Citoyen de seconde classe

Je suis en train de lire un livre tout à fait fascinant intitulé « La reconquête de Montréal », de Marc V. Levine, un expert américain de la question québécoise. La thèse est assez simple: c’est la puissance collective des citoyens, représentée surtout par l’État québécois, qui a réussi à briser le monopole politico-financier de la poignée d’anglophones de Montréal qui réussissaient, grâce au jeu de coulisse de l’argent, à imposer leur langue et leur agenda anglophone à des Québécois désolidarisés. Alors que Montréal avait un visage essentiellement anglais avant la Révolution tranquille, les Québécois se sont organisés afin de se faire respecter et de créer, véritablement, une ville française, représentative de la majorité qu’ils formaient dans la province.

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Aujourd’hui, tous les voyants lumineux sont au rouge. Montréal, qui était majoritairement francophone depuis la fin des importantes vagues d’immigration des années 1820-1850, a vu sa population de langue maternelle française chuter sous les 50%. Au Québec, également, nous sommes passés sous la barre historique des 80%. Les anglophones ont vu leur proportion de locuteurs augmenter pour la première fois depuis que Statistique Canada tient de telles données. L’exode des anglophones vers les autres provinces est presque terminé. Les banlieues ont une croissance de leurs locuteurs anglophones plus rapide que la ville-centre. Le cégep Dawson fait tellement d’embonpoint qu’il place ses élèves au forum Pepsi. On construit un méga-hôpital anglophone de 2,225 milliards pour une minorité…

On recule.

Nous en voyons les signes à tous les jours.

Tenez, par exemple, ce soir, j’ai été magasiner au Village des Valeurs, à Laval (votre humble serviteur vit pauvrement, imaginez-vous). Me promenant dans les allées, j’entendis soudain un long message audio, s’adressant aux clients en anglais seulement. Pas trois secondes, pas quelques mots. Long. Une minute peut-être. En anglais. À Laval, au Québec, nation francophone où le français constitue la seule langue officielle.

Offusqué, je décidai de me plaindre. La caissière, très gentille, m’avoua que c’était nouveau. « Ça fait peut-être deux mois, pas plus. Avant c’était en français, mais des anglophones se sont plaints, qu’elle m’expliqua.
– Quoi, ici, à Laval, dans le quartier le plus francophone de l’Île?
– Je sais, je trouve ça bizarre moi aussi, me répondit-elle. »

Je lui dit que je voulais porter plainte et elle appela sa gérante. « Karine est demandé à la caisse cinq, Karine à la caisse cinq! » Lorsque la gérante fut arrivée, je lui fis part du fait que je trouvais inacceptable qu’on s’adresse ainsi aux clients en anglais alors que la (seule) langue officielle du Québec est le français.
« Nous avons beaucoup de clients bilingues ici, me répondit sèchement la gérante.
– S’ils sont bilingues, ils parlent français. Pourquoi ne mettez-vous pas ces messages en français alors?
– On a eu des plaintes de clients, c’est pour ça qu’on les a changés, me lança-t-elle avec un regard méprisant.
– Je suis un client moi-aussi, madame, et j’aimerais me plaindre.
– Ça ne marche pas comme ça ici, me cracha-t-elle avant de tourner les talons et de s’en aller en marmonnant. »

Les deux bras me sont tombés. J’ai regardé la caissière, lui faisant un signe du genre « as-tu vu cela? » et elle a opiné du chef. Je demandai le nom de la gérante dans le but de faire une plainte au service à la clientèle, ce que j’obtins assez facilement (la caissière était d’accord avec moi et comprenait ma frustration, qu’elle me dit).

Or, arrivé à la maison, et alors que le goût amer de la saveur « citoyen de seconde classe » me pourrissait encore sous la langue, je tentai d’obtenir les coordonnés me permettant de me plaindre à la fois du mépris de la langue officielle du Québec et de l’attitude de la gérante. Peine perdue: le bureau-chef est aux États-Unis et tout indique qu’on ne pourra pas m’y répondre dans ma langue.

Speak White mon chum.

* * *

On m’accuse parfois de m’en prendre, dans ces pages – en passant, merci d’être toujours aussi fidèles; ce blogue bat des records de fréquentation depuis quelques semaines – aux anglophones. En fait, je ne m’en prends pas véritablement aux anglophones individuellement, car nous avons les anglophones que nous méritons. Ce sont nous, les Québécois, qui sommes à blâmer pour la dérive de la situation de notre langue nationale.

Cette petite Karine, gérante du Village des Valeurs, combien y en a-t-il comme elle au Québec, toujours prêtes à servir le client anglophone dans sa langue, à écouter ses revendications et à mépriser le Québécois exigeant d’acheter dans un milieu francophone? Combien de femmes et d’hommes comme elle, toujours prêts à donner plus de crédibilité à tout ce qui est anglais et à mépriser les siens?

