Archive for the ‘Économie’ Category

De la cherté de l’or
28 février 2012

Dernièrement, je discutais avec une personne qui se plaignait de la difficulté croissante à protéger son pouvoir d’achat. Face au coût de la vie qui augmente, et avec une certaine incertitude en ce qui concerne le marché immobilier, elle me demandait ce que je ferais, si j’étais elle. C’est sans la moindre hésitation que je lui ai conseillé d’acheter de l’or. Pas parce que j’en ai moi-même (il est toujours sage de rembourser ses dettes avant de faire quoi que ce soit d’autre), mais parce que je m’intéresse à la dévaluation croissante de notre monnaie et aux conséquences inévitables : le retour de l’or comme étalon de la valeur des autres choses. Elle me regarda, sceptique, et déclara ce que j’ai entendu très souvent depuis une année ou deux : « J’achèterais bien de l’or, mais c’est devenu trop cher ».

Ça m’a semblé symptomatique. Tout coûte infiniment plus cher depuis des décennies, mais ce serait l’or qui serait « trop cher ». Pour le plaisir de la chose, j’ai compilé des statistiques dans le graphique suivant (cliquez sur l’image pour un agrandissement).

La première des courbes est celle de la masse monétaire, du moins celle qui est encore publiée par Statistique Canada (on ne publie plus M3, qui était encore plus complète). Contrairement à ce que croient certains, l’augmentation du coût de la vie n’est pas la cause de l’inflation, mais plutôt son symptôme. C’est l’augmentation de la masse monétaire qui constitue la véritable cause de l’inflation. Il y a d’autres facteurs, notamment la vélocité de la quantité de monnaie en circulation, mais toutes choses finissant par être égales par ailleurs, l’augmentation de la masse monétaire entraîne une augmentation de la valeur des autres biens parce qu’il y a toujours plus de monnaie en circulation pour un nombre limité de biens. Si nous sommes deux personnes dans le désert à avoir chacun un dollar à dépenser pour un verre d’eau, ce verre d’eau vaut un dollar ; si nous avons chacun cent dollars dans les poches, le même verre d’eau vaut cent dollars. Plus la masse monétaire est élevée, plus les prix montent.

Or, entre janvier 1980 (soit l’aboutissement du dernier marché haussier dans l’or) et avril 2011, la masse monétaire canadienne a explosé, augmentant de 984%. Pendant ce temps, le coût des aliments n’augmentait que de 177%, celui de l’habitation de 168%, celui du transport de 250%, celui de l’énergie de 374% et celui de l’or… de 88%. L’ensemble des biens quotidiens coûte moins cher que l’or lorsqu’on compare à 1980. Cher, vous dites ?

La déconnexion croissante entre la masse monétaire et les autres biens s’explique notamment par l’apparition d’une foule de produits financiers dérivés depuis deux décennies, de même que par le fractionnement des réserves bancaires, qui permet de prêter de la monnaie qui n’existe pas. À terme, pourtant, la croissance de la masse monétaire doit finir par rejoindre sensiblement celle des biens tangibles. La seule raison pour laquelle ce ne fut pas le cas jusqu’à maintenant fut parce que personne ne pensait à retirer ses billes, comme je l’expliquais dans Casino. Tout le monde reste assis à la table du casino, se contentant de profits sur papier, et remettant ceux-ci en jeu à chaque fois pour en obtenir davantage. Sauf qu’en bout de piste, ce ne sont que des jetons.

Il y a deux façons de faire correspondre la masse monétaire (jetons) aux biens réels : soit la masse monétaire est réduite, soit la valeur des biens réels est augmentée. En bout de ligne, le résultat est semblable, mais le processus est tout à fait différent : sévère dépression d’un côté, hyperinflation de l’autre. Ou bien on arrête d’imprimer de la monnaie et le système de Ponzi s’effondre, entraînant des pertes d’emplois et un rééquilibrage violent ; ou bien on continue d’imprimer de la monnaie toujours plus rapidement, et de plus en plus vite, au fur et à mesure que les gens quittent le casino pour acheter des biens durables, ce qui mène à la perte de toute valeur pour la monnaie-papier et, ultimement, à une dépression.

À la fin de toute chose, les dettes doivent être purgées. Soit on déclare défaut de paiement, soit on imprime jusqu’à la mort.

Dans ce contexte, le prix de l’or n’est pas « trop élevé ». L’or constitue de la monnaie depuis des millénaires, contrairement à la monnaie fiduciaire actuelle, qui existe depuis environ 1971 (date à laquelle Nixon a coupé le lien avec l’or, ce qui a affecté tous les pays dont la monnaie était liée au dollar U.S., incluant la nôtre). La masse monétaire de ce papier qu’on salit en lui mettant des têtes de personnes décédées dessus a augmenté de près de onze fois depuis 1980 alors que l’or a à peine doublé.

En fait, si on part du principe qu’à terme la valeur imaginée de ces jetons qu’on considère être la masse monétaire finira par rejoindre la valeur réelle des biens réels, il faudrait que l’or ait augmenté dans la même proportion que la dite masse monétaire. On obtient alors un prix équitable de 8391$ par once. L’or se transigeant aujourd’hui à près de 1775$ par once, je crois qu’on peut dire qu’il reste un certain potentiel de mouvement à la hausse.

Encore une fois, cela ne veut pas dire que l’or va se transiger à 8391$. Cela veut simplement dire qu’il s’agit de sa valeur en terme de pouvoir d’achat si on tient compte de la croissance de la masse monétaire depuis 1980. Sa valeur réelle pourrait être inférieure en cas de dépression (une once à 2000$ est très avantageuse si une maison s’achète pour 20 000$) ou supérieure en cas d’hyperinflation (une once à un million de dollars permettant d’acheter une maison à 20 millions de dollars). Ce qui compte est la valeur des choses qui peuvent être achetées.

