Comment meurt notre langue

Notre langue ne meurt pas parce nous oublions sa valeur, parce que nous ne nous considérons plus comme des résistants francophones sur ce continent du tout-anglais. Elle ne meurt pas non plus parce nous ne savons plus apprécier sa beauté, ses rimes, sa sonorité, sa précision, ses particularités; ce n’est pas parce que nous cessons de la chérir qu’elle meurt. Elle ne meurt pas également parce que nos enfants oublient leurs parents, que leurs parents oublient leurs grands-parents et que nos ancêtres sortent de nos vies comme autant de blessures trop lourdes pour être rappelées à la conscience.

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Notre langue meurt parce que nous ne la considérons plus comme étant une chose allant de soi. Déconnectée de nous-mêmes, nous l’intellectualisons, nous la « cérébralisons », nous demandons aux gars d’en bas, ceux des tripes, ceux du ventre, ceux des couilles, d’abdiquer, de faire confiance à ceux d’en haut, ceux qui remettent tout en question, ceux qui n’existent que pour relativiser, qui ne s’attachent ni à la terre ni aux cieux, ceux qui, par la raison, aimeraient nous convaincre que notre langue ne vaut pas la peine d’être par et pour elle-même.

Notre langue meurt parce que nous ne la vivons plus autrement que par les mots qui s’attachent à notre rationalité, aux rares livres que nous lisons, aux discussions raisonnées que nous avons avec nos semblables. Quand vient le temps d’exprimer une émotion, une joie, un accord, une colère, une fraternité, les premiers mots qui viennent à notre esprit sont, invariablement, un « yeah » bien senti, un « oké », un « fuck », un « man ». La langue du bas, celle qui s’impose depuis deux siècles comme celle du pain et du beurre sur la table ne fait qu’une bouchée de la langue intellectualisée, celle qui se superpose au cerveau reptilien par un obscur désir collectif de ne pas disparaître.

Notre langue meurt parce que notre musique, nos arts, sont déjà anglicisés. Notre raison parle français, mais la musique qui nous fait vibrer, celle qui nous fait bouger, celle qui fait déhancher les femmes, celle qui donne chaud aux hommes, est anglophone. La joie, l’allégresse, la fête, la sexualité, la violence-exutoire trouvent toutes leurs mots dans la langue d’Amherst; notre musique, sauf de rare exception, chante surtout la mélancolie, la tristesse, la perte, le vide, l’amour. Nous ne voulons plus nous attacher à ces sentiments montant du fond de l’histoire, ceux d’un peuple qui n’en finit plus de mourir et qui, deux siècles plus tard, chante encore « Évangéline » un trémolo dans la voix. Notre âme a déjà abdiqué là où notre raison veut poursuivre le combat.

Notre langue meurt aussi parce que nous ne considérons plus le français comme étant suffisant pour réussir. Notre raison, résistant aux mutineries des cols bleus du bas depuis si longtemps, montre des signes d’essoufflement. Nous sommes épuisés de penser au prochain; nous ne voulons pas intellectualiser un combat collectif impliquant de s’unir pour qu’il puisse être possible de réussir, ensemble, en français. Les gars du bas veulent l’argent rapide, ils veulent l’argent facile. Ils veulent réussir individuellement, non pas pour améliorer le monde dans lequel ils vivent ou faire partie d’un grand tout, mais simplement pour avoir le ventre plein et tirer un bon coup le vendredi soir.

Notre langue meurt parce que nous ne rêvons plus de territoires glorieux, d’une francophonie enracinée, d’une Abitibi, d’une Baie James, d’un Grand Nord à coloniser, de territoires où apporter nos Lumières et planter notre croix. Notre horizon, loin de s’être ouvert au monde, se limite désormais à une planète de cités urbaines interchangeables où on parle une langue interchangeable et où se croisent des gens interchangeables. L’anglais ne nous a pas ouvert les possibilités; il a au contraire résumé cette ouverture aux grands boulevards, un éternel chemin bétonné d’un gris tiède où, si ce n’était de quelques spécificités locales en voie de disparition, l’humanité serait Toronto, New York ou Londres. Notre territoire infini, celui du contact avec la nature, avec les autres peuples, de climats différents, d’une langue se portant comme on porte un flambeau, n’existe plus qu’en imagination.

