Archive for mars 2012

Citoyens de seconde classe
30 mars 2012

On aurait tort de sous-estimer l’importance de ce fait divers. L’incapacité de l’hôpital Royal Victoria à soigner une Québécoise dans la langue nationale et l’obligation pour cette dernière d’engager un interprète pour se faire servir en français constitue la démonstration la plus probante que les Québécois, en 2012, sont redevenus des citoyens de seconde classe.

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On ne pourrait imaginer pareil scénario nulle part sur cette planète ; les Québécois constituent encore une fois une anomalie parce qu’ils tolèrent qu’on méprise leur langue et qu’on le fasse en utilisant leurs fonds publics. Le bilinguisme qu’on consent à notre minorité surfinancée se transforme entre ses mains en un unilinguisme ravageur.

L’hôpital Royal Victoria fait partie du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et jouit de la dérogation 29.1 de la Charte de la langue française, ce qui permet d’assurer une forte présence anglaise dans tout l’appareil de l’administration. Malgré celle-ci, l’hôpital a le devoir de soigner les patients en français.

Or, l’hôpital ne respecte pas ce droit. La concession que la loi 86 a accordée en 1993 aux hôpitaux de langue anglaise visait à protéger la minorité de langue anglaise en introduisant davantage d’éléments de bilinguisme. Ce que la réalité nous démontre avec cet exemple, c’est que le bilinguisme prôné par les anglophones ne constitue qu’un cheval de Troie permettant de mettre en place un unilinguisme anglais par la suite. Le français n’y devient qu’une langue minoritaire parmi d’autres, une langue facultative de surcroit.

Il faut franciser les hôpitaux montréalais

La dérogation 29.1 n’est attribuée qu’aux hôpitaux desservant une majorité de locuteurs d’une même langue étrangère. Même si les données sur la langue des utilisateurs des hôpitaux jouissant de cette dérogation à Montréal ne sont pas disponibles, on peut douter de la pertinence d’attribuer cette dérogation à treize hôpitaux sur l’île de Montréal.

Comme le montre l’image ci-dessus (cliquez dessus pour l’agrandir), non seulement un grand nombre d’hôpitaux jouissent de cette dérogation, mais en plus près de 35% des lits de santé physique à Montréal sont attribués à ces hôpitaux. Dans l’ouest de l’île de Montréal, tous les lits y sont soumis.

Or, comme on peut le voir dans l’image ci-dessous, la proportion de la population de langue maternelle anglaise est inférieure au 50% requis pour obtenir la dérogation. Même dans les très anglophones banlieues de l’île, l’anglais est en situation minoritaire.

La question est la suivante : si l’article 29.1 doit être appliqué uniquement dans les hôpitaux où la population est majoritairement de langue anglaise, comment se fait-il qu’il y ait treize hôpitaux jouissant de celle-ci alors que la population de langue anglaise n’atteint que 12% dans la RMR de Montréal, 13% à Montréal, 18% sur l’île de Montréal et 47% même au cœur des banlieues les plus anglophones ?

Cette sur-représentation des anglophones (et la sous-représentation des Québécois, son corollaire) s’explique notamment par une disposition de la loi stipulant que la dérogation 29.1 ne peut être retirée qu’à la demande du conseil d’administration de l’hôpital et avec l’appui du gouvernement. Cette nuance a permis au Quebec Community Groups Network, un puissant lobby anglophone recevant plus de 4 millions de dollars d’argent public annuellement pour combattre la Loi 101, d’élaborer une stratégie prônant l’occupation des différents conseils d’administration des établissements de santé au Québec.

En 2009, par exemple, la fusion de deux hôpitaux, l’un francophone, l’autre anglophone, pour former l’Institut de réadaptation de Montréal, a donné lieu à une croisade pour étendre la dérogation 29.1 au nouvel établissement. Cette proposition émanait de Catherine Duff-Caron, une ancienne avocate du groupe de pression anglophone Alliance Quebec, qui a déposé une telle demande à l’OQLF, même si celui-ci sert une majorité de patients francophones.

Une guerre linguistique

De nombreux Québécois ne le réalisent pas, mais la guerre linguistique bat son plein à Montréal. Pendant que les francophones parlent de paix linguistique et « d’ouverture » à l’anglais, les anglophones utilisent le pouvoir de l’argent pour faire des pressions politiques, occuper leurs institutions et assurer que la suprématie de leur langue continuera de s’imposer dans la métropole.

Et pendant ce temps, le gouvernement regarde dans l’autre direction sous la supervision complice d’un Parti Québécois s’improvisant comme défenseur du français mais ayant renié sa promesse de 1994 d’annuler la loi 86.

Tant que nous n’aurons pas le courage de nous attaquer aux privilèges de la minorité de langue anglaise, tant que nous tolérerons le sur-financement et la sur-représentation de ses institutions, tant que nous refuserons de comprendre que nous sommes en pleine guerre linguistique et que nous avons le devoir de nous positionner fortement pour défendre notre langue nationale, on continuera de violer les droits fondamentaux de ceux qui ont contribué toute leur vie à payer avec leurs impôts les hôpitaux des anglophones et qui aujourd’hui se font cracher au visage par une minorité n’étant même pas en mesure de parler la langue nationale.

Plus que jamais, nous sommes des citoyens de seconde classe.

Qu’attendons-nous pour agir et mettre fin aux privilèges de la minorité la plus choyée au monde ?

Loi 101 : le courage de Curzi
28 mars 2012

« Tout homme qui se tient debout, est le plus beau des monuments ».
-Georges Dor

C’est son testament politique que livre aujourd’hui Curzi en proposant de renforcer la Charte de la langue française. Partant du constat maintes fois démontré que le Québec est en voie d’anglicisation, il dépose à l’Assemblée nationale un projet courageux, mais qui ne s’attaque pas au cœur du problème : le surfinancement des institutions de langue anglaise.