Ceci dit, le pic de 1980 ne constitue que le sommet d’un cycle beaucoup plus faible que le cycle actuel. En 1980, il y avait encore beaucoup de pétrole à bas prix et on n’avait pas encore entendu parler sérieusement du pic pétrolier. Les baby-boomers étaient dans la fleur de l’âge. L’endettement n’était pas aussi généralisé. La moitié du monde ne pouvait pas posséder d’or. L’économie n’était pas en phase terminale comme c’est le cas aujourd’hui.

Il faudra donc compter sur un prix beaucoup plus élevé que 8391$ en valeur d’aujourd’hui. Beaucoup. Inutile de dire à quel point : il suffit de s’informer, de comprendre que chaque pièce d’un immense casse-tête se met en place. Pièce un : les banques centrales ont cessé de vendre de l’or et elles en achètent désormais. Pièce deux : l’Iran transigera son pétrole en or. Pièce trois : la Chine va ouvrir une bourse de métaux précieux physiques au cours de l’été. Pièce quatre : la Chine et la Russie transforment rapidement leurs réserves de dollars U.S. en or.

Ce qu’il faut réaliser, c’est que tout ce que nous considérions comme étant stable ne l’était pas. Il s’agissait d’une illusion. On a lancé de la monnaie en l’air, on a fait danser le singe sur son unicycle, on a joué nos vies au casino, on a utilisé notre confiance dans le système pour abuser de nous.

L’illusion est terminée. L’économie réelle va sourdre de tous les pores du système actuel et le nouveau système qui se mettra en place sera basé sur des biens réels, et les seuls biens réels qui ont une grande valeur, qui sont morcelables, qui s’entreposent facilement, qui se transportent facilement, qui ne se détériorent pas, ne rouillent pas, ne se décomposent pas, sont les métaux précieux : l’argent, monnaie du peuple pour des millénaires, et l’or, monnaie des rois et objet de toutes les convoitises depuis qu’existe toute forme de civilisation.

En 2012, changer sa monnaie-papier pour de l’or – peu importe son prix – pour quelqu’un ayant des actifs, devrait constituer une priorité. Et pour ceux qui, comme votre humble serviteur, n’ont que des dettes, il faut les rembourser en premier (le contraire serait jouer au casino et c’est précisément le problème fondamental du système actuel). Travailler, rembourser ses dettes. Travailler, stocker le fruit de son labeur dans quelque chose qui ne se dépréciera pas en étant imprimé à souhait.

A-t-on d’autres choix ?

Publicités

Casino
18 février 2012

Quand je dis que le système économique actuel constitue un gigantesque casino, plusieurs font semblant de comprendre, sourient à l’évocation d’une image, mais n’ont pas réellement intégré la signification de cette idée. Ce n’est pas tant par le résultat – le hasard ou la détermination de s’enrichir ou de s’appauvrir – qu’elle s’explique, mais bien par la nature même du fonctionnement de notre monnaie. Nous croyons posséder des dollars, mais nous avons des jetons.

Casino

Source de l’image

Imaginez-vous un casino. Celui-ci, voulant attirer les clients et leur donner envie de dépenser plus qu’ils n’en auraient les moyens, bonifie progressivement chaque somme investie par un jeton d’une valeur supérieure. Vous mettez un dollar, par exemple, et le casino vous donne des jetons d’une valeur de deux dollars. Et plus le temps passe, plus le casino augmente la valeur des jetons que vous pouvez échanger pour votre argent, afin de vous remercier de votre fidélité et de vous inciter à jouer davantage. Plus vous restez dans le casino, plus vous vous « enrichissez ». Et vous regardez autour de vous, et tous les autres clients « s’enrichissent » de la même manière. Même quand vous perdez au jeu, vous gagnez à long terme parce que le casino vous donne l’apparence de piper les dés en votre faveur.

L’illusion fonctionne parfaitement jusqu’au moment où les clients décident de remplacer leurs jetons par de l’argent-papier. Le casino a alors un problème fondamental à résoudre : il a émis plus de jetons qu’il n’a d’argent-papier en réserve. Comment résoudre le problème ? Deux solutions. De un, il rembourse les clients qu’il peut rembourser dans l’ordre qu’ils se présentent et il déclare faillite par la suite. De deux, il rembourse proportionnellement moins d’argent-papier que la valeur réelle des jetons.

Et tous ces braves clients qui avaient l’impression de s’être enrichis sont floués.

L’argent-papier est un jeton de casino

Cette illusion a lieu dans notre système économique depuis une trentaine d’années. On fait la promotion d’une idée stupide selon laquelle tout le monde pourrait s’enrichir dans un système capitaliste. On a incité les gens à spéculer en bourse, à mettre de côté dans des RÉER, dans des fonds de pension, et à vivre au-dessus de leurs moyens parce qu’ils avaient l’impression d’être suffisamment riches pour le faire. Mais l’étaient-ils ? Combien valent des dizaines de milliers de dollars à la bourse ou dans un fond de pension si les autres détenteurs d’une compagnie vendent leurs actions ou si le fond de pension est sous-financé ? Le jour arrive où les jetons sont supérieurs en nombre à leur valeur réelle. L’illusion ne fonctionne que tant que la confiance existe.

Que se passe-t-il quand la confiance disparait ? On se rend compte que l’argent-papier, le billet de 20$ avec la face de la reine dessus, n’a pas la moindre valeur. Il s’agit simplement d’une PROMESSE de paiement, la conviction que quelqu’un d’autre saura y voir la même valeur que soi-même. En clair, quand quelqu’un a un tel billet dans ses poches, il n’a pas encore été payé ; la transaction est encore ouverte, exigeant, pour qu’elle soit conclue, que quelqu’un, quelque part, reconnaisse la valeur de ce billet et lui offre des produits réels, concrets, en échange.

