Perdre sa session

Ce soir, j’ai réalisé quelque chose, d’abord en lisant les discussions sur la page Facebook de la manifestation, puis en y participant avec ma conjointe. J’ai réalisé que la réalité est peut-être à l’inverse de celle qu’on croit : ce sont peut-être les « verts » qui sont en train de perdre leur session et les « rouges » qui sont en train de la gagner.

Pendant qu’une minorité d’individus centrés sur leur nombril prend d’assaut les tribunaux pour faire valoir la primauté de son petit cul assis sur un banc d’école sur celle de l’ensemble des étudiants, ces derniers se livrent à une session intensive d’apprentissage dans la meilleure des écoles qui soit : la rue.

Mathématiques : Ils apprennent à calculer tous les détails de la hausse, des propositions bidons du gouvernement, du remboursement proportionnel au revenu, etc. Ils amènent ces arguments dans leurs assemblées et en discutent ouvertement.

Arts : Ils se dépassent dans des projets artistiques contre la grève. Ce soir, j’ai vu quantité d’idées originales, que ce soit un étendard à la romaine, un chapeau avec un gigantesque carré rouge, un arbre de Noël ; ce sont de véritables œuvres d’art.

Philosophie : Je lisais une discussion sur la page Facebook de la manifestation, où chaque commentaire était très long et qui portait sur la nécessité ou non d’une certaine forme de violence pour faire bouger le gouvernement. On parlait du bien commun, de la nécessité de bien faire les choses. On citait Marx, mais également d’autres philosophes. On argumentait très bien.

Droit : De nombreux manifestants ont appris à mieux connaître leurs droits, à comprendre ce qui constitue un attroupement illégal, à utiliser la loi pour atteindre leur but.

Histoire : Les étudiants étudient d’autres luttes similaires, tentent d’établir des stratégies, utilisent les échecs du passé (comme en 2005) pour se coordonner. Ils analysent les impacts de la non-violence, de la désobéissance civile, etc.

Et ainsi de suite.

Cette grève, loin de mettre une session en danger, la bonifie. Elle transforme une éducation aseptisée et théorique en modèle vivant ; elle sort la classe dans la rue et, à l’aide d’un discours cohérent, force les étudiants à pousser leur logique toujours plus loin.

Ce ne sont pas les étudiants ayant voté contre la grève ou ayant utilisé les tribunaux pour continuer à étudier qui mériteraient de réussir leur session. Ce sont ceux qui, depuis plus de soixante-dix jours, participent à un gigantesque événement démocratique qui devraient recevoir un diplôme.

Les renier, les empêcher de savourer ne serait-ce qu’une parcelle de victoire, continuer de les marginaliser et de les infantiliser comme le fait le gouvernement Charest, c’est toucher à l’obscurantisme et c’est refuser cet apport éducatif MAJEUR qui laissera des traces pour de nombreuses années à venir.

Je n’ai pas seulement réalisé quelque chose en manifestant aujourd’hui.

Non, j’ai été éduqué en manifestant aujourd’hui.

Je ne suis plus étudiant, mais je les remercie de contribuer à mon éducation et de lutter pour celle de mes enfants.

4 Réponses

  1. Les verts ne sont pas du tout en train de perdre leurs sessions. Et les rouges, si. Je suis désolé de te l’apprendre.

    Pour ce qui est de la grève, les rouges ne maitrisent pas ce que les verts maitrise.

    Mathématiques : Les verts apprennent à calculer en utilisant des chiffres réels et officiels. Ils apprennent à voir le pour et le contre, établir des statistiques, comprendre des sondages. Ils réalisent l’importance d’une hausse, et l’impacte d’une grève, ce qui pourrait résumé le cours d’économie 101.

    Arts : Je ne répondrai pas, si ce n’est que la majorité des faculté qui ne sont pas en grève n’ont pas d’art dans leurs programmes respectifs. Après, c’est d’établir s’il y a une corrélation entre les facultés artistiques et le fait de ne pas vouloir s’endetter.

    Philosophie : Pour ce qui est de la philosophie, certain rouge voit en la violence une façons d’atteindre leurs objectifs. C’est une philosophie, mais la voulons nous vraiment ? La violence, la casse, la terrorisme (attaque à la résidence personnelle de Line Beauchamp), ce ne sont pas des principes qui font évolué une société. Mais bon, qui suis-je pour penser que le principe de respect passe avant celui de la victoire à tout prix ?