Cette situation, ces Karine, c’est NOUS qui les avons créées. Alors que ce fut collectivement que nous nous sommes libérés, et collectivement que nous nous sommes élevés, qu’enseigne-t-on aujourd’hui dans nos écoles, quels messages lancent nos politiciens, quelles idéologies polluent les ondes de nos radios, de nos télévisions, d’Internet? L’anglais, l’anglais, l’anglais. Il n’y en a que pour l’anglais. On se moque de la capacité de Pauline Marois à parler cette langue étrangère, mais qui se moque du ministre Sam Hamad, par exemple, qui massacre notre langue dès qu’il ouvre la bouche? On parle d’imposer l’anglais intensif au primaire ou au secondaire, mais qui parle d’imposer le français intensif dans les écoles anglaises? Pire: dans un contexte budgétaire difficile, qui parle de réduire les privilèges des écoles anglaises, sur-financées? On n’en a que pour la réussite individuelle alors que c’est précisément lorsque nous avons décidé d’embrasser le concept de réussite collective, lors de la Révolution tranquille, que nous avons pu réduire substantiellement les écarts de salaires entre les anglophones et les francophones.

Nous créons, quotidiennement, ces Karine. La génération montante ne s’inspire pas de ce que nous disons alors que nous nous gargarisons de langue française comme d’un reliquat folklorique qu’on ressort occasionnellement pour se faire croire que nous avons encore des racines. La génération montant s’inspire de ce que nous faisons. Elle ne veut rien savoir de nos discours sur le français, sur l’importance de la langue, sur le statut officiel de celle-ci; elle nous regarde, à genoux devant l’anglais, prenant des cours du soir pour le parler, faisant des pieds et des mains pour que nos bambins puissent avoir le luxe de se remettre à ramper dès qu’ils ont appris à marcher.

Nous sommes les coupables.

Alors oui, je vais tenter de me plaindre contre cette Karine. Mais ce n’est même pas contre elle; c’est contre nous tous, ceux qui rampent, ceux qui se méprisent et ceux qui croient qu’il vaut mieux apprendre l’anglais pour réussir que de réclamer, collectivement, de pouvoir réussir en français. C’est fort de la conviction que de nombreux peuples se lèvent contre cette anglomanie que j’avancerai pour le respect de nos droits.

Esdras Minville écrivait, en 1934:

Et comment attendrions-nous des anglophones qu’ils mettent du français en ce pays, quand nous, les intéressés, nous employons à y diffuser l’anglais, à barbouiller d’anglais tout ce qui nous entoure?

Les anglophones nous respecteront le jour où nous nous respecterons nous-mêmes. Lorsque nous arrêterons de « barbouiller » nos vies d’une langue étrangère, ils comprendront peut-être, enfin, qu’ils vivent au sein d’une nation francophone et qu’ils n’ont de choix que de s’intégrer.

Ou de partir.

En attendant, nous sommes redevenus ce que nous avons toujours été, depuis 1760: des citoyens de seconde classe.

Des nègres blancs d’Amérique qui n’ont rien reconquis sinon leur séculaire agonie d’un peuple qui n’en finit plus de mourir.


MISE À JOUR: J’ai contacté le responsable des magasins du nord de la région de Montréal. Il a été réceptif pour ma plainte concernant la gérante et m’a dit que s’il préférait les annonces en français, il laissait ses gérants libres de choisir français ou bilingue. Il m’a dit qu’il allait en discuter avec le gérant et qu’on verrait s’il peut y avoir des changements à apporter. Il m’a également avoué qu’il est possible que les responsables de ce magasin ne pensaient pas déplaire aux Québécois en passant à l’anglais.

Bref, j’ai fait ma part.

À vous, maintenant.

À nous.


MISE À JOUR (27 janvier):
La gérante du Village des Valeurs m’a rappelé pour s’excuser de la manière dont j’ai été traité et pour m’annoncer qu’elle avait fait la demande pour que le système audio unilingue français soit de retour et qu’elle s’attendait à ce qu’il le soit bientôt.

Le leçon? Plaignez-vous quand on vous manque de respect et exigez le français partout!

En tant que citoyen québécois, je me sens de nouveau respecté et non seulement je retournerai à ce magasin, mais je le conseillerai à mes amis et à ma famille.

DEBOUT, QUÉBÉCOIS!

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43 Réponses

  1. […] This post was mentioned on Twitter by deprenyl selegiline. deprenyl selegiline said: RT @lpref: Citoyen de seconde classe https://ledernierquebecois.wordpress.com/2011/01/17/citoyen-de-seconde-classe […]

  2. René Lévesque disait que chaque affiche bilingue envoie le message aux immigrants qu’ici il y a deux langues et que l’on peut choisir. Aussi, chaque affiche bilingue envoie le message aux anglophones qu’il n’est pas nécessaire d’apprendre le français, tout est traduit.

