Une dernière chance de survie pour le PQ

La crise au Parti Québécois est beaucoup plus profonde qu’elle n’y parait. Malgré toute l’antipathie qu’on peut éprouver pour les méthodes autoritaires de Pauline Marois et de son entourage, le simple fait de changer de chef n’offrirait pas de solution durable au problème fondamental du parti: c’est l’idée-même d’indépendance qui est en crise et le PQ ne pourra survivre s’il ne se réapproprie pas le côté révolutionnaire du projet.

Source de l’image

Comme le soulignait récemment l’historien Pascal Cyr, l’indépendance prônée par le Parti Québécois s’affiche de plus en plus comme étant une idée d’un autre temps; on n’a pas pris acte des profonds changements des dernières décennies et de la subordination croissante des États aux impératifs économiques d’organisations n’ayant aucun compte à rendre à la population. Pris dans la tourmente de la libéralisation des échanges économiques, et n’étant plus en mesure d’imposer adéquatement des multinationales menaçant de délocaliser leur production, les pays soi-disant indépendants ne le sont déjà plus réellement. On n’a qu’à observer de quelle façon le FMI tente d’imposer son plan d’austérité et de privatisations à une Grèce affaiblie… précisément par des années d’une même recette économique.

L’intellectuel français Alain Soral explique bien l’étendue du problème dans son dernier essai Comprendre l’empire dont le sous-titre « Demain la gouvernance globale ou la révolte des nations? » résume l’ampleur du problème. En clair, selon lui, le moteur de la politique des derniers siècles est la tentative de la Banque de s’émanciper du contrôle politique. Cette quête a notamment expliqué la Révolution française, de même que les nombreuses tentatives ratées cherchant à redonner le pouvoir économique à la collectivité (communisme, fascisme). Rejoignant Pascal Cyr, il explique d’ailleurs les conquêtes de la social-démocratie nationaliste du vingtième siècle comme constituant le lest jeté par la Banque face à la peur de voir les deux idéologies pré-citées se répandre au sein de la population. L’appétit financier des grands de ce monde a donc accepté une réduction de son appétit de peur de perdre toute son assiette; ce fut le printemps des peuples, ou la création de cette troisième voie représentée par le gaullisme français ou, d’une certaine manière, par la social-démocratie québécoise et la quête d’indépendance politique prônée par le Parti Québécois dès ses débuts.

Or, aujourd’hui, après la chute du Bloc communiste, l’indépendance politique ne veut plus rien dire parce que le pouvoir politique est tout à fait à genoux devant les intérêts économiques. La population – cette sagesse populaire – sent bien ce glissement puisqu’elle semble avoir perdu non seulement son respect pour les politiciens, mais également parce qu’elle ne se donne même plus la peine d’aller voter. On a compris que le pouvoir, s’il était largement à Québec en 1976, ne s’y trouve que très réduit en 2011. Du côté d’Ottawa, c’est à peine mieux: les accords économiques signés par le Canada rendent ce pays tout aussi aliéné que le Québec a pu l’être au cours des siècles.

Pourtant, on ne peut simplement affirmer que l’idée d’indépendance est dépassée, comme le fait Pascal Cyr, sans expliquer clairement par quoi. Dire que le Québec ne peut plus être indépendant parce que le politique s’est éclipsé devant l’économique est une chose. Faire face aux conséquences réelles de cette éclipse en est une autre. Ces conséquences sont pourtant tout à fait terribles: atomisation croissante de la société, recul du français, corruption, appauvrissement généralisé de la classe moyenne et des moins-nantis. Ces tares ne sont uniquement québécoises: c’est à l’échelle mondiale qu’on voit les inégalités sociales augmenter, les langues nationales perdre de leur influence et les intérêts privés prendre le pas sur les intérêts collectifs.

Un parti contre l’Empire

Le mot fait peur, mais osons l’écrire: nous faisons désormais partie de l’Empire. Un empire qui n’est plus britannique comme au 19e siècle, qui n’est plus étasunien comme au vingtième, qui n’est même pas canadien. Nous sommes à la botte d’un système économique ayant fait de nos politiciens des collaborateurs d’un ordre économique injuste privilégiant une minorité – au détriment du bien-être de la majorité – et transformant nos représentants en bouffons d’un jeu où toutes les décisions sont prises en-dehors de notre Assemblée nationale.

Le Parti Québécois, depuis 1976, a oscillé tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Parfois, on a pris le parti du peuple, parfois celui des banquiers. Depuis Lucien Bouchard, on a définitivement choisi la seconde option, et la création de Québec Solidaire a été le premier pieu que le parti s’est lui-même planté en son cœur.

L’indépendance, n’en déplaise à certains, constitue un projet révolutionnaire. C’était vrai en 1837, c’était vrai en 1976, et c’est encore vrai aujourd’hui. Les Patriotes se battaient contre le pouvoir colonial britannique, les indépendantistes des années soixante-dix luttaient contre l’oppression canadienne; aujourd’hui, le combat a évolué et c’est contre le mondialisme, le libre-échange et l’affaiblissement du pouvoir des nations qu’il faut reprendre la lutte.

Tout projet ne prenant pas acte de la perte de pouvoir des États et se contentant de réclamer un « pays sur la mappe » sans expliquer de quelle façon celui-ci permettrait de lutter contre l’hégémonie de la finance internationale est condamné à échouer.

À l’inverse, un parti comme celui que propose de créer François Legault ne ferait que lier encore davantage le Québec à ces mêmes intérêts.

La seule solution durable, à long terme, est celle consistant à réclamer non pas une indépendance de papier, mais une indépendance effective. Il faut développer un discours plus combatif, et cesser d’avoir peur de pointer les chaînes qui nous oppriment, à commencer par notre adhésion à l’OMC, au FMI et à l’ALÉNA. Tout parti réellement indépendantiste devrait cesser de jouer les prostitués d’un ordre économique rendant l’indépendance des peuples de plus en plus improbable et se réclamer d’une réelle solidarité nationale, prélude à une solidarité internationale de peuples vivant chacun chez eux, selon leurs us et coutumes, mais se respectant les uns les autres.

