La vraie résistance

Cet après-midi, je discutais sur Facebook avec un soi-disant résistant. Appelons-le : « Monsieur X ». Je lui demandais quelles étaient ses réalisations permettant qu’on le qualifie de résistant. En clair, il me disait qu’il établissait des liens avec des gens à l’international pour créer un réseau permettant de promouvoir la résistance, notamment par des actions d’éclats. Bref, un faiseux.

Il ne publie pas de textes, ne favorise pas le développement d’un argumentaire, ne tente pas de faire cheminer l’idée nationale et résiliente jusqu’à son terme. Non, non. Ça, c’est un petit combat pour lui. Le vrai combat est « international » (prononcer à l’anglaise). Rien à foutre des batailles contre les anglo-suprématistes de chez nous. Rien à foutre de notre lutte pour en finir avec l’ethnocide contre les francophones en Amérique du Nord. Non, non. Rien à foutre de la défense de notre langue nationale. La résistance doit être « big ». « Oh yeah ! »

Était-ce Einstein qui disait : « La folie consiste à répéter les mêmes choses et à espérer un résultat différent » ? Disons-le franchement : les actions de gens comme ce « Monsieur X » (et ils sont légions) tiennent davantage de la folie que de la résistance. Contre un mondialisme anglicisant, nomade, déracinant, s’appuyant sur l’anonymat d’élites cachées, nous étouffant sous quantité d’informations inutiles et de relations vides, prônant la suprématie du paraître sur l’être, que proposent ces faiseux ? Ils proposent d’utiliser l’anglais, de se délocaliser, de valoriser l’anonymat, de « faire des liens », de faire des coups d’éclat pour les caméras, etc. La maison est en feu et ils veulent qu’on y jette de l’essence.

Ces soi-disant résistants forment la seconde face de la même médaille du mondialisme. Ce sont des résistants autorisés, voire valorisés, car ils ne remettent pas en cause l’ordre réel du monde et ils encouragent, au contraire, une forme de résilience dans le système débile actuel.

Tout comme l’eau éteint le feu, la vraie résistance doit s’opposer aux vices du monde actuel. Contre l’hégémonie de l’anglais, elle doit proposer la valorisation de la langue nationale. Contre le nomadisme, elle doit proposer l’enracinement. Contre l’anonymat, elle doit se présenter à visage découvert. Contre la surdose d’information, elle doit viser la qualité. Contre l’image, elle doit proposer l’être. Contre le multiculturalisme, le cosmopolitisme et le communautarisme, elle doit proposer une plus grande cohérence nationale. Contre le mondial, elle doit proposer le local.

Aussi et surtout : elle doit en finir avec le culte de la transgression. Héritage soixante-huitard malheureux, la fausse-résistance d’aujourd’hui ne peut concevoir son action sans l’action directe de transgression. Elle a l’impression que de violer la loi, de porter des symboles (« Anonymous », « V comme Vendetta », etc.), d’organiser des actions « dans la rue » lui confère une supériorité à la fois sur un système perçu comme statique et sur une masse informe de citoyens abrutis. Elle ne réalise pas qu’elle est elle-même abrutie.

La vraie résistance, aujourd’hui, s’enracine. Ce sont des citoyens qui recommencent à lire leurs classiques québécois. Ce sont des citoyens qui refusent de parler une autre langue que la leur. Ce sont des citoyens qui cultivent un bout de terre, qui nourrissent nos campagnes. Ce sont des citoyens qui redécouvrent notre religion. Ce sont des citoyens qui n’ont pas de coups d’éclats à proposer, pas de liens mondialistes à tisser, mais une véritable résilience, locale, à bâtir.

Nous en avons trop vu de ces parvenus mondialistes, des Céline Dion de la résistance qu’on n’apprécie que parce qu’ils se sont fait voir ailleurs.