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En effet, l’essentiel de ses propositions concerne des mesures périphériques, symboliques ou coercitives. Par exemple, Curzi modifie l’article 1, qui spécifie que le français est la langue officielle du Québec, en y ajoutant : « Et la langue commune de tous les Québécois ». C’est un ajout important, mais symbolique. Idem pour la francisation des raisons sociales, avec ajout obligatoire d’un préfixe ou suffixe dans la langue nationale. Idem pour l’article 7, qui définit le droit de tous les citoyens à l’apprentissage du français.

En soi, le symbolisme n’est pas mauvais. Toutes ces actions constituent autant de petits drapeaux qu’on plante sur notre territoire et qui signifient : « C’est chez nous ! ». Le problème, c’est que la Loi 101 est devenue essentiellement symbolique depuis qu’elle a été dépecée plus de deux cent fois, notamment par la Cour suprême du Canada. On s’obstine sur la grosseur des caractères pendant qu’on laisse de grands pans de notre nation s’angliciser en silence. Le symbolisme satisfait essentiellement les gouvernements en place parce qu’il permet d’acheter la paix auprès de la frange plus sensible de la population tout en refusant de toucher aux privilèges de la minorité anglophone.

Ceci dit, il y a plusieurs mesures intéressantes dans ce projet. Que ce soit l’obligation de communiquer dans la langue nationale avec les immigrants, la nécessité pour les employeurs de justifier leur exigence d’une langue étrangère lors d’une offre d’emploi, l’application de la Loi 101 aux entreprises de 25 à 50 employés ou l’augmentation du financement de l’OQLF, ce sont là des propositions positives, mais qui restent néanmoins très sectorisées et qui ajoutent à la complexité de notre aménagement linguistique. En plus, elles ignorent l’éléphant dans la pièce : le 1,6 milliard de dollars annuellement pour les universités de langue anglaise et le 1,5 milliard pour le méga-hôpital anglophone.

Ce projet perpétue donc l’attitude schizophrénique des Québécois qui, par toutes sortes d’entourloupettes, essaient de protéger les privilèges de leur minorité tout en faisant la promotion de la langue nationale. En utilisant une approche essentiellement bureaucratique, Curzi poursuit dans la veine d’une loi devenue coercitive parce qu’elle n’a jamais eu le courage d’être assez simple pour attaquer de front les anglophones.

La Loi 101 n’a pourtant pas besoin d’être complexe et d’impliquer nombre de contrôles et d’ajustements. Les solutions simples sont souvent les meilleures. En conclusion d’APARTHEID UNIVERSITAIRE, je propose notamment de financer les institutions de la minorité anglophone historique proportionnellement à son poids démographique.

La minorité anglophone historique – les anglophones nés ici, et y ayant donc des racines – forme 5,6% de la population québécoise. Il suffit simplement de financer ses institutions à 5,6% du budget total. Oubliez le 29% de financement des universités ou le 14% de financement des cégeps anglais. Oubliez le 45% pour le méga-hôpital. Oubliez les schémas complexes et les dérogations, oubliez la paperasse !

Aurions-nous besoin d’une Loi 101 tellement complexe si Bishop’s, McGill et la moitié de Concordia étaient francisés ? Aurions-nous besoin de faire tant des plaintes sur l’affichage si le méga-hôpital anglophone ressemblait à une petite clinique de banlieue plutôt qu’au monstre qui se construit actuellement dans la cour Glen ?

Il faut sortir des lieux communs. Notre refus de nous attaquer directement au surfinancement des institutions de langue anglaise est la cause principale de nos ennuis actuels.

Curzi est un des rares députés à avoir le courage de proposer un renforcement de la Loi 101. Si ses propositions ne s’attaquent pas encore au cœur des prérogatives léonines de notre minorité, elles jettent les bases d’un débat non plus basé sur la protection d’acquis insuffisants, mais sur la conquête de nouveaux pouvoirs permettant d’assurer le futur de notre langue.

C’est une étape fondamentale.

Anglais : Jusqu’où doit aller l’ouverture ?
27 mars 2012

Je vous invite à écouter mon intervention à l’émission d’Isabelle Maréchal, au 98,5 FM. En compagnie de Christopher Hall, et avec la participation du député péquiste Yves-François Blanchet, nous élaborons des pistes de solutions pour mettre fin à l’anglicisation du Québec et lutter contre l’anglomanie ambiante.

[mp3j track= »2012-03-27.mp3″ caption= »I. Maréchal : C. Hall et L. Préfontaine »]

Ma solution est toujours la même : mettre fin au surfinancement des institutions de langue anglaise et financer la minorité anglophone historique au pro rata de son poids démographique. Il faut également arrêter d’excuser les anglophones qui ne savent pas parler la langue nationale. Il faut cesser de faire la promotion du bilinguisme parce qu’un bilinguisme généralisé constitue, pour paraphraser Lionel Groulx, la première étape de l’agonie d’une nationalité.

Le racisme croissant des jeunes anglos
23 mars 2012

Le sondage CROP commandité par L’Actualité est catastrophique mais peu surprenant : 74% des jeunes anglophones du Québec s’opposent aux dispositions centrales de la Loi 101, 77% voient d’un bon œil l’anglicisation de Montréal et un spectaculaire 79% croient qu’ils n’ont pas à contribuer à la vitalité de la langue française au Québec. Aurait-on voulu mieux illustrer le racisme croissant de la minorité anglophone du Québec qu’on aurait eu de la difficulté à le faire.