    Très bon billet Monsieur Préfontaine. Effectivement, il est malheureux de constater qu’après plus de 33 ans de Charte de la langue française certains Québécois n’ont pas soigné leur complexe d’infériorité face à la langue anglaise. C’est si simple pourtant. Au Québec la langue commune dans la vie publique, pour les francophones, les anglophones et les allophones, c’est le français. Pas que nous sommes contre les Anglos, mais si on accepte le bilinguisme au Québec, nous devrons accepter notre infériorisation et à long terme, l’assimilation.

    Nous avons la chance de participer à la préservation d’un patrimoine culturel unique et précieux, la langue française en Amérique. Je pense aussi que la langue française au Québec n’est pas étrangère à notre qualité de vie. Il incombe à chaque citoyen de faire rayonner le français devant la menace d’une langue homogénique qui amène avec elle une pensée unique. Pour moi, c’est ça être un québécois.

  3. J’ai entendu Jacques Parizeau dire, au moins deux fois, qu’il allait botter le cul des québécois francophones de vieille souche ancestrale qui n’apprendraient pas l’anglais.
    Alors!?! Si Monsieur le dit… L’inspiration vient de haut.

  4. Bravo M. Préfontaine pour décrire si éloquemment une situation généralisée. L’expérience que vous avez vécue, je la vis chaque jour dans l’ouest de Montréal et lorsque je vais magasiner à Laval. Je me plains comme vous. Il faudra que l’on commence à manifester devant les commerces. Il faudra aussi pousser dans le derrière nos élus.

    Dans l’argumentaire, Mille et une raisons pour que le Québec devienne un pays, j’ai relaté plusieurs expériences dans ce genre, dont en voici une, la raison numéro 846 : http://coalitionsouverainiste.com/1001raisons.aspx

    « Pendant mon magasinage du temps des fêtes en 2007, j’entrai dans un magasin de sports de l’Ouest de l’Île de Montréal. Un vendeur me souhaita la bienvenue en anglais en premier. La musique d’ambiance consistait en la syntonisation d’un poste de radio anglais situé au Québec mais qui ne parle qu’en anglais qui ne fait jamais jouer de chansons françaises. J’entendais les haut-parleurs appeler les employés en anglais seulement. J’entendais les employés parler entre eux en anglais seulement. Ainsi les employés francophones se sentaient obligés de parler en anglais avec leurs pairs et leurs gérants. La Charte de la langue française n’est même pas respecter dans ce magasin qui fait parti d’une chaîne de magasins de plus de 50 employés sous prétexte qu’au Canada, il y a aussi la Loi fédérale sur les langues officielles qui permet au gens de choisir l’anglais ou le français. Cette situation intolérable ne se produirait pas dans un Québec souverain. »

    Daniel Roy, C.A.

  5. Nous sommes véritablement des citoyens de seconde classe, car nos LOIS sont brimées à chaque jour et il n’y a aucune conséquence. L’attitude des anglophones et des Québécois vendus est claire: Si la loi est québécoise, elle ne vaut rien. Même le gouvernement ne respecte pas la loi: il offre ses services en Français et en Anglais. Même les POLICIERS ne respectent pas la loi: Je les entends se parler en Anglais et je me fis même harceler par des policiers anglophones (Italiens) car je portais le Fleurdelysé sur mon béret. Si les institutions les plus fondamentaux ne respectent la loi, alors quelle surprise que les gens communs éprouvent un tel dédain pour les règlements (à l’épicerie, j’observe les clients hispanophones se faire servir en Espagnol.)

    C’est le complexe de supériorité des fédéraliste. Je fis des études médicales chez algoritme pharma et anapharme et tous leurs documents sont en Anglais. Quand je leur demande si ceci est légal, les Québécoises me répondent qu’elle pensaient que la loi 101 s’applique seulement à l’affichage! Mensonge total! Elle le savent très bien (même que l’ignorance de la loi ne constitue aucune défense). Elle me répliquent que: « Nous avons des clients internationaux et qu’ici les documents sont en Anglais, mais je vous parle en Français très clairement alors… »

    J’adore comment elles essaient d’inventer leurs propres règles arbitrairement, comme si le fait qu’on me parle en Français changeait la loi…?! Le complexe d’infériorité est très subtil: On est toujours prêt à leur parler en Anglais, même que plusieurs anglophones se plaignent (avec justification) qu’ils n’ont jamais l’opportunité de pratiquer leur Français car à chaque fois qu’ils le parlent, le Francophone « switch » en Anglais…

    Dans l’autobus, j’observe les Noirs Francophones et Anglophones se regarder vicieusement et se passer des commentaires entre eux concernant les locuteurs de l’autre langue. Est-ce que le division est rendue tellement accrue qu’elle dépasse la frontière raciale? Est-ce que les membres des minorités visibles francophones doivent s’adresser à leurs semblables en Anglais?!