    Droit : De nombreux manifestants ont aussi appris à ne pas respecter la loi, comment payer une contravention. Ils ont appris à tout faire pour ne pas faire appliquer la loi (les injonctions) par des actes de vandalisme. Ils ont appris que la force et la peur pouvaient passer avant la justice.. C’est ça qu’on veut ?

    Histoire : Ils analysent les impactes des actions passé, mais ne savent s’adapter, ni les comprendre. Le refus de toute proposition, c’est pas ce qui a fait gagner les étudiants d’antan.

    Bref, ceux et celles qui sont encore en grève risquent leurs sessions. Même s’ils ont appris des choses, ils n’ont pas nécessairement appris des valeurs positive à une société. Sachant qu’il ne se battent pour rien puisque seulement 5% des gens ne vont pas à l’école pour des raisons économiques, plus par peur que par réelle impossibilité.

    Bref, vive la désobéissance civile, c’est tellement profitable à une société.

  2. À Pierrick,

    De toute évidence, la société actuelle, non démocratique et même infantilisante, que vous semblez croire juste ne vous a pas enseigné que vous êtes d’abords un humain doué d’un esprit critique et qu’une réalité existe à l’extérieur des murs de votre maison et de ceux des institutions d’enseignement que vous fréquentez peut-être.

    Pour répondre au présent billet, vous répétez ce qu’on vous a mis en tête, sans avoir vraiment pris la peine d’analyser par vous même le monde dans lequel vous vivez, avec des arguments sans références vérifiables. Ceci dit, si vous en ajoutez, je les consulterai.

    Je trouve dommage que vous ne soyez pas avisé que le présent gouvernement vous méprise vous aussi et qu’il est devenu urgent pour le peuple du Québec d’imposer sa langue nationale, le français, et de prendre possession de son sol national, de son économie et de toutes ses institutions et mécanismes d’État.

    L’école de la rue, jumelée aux connaissances, au savoir, que vous pouvez quand même acquérir dans les institutions d’enseignement, si vous déborder un peu des limites de leurs programmes trop encadrés, cette école de la rue vous permettra de mieux comprendre et saisir la portée des enjeux actuels.

    Les contestataires, que j’appuie, réclament la Liberté d’expression et la transformation d’une pseudo-démocratie en démocratie. Ce n’est nullement la violence qui les motive, celle-ci étant engendrée d’abord par des casseurs et par le refus obstiné du gouvernement Charest d’établir un dialogue, rejetant la CLASSE sous de faux prétextes pour s’en servir en lui attribuant les méfaits du gouvernement.

    S’il fallait suivre le conseil sous-entendu dans votre commentaire, il faudrait croire qu’un monde virtuel existe. Il faudrait donc s’aplatir et se taire devant ce gouvernement corrompu qui applique de façon claire les recommandations du rapport Durham de 1839 qui voulais voir appauvris et assimilés tous les canadiens-Français. Ça se poursuit aujourd’hui avec le peuple québécois.

    Dans ce monde, il faut se battre pour obtenir justice et d’autant plus fort quand un système «dit de justice», comme le nôtre, ne reconnait pas l’être humain, la démocratie et la Liberté de parole.

    Heureusement, une majorité de jeunes étudiantes et étudiants l’ont compris, ils ont un sens développé du collectif et ils agissent pour vous défendre, vous aussi, tout comme ils me défendent.

    Cordialement.

  3. Ce qui m’a toujours bien plus dans la cause québecoise, c’est que c’est la seule qui perpétue cette vision différente de la culture. Les anglais ne nous oppriment pas, c’est tout simplement une langue qui a plus percé dans le monde.

    Il est vrai qu’il est important de se battre pour les injustices vécu, c’est d’ailleurs pour cela que plusieurs étudiants ont obtenue des injonctions. Je me demandes, où est l’injustice de la hausse des frais de scolarité ? Cette hausse, de 178 $ avec le crédit d’impôt, chaque année pendant 7 ans, représente, en argent de 2019, une hausse de 58,5 %, une hausse de participation économique de seulement 4,8 % de la part des étudiants sur la valeurs réelle de leur éducation. L’injustice de demander à un étudiant de payer moins du vingtième de la valeurs de son diplôme afin de l’obtenir ?