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Fait intéressant : les positions des jeunes anglophones à l’égard du français sont beaucoup plus radicales et hostiles que celles des anglophones plus âgés. Oubliez la vieille madame de chez Eaton ou le Rhodésien de Westmount : le racisme et la haine anti-québécois se vivent maintenant en plein jour au cœur de quartiers historiquement populaires. Alors que leurs aînés semblent ressentir tout au moins une petite gêne à l’idée qu’on puisse mépriser les valeurs de la nation québécoise, les jeunes anglophones du Québec exposent leur haine du Québec français comme un étendard.

Quiconque connaît moindrement notre histoire ne devrait pas se surprendre d’une telle situation. Depuis des siècles, le racisme anti-québécois de cette minorité repue et satisfaite a constitué la toile de fond où se tramaient les vicissitudes de leur quotidien. En 1849, par exemple, ce sont ces mêmes suprématistes haineux qui ont mis le feu au parlement de Montréal parce que celui-ci voulait indemniser les agriculteurs victimes des troubles reliés à la Révolte des Patriotes. En 1900 après la victoire des Anglais dans la guerre des Boërs, les mêmes orangistes reliés à l’Université McGill ont commis une émeute, arrachant tout ce qui était le moindrement francophone, chantant le Rule Britannia et hissant l’Union Jack à l’Hôtel de Ville. En 1970, les mêmes racistes se félicitaient qu’on suspende la liberté de tout un peuple, qu’on emprisonne des poètes, des syndicalistes, des leaders étudiants, des politiciens.

Quiconque n’apprend pas de son passé est condamné à le revivre, dit l’adage. Qu’avons-nous appris, exactement, quand nous tolérons que des anglophones vivant ici continuent, en 2012, de mépriser nos valeurs fondamentales ? Qu’avons-nous appris quand nous acceptons de cohabiter avec des gens qui n’ont ni le désir de respecter nos lois, ni le désir de participer à notre existence et encore moins le désir de nous voir survivre en tant que collectivité ?

Nous n’avons rien appris parce que nous avons oublié que nous sommes un peuple en lutte. Nous agissons comme si nous étions souverains, mais pour l’anglophone qui vit ici nous ne sommes qu’une province, du latin pro victis qui signifie territoire des vaincus. Le jeune anglophone qui vit ici ne voit pas en nous une nation, mais une simple minorité canadienne ayant le culot de tenter d’imposer un aménagement linguistique comparable à ce qui se fait ailleurs dans le monde. Pire : cet anglophone est témoin de ceux des nôtres qui, profondément aliénés, contribuent à affaiblir la portée de notre langue.

Nous ne comprenons pas que le jeune anglophone n’a aucun désir de s’intégrer. Il voit notre langue et il voit une langue faible. Il regarde notre peuple et il voit un peuple vaincu. Pour lui, la Révolution tranquille ne constitue qu’une parenthèse dans l’histoire d’un peuple ne méritant que de disparaître en silence. Le français, la Loi 101, nos valeurs ? Rien à foutre. Jour après jour, il se nourrit des immondices haineuses publiées dans un torchon comme The Gazette. Il s’éduque dans une université surfinancée comme McGill. Il se fait soigner dans sa langue dans des hôpitaux surfinancés. Il voit un mégahôpital anglophone de près de 1,5 milliard de dollars s’ériger dans la cour Glen. Sa langue est maîtresse.

Pierre Falardeau disait que lorsqu’on se tient debout, on ne se fait pas aimer, mais on se fait appeler « monsieur ». Voilà notre problème. Nous avions appris à toute une génération d’anglophones à nous respecter. Or, depuis 1977, nous n’avons cessé d’édulcorer notre Loi 101, de réduire jusqu’à l’insignifiance la portée de notre aménagement linguistique, de faire le dos rond aux anglophones, de leur montrer patte blanche, de cochonner de bilinguisme tout ce que nous touchons. Nous nous croyons un peuple mature en paix avec sa minorité anglophone, mais nous oublions que cette minorité québécoise se considère comme une majorité canadienne et que celle-ci n’aura de paix que lorsque sa langue sera la seule valable sur tout ce continent.

Cette haine et ce racisme anti-québécois doivent servir à quelque chose : nous rappeler que l’objectif du peuple québécois ne doit pas être d’être aimé, mais d’être respecté. Nous n’avons pas à obtenir l’assentiment de notre minorité pour quelque décision que ce soit. Nous n’avons pas à continuer à tolérer le surfinancement de ses institutions ou le mépris de nos valeurs et de nos lois.

Nous avons le devoir d’agir avec force, vigueur, et d’imposer le respect à cette minorité de racistes non seulement en renforçant la Loi 101, mais également en mettant la hache dans les institutions permettant la transmission de leur mépris.

Le droit des Anglais
21 mars 2012

Je remarque un trait commun à tous les débats touchant la langue au Québec : alors que les Québécois ont des positions modérées et variées, la minorité anglophone est quasi unanime à dénoncer la Loi 101 et à déverser sa haine – voire son racisme – sur le peuple québécois. Cette attitude, loin d’être normale, constitue plutôt la conséquence d’une sorte de complexe de supériorité issue de ce qu’on peut considérer comme étant le « droit des Anglais ».

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Comme il en est question au chapitre 2 d’APARTHEID UNIVERSITAIRE, le droit des Anglais a été exprimé par Edmund Burke au 18e siècle en réponse aux Lumières françaises. Cette attitude de supériorité découlait d’une forme de darwinisme social qui valorisait l’application des théories biologiques de Darwin au niveau politique. En clair, on considérait qu’il était légitime pour le plus fort de dominer le plus faible et les Anglais considéraient donc qu’ils avaient non seulement le droit, mais le devoir de dominer les autres peuples, qu’ils considéraient comme inférieurs. C’est ce « droit des Anglais » qui a inspiré les politiques ethnocidaires de Durham à l’égard de la nation québécoise dans les années 1840.

