Pourquoi Éric Duhaime va gagner

17 février 2014 - Commentaires fermés sur Pourquoi Éric Duhaime va gagner

Christian Dufour a raison de dénoncer la haine de soi et le caractère profondément hostile au Québec dont fait preuve Éric Duhaime dans plusieurs de ses interventions chez nos voisins canadiens. Duhaime défend régulièrement l’indéfendable, fait abstraction des faits les plus élémentaires, refuse de considérer la moindre complexité dans ses « analyses ». Osons dire qu’il est populaire au Canada précisément PARCE QU’IL a honte d’être Québécois et fait tout pour traîner le Québec dans la boue. Malgré tout, il continuera de gagner des appuis.

La raison est une démonstration particulièrement éloquente du sophisme de Weishaupt. Adam Weishaupt était un intellectuel bavarois qui, en 1776, a fondé une société privée, chez lui, dans un environnement ultra-catholique, où il prônait les idées des Lumières, alors particulièrement en vogue dans le milieu parisien. Ce groupe, qui s’est appelé les Illuminati (oui, CES Illuminati), contemplait un renouveau intellectuel devant libérer l’humanité du Moyen-Âge et d’un pouvoir archaïque composé de brutes sans la moindre finesse. Convaincu de la justesse de ses propos et de la supériorité de son point de vue, le groupe n’a jamais vu venir la frappe policière qui a mis fin aux rencontres et détruit les Illuminati.

En clair, les Illuminati savaient qu’ils avaient raison, que leur raisonnement était juste, que leurs idées étaient supérieures, mieux adaptées à l’époque et que la société dans laquelle ils vivaient était dirigée par un pouvoir arriéré. Mais ils ont perdu, non pas parce que leurs idées n’étaient pas les meilleures, mais parce que le pouvoir brut avait le fusil au bout du bras.

De la même manière, quiconque a la moindre éducation supérieure ou le moindre esprit critique sait qu’Éric Duhaime dit n’importe quoi, qu’il s’adresse aux émotions à défaut de pouvoir parler de faits. Il ne fait aucun doute que Duhaime est le porte-parole du milieu des affaires et que sa haine de l’État n’a d’égale que l’enrichissement personnel et le prestige qu’il en tire. Duhaime lui-même doit savoir, d’une certaine manière, que ce qu’il dit est faux, qu’il manipule la réalité et qu’il contribue à raviver de vieux comportements masochistes chez des Québécois ayant, l’espace d’une période qu’on a baptisée « Révolution tranquille », cru qu’on pouvait passer à autre chose.

Malgré cela, Éric Duhaime va gagner.

Ceux qui dénoncent Duhaime – et je ne fais pas exception – l’attaquent sur ce qui leur paraît être le plus pertinent : sa conception élastique de la réalité et des faits. Malheureusement, cela ne fonctionne pas. Duhaime ne s’adresse pas à des universitaires, à des gens ayant des connaissances intellectuelles particulières, mais plutôt au peuple, à une population ayant fréquenté un réseau d’éducation incapable d’apprendre la pensée critique et à des gens débordés par la complexité du monde actuel.

Ces gens, ces lecteurs, ne veulent pas qu’on leur explique des faits complexes, qu’on leur parle de conceptions abstraites du bien commun, qu’on fasse le récit d’études scientifiques, économiques, etc. Ils veulent du simple. Les Lumières sont compliquées ; mieux vaut voir le fusil directement, le pointer sur quelque groupe facile à atteindre et mitrailler quelques phrases pointues. Cette rébellion, c’est celle contre la complexité du monde moderne, contre la diffusion du pouvoir, contre les « pousseux de crayons » qui n’ont pas à se lever à 7h00 pour travailler à l’usine ou dans un bureau anonyme.

Duhaime va gagner précisément parce qu’il ne cherche pas à convaincre ces gens avec des arguments rationnels. À quoi cela servirait-il, d’abord ? On n’est pas dans le rationnel, mais dans l’émotif. C’est la frustration contre le monde moderne qu’il faut exploiter. La colère contre une Révolution tranquille qui a imposé une bureaucratie permettant d’atteindre des objectifs communs. La haine contre ceux qui croient qu’on pourrait encore être fiers d’être quelque chose comme un grand peuple.

Duhaime va gagner parce qu’il parle aux émotions et est donc insensible aux faits, mais il gagnera également parce qu’il connaît son heure de gloire précisément à une époque où la descente vers la partie inquiétante du pic pétrolier favorisera la dissolution des bureaucraties modernes et une simplification sociale. D’ici quelques décennies, nous n’aurons plus les moyens de gérer une grande partie de ce qui est actuellement contrôlé par l’État québécois. Dans le cadre d’un effondrement catabolique (pour reprendre le terme développé par John Michael Greer), et si on en croit les travaux de Tainter sur l’effondrement des sociétés complexes, la fin de l’énergie à bas coût permettant de financer la complexité actuelle mènera à une simplification des lois et de la société en général.