    De plus, avec les 3 bonifications des prêts et bourses, le système de remboursement proportionnel au revenue et la modification de la hausse, le thème du débat ne devrait plus être l’accessibilité mais l’endettement étudiant. Dans la borne de 300 à 7000 étudiants qui n’aurait pas accès à l’éducation établie par Vierstraete (le fameux 7000 étudiants), établie selon une hausse de 1625 $ d’un seul coup, sans être annoncé et sans bonification des près et bourse, on y trouve la borne inférieur qui est déjà près du zéro. Si on ajoute la première bonification de 35%, plus celle du réarrangement des critères de salaire parentale pour l’accessibilité aux prêts et bourses et finalement la récente bonification pour la classe moyenne, avec l’étalement sur 7 ans et l’annonce préventive il y a deux ans, la borne inférieur tombe facilement en dessous de zéro. Même la borne supérieur doit y être très près, si ce n’est pas dessus. Nous parlons donc d’un débat sur l’endettement étudiant, pas l’accessibilité.

    Récemment, une étude à démontré que l’endettement n’empêcherait pas les étudiants d’étudier : « N’est-il pas possible que des personnes ne fréquentent pas l’université de peur d’avoir des dettes? «C’est très minoritaire, dit M. Finnie. Dans notre étude, c’était le cas de seulement 5% des gens qui disaient n’avoir pas été à l’université pour des motifs financiers.» ».

    Je vous demanderai donc, M. Pelletier, de ne pas juger les gens qui n’ont pas les mêmes opinions que vous. Ce n’est pas parce que je suis pour la hausse, ni parce que je suis catégoriquement contre la grève, que je ne suis pas renseigner. J’aimerais voir des « rouges » qui cessent de se prendre pour des êtes supérieurs. Je vous encourage donc, monsieur le simple citoyen, d’aller vous renseigner.

    Pour ce qui est de la société antidémocratique, j’aimerais comprendre ce que vous dites ? La majorité de la société appuie le gouvernement, j’appelle ça de la démocratie. Une population élit un gouvernement, cette population appuie le gouvernement dans l’une de ces décisions. Démos Cratos.

    Finalement, l’infantilisation de la société, je vous concède le point. Quand j’avais quatre ans, pour moi, non n’était pas une réponse. Il semblerait que pour certain, non n’en est toujours pas une. Je vous laisse deviner de qui je parles.

    Pour des sources ou des arguments, avant de dire qu’il n’y en a pas, il faut chercher:
    http://www.ledevoir.com/societe/education/348758/faire-accroire
    http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/conflit-etudiant/201204/25/01-4518667-le-quebec-un-laboratoire-pour-un-chercheur-ontarien.php
    http://nonalagreve.wordpress.com/2012/03/20/je-dis-non/
    http://www.facebook.com/groups/mesrq/doc/366941346666802/

  4. À Pierrick,

    Concernant votre second commentaire, voici ma réponse finale

    D’entrée, je mets tout de suite au clair votre présomption de jugement que j’aurais soi-disant porté sur les gens qui pense différemment de moi. J’ai relu mon commentaire précédent et je n’y juge personne, pas même vous. De plus, vous aies-je traité de quoi que ce soit? NON! Les jugements sont réservés aux tribunaux et à leurs juges.

    Ceci dit, dès le départ vous ramenez un débat de culture et un débat national au niveau le plus bas et banal souhaité par les tenants du chaos social, tel Harper, Charest et cie. Ça commence mal. Si vous refusez de voir l’évidence, je ne vous juge pas, je n’y peux rien d’autre que de le constater. Et personne ne me fera taire sous un faux prétexte de jugement, cette fausse excuse très à la mode présentement au gouvernement pour tenter de faire taire les insoumis qui ont des revendications fort légitimes.

    Quand vous parlez des étudiant(e)s qui soi-disant «se battent» pour obtenir des injonctions, ce n’est pas là une bataille, c’est une opposition judiciaire, car il usent des tribunaux pour porter des JUGEMENTS contre celles et ceux qui se battent pour la justice sociale dans l’intérêt du peuple québécois, pas dans un intérêt personnel.

    Vous vous demandez où se trouve l’injustice dans une ènième hausse de frais, parmi les bas taux d’impositions accordés aux entreprises ainsi que parmi toutes les taxes déguisées, les hausses de taxes et d’impôts annuels que ces gouvernements appliquent principalement aux citoyens ordinaires? Et bien, c’est une autre hausse injustifiée, si ce n’est que excusée par de faux prétextes économiques. La voilà l’injustice (1), sous le couvert d’une pseudo mondialisation qui se révèle être une uniformisation mondiale non voulue au Québec. (2)

    D’autre part, l’accessibilité aux études que vous critiquez comme argument, sur la base d’une études de Ross Finnie, constitue la preuve de l’endettement des étudiant(e)s et, cela dit, n’est en rien le seul argument des étudiant(e)s contre la hausse (3).