Aujourd’hui, après près d’un demi-siècle de rapports linguistiques basés sur des aménagements structurés, on semble revenir à l’idée d’un rapport de force brut entre les langues. L’anglais étant la langue la plus puissante d’Amérique du Nord – et de loin – on considère donc qu’il est normal, voire nécessaire, de l’imposer à toutes les autres, considérées comme inférieures.

Se croyant investis du devoir d’imposer la supériorité présumée de leur langue, nombre d’anglophones vivant au Québec considèrent comme une hérésie la seule pensée que puisse exister une puissance étatique leur imposant une langue qu’ils considèrent inférieure. À leurs yeux, il n’y a qu’un pas entre l’obligation d’afficher en français ou d’envoyer les enfants d’immigrants à l’école française et les camps de concentration de Dachau ; ils perçoivent le contrôle de leur langue non pas comme une mesure nécessaire pour protéger une langue française minoritaire sur ce continent, mais comme un affront que fait le faible au fort simplement en pensant qu’il pourrait imposer des règles dépassant le simple rapport de force.

Ce complexe de supériorité de la minorité de langue anglaise ne serait pas si dangereux en soi s’il n’arrivait pas à s’imposer de plus en plus à une grande partie des Québécois. Ceux-ci, éduqués à l’école du laisser-faire économique et identitaire, en viennent non seulement à se montrer indifférents à l’égard de leur langue, mais même à la détester et à ne plus se considérer, collectivement, qu’à travers le prisme déformant et haineux de la majorité anglophone continentale.

Le Québec, à leurs yeux, ne constitue plus le territoire physique de la nation québécoise, mais une simple limite géographique où vivent des humains ayant la particularité de parler une langue considérée comme inférieure, possédant une culture considérée comme inférieure, des valeurs considérées comme inférieurse, un système politique considéré comme inférieur, alouette ! Ces Québécois ayant adopté la vision du « droit des Anglais » ont appris à haïr leur propre peuple précisément parce que le Québec s’est doté d’un aménagement linguistique permettant de faire triompher le faible aux dépens du fort.

Les idées de droite qui soufflent sur le Québec depuis environ trois décennies commencent à donner leurs fruits. Tout en laissant une Loi 101 de façade de plus en plus affaiblie, on a travaillé à affaiblir ses fondations en enseignant à nos jeunes à détester tout ce qui n’est pas issu du « laisser-faire ». L’idée même de légiférer pour autre chose que pour protéger les « libertés » individuelles devient de plus en plus étrangère pour nombre de jeunes.

Nous vivons donc à la pire des époques. Non seulement nous rapprochons-nous de plus en plus du précipice de l’assimilation, mais nous le faisons dans un contexte où l’État est systématiquement émasculé et où la simple conviction que puisse exister en Amérique du Nord un peuple riche et ayant une langue méritant d’être protégée est anéantie à la fois par le racisme d’une minorité d’anglophones surfinancés et par l’ignorance et l’endoctrinement d’une majorité de Québécois ayant appris à détester tout projet collectif.

Stéphane Gendron est un ignare (2e partie)
13 mars 2012

Dans la première partie de ce texte, je démontrais de quelle manière Stéphane Gendron est un ignare parce qu’il ignore tout des aménagements linguistiques dans le monde. Il ne comprend pas de quelle manière la Loi 101 est une loi linguistique FAIBLE en comparaison de ce qui se fait ailleurs sur cette planète parce qu’il est centré sur son propre nombril. Son ignorance, pourtant, va plus loin que cela : il est également totalement ignorant de ce qui se passe au Québec, voire dans sa propre ville !

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Dans un texte publié en anglais dans un torchon anti-Québécois habituel, il fait encore état de son ignorance.

Quelques citations, et ma réponse. Toutes les traductions du texte original en langue étrangère ont été effectuées par le service de traduction de Google.

« Lorsque une communauté a 44 pourcent de sa population parlant anglais, comment pouvons-nous l’ignorer ? »

Personne n’ignore cette population. Elle a des services de santé en anglais, des écoles en anglais (sur-financées, doit-on le rappeler), elle peut parler sa langue, elle se fait servir en anglais un peu partout. La Loi 101 stipule que c’est à partir de 50% de citoyens d’une ville ayant une langue étrangère comme langue maternelle qu’une ville peut s’adresser à eux dans leur langue. Huntingdon ne remplit pas ces critères.

« Même si la plupart des anglophones de Huntingdon parlent et comprennent le français, nos valeurs nous enseignent que nous ne faisons pas la promotion d’une langue en en écrasant une autre. L’épuration linguistique n’aura pas lieu sur notre territoire. Jamais. »

De un, le fait de s’adresser aux citoyens dans la langue nationale n’implique pas d’écraser une autre langue. Est-ce que les résidants hispanophones du Texas se sentent « écrasés » parce qu’on s’adresse à eux en anglais ? Est-ce que les citoyens russes d’Allemagne se sentent « écrasés » parce qu’on s’adresse à eux en allemand ? Non, la normalité, partout dans le monde, est d’utiliser une langue rassembleuse et commune. Au Québec, cette langue est le français.

Ensuite, quand Gendron parle d’épuration ethnique, il fait abstraction d’une réalité incontournable : ce sont les francophones qui sont en danger dans sa ville ! Alors que sa population de langue anglaise intègre à elle quantité de francophones et d’allophones, le taux d’assimilation des francophones atteint 7% ! L’épuration linguistique est déjà en marche à l’encontre des francophones de Huntingdon, et Stéphane Gendron ne semble pas s’en formaliser.

« De quoi le Québec a-t-il peur ? La population anglophone des régions québécoises diminue. »

La vérité, c’est que la population anglophone est en pleine croissance ! Il y avait 564 752 anglophones de langue maternelle au Québec en 2001, contre 607 163 en 2006, soit une augmentation de 7,5%. Au même moment, la population de langue maternelle française n’augmentait que de 1,3%. Stéphane Gendron dit N’IMPORTE QUOI.