Ainsi, Duhaime gagnera non pas parce que ses idées sont meilleures, mais aussi et surtout parce que l’époque est à une réduction de la complexité, qu’une grande partie de la population est prête pour cette réduction, et que le refus des intellectuels de trouver des alternatives moins barbares aux divagations de Duhaime afin d’offrir une simplification plus humaine permet à ce dernier de briller de tous ses feux.

Au final, la société sera plus simple, il y aura moins d’intellectuels, moins de bureaucrates, moins d’État. À nous de trouver un moyen de parler à ceux qui sentent cela et qui sont prêts à suivre Duhaime non pas parce qu’il dit des choses intelligentes, mais peut-être parce qu’il est un des seuls à oser tenir de tels propos. À nous de proposer une alternative entre le statu quo et l’anarchie libertarienne prônée par un Duhaime à la solde des mieux-nantis.

Le marchandage vert des Cowboys Fringants

11 février 2014 - Commentaires fermés sur Le marchandage vert des Cowboys Fringants

Récemment, le groupe de musique Les Cowboys Fringants annonçait sur sa page Facebook avoir réalisé une tournée « verte » pour son album « Que du vent ». Les 105 683 kilomètres parcourus seront « compensés » par la plantation de 624 arbres, ce qui en ferait, selon les musiciens, une tournée éco-neutre. Ce projet est même en nomination aux Vivats de l’environnement. Les félicitations d’usage des fans n’ont pas manqué, mais une question demeure : les Cowboys sont-ils vraiment verts ou tentent-ils plutôt de marchander ce qui ne pourra jamais l’être ?

Il y a deux raisons pourquoi ce calcul environnemental est malsain. D’abord, et au mieux de mes connaissances, on ne prend pas en compte les impacts indirects de la tournée, dont les coûts environnementaux menant à la construction du ou des véhicules utilisés, l’électricité et le matériel nécessaire pour les spectacles, de même que le déplacement de tous les spectateurs vers les lieux du spectacle. En mettant d’un côté les kilomètres et de l’autre les arbres, on agit comme si les véhicules apparaissaient au début de la tournée et disparaissaient par la suite, sans aucun impact de quelque autre acteur dans le calcul. On ne prend pas en compte, par exemple, le fait que plusieurs automobiles se sont approchées de leur fin de vie avec cette tournée et qu’il y aura des impacts environnementaux pour disposer de la ferraille par la suite.

Par ailleurs, ce calcul contribue à déresponsabiliser la population de ses choix environnementaux. Ainsi, si 105 683 kilomètres sont compensés par 624 arbres, on peut donc déduire qu’un arbre vaut 196 kilomètres. Moi, par exemple, ayant une terre de 10,5 hectares et donc peut-être 50 000 arbres, je pourrais donc conduire en toute impunité sur plus de 10,6 millions de kilomètres, soit près de 14 allers-retours vers la Lune. Y a-t-il une seule personne qui peut sérieusement croire que cela serait responsable et « éco-neutre » pour la planète ? Si on extrapolait, n’importe qui pourrait planter des arbres — et qui parle d’en prendre soin ; c’est facile de planter, mais plus difficile de leur assurer une vie longue à l’abri des tronçonneuses — pour ensuite prendre son VUS préféré et aller manger des kilomètres pour le plaisir. À ce jeu, les plus grands défenseurs de l’environnement sont peut-être les ruraux qui vont assister au Monster Spectacular une fois l’an au Stade olympique de Montréal !

Cette manière de calculer, de tenter de négocier avec la planète, ne peut nous faire oublier les étapes classiques d’un deuil, dans ce cas-ci de celui de la civilisation industrielle : déni, colère, marchandage, dépression et acceptation. Les Cowboys, comme beaucoup d’entre nous, en sont au troisième stade : après avoir beaucoup dénoncé, dans leurs chansons ou ailleurs, les conséquences néfastes de notre mode de vie, ils tentent de marchander : « Peut-être pourrions-nous conserver notre mode de vie si nous faisons [ceci] ou [cela] ». Malheureusement pour eux — et pour nous — on ne marchande pas avec la planète. On ne peut pas davantage maintenir un mode de vie inadéquat en plantant quelques arbres qu’on peut négocier quelques années supplémentaires avec le gars à la faucheuse quand l’heure est venue.

Si on fait remarquer cela aux fans, la réaction est habituelle : « Mais, mais… Au moins ils font quelque chose ! C’est mieux que rien ! ». Vraiment ? Est-ce VRAIMENT mieux que rien ? À mon avis, et avec tout le respect que j’ai pour les Cowboys Fringants et pour leur excellente musique, il aurait été mieux pour l’environnement de ne rien faire, c’est-à-dire ne pas faire de tournée et de ne pas planter d’arbres. Quand on est sur un cours d’eau et qu’on fonce vers la chute, la question n’est pas de ralentir la progression, mais de l’arrêter. En faisant tous ces kilomètres, et malgré les arbres plantés, le groupe a contribué à une pollution et à une déplétion d’énergies fossiles non renouvelables. Il aurait mieux fallu ne rien faire.