    Ross Finnie qui, soit dit en passant et selon son étude à tendance raciale d’après les deux chroniques que vous proposez, impute aux familles québécoises que les hommes de 22 ans du Québec fréquenteraient moins les universités que partout ailleurs au Canada. Un autre mantra pour tenter d’inférioriser le peuple québécois en le comparant aux reste du Canada, que vous et moi savons en majorité de culture anglophone et en majorité anglomane, sans besoin de référence ici.

    Quant aux données chiffrées que vous soumettez, je vous invite à suivre les études de l’IRIS qui contredisent aisément les arguments pour la hausse des frais de scolarité. (4)

    Pour finir, c’est à vous de vous renseigner. Il n’y pas de démocratie quand un gouvernement élu par une MINORITÉ du peuple québécois impose depuis 2003 des décrets, des baillons et des JUGEMENTS «juridiques» contre celles et ceux qui veulent simplement négocier. Si vous voyez là une démocratie, c’est que vous ne comprenez pas ce que signifie ce mot: DÉMOCRATIE. C’est simple pourtant, les dictionnaires existent aussi pour s’informer. (5)

    Les arguments du MESRQ, que j’ai lus en entier mais qui se résument à «Au Québec il faut cesser de voir l’endettement étudiant comme un endettement.», soit dans les première phrases, un mantra pour dire qu’il faut fermer les yeux sur les évidences. De plus, il s’agit de l’argumentation du gouvernement qui inclus des affirmations faussement imputées aux étudiant(e)s contre la hausse. Ces arguments sont contestés de façon sensée et avec des solutions applicables par les groupes étudiants contre la hausse, contrairement aux excuses du gouvernement.

    Ceci dit, la gratuité scolaire de la maternelle aux doctorats et maîtrises serait possible si on y travaillait vraiment. Il va de soit que des gens préfèrent quand même payer, même dans un système aux frais de l’État, cela personne ne l’empêche. Mais le gouvernement du Québec veut imposer des frais sous de faux prétextes, qui sont démontrés sur tout les réseaux sociaux, au profit d’une privatisation et d’une marchandisation inacceptables de l’enseignement, de la santé, bref de toute la société québécoise, au détriment du peuple que cela appauvrit. (6)

    Et coyez-moi, je ne tomberai pas dans le panneau des insultes contre des étudiant(e)s, pour ou contre la hausse, qu’on peut aussi trouver à l’adresse facebook que vous donnez en référence. Je ne porterai pas de jugement. J’en laisse le soin aux tribunaux.

    Renseignez-vous ci-dessous.

    Sincèrement.

    (1) Les baisses d’impôts de Charest: http://www.youtube.com/watch?v=UUKKR1xLKDE

    (2) Petit cours scriptural sur l’uniformisation mondiale dénoncée:
    http://www.assistancescolaire.com/eleve/TSTG/geographie/reviser-le-cours/l-uniformisation-des-cultures-et-des-religions-dans-le-monde-tstt_geo_23

    (3) Tout le monde en parle à Radio-Canada:
    http://www.radio-canada.ca/emissions/tout_le_monde_en_parle/saison8/
    (À 2m08s rejet de la CLASSE, à 2m48s faux prétexte du gouvernement, à 3m30s personalisation du conflit, à 5m18s Démocratie, à 9m15s fin des sessions, à 12m33s région de Québec et à 13m10s baisse d’appuie et arguments.)

    (4) La dernière analyse de l’IRIS:
    http://www.iris-recherche.qc.ca/blogue/quelques-reflexions-sur-les-tableaux-du-professeur-godbout/#more-1063

    (5) Je vous réfère aux résultats des élections depuis 2003. Les pourcentages des votes obtenu par le PLQ sont toujours inférieur à 50%, peu importe le taux de participation, pour un gouvernement qui prétend avoir la majorité des appuis grace à des sondages.

    – Élections 2003: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_g%C3%A9n%C3%A9rale_qu%C3%A9b%C3%A9coise_de_2003#R.C3.A9sultats_par_parti_politique
    – Élections 2007: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_g%C3%A9n%C3%A9rale_qu%C3%A9b%C3%A9coise_de_2007#R.C3.A9sultats_par_parti_politique
    – Élections 2008: http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_g%C3%A9n%C3%A9rale_qu%C3%A9b%C3%A9coise_de_2008#R.C3.A9sultats_par_parti_politique

    (6) Un exemple parmi tant d’autres de notre appauvrissement: http://www.youtube.com/watch?v=_6UpJx80hKQ

Comments are closed.