L’autre option porte un nom: démission. La démission non pas des politiciens qui ont quitté le Parti Québécois, mais celle d’un peuple qui, usé par des décennies de verbiage sur une indépendance imaginée, risque de choisir des chaînes qui ont au moins le mérite de s’assumer.

Révolution, contre-révolution.

Nous en sommes là.

Ou le Parti Québécois s’assume pleinement et devient le fer de lance d’un nouveau mouvement anti-mondialisme de reconquête de l’économique par le politique, ou bien il disparaît.

C’est sa dernière chance.

Publicités

21 Réponses

  1. Encore des histoires qui ne passent pas l’épreuve des faits. Voyons…

    « Première étape : en 2007 les ménages américains, dont les revenus stagnent, notamment sous l’effet de la concurrence internationale, se trouvent dans l’incapacité de rembourser des prêts immobiliers attribués sans souci de garantie par les banques saisies d’ivresse. »

    On a à peine fait quelques lignes et déjà un mensonge. Aucun souci de garantie? Mais il vient plutôt de là le problème! Les banques ont la garantie ultime qui leur permet et même leur demande de prêter en se foutant des moyens qu’on les ménages américains. Et cette garantie, c’est l’État! Depuis autour de 10 ans, depuis Clinton, on installe une belle politique étatiste au mandat noble: L’accès à la propriété. On veut que les Américains deviennent des propriétaires et pour arriver à nos fins, on oblige les banques à prêter de l’argent à ceux qui n’en ont pas les moyens et on leur donne en échange une garantie de remboursement par des bras de l’État (Freddie Mac et Fannie Mae) en cas de pépin. Donc garantie il y a bien et ce n’est aucunement une déréglementation, un retrait de l’État ou le libre marché qui cause la crise, mais l’étatisme!

  2. Je ne sais pas si la solution que vous proposez est la bonne, mais elle a le mérite d’ouvrir une brèche dans ce mur auquel se bute le PQ.

    Je crois que nos hommes politiques doivent être beaucoup plus conscients des enjeux mondiaux afin de nous proposer des mesures originales et enthousiasmantes.

    Ma question, toutefois: comment faire passer le message ? Comment contrer la propagande des fédéralistes qui leur tombe dessus à bras raccourcis dès qu’ils font le moindre geste ou proposent la moindre idée à saveur indépendantiste? L’opinion publique est tellement biaisée par les intérêts des «bien-pensants» que je doute parfois de voir la lumière au bout du tunnel.

  3. Une analyse fort brillante mon cher Louis! En plus tu cites le sociologue Alain Soral que j’admire tellement et qui a un charisme fou. Ce que tu dis sur les banques et leur volonté de s’affranchir du pouvoir politique est très vrai. La finance internationale depuis des décennies, allié à un certain lobby, fait tout pour empêcher les gouvernement à travers le monde d’échapper à leurs diktats.

  4. Dire qu’il y a quelques jours, j’écrivais sur Vigile pour me plaindre que ce projet de souveraineté était une coquille vide qui ne garantissait pas plus de pouvoir aux Québécois.

    Louis, tu va finir par me rejoindre dans mon pèlerinage pour répandre la bonne parole:
    ==========================================================================
    La crise qui vient, matrice de la démocratie directe

    La démocratie n’est que la façade de l’oligarchie. Une oligarchie courtermiste qui s’est éloignée des préoccupations du peuple et qui prend de plein fouet une série de crises : vieillissement, immigration, endettement. Mais du mal peu sortir un bien : le retour du peuple via la démocratie directe. Yvan Blot fait le point.
    Polémia.

    http://www.polemia.com/article.php?id=3783

    ==========================================================================

    Étonnant de constater que la nationaliste fait un retour en force. en Europe. Mais qu’il fait qu’ici il fasse du surplace. C’est peut-être parce que le chef de notre parti national s’excuse presque d’être nationaliste.

  5. Le nationalisme ne pourra reprendre le rôle primordial qu’il a naguère joué chez nous tant en aussi longtemps que nous n’aurons pas rejeté le pluralisme québécois. Autrement dit, tant que les Canadiens-Français ne se considéreront pas comme une nation à part entière, une nation qui se doit de disposer d’un État national en propre comme c’était le cas avant l’avènement du PQ, notre dénationalisation ne fera que s’accélérer.

    Mais vous ne me croyez peut-être pas. Qui se souvient en effet qu’en 1967, aux États Généraux du Canada français, notre plus grandiose rassemblement nationaliste, les délégués en arrivaient aux conclusions suivantes :

    AYANT CONVENU que les Canadiens-Français constituent un peuple de près de six millions d’âmes, possédant en propre une langue, une culture, des institutions, une histoire et un vouloir-vivre collectif, que ce peuple, répandu par tout le Canada, est concentré avant tout dans le Québec, que ce peuple dispose dans le Québec d’un territoire et d’un État dont les institutions reflètent sa culture et sa mentalité, que la vie et l’épanouissement du peuple canadien-français s’appuient sur l’autorité politique, l’influence économique et le rayonnement culturel du Québec,
    ET NOTÉ que la Charte des Nations unies exige « le respect du principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes » (article 1er, par. 2) ; [les délégués]
    AFFIRMENT QUE

    1° Les Canadiens-Français constituent une nation.
    2° Le Québec constitue le territoire national et le milieu politique fondamental de cette nation.
    3° La nation canadienne-française a le droit de disposer d’elle-même et de choisir librement le régime politique sous lequel elle entend vivre.

    Tiré de L’Action nationale, février 1968

    Eh oui, on formait une nation à nous seuls en 1967, mais aujourd’hui après 43 ans de souverainisme péquiste, nous ne sommes plus que la majorité francophone d’une «nation» pluraliste. Au rythme où vont les choses, nous ne serons bientôt qu’une minorité bilinguisée au sein d’un peuple multiculturel formé de tous les habitants du Québec. Et vous vous demandez encore pourquoi le nationalisme ne lève plus chez-nous ? Je vous le répète, tant qu’on n’aura pas admis la vraie nature de la québécitude (et celle du péquisme), tant qu’on n’aura pas recouvré notre nationalité véritable, on ne pourra rien faire pour contrer notre assimilation.