Le vrai changement vert ne sera probablement jamais mis en œuvre ni par les Cowboys, ni par nous. Il y a trop à gagner, individuellement, à s’accrocher à la civilisation industrielle telle que nous la connaissons. Si les Cowboys Fringants voulaient changer les choses, ils le pourraient simplement : mettre fin aux tournées en-dehors du sud du Québec, faire des concerts seulement dans des villes où on peut se déplacer en train, faire un concert acoustique sans électricité, le faire le jour pour profiter de la lumière, ne pas accepter de vendre des billets à quiconque habite plus loin que 20 kilomètres du lieu du concert, etc. Je ne retiendrai pas mon souffle : cela n’arrivera pas volontairement. Un jour, la plupart de ces propositions seront appliquées, mais ce sera parce que l’énergie coûtera trop cher pour être gaspillée comme elle l’est actuellement, même en échange de quelques arbres.

On ne marchande pas avec la planète. Les Cowboys Fringants gagneront peut-être un prix, mais nous serions tous perdants si nous devions faire la promotion de l’idée selon laquelle on peut se permettre tous les excès en échange de quelques centaines d’arbres. Le vrai changement commence en chacun de nous par la réduction de notre dépendance au pétrole et par une économie de l’énergie. Toute autre conception, au final, ne sera « Que du vent »…

Fièrement né pour un petit pain

23 octobre 2012 - 9 Réponses

S’il y avait une seule expression qui pouvait résumer l’ampleur de l’anglomanie et du déni de soi qui sévit dans la sphère publique depuis quelques années, ce serait celle-ci. La peur, viscérale, atavique, d’être « né pour un petit pain » teinte le discours de tous ceux qui s’opposent à toute mesure susceptible de mettre un terme au recul de notre langue nationale.

Que ce soit pour s’opposer à la francisation de nos institutions publiques d’éducation supérieure, de nos garderies subventionnées, ou autres, les ennemis du français tiennent toujours sensiblement le même discours : « L’anglais ouvre les portes de l’international et c’est la clef de la réussite. » Invariablement, quand on pousse ces gens dans leurs derniers retranchements en leur rappelant leur responsabilité historique face à leur patrie, ils lèvent les yeux vers le ciel par dépit et rappellent qu’ils ne sont pas « nés pour un petit pain ». Bref, ils veulent faire du cash, du gros cash.

Pourtant, qu’y a-t-il de mal à être « né pour un petit pain » ? Le petit pain, c’est celui du boulanger. C’est celui de l’artisan qui se lève de bonne heure le matin et qui pétrit la pâte de ses mains. C’est celui qui achète son grain chez le fermier voisin. C’est celui qui connaît le nom de ses clients. Celui qui vit une vie honnête, ni riche, ni pauvre, mais pleine. Une vie enracinée.

On dit parfois d’un homme qu’il a besoin à la fois de racines et d’ailes. Depuis des décennies, on s’applique à détruire ces racines. On a d’abord tué Dieu et déserté Ses magnifiques églises, Ses cathédrales qui faisaient notre fierté et qui nous distinguaient sur ce continent. Puis, quand Dieu fut mort et enterré, on a tué notre histoire, nos héros, ces grands découvreurs, ces grands bâtisseurs de notre pays. Enfin, on s’est appliqué à détruire ce qui restait de notre langue. On se suicide d’une manière tellement systématique qu’il est devenu controversé simplement de considérer qu’il y a un « nous » et un « eux ». Ce qui était normal dans l’histoire humaine depuis des millénaires devient aujourd’hui superflu. Nous ne sommes plus que des humains déracinés, cherchant à accumuler des richesses factices en attendant que nos enfants nous placent dans des centres de vieux où nous mourrons dans l’indifférence la plus totale.

Or, nous ne survivrons pas à tout l’argent accumulé du monde. Quand on met la réussite individuelle sur un piédestal, quand on considère comme normal de se faire violence en s’imposant une langue étrangère et de vivre une vie n’ayant comme finalité que d’être en compétition avec un Asiatique de l’autre bout du monde, on vit une vie vide et destinée à l’échec. L’argent, plutôt que de constituer un OUTIL permettant d’acheter des biens permettant de vivre une vie digne, devient l’objectif. Et cet objectif est mortel.

À l’inverse, si on s’enracine, si on vit dans le local, si on refuse cette mondialisation déjà en phase terminale (le pic pétrolier achèvera de la détruire), si on est « né pour un petit pain », on peut atteindre quelque chose que tout l’argent salement gagné du monde ne pourra jamais obtenir : le sens. À défaut d’avoir l’accumulation de capital d’une vie passée à courir et à se lamenter sur le manque de temps, on obtient la seule vraie liberté : celle d’avoir vécu avec honnêteté, mais, surtout, d’avoir vécu en homme libre, un homme auquel on n’a pu rien imposer qu’il n’ait pas lui-même choisi.

Lanza del Vasto, un disciple de Gandhi, disait :

« Pour que le travail même, et non le paiement seul profite à l’homme, il faut que ce soit un travail humain, un travail où l’homme entier soit engagé : son corps, son cœur, son intellect, son goût.