    Oui, c’est sûr que nous devons s’adresser au anglophones en Français et leur répondre en Français, mais nous savons tous qu’il peut y avoir un prix à payer: quand ta « bosse » est fédéraliste, c’est bien beau que la loi exige quelque chose, mais le vrai pouvoir, c’est elle qui le détient. Et la dernière fois que j’eus un propriétaire francophone, c’était en 2003…

  6. Quand je lis des commentaires comme celui de Max et de Daniel, je me sens outragé.

    On est au Quebec sti! la loi 101 est une loi QUEBECOISE pour les QUEBECOIS, c.a.d. CEUX QUI HABITENT AU QUEBEC! ceux et celles qui ne veulent pas parler francais QU’ILS FOUTENT LE CAMP!

    tous ceux (ils savent qui ils sont) qui veulent pas adopter notre langue et nos valeurs ben, bye bye y’a le reste du Canada, allez y labas, il est grand et acceuillant. Je suis pour un projet de citoyenneté québecoise avec un test de francais ET de culture et de valeur QUEBECOISE. De plus il faut etre né au quebec ou y avoir habiter plus de 10 ans (un peu comme en europe).

    On s’est assez accomodé nous autres, on en a assez, on en a marre.

    il faut être capable de vivre sa vie et s’épanouir dans son propre territoire dans sa langue maternelle. AUCUN québecois unilingue doit etre au chomage car il parle pas ANG-LAID!

  7. Faut-il nécessairement être péquiste pour défendre le français au Québec? Si c’est le cas, les libéraux devraient être clairs et dire ouvertement qu’ils veulent l’anglicisation du Québec.

    Moi, je réserve mes communications en anglais pour les gens de l’extérieur du Québec. Le bilinguisme, c’est un choix individuel. Je ne crois pas que Parizeau ait affaibli la loi 101. Il encourageait les jeunes à apprendre l’anglais, il n’a forcé personne comme les libéraux le font par leur inaction dans les domaines de la langue du travail et du commerce.

  8. J’ai profité d’un commentaire du tableau trônant à l’Assemblée nationale (Le débat sur les langues), dans la revue L’actualité (fév. 2011) pour démontrer qu’en effet, le Québec a failli devenir français:

    http://www.vigile.net/Un-Quebec-qui-a-failli-devenir

  9. « Cette petite Karine, gérante du Village des Valeurs, combien y en a-t-il comme elle au Québec, toujours prêtes à servir le client anglophone dans sa langue »

    La petite Karine n’a pas beaucoup de choix. Elle peut me servir en Anglais, ou elle peut refuser de me servir en Anglais. Si elle refuse, je sorte et je vais à la concurrence, ou je suis bien servi en Anglais. Et ça laisse Karine sans bénéfice.

    Une belle chose, le marché libre, n’est pas?

  10. mais c’est exactement pour sa qu’il faut limiter l’usage de l’anglais (avec des amandes par ex) car sur un marché libre le francais va disparaitre. Une nation a le droit de défendre sa langue d’une langue plus forte. la loi du marché libre c est la loi de la jungle, la loi du plus fort. si t’aimes pas vivre en francais ailleurs y’a plein d’endroit ou tu peux vivre en anglais.

    on doit interdire tous usage de l’anglais dans les magasins et les entreprises de 50 employés ou plus bas (pas juste ou plus haut).

  11. si les anglophones veulent vivre au quebec ben ils doivent bien apprendre le francais, c’est pas au francophones de s’accomoder et d’apprendre l’anglais pour les servir.

  12. « y’a plein d’endroit ou tu peux vivre en anglais.  »

    Comme Montreal, par example. Ou Laval, comme je viens de découvrir. Merci pour les nouvelles.

    « on doit interdire tous usage de l’anglais dans les magasins et les entreprises de 50 employés ou plus bas »

    Imaginez le titre de l’article sur la page de couverture de la presse Americaine: « English banned in Quebec commercial centers ». Ca serait une belle histoire de ranconter aux Americans et au monde.

    Et, sûrement, une loi comme telle ne changerait rien. Le gens ne cesseraient pas d’utiliser l’Anglais à cause de ça. Les 34 ans de la loi 101 demontre un échec total des méthodes administratives de decider la langue commune.

  13. Je m’informe sur Web pour la pluralité des points de vue. Il est plutôt cocasse de constater dans les blogs que certains ne font que répéter les arguments des médias anglophones contre la loi 101. C’est vrai que ça demande de la rigueur pour dévelepper une argumentation personnelle solide.