« Les écoles et les églises de langue anglaises ferment à travers la province. La population est vieillissante. Nous sommes sur le bord de perdre un héritage culturel important. »

Les écoles de langue anglaise sont sur-financées et la vitalité de la langue anglaise au Québec est la plus forte AU CANADA, ce qui démontre une intégration rapide DES JEUNES vers l’anglais. Ce n’est pas le signe d’une population vieillissante. Quant à l’héritage culturel, il suffit de prendre sa voiture et de faire quelques kilomètres vers le sud ou l’ouest pour trouver une mer de plus de 300 millions d’anglophones. Ce sont les Québécois qui constituent un héritage culturel important à protéger, pas les anglophones ! Nous sommes la pluralité et la diversité sur ce continent, et nous avons le droit de nous défendre face à ceux qui veulent travailler à nous éliminer !

« À tous les jours, le Québec fait des efforts considérables pour accommoder les nouveaux arrivants du monde extérieur (sic), mais crache à la face du frère anglophone avec lequel il a partagé des siècles d’existence. C’est un non-sens ! »

Le Québec fait des efforts pour intégrer les immigrants, oui. Et quel est l’obstacle à cette intégration ? Le repli sur soi encouragé par le multiculturalisme prôné par les anglophones et la langue anglaise elle-même. Quant à l’histoire du frère anglophone, on pourrait commencer par 1759, continuer par 1837, et terminer par 1970 pour se rendre compte que cette histoire a toujours été celle d’une minorité anglophone d’oppresseurs contre une majorité québécoise d’opprimés. Rien n’a changé, sinon que nous nous opprimons désormais nous-mêmes en sur-finançant systématiquement les services de notre minorité.

« Le complexe d’infériorité culturelle du français (sic) continue de nuire au développement du Québec moderne. Pendant que nous avons peur des autres, l’Ontario et les provinces de l’ouest se développent à grande vitesse. »

L’Ontario va beaucoup moins bien que le Québec et les provinces de l’ouest se développent à cause du pétrole. La démagogie de Gendron va très loin, mais les faits existent pour les contrecarrer.

Dans le reste de son texte, Gendron explique de quelle manière il entend contourner la loi en instaurant un journal faussement indépendant pour communiquer avec ses citoyens. Bref, après avoir écrit un texte en entier de faussetés sur le Québec et après s’être plaint de ne pas pouvoir avoir de bonnes relations avec le « frère anglophone », il crache désormais au visage du « frère Québécois » qui appuie la Loi 101 et désire son application.

En méprisant ainsi les Québécois, qui démontrent leur fort attachement à la Loi 101 sondage après sondage, Stéphane Gendron met cependant sa ville sur la ligne de feu. Il est à prévoir que beaucoup de Québécois, comme mon ami, feront un pèlerinage à Huntingdon pour faire des plaintes à l’OQLF pour chaque virgule de travers. Si Gendron se permet de mépriser l’esprit de la loi en la contournant, nous sommes tout à fait justifiés d’utiliser la même loi pour prendre chacun de ses commerçants en défaut sur de petits détails.

Les plaintes ont déjà commencé à être envoyées. Des lettres aux commerçants, leur expliquant qu’ils peuvent remercier Gendron pour ces plaintes, le seront sous peu. D’autres expéditions sont prévues à Huntingdon. Si dérapage il y avait, Gendron en serait le coupable.

La seule chose que le mépris de Gendron a réussi à obtenir, c’est de mettre fin à la relative paix linguistique au Québec.

D’une manière assez tordue, on pourrait le remercier. Il est plus que temps de relancer le débat linguistique, de renforcer la Loi 101 et de mettre fin aux privilèges indus de la minorité la plus choyée au monde.

Si l’ignorance et l’anglomanie de Stéphane Gendron peuvent servir à quelque chose, c’est à ça.

Qu’attendons-nous pour enfin devenir une nation normale et mature, fière d’elle-même et n’ayant pas besoin de se mettre à genoux devant sa toute-puissante minorité pour exister ? Qu’attendons-nous pour réellement faire de notre langue nationale… une langue nationale ?

Nous sommes la diversité sur ce continent et nous avons le droit d’exister.

Ce ne sont pas les mensonges de Gendron, sa haine ou son désir d’éradiquer tout un peuple en s’attaquant à sa loi la plus fondamentale qui nous en empêcheront.

Comment s’opposer à Stéphane Gendron sans se fatiguer
12 mars 2012

Stéphane Gendron est un traître. Y a-t-il un autre mot pour le décrire ? Traiter la Loi 101 de raciste, alors que c’est la seule loi qui nous sépare de l’anglicisation, alors que son adoption en 1977 a permis d’assurer un futur en français aux générations qui suivent et de mettre fin à l’intégration en anglais de 90% des immigrants, constitue un acte de trahison envers tous les Québécois. Oui, bien sûr, il démontre son ignorance quand il traite de raciste un aménagement linguistique beaucoup plus faible que ce qui se fait ailleurs dans le monde, mais cela ne l’empêche pas d’être une nuisance et de contribuer à renforcer la position de l’anglais dans une ville qui assimile déjà ses francophones à une hauteur de 7%.

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Question : comment s’opposer à Stéphane Gendron et lui enlever le soutien dont il semble jouir dans sa municipalité ? Très simple : il faut opposer les commerçants locaux (qui aspirent à la tranquillité et aux bonnes affaires) à Stéphane Gendron. Même si Gendron a déjà annoncé son départ prochain de la mairie de Huntingdon, cela contribuerait à lui enlever le soutien dont il a besoin pour être une telle nuisance.