L’artisan qui façonne un objet, le polit, le décore, le vend, l’approprie aux désirs de celui à qui il le destine, accomplit un travail humain. Le paysan, qui donne vie aux champs et fait prospérer le bétail par une œuvre accordée aux saisons, mène à bien une tâche d’homme libre.

Tandis que l’ouvrier enchaîné au travail à la chaîne, qui de seconde en seconde répète le même geste à la vitesse dictée par la machine, s’émiette en un travail sans but pour lui, sans fin, sans goût ni sens. Le temps qu’il y passe est temps perdu, vendu ; il vend non son œuvre, mais le temps de sa vie. Il vend ce qu’un homme libre ne vend pas : sa vie. C’est un esclave. »

L’ouvrier de del Vasto n’est pas seulement enchaîné à une machine physique, mais c’est également le travailleur intellectuel moderne, qui produit des biens en série pour quelqu’un d’autre. Quelle différence, en fin de compte, entre le travailleur plaçant les mêmes pièces de métal sur les mêmes socles pendant huit heures, et celui qui travaille dans une langue étrangère à faire le même travail abrutissant avec sa tête ?

Être « né pour un petit pain », c’est rejeter les mirages de l’enrichissement personnel et de l’abrutissement au service d’autrui comme finalité. C’est faire de sa vie non pas un témoignage de la vacuité de celle-ci, mais plutôt une célébration de son caractère éternel, alors que la vie riche et pleine de sens, enracinée, est féconde de milliers d’autres pendant que celle, mondialisée et anglicisée, ne peut rien produire d’autre qu’un désert où plus rien ne poussera.

Être « né pour un petit pain », c’est affirmer à la face du monde, de ses tyrans et de ceux qui croient que tout s’achète, qu’il y a certaines choses qui ne se vendent pas, qu’ils y a ici des hommes et des femmes qui valent davantage que tout ce qu’ils ont à offrir. C’est planter un drapeau et déclarer à l’humanité qu’ici vit un peuple libre, sur une terre libre, que ce peuple vit dans sa langue, selon ses valeurs, et que ces conditions ne sont pas monnayables ou négociables.

Je suis né pour un petit pain et j’en suis fier.

La vraie résistance

5 octobre 2012 - 2 Réponses

Cet après-midi, je discutais sur Facebook avec un soi-disant résistant. Appelons-le : « Monsieur X ». Je lui demandais quelles étaient ses réalisations permettant qu’on le qualifie de résistant. En clair, il me disait qu’il établissait des liens avec des gens à l’international pour créer un réseau permettant de promouvoir la résistance, notamment par des actions d’éclats. Bref, un faiseux.

Il ne publie pas de textes, ne favorise pas le développement d’un argumentaire, ne tente pas de faire cheminer l’idée nationale et résiliente jusqu’à son terme. Non, non. Ça, c’est un petit combat pour lui. Le vrai combat est « international » (prononcer à l’anglaise). Rien à foutre des batailles contre les anglo-suprématistes de chez nous. Rien à foutre de notre lutte pour en finir avec l’ethnocide contre les francophones en Amérique du Nord. Non, non. Rien à foutre de la défense de notre langue nationale. La résistance doit être « big ». « Oh yeah ! »

Était-ce Einstein qui disait : « La folie consiste à répéter les mêmes choses et à espérer un résultat différent » ? Disons-le franchement : les actions de gens comme ce « Monsieur X » (et ils sont légions) tiennent davantage de la folie que de la résistance. Contre un mondialisme anglicisant, nomade, déracinant, s’appuyant sur l’anonymat d’élites cachées, nous étouffant sous quantité d’informations inutiles et de relations vides, prônant la suprématie du paraître sur l’être, que proposent ces faiseux ? Ils proposent d’utiliser l’anglais, de se délocaliser, de valoriser l’anonymat, de « faire des liens », de faire des coups d’éclat pour les caméras, etc. La maison est en feu et ils veulent qu’on y jette de l’essence.

Ces soi-disant résistants forment la seconde face de la même médaille du mondialisme. Ce sont des résistants autorisés, voire valorisés, car ils ne remettent pas en cause l’ordre réel du monde et ils encouragent, au contraire, une forme de résilience dans le système débile actuel.

Tout comme l’eau éteint le feu, la vraie résistance doit s’opposer aux vices du monde actuel. Contre l’hégémonie de l’anglais, elle doit proposer la valorisation de la langue nationale. Contre le nomadisme, elle doit proposer l’enracinement. Contre l’anonymat, elle doit se présenter à visage découvert. Contre la surdose d’information, elle doit viser la qualité. Contre l’image, elle doit proposer l’être. Contre le multiculturalisme, le cosmopolitisme et le communautarisme, elle doit proposer une plus grande cohérence nationale. Contre le mondial, elle doit proposer le local.

Aussi et surtout : elle doit en finir avec le culte de la transgression. Héritage soixante-huitard malheureux, la fausse-résistance d’aujourd’hui ne peut concevoir son action sans l’action directe de transgression. Elle a l’impression que de violer la loi, de porter des symboles (« Anonymous », « V comme Vendetta », etc.), d’organiser des actions « dans la rue » lui confère une supériorité à la fois sur un système perçu comme statique et sur une masse informe de citoyens abrutis. Elle ne réalise pas qu’elle est elle-même abrutie.