Or, puisque le système actuel est basé sur la dette et que les promesses de remboursement de dettes, aux niveaux individuel et collectif, ont dépassé la capacité de les payer, et puisqu’un billet de banque peut simplement être imprimé, qu’est-ce qui garantit que les produits que je peux acheter avec un billet de vingt dollars aujourd’hui seront les mêmes dans dix ans, un an ou même un mois ?

La seule certitude, en fait, c’est que je pourrai acheter moins de produits réels parce que le système est truqué : le casino imprime toujours plus d’argent-papier (jetons) qu’il n’y a de biens réels.

Vers la sortie

Quand la population prend conscience de la perte de valeur accélérée de l’argent-papier, alors qu’on n’a de choix que d’en imprimer de plus en plus et de plus en plus vite pour rembourser les promesses (réduisant la valeur de chaque billet), que se passe-t-il ? Elle court vers la sortie. Elle sort du casino. Elle cherche à terminer la transaction, à échanger les jetons contre un bien réel, tangible.

Et quels sont les biens tangibles dont la valeur ne peut pas être diminuée par une simple presse d’impression ? Quels sont ces biens qui ne peuvent pas devenir des jetons parce qu’ils sont en nombre limité et dont la valeur leur est intrinsèque ? Quels sont ces biens qui sont assez liquides, qui sont durables, qui sont morcelables, qui peuvent remplacer l’argent-papier ?

Les métaux précieux.

Une once d’or vaudra toujours une once d’or. Une once d’argent vaudra toujours une once d’argent. Ces métaux ne peuvent être imprimés, ne peuvent être contrôlés. Voilà pourquoi ils ont servi de monnaie pendant des millénaires. Voilà pourquoi encore aujourd’hui, dans de nombreuses langues, incluant le français, il n’existe pas de mot permettant de différencier l’argent (métal) de l’argent (monnaie). L’or, l’argent, ce sont de la monnaie. De la monnaie qui ne peut pas être possédée par une quelconque force politique et qu’on ne peut transformer en jetons.

« L’or, c’est de la monnaie et rien d’autre », disait J.P. Morgan. Quand on a été payé en or ou en argent, on a été payé et la transaction est terminée.

Investir hors du système

Le système actuel est basé sur la confiance. Il n’a été possible que parce que deux ou trois générations de citoyens ont appris à faire confiance à l’argent-papier, ont cru que les promesses allaient être respectées, que le travail stocké sous forme de monnaie et investi DANS LE SYSTÈME allait pouvoir être utilisé plus tard.

Aujourd’hui, on comprend que le système ne fonctionne plus. Il croule sous les dettes. Pas à cause des programmes sociaux, pas à cause des groupes d’intérêts ; l’austérité ne réglerait rien du tout. Il croule sous les dettes parce que la monnaie est créée dans la dette et qu’il faudrait une croissance infinie pour assurer sa survie. Or, cette croissance infinie n’existe pas. Le pic pétrolier est là pour nous le rappeler.

À partir du moment où on comprend ce qui se passe, où on prend conscience de l’inéluctabilité du fait que les promesses seront brisées, que les sommes investies ne seront pas retournées ou le seront dans une monnaie tellement dévaluée qu’elle ne signifiera plus rien, à partir de ce moment-clef où on comprend que le système est pourri de l’intérieur, serait-ce sensé d’investir dans le dit-système ?

La réponse est non. Et c’est pourquoi de plus en plus de citoyens – plus fortunés que votre humble serviteur, qui ne possède encore que des dettes – possèdent de l’or et de l’argent dans un coffre-fort d’une solide firme privée, avec des garanties et un audit régulier, et qu’ils ont cessé de croire à la fois au Père Noël et à l’idée loufoque que la crise actuelle va se résoudre d’elle-même.

La crise sera permanente parce que la chute d’un système basé sur la confiance et avalant son propre vomi sera permanente.

Le temps n’est plus à la roulette ou au black-jack. Il est temps de prendre ses jetons et de sortir du casino.

Épargner en-dehors du système
6 février 2012

Je discute parfois avec des gens très intelligents et allumés qui comprennent la détresse absolue du système économique actuel. Ils saisissent le concept du pic pétrolier ; ils sont en mesure d’appréhender les conséquences catastrophiques d’une limitation physique de l’énergie disponible pour un système basé sur une croissance infinie.

Ferme

Pourtant, ils ne font rien. Je leur demande où sont leurs épargnes, et la réponse varie entre soit une absence totale soit des « investissements » dans des REER ou autres outils faisant précisément partie du système actuel.

Le paradoxe devrait sauter aux yeux : comment des individus conscientisés quant à l’inéluctabilité de l’effondrement du système économique actuel peuvent-ils vivre sans épargner ou en épargnant dans des outils susceptibles d’être affectés en cas d’effondrement ?

Le devoir d’épargner

On dit souvent des adultes qu’ils recherchent ce dont ils ont manqué lorsqu’ils étaient enfants. La société en général n’est pas différente : est valorisé ce qui comble un manque. Je dirais même davantage : est NÉCESSAIRE ce qui comble un manque.

La plus profonde de ces déficiences constitue l’absence d’épargne. Il fut une époque où on saisissait qu’il fallait mettre un certain pourcentage de ses revenus de côté pour les jours pluvieux. Dans un système de monnaie stable, basé sur l’étalon-or, par exemple, on retirait simplement une partie de sa richesse dans le présent pour l’utiliser dans le futur. On mettait de l’argent-papier sous un matelas et le tour était joué.

On épargnait EN-DEHORS du système puisqu’un dollar valait toujours un dollar.

Aujourd’hui, les épargnants sont devenus des investisseurs. Cela est logique : depuis la fin du lien entre la monnaie et l’or, au tournant des années soixante-dix, l’inflation ravage le pouvoir d’achat de quiconque met de l’argent de côté. Il faut donc obtenir des intérêts permettant de battre cette inflation. Il faut mettre l’argent à risque.

