Le feu qui couve

Il y a un travers du peuple québécois que j’aimerais voir changer: le culte de l’unanimité. On gaspille en ce moment quantité d’énergie, au sein du mouvement indépendantiste – les Québécois parmi les Québécois – à tenter de se convaincre les uns les autres de joindre tel ou tel parti ou de rester dans tel parti ou encore de quitter l’arène politique pour joindre la rue, etc. La scène indépendantiste n’est plus un lieu d’échanges et d’idées, de prises de position, mais un gigantesque trottoir de maraudage où chacun tente de convaincre l’autre de le joindre dans LE BON CHEMIN, le SEUL bon chemin. On dit des personnes qu’elles peuvent s’améliorer; il devrait en être ainsi des peuples.

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Historiquement, cette attitude typiquement québécoise se comprend: puisque nous sommes les descendants d’un peuple canadien-français ayant été ravagé par un ethnocide, le fait de se tenir les uns les autres en petites communautés « tissées serrées » a toujours constitué une manière de nous défendre. Aucun mouvement ne pouvait naître sans qu’il ne devienne l’expression d’une partie de l’âme collective des Québécois, cette unanimité ressentie et qui s’exprimait spontanément.

Cette façon que nous avons toujours eu de ne bouger que lorsque tous regardaient dans la même direction a mené aux plus grandes paralysies et aux plus grandes victoires de notre Histoire. Pendant des années, voire des décennies, rien ne se passait puisque nous étions divisés, et puis soudainement l’union sacrée se faisait et un changement drastique s’opérait. Il en fut ainsi en 1837; il en fut ainsi dans l’opposition aux guerres de l’Empire; il en fut ainsi lors de la Révolution tranquille.

Ce qui se produit en ce moment est extrêmement fécond. Tout comme la plus grande source d’énergie produite par l’Homme l’a été en divisant des atomes, l’opposition qui nous anime, les divisions, les chicanes (auxquelles l’auteur de ces lignes participe avec joie), les débats, consacrent simplement la fin d’une période d’unanimité et le retour d’une longue gestation en vue d’un nouveau mouvement collectif énergique et créatif.

En principe, il n’y a rien de mal avec le désir d’unanimité à l’origine des divisions actuelles. Tout comme certains individus traumatisés ont de la difficulté à vivre leurs émotions sur le moment – ils emmagasinent jusqu’à l’explosion – certains peuples s’actualisent difficilement. Nous en sommes simplement à une période de notre Histoire où l’idée d’indépendance est toujours la seule capable d’assurer notre mieux-être collectif mais où une large partie de la population ne se sent interpelée que par ce qui touche son individualité.

Se réapproprier notre idéologie collectiviste

Le problème, actuellement, est qu’une grande partie du mouvement indépendantiste n’arrive pas à prendre acte de la transition qui s’est opérée. Elle croit encore qu’il suffit de convaincre des indécis pour arriver jusqu’au Grand Soir. La vérité – et il faut y faire face – est que ces personnes ne sont pas indécises, ne sont même pas fédéralistes: ce sont des individualistes qui ont été éduqués au sein d’une société ayant perdu contact avec toute forme de collectivisme.

Or, en cherchant absolument à recréer de force l’unanimité, en édulcorant leur discours jusqu’à le rendre totalement imbuvable, certains indépendantistes ralentissent simplement le mouvement normal de libération du peuple québécois. Plutôt que de comprendre que le problème vient de la faillite bien temporaire des valeurs collectivistes et qu’il vaudrait mieux assumer son attachement à ces valeurs, ceux-ci font de la gymnastique intellectuelle pour tenter d’arrimer le projet d’indépendance à des valeurs individualistes totalement opposées à celui-ci. C’était exactement ce que je reprochais à Philippe Leclerc (et à Option Nationale) dans mon dernier texte.

La seule manière de faire progresser le peuple québécois est d’embrasser et de célébrer ces valeurs collectivistes. Il faut cesser de vouloir créer l’unanimité et accepter d’être minoritaire dans son camp comme un tison qui couve et qui attend le bon moment pour rallumer la flamme. Si on dilue notre discours pour proposer une indépendance désincarnée et à genoux devant les minorités, par exemple, on donne la victoire aux individualistes et on renie nos valeurs collectivistes qui imposent la protection de la COLLECTIVITÉ QUÉBÉCOISE avant celle de chacun des individus vivant sur le territoire de cette collectivité.

Qu’on me permette d’être clair: la division qui s’opère actuellement au sein du mouvement permet de départager les vrais indépendantistes (collectivistes) des faux indépendantistes (individualistes). Et croyez-moi, il y en a de chaque groupe dans chacun des partis. Ce problème touche exclusivement les indépendantistes parce que les fédéralistes ont déjà été forcés il y a bien longtemps d’adopter l’individualisme quand ils se sont rendus compte que la seule façon de garder les Québécois dans le Canada était de célébrer leur individualité et de cultiver leurs différences individuelles.

Si on veut réellement faire bouger les choses, la première étape est de reconnaître que l’unanimité chez les indépendantistes est IMPOSSIBLE pour le moment . Il n’y aura plus d’alliance sacrée au sein d’un seul parti parce qu’il faudra prendre le temps de rebâtir non seulement un véhicule d’accession à l’indépendance, mais également un discours essentiellement collectiviste et dénué de faux-compromis proposé par des mollassons qui se pensent indépendantistes mais qui sont surtout individualistes.