La vraie résistance, aujourd’hui, s’enracine. Ce sont des citoyens qui recommencent à lire leurs classiques québécois. Ce sont des citoyens qui refusent de parler une autre langue que la leur. Ce sont des citoyens qui cultivent un bout de terre, qui nourrissent nos campagnes. Ce sont des citoyens qui redécouvrent notre religion. Ce sont des citoyens qui n’ont pas de coups d’éclats à proposer, pas de liens mondialistes à tisser, mais une véritable résilience, locale, à bâtir.

Nous en avons trop vu de ces parvenus mondialistes, des Céline Dion de la résistance qu’on n’apprécie que parce qu’ils se sont fait voir ailleurs.

Ce dont nous avons besoin, aujourd’hui, ce sont de vrais Québécois refusant de jouer ce jeu. Des Québécois qui choisissent une petite parcelle de notre territoire et qui disent : « Ceci est chez moi. Qui veut ce territoire devra me passer sur le corps ». Nous n’avons pas besoin de héros anonymes tissant d’obscurs liens dans des pays lointains ; nous avons besoin de millions de résistants prêts à refuser tout compromis quant à leurs valeurs.

Le futur appartient au local. Quand bien même les capitalistes mondialistes et les faiseux qui leur sont autant d’idiots utiles tentent de virer le monde à l’envers, l’avenir appartiendra toujours à ceux qui se sont enracinés et qui sont prêts à se battre pour ce petit bout d’univers qu’ils ont appelé « chez moi ».

Le Québec : à genoux devant l’anglais

1 octobre 2012 - Une Réponse

Dans une lettre publiée dans Le Devoir le 21 septembre dernier, Stephen Jarislowsky pourfendait l’aménagement linguistique du Québec en affirmant que nous étions en train de devenir un « État-ermite » n’étant pas en phase avec ce qui se fait ailleurs. Ces propos relèvent davantage de préjugés que de faits.

D’abord, M. Jarislowsky affirme que la Suisse a quatre langues, mais ce qu’il oublie de signaler, c’est que chaque canton a sa propre langue : il y a quatre cantons unilingues français, quatorze cantons unilingues allemands et un canton unilingue italien. Ainsi, et même si la grande majorité des Suisses ont l’allemand comme langue maternelle, il n’y a pour ainsi dire aucun service public en allemand dans le canton de Vaud ou de Neuchâtel, par exemple.

En fait, et contrairement aux propos de M. Jarislowsky, le Québec ne constitue pas une exception à cause de son aménagement linguistique assurant la préséance de sa langue nationale, mais il constitue plutôt une anomalie parce qu’il est une des rares nations, indépendante ou dans un cadre fédératif, à financer davantage les services de sa minorité que ceux dans la langue nationale. Comme je le démontre dans mon livre « Apartheid universitaire » (Louise Courteau éditrice, 2012), les universités de langue anglaise du Québec reçoivent 29% du financement pour une minorité anglophone historique de moins de 6% de la population. Une telle situation est inédite sur la planète ; partout ailleurs on vise l’intégration à la langue majoritaire.

Les propos de M. Jarislowsky relèvent d’une vieille vision anglocentriste du monde selon laquelle il n’y a pas de salut en-dehors de l’apprentissage de la langue anglaise. Ce n’est rien de nouveau ; on tenait le même discours jusqu’aux années 1960. Selon cette vision du monde, l’Angleterre d’abord, puis les États-Unis maintenant, forment le centre du monde, et il convient d’apprendre leur langue pour atteindre une forme de réussite individuelle, peu importe les conséquences pour la communauté.

Dans un premier temps, cette vision fait abstraction de la différence entre l’apprentissage d’une langue nationale (comme le prône le Parti Québécois) et l’apprentissage d’une langue étrangère, qui doit être utilisée en-dehors de nos frontières. Dans un second temps, elle ne reconnaît pas les changements globaux qui sont en train de se produire et qui sont en train de remettre en question l’hégémonie américaine sur le monde, alors même que de nombreux pays asiatiques délaissent le dollar américain au profit de leurs monnaies nationales et font du mandarin la langue principale de leurs échanges. Le Québec, dans cette situation, fait bien de renforcer son aménagement linguistique et de s’éloigner de l’hégémonie de l’anglais.

Quant au recul du français, il ne constitue pas un mythe, contrairement aux propos de M. Jarislowsky, mais une réalité démontrable et quantifiable. La seule chose qui nous sépare de l’assimilation est notre aménagement linguistique. Celui-ci, loin de faire de nous un « État-ermite », est plus faible que celui de la plupart des autres nations. À nous de cesser d’avoir peur et d’avoir le courage de faire face à ceux propagent des préjugés sans fondement.