    RCdB

  6. Et en plus, cette mollesse, cette peur de s’assumer n’incite que le mépris. Qui voudrait collé sur lui une étiquette qui dirait ‘je suis une pâte molle’. D’une certaine façon, c’est ce que nous demandons à nos immigrants. Alors il ne faut pas s’étonner qu’ils préfèrent apprendre l’anglais.

    Pour prendre le pouvoir, le PQ a multiplié les compromissions au point de n’être devenue que l’ombre de lui-même. Hier les batailles au sein du partie se faisait sur la façon de la nationaliser notre électricité. Maintenant, le parti s’entredéchire pour un aréna. La barre n’est vraiment plus à la même place.

    Ce Parti a presque 40 ans et je ne sais toujours pas ce que serait vraiment le pouvoir des citoyens dans ce pays à venir. Avouez que cela laisse songeur sur la pertinence de suivre nos intellectuels dans ce projet, pourtant je suis un souverainiste de longue date. Pourtant quand je soulève ce point, cela n’a pas l’air d’intéresser les ‘encartés’ du PQ. Pourquoi faire l’indépendance, si ce n’est pas pour une véritable changement.

    En 95, les gens Hochelaga-Maisonneuve et de Verdun ont voté majoritairement contre le projet, même s’ils généralement pour le PQ. Est-ce que le projet actuel en vaut les risques, selon vous ?

  7. Si le projet péquiste est si peu enlevant, c’est qu’il est pour l’essentiel achevé. Les péquistes ont atteint leur but. Car le changement fondamental que le PQ recherchait depuis 1968, c’est notre dénationalisation complète, c’est-à-dire le remplacement de notre nationalité historique, la nationalité canadienne-française, par une citoyenneté québécoise civique et pluraliste (et donc multiculturelle). C’est ça qui est advenu. Nous ne formons plus une nation partageant une filiation et une mémoire communes, nous sommes devenus de simples habitants, des contribuables interchangeables de l’État québécois. J’en veux pour preuve votre souci (partagé par M. Préfontaine) de voir le projet d’indépendance du Québec justifié par une dimension révolutionnaire ou une orientation progressiste. Car pour un nationaliste, cela devrait être bien accessoire. En Occident, il n’y a jamais eu qu’un justificatif réel à l’indépendance : la survivance de sa nation. Rien d’autre. Et avant le PQ, c’est ainsi qu’on en était venu à voir l’indépendance du Québec, comme nécessaire à la survivance (on dirait aujourd’hui la pérennité) de la nation canadienne-française. Si vous me suivez, vous comprendrez que pour moi le péquisme n’est pas que décevant, il est carrément abject en ce sens qu’il a détourné notre volonté d’émancipation politique, qu’il s’est servi de notre désir séculaire d’indépendance pour couvrir une formidable entreprise d’autodénigrement national, d’auto-effacement identitaire. C’est une trahison quasi inconcevable de la part de nos élites. Et vous avez raison, le triste résultat de cette imposture, le bon Québécois moyen, n’est pas séduisant du tout, il s’assume mal. Est-ce si surprenant? Mais il n’en tiendrait qu’à nous de se distinguer à nouveau. Nous seuls pouvons être Canadiens-Français et nous seuls pouvons en être fiers. Il ne suffit que de le vouloir, il ne suffit que de s’extirper de la québécitude.

    RCdB

  8. Je me fais juste le relais d’un texte, signé Pierre JC Allard, publié aujourd’hui 27 juin sur le site citoyen d’informations Agoravox dans la rubrique « tribune libre », dont voici le lien (si vous voulez intervenir, réagir à sa pensée) : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/quebec-une-nation-a-naitre-96569

    Québec : une nation à naître ?

    Qu’est-ce qu’on fête au Québec le 24 juin ? Ça dépend…

    On a dit que ceux qui ignorent l’Histoire sont condamnés à la répéter ; il n’est donc pas mauvais de se rappeler que, de mémoire d’homme – j’en suis la preuve vivante – la Saint-Jean-Baptiste a été d’abord la Fête de la Race. Notre hymne national nous disait que nous, Québécois, étions “nés d’une race fière”, notre berceau avait été béni et notre carrière tracée par le Ciel. Le genre de contexte qui n’incite pas à des remises en question, de sorte que l’on ne s’en posait pas trop, des questions.

    La “parade” de la St-Jean montrait des zouaves pontificaux, moins nombreux chaque année ; les orphéons des orphelinats – ils étaient encore pleins – jouaient des marches mussoliniennes pudiquement présentées en chants scouts ; le petit Saint-Jean-Baptiste fermait la marche, gagnant d’un concours de beauté entre enfants de notables. Des enfants blonds, bien sûr. En ce temps-là, les notables se portaient bien et le blond se portait beaucoup. Pas de questions.

    Circa 1960, quand est venue au Québec la Révolution tranquille et le temps des questions, Saint-Jean-Baptiste s’est mué en Précurseur. Un prophète adulte, musclé, vêtu d’une peau de bête. Un type sérieux qui erre dans le désert et qui pourrait chercher des ennuis. On les a eu, les ennuis : les bombes de l’ALQ et des deux FLQ, les “trois colombes” – dont Pierre Trudeau – et, pour finir, les événements d’Octobre “70 qui ont raflé et mis brièvement en tôle ceux qui parlaient d’indépendance. Un coup de semonce.

    Après ça, Saint-Jean-Baptiste « version II » a été mis en veilleuse, comme un écran d’ordinateur. Quand la St-Jean s’est rallumée en version III, il y a quelques années, c’était en Fête nationale, avec réjouissances populaires et allégories triomphalistes commanditées par le gouvernement et le secteur privé.

    En 2011, le secteur privé se porte bien, la coopération entre l’État et les nouveaux notables est revenue au zénith. Plus de questions. Ou plutôt, si : on fête quoi, le 24 juin ? Il faudrait le dire vite et le redire souvent, avant qu’il ne se crée des malentendus : nous fêtons une nation qui n’existe pas. Nous fêtons une nation à naître.