À partir du moment où on reconnaît que cette alliance est impossible, il faut célébrer non seulement l’éclatement du Parti Québécois, mais préparer la reconstruction d’un mouvement indépendantiste devenu certes minoritaire, voire marginal, mais authentique et composé d’individus adhérant à une même vision collectiviste de la gestion des affaires publiques. Des individus qui n’ont pas comme but de tenter de convaincre le voisin ou qui attendant l’unanimité du peuple québécois pour agir, mais qui s’informent eux-mêmes et s’organisent pour être prêts lorsque toute crise de l’idéologie individualiste se manifestera (ce qui peut se produire à tout moment).

Les choses peuvent changer rapidement. Qu’on s’organise, qu’on cesse de vouloir convaincre tout le monde et qu’on se débarrasse du vieux bois pourri qui empêche la flamme de la liberté COLLECTIVE de renaître des cendres de l’ordre ancien.

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34 Réponses

  1. Tout à fait d’accord.

    Mais ce n’est pas exclusif aux Québécois. Depuis 30 ans c’est devenu le problème de presque toutes les nations d’occident. Les pays de l’Union Européenne ont perdu leur indépendance. Difficile pour nous de se la donner dans ce contexte de mondialisation forcée.

    Tous nos politiciens ont été formatés dans cette idéologie mondialiste anti-nation.

    Il faut profiter de la crise qui s’en vient. Elle sera dure. Mais elle est notre atout, car la seule manière de s’en sortir c’est l’indépendance économique. Et ça passe forcément par l’indépendance nationale.

    Les Québécois vont le sentir très fort bientôt.

  2. Il faut profiter de la crise qui s’en vient. Elle sera dure. Mais elle est notre atout, car la seule manière de s’en sortir c’est l’indépendance économique. Et ça passe forcément par l’indépendance nationale.

    Bingo. Avec la faillite du système qui approche, on devra retrouver des solidarités avant tout locales, mais également nationales. Ce sera la chance pour nous de nous réinventer.

    Voilà pourquoi je préfère avoir une minorité de gens qui s’informent et se tiennent prêt qu’une majorité de mous qui édulcorent leur discours pour plaire à d’autres mous.

  3. Il faut profiter de la crise qui s’en vient. Elle sera dure. Mais elle est notre atout, car la seule manière de s’en sortir c’est l’indépendance économique. Et ça passe forcément par l’indépendance nationale.

    Bingo. Avec la faillite du système qui approche, on devra retrouver des solidarités avant tout locales, mais également nationales. Ce sera la chance pour nous de nous réinventer.

    Voilà pourquoi je préfère avoir une minorité de gens qui s’informent et se tiennent prêt qu’une majorité de mous qui édulcorent leur discours pour plaire à d’autres mous.

  4. Le nationalisme ce n’est pas une force de l’unité! Ils n’a pas un seul type de ‘Québécois »! Nous vivons dans une société multiculturelle et multilingues. Telle est la réalité. Notre monde est hyper-connectés. Vous ne pouvez pas ériger des murs autour d’une culture ou des cultures.

  5. Pardon? Partout sur la planète les humains vivent dans des pays et des nations avec une langue commune et une culture commune. Nous ne vivons PAS dans une société multiculturelle ou multilingue. Ça, c’est le fantasme de ceux qui veulent détruire les peuples et les langues minoritaires. Ce n’est pas la réalité.

    Quant aux murs et aux frontières, ils sont garants de bon voisinage tant dans la vie personnelle que dans celle des peuples.

    Lire: Éloge des frontières, de Régis Debray.

  6. Pardon? Partout sur la planète les humains vivent dans des pays et des nations avec une langue commune et une culture commune. Nous ne vivons PAS dans une société multiculturelle ou multilingue. Ça, c’est le fantasme de ceux qui veulent détruire les peuples et les langues minoritaires. Ce n’est pas la réalité.

    Quant aux murs et aux frontières, ils sont garants de bon voisinage tant dans la vie personnelle que dans celle des peuples.

    Lire: Éloge des frontières, de Régis Debray.

  7. Les Québécois sont les descendants des Canadiens français qui eux-mêmes sont les descendants des Canadiens pui des Français qui sont venu s’établir ici avec les Amérindiens du St-Laurent. Nous formons la nation Québécoise et 70% de la population du Québec.

    Il ne faut pas prendre vos rêves mondialistes communistes pour la réalité, Jean-Luc Savois.

    Si vous ne savez plus qui vous êtes, c’est votre problème. Si vous abandonnez votre héritage, c’est votre choix.

    Un amnésique est loin d’être hyper-connecté !

  8. M. Préfontaine, ce que vous appelez pompeusement «idéologie collectiviste» est tout simplement notre sentiment national. Et c’est vrai que nous l’avons perdu, et c’est vrai qu’il nous faudrait le retrouver. Mais si vous étiez sérieux, vous chercheriez d’abord à savoir la cause de cette perte. Car ce n’est qu’en comprenant la cause de notre dénationalisation que nous pourrez réagir. Malheureusement, vous êtes de ceux qui ne se posent pas de question, du moins pas de celle qui menacerait leurs certitudes. Et dans votre cas, ces certitudes sont les accroires ordinaires qui tiennent lieu de pensée politique chez les indépendantistes, principalement :

    ? Que la nation québécoise existe depuis le régime français, alors qu’elle naît, structurellement avec l’étatisation des institutions canadiennes-françaises au tournant des années 1970, légalement avec la Charte des droits et liberté de la personne en 1975 et la Charte de la langue française en 1977, et finalement de manière politique avec la tenue du référendum de 1980.