Notre langue meurt parce que nous ne la croyons plus nécessaire pour vivre ici. Nous nous sommes fait un devoir d’apprendre l’anglais, nous l’imposons à nos enfants de sixième année comme le lourd tribut d’une disparition que nous n’avons pu assumer nous-mêmes, au même moment que nous sommes tout à fait satisfait de savoir que les anglophones, eux, n’ont, dans leurs écoles, que quelques cours d’un français saupoudré à subir. L’apprentissage intensif d’une autre langue constitue notre corvée; il ne nous viendrait jamais à l’esprit qu’un gouvernement responsable devant l’Histoire ou face à notre destin devrait au contraire prioriser l’apprentissage intensif du français chez ceux qui, même parmi les nôtres, ont encore de la difficulté à en saisir toute la richesse.

Notre langue meurt parce que nous voulons être aussi doux avec autrui qu’on a été rude avec nous-mêmes. Elle meurt parce que nous octroyons des privilèges à ceux qui habitent ici sans la parler, des privilèges qu’aucune nation au monde n’accorde. Elle meurt parce que, plutôt que de la porter à bras le corps, dans un geste viril de défiance face à la fatalité de notre Histoire, nous sommes plus inquiets du sort de ceux qui ne la parlent pas que de nous-mêmes. Elle meurt parce que nous sommes des lâches qui préférons le pire des compromis au nécessaire combat de la terre, de la sueur, des poings levés, de l’identité nationale affirmée, d’un peuple québécois dont la maturité ne se mesure pas aux privilèges qu’il octroie à une minorité anglophone n’attendant que le moment propice pour nous couper la tête, mais qui se respecte assez pour s’assurer, une fois pour toutes, que plus jamais ni notre langue ni notre identité ne seront menacées.

Notre langue meurt parce que nous avons oublié de la parler, d’utiliser la richesse de ses mots non pas pour vivre de misérables vies individuelles se terminant soit en terre soit dans une urne, mais pour parler de ce cri du fond des âges, de cette parole-humanité criant la vérité, hurlant l’existence d’une vie autrement plus riche que la bourbe mondialiste qu’on nous enfonce dans le crâne comme autant de clous dans le corps d’une humanité qui aurait pu, avec un peu de courage, devenir réellement plurielle.

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30 Réponses

  1. L’ineffable Rima Elkouri ce matin dans La Presse :
    « Dans un contexte où la loi 101 protège le français comme langue d’enseignement, l’apprentissage de l’anglais n’est pas une menace, bien au contraire. L’ignorance est beaucoup plus menaçante. »

    Toujours cette illusion sur la Loi 101. Plus le temps passe plus je pense que le dr Camille Laurin ne devait pas être un si bon psychiatre.
    Ainsi, selon Rima, vous pourriez être un spécialiste de la Théorie de la Relativité, mais si vous ne connaissez pas l’anglais vous seriez un ignorant.

    Voilà exactement où nous en sommes. Et qui nous sommes peut-être.

    Pour parodier Yvon Deschamps, nous les québécois de vieille souche ancestrale franco-etc, nous voudrions pouvoir envoyer nos enfants à l’école anglaise ou bilingue (c’est pareil), mais que ceux des immigrants aillent obligatoirement à l’école française.

    Ça va comme c’est mené.

  2. « Notre raison parle français, mais la musique qui nous fait vibrer, celle qui nous fait bouger, celle qui fait déhancher les femmes, celle qui donne chaud aux hommes, est anglophone. »(Louis P.)