On a trompé toute une génération d’épargnants en leur faisant croire qu’un RÉER ou une obligation du gouvernement constituaient des investissements sans risque. L’absence de risque n’est pas du domaine de l’investissement. Quand un système économique implose, les promesses sont brisées. Et c’est bien cela, un RÉER : une promesse. Elle sera brisée.

La seule façon d’épargner

Il existe une seule façon, aujourd’hui, de protéger son pouvoir d’achat : il faut épargner dans des matières « dures », des choses qui ne sont pas affectées par l’inflation. L’or et l’argent constituent les principales, mais on pourrait également considérer une terre agricole, de la nourriture non périssable, d’autres métaux, etc.

Il s’agit d’une épargne en-dehors du système car peu importe la situation, une once d’or vaudra toujours une once d’or et un acre de terre arable vaudra toujours un acre de terre arable.

Le système actuel, en forçant l’ensemble des citoyens à participer à un gigantesque casino où l’argent prêté à peu d’intérêts est réinvesti dans des bulles sans fin (bourse, immobilier, obligations, etc.), a systématiquement sous-évalué la valeur réelle des vraies choses.

Tout le monde a mis l’ensemble de ses biens dans un jeu de roulette et tant que la roue tourne, tout va bien, tout va bien, tout va bien.

La personne réellement intelligente sait que la roue ne tournera pas toujours et que lorsqu’elle s’arrêtera, il y n’y aura plus de jetons pour tout le monde.

Épargner, mettre de côté pour plus tard, et le faire en-dehors du système, est un impératif pour quiconque comprend l’ampleur des défis des deux prochaines décennies.

Un marché brisé
30 décembre 2011

Normalement, dans une économie capitaliste, le marché est ce lieu quasi-divin de découverte de la valeur des choses. Vendeurs et acheteurs proposent leurs prix et c’est l’équilibre entre la capacité  à sacrifier des marges de profit pour l’un et à sacrifier son pouvoir d’achat pour l’autre qui détermine le prix. Ce système séculaire est brisé. FUBAR, comme disent les zulus.

La faillite de la maison de courtage MF Global ne constitue pas un événement fortuit. MF Global constitue le pinacle, le parachèvement d’un système complètement malade où les fonds des clients sont hypothéqués, ré-hypothéqués et re-ré-hypothéqués parfois jusqu’à l’infini. Le principe est aussi simple que ridicule: c’est un peu comme si je vivais dans la maison du beau-frère et que je la ré-hypothéquais auprès de plusieurs banques différentes, que j’empocherais tout  cet argent et qu’en cas de défaut de remboursement c’est le beau-frère qui perdrait sa maison. Fou comme ça.

C’est ce qui s’est passé: de nombreux clients ont perdu leur or et leur argent, car celui-ci, nullement en sécurité, avait été ré-hypothéqué à plusieurs reprises. Lorsque le système de Ponzi s’est écroulé, leurs possessions ont été volées légalement lorsqu’elles ont été remises aux banques qui avaient prêtées à MF Global.

La balle d’argent

Cela va encore plus loin quand on apprend que MF Global aurait déposé plusieurs centaines de millions de dollars chez JP Morgan. JP Morgan, comme plusieurs le savent, constitue la main cachée du marché, la maison-mère (avec Goldman Sachs) du cartel bancaire. Morgan est notamment en charge des plus grandes ventes à découvert sur l’argent-métal au COMEX.

Or, voilà qu’il y avait des indication selon lesquelles l’argent-métal n’était plus disponible au COMEX. En clair: des personnes ont acheté de l’argent-métal au COMEX et ont un reçu en papier, mais il n’y a plus de métal derrière pour l’appuyer; JP Morgan le vend à découvert. Il suffirait qu’un nombre suffisant de personnes prennent possession de l’argent-métal physique pour que le système s’effondre.

En poussant MF Global à l’effondrement, JP Morgan peut mettre la main sur les valeurs hypothéquées, dont BEAUCOUP d’argent-métal, permettant de pr0téger ses valeurs à découvert.

La fin de toute confiance

Les implications de tout ceci sont simples: on ne peut plus avoir confiance dans le marché – on ne peut plus croire que des valeurs sur un écran d’ordinateur ou des reçus en papier ont la moindre valeur – et on ne peut plus croire au juste prix dans les métaux précieux, pour ne nommer que ceux-ci.

Si on ajoute à cela le fait qu’il y a près d’une once d’argent ou d’or physique pour chaque centaine d’onces de contats en papier, la seule conclusion est qu’il faudrait être stupide pour même considérer transiger sur ces marchés.

La fin de partie approche. L’expérience moderne de monnaie fiduciaire, initiée à Jekyll Island en 1910 avec l’élaboration de la FED et concrétisée en 1971 avec la fin définitive de l’étalon-or, ont fait long feu. Les banques, principales bénéficiaires de ce système où ils contrôlent la principale valeur d’échange et de calcul de la richesse, font TOUT ce qu’elles peuvent pour empêcher l’inévitable: le retour d’une monnaie honnête en or et en argent, comme cela fut le cas pour des millénaires.

Alors qu’auparavant elles opéraient principalement dans l’ombre, elles n’hésitent plus aujourd’hui à voler jusqu’à l’argent dans le compte des citoyens pour assurer leur objectif de suppression du prix des métaux précieux et la continuation d’un jeu dans lequel elles seules peuvent gagner.

Le même genre de suppression a eu lieu dans les années soixante et il a échoué. Celle-ci échouera encore. Ils peuvent faire s’effondrer le prix PAPIER de l’argent de 50$ à 5$ s’ils le veulent, la déconnexion entre leur ersatz de valeur et la valeur réelle n’en sera que plus grande.

Plus que jamais, le marché est brisé. La seule façon de se protéger: échanger ses jetons et sortir du casino.

Quand tout sera consumé, une seule monnaie n’aura pas brûlé: l’or et l’argent.