    ? Que cette nation québécoise est exclusivement francophone alors que la Loi 101 proclame la pleine appartenance des Québécois anglophones (et de leurs institutions) à la nation québécoise renforçant ainsi le caractère bilingue du Québec.

    ? Que l’indépendance du Québec assurerait d’emblée notre caractère français alors que toutes les institutions gouvernementales et paragouvernementales québécoises sont aujourd’hui adeptes du multiculturalisme et du bilinguisme. En pratique, cela signifie que tous nos décideurs demeuraient multiculturalistes au lendemain d’une indépendance et que nous serions dans l’impossibilité physique de les remplacer.

    Pour moi, ces fausses vérités sont à la base même de la perte de notre sentiment national autrefois si fort, car un sentiment aussi élevé ne peut reposer sur le mensonge. Elles sont aussi la raison première du recul politique que subissent les nationalistes depuis 40 ans. Stupidement, les nationalistes se battent pour une identité nationale (la québécitude) en total contradiction avec ce qu’ils croient. Ils se neutralisent et se marginalisent ainsi eux-mêmes. Vous le premier. La québécitude commande toujours plus d’immigrants, toujours plus d’anglais, toujours moins de référents français et vous êtes toujours là à scander : Québécois, nous sommes Québécois! Comprenez-moi bien, je ne vous accuse pas de mentir, je vous reproche de refuser la réalité québécoise pour ce qu’elle est.

    Et l’histoire aussi, car votre vision des Rébellions est des plus farfelues. Si les Canadiens-Français s’étaient soulevés en masse, avaient fait preuve d’unité comme vous voulez bien le croire, je vous assure que les combats auraient été beaucoup plus meurtriers que ça, on peut même penser, compte tenu de notre supériorité numérique, que nous aurions pu bouter les Anglais hors du pays. Mais il n’y a pas eu de soulèvement général parce que précisément les Patriotes ne cherchaient pas à chasser les Anglais. M. Préfontaine, les Patriotes étaient multiculturels avant la lettre, ils combattaient pour une démocratie ouverte à tous, pour une nation nouvelle, spécifiquement pour une république bilingue! Sachant cela, leur échec est-il si surprenant? Tout comme les péquistes, les Patriotes usèrent du nationalisme canadien-français pour promouvoir un progressisme politique et social.

    Et bien, les Canadiens-Français ne furent pas dupes de l’imposture, et après la catastrophe épouvantable de l’Union (notre minorisation politique), ils n’eurent d’autre choix que d’oublier les imposteurs, de se relever les manches et de refaire l’union autour de leur identité nationale. C’est précisément ce que nous devrions faire aujourd’hui après tous les échecs péquistes. Mais pour cela il faudrait avoir le courage de reconnaître s’être trompés et surtout, il faudrait rejeter la québécitude.

    Nous ne sommes pas si nombreux à nous inquiéter sincèrement du sort de notre nation, vous pourriez au moins faire l’effort de me répondre.

    RCdB

    PS
    Autre exemple de votre acculturation, vous dites que les Québécois sont descendants des Canadiens-Français un peu comme on dit des Français qu’ils descendent des Gaulois. Mais vous rendez-vous compte que vos propres parents sont vraisemblablement nés Canadiens-Français! Le vocable de «Québécois» ne s’est généralisé que dans les années 1970. Vous êtes assurément Québécois comme tous les habitants du Québec, mais vous êtes d’abord Canadien-Français. Et la question nationale, qui reste la même depuis 1763, est toujours de savoir si en tant que Canadiens-Français nous avons droit à un État national. Si Johnson père avait répondu oui, Trudeau a répondu non et Lévesque aussi a répondu non. Vous voulez changer les choses? Vous voulez retrouvez une solidarité nationale véritable? Et bien pour cela, il nous faudrait simplement répondre oui à nouveau.

    RCdB

  9. On ne regarde pas vers l’arrière, mais vers l’avant. Redevenir des Canadiens-français, c’est redevenir une minorité dépossédée et sans territoire national. Nous sommes des Québécois, et nous serons toujours des Québécois désormais tant que nous agirons en tant que tel et appuieront notre langue et notre culture sur notre territoire, qui est celui du Québec.

  10. On ne regarde pas vers l’arrière, mais vers l’avant. Redevenir des Canadiens-français, c’est redevenir une minorité dépossédée et sans territoire national. Nous sommes des Québécois, et nous serons toujours des Québécois désormais tant que nous agirons en tant que tel et appuieront notre langue et notre culture sur notre territoire, qui est celui du Québec.

  11. @RCdB

    Les Canadiens français sont les descendants des Canadiens.

    Le Canadien français apparaît après la conquête et n’est donc pas « l’avant tout » que vous prétendez.

    La nation est née canadienne.

    Il n’y a qu’une seule nation canadienne, ce sont les Québécois.

