Un marché brisé

Normalement, dans une économie capitaliste, le marché est ce lieu quasi-divin de découverte de la valeur des choses. Vendeurs et acheteurs proposent leurs prix et c’est l’équilibre entre la capacité  à sacrifier des marges de profit pour l’un et à sacrifier son pouvoir d’achat pour l’autre qui détermine le prix. Ce système séculaire est brisé. FUBAR, comme disent les zulus.

La faillite de la maison de courtage MF Global ne constitue pas un événement fortuit. MF Global constitue le pinacle, le parachèvement d’un système complètement malade où les fonds des clients sont hypothéqués, ré-hypothéqués et re-ré-hypothéqués parfois jusqu’à l’infini. Le principe est aussi simple que ridicule: c’est un peu comme si je vivais dans la maison du beau-frère et que je la ré-hypothéquais auprès de plusieurs banques différentes, que j’empocherais tout  cet argent et qu’en cas de défaut de remboursement c’est le beau-frère qui perdrait sa maison. Fou comme ça.

C’est ce qui s’est passé: de nombreux clients ont perdu leur or et leur argent, car celui-ci, nullement en sécurité, avait été ré-hypothéqué à plusieurs reprises. Lorsque le système de Ponzi s’est écroulé, leurs possessions ont été volées légalement lorsqu’elles ont été remises aux banques qui avaient prêtées à MF Global.

La balle d’argent

Cela va encore plus loin quand on apprend que MF Global aurait déposé plusieurs centaines de millions de dollars chez JP Morgan. JP Morgan, comme plusieurs le savent, constitue la main cachée du marché, la maison-mère (avec Goldman Sachs) du cartel bancaire. Morgan est notamment en charge des plus grandes ventes à découvert sur l’argent-métal au COMEX.

Or, voilà qu’il y avait des indication selon lesquelles l’argent-métal n’était plus disponible au COMEX. En clair: des personnes ont acheté de l’argent-métal au COMEX et ont un reçu en papier, mais il n’y a plus de métal derrière pour l’appuyer; JP Morgan le vend à découvert. Il suffirait qu’un nombre suffisant de personnes prennent possession de l’argent-métal physique pour que le système s’effondre.

En poussant MF Global à l’effondrement, JP Morgan peut mettre la main sur les valeurs hypothéquées, dont BEAUCOUP d’argent-métal, permettant de pr0téger ses valeurs à découvert.

La fin de toute confiance

Les implications de tout ceci sont simples: on ne peut plus avoir confiance dans le marché – on ne peut plus croire que des valeurs sur un écran d’ordinateur ou des reçus en papier ont la moindre valeur – et on ne peut plus croire au juste prix dans les métaux précieux, pour ne nommer que ceux-ci.

Si on ajoute à cela le fait qu’il y a près d’une once d’argent ou d’or physique pour chaque centaine d’onces de contats en papier, la seule conclusion est qu’il faudrait être stupide pour même considérer transiger sur ces marchés.

La fin de partie approche. L’expérience moderne de monnaie fiduciaire, initiée à Jekyll Island en 1910 avec l’élaboration de la FED et concrétisée en 1971 avec la fin définitive de l’étalon-or, ont fait long feu. Les banques, principales bénéficiaires de ce système où ils contrôlent la principale valeur d’échange et de calcul de la richesse, font TOUT ce qu’elles peuvent pour empêcher l’inévitable: le retour d’une monnaie honnête en or et en argent, comme cela fut le cas pour des millénaires.

Alors qu’auparavant elles opéraient principalement dans l’ombre, elles n’hésitent plus aujourd’hui à voler jusqu’à l’argent dans le compte des citoyens pour assurer leur objectif de suppression du prix des métaux précieux et la continuation d’un jeu dans lequel elles seules peuvent gagner.

Le même genre de suppression a eu lieu dans les années soixante et il a échoué. Celle-ci échouera encore. Ils peuvent faire s’effondrer le prix PAPIER de l’argent de 50$ à 5$ s’ils le veulent, la déconnexion entre leur ersatz de valeur et la valeur réelle n’en sera que plus grande.

Plus que jamais, le marché est brisé. La seule façon de se protéger: échanger ses jetons et sortir du casino.

Quand tout sera consumé, une seule monnaie n’aura pas brûlé: l’or et l’argent.

Publicités