Un marché brisé
30 décembre 2011

Normalement, dans une économie capitaliste, le marché est ce lieu quasi-divin de découverte de la valeur des choses. Vendeurs et acheteurs proposent leurs prix et c’est l’équilibre entre la capacité à sacrifier des marges de profit pour l’un et à sacrifier son pouvoir d’achat pour l’autre qui détermine le prix. Ce système séculaire est brisé. FUBAR, comme disent les zulus.

La faillite de la maison de courtage MF Global ne constitue pas un événement fortuit. MF Global constitue le pinacle, le parachèvement d’un système complètement malade où les fonds des clients sont hypothéqués, ré-hypothéqués et re-ré-hypothéqués parfois jusqu’à l’infini. Le principe est aussi simple que ridicule: c’est un peu comme si je vivais dans la maison du beau-frère et que je la ré-hypothéquais auprès de plusieurs banques différentes, que j’empocherais tout cet argent et qu’en cas de défaut de remboursement c’est le beau-frère qui perdrait sa maison. Fou comme ça.

C’est ce qui s’est passé: de nombreux clients ont perdu leur or et leur argent, car celui-ci, nullement en sécurité, avait été ré-hypothéqué à plusieurs reprises. Lorsque le système de Ponzi s’est écroulé, leurs possessions ont été volées légalement lorsqu’elles ont été remises aux banques qui avaient prêtées à MF Global.

La balle d’argent

Cela va encore plus loin quand on apprend que MF Global aurait déposé plusieurs centaines de millions de dollars chez JP Morgan. JP Morgan, comme plusieurs le savent, constitue la main cachée du marché, la maison-mère (avec Goldman Sachs) du cartel bancaire. Morgan est notamment en charge des plus grandes ventes à découvert sur l’argent-métal au COMEX.

Or, voilà qu’il y avait des indication selon lesquelles l’argent-métal n’était plus disponible au COMEX. En clair: des personnes ont acheté de l’argent-métal au COMEX et ont un reçu en papier, mais il n’y a plus de métal derrière pour l’appuyer; JP Morgan le vend à découvert. Il suffirait qu’un nombre suffisant de personnes prennent possession de l’argent-métal physique pour que le système s’effondre.

En poussant MF Global à l’effondrement, JP Morgan peut mettre la main sur les valeurs hypothéquées, dont BEAUCOUP d’argent-métal, permettant de pr0téger ses valeurs à découvert.

La fin de toute confiance

Les implications de tout ceci sont simples: on ne peut plus avoir confiance dans le marché – on ne peut plus croire que des valeurs sur un écran d’ordinateur ou des reçus en papier ont la moindre valeur – et on ne peut plus croire au juste prix dans les métaux précieux, pour ne nommer que ceux-ci.

Si on ajoute à cela le fait qu’il y a près d’une once d’argent ou d’or physique pour chaque centaine d’onces de contats en papier, la seule conclusion est qu’il faudrait être stupide pour même considérer transiger sur ces marchés.

La fin de partie approche. L’expérience moderne de monnaie fiduciaire, initiée à Jekyll Island en 1910 avec l’élaboration de la FED et concrétisée en 1971 avec la fin définitive de l’étalon-or, ont fait long feu. Les banques, principales bénéficiaires de ce système où ils contrôlent la principale valeur d’échange et de calcul de la richesse, font TOUT ce qu’elles peuvent pour empêcher l’inévitable: le retour d’une monnaie honnête en or et en argent, comme cela fut le cas pour des millénaires.

Alors qu’auparavant elles opéraient principalement dans l’ombre, elles n’hésitent plus aujourd’hui à voler jusqu’à l’argent dans le compte des citoyens pour assurer leur objectif de suppression du prix des métaux précieux et la continuation d’un jeu dans lequel elles seules peuvent gagner.

Le même genre de suppression a eu lieu dans les années soixante et il a échoué. Celle-ci échouera encore. Ils peuvent faire s’effondrer le prix PAPIER de l’argent de 50$ à 5$ s’ils le veulent, la déconnexion entre leur ersatz de valeur et la valeur réelle n’en sera que plus grande.

Plus que jamais, le marché est brisé. La seule façon de se protéger: échanger ses jetons et sortir du casino.

Quand tout sera consumé, une seule monnaie n’aura pas brûlé: l’or et l’argent.

L’argent-dette
12 novembre 2011

Une vidéo très intéressante et pertinente pour comprendre l’origine de l’argent et mieux saisir de quelle manière les dettes ne seront jamais remboursées. La droite économique, quand elle prétend qu’il faut s’attaquer à la dette publique, fait montre d’une incompréhension totale de ce que constitue cette dette. Collectivement, s’il n’y avait pas de dettes, il n’y aurait pas d’argent. C’est le système en entier qui ne fonctionne pas…

Vers la fin de la vidéo, on rejette l’idée d’un retour à l’or ou à l’argent (le métal) pour favoriser une création publique de l’argent. Je crois, personnellement, que c’est la seule partie un peu plus faible de la vidéo, notamment quand il est question d’avoir un sac plein de pièces d’argent pour payer l’épicerie. L’argent étant présentement gravement sous-évalué (le ratio historique argent/or est d’environ 15,5/1; ce qui donnerait un prix de l’argent, par once, supérieur à 100$), une seule pièce devrait théoriquement permettre de faire une épicerie. De plus, l’utilisation des métaux précieux protège contre toute inflation.

En théorie on peut croire que l’inflation, si elle est contrôlée et pas créé dans la dette, constitue simplement une taxe, mais en pratique on peut imaginer les dérives possibles d’un tel système. Dans tous les cas, cette vidéo a le mérite d’exposer d’une manière assez facile à comprendre le ridicule du système actuel.

À voir ce qui se passe actuellement en Europe, alors que le cartel bancaire impose ses pions en Grèce et en Italie et que la population se prépare à souffrir largement, on comprend, comme l’explique la vidéo, que la seule finalité du système actuel est l’accaparement total de TOUTES les ressources par les banques.