L’incroyable racisme de la minorité la plus choyée au monde (image)

5 septembre 2012 - 9 Réponses

« Je n’entretiens aucun doute sur le caractère national qui doit être donné au Bas-Canada; ce doit être celui de l’Empire britannique, celui de la majorité de la population de l’Amérique britannique, celui de la race supérieure qui doit à une époque prochaine dominer sur tout le continent de l’Amérique du Nord. Sans opérer le changement ni trop vite ni trop rudement pour ne pas froisser les esprits et ne pas sacrifier le bien-être de la génération actuelle, la fin première et ferme du Gouvernement britannique doit à l’avenir consister à établir dans la province une population de lois et de langue anglaises et de n’en confier le gouvernement à une Assemblée décidément anglaise. »

— Lord Durham

« C’est à notre existence même qu’on en veut et nous serons d’autant plus attaqués que nous serons plus dignes de vivre. »

— Olivar Asselin

« Ici, plutôt que de diminuer en s’élevant dans la hiérarchie – signe d’une intégration vers la langue commune – les services à la minorité s’élargissent et intègrent à eux une partie de la population de la langue majoritaire. Cette situation, selon notre analyse et au mieux de notre connaissance, est quasi-unique au monde. Nulle part ailleurs ne trouve-t-on une juridiction nationale détenant le pouvoir dans le domaine de l’éducation et utilisant ce pouvoir pour favoriser l’intégration dans une langue minoritaire. Le socio-linguiste Jacques Leclerc n’hésite pas à affirmer que d’une manière globale, mais également en relation aux services scolaires qu’ils reçoivent, « cette communauté jouit d’une situation sociale tout à fait exceptionnelle pour une minorité » (Leclerc, 2010). »

Apartheid universitaire, Éditions Louise Courteau, 2012.

Un attentat à la hauteur du racisme canadien-anglais

5 septembre 2012 - 44 Réponses

On n’a pas cessé de parler de la radicalisation des médias anglophones canadiens, qu’ils soient hors-Québec ou à Montréal. On comparait le Parti québécois au Front national français, on le qualifiait de xénophobe, on ouvrait toutes les tribunes aux plus exaltés parmi les exaltés, crachant leur haine d’un Parti québécois associé au Troisième Reich. On pleurait sur le sort des pauvres anglophones opprimés qui — SCANDALE ! — devraient apprendre la langue des Québécois avant d’obtenir la citoyenneté québécoise.

Même un parti comme Québec solidaire a participé à ce festival de la Piñata-PQ en accusant le parti d’être du « nationalisme ethnique ». On a démonisé un parti avec des propositions certes courageuses sur la langue, mais très timides en comparaison de ce qui se fait ailleurs dans le monde.

Et après, on s’étonne qu’un déséquilibré mental prenne une arme et commette un attentat contre Pauline Marois en criant : « Les anglais se réveillent ! » ?

Bien sûr, on dira simplement : « Il était fou ». C’est simple. Ça nous rassure.

« J’espère qu’elle se fera tirer ».

Mais la vraie question est : « Pourquoi ce fou agit-il maintenant, si ce n’est parce qu’on l’a suffisamment excité ? »

« J’espère que quand Pauline se fera tuer, tu la suivras. Stupides Québécois ».

À lire les médias de langue anglaise du Canada, depuis un mois, on en arrivait presque à l’impression que délivrer le Québec du Parti québécois était un impératif moral. On a excité le racisme des anglophones d’ici jusqu’à le rendre acceptable. Et après l’attentat, les messages de nombreux anglos qu’on pouvait lire sur la page Facebook du Parti Québécois, loin d’être de sympathie et de respect, ressemblaient plutôt à des appels à la haine du genre : « J’espère qu’elle se fera tirer ». (Kelsey Kazant)

C’est ce vieux fond de racisme qui est à la base de cet attentat politique. Oui, l’homme était sans doute déséquilibré, mais le résultat est qu’un homme est mort, qu’il est mort pour des raisons politiques, et que les médias de langue anglaise ont contribué à cette mort.

« Pourrions-nous nous débarrasser des francophones ? C’est tout ce que je veux. »

Non, désolé, ce n’est pas aux Québécois à se regarder dans le miroir ce soir.

« Il est possible qu'une quantité injuste de Québec-bashing a pu conduire cet homme à commettre ce geste dégoûtant. »

« Il est possible qu’une quantité injuste de Québec-bashing a pu conduire cet homme à commettre ce geste dégoûtant. »

Ce soir, ce sont les anglophones qui font face à leur propre racisme, à leur ingratitude, à leur incapacité à reconnaître que le Québec est (trop) généreux avec eux, allant jusqu’à tolérer ce qui serait inacceptable partout ailleurs sur cette planète.

« Jour 1. Pas morte. Nous avons encore beaucoup de journées pour la tuer ».

« Jour 1. Pas morte. Nous avons encore beaucoup de journées pour la tuer ».

Nous ne forçons personne à vivre ici. S’ils ne sont pas heureux, ils peuvent aller n’importe où ailleurs sur cette planète.

« Je donne un mois à cette salope avant que quelqu'un qui vise mieux fasse ce qui doit être fait ».

« Je donne un mois à cette salope avant que quelqu’un qui vise mieux fasse ce qui doit être fait ».