Voici de quelle façon on peut couper ce soutien :

  1. Il faut faire des plaintes à l’Office québécois de la langue française (OQLF). Beaucoup de plaintes. Et pour la moindre virgule de travers. Vous allez à Huntingdon avec un appareil photo, vous prenez des photos ; vous allez dans les commerces et vous notez. Vous ratissez la ville de long en large. Par la suite, envoyer la plainte à l’OQLF est très facile et cela peut même se faire par courriel.
  2. Il faut envoyer une lettre au commerçant à propos duquel on a fait une plainte. Dans cette lettre, polie, on lui explique simplement qu’il peut remercier Stéphane Gendron pour cette plainte et que c’est grâce aux propos de Stéphane Gendron qu’il devra rendre des comptes à l’OQLF.
  3. Vous mettez la photo ou les informations des commerces récalcitrants en ligne. Une page Facebook très intéressante intitulée Pour que Huntingdon respecte la Loi 101 a été créée à cet effet.

Pas plus compliqué que cela. On lance le message suivant aux citoyens de Huntingdon : « Vous voulez avoir la paix ? Remettez votre maire à sa place et forcez-le à se rétracter. »

Un ami a commencé à faire des plaintes. Il m’a envoyé une carte indiquant, en rouge, les rues visitées (cliquer sur l’image pour l’agrandir). Il est suggéré de revisiter périodiquement ces zones, mais ce sont surtout les endroits qui n’ont pas encore été visités qui devraient l’être le plus rapidement possible.

Comment être certain que cette stratégie fonctionne ?

Regardez ceci :

Gendron commence déjà à sentir la soupe chaude. Il SAIT que les plaintes ont commencé à affluer et il est possible que des commerçants l’ait déjà contacté à ce propos.

Notons au passage qu’il est assez cocasse que des citoyens soucieux de faire respecter les lois se fassent traiter de talibans. On se demande si le maire Gendron traite de taliban le policier qui l’arrête pour excès de vitesse au volant de sa mustang ou s’il traite de taliban le citoyen qui dénonce un parent battant son enfant. Il semble qu’au-delà de l’ignorance crasse de Stéphane Gendron à propos des aménagements linguistiques dans le monde, celui-ci aurait également de la difficulté avec le respect des lois.

Cela est particulièrement drôle quand on y pense. D’un côté, Gendron veut se battre à mort contre une loi et traite de talibans ceux qui veulent qu’on applique les lois. De l’autre, il pleure comme une madeleine et crie à l’intimidation quand des Québécois se lèvent contre sa sottise.

C’est quoi son truc, dites-moi ? Fuck les lois… sauf si c’est à son avantage ? Une loi est bonne quand elle protège Stéphane Gendron et une autre loi est mauvaise parce que Stéphane Gendron est en désaccord ? Louis XIV, Gendron, même combat !

Chacun de nous, Québécois, pouvons faire notre part contre Stéphane Gendron. Il suffit d’avoir un appareil photo et un moyen de transport. Il est non seulement possible, mais également un devoir de contribuer à faire respecter la Loi 101 à Huntingdon et de mettre fin à l’anglicisation de nos concitoyens, victimes d’un maire anglomane semblant préférer flatter son narcissisme devant les médias que de travailler à protéger les lois au cœur de sa petite ville, un patelin en décroissance constante depuis qu’il est à sa tête.

Nous aurions tort de croire que la cause n’est pas importante parce qu’elle concerne une petite municipalité en région. Tout est question de symbole et quand Gendron insulte la loi fondamentale du Québec français, il doit en subir les conséquences. Nous devons, collectivement, relever la tête et ne pas accepter de se laisser mépriser par la première carpette venue.

Qu’attendons-nous pour ratisser sa ville et montrer à ses citoyens qu’ils feraient mieux de tourner le dos rapidement et définitivement à l’ère Gendron ?

APARTHEID UNIVERSITAIRE en pré-vente !
9 mars 2012

Mon livre APARTHEID UNIVERSITAIRE est en pré-vente !

J’ai travaillé sur ce livre au moins trente heures par semaine pendant plus d’un an. À mon avis, il s’agit de l’essai le plus complet faisant état du sur-financement des institutions collégiales et universitaires de langue anglaise au Québec et au Canada. Aucun autre auteur, au mieux de mes connaissances, n’avait exploré ce sujet à ce point en profondeur avant moi.

Si vous voulez mieux comprendre de quelle manière une université comme McGill sert de cheval de Troie à notre anglicisation, ou de quelle manière toutes les institutions francophones sont sous-financées proportionnellement à notre poids démographique, si vous désirez observer des comparaisons avec le reste du monde permettant de mieux saisir à quel point la minorité de langue anglaise du Québec est la plus choyée sur cette planète, et si vous espérez des solutions qui dépassent une Loi 101 insuffisante, cet essai est pour vous !

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Huntingdon : les francophones se font assimiler !
7 mars 2012

Un ami m’a fait part d’une communication personnelle qu’il a eue avec Stéphane Gendron, maire de Huntingdon. Voici la réponse de Gendron à une requête lui demandant de respecter la langue nationale des Québécois :

Sincèrement, la solution de la ville fonctionne et ne vous enlève rien personnellement. […] Ca fait quand même presque 200 ans que l’on fonctionne comme ça. Alors pourquoi cesser?

Pourquoi cesser ? Parce que ça ne fonctionne pas du tout.