Ce dont nous avons besoin, aujourd’hui, ce sont de vrais Québécois refusant de jouer ce jeu. Des Québécois qui choisissent une petite parcelle de notre territoire et qui disent : « Ceci est chez moi. Qui veut ce territoire devra me passer sur le corps ». Nous n’avons pas besoin de héros anonymes tissant d’obscurs liens dans des pays lointains ; nous avons besoin de millions de résistants prêts à refuser tout compromis quant à leurs valeurs.

Le futur appartient au local. Quand bien même les capitalistes mondialistes et les faiseux qui leur sont autant d’idiots utiles tentent de virer le monde à l’envers, l’avenir appartiendra toujours à ceux qui se sont enracinés et qui sont prêts à se battre pour ce petit bout d’univers qu’ils ont appelé « chez moi ».

11 Réponses

  1. n’as-tu jamais entendu parler de la diversité des tactiques, pauvre Louis?

  2. La jalousie t’étouffe mon pauvre. Accorder tant d’importance à une seule personne, c’est prouver a quel point ta résistance à toi n’est qu’une façade. Cesse donc de te cacher en critiquant ce militant, et vient donc voir ce qu’il se passe vraiment sur le terrain avec des militants comme lui.

    Cet article aurait pu être intéressant; le problème, c’est qu’il n’est qu’un attaque rageuse de la part de quelqu’un qui ne sait pas vraiment ou se situer face aux combats que les gens choisissent de mener. Laisse donc faire aux militants ce qu’ils veulent. On a tous une part à mener.

    En résumé, franchement, c’est pitoyable. Vraiment pitoyable. En espérant que tu grandisses un peu. Il serait temps.

  3. Et les amérindien du nord du Québec eux? Il ne sont pas Québécois car le ne parle pas français?… et vous venez nous parler d’ethnocide.. laissez-moi rire.

    Le petit fermier Allemand qui cultive sa ferme et aime sa langue n’a rien vu venir la monté du fascisme dans son pays dans les années 30. C’est pourquoi il est impératif de s’informer. Si vous n’êtes pas capable de rester «enraciné» et de, parallèlement, vous informer de ce qui se passe autour de vous, c’est bien triste pour vous, mais ça ne fait pas de ceux qui en sont capable des moins que rien.

    Puisque c’était une conversation écrite, vous devez surement avoir votre conversation avec Frank B. Plouffe en archive?… J’aimerais bien voir une capture d’écran du moment où il disait «qu’il ne fallait surtout pas donner l’impression qu’on est xénophobe ou anglophobe»…
    Question de nous montrer des preuves de ce que vous avancer.

  4. Super texte! Merci! La résistance c’est vrai elle est localement on doit arrêter de vouloir vivre ailleurs qu’au Québec. Ici c’est notre terre, notre langue, notre foi. Personne ne peut l’enlever pas meme ceux qui vivent sur la cause sans y croire vraiment.

  5. […] dernier texte, où je me servais de l’exemple de « Frank X » pour illustrer ma conception de ce que […]

  6. J’ai moi aussi eu un échange corsé avec un des pseudos «fils de la liberté» (quel titre pompeux pour des soi-disant indépendantistes qui dénigrent les indépendantistes de façon anonyme).

    Il s’agit de celui qui a prénom et nom composés: Jean-Philippe Décarie-Mathieu. (Je ne l’oublierai pas dans mes prières.)

    Dans une conversation en commentaire sur «facelivre», comme il dénigrait, cette fois ouvertement, les indépendantistes membres du Parti Indépendantiste qu’il traite de parti «xénophobe» et ses membres de «néo-nazis», je lui ai demandé si c’était lui qui se cachait derrière le pseudo «Facho Watch».

    Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Cette fois, je l’ai piqué au vif ! (La vérité choque dit-on.)

    Il s’est mis à m’insulter de plus belle, poursuivant ses premières insultes et toujours en me tutoyant depuis le début, pour aussitôt me bannir de sa publication sans me permettre aucun autre commentaire.

    Notez que, suite à une erreur de ma part, il a admis ne pas avoir voté PQ et qu’il n’a «JAMAIS» voté PQ, ajoutant ceci à la suite: « J’imagine qu’après les néo-nazis, inventer des conneries est le moindre des soucis pour des militants épais comme toi au PI, hein?», incapable qu’il est de rester poli.