    C’est à moitié vrai. Les paroles sont en anglais, mais la musique qui fait déhancher est en grosse partie latine.

    Les chanteurs et chanteuses latinos sont de plus en plus populaires et prennent l’habitude de faire une version en espaganol de leurs succès, car c’est ce que demandent leurs fans en Amérique centrale et du sud. C’est la musique que moi et ma femme écoutons en faisant la cuisine. Y’a rien de mieux. Et ce sont les versions espagnoles qui donnent toute la saveur de cette musique.

    Je ne regarde jamais la télé, mais ma femme m’a proposé de regarder Tout Le Monde En Parle la semaine passée car Enrike Eglisias y faisait un tour. Nous avons franchement trouvé les responsables de cette émission de vrais colonisés pour avoir présenté les versions anglaises plutôt que les si belles versions espagnoles qui allument l’oreille des francophones.

    L’interview en anglais était insultant aussi, car il était spécialement pour la petite communauté anglaise de Montréal. Enrike aurait dû parler en espagnol.

    C’est surtout l’élite montréalaise qui est colonisée. Cette émission fut un parfait exemple de la fausseté de ses prétentions d' »ouverture sur le monde ». Colonisée à l’os.

  3. « Dans un contexte où la loi 101 protège le français comme langue d’enseignement, l’apprentissage de l’anglais n’est pas une menace, bien au contraire. L’ignorance est beaucoup plus menaçante. »

    Il y a une part de vérité là dedans, car beaucoup d’information est uniquement en anglais. Mais, il ne manque pas d’information en français sur la Théorie de la Relativité ou n’importe quelle information de base enseignée à l’école.

    L’information importante qu’on ne retrouve qu’en anglais est surtout celle que le système d’éducation évite d’aborder, et donc les politiciens aussi.

    Pas besoin de cours pour apprendre l’anglais. Mes deux enfants parlent et lisent l’anglais et l’ont appris par eux-mêmes. C’est la simple curiosité et un accès ouvert sur l’internet qui en sont responsables. Moi, je ne suis responsable que de leur avoir allumé la curriosité.

    L’anglais ne sert à rien à une personne qui ne cherche rien et qui se contente de suivre la route tracée. Apprendre l’anglais ne rend pas curieux.

    Il y a plein d’information capitale qui se trouve uniquement en français. Surtout en histoire. Pourtant on entend jamais les Elkouri s’inquiéter de l’ignorance des unilingues anglais au Québec.

    Les unilingues anglais au Canada sont les plus ignorants en histoire. Les francophones qui lisent l’anglais s’en rendent vite compte. Mais ce sujet n’est pas important pour l’école ni pour les politiques, n’est-ce pas.

    La vérité est que pour le Canada et ces colonisés au Québec, l’anglais n’est pas tant une solution que c’est plutôt le français qui est un problème.

  4. «Les paroles sont en anglais, mais la musique qui fait déhancher est en grosse partie latine.»

    Pourquoi pas russe ?

  5. Je me fais un devoir à transmettre cette réflexion à tout mes proches. Merci d’être LE défenseur.

  6. « Pourquoi pas russe ? »(Darwin)

    Parce-que ces colonisés se font dicter par les distributeurs anglais-américains quels groupes ils doivent faire la promotion dans leur émission.

    Un groupe russe est en dehors de leur LIMITE d’ouverture sur le monde.

    C’est pourquoi des groupes comme Mortemia (Norvégien) doivent chanter en anglais. Mais leur musique n’a rien d’anglais.

    C’est latin !!

  7. @ Gebe Tremblay

    «Mais leur musique n’a rien d’anglais.»

    C’est vrai qu’une forte proportion de groupes métal scandinaves chantent en anglais, quoiqu’il y en ait qui chantent dans leur langue. Je n’approuve pas nécessairement cette attitude, mais je n’ai pas non plus à le faire, c’est leur décision. J’aimerais juste savoir si cette attitude met en danger l’utilisation des langues norvégiennne, suédoise et finlandaise.