Ainsi, ce n’est pas en privatisant ou en coupant les services à la population qu’on va régler quelque problème que ce soit. C’est en changeant le système.

Et inévitablement, il va s’effondrer de lui-même puisque les ressources énergétiques ne permettent plus sa croissance exponentielle, condition indispensable de son existence.

Ce n’est même plus une question de décennies…

Dette: l’austérité prônée par la droite ne règle rien
6 novembre 2011

Les mesures d’austérité proposées par la droite économique ne s’attaquent pas réellement au problème de la dette; elles transfèrent simplement la dette publique vers les individus.

Si on veut régler ce problème, il faudrait commencer par adopter une monnaie qui n’est pas créée dans la dette et on devrait faire peser le poids de la décroissance sur l’ensemble de la société, et pas seulement sur la classe moyenne syndiquée et les moins nantis.

Cette décroissance doit être équitable; les mieux nantis doivent également faire leur part.

La gauche doit continuer à prôner une redistribution de la richesse et la nationalisation des secteurs les plus importants de notre économie, mais elle doit au plus vite comprendre que sans s’attaquer au fondement du système actuel – la monnaie-dette – elle ne changera rien à long terme.

Demain, la chute
3 novembre 2011

Nous sommes sur une rivière, autrefois tranquille, paisible, maintenant féroce, et le torrent accélère. La chute est devant nous et il n’y a pas la moindre façon de l’éviter. Aucun plan d’aide économique à la Grèce, aucune mesure d’austérité, pas même l’éclatement de la zone Euro de plus en plus probable (même l’Allemagne recommence à imprimer des marks), pas même une redistribution de la richesse, pas même la mise au pas, hautement improbable, des banquiers. Nous approchons de ce tournant dans l’Histoire, de cette chute qui va, une fois de plus, renverser l’humanité.

On nous dit: « C’est une récession ». Aucune récession ne met en danger l’ensemble du système financier de cette manière. On nous dit: « C’est une crise de liquidités ». Aucune crise de liquidités ne peut exister partout à la fois, dans tous les secteurs, et d’une manière permanente. On nous dit: « Il suffit de baisser les taux d’intérêts ». Les taux d’intérêts sont au plancher. On nous dit: « Il suffit de relancer la demande ». Les gens sont endettés jusqu’au cou. On nous dit: « Il faut renflouer les banques et les États ». Aucune impression d’argent facile ne pourra contribuer à renflouer un trou noir d’argent facile.

Notre monnaie, c’est de la dette. Elle naît dans la dette. Tout dollar en circulation est un reçu émis pour le remboursement d’une dette, avec intérêts. Voilà pourquoi les dettes sont toujours de plus en plus importantes. Il n’y a pas, il n’y aura jamais moyen de les rembourser. Elles nous plombent non pas parce qu’on vit au-dessus de nos moyens, comme aimerait le faire croire une certaine droite, mais parce qu’elles sont à la base de l’ensemble de notre système financier. Pas de dette, pas de monnaie. C’est aussi simple que cela.

Il y a une seule manière de permettre au système actuel de fonctionner: la croissance doit toujours être supérieure à la dette. Et puisque la dette est exponentielle, la croissance doit l’être aussi. Or, non seulement notre planète constitue un univers clos (pour le moment), mais sa principale ressource, la seule ayant été en mesure de produire le système actuel, le pétrole à accès facile, sera bientôt du passé (voir image). Le système actuel est intenable.

Source de l’image

Demain

De quoi aura l’air notre monde, quand nous aurons chuté? À peu près le contraire de celui d’aujourd’hui.

  • Une monnaie stable.Notre monnaie-dette actuelle va mourir. Elle le fera dans la déflation ou l’hyperinflation, ou dans l’une suivie de l’autre, mais elle va mourir. Toutes les monnaies fiat, c’est-à-dire qui ne sont basées sur rien d’autre que la confiance qu’on a en elles, finissent par atteindre leur véritable valeur: zéro. La monnaie du future sera basée sur des valeurs réelles, qui ne peuvent être manipulées, et qui ont fait leur preuve: de l’or, de l’argent.
  • Un monde local. La mondialisation est déjà morte, mais le monde de demain officialisera ce fait. Oubliez vos bibelots fait au Japon ou en Chine. Les pays occidentaux vivront une réindustrialisation à l’échelle locale et on réapprendra à s’auto-suffire d’un point de vue économique. Les coûts élevés de l’énergie, et donc du transport, rendront toute production à l’étranger nettement désavantageuse.
  • Une société simplifiée. Selon l’anthropologue Joseph Tainter, l’effondrement d’une société constitue simplement une simplification massive et rapide. Ce sera notre monde, demain. Terminée l’ère des multi-spécialistes, des pousseurs de crayons, des rapaces de la finance vivant des micro-changements boursiers. Prospéreront ceux qui travailleront et travailleront ceux qui produiront quelque chose d’utile et de concret pour la collectivité immédiate.
  • Le retour du village. Ce monde simplifié sera également plus dangereux, parce que la fin du paradigme actuel impliquera une baisse de la population humaine et un appauvrissement généralisé. Survivront ceux qui vivront dans des petites collectivités près des zones d’agriculture et où chacun pourra prendre soin de son prochain.
  • Le retour des valeurs. L’introduction d’une monnaie stable aura comme conséquence une stabilisation des mœurs et un retour des valeurs. Historiquement, la dévaluation des monnaies s’est toujours accompagnée de périodes de débauches et de pertes des valeurs; Rome en est le meilleur exemple, mais on pourrait également parler de la République de Weimar, ayant mené à la montée de Hitler. Chacun devant se serrer les coudes, et pouvant le faire dans un monde où une pièce de monnaie vaudra toujours une pièce de monnaie dans le temps,  le contrat social reprendra de son importance et les relations entre concitoyens se feront sur des bases plus respectueuses, sans cette complexité consistant à devoir constamment courir après des rendements pour battre l’inflation.
  • La fin des banlieues. Ces banlieues, qui constituent le pinacle du paradigme actuel, vont disparaître. Le coût de l’énergie étant trop élevé, la densité trop faible, elles feront graduellement place à de petites villes, des villages, ou même des champs. Le stationnement du Wal-Mart au-dessus des meilleures terres arables de la région sera démoli et on recommencera à cultiver.