Population de langue maternelle, de langue d’usage française et assimilation des locuteurs français à une autre langue, Huntingdon, de 1996 à 2006.
Langue maternelle Langue d’usage Assimilation brute Taux d’assimilation
1996 1 548 1 435 -113 -7,3%
2001 1 488 1 395 -93 -6,2%
2006 1 450 1 350 -100 -6,9%

Source : Statistique Canada

N’en déplaise aux divagations du maire de la municipalité, la situation ne va pas du tout. Alors que la langue nationale, officielle et commune des Québécois est le français depuis 1977, sa ville assimile les francophones. Des individus ayant le français comme langue maternelle choisissent de laisser tomber cette langue au cours de leur vie à Huntingdon.

À l’inverse, la situation des anglophones est fort enviable. Non seulement l’ensemble de l’assimilation des francophones se fait à leur profit, mais la différence entre les données d’assimilation des francophones et de l’intégration des anglophones s’explique par une intégration quasi-exclusive des immigrants à l’anglais.

Population de langue maternelle, de langue d’usage anglaise et intégration des locuteurs d’autres langues à la langue anglaise, Huntingdon, de 1996 à 2006.
Langue maternelle Langue d’usage Intégration brute Taux d’intégration
1996 1 063 1 205 143 13,4%
2001 1 018 1 170 153 15,0%
2006 1 000 1 150 150 15,0%

Source : Statistique Canada

En clair, quand Stéphane Gendron affirme que la situation fonctionne, et que son mépris de la Loi 101 n’a pas de conséquences, il ment. Les données sont éloquentes : les francophones de Huntingdon sont victimes d’une assimilation vers l’anglais. Ce taux d’assimilation atteint près de 7% en 2006, soit seulement 2% de moins que le taux d’assimilation des francophones du Nouveau-Brunswick. Personne, évidemment, n’aurait l’idée de suggérer que la situation des francophones se porte bien dans cette province.

Ce n’est donc pas l’anglais qu’il faut protéger à Huntingdon. Cette langue se porte très bien et il y a encore près de 400 habitants de Huntingdon qui ne comprennent pas un seul mot de français, merci à la politique de bilinguisme forcé imposée par la ville. Huntingdon encourage le repli sur soi des anglophones et favorise l’intégration des immigrants non pas dans la langue nationale, comme cela devrait être le cas et est la normalité partout dans le monde, mais dans la langue de la minorité.

Il est inacceptable de laisser un médiocre roitelet comme Gendron mépriser ainsi la loi la plus fondamentale des Québécois, la seule qui les sépare d’une assimilation à plus grande échelle.

Si Gendron croit qu’il n’y a pas de problème, cela prouve une de deux choses : ou bien il n’a rien à foutre de la langue des Québécois, ou bien c’est un maire misérable et totalement ignorant de ce qui se passe dans sa ville.

Dans les deux cas, c’est un incompétent et son départ annoncé de la vie politique constitue une bonne nouvelle non seulement pour ceux des nôtres qui subissent l’assimilation à Huntingdon, mais pour l’ensemble des Québécois dont la langue est plus menacée que jamais, précisément à cause d’un anglomane comme lui.


Je vous invite à vous joindre à cette page Facebook, qui suggère un pèlerinage à Huntingdon, avec un appareil photo dans une main et un paquet de formulaires de plaintes à l’OQLF dans l’autre…

Stéphane Gendron est un ignare (1ère partie)
6 mars 2012

Ça m’étonne toujours. Même trente-cinq ans après l’entrée en vigueur de la Loi 101, il se trouve toujours des gens pour affirmer que le fait de fonctionner, au Québec, dans la langue des Québécois, est raciste. Stupéfiant. Les arguments apportés par Stéphane Gendron et le conseil municipal d’Huntingdon qu’il a mis à sa botte sont encore plus surréalistes.

Source de l’image

Par exemple, Huntingdon affirme qu’elle n’a pas à se conformer à la loi parce que le« gouvernement pratique lui-même une politique de bilinguisme ». On dirait un enfant qui se lamente de sa punition en affirmant que son petit voisin a fait bien pire. Oui, le gouvernement du Québec a largement bilinguisé ses services ; ce n’est pas une raison pour faire la même chose. Cette anglicisation que nous impose le gouvernement Charest est elle-même réfutée dans de nombreux cas : on n’a qu’à penser au registraire des entreprises et à la CSST, à qui l’Office québécois de la langue française (OQLF) demande maintenant de servir les entreprises dans la langue nationale. Qu’on se comprenne : le fait que le gouvernement manque de respect à la langue nationale des Québécois ne peut pas constituer une justification à faire la même chose au niveau municipal !

Autre argument bidon : la Loi 101 serait raciste parce qu’elle ne pourrait pas servir les citoyens « dans la langue de leur choix ». Ne trouvez-vous pas cela d’une stupidité innommable ? Depuis quand le fait de s’adresser aux citoyens dans la langue nationale constitue-t-il du racisme ? Est-ce que les États-Unis sont racistes parce qu’ils s’adressent à leurs citoyens en anglais ? Est-ce que la Wallonie, en Belgique, est raciste parce qu’elle s’adresse à ses citoyens en français ? Est-ce que les cantons germanophones de Suisse sont racistes parce qu’ils s’adressent à leurs citoyens en allemand ? Est-ce que la Russie est raciste parce qu’elle s’adresse à ses citoyens en Russe ? Est-ce l’État associé d’Aland, en Finlande, est raciste parce que tout s’y fait en suédois ?

Quelle connerie monumentale !

En fait, on pourrait dire que c’est Stéphane Gendron lui-même qui est raciste selon cette définition. Le profil des communautés 2006 de Statistique Canada nous apprend que 75 des 2525 habitants de Huntingdon ont une langue maternelle autre que le français et l’anglais. Pourquoi la ville ne communique-t-elle pas avec ces citoyens en russe, en arabe, en espagnol, ou dans la langue de ces gens ? Pourquoi se contenter du français ou de l’anglais ?

