Sur la ligne de feu
2 mars 2010

« Je vais te faire perdre ton emploi ». Un autre contrôle manqué par l’enfant, une autre ronde de menaces téléphoniques de la part de la mère. Tania écope. Encore. Quand on enseigne dans des classes d’intégration pour immigrants, il faut savoir la seule chose véritablement utile: l’autre a toujours raison. Pas toi, pas ton pays, pas tes règles de sécurité, ta laïcité, ton égalité homme-femme. Non. Tout ça prend le bord quand on fait affaire avec une minorité d’intégristes qui, à l’image de cette fanatique refusant les règles de son école, cherchent à miner le fondement de notre État de droit tout en s’affairant à rendre la vie insupportable à ceux et celles qui essaient les aider.

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Tania n’a enseigné qu’une seule année à cette école primaire du nord-est de la ville, spécialisée dans l’intégration des nouveaux arrivants. Elle aurait pu continuer, mais c’était trop difficile émotionnellement. Pire: on lui a fait couler son évaluation, avec une note de zéro sur cinq au niveau de l’éthique et des accusations de racisme de la part du directeur et de son assistante. Son crime? Avoir voulu donner des cours de géographie à une enfant, avoir fait part de ses échecs à ses parents et lui avoir demandé de chausser des espadrilles au cours d’éducation physique.

« Toronto, c’est au Liban, mon papa me l’a dit, non non non tu es une menteuse! » lançait la jeune fille voilée de onze ans à sa professeure, en pleine classe. Tania lui montra la carte mondiale, lui pointa Toronto, puis le Liban. « Non, ce n’est pas au Liban, Toronto. Ton père s’est peut-être trompé ». Non, Tania, son père ne s’est pas trompé. Papa-musulman a toujours raison. Tu devrais le savoir. Et c’est pourquoi, le lendemain, il est débarqué dans ta classe, sur l’heure du midi, en violation des règles les plus élémentaires de l’école, pour t’insulter, te traiter de raciste, t’invectiver et te menacer.

Peu de temps après cela, un voyage au Liban de huit semaines pour la petite fille. Lorsqu’elle est revenue, elle a pris beaucoup de retard, si bien que ses résultats n’étaient pas à la hauteur de ses camarades de classe. Rencontre avec les parents et le directeur. Le diagnostic? Non, la petite n’a pas de retard, non elle n’a rien à apprendre. C’est toi, Tania, la raciste, la méchante féministe qui veut apprendre des idées de libération de la femme à son enfant, dixit une mère hystérique, une Canadienne d’Halifax convertie aux vertus de la soumission au mari et du voile corporel. Le directeur te demande de sortir, et plus rien ne sera jamais pareil entre toi et lui par la suite. Sa confiance, tu l’avais perdue.

Les mois passèrent, accompagnés des insultes bi-hebdomadaires suivant inexorablement chaque test, chaque échec d’une petite fille à qui on a appris que le monde est ce que Papa-musulman dit qu’il est. Un jour, la professeure d’éducation physique appela Tania et lui dit, à propos de l’enfant: « elle ne veut pas enlever ses bottes, car elle dit qu’il est mal qu’on puisse voir ses chevilles ». Tania rassura la petite fille, lui expliqua qu’Allah ne la punirait pas, qu’elle devait simplement mettre ses souliers de course et s’amuser avec ses amis. Elle finit par la convaincre, mais à quel prix? Le lendemain, elle est de nouveau convoquée au bureau du directeur, où elle se fait de nouveau insulter, où son propre supérieur lui dit qu’elle aurait dû accepter que la fille participe aux activités en bas (ce qui est pourtant extrêmement dangereux et contraire au règlement). Textuellement, il lui a dit ceci: « entre les règles de l’école et les règles de la religion de monsieur, ce sont les règles de religion de monsieur qui doivent primer ». Et c’est ce qui se produisit par la suite, merci aux menaces de poursuites répétées de la part du triste individu.

Combien de dictées t’a-t-on renvoyées avec un gros « X », Tania, parce qu’elles faisaient référence à Noël ou à Pâques? Combien de fois as-tu dû t’adapter pour simplement survivre, ici, dans ton propre pays, là où tu devrais précisément servir d’exemple aux nouveaux arrivants?

À la fin de l’année, plutôt que d’avoir pris la défense de sa professeure, le directeur et son assistante, une Libanaise d’origine, ont décidé de se débarrasser d’elle du mieux qu’ils le pouvaient. À l’école des immigrants, Tania, pourtant elle-même fille d’une immigrante italienne, n’avait pas compris la leçon de base: au Québec, ce sont les immigrants qui font la loi, et nos règles ne s’appliquent qu’à ceux qui sont assez malchanceux pour être blancs et francophones. Les autres, ils sortent l’insulte du racisme, ils en appellent aux vertus du multiculturalisme, ils appellent leurs avocats, ils se basent sur la Charte des droits et libertés pour nous imposer LEURS droits et LEURS libertés.

