L’industrie de la victimisation

Dans la catégorie « ce serait drôle si ce n’était pas la réalité », on apprenait hier que les étudiants de l’université de Georgetown, à Washington, ont approuvé un fonds destiné aux descendants d’esclaves qui avaient été vendus par l’université… en 1838. On forcera ainsi les 7000 étudiants actuels de l’université à cotiser à ce fonds pour tenter de « réparer » les erreurs du passé. L’industrie de la victimisation a été créée.

Source de l’image

Il y a quelque chose de profondément malsain d’une part à pénaliser des étudiants d’aujourd’hui pour une action ayant été commise il y a près de deux siècles, à une époque où les valeurs étaient différentes, et d’autre part à donner cet argent à des gens qui n’ont rien fait d’autre pour le mériter que d’avoir des ancêtres leur permettant de toucher l’argent.

De quel droit, par exemple, le fait d’avoir un arrière-arrière-arrière-grand-père ayant été vendu comme esclave devrait donner droit à une compensation ? Si on suit cette logique, les Chrétiens ne pourraient-ils pas exiger des réparations de la part des descendants des Juifs qui ont tué Jésus ? Les Québécois pourraient-ils en demander aux descendants des Anglais qui ont pris Québec en 1759 ? Est-ce que je peux demander des réparations à Pierre-Jean-Jacques parce que son grand-père devait de l’argent à mon grand-père ? Où cela s’arrête-t-il ?

Cette folie crée une sorte de classe aristocratique de parvenus récoltant de l’argent qu’ils n’ont pas mérité et qui leur est dû simplement par une espèce de droit du sang anachronique basé sur la culpabilité des autres.

les dérives du marxisme social

Tout cela ne fait aucun sens pour qui n’est pas initié au merveilleux monde du marxisme social. En clair, le marxisme économique ayant été, au tournant des années 1970, tout à fait discrédité par les expériences stalinistes et maoïstes — le communisme a tué près de cent millions d’êtres humains, doit-on le rappeler ? —, a été remplacé par un marxisme social transposant simplement la lutte des classes au domaine identitaire, et n’opposant plus simplement les prolétaires et les bourgeois, mais n’importe quel groupe d’opprimés et d’oppresseurs.

Par ce tour de passe-passe, il devient possible de définir n’importe quel groupe selon cette opposition. Il n’y a plus d’individus, plus de logique. Il n’y a que le pouvoir. Définissez un groupe — n’importe lequel — et vous pouvez déterminer un affrontement opprimé contre oppresseur. Les homosexuels ? Opprimés. Les hommes blancs ? Oppresseurs. Les transgenres ? Opprimés. Les Occidentaux ? Oppresseurs. Les immigrants ? Opprimés. Il est possible de diviser en catégories toujours plus petites chaque groupe, presque jusqu’à l’individu, pour le faire rentrer dans cette logique. La société en entier s’effondre selon cette logique. Il n’y a plus de vivre-ensemble, mais une éternelle lutte pour savoir qui est la plus grande victime.

Ce marxisme social a pris d’assaut nos universités. Comme l’explique le génial Jordan Peterson :

« Nous avons financé par des fonds publics les porteurs d’idées postmodernistes gauchistes et extrêmement radicales qui veulent à tout prix démolir le fondement de la civilisation occidentale. Et ce n’est pas une illusion paranoïaque. C’est leur but qu’ils ne cachent pas »

On aurait tort de croire que le cas de l’université de Georgetown est unique. Loin de là. Même ici, le cancer du marxisme social sévit. Pas plus tard qu’hier, on apprenait que l’Association facultaire des étudiants en sciences humaines de l’UQAM se dotait du logo ci-bas.

Tout est y est : les couleurs de la fragmentation sociale, la faucille du communisme — 100 millions de morts —, le logo anarchiste, et même l’idée de la lutte. Comprenons : il fut un temps où l’université était un lieu d’apprentissage, où l’étudiant étudiait humblement le savoir transmis par les générations précédentes, afin d’espérer, un jour, l’enrichir lui-même. Avec le marxisme social, tout cela est bien terminé : l’université constitue un lieu de lutte ! Le pouvoir, toujours le pouvoir !

renouer avec l’individualisme

La seule manière de s’opposer à ces dérives consiste, selon moi, à renouer avec notre individualisme. Si ce mot est si honni de la part des postmodernistes et autres gauchistes, c’est parce qu’il constitue le talon d’Achille de toute leur idéologie. Tant que les gens acceptent d’être définis par leurs différences ou leurs caractéristiques sociales — orientation sexuelle, couleur de la peau, ancêtres esclaves, ancêtres esclavagistes, etc. — ils demeurent précisément des esclaves de leur statut d’opprimé ou d’oppresseurs.

Par contre, s’ils renouent avec leur individualisme, s’ils reconnaissent qu’ils ne sont ni leur orientation sexuelle, ni la couleur de leur peau, ni leurs ancêtres, ils se libèrent de ces luttes de pouvoir et reprennent le contrôle de leur vie. Ils ne sont plus des victimes, des personnes devant être privilégiées ou compensées, des écrous dans la machine de l’industrie de la victimisation, mais des individus pleinement maîtres de leurs actions et qui n’ont qu’eux à regarder pour déterminer leurs succès ou leurs échecs.

L’individualisme, quoi qu’on en dise, se trouve à la base de notre civilisation chrétienne, et c’est par ce pouvoir de l’individu, lui qui décide qu’il a le droit de s’épanouir selon sa pleine conscience et non pas en tant que maillon d’une chaîne de la médiocrité, que se sont créées les plus belles réussites de l’humanité.

Ce n’est pas le rôle d’une université de constituer un terrain de lutte ou de réparations. Sous prétexte de penser à réparer le tort commis à des esclaves il y a deux siècles, ces étudiants deviennent eux-mêmes esclaves d’une lutte de pouvoir. L’université devrait redevenir un lieu d’apprentissage.

Tiens, pourquoi ne pas commencer par asseoir tous ces gens dans une salle où on leur expliquerait les conséquences désastreuses des principaux systèmes collectivistes du vingtième siècle ?

Ce serait déjà un début.

Une Réponse

  1. […] Baillargeon, pourtant un homme de gauche lui-même, faisait grosso modo le même constat que Jordan Peterson par rapport au post-modernisme et aux dérives du marxisme social […]

Comments are closed.