    Dans la fédération multiculturelle du Canada anglais, il n’y a que les nations amérindiennes, la nation inuit, et la nation québécoise qui sont reconnues.

    La nation québécoise n’est pas une province, mais un peuple.

    C’est votre québécitude qui est provinciale, RCdb.

  12. Que veut dire « Idéologie collectiviste », « sentiment national ». Pour être plus précis il faudrait plutôt utiliser le terme géopolitique de cohésion nationale. Elle fut asssumé par les l’Église de Rome pendant 2 siècles. Elle s’est diluée depuis que la nation a décider de miser son destin sur un (demi) État refonder avec la Révolution tranquille.

    La cohésion nationale est une condition première de la fonctionnalité de l’État. En la perdant on a perdu le contrôle de nos leviers et de notre richesse collective. Ce qui donne un gouvernement élu par une minorité qui donne dans le pillage systématique de nos richesse. Ici, on ne parle pas de corruption endémique mais bien par l’ampleur de l’opération, de trahison de l’intérêt national.

    Donc la question qui se pose est comment refaire un minimum de cohésion nationale et rétablir la fonctionnalité de notre État. Elle ne peut résulter que d’une proposition politique à laquelle adhère le plus grand nombre possible de citoyens. Et à court terme, c’est celle de reprendre le contrôle de notre État pour faire le ménage qui s’impose: 80 % de la population appui cette proposition.

  13. Merci de me répondre, mais voilà, vous me récitez toujours la même litanie : nous sommes Québécois, avec notre langue, avec notre culture, notre territoire… «C’est un peu court, jeune homme» ! Savoir ce qu’il en est en réalité, légalement, institutionnellement, ce qu’il en advient au fil des décennies qui passent, n’a donc aucune importance pour vous, car vous sauriez mieux, vous Louis P., ce qu’être «Québécois» doit signifier, en dépit de tout. Vous y croyez d’autant plus que, si vous n’étiez «Québécois», vous ne seriez rien de plus qu’un reliquat du passé, qu’une sous-merde canadienne-française, minoritaire et soumis comme vos ancêtres. Wow! Ça c’est un nationalisme de choc.

    En un seul paragraphe, vous résumez en quoi la québécitude s’avère le cauchemar des Canadiens-Français. C’est un enfermement dans une pensée magique, un angélisme politique qui nous condamne à l’impuissance : pour vous, la québécitude est foncièrement bonne, elle est même nécessaire car seul moyen pour nous d’exister réellement, elle ne peut donc être absolument mauvaise, quoiqu’il arrive! De toute évidence, vous n’entrevoyez pas jusqu’où nous entraîne une telle position : c’est ainsi qu’on peut finir par accepter bêtement une immigration massive ou une «bilinguisation» générale de nos enfants du simple fait qu’elles soient pilotées par des autorités québécoises. Mieux, la québécitude est pour vous le rejet d’un passé honteux, c’est une fuite en avant salvatrice qui nous coupe d’une identité historique de funeste mémoire. Nous sommes devenus Québécois parce que nos ancêtres n’étaient rien. Ouais, vous savez, il n’y a pas de sentiment national qui puisse croître là-dessus, en fait, il n’y a que nos pires ennemis qui puissent en être pleinement. Mais encore là, vous ne voyez rien.

    C’est tout de même étonnant, à une époque où l’on admet d’emblée que les pouvoirs puissent manipuler l’opinion publique, qu’on soit ainsi incapable d’envisager un seul instant que la québécitude puisse avoir été promue pour d’autres raisons que celles annoncées. Pourtant, à la fin des années 1950, l’assimilation des Canadiens-Français hors Québec était terminée, les Anglais n’avaient plus à craindre un Canada binational «coast to coast». Le danger était bien plus que la «Province of Quebec» devienne un Canada Français réel, formel, un État français à part entière, l’égal en droit d’un Canada Anglais. Quoi faire pour l’éviter? La même chose que toujours, faire promouvoir chez nous un progressisme vertueux, démocratique, ouvert sur le monde et surtout pluraliste, tout en chargeant le nationalisme canadien-français de mauvaise conscience et de fausse honte, par mensonges et dénigrements de toutes sortes.

    C’est ainsi que nos années ‘50 et ’60, littéraires et politiques, relèveront pour beaucoup d’un extraordinaire «French Canada bashing», commencé par les fédéralistes, renforcé par les néo-nationalistes. C’est l’une des causes certaines du succès de la québécitude. À force de se faire dire qu’on ne vaut pas grand-chose, on finit par vouloir être comme les autres. Et plus nous devenions Québécois, plus on se «provincialisait», plus on reniait nos racines, plus cela devait plaire à Ottawa (qui ne craignait plus ainsi de voir sa souveraineté et sa personnalité internationale contestées). La difficulté était cependant d’éviter un succès trop rapide, une souveraineté qui fasse en sorte que la citoyenneté québécoise trop tôt advenue finisse dans les faits par recouper la nationalité canadienne-française. Il dut falloir placer des hommes sûrs ou faibles à la tête des partis du Québec et favoriser des approches ou des stratégies dilatoires pour ralentir le mouvement. Ce qui fut fait je crois. Si en 1980 l’adéquation canadien-français=québécois était inévitable, si en 1995 elle était encore possible, elle ne l’est certainement plus aujourd’hui avec les changements démographiques et l’acculturation que nous avons subis. C’est la raison pour laquelle Ottawa a pu sans problème reconnaître une nation québécoise en 2006. L’éventualité d’une citoyenneté québécoise ne représente plus grand danger. Sa charge identitaire est presque nulle.