Le seul problème : il est peu probable qu’ils trouvent un peuple aussi mou que nous, allant jusqu’à surfinancer leurs institutions et acceptant de se laisser mépriser jour après jour après jour après jour après jour…

« Parle anglais ou meurs. »

« Parle anglais ou meurs. »

Québec solidaire : à genoux !

2 septembre 2012 - 2 Réponses

Le thème de la campagne électorale de Québec solidaire est : « Debout ». Debout face aux entreprises qui ne paient pas leur juste part des impôts, debout pour une plus grande répartition de la richesse, debout pour une plus grande intervention de l’État dans l’économie. Or, comment peut-on affirmer être « debout » quand on fait campagne, dans plusieurs circonscriptions, en anglais ?

Dans St-Henri-Ste-Anne, où moins de 18% de la population a l’anglais comme langue maternelle, on fait la distribution de tracts unilingues anglais. Vous avez bien lu : le parti qui affirme être debout, et qui incite ses militants à mettre une photo d’eux sur les réseaux sociaux avec le mot « debout » en blanc sur orange, tombe dans le clientélisme dès qu’il est question de notre langue nationale. Ce parti soi-disant champion du mieux-vivre et de la cohésion sociale encourage le repli sur soi des anglophones en refusant de s’adresser à eux dans la langue nationale.

Québec solidaire ne pourra jamais aspirer à gouverner le Québec tant que le parti n’aura pas résolu cette contradiction majeure. On ne peut pas à la fois prôner l’intervention de l’État en matière économique et le laisser-aller en matière identitaire et linguistique. On ne peut pas lutter contre les dérives du libre-marché quand il est question de nos ressources naturelles et ne rien faire quand il est question de notre langue. On ne peut pas affirmer à la fois qu’il est légitime de mieux encadrer les mieux-nantis et illégitime de le faire pour ceux qui vivent ici mais qui refusent de s’intégrer à nous. Il y a là une incohérence qui mérite d’être soulignée.

Nous avons de nombreux défis auxquels faire face. Oui, il faut mieux redistribuer la richesse, mieux utiliser l’État pour gérer nos ressources, encourager une plus grande égalité économique entre nos citoyens. Mais nous avons également la responsabilité de poursuivre notre combat séculaire pour la survie du français et la valorisation de notre identité.

Québec solidaire, en refusant le libre-marché économique pour mieux embrasser le libre-marché identitaire, contribue dans les faits à sacraliser le droit de l’individu au détriment de celui de la collectivité et nuit ainsi à ses propres conceptions sociales visant à promouvoir une plus grande cohésion.

Être debout, c’est bien davantage que de se battre pour une économie plus solidaire. Être debout, c’est aussi lutter pour une cohésion sociale, identitaire et linguistique, pour une nation en lutte depuis un quart de millénaire et qui a le désir de continuer à exister, ici, en Amérique du Nord, en français.

Où sont les nationalistes ?

26 août 2012 - 3 Réponses

Où sont les nationalistes ? Qui, parmi les partis politiques en liste aux prochaines élections peut brandir bien haut notre fierté d’être des Québécois ? Qui peut parler en notre nom autrement qu’en baissant la voix et en s’excusant à telle ou telle minorité ?

Le plus grand drame de l’histoire récente du Québec est la confusion entre le nationalisme et l’indépendantisme. Le nationalisme construit la nation et la mène vers une indépendance effective, dépassant largement la simple présence de frontières sur une carte du monde. L’indépendantisme, lui, vise les frontières, veut gérer des impôts, et est prêt à sacrifier sa base nationaliste pour une victoire hypothétique : le Grand Soir. Les indépendantistes seraient satisfaits d’un Québec « indépendant » tout comme la France l’est, dans leur esprit.

Or, les nationalistes, les vrais, comprennent que même la France n’est pas véritablement indépendante. Que veulent dire des frontières sur une carte quand on n’a plus de contrôles douaniers, quand on ne contrôle plus son immigration ou si peu, quand les décisions sont prises au sein de l’oligarchie mondialiste, dans de petits clubs privés où on se substitue à la volonté populaire ?

En ce sens, il ne suffit pas de se déclarer indépendantistes ; il faut avant tout être des nationalistes et comprendre que l’indépendance du genre « un pays sua mappe » ne constitue qu’une ÉTAPE vers l’indépendance réelle. Il faut comprendre que le nationalisme sans indépendance est sain alors que l’indépendantisme sans nationaliste s’auto-détruit.

C’est ainsi que nous avons aujourd’hui des partis qui se proclament indépendantistes mais qui œuvrent à arracher le nationalisme comme s’il était une mauvaise herbe dans leur plate-bande. Je pense ici à Québec solidaire, principalement, mais également à Option nationale, deux partis qui ont adopté l’idéologie multiculturaliste, qui appuient le communautarisme — quoi de plus anti-nationaliste ? — et qui sont d’autant indépendantistes que cette indépendance ne veut rien dire du tout. À les écouter, il faudrait construire un pays sans nation québécoise, découpé en communautés, un saucisson de descendants français enroulé autour du St-Laurent, entre des terres « autochtones » et des territoires immigrants ou anglophones.

