Les connards

Il arrive un jour dans la vie de tout parent où son enfant lui demande : « Papa, que faisais-tu quand… » Quand le jeune s’éveille à son histoire, qu’il prend conscience des grands mouvements sociaux ayant transformé la société, des formidables luttes ou des tristes reculs ayant façonné la réalité contemporaine, il désire savoir où se situait ses parents dans ce formidable flux..

« Papa, que faisais-tu quand les étudiants se battaient pour une éducation accessible pour tous ? »
– Heu… Hmmm… Veux-tu vraiment le savoir, fiston ?
– Oui !
– Hé bien… J’étais à la solde du gouvernement en place et je portais un carré vert signifiant que j’étais en faveur de cette hausse.
– …

Que dire à un tel enfant ? J’aimerais le savoir. Je regarde ce Mouvement des Étudiants Socialement Responsables du Québec, dont les têtes dirigeantes sont reliées au Parti Libéral du Québec, et j’ai de la peine. Pas pour eux, bien sûr, mais pour leurs enfants. Comment un enfant doit-il se sentir quand il apprend que son père ou sa mère étaient de gros connards ?

* * *

Les connards ont toujours des justifications ; c’est ce qui les différencie des idiots. Un connard est un idiot qui a développé un argumentaire suffisamment convaincant pour convaincre d’autres idiots de s’élever jusqu’à devenir des connards.

La première règle du connard. Pour devenir un connard, il faut avant tout adopter une argumentation circulaire s’appuyant sur les préjugés. Par exemple, dans les années soixante aux États-Unis, on pouvait parler des « nègres » comme d’une race de paresseux. En 2012, au Québec, on peut parler des étudiants comme étant des buveurs de bière. Ça marche. C’est circulaire ; à l’opposant de prouver le contraire. Il suffit d’avoir vu une fois un étudiant buveur de bière et le tour est joué.

La seconde règle du connard. De la même manière, on sort quelques chiffres bidons sans aucun rapport avec la réalité. On compare les frais de scolarité par rapport à ceux payés en 1968, par exemple. Pourquoi 1968 ? Parce que. Voir le point un. Et qu’importe si les taux de scolarité et de diplomation étaient plus faibles. Pas le moindre soucis si le taux de fréquentation universitaire était si anémique qu’il avait fallu baisser violemment les frais de scolarité pour renverser la tendance au début des années soixante. Non. Vous n’avez rien compris. Quand vous êtes un connard, vous choisissez une date, vous choisissez un chiffre, et vous répétez jusqu’à épuiser tout le monde sauf les autres connards qui vous suivent..

La troisième règle du connard. Quand l’utilisation abusive de données ne fonctionne pas, on utilise des concepts en vogue qu’on tente d’arrimer à notre cause. Tiens, l’utilisateur-payeur, par exemple. Il suffit alors de dire qu’il est « socialement responsable » pour l’utilisateur de payer. Le truc fondamental, c’est de ne pas s’engager plus en avant dans cet argumentaire, de peur d’avoir à avoir une logique à assumer. Par exemple, une personne intelligente pourrait bien faire remarquer que personne n’irait à l’université ou presque avec l’utilisateur-payeur, qu’il n’y aurait plus de rue, plus d’aqueduc, et plus aucune forme de société complexe et collective. Le connard, quand il fait face à de tels arguments, doit ABSOLUMENT faire référence au point 1 et revenir sur les préjugés originaux.

* * *

Le connard, en fait, est un idiot doté d’une intelligence suffisante pour s’établir un réseau complexe de schémas mentaux schizophréniques lui permettant d’être en mesure de se regarder dans le miroir sans se rendre compte à quel point il est connard. Il peut ainsi vivre une vie pleine et épanouie et ne pas ressentir le moindre malaise, ni face à la pauvreté, ni face à la baisse de la fréquentation universitaire, ni face à la marchandisation de l’éducation. Le connard marche dans un tas de merde en respirant des effluves de rose.

Et quand, un jour, son enfant lui pose la question fatidique, quand son propre enfant le met en face de son statut de connard égoïste et centré sur son petit cul, que fait le connard ?

Pour la première fois de sa vie, il est honnête. Il a vendu son corps, son âme, le peu d’intelligence qu’il avait, et il met désormais sur le marché celle de son enfant, en lui révélant l’ampleur de sa connerie et en proposant, en retour de l’amour inconditionnel d’un enfant pour son parent, la vérité d’une vie gâchée à se prostituer pour des intérêts privés n’ayant aucun état d’âme à œuvrer contre le bien commun.

Car, plus que tout, le connard rêve que son fils devienne un jour un super-connard.

Il est prêt à tout pour ça.

« Fiston, dans la vie, commence par payer tes propres couches, sois responsable… »

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7 Réponses

  1. Papa pourquoi tu n’as jamais investi dans un Régime Enregistré d’Épargne Étude depuis ma naissances si tu considère que l’éducation est un droit et que c’est important. Je suis tellement un fardeau pour toi que tu dois demander au reste de la population de payer pour moi?

  2. Peut-être que papa n’est pas un riche donateur du PLQ et qu’il a aussi de la difficulté à joindre les deux bouts. Peut-être que papa considère que l’éducation est un bien collectif et que puisque l’ensemble de la collectivité profite d’une société éduquée, il est normal que cet investissement soit fait par tout le monde. Peut-être que papa a également lu les études qui démontrent que les gains pour l’État entre le passage du secondaire au baccalauréat atteignent 8,5% et que l’éducation ne constitue pas un fardeau, mais un enrichissement. Peut-être que papa a également envie d’un Québec aussi riche et prospère que les pays scandinaves, plutôt qu’un Québec de fond de ruelle comme les États-Unis et les autres pays ayant adopté ce triste chemin.