Dit autrement : en quoi le fait de s’adresser à ces gens en français seulement serait du racisme, mais de le faire en français et en anglais ne le serait pas ? Dans les deux cas, on s’adresserait à ceux-ci dans une langue qui n’est pas leur langue maternelle. Pourquoi l’utilisation d’une seule langue non-maternelle serait raciste, mais l’usage de deux ne le serait pas ?

La vérité, c’est qu’il existe un vieux fond raciste à Huntingdon. Ce n’est pas la Loi 101 qui en soit l’expression, mais plutôt ce refus obstiné, borné, haineux, d’une partie de la population de fonctionner dans la langue normale, officielle et nationale des Québécois. Ces vieux racistes, qui ont trouvé dans un colonisé comme Stéphane Gendron l’expression de leur haine à l’égard des Québécois, sont un obstacle au vivre-ensemble non seulement à Huntingdon, mais également dans l’ensemble du Québec.

Les accusations de racisme ne devraient pas être prises à la légère. Voici pourquoi j’invite M. Gendron à dénoncer les pays et nations suivants pour leur « racisme ». Pourquoi se contenter du Québec ? Voici d’autres coupables de racisme :

  1. Suisse : Jura, Neuchâtel, Vaud, Genève. Ces quatre cantons francophones, dans une Suisse majoritairement germanophone, n’offrent aucun service en allemand à leurs citoyens. Tout s’y fait en français. Quel racisme  !
  2. Californie. L’article 3 de la Constitution californienne de 1989 a consacré l’anglais comme seule langue officielle de l’État de la Californie. Racisme !
  3. Nouveau-Mexique : Les 14,5% d’hispanophones nés dans cet État n’ont pratiquement aucun droit, aucun réseau d’éducation, aucun accès à la justice ou à la santé dans leur langue. Par contre, les 5,6% d’anglophones dans la même situation au Québec ont accès à tout ceci et même davantage.  Racisme, racisme !
  4. Slovaquie : La minorité hongroise formant 11% de la population n’a pas accès à des services universitaires dans sa langue. Quel racisme !
  5. Lettonie : On force la minorité russe à apprendre le letton dans les écoles et à suivre près de 60% de leurs cours  en letton. Hitler, sors de ce corps !
  6. France : La loi Toubon oblige l’affiche en français. Racisme !
  7. Belgique : Les citoyens de langue maternelle française n’ont aucun service en français dans toute la partie flamande du pays. Racisme, racisme !
  8. Îles Féroé : Ces îles appartenant au Danemark, fonctionnent quasi-exclusivement en féroïen et les citoyens de langue danoise n’ont pour ainsi dire pas de services dans leur langue. Racisme, racisme, racisme !!

Si Stéphane Gendron avait les yeux un peu moins centrés sur son propre nombril, il verrait que c’est une normalité MONDIALE que de fonctionner dans la langue nationale. Même des nations vivant au sein de pays ayant une autre langue majoritaire imposent leur langue pour assurer la survie de celle-ci et une meilleure cohésion sociale.

Ainsi, si Gendron et ses larbins du conseil municipal de Huntingdon désirent s’opposer à ce qu’ils perçoivent comme du racisme, qu’ils aient au moins l’honnêteté de le faire à tous les niveaux. Qu’ils organisent une coalition internationale contre le racisme. Qu’ils fassent la leçon à l’ensemble de la planète, eux qui se pensent si supérieurement brillants.

Quand Gendron et ses porte-valises adoptent la victimisation des anglophones vivant au Québec, ils participent à une œuvre de destruction de l’intelligence. Ils méprisent l’ensemble des aménagements linguistiques dans le monde. Ils adoptent une vision ethnocentrique et renfermée typique de la minorité anglophone du Québec, tellement centrée sur elle-même qu’elle ne se rend pas compte à quel point la Loi 101 est une loi linguistique FAIBLE en comparaison de ce qui se fait ailleurs.

Aucune minorité linguistique sur CETTE PLANÈTE ne jouit d’autant de droits que la minorité de langue anglaise du Québec. Celle-ci est assise sur des institutions d’éducation sur-financées, sur un service de justice dans sa langue, sur des hôpitaux sur-financés. Et voilà – NOM DE DIEU DE NOM DE DIEU – qu’elle serait victime de racisme parce que la ville de Huntingdon lui annoncerait la fermeture de l’aréna municipal à 21h00 plutôt qu’à 9 P.M.

Cette insulte à l’intelligence d’une minorité de bébés gâtés ayant coopté un maire en mal de narcissisme médiatique doit être remise dans son contexte : il s’agit du cri du cœur désespéré de Rhodésiens jouissant des plus grands privilèges sur cette Terre et désirant en obtenir encore davantage.

Cette formidable farce doit se terminer.

Il y a une langue commune, officielle et rassembleuse au Québec : c’est le français. Nous avons autant le droit d’imposer notre langue chez nous que toutes les nations sur cette planète le font chez eux. Nous avons même LE DEVOIR de le faire, et ainsi de participer à l’intégration des minorités et à la cohésion sociale.

La Loi 101 est la plus grande des lois anti-racisme. Elle s’oppose à cette séculaire haine anti-québécoise qui, par le pouvoir de l’argent d’une minorité anglophone repue et extrémiste, réussit à se payer des carpettes comme le maire Gendron pour nous forcer à nous mettre à genoux et à renier la seule Loi qui nous sépare du précipice de l’assimilation.

Dans les prochaines semaines, je vais aller à Huntingdon avec une caméra à la main et un formulaire de plainte à l’OQLF dans l’autre.

Je vous invite à faire la même chose.

Mettons fin au racisme anti-québécois : appliquons la Loi 101 ! Que dis-je ? Renforçons-la !

Et mettons un point final à la carrière d’un idéologue anglomane et ignare comme Gendron.



Vous pouvez lire la seconde partie en cliquant sur ce lien.