    Et de fait, alors que nous sommes redevenus minoritaires à Montréal (de mémoire nous l’avons été que de 1820 à 1860), alors que le bilinguisme institutionnel gagne la banlieue, que la corruption éclabousse le camp fédéraliste comme jamais, la faveur envers l’indépendance peine à se maintenir! Pour la première fois depuis 250 ans, le sentiment national, la conscience nationale s’affaiblit. Mais pour vous, la québécitude vieille de 40 ans à peine n’y est pour rien, elle reste positivement intouchable. Nos problèmes, c’est la faute à Charest, la faute à Pauline, la faute au PQ, ou parfois même la faute au Fédéral. Mieux encore, c’est de notre faute à nous, car comme vous le dites si bien, ne sommes-nous pas tous que des «Ti-counes»?

    Allez, je me suis trompé. Restez en québécitude, elle vous sied trop bien.

    RCdB

  14. On ne peut pas reculer. C’est simple; on doit aller vers l’avant. Et l’occupation par le peuple canadien-français devenu québécois du territoire du Québec est le prérequis de toute action permettant de sauver la langue française. Je vous ferai respectueusement remarquer que le seul moment où le français a été réellement en progression en tant que langue d’usage et maternelle en Amérique du Nord (si on fait exception des booms de natalité tout à fait imprévisibles et qui ne peuvent pas fonctionner sur le long terme) l’a été sur le territoire du Québec et avec le peuple québécois et ses institutions en place.

    Il n’y a pas de futur pour une nation sans pouvoir. ET ce pouvoir passe par un État, celui du Québec, sur le territoire de la province du Québec.

  15. On ne peut pas reculer. C’est simple; on doit aller vers l’avant. Et l’occupation par le peuple canadien-français devenu québécois du territoire du Québec est le prérequis de toute action permettant de sauver la langue française. Je vous ferai respectueusement remarquer que le seul moment où le français a été réellement en progression en tant que langue d’usage et maternelle en Amérique du Nord (si on fait exception des booms de natalité tout à fait imprévisibles et qui ne peuvent pas fonctionner sur le long terme) l’a été sur le territoire du Québec et avec le peuple québécois et ses institutions en place.

    Il n’y a pas de futur pour une nation sans pouvoir. ET ce pouvoir passe par un État, celui du Québec, sur le territoire de la province du Québec.

  16. Un dernier mot, et ne le publiez pas si vous préférez. Vos courtes réponses sont franchement affligeantes : la réalité des choses, l’histoire aussi, ne peuvent être ainsi pliées au gré de votre fantaisie. Ce n’est pas sérieux. Simple exemple : que pouvez-vous bien vouloir dire par «le seul moment où le français a été réellement en progression […] l’a été sur le territoire du Québec et avec le peuple québécois et ses institutions en place» ? C’est quoi ça ? Le peuple québécois n’existe pas avant les années 1970, le concept date alors de 10 ans à peine, vous ne pouvez tout de même pas le plaquer sur une société qui l’ignorait totalement, c’est de l’anachronisme pur. Vous me faites penser à ces Mormons qui baptisent leurs ancêtres catholiques. C’est grotesque ! Ce qui grandit de 1760 à 1960, c’est la nation canadienne-française avec ses multiples institutions unilingues françaises (ses municipalités de paroisses, ses commissions scolaires, ses collèges, ses hôpitaux, ses associations professionnelles, ses entreprises etc.), avec ses lois, avec sa culture propre. En deux siècles, les Canadiens-Français passent de 70 000 à près de 6 000 000 ! Et en dépit d’une forte émigration ! Qu’est-ce vous voulez de plus comme progression ?

    C’est depuis 1970 que nous régressons. Pas seulement par une baisse de fécondité, mais surtout parce que la plupart de nos institutions ont été étatisées et que, sous l’influence de Québec, elles se bilinguisent peu à peu. Vous ne me croyez pas ? Il est pourtant avéré que nos hôpitaux, nos collèges, nos municipalités, nos associations étaient autrefois françaises, mais que tous aujourd’hui sont frappés par le phénomène du «For English, press 9». Promenez-vous un peu à l’Université de Montréal ou aux HEC pour voir si elles demeurent françaises… Elles ne sont plus canadiennes-françaises, elles sont devenues québécoises, c’est-à-dire pluralistes.

    Dernier point, crucial pour un nationaliste, c’est de savoir que c’est la nation qui précède l’État, pas le contraire. Le Québec n’existe qu’à cause des Canadiens-Français. Mais cela n’en fait pas pour autant un État national. Ce sont les Anglais qui ont créé un Québec accommodant parce qu’ils n’avaient pas le choix pour nous garder de leur côté. Mais le Québec reste une colonie, un État croupion où les anglophones gardent l’avantage, c’est dans sa nature. Et pour gouverner, ses dirigeants sont forcés de s’y soumettre. C’est ce qui explique le discours du «Centaur» de Lucien Bouchard et le surfinancement de McGill. L’indépendance n’y changerait car c’est à la base même de la québécitude.

