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Le culte de la diversité
14 novembre 2019

Texte publié dans Le Harfang.

 

« Afin de détruire un peuple, il faut d’abord détruire ses racines. »

— Alexandre Soljenitsyne

Lancez dans une discussion l’idée que la diversité ne serait peut-être pas une si grande richesse que ne le laisse entendre l’intelligentsia gauchiste au pouvoir, et vous aurez droit au mieux à des regards condescendants, au pire à du mépris et des insultes. L’idée que la diversité serait quelque chose de souhaitable dans notre société est tellement établie qu’il aurait probablement été moins risqué de remettre en question l’existence de Dieu sous l’Inquisition au Moyen Âge.

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Pourtant, les faits n’appuient pas ces prétentions. De nombreuses études font état de l’infériorité de la diversité culturelle au sein d’une communauté ; l’homogénéité sociale, loin d’être un problème, apparaît plutôt comme la solution à de nombreux maux au sein de nos quartiers et de nos villes.

Robert D. Putnam, un politologue américain, a développé l’idée de capital social pour définir une richesse intangible au sein de nos communautés. Ce capital regroupe les caractéristiques de la société, les réseaux, les normes et la confiance qui permettent une meilleure coordination et coopération entre les citoyens. Ce capital social permet, par exemple, de laisser sa maison sans protection dans un quartier où les voisins se connaissent, de permettre à son enfant de marcher vers l’école sans craindre pour sa sécurité, d’organiser une vie de quartier par des barbecues et des fêtes communes, etc. Putnam note l’effritement de ce capital social aux États-Unis depuis les années 1960, notamment par une plus grande diversification des communautés ; il explique, dans un essai publié en l’an 2000, que la société multiculturelle conduit à l’isolement, voire à l’anomie sociale des habitants.[1] Dans un autre essai publié en 2007, il fait état du retrait de la vie publique des citoyens de communautés très hétérogènes, de la tendance de ses citoyens à ne pas faire confiance à leurs voisins, « à se retirer même des relations avec des amis proches, à attendre le pire de leur communauté et de leurs dirigeants, à être moins bénévoles, à moins voter, à exiger plus ardemment des réformes sociales, sans avoir espoir qu’elles aboutiront ».[2] La diversité, selon l’analyse de Putnam, réduit l’esprit de communauté et détruit le capital social.

Une autre étude, basée sur l’analyse comparative d’une soixantaine de pays, fait état d’une corrélation directe entre l’homogénéité ethnique et la confiance qu’ont les citoyens entre eux.[3] Cette confiance, définie selon la croyance que les gens ne nous feront pas mal s’ils peuvent l’éviter et qu’ils nous aideront s’ils le peuvent, est systématiquement plus basse dans les pays ayant une plus forte hétérogénéité ethnique. À l’inverse, les citoyens des nations jouissant d’une plus grande homogénéité se font plus confiance entre eux.

Ces résultats sont conformes aux données récoltées par l’auteur Jacques Houle dans son livre Disparaître[4]. Celui-ci compare la société japonaise (ethniquement homogène) et la société étatsunienne (ethniquement hétérogène). Il note, par exemple, que les taux d’homicide, d’incarcération et de consommation de drogue au Japon constituent une fraction de ceux aux États-Unis. Selon lui, la différence fondamentale entre les deux pays tient à l’attachement nippon aux « traditions ancestrales caractérisées par une éthique exemplaire, une grande courtoisie et un sens du devoir qui harmonisent les rapports entre les citoyens » et qu’il est donc normal que les Japonais s’opposent à une immigration à l’occidentale qui « pourrait miner la cohésion sociale sur laquelle repose tout l’édifice sociétal »[5].

Cette idée de cohésion sociale se trouve au cœur d’une autre recherche, qui cherche à définir les principaux facteurs de confiance au sein d’une communauté.[6] Un peu à l’image des résultats de l’étude de Putnam, les auteurs établissent que le fait de vivre au sein d’une communauté très hétérogène d’un point de vue racial contribue à réduire la confiance qu’ont les citoyens les uns à l’égard des autres. Dans de telles communautés, la participation dans des groupes nécessitant des contacts directs entre les membres est amoindrie. En outre, les politiques publiques sont moins efficaces dans de telles communautés hétérogènes, car celles-ci ont plus de difficultés à partager et à financer les biens publics.

Le problème immigrant

Il est difficile de parler d’hétérogénéité ethnique sans aborder le thème de l’immigration. Considérant que le Québec constitue un des endroits au monde recevant, proportionnellement à sa population, le plus d’immigrants, il s’agit d’un enjeu incontournable, surtout que nous ne jouissons pas d’une indépendance permettant de mieux asseoir notre identité sur des lois et une identité bien établie, contrairement aux autres pays souverains. Les conséquences négatives de l’immigration de masse sont connues, mais certains aspects plus locaux le sont moins.