    La première fois que j’ai eu connaissance de l’existence de ces pseudos «fils de la liberté», j’ai cru qu’il s’agissait d’indépendantistes.

    Maintenant je sais qu’il s’agit d’un groupe d’imposteurs. Curieusement, comme ceux qui se cachent derrière «Facho Watch». Anarchistes ? mondialistes ? militants du PLQ ou de la CAQ ou de ON ou de QS ?

    Peu importe, ils ne sont pas des québécois indépendantistes.

    Ha! Ha! Selon moi, ces gens-là sont payés pour semer diversions et conflits entre les indépendantistes. Si je viens à bout d’en obtenir des preuves concrètes, je les afficherai partout sur les réseaux sociaux.

    Cela dit, je n’ai pas peur de ces «mitaines» qui refusent, après invitation, de discuter face à face avec les principaux intéressés qu’ils dénigrent tout de même sur les réseaux sociaux.

    Comme je vous comprends !

    Bonne journée.

  7. J’avais votre site dans mes favoris, mais je l’avais comme oublié. Aujourd’hui, j’y reviens avec grand plaisir pour vous faire quelques observations. J’aime votre intransigeance, c’est si rare de nos jours quand il faut faire attention à tout ce qu’on dit qui pourrait froisser les âmes sensibles. J’adore. Et puis je suis aussi intransigeant que vous ! J’habite à Saguenay, je vais parfois chez Loblaws. Dans le frigo ou (je ne trouve pas l’accent grave sur mon clavier) on conserve les jus de fruits, les boîtes sont tournées du côté anglais. Je m’offusque, j’en parle au gérant qui me jure que ce sera changé. J’y retourne, re-anglais. Je m’offusque, en parle à un préposé qui me trouve pas mal chiâleux. Moumou Québécois qui n’y voit rien de répréhensible ! Visite à La Baie aujourd’hui pour voir des bateaux de croisière accostés. On bilinguise l’affichage. Dans une église ouverte aux touristes, on demande l’aumône sur une affiche uniquement en anglais. Une dame m’accueille en anglais, je jette les hauts cris, elle s’excuse, je n’ai que faire de ses excuses, je le lui dit, elle sourit. Je suis sans doute un fou. Il faut respecter les touristes et leur donner l’illusion qu’ils sont chez eux partout. Moumou Québécois ! Des extraits de la Fabuleuse histoire d’un Royaume sont présentées en anglais. Protestation de ma part dans une lettre aux responsables. Surprise et consternation quand j’ose me plaindre. C’est une lutte de tous les instants, même ici à Saguenay. Mais ça rend fort de lutter, ça empêche de s’endormir. Ceux qui luttent vivent.

  8. Oui, il ne faut pas cesser la lutte. Qui lutte, vit.

  9. […] dernier texte, où je me servais de l’exemple de « Frank X » (Frank B. Plouffe de son vrai nom) pour […]

  10. Quand allez-vous faire revivre votre site M. P.? C’est dommage qu’il n’y ait plus d’activités… :_(

  11. Je comprends votre dogme, votre idéal de vie, la fierté locale et l’attachement farouche à sa terre. Il est vrai que c’est rare de nos jours de voir un tel point de vue, la tendance étant plutôt à ce que d’aucuns ici appellent « l’écolo-diversité », avec ses élites mondialisées de bazar, qui vantent le multilinguisme, tout ça pour finalement ne travailler que dans des pays anglophones, sans jamais tourner le regard vers les pays de culture résistante aujourd’hui.
    Néanmoins, j’ai tendance à vous préférer la démarche d’un Claude Hagège, qui est plutôt curieux et multiculturel, anti-dogmatique et anti-purisme, et sait s’ouvrir aux cultures du monde. Il s’approche plus de l’universalisme, et ses valeurs immortelles, du moins à mon sens.
    Néanmoins plusieurs démarches doivent être encouragée, et il est vrai que la situation chez vous au Québec exige des démarches courageuses comme la votre, car elle est très problématique.

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