    Sérieusement, qu’est-ce qu’on en a à foudre de ce que les Américains vont penser? Tu impressionne qui avec cet argument à la noix? Ce n’est pas parce que les États-Unis sont un important partenaire commerciale que l’on devrait se laisser dicter nos politiques. Ça, en tant que Canadiens, tu devrais bien le comprendre. D’ailleurs, il y a un mouvement en Floride pour bannir l’Espagnol dans l’affichage. Aussi, l’école public en Californie est en anglais seulement malgré une minorité linguiste hispanophone très importante. Ça, c’est de l’aménagement linguistique qui ne fera pas la première page du journal The Gazatte. Si tu veux des nouvelles qui élargiront peut-être tes horizons, en voici:

    http://www.foxnews.com/story/0,2933,499445,00.html

    La Charte de la langue française accorde le même droit à tous les Québécois,francophones, anglophones et allophones. Le droit de travailler et de d’acheter en français. Comme nous sommes dans une société libre et démocratique, tu peux refuser d’utiliser ce droit. Dans ce cas, saches que personne n’a l’obligation de se plier à ta langue. Tu peux aussi faire preuve de bienséance et t’adresser au gens en français dans la vie publique.

    L’argument du libre-marché, c’est plutôt simple comme raisonnement mais les gens de droit sont hypnotisés par cette idée.Il y a une panoplie de loi qui encadre les entreprises; environnement, norme du travail, sécurité des travailleurs. On appelle ça des droits collectifs. La liberté absolue dans tous les domaines c’est l’anarchie et je ne crois pas que c’est souhaitable comme modèle de société.

    Pour ce qui est de l’échec de la loi 101, c’est relatif. Je pense que cette loi a eu des effets bénéfiques. Les anglos connaissent le français dans une plus grande proportion et davantage d’immigrants s’intgère en français. Je conviens toutefois qu’il faut aller plus loin considérant le recule actuel.

  14. Et si le compétiteur te sert aussi en Français?Et si nous décidions en tant que consommateurs,d’aller encourager que les commerçants qui nous servent en Français?Il est fort a parier que les anglos ont plus a perdre que nous.

  15. “La Charte de la langue française accorde le même droit à tous les Québécois,francophones, anglophones et allophones. Le droit de travailler et de d’acheter en français”

    Alors, voyons…la loi 101 accorde le même droit à TOUS (allo, anglo, franco)…mais le droit de travailler et d’acheter est en français …et en français seulement….

    Interessant.

    “Il y a une panoplie de loi qui encadre les entreprises; environnement, norme du travail, sécurité des travailleurs.”

    Oui, mais l’extension de ça sur la langue est trop. L’interventionnisme de TELLE PROPORTION de l’état dans les matières linguistiques comme au Quebec, c’est sûrement un phénomène unique dans le monde. IL’interventionnisme comme tel est étouffant, et a rien en commune avec la liberté. En fait, c’est le contraire de la liberté.

    “c’est l’anarchie et je ne crois pas que c’est souhaitable comme modèle de société. “

    Dans le domaine de la langue, c’est exactement ce qu’il nous faut – une sorte d’anarchie. Nous décidons nous-même dans quelle langue nous interagissons avec les autres.

    “D’ailleurs, il y a un mouvement en Floride pour bannir l’Espagnol dans l’affichage.”

    Un movement. Pas une loi adoptée par l’Etat de Floride. Il y’a une grande différence entre les deux.

  16. La loi 101 a aussi débutée par un mouvement.

  17. ¨Alors, voyons…la loi 101 accorde le même droit à TOUS (allo, anglo, franco)…mais le droit de travailler et d’acheter est en français …et en français seulement…¨

    Effectivement, la langue française est en quelque sorte un bien public qui appartient à tous les Québécois. Il en revient à vous de vous l’approprier.

    Vous commettez toute fois une erreur. Nul part dans la loi 101 il est procrit de servir un client dans une autre langue que le français. La loi dit que le service en français doit être disponible. De plus, la loi prévoit que les employeurs doivent communiquer en français avec les travailleurs. Il me semble que c’est normale au Québec mais ça n’a pas toujours été le cas. Nul part il est proscrit que l’employeur ne peut pas utiliser, en plus du français, d’autres langues, anglais, espagnol ou arable s’il le veux. C’est un droit de gérance.

    ¨L’interventionnisme de TELLE PROPORTION de l’état dans les matières linguistiques comme au Quebec, c’est sûrement un phénomène unique dans le monde.¨

    Oui, c’est probablement au Québec où il y a la politique linguistique la plus complète. Plusieurs États s’en sont d’ailleurs inspirés pour élaborer leur propre politique. À situation particulière, loi particulière. Il n’y a pas une nation dans le monde ou la langue nationale subit de telle pression.