    Une nation à naître ? Mais la “nation québécoise”, alors ? “Nous-z-autres”, au sens de Jacques Parizeau le soir du référendum ? “Nous-z-autres”, nous sommes un peuple de blancs, francophones, étant ou ayant été catholiques et comptant au moins un ancêtre établi en Amérique avant 1760. Nous sommes une grande famille, une tribu, un clan, une ethnie, un peuple … Nous sommes conscients d’être un tout et d’avoir des affinités.

    Une nation ? Mais oui, pourquoi pas ! Le malentendu, soigneusement entretenu depuis trente ans, ne consiste pas à dire que nous sommes une nation mais à nous être approprié le vocable “Québécois”.

    On dit “Québécois”, c’est plus commode ; comme ”Américain” sonne mieux que “États-unisien”. Mais quand vous et moi au Québec nous disons “nation québécoise” ou “culture québécoise”, c’est à “nous-z-autres” que nous pensons : les “blancs, francophones, étant ou ayant été catholiques et comptant au moins un ancêtre établi ici avant 1760?. Nous ne pensons pas à un million d’Autres qui ne sont pas “nous-z-autres” mais qui cohabitent avec nous sur le territoire du Québec. Pas plus que les “Américains” ne pensent aux Boliviens ou aux Guaranis quand ils définissent la culture dite américaine.

    Mais les Autres sont ici, tout comme les Guaranis sont bien en Amérique. De sorte que, malgré le vocabulaire politiquement correct qu’on nous sert – avec souvent, d’ailleurs, pour des motifs électoraux, le ton de ne pas vraiment y croire – nous savons bien que la notion d’une nation québécoise tirant son sentiment d’appartenance de ce qu’elle habite au Québec et se définissant comme telle est une fiction. La nation québécoise “territoriale” n’existe pas. Pas encore.

    Ce qui est là, aujourd’hui, sur le territoire du Québec – et qu’on partage ou non les options de Jacques Parizeau ne change rien à cette réalité – c’est “nous-z-autres” … et les autres. Les Autres peuvent chanter et danser avec nous, mais nous savons que, même si officiellement c’est aujourd’hui la fête nationale du Québec, l’immense majorité d’entre eux ne croient pas plus à une “nation québécoise” que le Québécois moyen ne croit que cette fête soit encore celle de Saint-Jean-Baptiste.

    Or, si les Autres ne commencent pas à y croire, nous sommes perdus. Perdus, parce que ce million d’étrangers parmi nous – que personne ne songe à chasser ni à exterminer mais qui sont là pour rester – rend inévitable que la population du Québec, bientôt, ne soit plus ni si blanche ni si post-catholique… mais qu’elle se réclame en nombre croissant d’ancêtres venus non pas il y a longtemps de Normandie ou du Poitou, mais de quelque part “ailleurs” et au cours du vingtième siècle.

    Pour que se perpétue une nation québécoise de “nous-z-autres”, il aurait fallu, il y a cent ans, pour le meilleur ou pour le pire, choisir la colonisation plutôt que l’expatriation aux USA. Il aurait fallu, il y a cinquante ans, à tort ou à raison, écouter le curé et continuer la Revanche des berceaux et faisant des enfants sans modération.

    Les Québécois n’ont pas fait ces choix. Désormais, il n’y aura de nation “québécoise” – au sens territorial du terme, qui est le seul correct – que si cette nation intègre les Autres. Ce que nous fêtons aujourd’hui, c’est notre espoir que cette nation naîtra.

    Notre espoir que les Québécois de demain – qui ne seront certes plus tout à fait “nous-z-autres” – garderont néanmoins une culture que nous leur transmettrons et qui les gardera semblables à nous-mêmes. Une culture francophone. Le 24 juin est d’abord l’affirmation de notre volonté de garder le Québec français. Il n`y a pas de logique formelle à ce choix, mais c’est sur ce terrain que nous avons décidé de jouer notre honneur.

    Pas de logique formelle, car nous ne serions pas morts de honte si nous étions nés au sein de ces 97% de l’humanité qui ne parlent pas français mais disent néanmoins parfois, en leurs propres mots, des choses intéressantes ; la question n’est pas là. Nous serions honteux, toutefois, si, étant de ceux qui l’ont appris de leur mère, nous ou nos enfants CESSIONS de parler français. Honteux comme quelqu’un à qui on a collé les épaules au plancher ; parce que nous serions conscients alors que moi, vous, “nous-z-autres”, n’avons simplement pas dit assez de choses intéressantes pour que les “autres” jugent indispensable de venir nous écouter.

    En ce 24 juin, pour que naisse la nation québécoise, prenons donc la résolution de dire des choses “intéressantes”. Il ne s’agit pas de contraindre les Autres à l’usage du français, mais de les séduire. Faisons-le. Disons, en français, plus de choses intéressantes. Rappelons-nous cette réalité triviale qu’il ne faut pas de Loi 101 imposant la primauté du Français pour que tous les grands restaurants du monde présentent leur menu en français ; il suffit d’être les meilleurs…

    Pierre JC Allard

  9. Le PQ a cumulé les gaffes, mais l’ensemble des souverainistes ont une grosse part de ersponsabilité. nous avons perpétué le problème, en ne l’identifiant pas. Nous regardions partout, sauf au bon endroit. pourtant le constat est incontestable:

    Les raisons utilisées pour convaincre les Québécois n’ont jamais convaincu plus de 49.5% des Québécois. Peu importe le chef, peu importe le parti. La rhétorique sur la survivance de la nation québécoise nous condamne à l’échec !

    Pourquoi ?

    – Parce qu’elle nécessite une connaissance de l’histoire, par l’auditoire, pour qu’elle fonctionne.

    – Parce que l’urgence n’est pas évidente, Nous sommes victimes d’un génocide qui ne fait pas cadavre. Même Québec Solidaire est plus soucieux du sort des Palestiniens que celui des Québécois. C’est tout dire.

    – Parce qu’il suffit qu’Ottawa donne des pouvoirs additionnelles aux Québécois pour casser le momentum.

    En effet, si c’est pour la survie de la nation qu’il faut faire l’indépendance. Alors il suffit que la nation soit hors de danger pour que l’indépendance cesse d’être une nécessité!