    Et c’est pourquoi ce qui était possible en 1960 -relever un État national canadien-français- ne le serait plus possible aujourd’hui : parce que «Québécois», il nous faut regarder devant, il nous faut oublier le passé, parce qu’on ne peut plus reculer… Ouais, bien décevant tout ça. Je vous laisse donc sur cette chanson de Graeme Allwright, elle vous fera peut-être réfléchir, moi, j’y renonce.

    RCdB

    Jusqu’à la ceinture

    Le capitaine nous montre un fleuve
    Et c’est comme ça que tout a commencé.
    On avait de la flotte jusqu’aux genoux
    Et le vieux con a dit d’avancer.

    Le sergent dit: « Mon capitaine,
    Êtes-vous sûr que c’est le chemin? »
    – Sergent, j’ai traversé souvent
    Et je connais bien le terrain.
    Allons, soldats, un peu de courage!
    On n’est pas là pour s’amuser. »
    Y’en avait jusqu’à la ceinture
    Et le vieux con a dit d’avancer.

    Le sergent dit: « On est trop chargés.
    On ne pourra pas nager. »
    – Sergent, ne sois pas si nerveux.
    Il faut un peu de volonté.
    Suivez-moi: je marcherai devant.
    Je n’aime pas les dégonflés. »
    On avait de la flotte jusqu’au cou
    Et le vieux con a dit d’avancer.

    Dans la nuit, soudain, un cri jaillit,
    Suivi d’un sinistre glou-glou
    Et la casquette du capitaine
    Flottait à côté de nous.
    Le sergent cria: « Retournez-vous.
    C’est moi qui commande, à présent. »
    On s’en est sortis juste à temps.
    Le capitaine est mort là-dedans.

    […]

    La morale de cette triste histoire,
    Je vous la laisse deviner
    Mais vous avez peut-être mieux à faire.
    Vous ne vous sentez pas concernés

    Graeme Allwright

  17. Je crois que vous êtes incapable de comprendre ce que signifie être une majorité. On peut très bien être Québécois ET fièrement francophone. Je me bats au quotidien contre le multiculturalisme et l’anglicisation. Mais revenir vers le passé, c’est revenir vers notre mort. Si le Québec a eu besoin de naître des cendres de l’ethnocide des Canadiens-français, c’est parce que tant que nous étions une minorité nous ne pouvions pas protéger notre langue. La situation était bien pire alors que maintenant.

  18. Je crois que vous êtes incapable de comprendre ce que signifie être une majorité. On peut très bien être Québécois ET fièrement francophone. Je me bats au quotidien contre le multiculturalisme et l’anglicisation. Mais revenir vers le passé, c’est revenir vers notre mort. Si le Québec a eu besoin de naître des cendres de l’ethnocide des Canadiens-français, c’est parce que tant que nous étions une minorité nous ne pouvions pas protéger notre langue. La situation était bien pire alors que maintenant.

  19. Une majorité? Mais les Canadiens-Français sont majoritaires au Québec, c’est parce qu’ils le sont et qu’ils l’ont toujours été qu’ils peuvent réclamer ce territoire pour assise de leur État national. Mais le Québec n’est pas pour autant un État national par lui-même. Sa majorité est circonstancielle, accidentelle, elle peut bouger (comme elle semble le faire actuellement), elle n’est donc pas du même ordre que notre nation. Notre nation, même minoritaire, existerait en soi, elle garderait ses droits et sa dignité. Mais de tout évidence, vous ne saisissez pas. Vous êtes prisonnier de vos illusions, votre entendement en est faussé. Vous parlez d’ethnocide canadien-français, alors que les Canadiens-Français sont passés de 70 000 à 6 000 000 en deux siècles! Voyez-vous tout le ridicule d’une telle affirmation? Mais cela ne veut pas dire que les Anglais n’ont pas tenté de nous assimiler -ils ont tout fait pour cela, et du pire- mais cela signifie qu’ils ont échoué, qu’on a su résister et grandir malgré tout. C’était pire avant? «Ben voyons» ! c’est aujourd’hui que rien ne va plus, qu’on est redevenu minoritaire à Montréal, qu’on s’anglicise comme jamais, qu’on sombre dans l’impuissance, l’indifférence et l’individualisme. Pire avant ! Comment c’eût été possible? Comment aurait-on pu alors réussir à se développer, à couvrir le Québec d’institutions françaises?

    Non, M. Préfontaine, du point de vue national, ce n’était pas pire avant, c’était mieux. Il y avait un sentiment national fort, une cohésion si on préfère, qui se manifestait par le nationalisme canadien-français. Mais là encore vous semblez totalement ignorer ce que cela peut être. Un nationaliste canadien-français, ce n’est pas un fédéraliste «canadian», c’est quelqu’un qui considère qu’il y a deux nations canadiennes, l’une anglaise, l’autre française, qui chacune doivent être tenues pour égales en droit. En pratique, les approches pour atteindre ce but ont pu varier dans le temps, mais dans les années 1960, cela s’exprimait politiquement par l’obtention pour les Canadiens-Français d’un État national à part entière. Autrement dit, qu’il n’y ait plus un Canada, mais deux, que le Canada actuel, sa souveraineté et sa personnalité internationale dont nous sommes les co-héritiers, soient scindés en deux. Et pour être plus clair encore, que par le relèvement du Canada Français -de la colonie Québec devenu État national des Canadiens-Français- cette damnée Conquête puisse s’achever enfin. Car c’était ça la finalité du nationalisme canadien-français, et c’est ça que la québécitude pluraliste et bilingue, de Lévesque à Charest, aura peut-être rendu finalement impossible.