    Alors pour vous la seule solution satisfaisante c’est de revenir à l’époque du magasin Eaton du centre-ville? Vous proposez la création de guettos linguistiques à Montréal comme à Toronto? C’est pas ça le progrès.

    ¨L’interventionnisme comme tel est étouffant.¨

    Faites attention à la signification des mots dans la langue française. On n’a pas retrouver personne en détresse respiratoire en raison de la loi 101. Les techniques de désinformation, ça ne fonctionne pas ici.

    ¨Dans le domaine de la langue, c’est exactement ce qu’il nous faut une sorte d’anarchie. Nous décidons nous-même dans quelle langue nous interagissons avec les autres.¨

    Oui, tu as le droit. Sauf que, c’est un manque de bienséance quand tu abordes quelqu’un au Québec. Au même titre que je ne vais pas emmerder les anglos à Toronto avec le français. Vous cherchez quoi, à semer la discorde? Vous savez très bien que c’est une question sensible au Québec et vous grattez le bobos. C’est franchement ridicule.

    Des lois linguistiques, il y en a plusieurs dans le monde. Renseignez-vous. Enfin, vous seriez beaucoup plus originale comme anglo de défendre la langue française plus que de faire le perroquet des Taylor et Richler.

  18. Effectivement,je crois que quelques anglos cherchent la confrontation ces temps-ci.Va falloir calmer le jeu…encore une fois.

  19. Au cas, que tu ne l’aurais pas lu:

    L’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés illégitime et illégale.

    http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=2781

    Le gouvernement n’a même pas à tenir un référendum sur la question, seulement faire respecté les traités et se tenir debout !

  20. Ce n’était pas clair, mais ce message s’adressait à toi, Louis.

  21. Il faut pousser à l’interventionnisme. c’est l’état qui va nous protéger de la perte de la langue en mettant des lois qui vont forcer les gens à parler le francais. il est inacceptable que des immigrants de 3 eme generation parle encore leur langue étrangère à la maison.

    Le francais est une langue commune pas juste une langue d’utilité. si une personne veut s’intégrer elle doit remplacer sa langue maternelle avec la langue commune. ne pas parler francais à la maison au quebec veut dire ne pas vouloir s’intégrer à la société.

    moi je pense qu’il faut donner des amandes aux entreprises qui exigent l’anglais quand ceci n est pas necessaire.

    le chinois est devenu plus important que l’anglais pour les affaires alors pourquoi forcer les jeunes étudiants à l’école d’etudier l’anglais au lieu de leur donner le choix…

  22. « Le Québec doit être aussi français que l’Ontario est anglaise »

    Camille Laurin

  23. «Sérieusement, qu’est-ce qu’on en a à foudre de ce que les Américains vont penser?»

    Peut-être que 69.2 % des exportations vont au Etas-Unis, c’est pas mal un grande partie de notre economie.

    http://www.gouv.qc.ca/portail/quebec/pgs/commun/portrait/economie/importexport/?lang=fr

  24. «Le francais est une langue commune pas juste une langue d’utilité»

    Oui c’est une langue d’utilité pour les Anglophones du Québec. Je suis Anglophone et je parle toujours Anglais à la maison et je continuerais toujours. 🙂

  25. « Oui c’est une langue d’utilité pour les Anglophones du Québec. Je suis Anglophone et je parle toujours Anglais à la maison et je continuerais toujours »

    Qu’est-ce qu’on s’en crisse!Vous pouvez bien parler le Mandarin a la maison si vous voulez.La langue publique doit demeurer la Français.

  26. Je m’addresse pas a toi mais a monpeuplebafoué qui a ecrit:
    ne pas parler francais à la maison au quebec veut dire ne pas vouloir s’intégrer à la société.
    Il n’y a pas personne qui vont me dire quelle langue je parlerai chez nous.

  27. Lynn, il ne faut pas mélanger les choses. En tant qu’anglophone, tu peux parler anglais tant que tu veux à ta maison et consommer des film, journaux, radio en anglais. C’est ton droit. Pour la vie publique, c’est en français que ce sera. Ce n’est pas un problème parce que tu connais déjà le français et c’est très bien.

