Faut-il dédommager les sinistrés des inondations en Beauce ?

Un autre printemps, un autre débordement de la rivière Chaudière, en Beauce. Malgré les images spectaculaires et la compassion qui nous anime à l’égard des sinistrés, doit-on, comme le propose le ministre fédéral François-Philippe Champagne, considérer soutenir la municipalité de Beauceville à l’aide du Fond d’adaptation aux changements climatiques ? Pas question !

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L’aide gouvernementale devrait servir à dédommager les gens lorsqu’ils sont victimes d’un événement exceptionnel. Ces inondations ne le sont pas. Cette année, la Chaudière déborde à Beauceville ; l’an dernier, c’était à Sainte-Marie, en 2017, encore Beauceville ; en 2016, toujours Beauceville, en 2014, Saint-Joseph-de-Beauce, alouette. Au printemps, on ne se demande pas si la rivière Chaudière va déborder de son lit, mais plutôt où elle le fera et si, exceptionnellement, elle ne le fera pas.

Pourquoi l’État, financé par l’ensemble des contribuables, devrait-il dédommager des gens qui habitent dans des zones inondables ou des municipalités qui tolèrent que des gens vivent dans de telles zones ? Oui, je sais, il faut aider son prochain et je crois qu’on ne doit pas être insensible à la douleur des sinistrés. Cela étant dit, il y a une différence fondamentale entre une inondation arrivant à tous les cent ans (comme à St-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, en 2011) et une inondation quasi-annuelle, qu’on attend comme Pâques.

La rivière Chaudière déborde, c’est connu. Des gens ont fait le choix individuel, personnel, de vivre dans des maisons ou d’installer des commerces le long de ce cours d’eau. Ils ont vraisemblablement payé leur maison ou leur terrain moins cher que le coût réel du marché, considérant le potentiel d’inondation. Pourquoi, donc, devrions-nous aider ces gens-là ? Pourquoi l’ensemble des contribuables devrait payer pour le choix individuel de gens profitant, lorsqu’il n’y a pas d’inondation, de terrains ou de maisons moins dispendieux que les autres ?

Demande-t-on à l’État de compenser un étudiant qui échoue à son examen et doit reprendre sa session ? Non, on lui dit qu’il n’avait qu’à mieux étudier. Exige-t-on de l’État qu’il paie les frais de dépanneuse d’un automobiliste ayant fait une sortie de route lors d’une tempête de neige ? Non, on lui dit qu’il n’avait qu’à être prudent ou à rester chez lui. Réclame-t-on de l’État qu’il dédommage une famille dont le toit de la résidence s’est effondré parce qu’elle avait négliger de le déneiger ? Non, on lui dit qu’elle n’avait qu’à le déneiger. Considère-t-on que l’État devrait dédommager les banlieusards qui arrivent en retard au travail à cause du trafic ? Non, on considère que c’est à chacun de planifier son temps en conséquence et d’habiter à une distance raisonnable de son lieu de travail. On pourrait poursuivre cet exercice toute la journée.

Pourquoi, donc, devrait-on dédommager une municipalité ou des gens ayant fait le choix d’habiter dans un endroit réputé inondable et dont l’histoire constitue une succession d’inondations destructrices ? Personne n’a forcé qui que ce soit à habiter à ces endroits. Toute personne habitant présentement dans une zone inondable peut faire le choix de déménager. Idem pour les commerces. Il s’agit d’un choix individuel et ce n’est pas à l’État d’assumer ce choix !

Toutes mes sympathies au sinistrés, mais ces inondations n’étaient-elles pas prévisibles ? Soyons honnêtes…