Ce dont nous avons le plus besoin, aujourd’hui, c’est d’un parti nationaliste. Pas un parti presque nationaliste, ou à peu près nationaliste, ou nationaliste les fins de semaine et les jours fériés. Un vrai parti réellement nationaliste. Un parti qui construit et affirme notre nation. Un parti qui dit : « Ceci est notre terre, voici nos valeurs et celles-ci ne sont pas négociables ». Un parti qui s’oppose au mondialisme économique, qui envoie paître les accords internationaux nous désavantageant, un parti qui ne fait plus de compromis sur notre langue et qui traite chaque Québécois comme un citoyen ayant l’obligation de respecter nos valeurs fondamentales.

Ce qu’il manque, au Québec, c’est un parti de la gauche du travail, et de la droite des valeurs. L’union sacrée entre les résistants contre le capitalisme et les résistants contre l’empire. L’union sacrée entre ceux qui veulent la liberté pour les travailleurs et ceux qui veulent la liberté pour le peuple et le respect de ses valeurs.

L’empire est transnational, mondialiste.

La résistance doit être locale et nationale.

À quand un parti réellement nationaliste au Québec, et qui présente des candidats d’un bout à l’autre de notre nation ? À quand un Chavez québécois ? Un Poutine québécois ? Un Ahmadinejad, un Kaddafi, un De Gaulle, un Castro, un Lumumba ? À quand un vrai dirigeant québécois nous donnant envie de relever la tête ?

Camille Laurin a présenté sa Loi 101, la plus grande nos lois nationalistes, il y a trente-cinq ans aujourd’hui. Il serait bien déçu de ce que nous sommes devenus.

La religion Option nationale

11 août 2012 - 12 Réponses

S’il y a un seul trait des Québécois qui traverse les âges, c’est celui de notre propension à attendre un sauveur. Peuple abandonné par la France dès la fondation de ses premières villes, puis attaqué par les Anglais, nous guettons l’arrivée du chef. Et quand celui-ci se pointe, on l’idolâtre immédiatement non pas parce que ses idées sont nécessairement bonnes, mais plutôt en sa qualité de réceptacle de notre espoir. Ainsi en est-il de Jean-Martin Aussant et d’Option nationale.

Source de l’image

Il est devenu impossible pour tout nationaliste de critiquer les positions d’Option nationale. Tania Longpré, par exemple, a écrit un texte dénonçant le multiculturalisme du parti. Pendant des jours, elle a été harcelée sur sa page Facebook par des gens lui disant qu’elle n’avait pas compris, qu’Option nationale n’était pas multiculturaliste, que le parti était réellement nationaliste, etc. Bref, un réflexe de défense automatique de la part de croyants alors qu’on attaque leur sauveur.

Pourtant, l’analyse de Tania Longpré est juste. J’en ai moi-même parlé à plusieurs reprises, obtenant le même genre de réaction hostile et disproportionnée. Le message de la part des adeptes d’Option nationale est clair : notre parti est le sauveur et gare à ceux qui osent le critiquer ! Ce qui écope : les faits. Mme. Longpré, moi et d’autres avons simplement souligné des faits : ce parti ne s’engage pas, dans ses actions, à la défense de la langue nationale des Québécois. Il a adopté un multiculturalisme nuisible pour la cohésion sociale et qui encourage le repli sur soi de « communautés » linguistiques ou culturelles.

Ainsi, quand Jean-Martin Aussant fait une vidéo promotionnelle en anglais, quel message lance-t-il aux anglophones vivant ici, sinon qu’ils peuvent continuer à ignorer la langue commune ? Idem quand il fait une vidéo en espagnol. Idem quand il souligne un fête autochtone dans la langue des autochtones. Sur ce point, on peut dire que la position d’Option nationale se rapproche dangereusement de celle du PLQ, qui vient d’établir un gouvernement régional de la Baie James, pavant la voie à une forme de partition du Québec.

La vision des partisans d’Option nationale est viciée dès le départ parce qu’elle est multiculturaliste. Avant d’être des nationalistes, ce sont des partisans de l’idéologie communautariste, où existent des « communautés » devant être défendues et pour lesquelles l’État doit s’adapter. Typique d’une vision anti-nationaliste, ceux-ci conçoivent le Québec non pas comme un tout vivant et inclusif ayant la légitimité d’occuper pleinement son territoire, mais comme un pourvoyeur de services linguistiques ou culturels qu’on adapte pour telle ou telle communauté.

Il serait difficile de faire comprendre aux partisans d’Option nationale que leur parti est encore moins nationaliste que le Parti Québécois (un parti mou s’il en est un). Nous ne sommes plus dans une discussion rationnelle : les partisans ont DÉCIDÉ qu’Option nationale était le sauveur attendu et dans un tel phénomène politico-religieux, les arguments n’ont que peu de poids.

La seule chose que les vrais nationalistes peuvent faire, en attendant, c’est rappeler les faits. Un jour, peut-être, une véritable alternative nationaliste se présentera : un Front national, un mouvement Égalité et Réconciliation, une alternative de lutte contre le capitalisme mondialiste et qui respecte les fondements de la nation québécoise, dont la langue française est un incontournable…