Pourtant, « il y en a, il y en a tellement des gens gentils, explique Tania. Je trouve ça plate, parce qu’à chaque fois où on en parle c’est à propos d’histoires complètement débiles. Des madames gentilles qui t’envoient des baklavas, ça on ne s’en souvient pas ». Le problème, il est précisément là: des gens gentils et des gens méchants, confus, violents, psychotiques, existent dans chaque culture, dans chaque peuple. Au Québec, cependant, il suffit qu’un de ces énergumènes utilise sont statut ethnique pour qu’on lui confère immédiatement un semblant de crédibilité. Si tu es blanc et francophone et que tu agis de la sorte, on va te foutre dehors de l’école, appeler la police, appeler la DPJ, t’emmener au poste et te poursuivre. Si tu viens d’ailleurs, on va te laisse faire au nom du multiculturalisme, au nom de l’accommodement raisonnable, au nom de la bonne entente.

Qu’on le veuille ou non, c’est une guerre. Une lutte entre nos valeurs, nos conceptions de l’espace public et des libertés, et celles d’individus sans scrupules qui croient pouvoir utiliser notre ouverture contre nous-mêmes, qui enfoncent nos portes ouvertes et occupent ensuite nos maisons. Et dans cette guerre, sur ce front, se trouvent des gens comme Tania qui, si elle a laissé tomber l’enseignement aux enfants, continue néanmoins d’apprendre notre langue et notre culture aux immigrants adultes et participe, en se prenant des balles de haine à chaque jour, à améliorer notre société et à favoriser une plus grande cohésion, dans le respect de nos valeurs communes. Tania est une héroïne à sa façon, dans les tranchées du multiculturalisme, l’arme de notre insouciance à la main.

Et si on se décidait enfin à l’appuyer, à respecter ceux et celles qui, comme elle, travaillent à l’intégration des immigrants? Si on affirmait enfin, haut et fort, que nos valeurs et notre culture ne sont pas négociables, que notre loi s’applique à tous et que nous n’avons pas à subir les affronts de ceux qui les refusent? Si on osait exiger des nouveaux arrivants le respect de nos institutions et de ceux et celles qui oeuvrent à les aider à se réaliser dans notre maison à tous les jours?

Car si nous n’agissons pas au niveau de l’intégration en osant imposer nos valeurs, il va falloir agir au niveau du nombre d’immigrants à recevoir. Et ça, c’est un tout autre débat. Nécessaire, mais ô combien plus difficile à assumer pour les apôtres d’un multiculturalisme ayant accumulé les échecs comme les Québécois les médailles aux derniers Jeux Olympiques.

D’ici là, merci Tania, et bon courage.

La barbarie
12 décembre 2007

Comment appeler autrement cet infanticide, commis par un père musulman sur sa fille qui refusait de porter le hidjab? Oui, un meurtre c’est toujours crapuleux, c’est toujours inutile. Mais dans ce cas-ci, c’est bien pire.

En effet, c’est non seulement sa fille que ce père a tué, mais une partie de nous-même. Car sa fille avait le désir de s’intégrer à sa communauté d’accueil, en rejetant ce voile opprimant et dévalorisant pour la femme. Elle faisait déjà partie de nous car elle avait le désir de s’intégrer à nous. Et qu’on le veuille ou non, c’est là une des valeurs canadiennes (et québécoises) les plus importantes: on ne veut pas savoir d’où tu viens, mais on aimerait que tu t’intègres à nous et te sentes concerné(e) par notre présent et notre futur. Comme disait Falardeau: « J’veux pas savoir d’où tu viens; crisse je m’en sacre si t’es jaune, vert, ou bleu, mais je veux savoir où tu vas. »

Certains, comme Vincent Marissal, affirme que le système fonctionne bien parce que le code criminel est en place et qu’on n’aurait donc pas besoin de tout ce débat sur les accomodements raisonnables. Mais Marissal a tort: le code criminel n’a PAS fonctionné, parce qu’il n’a PAS su éviter ce meurtre. Va dire aux amies de la défunte s’ils trouvent que le système fonctionne!

Nous devons regarder la réalité en face: tant que nous lancerons le message que les immigrants peuvent immigrer ici sans adopter au moins minimalement nos valeurs, tant que nous permettrons la ghettoïsation des immigrants sous prétexte de les accomoder, de tels drames se reproduiront.

Ce n’est pas seulement le père qui est coupable de meurtre, mais nous tous, pour avoir refusé d’imposer nos valeurs aux nouveaux arrivants. C’est bien beau être ouvert aux autres, mais il y a un minimum de règles à respecter. Les immigrants qui arrivent ici doivent savoir à quoi s’en tenir et doivent être tenus de savoir que leurs enfants seront des Canadiens (ou des Québécois) et non pas des islamistes radicaux enfermés dans des ghettos en territoire canadien.

Nous devons faire savoir à quiconque entre dans notre pays que l’extrémisme – quel qu’il soit – n’est pas le bienvenue et que les barbares sont tenus de laisser leurs armes – physiques ou idéologiques – à la frontière.

