet indépendantiste, il peut tout de même espérer recoller les morceaux entre ses diverses factions (purs et durs, aile-gauche, aile-droite) car le ciment identitaire est tout aussi solide et important que celui de l’indépendance.

Voilà qui devrait ramener à la raison ceux qui ont entendu les sirènes adéquistes et qui ont voté pour une girouette incapable d’avoir le courage de ses ambitions.