Ces changements ne sont qu’un exemple de ce qui se produira après la chute. Plusieurs, parmi nous, sentent déjà l’inéluctabilité de ceux-ci.

La vraie question, d’ici là, consiste simplement à se préparer. À anticiper la chute, à survivre pendant celle-ci. Trouver un moyen de s’assurer de pouvoir passer du paradigme actuel au paradigme futur sans y laisser sa peau.

Voilà toute la question.

Et ceux qui auront trouvé la meilleure manière de le faire seront ceux qui prospéreront dans le futur.

Et les autres, ceux qui chantent aujourd’hui, qui s’endettent, qui vivent au moment présent, telle les cigales de la fable, seront pris au dépourvu et viendront quémander à ceux qui se sont préparés.

Ce n’est pas la Grèce qui fait défaut, ce n’est pas une crise de liquidités, ce n’est pas une récession. C’est la chute de tout un système.

Préparez-vous.

Nous sommes des esclaves
29 octobre 2011

« Je pense que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés que des armées entières prêtes au combat. Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent leur monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession, d’abord par l’inflation, ensuite par la récession, jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis. »

-Thomas Jefferson

* * *

« L’or est une monnaie. C’est tout. »

-J.P. Morgan

* * *

Une des activités préférées des indépendantistes comme moi est de se demander pourquoi l’indépendance ne s’est pas faite. Pourquoi, en fait, le Québec est toujours dans le giron canadien alors que je ne me rappelle même pas avoir rencontré un seul Québécois ouvertement et fièrement fédéraliste depuis dix ans. Pourquoi le Québec n’est pas un pays alors qu’existe une telle indifférence à l’égard du Canada. Dans un récent billet, je parlais de l’individualisme en tant que pire ennemi d’une conception collectiviste comme l’indépendance, mais il me semble qu’il faille aller plus loin. Et si la raison de ce manque d’intérêt provenait simplement de l’incapacité pour la population de concevoir ce que représente réellement la véritable in-dépendance?

Depuis des décennies, on nous vend un projet clef-en-main quant à la création magique d’un État soi-disant indépendant. Je dis « soi-disant » parce que la plupart des élites indépendantistes considèrent qu’un État québécois s’enchaînerait de la même manière que l’État canadien en adoptant ses alliances – dont le libre-échange nord-américain – et sa monnaie. Il s’agit d’une erreur fatale.

Qu’est-ce que l’indépendance?

L’indépendance commence par la capacité de diriger soi-même sa destinée et s’il y a UNE SEULE chose qui domine toutes les autres dans ce domaine, c’est la monnaie. Laisser la gestion de la monnaie à d’autres – une banque centrale semi-privée, un État étranger, un conglomérat de banques, etc. – constitue l’équivalent pour un jeune adulte d’aller vivre en appartement tout en laissant la clef à ses parents. Il n’y a pas un seul bien qui soit plus important que la monnaie.

La monnaie permet la vie économique. Elle permet de s’acheter des biens. Elle évalue ces biens. Elle participe à l’éducation, à la culture, à la langue d’une nation selon qu’elle favorise une dépendance face à ses voisins ou une indépendance face à ceux-ci. La monnaie, c’est l’arme ULTIME de toute nation. Qui contrôle la monnaie contrôle la nation.

Or, les nations ne contrôlent plus leur monnaie aujourd’hui. Le Canada, la France, les États-Unis ou l’Allemagne ne sont pas davantage indépendants que le Québec. Ce sont des groupes de banquiers qui, aujourd’hui, décident des politiques des États. Ce sont eux qui prêtent l’argent aux pays, ce sont eux qui prêtent l’argent aux gens. Ce sont eux qui créent cet argent à partir de rien du tout et qui détruisent ainsi les économies de la population par l’inflation.

Regardez l’image ci-dessous.

Tout en haut existe un cartel bancaire, formé de méga-banques, principalement étatsuniennes, mais également européennes. Elles contrôlent toute l’économie de deux façons. De la première (partie gauche), elles prêtent aux États – qui deviennent de facto leurs subalternes – ce qui entraîne une augmentation de la dette publique, contrebalancée en partie par des dépenses publiques entraînant des revenues de taxes et d’impôts. De l’autre (partie droite), elles prêtes aux particuliers et aux corporations, qui ensuite dépensent et obtiennent un retour sur leurs investissements.

Or, à chaque étape, on crée davantage d’argent, puisque l’argent constitue aujourd’hui une dette (chaque dollar dans vos mains est en fait une promesse de règlement de dette; le dollar n’a pas la moindre valeur par lui-même). Quand on prête aux gouvernements, les intérêts réclamés augmentent la masse monétaire. Et quand on prête aux particuliers et aux entreprises, on crée encore davantage d’argent puisqu’on peut créer jusqu’à dix fois la valeur reçue. Par exemple, si vous déposez 100$ à votre banque, celle-ci peut en prêter 1000$; on vient de créer 900$ à partir de rien.

Cela a deux conséquences: d’un côté les banques encaissent de juteux profits en recevant les intérêts de leurs prêts; de l’autre l’augmentation de la masse monétaire entraîne une augmentation de l’inflation et la dévaluation de la valeur de l’argent dans nos poches.

Concrètement: on se fait avoir des deux côtés.