N’importe quoi… sauf Québécois!
12 novembre 2007

Un article de Katia Gagnon dans La Presse résume bien l’incapacité de la société québécoise à intégrer les immigrants. On y visite une école à Ville Saint-Laurent, et pour y travailler je n’ai pas le moindre doute sur ce qu’écrit Mme. Gagnon.

Un seul paragraphe résume bien tout le drame, à mon avis:

«Qui est québécois, ici?» a demandé Mathieu Soucy, professeur d’éthique et culture religieuse, juste avant que la journaliste entre dans sa classe. Aucune main ne s’est levée. Les 28 élèves de la classe vivent au Québec, plusieurs sont nés au Québec, mais aucun d’entre eux ne se perçoit comme québécois.

Hey oui! Des enfants qui sont nés ici, mais qui ne veulent pas être comme nous. Ils ne veulent pas s’intégrer parmi nous. N’allez surtout pas les traiter de Québécois, car vous allez les insulter. Ils sont libanais, hindous, marocains, pakistanais, sri lankais, tamouls, mais surtout pas québécois!

Mais peut-on leur en vouloir de ne pas avoir le désir de s’intégrer? Car c’est quoi, au fait, un Québécois?

Moi j’en vois souvent des Québécois. Des colonisés qui se dépêchent de parler en anglais à quelqu’un dès que celui-ci hésite sur un mot ou a le moindre accent. Cet employé avec qui je travaille, et qui parle en anglais à des clients dont je sais pertinemment bien qu’ils comprennent le français. Dites-moi, c’est ça un Québécois? C’est quelqu’un qui n’a tellement pas de fierté qu’il se prostitue dans une langue étrangère chaque fois qu’il en a l’occasion?

Arrêtons de nous en prendre aux immigrants qui refusent de s’intégrer, et ce même s’ils sont légion (surtout à ville Saint-Laurent, un véritable ghetto). C’est nous qui sommes à blâmer. C’est notre mollesse, notre attitude à-plat-ventriste, notre peur de passer pour des xénophobes (alors que j’observe des comportements xénophobes presque au quotidien chez d’autres ethnies) et notre incapacité d’être fiers de ce que nous sommes qui conduit les immigrants à nous rejeter.

Quand j’en vois un qui me parle en français, je suis heureux et je lui souris. Mais quand je vois un Québécois se prostituer en anglais pour un immigrant qui n’a pas besoin d’apprendre le français parce qu’il y aura toujours un prostitué pour lui parler en anglais, je me dis que le combat ne fait que commencer.

Accomodements déraisonnables à la CSDM
31 janvier 2007

Nouvel épisode dans la saga des accommodements « raisonnables » hier, alors qu’on apprenait que des professionnels de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) de religion juive ou musulmane obtenaient des congés fériés PAYÉS supplémentaires à cause de leur religion.

Alors que Michel Auger écrit qu’il ne faut pas s’en faire puisque ça ne concerne que 0,01% des employés, il me semble plutôt que le débat ne doit pas porter sur le nombre de personnes profitant d’une injustice, mais plutôt sur la nature de l’injustice.

En effet, aurions-nous idée de légaliser le meurtre ou le viol sous prétexte qu’il n’y a que 0,01% de meurtre/viol au prorata de la population? C’est ridicule. De la même façon, ce n’est pas parce que c’est une minorité qui profite de ces congés payés que ces congés sont davantage acceptables.

Nous sommes une société ouverte et tolérante, basée sur l’égalité. Et cette égalité doit être totale: si on accorde un congé religieux à un groupe, on doit offrir le même congé à tous. Il est injuste et inacceptable que les Québécois blancs et dits de souche soient traités comme des citoyens de second ordre.

Les nouveaux arrivants doivent s’adapter à nous, pas le contraire!

Hérouxville et les accomodements raisonnables
30 janvier 2007

Pourquoi cette montée de lait de tous ces éditorialistes et de toute cette élite contre les normes de vie de Hérouxville? Qu’y a-t-il de mal à souligner ce que nous sommes, à affirmer notre identité, à indiquer clairement aux nouveaux arrivants que ce sont eux qui doivent s’adapter et non pas nous nous adapter à eux?

Ces gens viennent ici pour avoir une meilleure vie. Ils apprécient notre liberté, notre mode de vie sans violence où les différends se règlent de manière civilisée. Ils apprécient ce que nous sommes… pour ensuite tenter de reproduire les comportements ayant mené aux problèmes de leurs pays d’origine!

Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas accueillir et accommoder les nouveaux arrivants. Mais l’accommodement ne signifie pas piler sur ce que nous sommes, et il faudrait dépenser davantage d’argent à les éduquer sur ce que nous sommes qu’à tenter de les accommoder à notre détriment.

Et nous, soyons fiers de ce que nous sommes.. Soyons polis, courtois, ouverts et accueuillants, mais respectons-nous, n’ayons pas honte de nous-mêmes et soyons fiers de ce que nous sommes!