    Ça, ce n’est pas en anglais…

  8. En ce qui concerne la musique, avez-vous déjà essayer de bouger comme un fou sur des chansons qui ne font que parler que de mélancolie, d’amour et tout les sentiments qui font que la musique doit être reposante ? C’est un fait, la musique québécoise/francophone est très belle, mais elle n’est pas faite pour être danser, sauf en de très rare cas d’exceptions(je parle de Marie-Mai ici).

    La langue française au Québec se meurt aussi par la façon donc on l’écrit et le parlons. Il faut l’admettre: la qualité du français des participants de ce blogue est merveilleuse. Mais quel age ont les participants ? J’ai 35 ans, Darwin, que j’ai lu sur son blogue, dit avoir un fils ado; je le situe dans la quarantaine. Gébé dit faire la cuisine avec sa femme en écoutant de la musique latine; je le situe dans la cinquantaine(ce n’est que des suppositions, corrigez-moi si je me trompes et acceptez mes excuses).

    Louis, te rappelles-tu, lorsque tu parlais de la mort de Freddy Villanueva, la qualité du français des participants ? Elle n’était pas fameuse, pleine de fautes et traduite de la rue au clavier. Les gens ne savent plus écrire en français, pas plus qu’il ne savent le parler. Ils n’ont plus aucune fierté à l’utiliser, protéger comme elle l’est par la loi 101. À quoi bon défendre ce qui est déjà protéger ?, qu’ils se disent. C’est pour cette raison que je suis pour l’abolition de la loi 101: rendez la langue en voie d’extinction, et vous verrez que le français va revivre avec force. Les gens vont enfin être fier de la parler, sinon, ils vont perdre leur langue.

    Mais je persiste et signe encore et toujours que l’anglais est essentiel au Québec. Nous sommes entourer d’anglophones; nous devons avoir un moyen de communiquer avec nos voisins. Et ils est trop tard pour apprendre l’anglais quand tu commences ta « business », car c’est le meilleur temps pour aller chercher des clients partout.

    Quant aux informations capitales que vous trouvez en uniquement en français, monsieur Gébé, si vous cherchez seulement un peu, vous allez trouver la même en anglais, en espagnol, en russe ou tout autres langues connues. Mais vous devez admettre que l’information, même capitale, est plus complète en anglais qu’en français.

  9. Si vous pensez que Nightwish ou Rammstein mettent en danger le Norvégien ou l’allemand, que pensez de l’espagnol avec Shakira et Enrique Iglesias alors ?

  10. C’est vraiment loin d’être du latin. C’est du rock-opéra, style musical privilégier des norvégiens justement. Merci de m’avoir fait connaitre ce groupe. Aussi bon que du Nightwish.

  11. Pas mal bon !

    Un de mes préférés finlandais est Turmion Kätilöt

    Incroyable le nombre de groupes Heavy Metal en Finlande !

  12. Moi j’ai 31 ans!

  13. La toune que j’ai mise tantôt était de Shining, un groupe suédois…

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Shining_(groupe_de_metal)

    Pas mal aussi Turmion Kätilöt, quoique j’aime moins l’industriel. De Finlande, je préfère Kalmah et Eternal Tears of Sorrow (et quelques autres…) mais ils chantent en anglais…

  14. @ Martin R

    «J’ai 35 ans, Darwin, que j’ai lu sur son blogue, dit avoir un fils ado; je le situe dans la quarantaine»

    J’ai deux gars de 22 et 29 ans… Alors, la quarantaine est loin ! J’ai 57…

  15. Le manque de qualité de langue n’est pas propre aux jeunes francophones du Québec, ni même au français. C’est un phénomène générationnel et mondial qui traverse toutes les cultures et langues. La qualité de l’anglais parlé et écrit des jeunes anglophones (même des gens d’âge moyen) n’est rien dont on peut être fier si on est amateur de la langue de Shakespeare. Pourtant, l’anglais fait fureur partout.

