Du droit à l’exhibitionnisme

Je lisais une chronique intéressante dans le journal Métro. L’auteure dénonce la lettre d’une mère catholique s’en prenant aux leggings de jeunes femmes à l’église, elles qui montrent ainsi leurs fesses à tout le monde.Selon l’auteure, il ne faudrait aucunement blâmer les femmes pour cet habillement. Ce qui rend cette chronique particulièrement pertinente, c’est l’honnêteté, voire la naïveté, de l’auteure, qui exprime son point de vue. Elle écrit : « Les femmes sont libres de s’habiller comme elles l’entendent. Elles n’ont pas à cacher leur corps pour aider les hommes à contrôler leurs pulsions. Eux seuls sont à blâmer s’ils sont incapables de le faire. » Le deux poids, deux mesures typique des féministes.

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Le message est clair : hommes, contrôlez vos pulsions. C’est écrit noir sur blanc, et c’est très légitime comme demande. Mais qui demande aux femmes de contrôler les leurs ? Ne se pourrait-il pas qu’il y ait, chez la femme, une pulsion la poussant à l’exhibitionnisme, à faire état de ses atouts féminins, à montrer son corps dans le but d’exciter l’homme et de s’exciter elle-même ? Pourquoi la pulsion d’un homme serait-elle une chose à contrôler tandis que la pulsion de la femme serait libre de s’exprimer, de s’afficher à la face de tous ?

Bien sûr, les femmes ont le droit de s’habiller comme elles le veulent. Personne ne souhaite vivre avec des femmes voilées de la tête aux pieds, comme dans plusieurs pays islamiques. Cela étant dit, avec le « droit » vient ce mot tout à fait honni des jeunes générations : la responsabilité.

Par exemple, j’ai le « droit » d’aller m’acheter un trio Big Mac, de l’ouvrir devant un sans-abri crevant de faim et d’en jeter tout le contenu à la poubelle. Oui, j’ai ce droit. J’ai aussi le « droit », en été, de me mettre des shorts hyper-serrés, de me coiffer d’une perruque multicolore et d’aller au parc parler aux jeunes enfants. Oui, j’ai ce droit. J’ai également le « droit » d’aller à une rencontre des Alcooliques Anonymes et d’offrir une bière à tous les membres en sortant. Oui, j’ai ce droit.

Avec le droit vient la responsabilité. Une femme ne peut pas s’habiller comme une putain et s’attendre à se faire traiter comme une dame. Bien sûr, cela ne légitime aucunement les mauvaises actions à son égard ; simplement, à provoquer inutilement l’instinct le plus primaire des hommes, à quel résultat s’attend-elle ? En quoi, pour reprendre les précédents exemples, serait-il différent de provoquer l’instinct primaire de la faim chez le sans-abri, de la protection des enfants chez le parent ou du besoin de boire de l’alcool chez l’alcoolique, par rapport à celui de la lubricité chez l’homme quand une femme fait le choix conscient de s’exhiber ainsi ?

Nous avons une charte des droits. À quand une charte des responsabilités ?