    C’est d’ailleurs pour cet raison que l’étapisme ne fonctionne pas au Québec,alors qu’il a bien fonctionné dans d’autre pays. c’est pour cette raison qu’à chaque fois que nous prenions des mesures pour protéger notre culture que l’appui pour la souverainté chutait. Proteger notre culture, réduit l’urgence.

    Comprenez-moi bien. Comme Falardeau, je considère que l’indépendance est un aboutissement normal pour un peuple normal. Et cette raison me suffirait. Mais il faut se rendre à l’évidence elle ne suffit pas pour la majorité des Québécois.

    Il faut donc un autre justification pour créer une masse critique. Une justification qui sera plus forte que le clivage gauche-droite. et Idéalement, une justification qui parlera également au néo-québécois.

    Et pour résoudre ce problème, il faut que désormais que le projet de souveraineté soit lié au projet d’une démocratie directe. Honnêtement je ne sois pas autre chose qui pourrait changer la situation actuelle. Le vote proportionnel alimente bien des débats, mais cela ne déclenche pas les passions.

    Je ne prétend pas que c’est la seule option possible. Mais ce qui doit-être clair pour tous les souverainistes maintenant est que continuer à associer ensemble, survivance et souveraineté, est sans doute la meilleur façon de saboter ce projet.

  10. Pour une fois, je serai en désaccord avec M. Allard. La défense du français passe par des lois. Les Francophones hors-québec sont là pour nous rappeler que les autres options ne fonctionnent pas.

    Personne n’a le droit de critiquer cette façon de faire. Une tolérance qui met en danger la survie d’un peuple n’est pas de la tolérance, mais bien de l’irénisme. Les Québécois traitent très bien leurs minorités. Par contre, nos minorités nous traitent injustement. Il est temps de mettre fin à cette injustice !

    Notre mollesse vis-à-vis la situation de Montréal, a été notre premier accommodement déraisonnable. Arrêtons d’agir en pâte molle.

  11. Vous avez raison, la lutte pour notre pérennité nationale ne colle pas à la québécitude, et c’est bien là le problème! Les péquistes (et les libéraux dont ils sont issus) ont tout fait pour cela. Pour tuer notre sentiment national, ils ont rompu notre filiation identitaire (à titre d’exemple, on a stoppé un temps les cours d’histoire pour les reprendre plus tard sous une forme amoindrie et dénationalisée) afin de mieux imposer leur projet de rénovation sociale en guise de néo-nationalisme. En ce sens, et quoi qu’aient pu en penser les militants de la première heure, la souveraineté péquiste ne fut jamais légitimée autrement que par les réformes sociales, économiques ou autres qu’elle facilitait. Elle n’a jamais participé d’un souci de survivance nationale puisque, pour un péquiste, la nation québécoise n’était pas encore fixée: elle se devait d’être constituée des Québécois de souche (anglophones et francophones) ainsi que ceux à venir de tous les horizons. Le seul élément conservé de notre nationalisme ancestral fut la protection de la langue française, chose qui fut réglée d’assez mauvaise grâce et de façon bien précaire par la Loi 101. C’est pourquoi je ne vous suis pas. Ça fait plus de 40 ans qu’on ne parle plus de la survivance des Canadiens-Français, qu’on ne présente plus l’indépendance comme moyen d’émancipation politique pour la nation canadienne-française, qu’on se soucie même moins du français, et pour moi cet abandon est la principale raison pour laquelle la souveraineté ne suscite plus l’enthousiasme populaire comme c’était le cas avant les années 1970. Mais bon, vous semblez penser le contraire, vous cherchez donc l’astuce, le biais, le discours, la nouvelle réforme progressiste, pluraliste, ou écologique qui saurait faire gagner la faveur de l’électorat. Fort bien, mais c’est précisément ce que tente le PQ depuis 15 ans… avec toujours moins de succès.

    RCdB

  12. « Mais bon, vous semblez penser le contraire, vous cherchez donc l’astuce, le biais, le discours, la nouvelle réforme progressiste, pluraliste, ou écologique qui saurait faire gagner la faveur de l’électorat. Fort bien, mais c’est précisément ce que tente le PQ depuis 15 ans… avec toujours moins de succès. »

    Honnêtement, si c’était le cas, cela ne me poserait aucun problème de conscience de le faire. Si cela nous permettrait de gagner, je n’aurait aucun scrupule à l’utiliser. À l’exclusion de la violence, tout ce qui permettra de devenir souverain me parait acceptable. Ils peuvent relativisé autant qu’ils veulent, mais je considère qu’ils ont volé le dernier référendum. Ils veulent jouer vicieusement, alors je ne vois pas pourquoi je n’utiliserais tout les moyens à ma disposition. Avec les commandite, ils ont démontré, qu’ils pouvaient mettre de coté leurs principes pour vaincre. Je suis un pragmatique, je ne fais pas partie de gens qu’ils pensent qu’ils y a une forme de noblesse à perdre en se conduisant d’une façon exemplaire. Au contraire, j’encourage les souverainistes à devenir plus vicieux que leurs adversaire, puisque c’est la voie que notre adversaire a choisi. Il y a aucun intérêt à entreprendre une bataille, si ce n’est pour la gagner.

    Les fédéralistes peuvent compter sur André Pratte et la Presse pour polir leur rhétoriques alors que les souverainistes avons toujours négliger cette arme. Encore là, je ne vois pas ce qui pourrait y avoir de noble à refuser de combattre à armes égales. Voilà une première raison de revoir de fond en comble notre réquisitoire pour l’indépendance.

    Mais en plus, il n’est même pas question que d’un biais. Si j’étais un fédéraliste, je militerais également pour ce système pour le Canada. Je milite pour la démocratie directe principalement parce que c’est un un excellent système.

    Les Québécois n’ont jamais été autant instruit. Et internet permet de faire des référendum très facilement. Voilà une deuxième raison.

    Mais en plus d’être un très bon système, il pourrait être la pièce manquante pour rallier les souverainistes de toutes tendances et pour relancer le mouvement. Voilà une troisième raison.