    Pour ce qui est des Américains, je ne partage pas ta vision qui consiste à tout assujettir à l’économie et à la croissance du PIB. C’est peut-être une différence culturelle…

  28. Je ne crois pas mélanger les choses, comme j’ai indiqué, je m’adressai a monpeuplebafoué qui propose une dictature.
    « faut pousser à l’interventionnisme. c’est l’état qui va nous protéger de la perte de la langue en mettant des lois qui vont forcer les gens à parler le francais.»
    «si une personne veut s’intégrer elle doit remplacer sa langue maternelle avec la langue commune. ne pas parler francais à la maison au quebec veut dire ne pas vouloir s’intégrer à la société.» – un peu extrême je pense…lol

  29. Il est déjà

  30. « il est inacceptable que des immigrants de 3 eme generation parle encore leur langue étrangère à la maison »

    « On est au Quebec sti! la loi 101 est une loi QUEBECOISE pour les QUEBECOIS, c.a.d. CEUX QUI HABITENT AU QUEBEC! ceux et celles qui ne veulent pas parler francais QU’ILS FOUTENT LE CAMP »

    Intéressant de lire les indépendant/séparat/souverain-istes vouloir assimiler les anglophones du Québec alors que c’est exactement ce qu’ils reprochent aux méchants anglais du reste du Canada.

    Ce qui est bon pour minou est aussi bon pour pitou alors je dirai à ceux-ci : Le Canada est à majorité anglophone alors si ça ne vous plaît pasm foutez le camp, la francophonie est composée d’un paquet de pays de c** prêts à vous accueilir!

    Selon votre réflexion le Canada devrait légiférer pour nous forcer à ne communiquer qu’en anglais en public. Estimez-vous donc chanceux que ce ne soit pas le cas.

  31. Toutes les nations du monde (Québec, Canada, États-Unis,… bref tout les pays occidentaux) cherchent à assimiler les immigrants, c’est juste normal. D’ailleurs on demande seulement aux anglophones d’être capable de s’exprimer en français(la langue officielle du Québec) dans la vie publique, ce n’est pas trop en demander me semble.
    p.s: les francophones vivaient au Canada bien avant les anglophones

  32. Du calme Sylvester Gratton!

  33. Je déteste me répéter mais je vais le faire quand même : Ce qui est bon pour minou est aussi bon pour pitou alors dites donc à ceux de votre clan de calmer leurs ardeurs aussi et je vous encourage à faire de même aussi à moins que vous ne soyez incapable de dialoguer avec quelqu’un qui n’a pas la même vision que vous du monde sans passer directement à l’insulte en lieu d’argument.

    p.s pour pedro : les amérindiens vivaient au Canada bien avant les francophones et les africains vivaient sur la terre bien avant un coup parti…

  34. @ Michel Sylvestre, vrai, mais moi je ne demande pas aux amérindiens de partir ou aux africains de quitter l’Afrique
    Et vous êtes mal placé pour faire la morale en matière de commentaires respectueux.

  35. @ Michel Sylvestre

    Je partage votre point de vue sur un point. Ce qui est bon pour minou est bon pour pitou. Alors, comment expliquer que dans le Canada, ce sont les Québécois qui sont bilingues dans une plus grande proportion que le ROC? Ce peut-il que les Canadians en aient rien à foutre du français et du bilinguisme à la Trudeau? Je connais des anglos et je ne les mettrais pas tous dans le même panier. Vous devriez adopter le même jugement lorque vous parlez des indépendant/séparat/souverain-istes. Je ne pense pas qu’il y ait des clans ici, juste des opinions différentes et des gens qui ne comprennent pas toujours les enjeux linguistiques au Québec. Restons calme!

  36. @ Jeune Québécois – Je crois que la plupart des bilingues au Québec sont les anglophones. Verifier les statistiques. 🙂

  37. Le respect fonctionne dans les deux sens alors voyons qui a commencé le bal… ah oui!

    Je ne fais qu’utiliser exactement les mêmes arguments énoncés auparavant mais de l’autre côté. Ça fait mal? Regardez-vous tous dans un miroir avant de critiquer.

    Par ailleurs je ne suis pas tombé dans l’insulte comme Dartagnan.

  38. J’aimerais que vous vous mettiez un peu dans la peau d’un anglophone nord-américain pour une fois ou encore tentez d’imaginer que le français soit la langue dominante sur le continent. Ressentiriez-vous le besoin d’apprendre une autre langue? Réellement? On peut d’ailleurs voir le même phénomène à plus petite échelle même au Québec! Nos parents/grand-parents qui n’ont pas appris l’anglais parce qu’ils n’en avaient pas besoin. Ça ne veut pas pour autant dire que ce soit du mépris.

  39. @ Lynn

    Oui, les anglos au Québec sont proportionnellement plus bilingues que les francos. Mais les francos sont plus bilingue que le ROC. Il n’y pas de contradiction avec ce que j’ai dit. Relisez bien.

    @ Michel Sylvestre

    D’abord, je ne comprend pas réponse qui laisse sous entente que je ne suis pas capable de me mettre dans la peau d’un nord-américain. Vous ne connaissez rien de moi. Votre commmentaire est sans fondement et encore une fois, vous généralisez.

