Ce n’est pas une crise: c’est un effondrement

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12 Réponses

  1. Merci Louis. Exposé-survol des plus limpide et articulé.Pour cet envoi, vous me semblez pour la première fois vraiment à l’aise devant la caméra et le micro: je sais que ce medium n’est vraiment pas facile.
    Le fait que les systèmes complexes nécessitent de plus en plus d’énergie jusqu’à un niveau ridicule se voit illustré dans tous les domaines, dont l’agriculture. Dans l’agriculture de subsistance et comme mode de vie (avec des paysans qui occupent le territoire et valorisent une noble fonction sociale concrète), il faut de 0,5 à 0,8 kilojoules pour en produire une, avec des engrais biologiques, avec force de bras et traction animale. Avec l’agriculture industrielle, l’agri-gestionnaire, déconnecté de son milieu et esclave des aléas des marchés internationaux, des spéculateurs boursiers, des banques, des politiques étatiques, des compagnies d’engrais, de machine ries et de pesticides, des visées électoralistes, doit injecter au final en tre 1,2 et 1,8 kilojoules pour en produire une. Regardez ces chauffeurs d’im menses moissonneuses dans les champs de maïs et de blé.Voyez le documentaire Food Inc. IL Y A CERTAINEMENT UN JUSTE MILIEU ENTRE CES DEUX EXTRÊMES. Mais des leaders d’opinion éclairés (…) nous disent de faire confiance à la course en avant actuelle ou, dans le cas des modérés, que s’il le faut la science (comme toujours) nous permettra automatiquement d’atteindre l’objec tif mitoyen cité plus haut. Comme Nathalie Egralby (chronique du Journal de Montréal) nous annonçant fièrement l’avènement de la révolution verte qui ont permis de nourrir des populations que l’on croyait vouées à la famine. Que des poussées scientifiques nous permettent toujours de maintenir ce merveilleux marché (tout le monde à genoux devant ce concept: c’est ici que l’on se prosterne). Que la nécessité économique engendre l’innovation (pro chain mot à déifier), laquelle apporte la prospérité (un simple signe de croix suffira), laquelle permet l’innovation. Bref, que c’est par exemple l’argent du pétrole (puisqu’il le faut) qui permettra d’inventer une société pouvant vivre avec moins de pétrole…Exploitons-le dans l’estuaire et le golfe St-Laurent et à l’Île d’Anticosti, pour éviter de dépendre du gaz et pétrole albertain ou étranger et afin de se constituer un fonds pour nos dépenses sociales et virer au vert…(dixit Landry ou Marois).On se comporte comme si le déclin de l’économie du carbone n’existerait pas. Une autre injection à la bête droguée. Et ce n’est pas tous les jeunes néo-libéraux et libertaires qui arrivent aux postes de décisions qui vont nier ces énoncés, loin de là. C’est leur tour maintenant d’essayer leur modèle.Dans une situa tion d’urgence, en prime. Ils n’auront aucun état d’âme au passage.
    Outre le fait que, comme vous dites, ce système ne soit plus viable et fera à moyen terme encore des perdants (presque tous) et quelques gagnants qui confondent leur sort avec celui de la civilisation, il m’apparaît que les tenants de ces vues font montrent d’un scientisme béat et d’un optimisme de très mauvaise foi. Oui, l’humanité à sept milliards d’habitants a amélioré son sort et écarté bien des dangers que l’on croyait fatals, mais à quel prix et jusqu’à quels standarts ? Certes, nous avons survécu, mais sous quelles conditions ? Certainement pas très humaines.Combien de souffrances et d’injustices endurées depuis des siècles et se poursuivant chaque jour (une fin du monde étalée dans le temps, une sourde explosion au ralenti), comparée à notre énorme capacité d’innovation, de production, de redistribu tion. C’est la grenouille placée dans une marmite d’eau tiède, dont on aug mente doucement la température de sorte qu’elle ne s’échappera pas avant de mourir. Certes, il retombe(momentanément)plus de miettes au bas de la pyra mide qu’autrefois, et nous nous sommes rendus péniblement et honteusement jusqu’à notre chaos actuel. Mais,avec les innovations techniques et économi ques, si on avait pu éviter également l’effet de pyramide ? Nous serions peut-être arrivés au même point (ou mieux) avec moins de petites fins du monde en route ? Pour moi, c’est un échec, considérant nos capacités.Imagi nons maintenant avec moins de capacités…