    Donc je n’attribue pas le recul du français à sa non maîtrise chez les jeunes. Il s’agit, d’après moi, de tendances et de phénomènes tant culturels que politiques.

  16. Après avoir lu les commentaires j’en arrive à la conclusion que la langue française est fichue au Québec et à très court terme.

    @Martin R.
    «avez-vous déjà essayer de bouger comme un fou… mais elle n’est pas faite pour être danser»
    Donc, selon vous bouger comme un fou (débile, mental, cinglé) c’est de la danse?

    Il n’y a pas que la langue française en danger de mort, il y a aussi la civilisation tout court…

  17. La danse est pour certaines personne un exutoire qui fait bouger le corps. Je ne parle pas de danser le cha-cha ou la valse, mais de danser sur des rythmes endiablés(techno, trash, ect…). Pour ma part, je préfères ne pas danser.

    Mais avouer que danser sur du Ginette Reno ou Paul Piché est quasi-impossible.

  18. Comme je l’ai dit, ce ne sont que des suppositions. Si je me trompes, corrigez-moi et acceptez mes excuses 🙂

    Le constat est quand même là: la majorité des participants de ce blogue sont tous assez âgés pour faire attention à la qualité du français(même ceux qui privilégies l’apprentissage de l’anglais à l’école).

    Contrairement à ce que certaines personnes ont avancés ici, la qualité du français est en régression dans les écoles. On préfères montrer aux étudiants comment avoir une belle estime de soi en diminuant la cotation des notes. Si on revenait à l’apprentissage du français tel qu’enseigné dans les années 1950, probablement qu’une poignée d’universitaires réussiraient les examens. Je ne suis même pas certain que j’aurais une note acceptable(dans mon cas, 80 pourcent).

    C’est ça qu’il faut changer, la qualité d’enseignement du français. Et oui, je suis certain que l’anglais peut aussi être enseigner en même temps.

  19. «Contrairement à ce que certaines personnes ont avancés (sic) ici, la qualité du français est en régression dans les écoles.»

    Avez-vous des sources fiables de ça ? Par rapport à quelle époque, celle aux années 1950 ?

    «Si on revenait à l’apprentissage du français tel qu’enseigné dans les années 1950»

    «À l’orée des années 1960, la situation est inquiétante. Les Canadiens français affichent un faible niveau de scolarisation : 63 % des élèves francophones finissent leur 7e année et seulement 13 % finissent leur 11e année» Taux de décrochage = 87 % !

    http://www.musee-mccord.qc.ca/scripts/explore.php?Lang=2&tableid=11&tablename=theme&elementid=107__true&contentlong

    Bref, il y a 60 ans, si les moins bons en français ne faisaient pas de fautes, c’est parce qu’ils n’écrivaient pas ! Maintenant, ils en font parce qu’ils écrivent ! Pour un qui sait écrire, comme votre pas très humble serviteur, combien étaient analphabètes complets ? Et vous voulez qu’on retourne à cette époque !

  20. Pourquoi vouloir détourné le sujet ? Je parle ici de la qualité du français, pas du taux de scolarisation. Et même ceux qui n’avaient qu’une septième année en 1950 écrivent mieux que les jeunes d’aujourd’hui. Ou à tout le moins, ils font l’effort de ne pas faire de fautes, et de se corriger, contrairement aux jeunes.

    Et oui, j’ai des sources. Ceci n’en ai qu’une partie: http://wwwens.uqac.ca/~flabelle/socio/qualite2.htm

    Vous pourrez toujours consulter le rapport maurais sur la qualité du français au Québec.

  21. @ Martin R

    «Et oui, j’ai des sources.»