    C’est vrai, on peut être «Québécois ET fièrement francophone», mais on peut tout aussi bien ne pas l’être, et c’est là le problème. Alors qu’un Canadien-Français, quelle que soit son origine, est toujours français de culture, car quand il ne l’est plus, quand il ne se reconnaît plus comme tel… il est devenu quelqu’un d’autre.

    RCdB

  20. On peut faire coïncider l’identité nationale et l’identité territoriale. C’est ça le but, même. Ce n’est pas parce que les mollassons péquistes ont édulcoré notre nation depuis 40 ans en nous transformant en un tout multiculturel que nous devons souhaiter retourner vers l’arrière. Il faut plutôt combattre cette vision et assurer que le mot « Québécois », aujourd’hui comme demain, soit autant synonyme de notre peuple que la France peut l’être du peuple français.

  21. On peut faire coïncider l’identité nationale et l’identité territoriale. C’est ça le but, même. Ce n’est pas parce que les mollassons péquistes ont édulcoré notre nation depuis 40 ans en nous transformant en un tout multiculturel que nous devons souhaiter retourner vers l’arrière. Il faut plutôt combattre cette vision et assurer que le mot « Québécois », aujourd’hui comme demain, soit autant synonyme de notre peuple que la France peut l’être du peuple français.

  22. Nous tournons en rond.

    Vous ne rendez pas compte que si vous admettez que le PQ transforme notre nation en grand tout multiculturel depuis 40 ans, cela signifie admettre du même coup que c’est ça «être Québécois» et rien d’autre. Parce qu’avant le PQ, il n’y a pas de Québécois, il n’y a que des Canadiens-Français exclusivement français de culture. Votre «Québécois français», votre «Québec français» ça n’a jamais été qu’une imposture, que de la poudre aux yeux, une vulgaire carotte pour faire marcher les nationalistes, les «purs et durs» sincères mais incapables de voir la réalité en face. Et ça a marché, si bien que ça marche encore avec vous. Mais ça ne marchera plus pour très longtemps. Lorsque les Boomers vont commencer à nous quitter en masse, dans 10, 15 ou 20 ans, il y aura de 500 000 à 1 000 000 Canadiens-Français de moins, remplacés par 500 000 à 1 000 000 immigrants de plus. Le Québec sera alors multiculturel, comme on a voulu qu’il soit, comme le pouvoir -comme Québec- le planifie depuis 1968. Vous voulez qu’il en soit autrement? Et bien il n’y a pas d’autre solution que de briser le mouvement, que d’interrompre cette dénationalisation en rejetant la québécitude.

    Mais non dites-vous, surtout pas! Ce serait un crime que de revenir en arrière! Vous ne manquez pas d’air vous, me dire ça, alors qu’on vient de recréer un mouvement «Québec français» comme en 1970… Ça fait depuis tout ce temps qu’on se bat en vain, et depuis tout ce temps le français recule. Ça prendra quoi pour vous ouvrir les yeux?

    Ceci dit, c’est bien vrai pourtant qu’il fallait territorialiser la nation canadienne-française. Mais il fallait le faire comme tout le monde, il fallait que notre nation donne son nom à son foyer national. Dans notre cas, il fallait renommer «the Province of Quebec», le Canada Français. Ça ne vous plait pas? Pourtant c’est facile de changer un nom, il faut juste le vouloir, et pas besoin d’indépendance pour ça, Terre-Neuve l’a fait pour mieux s’assurer la possession du Labrador. Pour se dire français de culture, quoi de mieux? Être des Canadiens-Français habitant le Canada Français, «that’s it»! Et puis, un Canada Français pourrait-il faire autre chose que de défendre les intérêts d’une nation française? Non. Plus encore, est-ce qu’un immigrant ou un anglophone habitant au Canada Français pourrait ignorer qu’il se trouve en pays français? Non plus. Le Québec devenu Canada Français résout toutes les équivoques.

    Alors c’est quoi le problème?

    RCdB

  23. Rejeter le Québec, c’est rejeter notre capacité à être une majorité et c’est rejeter définitivement toute capacité à pouvoir voter des lois permettant de protéger notre langue.

  24. Rejeter le Québec, c’est rejeter notre capacité à être une majorité et c’est rejeter définitivement toute capacité à pouvoir voter des lois permettant de protéger notre langue.

  25. Vous ne voulez pas comprendre, je vous suggère de changer le nom de «province de Québec» pour celui de «Canada Français» avec, dans un premier temps du moins, les mêmes pouvoirs et prérogatives. On change ce nom de manière à ce qu’il colle désormais à notre identité historique, avec sa culture et sa langue françaises. On change de nom de manière à proclamer sans équivoque aucune le caractère «français» de notre État, et qu’ainsi il soit plus simple, par une légitimité reconsolidée, de voter des lois favorisant nos intérêts nationaux.