    On nous a parlé de la révolution verte(nécessitant de fort intrans et augmen tant énormément la quantité et le PRIX des denrées), mais jamais de la dépos session des paysans des terres et des savoirs ancestraux et locaux, des cul tures d’exportations, de la perte du pouvoir de vivre et de la dictature du pouvoir d’achat, de l’achat de terres par les nations riches et les corpora tions, des systèmes de castes et de corruption comme en Inde. Jamais du fait qu’une irrigation au compte-goutte (plutôt que l’arrosage par aspersion et la grande déperdition d’eau par évaporation qui s’en suit)économiserait 70 % de l’eau potable mondiale, de l’agriculture non plus comme un sol utilisé tel un simple support pour des promoteurs immobiliers ou d’un marché d’échan ges de denrées, peu importe qui cultive, quels produits, pour qui, et avec quel moyens, destructeurs ou non, plutôt que l’agriculture comme un tissu social, une culture humaine et une autonomie régionale.Sans compter les spé culateurs sur les denrées de base mondiales, qui devaient être jugés pour crimes contre l’humanité (Jean Ziegler). Des avancées sociales réelles per pétuellement escamotées par des promesses scientistes, pour éviter entre au tres de cibler les ADVERSAIRES de sociétés plus justes, les tenants du statu quo qui ont intérêt à faire diversion et à présenter profil bas (lire Susan Georges).Bref, je trouve que de tels «leaders d’opinions» font montre (intentionnellement ou non) de rachitisme quant à leurs critères à savoir si l’humanité se porte bien et s’améliore; de se contenter de si peu dénote un mépris de l’humanité, ce désertique «pragmatisme» dénué de tout idéal est en fait une démission, une abdication préalable. Au niveau mondial, nous sommes passés de désespérés à pauvres, misérables ou extrêmement misérables (au choix); rien pour écrire à sa mère.Aucune fierté là-dedans.Si c’est ça le progrès, eh bien ça ne vaut pas cher la livre. Les humains ne méritent pas mieux ? Les trois milliards d’habitants qui vont s’ajouter non plus ? C’est un rêve impossible de demander un minimum de dignité? Les plus cyniques vous diront que vous pouvez être assuré(e)s que même si l’humanité n’avait pas dépassé un milliard d’habitants, avec une courte longévité, les mêmes avan cées techniques, une consommation minimale de chacun, on aurait trouvé le moyen de laisser pour compte une bonne proportion d’entre nous.Imaginons maintenant que nous sommes dans une situation presque complètement à l’oppo sé et que nous nécessiterons bientôt les ressources de trois à cinq planètes Terre…
    Depuis bien longtemps les néo-libéraux ont caché leur désillusion et leur fatalisme, mais bientôt on ne verra plus qu’eux. On a pas fini de nous ré péter que «l’enfer est pavé de bonnes intentions» «que voulez-vous, il faut maintenant accepter» «ça ira mieux plus tard» «nous vous faisons mal car on vous aime bien» «le système de productivisme se perpétuera sur d’autres ba ses et vous nous remercierez pour notre clairvoyance».Dans un sens ils n’au ront pas tort car il est certain que le fait de passer de la vie à la sur vie, de se rapprocher des points de rupture, de l’état d’urgence, fera en sorte que les nuances et les avenues mitoyennes ne pourront être envisagées. Il est en effet un peu tard. Sans compter tout le poids de nos idées précon çues, nos habitudes, notre histoire occultée à escient et de la fameuse pression du FAIT ÉTABLI qui nous découragent, nous empêchent d’entrevoir et d’entamer toutes les actions possibles, de lutter efficacement contre nos puissants adversaires de toujours, sans se faire accusé de désirer des catas trophes comme seul moyen de faire valoir nos solutions «idéalistes» auprès de gens désespérés.
    Quant à la science, qui je le répète ne représente qu’une petite partie de la solution,il appert que la pression qui s’applique sur celle-ci pour la productivité et la rapidité, empêche de plus en plus le recul,la lenteur et la percolation nécessaires à la recherche fondamentale et la créativité (établir des liens).Si on demande en plus aux scientifiques de nous sauver, ils n’en ont pas fini de tourner en rond et de s’épuiser en vain.Sans parler de la science poudre aux yeux ou encore néfaste,au service des pouvoirs tem porels de ce bas-monde.Car vous n’êtes pas sans savoir que la science n’est pas neutre et qu’elle se pratique par des humains comme vous et moi.Lorsque manipulée et utilisée comme paravent aux injustices, elle peut presque at teindre les mêmes effets perfides sur la société que la religion, ce qui n’est pas peu dire ! C’est malheureux ce sort de l’humanité car nous aurions pu devenir les jardiniers de la Terre, veuillant à son bien-être et par ce fait au nôtre. Nous étions un peu son système nerveux et cérébral, sa conscience. Mais un observateur le moindrement lucide ne verrait pas ça pour le moment. Mais nous sommes si jeune encore comme espèce.