Par exemple, une étude étatsunienne établit que l’importance relative de la population immigrante dans un quartier est positivement reliée à la probabilité que la population native déménage dans un autre quartier et, à l’inverse, qu’une large population immigrante dans les quartiers voisins réduit la probabilité de son déménagement.[7] Sur le même thème, une autre étude démontre qu’un quartier où 20% de la population est immigrante augmente de plus du double la probabilité de déménagement de la population native, et que ce déménagement se fait systématiquement vers des quartiers avec moins d’immigrants.[8]

Cette fuite généralisée de la population native face à l’immigration de masse a une conséquence directe sur la valeur des propriétés. Une recherche démontre que la valeur des logements dans les quartiers à forte proportion immigrante augmente comparativement moins rapidement que dans les autres quartiers.[9] En d’autres mots : la population native est prête à payer une prime pour habiter dans un quartier où il y a moins d’immigrants.

Reconquérir la réalité

Il aurait été possible de publier de nombreuses autres études faisant état des désavantages d’une trop grande diversité. Ces études existent, ont été publiées, et sont toujours lues aujourd’hui. Elles sont cependant largement ignorées par les intellectuels de gauche car ceux-ci, il semble, ne sont pas tant intéressés par la réalité que par la promotion de leur idéologie. Cette réalité qu’on nous cache et dont il est de mauvais goût de parler en public, n’est-ce pas celle d’un peuple en voie de disparition ?

Certains commentateurs de gauche font des pieds et des mains pour tenter d’expliquer la fuite des Québécois de l’île de Montréal vers les banlieues, alors que la réponse est si évidente : les Québécois ont envie, comme les populations natives étudiées dans ces études, de vivre entre eux et, peut-être, de jouir du capital social dont parle Putnam et d’une plus grande cohésion sociale.

D’autres larmoient sur une époque révolue de la vie de quartier, des enfants qui jouaient dehors au lieu de s’éterniser devant leurs jeux vidéo ; réalisent-ils qu’un quartier où les gens ne se font plus confiance, où nos voisins ne partagent ni notre langue ni nos référents culturels, ne donne pas envie ni aux enfants ni aux adultes de s’y investir ?

La réalité est là, devant nous, en pleine lumière du jour, mais c’est parce qu’on a peur de la nommer — parce qu’une élite intimide ou menace de représailles quiconque s’y risque — qu’on refuse d’y faire face. Notre mode de vie n’est pas en train de changer, de se détériorer, de s’impersonnaliser, par un hasard divin ou par la force des choses : il s’agit d’une conséquence directe de l’idéologie multiculturaliste, de l’immigration de masse et du culte de la diversité qu’on nous impose dès notre plus jeune âge.

Et si on osait laisser repousser nos racines, dans nos quartiers, dans nos villes, dans notre pays, afin qu’elles courent librement et recréent cette unité si normale dans l’histoire de l’humanité et ailleurs sur la planète mais dont on veut désormais priver l’Occident ?

La science est de notre côté. Utilisons-la à bon escient.

[1] Putnam, R. D. (2000). Bowling Alone: The Collapse and Revival of American Community. New York, États-Unis : Simon & Schuster.

[2] Putnam, R. D. (2007). E Pluribus Unum: Diversity and Community in the Twenty-first Century. Scandinavian Political Studies, 30(2), 137-174. < https://louisp.ca/etudes/putnam2007.pdf&gt;

[3] Delhey, J. et Newton K. (2005). Predicting Cross-National Levels of Social Trust: Global Pattern or Nordic Exceptionalism? European Sociological Review, 21(4), 311-327. <https://louisp.ca/etudes/delhey2005.pdf&gt;

[4] Houle, J.  (2019). Disparaître ? : afflux migratoires et avenir du Québec. Montréal, Québec : Liber.

[5] Ibid., p. 115.

[6] Alesina A. et La Ferrara E. (2002). Who  trusts  others? Journal  of  Public  Economics, 207-234. < https://louisp.ca/etudes/alesina2002.pdf&gt;

[7] Crowder, K. et al. (2011). Neighborhood immigration and native out-migration. American Sociological Review 76(1), 25-47. < https://louisp.ca/etudes/crowder2011.pdf&gt;

[8] Hall, M. et Crowder, K. (2013). Native Out-Migration and Neighborhood Immigration in New Destinations. Demography (2014) 51: 2179. < https://louisp.ca/etudes/hall2013.pdf&gt;

[9] Saiz, A. et Wachter S. M. (2006). Immigration and the Neighborhood. American Economic Journal: Economic Policy  3(2), 169-188. <https://louisp.ca/etudes/saiz2006.pdf&gt;