    Enfin, en plus d’être le meilleur modèle démocratique de la planète. On ne peut s’intéresser sans constaté la médiocrité du Canada et des Canadiens. Parce que ce concept est né parce que contrairement au Canada, les Suisses ont bâtie ce système pour répondre au concept de « peuple fondateur ». Au lieu, de renier leur engagement, ils ont réussi à faire un pays multilinguistique qui fonctionne sans crise. Il n’y pas de mouvement indépendantiste, car aucune minorité ni est en danger, dans ce pays. Croyez-moi, si vous comparez le sort des minorités en Suisse, les Canadiens ont l’air de ce qu’ils sont: Des racistes, sans principe !

    Voilà pourquoi je crois que cette idée deviendrait le cauchemar des fédéralistes.

  13. Réagir, mais comment? Ce texte de M. Allard est tellement absurde qu’on ne sait tout simplement pas par quel bout le prendre. Mais j’en retiens deux choses qui devraient vous faire prendre conscience du recul identitaire et politique causé par la québécitude.

    Il y a d’abord cette peur quasi infantile de nous nommer, nous les Canadiens-Français. En québécitude, nous sommes devenus des «no-name», des «nous-z-autres» parmi les autres Québécois. Précisément ce que nous avons toujours refusé de devenir parmi les autres Canadiens.

    Il y a ensuite cette vieille idée de notre supposée illégitimité politique. Selon cette idée, les «nous-z-autres» ne forment pas une nation, et en conséquence, ils ne peuvent agir ou exister politiquement qu’avec les «Anglais», avec les étrangers. Cette idée fausse, à la base même du souverainisme québécois, est totalement étrangère du nationalisme canadien-français, et n’a jamais servi que nos pires ennemis.

    Voilà, j’en ai fini. Ça ne prend pas la «tête à Papineau» pour comprendre que, sans identité nationale distincte, véritable, et sans légitimité politique aucune, les «francophones» au Québec ne peuvent et ne pourront rien faire d’autre que de s’effacer petit à petit, que de mourir.

    Au moins, vous aurez été prévenus.

    RCdB

  14. Quel est la réaction normal à la trahison?

    Quel est notre réaction collective vis-à-vis les gens qui participent à notre génocide culturel? Nous restons gentils et polis. Nous minimisons tellement la précarité de notre situation que les Québécois portent plus plus d’attention au sort des Palestiniens qu’à leur propre sort. Il faut réaliser nos propres faiblesses, si ne voulons pas qu’ils soient exploiter par nos ennemies. Collectivement, nous sommes épouvantablement bonasse. Nous culpabilisons simplement à l’idée de nous affirmer.

    Par exemple, Quel serait la réaction des Québécois si quelqu’un proposait d’abolir les servir en anglais pour les juridictions provinciales? La plupart des Québécois culpabiliseraient et si opposeraient.

    Pourtant quelque années après l’adoption de la loi 101, les Québécois auraient été favorable à ce geste. Pourquoi? Parce que Camille Laurin avait très bien compris quand s’affirmant en tant que francophones, nous allions apprendre à nous affirmer tout court. L’affirmation national ne peut commencer par notre réaffirmation linguistique. Tout simplement parce que personne ne peut contester la légitimité du geste. Notre situation comme francophone exige des mesures fortes.

    On ne peut apprendre à se tenir debout, si l’on passe son temps à genoux. Imposer notre langue est la première étape pour prendre conscience de la normalité d’être maître chez nous!

    En menant pas le combat jusqu’à son aboutissement normal, le PQ a fait régressé l’affirmation nationale. On ne fait pas courir quelqu’un si n’a pas appris à marcher.

    Si on ne fait pas des Québécois des décideurs, des acteurs. Et bien, ils vont rester en permanence de spectateurs. Savoir nous sommes ne suffit pas. Il faut être ce que nous sommes!

    Mais pour arriver à cela, il va falloir prendre des stratagèmes qui vont obliger les Québécois à le faire.

  15. Pourtant, c’est la seule question qui compte : qui sommes-nous? Canadiens-Français ou Québécois? Oui je sais, nous sommes Québécois parce qu’habitant le Québec, tout comme nous sommes Canadians parce que citoyens du Canada, mais je vous parle ici d’identité. Êtes-vous Canadien-Français, c’est-à-dire membre d’une nation française tout comme vos ancêtres avant vous, ou bien êtes-vous Québécois, c’est-à-dire participant à la construction d’une nation nouvelle, pluraliste et bilingue (certes encore majoritairement francophone mais néanmoins institutionnellement et juridiquement bilingue)?

    Si c’est Québécois, alors oubliez l’imposition de notre langue. Car la québécitude est la raison première pour laquelle nous culpabilisons à la simple idée de nous affirmer. Écoutez, on souhaite largement une 6e élémentaire à demi en anglais et un cégep au quart en anglais. Ne trouvez-vous pas ça étrange? Ce n’était pas le cas autrefois. La québécitude nous a acculturés, dénationalisés, et par son interculturalisme, elle a totalement délégitimé l’idée d’un «État français» de langue et de culture. De fait, elle a ruiné notre sentiment national et donc notre confiance en nous-mêmes, c’est aussi simple que ça.

    Si, dans les années 1970, il était encore possible d’envisager la francisation du Québec, c’est que nous nous considérions toujours comme des Canadiens-Français, comme une nation française aspirant à un État français. Plus exactement, c’était possible parce que Québécois équivalait toujours à Canadien-Français. Mais aujourd’hui, après 40 ans de propagande pluraliste, de défaites politiques et de rupture identitaire, la québécitude a donné ses véritables fruits. Le Québécois d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec le «Québécois» des années 1970, vous devriez vous en rendre compte et vous en inquiéter.

    Mais vous me parlez de stratagèmes… C’est comme si vous étiez prisonnier de la québécitude et que vous n’aviez plus aucune idée de ce qui fut avant elle. De ce que fut notre nation, sa force, sa foi, ses droits, ses combats, ses sacrifices, ses réalisations et ses aspirations. C’est comme si vous poursuiviez le mirage d’une indépendance du Québec sans vous soucier de la réalité qui vous entoure, comme si c’était un bien en soi.

