Le fascisme du 21e siècle

Le fascisme du 21e siècle n’est pas nationaliste ou collectiviste. Le fascisme du 21e siècle est individualiste et en faveur du libre-marché. Le fascisme du 21e siècle n’a pas besoin de symboles ou de parades militaires ; son seul symbole est le droit individuel et pour le faire respecter il est prêt à violer n’importe quel droit collectif.

Mussolini affirmait :

« Tout dans l’État, rien contre l’État, rien en dehors de l’État. L’individu n’existe qu’autant qu’il fait partie de l’État et qu’il demeure subordonné aux nécessités de l’État. »

Le projet de loi liberticide de Jean Charest constitue une nouvelle forme de fascisme où l’individu est subordonné au pouvoir brut de l’État non plus au nom d’intérêts collectifs supérieurs, mais plutôt en fonction de la liberté individuelle… d’autrui.

L’idée de base du fascisme, le point autour duquel s’articule toute l’idéologie, est une conception selon laquelle il n’y aurait rien à attendre du parlementarisme, des discussions, de la négociation. La force brute est vue comme la solution à ce qui est assimilé à des « troubles sociaux ».

Jean Charest, en refusant obstinément de négocier avec les étudiants – il n’a même pas accepté de rencontrer leurs représentants cinq minutes – lance le message que ces « troubles sociaux » ne peuvent être résolus qu’en réduisant la liberté des citoyens et en augmentant celle des forces policières.

N’ayons pas peur de l’affirmer : cela est très dangereux. À partir du moment où on accepte, au sein de notre société, que des conflits sociaux peuvent se régler de manière violente par l’utilisation des forces policières pour interdire des manifestations, on ouvre la porte à une telle manière de fonctionner à grande échelle. On légitime la fin du dialogue et on encourage la radicalisation des conflits.

On dit que l’Histoire se répète. C’est faux. Elle sonne toujours un peu semblable, mais jamais exactement de la même manière. Le fascisme du 21e siècle, anti-nationaliste et hostile aux idées collectivistes, trouvera son opposition précisément dans le nationalisme et l’union de la collectivité québécoise, de la même manière que le fascisme du 20e siècle a été détruit par l’union des nationalités et la primauté accordée aux droits individuels.

Ce qui se passe aujourd’hui est très très grave.

Cette date sera à marquer au fer rouge non seulement comme la fin d’un demi-siècle de reconnaissance du droit de grève des étudiants, mais également en tant que rejet de la négociation et du compromis comme solution à un conflit social.

On ne saurait mesurer l’importance d’un tel rejet.

Nos enfants en paieront le prix.

5 Réponses

  1. Je ne suis pas sur que nos enfants en paieront le prix, je crois plus, que lorsqu’ils seront à notre place il n’y aura pas de discussion à savoir si on fait un chimio ou un euthanasie pour nous petits vieux!

  2. Emmanuel Todd parle de sénilo-fascisme.

    C’est inquiétant.

  3. Je vois ce gouvernement comme vous le décrivez. Il est à noter que Charest n’est pas seul, évidemment. Charest est un pantin, bien attaché à ses ficelles.

    Pourquoi cette utilisation de la violence au détriment de la négociation? Parce qu’il doit masquer les affaires louches, voire malhonnêtes de son entourage politique et affairiste.

    En passant, la loi 78 est adoptée, au même moment que Gérald Tremblay, autre pantin ficelé, a fait adopté sa loi spéciale anti-masques. Non mais quelle ironie !

    Ces deux dirigeants de la politique corrompue «masquent» les affaires malhonnêtes de leurs supérieurs et ôtent tout droit à celles et ceux qui s’y opposent, dont le droit de manifester et le droit de porter un «masque» eux-aussi, comme ces deux gouvernements corrompus.

    Pour ma part, je vois présentement que c’est une mafia qui gouverne le Québec et qui use du racket de protection: «Si tu paye pas la protection, on te casse les jambes et fout le feu à ta bâtisse.»

    Mais je vous le dis, je ne suis pas si sûr que la mafia aura le dernier mot. Je ne suis pas de cette génération, mais nos jeunes étudiantes et étudiants me semblent détenir le gros bout du bâton et savoir se battre mieux que les mafieux, beaucoup beaucoup mieux.

    Nos jeunes ne nous disent pas tout et nous cachent leurs armes. Ils ont raison. Ils fonctionnent de façon collective, intelligente et fraternelle, comme une famille unie dans un même but. Il n’y rien de plus fort qu’une famille unie, même pas la famille mafieuse.

    Pour notre jeunesse, l’avenir du Québec, plus que ce le fut pour ceux de ma génération (les années 1970), le mot d’ordre c’est «ici et maintenant». Et je sais qu’ils sont bien armés, bien appuyés et prêts au combat, plus que ne l’est le «gou-ernement».

    J’ose croire qu’il vont nous surprendre et plus tôt que nous pouvons l’imaginer.

  4. Oui, le Québec est gouverné par une mafia. Oui, cette mafia gouverne de plus en plus par la méthode du racket de protection, du genre « si vous ne nous soutenez pas, si vous ne nous payez pas, des dégâts sont si vite arrivés ». Là où je ne suis pas d’accord avec vous, c’est sur le rôle de résistants à cette mafia que les étudiants vont jouer. Que non pas! Tette cette manifestation étudiante, et pas seulement les casseurs et les agents provocateurs qui la font déborder, fait partie des dégâts si vite arrivés, tout préparés par la mafia, de manière à faire réagir dans le bon sens le reste des Québécois dont les agences de publicité ont garanti qu’ils les détestent. Et les derniers sondages le montrent bien. De cette manière, Charest compte se tirer de l’embarras où les révélations à son sujet l’ont mis. Et si la répression des étudiants ne suffit pas à remettre Charest en tête des sondages pour une prochaine élection, si la population se contente d’approuver son geste quitte à vouloir le mettre à pied quand même, comptez sur lui pour allumer un autre incendie social, par exemple des émeutes de Noirs haïtiens que non seulement les Québécois mais les autres groupes ethniques rêvent de voir déporter.

  5. Malheureusement, je trouve que la façon dont tu dépeins la situation est encore bien trop rose… Si encore nos droits individuels étaient protégés, on ne se ferait peut-être pas gazer dans les manifestations !

    À mon avis, ce fascime-là défend essentiellement les droits de ce qu’il faut bien appeler la bourgeoisie, c’est-à-dire cette toute petite classe de possédants, qui sont à la tête d’empires industriels, financiers, médiatiques. C’est pour eux que Charest travaille, c’est eux qui pèsent de tout leur poids illégitime sur les gouvernements, c’est eux qui ont tout intérêt aux privatisations, à l’endettement, mais par contre, luttent férocement contre tout ce qui pourrait aller à l’encontre de leurs intérêts: la démocratie, une population éduquée, moins consommatrice etc.

    Note que je ne prétends nullement qu’il y ait un complot. C’est juste une bonne vieille lutte des classes, qui se joue à coup d’influences, de dollars, de propagande.

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