Les dérives de la politique de l’identité

Aujourd’hui, on apprenait en grande pompe que la ville de Chicago passait à l’histoire pour avoir élu une femme à la fois noire et homosexuelle.

Ses idées ? Aucune idée. Ses valeurs ? On ne sait pas. Mais elle est noire. Et elle est homosexuelle. Si en plus elle avait été handicapée, ça aurait été le jackpot. C’est une tendance de plus en plus lourde pour la gauche, en Occident, de ne plus considérer une personne en fonction de ses talents ou de ses capacités, mais uniquement en fonction de ses caractéristiques visibles, de son statut perçu de minorité. On se souvient notamment de Justin Trudeau, qui avait choisi d’établir la parité hommes-femmes dans son caucus, en 2015, « parce qu’on est en 2015 » (et tant pis si des hommes plus qualifiés sont mis de côté).

En Europe aussi, on constate ce phénomène , notamment en Allemagne, où Merkel déroule le tapis rouge pour les immigrants. Cette petite vidéo ci-bas est assez éloquente, et pas besoin de parler allemand (ou anglais) pour en comprendre le sens.

Le marxisme social

Il n’y a pas si longtemps, Martin Luther King proclamait son rêve d’une société où les gens ne seraient pas jugés en fonction de la couleur de leur peau, mais plutôt de leur caractère. Que s’est-il passé pour qu’en un demi-siècle tout se soit ainsi inversé et qu’on ne se gêne même plus pour instaurer des quotas de minorités visibles ou qu’on célèbre la réussite non pas d’une personne aux idées de qualité, mais aux seules caractéristiques d’être une double minorité en politique ?

Le marxisme social est à blâmer selon moi. Le marxisme, d’un point de vue économique, a été un tel échec dans la dernière partie du vingtième siècle, qu’il n’était plus possible de le prôner sans risquer le ridicule ou l’opprobre public. Par contre, socialement, l’idée marxiste n’a pas encore été poussée jusqu’à sa finalité ultime : la transformation d’une société d’individus en une société purement de groupes ou de classes.

En d’autres mots : le marxisme social ne considère pas que le citoyen lambda est un individu blanc hétérosexuel ayant à vivre une vie riche et diverse, mais plutôt que Jean fait partie d’un groupe privilégié et donc qu’il s’agit de son identité et doit être considéré comme tel. À l’inverse, un autre citoyen n’a pas à développer ses propres compétences personnelles, ou sa résilience, s’il est noir et homosexuel, et donc une minorité éternellement opprimée. L’individu n’existe plus ; seule la classe a droit de cité.

En URSS, on a constaté la même logique d’un point de vue économique, alors que les Koulaks, ces paysans prospères dans l’ancien régime, ont été violentés, tués et déportés au Goulag pour la seule raison qu’ils faisaient partie d’une classe particulière. Ils ont ensuite été remplacés par une agriculture collectiviste de moindre qualité et ayant contribué aux nombreuses famines soviétiques.

Reconquérir l’individu

La seule manière de mettre fin à cette folie consiste à redécouvrir, voire à reconquérir le rôle de l’individu, libre, qui constitue le fondement de nos sociétés occidentales.

Un homme, une femme, ne sont pas simplement des produits de rapports de force sociaux les faisant appartenir à une classe qui opprime ou qui est opprimée. Chaque individu est unique et a le droit, malgré ses caractéristiques propres, d’être considéré pour ses qualités et ses défauts qui lui sont particuliers.

Signe des temps : voilà une idée dont il est de plus en plus risqué de parler en public…