Tout est permis

« A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes. »

— John F. Kennedy

Le 20 avril 2012 restera gravé comme une date de rupture. Jusqu’à maintenant, nous avions un gouvernement insensible, mais nous pouvions croire qu’il démontrait un certain intérêt pour les revendications des étudiants. Aujourd’hui, Jean Charest a dépassé les bornes en faisant de l’humour noir sur leur dos. Il n’a plus la crédibilité pour gouverner. Il est indigne de sa fonction et, désormais, tout est permis pour le déloger de son piédestal et lutter contre la violence et le mépris de ses propos.

Quand le mépris remplace le dialogue, les bombes commencent à pleuvoir. Les choses ont toujours fonctionné ainsi. C’est la fin du dialogue entre les Patriotes et le gouverneur britannique qui a mené à la Révolte de 1837-38. C’est également la fin du dialogue entre le mouvement indépendantiste québécois et le gouvernement canadien qui a mené à Octobre 1970. Quand les oreilles se ferment, quand la personne en face de soi cesse d’être un interlocuteur valable, quand on n’attend même plus à voir une parcelle d’humanité dans son regard, tout est permis.

L’attitude du gouvernement Charest est celle d’un pyromane. Il se promène dans l’ombre et il fout le feu. Il envoie ses sbires, dans son parti ou chez Gesca, faire le sale travail et lui se félicite de voir l’édifice de nos idéaux brûler pour qu’il puisse enfin y envoyer ses pompiers. Montréal ressemble de plus en plus à chaque jour à une ville assiégée et il blague. Des étudiants se font matraquer ou gazer, et lui suggère de les envoyer dans le Nord pour leur « trouver un emploi ». Ce gouvernement ne représente plus la population.

Tout est permis.

Dire que tout devient permis, c’est réaliser une chose : ce gouvernement n’est plus légitime. Il a violé le contrat social qui unit la population québécoise à ses leaders. Il a violé cette tradition typique de chez nous consistant à ouvrir le dialogue pour trouver des compromis, à rejeter l’affrontement pour trouver des terrains d’entente, à écouter la rue lorsqu’elle se manifeste si clairement. Il a violé les principes fondateurs de notre démocratie, de notre vivre-ensemble, de nos valeurs. Il n’a plus la légitimité de nous représenter. Il est à l’origine d’une violence qui nous est étrangère parce que nous n’avions jamais été témoins d’un tel mépris.

Étudiants, cassez des vitres. Étudiants, prenez des pavés. Étudiants, détruisez ce qui doit être détruit si vous en avez le désir. Il n’y a plus de dialogue. Assiégez la ville si c’est là votre volonté. Aucune de vos manifestations ne peut surclasser la violence du mépris et de la répression de ce gouvernement.

Charest a choisi d’ignorer la rue. Si c’est d’un Printemps québécois dont il est question, celui-ci doit aller jusqu’au bout : jusqu’au renversement de ce gouvernement pourri.

Et puisque tous les ponts ont été coupés, puisque Jean Charest lui-même trouve le moyen de rigoler pendant qu’on assassine la démocratie étudiante, puisque celui-ci méprise jusqu’aux valeurs fondamentales des Québécois, désormais, tout est permis.

Tout est permis.

7 Réponses

  1. «Étudiants, cassez des vitres. Étudiants, prenez des pavés. Étudiants, détruisez ce qui doit être détruit si vous en avez le désir. Il n’y a plus de dialogue. Assiégez la ville si c’est là votre volonté. Aucune de vos manifestations ne peut surclasser la violence du mépris et de la répression de ce gouvernement. »

    J’espère que tu es conscient, Louis, de la portée de ce que tu as écrit!!!

  2. Un artiste a tenu les mêmes propos au tout début de la grève. Il a dû s’excuser le lendemain. Je me demande si aujourd’hui, il regrette ses paroles.

    Pour le reste, si la CLASSÉ avait daigner condamner les actes de violence, il y aurait un dialogue. Un président de syndicat ne demande pas l’avis de ses membres pour condamner des gestes violent. Pour Gabriel Nadeau-Dubois doit le faire ? Au nom de la démocratie ? Il a lui-même admis qu’un second vote de reconduction de la grève avait été fait en une soirée parce que le premier vote mettait fin à la grève. Et tout ce qu’il a dit sur le sujet, c’est que c’est un petit détail dans tout le reste.

    Elle est où la démocratie dans ce cas la ?

  3. Je suis d’accord avec la Classe. Ce n’est pas son rôle de dénoncer la violence, si ce n’est la violence perpétrée par le gouvernement, les tribunaux et les policiers. Les mêmes à blâmer que les soldats anglais en 1837 et l’armée en 1970. Les Québécois ne font que réagir à la répression, l’injustice et la discrimination. Bravo M. Préfontaine.

  4. Moi non plus Louis, je n’ose pas prononcer « le » mot.

    Qui se décidera à vraiment faire quelque chose?

    Neuf ans – NEUF ANS! – de MÉPRIS de TRAÎTRISE, de MENSONGES NON STOP par le Parti libéral de l’ordure John James Charest, et il faudrait qu’on fasse attention à nos mots de crainte de les « regretter le lendemain »!?

    Y a toujours des CALICES de limites!
    Même une bombe dans une boîte à malle ou un diplomate dans un coffre de voiture, qui le regretterait le lendemain?

    Bande d’écrevisses!

  5. John James, alias Jean, Charest va-t-il condamner publiquement son ami Louis-Georges Boudreault ?

    «L’arrestation d’un organisateur libéral influent, lors de la frappe de l’Unité permanente anticorruption (UPAC), mardi, continue d’embarrasser le gouvernement Charest, qui a dû défendre à nouveau son intégrité mercredi.

    Louis-Georges Boudreault, 77 ans, un ex-bénévole «exemplaire» HONORÉ PAR LE PREMIER MINISTRE JEAN CHAREST EN 2010, a notamment été accusé d’abus de confiance.» Source: http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2012/04/20120418-125224.html

    Réponse: Non, parce qu’une condamnation revient à un magistrat, juge d’une cour de justice, point à la ligne!

    Cet argument «piège à cons» sort de la bouche de celui qui méprise le plus actuellement le peuple québécois, John James (alias Jean) Charest, à la tête d’un Parti qui n’a que le nom de libéral et une bande sbires mafieux à son emploi.

    Heureusement, ce gros mensonge ne prend pas sur toutes et sur tous.

  6. Oui, la ‘violence de rue’ est regrettable mais il ne faut pas

    oublier qu’il existe aussi une ‘violence politique’ et on ne

    peut exacerber un groupe d’individus indéfiniment.

    Jean Charest et Madame la Ministre de l’éducation ont

    provoqué à vif les jeunes étudiants en refusant le dialogue.

    Ils n’ont que s’en prendre à eux-mêmes de la tournure des

    événements.

  7. Bravo Louis. Ce que tu écris là est une lecture parfaitement correcte de la situation, et l’exprimer ne peut en rien t’être personnellement profitable. À mille lieues de la pensée de la trappe au centre qui est omniprésente dans nos médias, sans oublier la pensée réactionnaire qui, elle, ouvre bien des portes.

Comments are closed.