    J’ai lu la source que vous avez fournie et nulle part on dit que c’était mieux dans les années 1950. On n’y parle même pas du passé. On y dit seulement que «les Québécois n’ont pas fait assez d’efforts depuis vingt ans pour améliorer la qualité de la langue». Je n’ai jamais prétendu que la situation actuelle est excellente, mais j’attends toujours des sources démontrant que les gens écrivaient mieux dans les années 1950.

    Je ne connais pas d’étude qui compare la situation des années 1950 à celle de maintenant. Par contre, à la page 5 de http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/sante/pdf2005/fs_Eiaca2003.pdf , on peut voir que les « Scores moyens en compréhension de texte» baisse rapidement avec l’âge. Et ces gens qui comprennent moins bien les écrits écriraient mieux que les jeunes ? Faute de preuve, laissez-moi en douter.

  22. J’ai eu un choc lorsque mon patron (cadre, doctorat etc…) a dit « ben coudonc c’est ça la patente tsé ». C’était une phrase complète, un argument pour appuyer son point de vue… Ça donne le goût de bien parler, si au moins je savais comment! L’école m’a apprise à parler un anglais correct mais pour le français c’est un échec. Je traduis parfois des phrases en anglais pour essayer de voir si ce sont des angliscismes! (et maintenant j’en vois partout, « j’ai eu un choc » est-ce que c’est un angliscisme ça???). Seigneur…

  23. Appel à tous envoyé par mon cousin de 12 ans sur facebook
    « G pu dider pour changer lmonde mais si ya du monde qui veulent maider,lets-go! »
    Ça ne s’invente pas…

  24. y’a pas grand chose dans le ciel à soir???

  25. Pourtant Mitsou a fait pas mal danser !

    Dans les années 70 les groupes et chanteurs-chanteuses québécois-es étaient au top des palmares !

    La vérité est que ce n’est pas notre culture.

    Faut exprimer ce qu’on est.

    Il se fait d’excellentes chansons au Québec. La langue française a sa propre musique.

    Elle n’est pas une langue de démesure et donc ne fait pas dans la démesure en musique.

  26. Je sais pas pour vous, mais moi depuis au moins 20 ans (j’en ai 54) j’ai un bon système de son dans ma cuisine. Des enceintes de haute qualité.

    Je fait des plats, des pizzas, de la haute cuisine, en écoutant et appréciant de la musique. Seul ou avec ma femme.

    Rien de mieux que de préparer avec les doigts quelque-chose pour la palais et l’odorat tout en se stimulant l’ouïe.

    Les sens.

    Essayez du Aznavour !

    La langue des sens. Du goûter, des mots et de l’amour.

    Impossible en anglais.

  27. C’est rafraîchissant de vous lire, M. Tremblay.

  28. Merci pour votre compliment, M. Préfontaine.

    J’apprécie autant votre dévotion à notre langue formidable par laquelle nous rejoignons nos pensées comme seule la langue française peut le faire. Car nous patageons la même histoire.

    Nous comprennons vous et moi que la vision du pays est celle exprimée par la langue de nos fondateurs, de nos aïeux, de nos patriotes, de nos mères et nos pères.

    Soigner et respecter sa langue c’est comme prendre soin de son coeur qui tient à lui tout seul le corps en vie.

  29. […] […]

  30. Lire les essais de Georges Dor sur l’état de la langue française, notamment à la télé, m’a fait prendre conscience du degré de laisser-aller où nous en sommes vis-à-vis de la maîtrise de notre langue.

    Je ne fais pas nécessairement les mêmes constats que toi Louis, mais il est inquiétant que nous ne puissions même pas enseigner la langue française convenablement et de manière à ce que nous la chérissions. Ce qui m’inquiète, ce n’est pas le bilinguisme ou le multilinguisme de certains individus qui maîtrisent leur langue maternelle et qui la chérissent, c’est le bilinguisme du type « Jean Chrétien » qui diminue la maîtrise de la langue maternelle et celle de la langue seconde.

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