    RCdB

  16. « Êtes-vous Canadien-Français, c’est-à-dire membre d’une nation française tout comme vos ancêtres avant vous, ou bien êtes-vous Québécois, »

    Je suis Québécois. Me définir comme Canadien-Français impliquerait que j’ai encore un attachement avec le Canada. En fait la majorité des fédéralistes québécois aurait du mal à nommer les capitales des autre provinces. La majorité des fédéralistes québécois sont des Québécois honteux qui n’ont plus de lien réel à l’exception d’un intérêt pour les autres équipes de hockey canadienne.

    « Si c’est Québécois, alors oubliez l’imposition de notre langue. Car la québécitude est la raison première pour laquelle nous culpabilisons à la simple idée de nous affirmer.  »

    Lâchez-moi avec la québécitude! En France, ils ont le même phénomène. Eux aussi dois-je réaffirmé l’usage du Français. Cette obsession pour l’apprentissage de l’anglais n’est en réalité que le reflet des obsessions de la droite qui a fait de l’argent l’alpha et l’oméga de tout ce qui compte. Si les Québécois ont du mal à s’affirmer c’est parce que le Parti Québécois a abandonné la défense du Français. J’ai véçu la période de la loi 101. Et tous ceux qui l’ont connu se souviendrons du slogan à la mode: Ici, c’est en Français que cela se passe !

    Ce qui était remarquable de ce slogan était qu’il avait adopté par tous les Québécois. Pas seulement par les plus politisé. Quand je disais que l’affirmation nationale passait par l’affirmation linguistique, je ne fais aucune spéculation. J’ai véçu l’expérience.

     »
    Écoutez, on souhaite largement une 6e élémentaire à demi en anglais et un cégep au quart en anglais. Ne trouvez-vous pas ça étrange? »

    Pardon, la pompe à marde de Gesca nous dit que les Québécois souhaitent largement. Grosse nuance! La même source qui nous rabat les oreilles avec une supposé monté d’un courant de droite alors que les Québécois ont voté massivement pour le NPD.

    À voir la réaction des Québécois à l’exploitation des gaz de schiste, voyez-vous un virage vers la droite?

    « Si, dans les années 1970, il était encore possible d’envisager la francisation du Québec, »

    À voir la réaction de Mme Marois qui s’excusait presque de ne pouvoir répondre en anglais au journaliste de la Gazette, je ne vous blame pas de le croire, puisque l’exemple vient d’en haut!

    Et c’est une des raisons pourquoi nous devons lui dire: La porte est là !

    Moi ce n’est pas parce que ce je suis Québécois ou Canadien-Français que je ne baserais pas les bras. Mais bien parce que la véritable liberté c’est de parler en anglais que lorsque j’en ai véritablement envie. Pour les insatisfait, il existe 9 autres provinces.

  17. Mais je tente précisément de vous faire saisir pourquoi le PQ ne défend plus la langue française comme dans les années 1970! Et croyez-moi, cela me mortifie tout autant que vous. Mais soyons sérieux, ce ne peut être une simple question de chef ou de stratagèmes politiques plus efficaces, c’est bien plus profond. Si nous défendions d’emblée le français autrefois, c’est que nous nous assumions en tant que nation française. Nous défendions alors la langue de nos pères et mères. Pardi ! C’est la volonté populaire qui a mené à la loi 101, pas l’inverse : ce n’est tout de même pas une loi de 1977 qui aurait suscité notre attachement au français! Et si aujourd’hui nous défendons si mal cette loi, c’est justement que le cœur n’y est plus, que notre volonté faiblit, que nous ne nous assumons plus du tout comme une nation française. Nous ne sommes plus que des Québécois au même titre que tous les autres habitants du Québec, et le français n’est qu’une langue, certes officielle, mais néanmoins qu’une langue de communication parmi d’autres. Vous lâchez avec la québécitude ? Fort bien, mais reste que c’est là le noeud du problème, là le fondement du pluralisme québécois, là la raison première de notre acculturation. Mais à quoi bon en effet? Vous êtes sans doute scotché, comme M. Préfontaine, celui qui n’a pas peur des débats, à une vision naïve et idéalisée du Québécois moyen, celle du temps des «100 tours de Centour» ou de «Passe-Partout». Pourtant ce Québécois-là, français de culture, n’aura pas vécu longtemps. Je souhaite simplement que les nationalistes sincères puissent un jour s’en rendre compte et réagir enfin.

    RCdB

  18. RCdB dit :
    4 juillet 2011 à 23 h 06 min
     »
    Mais je tente précisément de vous faire saisir pourquoi le PQ ne défend plus la langue française comme dans les années 1970! Et croyez-moi, cela me mortifie tout autant que vous. Mais soyons sérieux, ce ne peut être une simple question de chef ou de stratagèmes politiques plus efficaces, c’est bien plus profond. »

    Oui,il y a un probléme profond. Le PQ ne s’est jamais défait parfaitement de sa double origine. Ce qui fait que nous avons aux sein de cette organisation des gens qui milite pour le OUI dans l’espoir de forcer une réforme du Canada. Contrairement à la croyancce commune, René Lévesque n’était pas un indépendantiste. L’indépendance était son plan B.

     »
    Si nous défendions d’emblée le français autrefois, c’est que nous nous assumions en tant que nation française. Nous défendions alors la langue de nos pères et mères. Pardi ! C’est la volonté populaire qui a mené à la loi 101, pas l’inverse : ce n’est tout de même pas une loi de 1977 qui aurait suscité notre attachement au français! »

    Pardon, mais cette affirmation n’est vrai que pour les militants. Ce n’est qu’au bout de quelques années que le peuple ont finalement reconnu que c’était une bonne loi. Mais au départ, la majorité des Québécois trouvait que la loi allait trop loin.

     »
    Et si aujourd’hui nous défendons si mal cette loi, c’est justement que le cœur n’y est plus, que notre volonté faiblit, que nous ne nous assumons plus du tout comme une nation française. »

    C’est vrai pour une génération d’individu qui sont frustré de ne pouvoir pleinement utiliser internet, en raison de leur incapacité à lire l’anglais. Mais pour la majorité des Francophones, la prise de conscience est difficile puisque la propagande officielle affirmait que le français se portait très bien. J’ai même du me battre avec des souverainistes pour qu’ils finissent par admettre les conclusions du rapport Gastonguay.