Si vous regardez au centre du graphique, on voit différentes « solutions » proposées pour mettre fin aux dettes privées ou publiques. Notez que celles-ci ne constituent pas de véritables solutions. En privatisant ou en nationalisant, on transfère simplement les dettes soit vers la collectivité, soit vers l’individu; cela ne change strictement rien pour les banques en haut. D’un point de vue moral, on pourrait souligner qu’il est mieux de faire peser le poids de ces dettes sur la collectivité, mais à terme, même dans un système ayant largement nationalisé ses entreprises et réduit la pauvreté, le poids de la dette finirait par tout étouffer puisque l’argent est une dette.

En clair: puisque l’argent constitue une dette, et puisque les dettes augmentent proportionnellement selon la quantité d’argent en circulation, il est tout à fait IMPOSSIBLE de rembourser ces dettes. Pensez-y. Les États sont endettés comme jamais et les individus ont un taux d’épargne négatif. Tout n’est que dette, dette, dette. Cette dette existe parce qu’elle est argent et on ne peut pas plus la rembourser que d’éliminer tout l’argent en circulation.

Ce système fonctionne un peu comme un siphon: il aspire vers le haut toutes les forces productives de la société jusqu’à rendre chacun de nous aussi esclaves qu’ils peuvent l’être, pris entre d’un côté les taxes élevés nécessaires pour rembourser la dette publique et de l’autre les salaires de misère ou les prix élevés pour rembourser la dette privée.

Nous sommes des esclaves.

L’or: la seule libération

Il y a une seule façon de sortir de cette gigantesque partie de casino truquée: l’or. L’or, depuis des millénaires, n’a qu’une seule fonction: celle d’être une monnaie. On ne peut pas imaginer une monnaie plus stable et plus indépendante: on ne peut pas l’imprimer, on ne peut pas la détruire volontairement (on pourrait, en théorie, mais ce serait stupide puisque sa valeur est intrinsèque), on ne peut pas altérer sa valeur. L’or est d’une telle importance que le lieu où il est gardé constitue présentement un secret encore plus important que celui concernant le lieu d’armes nucléaire.

Si vous avez de l’or, vous avez la liberté. On ne peut plus dévaluer votre monnaie. On ne peut plus vous aspirer dans une course sans fin pour battre l’inflation. Vous stockez le produit de votre travail dans l’or et on ne peut pas vous le prendre ni par les taxes, ni par l’inflation. L’or existe, simplement. Sa valeur est intemporelle, éternelle. Elle ne monte pas; elle ne descend pas. Seule la monnaie à laquelle on le compare monte ou descend.

Si vous calculez vos revenus et vos dépenses en or, vous pouvez les comparer dans le temps. Par exemple, le salaire per capita des États-Unis, en 1970, était de 3 587$ par année, ce qui équivalait à 102 onces d’or (35$/oz.). En 2010, ce salaire était rendu à 39 945$, soit 29 onces d’or (1400$/oz). Il s’agit d’une baisse du pouvoir d’achat en or de 72%.

Évidemment, cela ne signifie pas, selon le paradigme actuel, que tous les Américains se sont appauvris de 72%. Puisque notre monnaie est créée à partir de rien, qu’elle ne repose sur rien, et ce depuis le début des années 70, on a créé une gigantesque bulle de crédit facile s’appuyant à la fois sur les épargnes du passé (taux d’épargne à la baisse depuis quatre décennies) et sur les richesses du futur (voilà exactement ce que constitue le crédit). On a ensuite donné l’illusion de la richesse à des gens qui, s’ils étaient réellement observateurs, remarqueraient sans peine que là où un seul salaire réussissait à faire vivre une famille un demi-siècle plus tôt, deux sont maintenant insuffisants.

Et quand le système actuel s’effondrera, quand le gigantesque siphon aura sucé jusqu’au dernier baril de pétrole à bas prix, quand il aura rendu esclave des dettes le dernier des citoyens, quand cette gigantesque bulle se dégonflera parce que l’épargne du passé et les anticipations du futur ne suffiront plus pour alimenter la machine, que restera-t-il?

Il restera ceux qui auront une monnaie alternative, libre de toutes contraintes.

Voilà pourquoi le Québec, plutôt que de vouloir devenir l’équivalent des autres « pays » soumis de cette planète, ferait mieux de commencer à accumuler ses richesses et à tenter de construire un modèle alternatif. Il devrait s’allier à tous les mouvements, à tous les partis politiques, à toutes les organisations réellement indépendantistes, de tous les pays, dans le but non pas de créer un nouvel ordre mondial différent, mais plutôt un ordre local sain, véritable, basé non pas sur des dettes, mais sur des richesses concrètes et inviolables.

Individuellement, les citoyens devraient également commencer à se protéger et à retirer progressivement leurs jetons de ce grand casino pour acheter des valeurs sûres, comme l’or. Évidemment, la première étape, s’ils sont comme votre humble serviteur, consiste d’abord à se sortir de dettes…

Aucune monnaie fiat, basée sur de l’air, n’a jamais réussi à créer un ordre stable. Celle-ci s’effondrera également, comme les autres.

À ce moment-là, on descendra dans les rues, on deviendra des Indignés et on réclamera le retour d’une forme ou d’une autre de monnaie basée sur l’or. À ce moment-là, le fruit sera mûr et notre discours sera assez porteur pour atteindre le 99% encore confortablement assis au casino aujourd’hui.

Ces changements risquent de se produire de toute façon, si on se fie à certains documents rendus publics par Wikileaks et qui indiquent que la Chine entrevoit un retour partiel à l’étalon-or d’ici quelques années par les États-Unis dans le but de sauver son système et de limiter la croissance exponentielle de la Chine et de l’Inde, notamment…

Tout est lié.

Pour une monnaie québécoise basée sur l’or
25 octobre 2011

À la demande générale, une nouvelle vidéo éducative. On sort ici de la question linguistique pour s’attaquer au problème de l’instabilité monétaire et je propose une manière élégante – et déjà expérimentée – de sortir de la crise, de mettre fin au vol que constitue l’inflation et de permettre au pays du Québec d’être véritablement maître chez lui.