    C’est vrai, économiquement parlant, les francos peuvent espérer obtenir plus de gain que les anglos à apprendre une deuxième langue puisque nous somme dans un marché dominé par l’anglais. Alors le constat qu’il faut faire, c’est l’échec de la politique de blilinguisme au Canada qui n’a pour but que d’appaiser l’insécurité linguistique des francos.

    Ce qui est déplorable considérant la politique de bilingisme au Canada c’est qu’il est à sens unique. Ce sont les Québécois qui doivent être bilingues pour accommoder leurs « compatriotes » des autres provinces qui se conforte dans leurs unilinguisme dans un pays suppossément bilingue. Dans l’entreprise où je travaille, nous avons des réunions avec le directeur des ventes de Toronto qui vient nous rendre visite à Montréal. Nous sommes six francos et c’est cet anglos qui détermine la langue de la réunion. Êtes-vous capable de comprendre le ressentiments des Québécois devant cette injustice et ce manque de courtoisie. Oui, c’est du mépris.

  40. @Jeune Québécois

    Je ne généralise rien du tout et vous ne répondez pas à ma question en déviant sur l’économie. Moi je parle de besoin dans la vie de tous les jours.

    Voici une définition du mépris :
    Sentiment par lequel on juge une personne ou une chose indigne d’estime, de considération, d’attention.

    Le mépris nécéssite donc une intention consciente (juger), ce qui n’est pas le cas de la grande majorité des anglophones envers le fait français. Si l’attitude de votre collègue vous dérange, vous n’avez qu’à lui signaler. Je ressens beaucoup plus de mépris de votre part que de votre directeur. C’est vrai que dans un Canada idéal, tout le monde parlerait les deux langues mais autant chez les francophones que chez les anglophones de partout au pays, il y a beaucoup de gens qui ne ressentent pas le besoin d’apprendre l’autre langue officielle.

    Je comprend mal cette fameuse « insécurité linguistique ». Une langue n’est qu’un mode de communication des idées et des valeurs et n’a que très peu à voir avec une culture. Le français et l’anglais finiront par disparaître de la surface de la planète que ce soit par la destruction du monde ou l’évolution des langues qui sont continuellement en changement et aucune loi ne pourra le changer. Si le Québec a à s’angliciser, la loi n’y changera rien et un jour assez de gens élus au parlement renverseront la loi de toutes façons.

    Vous voulez que le français existe encore longtemps? Faites des enfants et enseignez leur CORRECTEMENT la langue. De nos jours ça dit défendre le français mais c’est tellement bourré d’erreurs que c’est risible.

  41. @ Michel Sylvestre

    En réponse à votre question, je pense que le désire d’apprendre une langue est en lien avec l’utilité que cette langue procure.

    Je ne vois pas vraiment le lien entre quelques coquilles laissées sur un blogue est la survivance de la langue française, mais je prends acte.

    Vous avez le type d’arguments que je lis souvent dans The Gazette ou le National Post. Vous êtes un libertarien, la langue est sans importance pour la culture, ce n’est qu’un outil de communication, vous êtes amère parce que vos enfants ne sont pas allés à l’école anglaise, on brime votre droit fondamental, vos parents vous on répété lorsque vous étiez petit qu’on ne fait rien dans la vie sans l’anglais… Alors, vous vous défoulez sur un blogue nationaliste en passant que vous détenez la vérité absolue. Vous avez vue la lumière.

    Vous comprenez mal l’insécurité linguistique des Francos parce que vous êtes probablement habitué à manger dans la main des Anglos et ils vous le rendent bien. Vous voudriez sans doute revenir à l’époque avant la loi 101 où tous les dirigeants d’entreprises étaient Anglos et où l’usage du français déclinait au Québec. Vous faites probablement partie de la bourgeoisie bilingue canadienne qui se trouve meilleure que les Francos et les Anglos parce que bilingue. Vous aimer probablement les Big Mac, c’est rapide, pratique et c’est pareil partout dans le monde comme la langue unique que vous préconisez.

  42. Daccord pour dire que la mentalité « big mac » est un véritable fléau.

  43. je réponds a votre commentaire sur le village des valeurs de laval, j’y ai travaillé. Je trouve bizarre que les annonces soient en anglais car quand j’y étais, elles etaient en français.
    karine n’est pas gérante et ne l’a jamais été. Elle est juste une 3eme clé, elle ne parle pas un mot d’anglais, elle est juste bete, et que vous lui parlié en français ou en chinois, elle est bete, c’est tout.
    la gerante est sophie, une française, et que je sache, ne parle pas trés bien en anglais.
    mon amie, anny, a voulu travaillé avec moi, mais vous savez quoi, sophie l’a pas embauché ; elle parlait pas français assé bien pour elle!

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