    Mais cette confusion, elle vient fondamentalement du PQ qui décidé de faire la promotion de la souveraineté chez nos Anglophones et notre « diversité ». Alors le renforcement la loi 101 aurait couler leur stratégie. Ils ont délibérément choisie d’ignorer le problème.

     »
    Nous ne sommes plus que des Québécois au même titre que tous les autres habitants du Québec, et le français n’est qu’une langue, certes officielle, mais néanmoins qu’une langue de communication parmi d’autres. Vous lâchez avec la québécitude ? Fort bien, mais reste que c’est là le noeud du problème, là le fondement du pluralisme québécois, là la raison première de notre acculturation. Mais à quoi bon en effet? Vous êtes sans doute scotché, comme M. Préfontaine, celui qui n’a pas peur des débats, à une vision naïve et idéalisée du Québécois moyen, celle du temps des «100 tours de Centour» ou de «Passe-Partout». Pourtant ce Québécois-là, français de culture, n’aura pas vécu longtemps. Je souhaite simplement que les nationalistes sincères puissent un jour s’en rendre compte et réagir enfin. »

    Je vais tenté une autre approche pour tenter de vous comprendre ce que je tente de vous expliquez. Gardez à l’esprit que c’est toujours l’autre qui nous a toujours définie. Originalement, nous étions les Canadiens. Nous somme devenus Canadiens-francais, pour enfin devenir Québécois. C’est le CONTEXTE qui nous a toujours forcé à adopter une identité.

    Avec la loi 101, les Québécois CHOISISSAIENT ce qu’il voulait-être. Non seulement nous avons fait un choix, mais nous l’avion imposer au Canada! Ce n’était pas que geste d’affirmation linguistique. C’était le premier véritable geste d’affirmation.

    À la suite de la loi 101, mon père est devenu souverainiste. Cette victoire lui démontrait que nous avions l’équipe pour la faire. Et pour l’ensemble des Québécois de fut un moment où nous nous étions affranchie de leur Québécitude. Devenir Maître chez nous devenir quelque chose de crédible. Quand le PQ a abandonné le combat, mon père est redevenu un fédéraliste mou, par dépit. Ce n’est pas dans leur moyens que les Québécois n’ont pas confiance, mais bien dans notre élite.

    Finalement c’est un peu comme les partisans du Canadiens. Pour que la fièvre reparte, ils faut minimalement que l’équipe ait des chances de faire les Séries.

    Quand on regarde le PQ, la loi 101 a été la dernière fois qu’ils en ont mit une dans le net.

    Au fond, c’est un peu pour cela que le Bloc c’est fait montrer la porte. Inconsciemment, Les Québécois ont réalisé qu’une stratégie défensive ne menait nulle part. La victoire passe par une offensive sur les pouvoirs fédéraux. Pas pour les pouvoirs qu’ils apporteront, mais bien pour la symbolique du geste.

  19. Je suis touché par tant d’efforts, mais rien n’y fera. La Loi 101 n’est qu’une législation, utile sans aucun doute, mais qui ne change pas la donne fondamentale instituée par la création de la «Province of Quebec» en 1763 : les anglophones jouissent de tout droit sur notre territoire conquis et en conséquence, nous ne pouvons qu’au mieux y favoriser l’usage du français. Relisez son préambule, elle ne remet aucunement pas en cause les droits et prérogatives des Anglo-Québécois. Il n’y a donc rien là d’exceptionnel et si vous ou votre père avez imaginé autre chose, vous n’avez qu’à vous en prendre à vous-mêmes.

    D’autre part, personne ne nous a défini comme Canadiens-Français, nous l’avons toujours été. De fait, la première occurrence de ce vocable remonte aussi loin que 1648. Mais il est vrai qu’avant les années 1820, il était entendu que nous étions presque tous «français» et que généralement il était inutile de le préciser, surtout entre nous. Les Canadiens-Français forment une nation depuis bien longtemps, une nation qui s’est vu contrainte de partager un même État avec ses conquérants, mais qui n’a jamais désespéré de recouvrer un jour sa liberté. Dans les années 1960 cela devenait possible, il devenait possible d’achever la nationalisation du Québec, d’en refaire un Canada Français, notre État national en bonne et due forme. C’eut été ça un véritable geste d’affirmation nationale, la proclamation d’un État national pour les Canadiens-Français. Et ce le serait encore aujourd’hui.

    Malheureusement, les péquistes et les libéraux ont saboté cette visée en transférant la contrainte séculaire (insidieusement transformée en obligation morale) du partage avec l’Anglais de l’ensemble du Canada à la seule province de Québec. En devenant «Québécois» au même titre que les «Canadians» du Québec nous avons ainsi reconduit plus profondément encore l’aliénation coloniale induite par le vieux rêve dénationalisant de nos élites patriotes et libérales d’un grand Canada multiculturel et indépendant.

    Le Québec de la Loi 101 n’est donc pas français et n’a pas la possibilité de l’être, car il n’est que ce que l’on a bien voulu qu’il soit : un petit Canada pluraliste. L’indépendance n’y changerait rien, bien au contraire.

    Ne verrez-vous pas enfin que depuis 40 ans, on nous a fait courir après un mauvais lièvre et qu’en bout de piste, nous sommes bel et bien tombés de Charybde en Scylla?

    RCdB

  20. @Louis P.. Heureux de constater que vous vous instruisez des écrits d’Alain Soral. «Gauche du travail et droite des valeurs».

    @Humaniste Lucide. Je comprend votre position sur le terme «canadien-francais», malheureusement le terme «québécois» ne veut plus rien dire en raison du nationalisme civique promu par le PQ et une certaine frange pseudo-nationaliste après le référendum. Si nous devons nous rabattre sur le terme «canadien-francais» pour décrire la nation historique, ce n’est pas par amour du multiculturalisme Canadian mais par obligation de survie… En dépit de pouvoir «ethniciser» les québécois, mieux vaut défendre le peu qui nous reste, soit la nation ethnique canadiennne-francaise.

  21. Je veux dire, la nation canadienne-francais vivant au Québec….

Comments are closed.