    Peut-être que papa peut se regarder dans le miroir, lui…

  3. Mais alors pourquoi Papa n’est tu pas riches si tu as fait des études?
    Peut-être que papa ne peut plus soutenir le regard des autres qui n’arrivent plus car les programmes sociaux sont trop gros grâce à lui qui à décidé que tous le monde devais être pareil avec les même aspiration soit celle de suivre le gouvernement qui dicte les programmes sociaux.
    Peut-être que Papa est trop syndicaliste pour laisser les gens faire des choix

    Si tu veux un modèle scandinaves il faut le prendre au complet si non qui dit qu’on va pas prendre uniquement la mauvaise partie et ignorer la bonne!
    1- On flush le Syndicat (Bon ok les mouvement étudiants vont perdre leurs modèle) et on décentralise.
    2- On enlève les programmes déterminer par le ministère de l’éducation pour laisser aux école le choix de ce qu’il enseigne avec seule restriction des objectif à atteindre. Fini le nivelage par le bas qui permet au cancre de passer leurs cours parce que le prof normalise les notes.
    3- On va exploiter nos richesses naturel afin d’être une province riche, fini les manifestation contre les gaze de shale et on double les tarif d’hydro-Québec(ca va aider nos pauvre à étudier ca de payer plus pour l’électricité)
    4- On ajoute dans l’aide au études le facteur réussite comme dans les pays scandinave.

    À oui j’oubliais ton système scandinave ne règle par contre pas ton problème d’endetement car Malgré les généreux subsides étatiques, les étudiants se retrouvent souvent lourdement endettés au terme de leurs études, coût de la vie élevé oblige.

  4. Les « solutions » de l’extrême-droite économique n’ont jamais fonctionné nulle part. Ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer. Je le dis souvent aux Libertariens : allez vivre en Somalie pour voir ce que ça donne l’absence de gouvernement!

    Sérieusement, vos rêveries sont intéressantes, mais complètement déconnectées de la réalité. De un, ça n’a rien à voir avec le syndicalisme. De deux, on peut très bien modifier les programmes dans le cadre de la gratuité scolaire. De trois, on peut également exploiter nos ressources naturelles dans le cadre de la gratuité scolaire. Et de quatre, on peut également augmenter l’aide, notamment par l’octroi d’aide au logement, comme c’est le cas en France, avec un système de gratuité scolaire.

    L’éducation constitue un bien collectif extrêmement rentable pour l’État. Continuez de propager anonymement votre propagande vieillotte. Les étudiants veulent le bien commun et continueront de se battre pour l’obtenir, même contre ceux qui, comme vous, mêlent tous les concepts et n’ont rien compris.

  5. La première règle du connard. Pour devenir un connard, il faut avant tout adopter une argumentation circulaire s’appuyant sur les préjugés. Par exemple, on estime la qualité d’un inconnu en se basant uniquement sur son affiliation politique. Aussi, on peut ignorer la signification réelle de mots (comme circulaire, signifiant «qui s’appuie sur des arguments autres, eux-mêmes appuyés par cet argument, ou comme grève) et l’utiliser en lieu et place des vrais mots (comme «préjugé» et boycott).

    La seconde règle du connard. De la même manière, on sort quelques chiffres bidons sans aucun rapport avec la réalité. Par exemple, on peut dire que 7000 étudiants n’iront pas à l’université si la hausse se produit, tout en omettant la réalité du rapport dont c’est issu, qui lui, dit que c’est seulement dans le cas où la hausse se ferait en un an. On peut aussi dire que 30000 étudiants n’iront pas à l’université, tout en omettant de dire que ce chiffre est basé sur la différence entre la fréquentation scolaire des canadiens et des québécois. En gros, on insinue qu’avec une hausse, la fréquentation descendra automatiquement au niveau de celle du Canada. Après tout, pourquoi rester factuel quand on peut simplement utiliser des gros chiffres tape-à-l’oeil?

    La troisième règle du connard. Quand l’utilisation abusive de données ne fonctionne pas, on utilise des concepts en vogue qu’on tente d’arrimer à notre cause. On parle de démocratie quand les votes d’AG se font dans des salles aux nombre de places limitées par rapport au nombre de membres, quand on fait des votes à mains levées même si le vote secret est demandé et quand on le fait à la hâte, car on s’arrange pour le faire le midi et qu’il faut libérer le local pour 13h. On affirme ensuite à tous qu’il y a 85 000 étudiants totalement contre la hausse alors qu’il s’agit en fait de la position de seulement 60% des 25% qui ont pu entrer dans la salle pour le vote.

    Un autre exemple: le connard tente de faire passer pour «sociale» une mesure dont la facture va passer sur le dos de la société, sans même le lui demander en premier. Après tout, c’est normal que l’élite, ce 1,4% de la population québécoise, décide en lieu et place des 7 millions de québécois. Et tous les moyens sont bon pour y arriver: débrayages bloquant les rues, manifestations bloquant les édifices publics n’ayant aucun rapport avec la cible à atteindre (ce méchant gouvernement). On peut même se permettre de bloquer les ponts pour imposer notre message à ce dernier! Aucune loi n’est applicable pour les connards, sauf si c’est dans leur intérêt. Et ne vous avisez pas d’envoyer la police pour faire respecter ces lois, car les connards crieront à la brutalité policière même après avoir provoqué.

  6. À Patrick,

    Vu le nombre de fautes d’orthographe, de syntaxe, de conjugaison… j’espère que vous allez rester à l’école encore longtemps…

  7. on voit bien que nous, les vrais travailleurs, payont pour que des idiots comme vous puissiez jouir de frais de scolarité plutôt bas. le tout ne servant à rien, puisque vous n’arrivez même pas à écrire sans faire de fautes de grammaires.

    très peu impressionant.

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