    Félicitations Louis pour vos blogues et vidéos

  2. Merci!

  3. Merci!

  4. Voici comment j’interprète ce qu’avait annoncé Michel Jurdant (à partir de d’autres auteurs) dans son bouquin Le défi écologiste en 1984: si nous ne choisissons pas dès maintenant et ensemble un type de société et de développement viable et équitable, basée sur une vision de coopération et sur une approche économique non-darwinienne (encore mal interprété et récupéré, le pauvre Darwin),il est fort probable que, lors de l’effondrement de nos illusions productivistes et l’état de panique générale, c’est nous qui serons choisis par un type d’«écosociété» qui nous présentera un visage vicieux et fort hideux. On pourra nommer ce système «l’écofascisme de la survie».Nous y voilà presque rendus.Les néo-libéraux se feront une joie d’amalgamer l’écologisme et le malheur absolu.Ce sera encore plus difficile alors de repartir sur les bases évoquées ci-haut, car la confusion sera totale entre les deux soit-disant visages de l’écosociété .Je nous souhaite bonne chance.

  5. Vous me semblez trop pessimiste, c’est peutêtre parce que vous êtes trop à gauche. Je vis à Montréal, je m’achète toujours tout ce dont j’ai besoin, il n’ y pas de pénurie. Les filles et les hôtels du centre-ville n’ont jamais été aussi bon marché que maintenant. Vous devriez essayer de prendre la vie du bon coté. Vous lisez trop d’auteurs pessimistes, j’en sais quelque chose, j’avais l’habitude de lire schoppenhauer mais j’ai arrêté avant que ça soit trop tard, à la place j’ai appris et l’anglais, ce qui me permet de regarder la télé américaine et je suis de bonne humeur tout le temps. Simplifiez vous la vie, ne faites pas d’enfants, abandonnez femmes et girlfriend, allez en acheter une pour une heure à hochelaga sur ste catherine et revenez chez vous la tête légère. Soyez égoiste jusqu’au bout et vivez seul, vous vous en sortirez plus facilement.

  6. Oui, tout va bien et tout va continuer à aller bien. Les hôtels sont pleins, vous écoutez la t.v. américaine, et vous êtes de bonne humeur. Quelle belle vie pleine de sens. Merci beaucoup de cette contribution ultra-pertinente. N’oubliez pas la petite pilule du bonheur avant de dormir.

  7. Oui, tout va bien et tout va continuer à aller bien. Les hôtels sont pleins, vous écoutez la t.v. américaine, et vous êtes de bonne humeur. Quelle belle vie pleine de sens. Merci beaucoup de cette contribution ultra-pertinente. N’oubliez pas la petite pilule du bonheur avant de dormir.

  8. Louis, ton discour ressemble de plus en plus a celui des extremes libertatiens; doom, gloom, la dette, l’argent fiat, etc…
    On dirais un mini Peter Schiff.

    Malheureusement, dans 5 ans, lorsque l’economie mondiale aura encore doublee et que ce sera clair qu’il n’y aura plus de problemes economique ponctuels, les oiseaux de malheur retourneront dans l’oubli.

  9. Et avec quel pétrole, quels métaux et quels consommateurs l’économie doublerait-elle d’ici cinq ans?

    Les États-Unis sont en récession depuis six ans (les vrais chiffres, pas les fabulations officielles). Peut-être devrais-tu enlever tes lunettes roses.

  10. Et avec quel pétrole, quels métaux et quels consommateurs l’économie doublerait-elle d’ici cinq ans?

    Les États-Unis sont en récession depuis six ans (les vrais chiffres, pas les fabulations officielles). Peut-être devrais-tu enlever tes lunettes roses.

  11. Mon dieu qu’il y a en qui ont la tête dans le sable! Ouvrez-vous les yeux!

    « Quand l’économie mondiale aura doublé dans 5 ans????? » Est-ce qu’on vit sur la même planète Réjean??

    Merci Louis de ta contribution francophone pour démontrer aux zombies du royaume de la consommation que le monde est sur le point de changer drastiquement. Un tsunami d’événements s’en vient. Rester sur la plage à vous faire griller les « Réjean » et « Lucratori » du monde entier! Moi je monte dans les hauteurs…

  12. J’aurais bien aimé pouvoir visionner ta video.

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