    L’identité québécoise quant à elle, s’avère plus multiculturelle chaque jour, précisément du fait que la majorité que nous formons dans le Québec diminue sans cesse. Par conséquent, défendre au Québec la primauté de la langue française sera toujours de plus en plus hasardeux. J’espère au moins que vous vous en rendez compte. Des gens comme vous serons encore davantage marginalisés avec le temps.

    Mais bon, je me rends : hors de la québécitude point de salut !

    RCdB

  26. On nom n’est qu’un nom. Que le Québec s’appelle « Canada français » ou Zyklon B, ce n’est qu’un nom. Ce qui compte, c’est d’être une majorité en mesure de vivre selon les vœux de la majorité et c’est au Québec que c’est possible. Il faut continuer à se battre pour que ça continue de l’être.

  27. On nom n’est qu’un nom. Que le Québec s’appelle « Canada français » ou Zyklon B, ce n’est qu’un nom. Ce qui compte, c’est d’être une majorité en mesure de vivre selon les vœux de la majorité et c’est au Québec que c’est possible. Il faut continuer à se battre pour que ça continue de l’être.

  28. Les Québécois (sic Canadiens-Francais) ont perdu leur instinct de conservation. Nous sommes devenus collectivement un mélange d’individualisme post-modern et de citoyens-du-monde qui craignent d’être qualifiés malicieusement d’être trop collectivistes, racistes ou xénophobes.

    J’ai hâte au retour du balancier…

  29. Amen. Je suggère à tout le monde d’aller faire un tour sur la page Facebook « Occupy Montreal ». C’est la meilleure preuve de ce que vous venez d’écrire.

    Voici un commentaire que je leur ai écrit:

    Le problème […]à mon avis, c’est que toute l’éducation reçue par la génération montante a été une éducation anti-nationale, c’est-à-dire une éducation où on célébrait la diversité en autant qu’elle ne soit pas québécoise, où on a appris à respecter le droit d’exister de tous les peuples en autant qu’il ne soit pas québécois et où on a placé sur un piédestal ce bilinguisme qui nous tue comme nouvelle valeur suprême de l’individu.

    Il faut tout rebâtir, mais ça prendra du temps. Nos gouvernement des dernières décennies ont tout fait pour créer une génération de mollassons intellectuels incapables d’avoir conscience de notre droit collectif à l’existence

    Je ne compte plus les accusations de xénophobie ou de racisme simplement parce que des gens voulaient qu’on s’adresse à eux en français pour cet événement organisé à Montréal!

  30. Amen. Je suggère à tout le monde d’aller faire un tour sur la page Facebook « Occupy Montreal ». C’est la meilleure preuve de ce que vous venez d’écrire.

    Voici un commentaire que je leur ai écrit:

    Le problème […]à mon avis, c’est que toute l’éducation reçue par la génération montante a été une éducation anti-nationale, c’est-à-dire une éducation où on célébrait la diversité en autant qu’elle ne soit pas québécoise, où on a appris à respecter le droit d’exister de tous les peuples en autant qu’il ne soit pas québécois et où on a placé sur un piédestal ce bilinguisme qui nous tue comme nouvelle valeur suprême de l’individu.

    Il faut tout rebâtir, mais ça prendra du temps. Nos gouvernement des dernières décennies ont tout fait pour créer une génération de mollassons intellectuels incapables d’avoir conscience de notre droit collectif à l’existence

    Je ne compte plus les accusations de xénophobie ou de racisme simplement parce que des gens voulaient qu’on s’adresse à eux en français pour cet événement organisé à Montréal!

  31. Et j’imagine que tu trouves ça cool? Québec, une province multiculturelle bilingue. Wow, le summum de l’américanisation. Vite vite, on se sépare du reste du canada « fasciste » pour devenir un melting-pot à l’américaine. duuuuuuuuuuhhhhhhh!

  32. Jean-Luc Savoie, membre de l’union communiste libertaire (UCL) et Québec Solitaire? Probablement un névrosé du multiculturalisme?!?!

  33. Eh bien, tout est dit. Si sérieusement pour vous un nom n’est qu’un nom, c’est que la dénationalisation induite par la québécitude est plus profonde que je l’aurais cru. Vous n’auriez donc plus aucune idée de ce qu’est une identité, une filiation, une mémoire, un sentiment national. Votre ambition se réduit à faire partie d’une majorité mouvante, changeante, à l’atteindre, elle qui est pourtant si manipulable et si versatile; à le faire alors que vos ancêtres eux, vos grands-parents plaçaient au-dessus de tout la préservation, la survivance de leur nation canadienne-française. Il y a là une attrition, comme un racornissement de l’âme qui me désole. Mon seul espoir était de vous faire entrevoir que nous n’avions pas pu naguère être aussi médiocres que maintenant, qu’au contraire nous avions su même parfois toucher à une réelle grandeur. Mais non, l’état présent vous satisfait tout de même, car c’était bien pire avant, comme vous dites. Mais il est vrai qu’on ne peut que difficilement avoir soif de ce qu’on ignore, et dans votre cas, de ce qu’on ne peut visiblement pas concevoir. Allez, merci de m’avoir permis de mener à bien cette triste expérience.

    RCdB

  34. Je crois aussi que les temps durs qui s’en viennent seront une source de rapprochement. De prise de conscience du fait que nos ancêtres n’ont pu survivre qu’en luttant ensemble. À notre tour de ne pas être en reste et de redécouvrir la solidarité.

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