En attendant le livre

Il ne s’agit ni d’une pause ni d’un rangement définitif du clavier. C’est l’histoire d’un changement. L’histoire d’une évolution, d’une nouvelle façon de m’exprimer. Si ça se trouve, ça ne fera pas long feu. Mais qui sait. Ça faisait déjà quelques fois que j’en parlais, mais je suis de plus en plus sérieux avec mon projet: je travaille sur un livre et j’ai donc moins de temps à consacrer à ce blogue.

En tant que tel, je fais sensiblement la même chose qu’avant, à l’exception que je retiens volontairement les statistiques que je compile, les liens que je fais, les idées que je propose. Je les garde, égoïstement, avec l’idée de les offrir d’une seule traite, dans un format me permettant de pouvoir aller un peu plus au fond des choses.

Je ne sais pas encore quelle forme définitive cela prendra. J’hésite entre le libre-parler et le « dans ta face » de mon blogue ou l’approche plus factuelle que j’ai pu expérimenter pendant l’année passée à la SSJB ou dans les mémoires que j’ai écrit pour le MMF ou Impératif français. Peut-être y intégrerai-je un peu des deux, quoi que cela devra être bien fait. Le ton devrait ressembler, dans l’idéal, à celui que j’ai adopté lors de la présentation du 23 septembre dernier, à l’Assemblée nationale. Voici d’ailleurs un extrait pour ceux qui n’avaient pas réussi à ouvrir le fichier dans un précédent billet.

En attendant, je recherche, j’accumule, je découvre. J’ai déjà des données que je suis probablement le seul à avoir. Et des idées originales, également. Je ne peux en dire davantage. Qui vivra verra. Ou peut-être pas. Allez savoir.

J’ai découvert plusieurs choses dernièrement:

  1. Mon départ de la SSJB et du MMF (que j’ai choisi, en vérité, afin de garder mon indépendance) pourrait constituer une bonne chose, car j’étais intellectuellement vidé après chaque semaine, tandis que je suis en mesure d’accomplir beaucoup plus de travail personnel en ce moment;
  2. J’ai trop perdu de temps sur Facebook en luttes stériles et en chicanes inutiles. Chaque heure gaspillée pour essayer de convaincre un cabochon de changer d’idée est une heure que j’aurais pu investir pour convaincre mille personnes d’une meilleure manière;
  3. La réputation est quelque chose qui a une certaine importance.  Je me suis tellement foutu des qu’en-dira-t-on que j’ai nui de manière durable à ma réputation auprès d’une certaine clientèle du web.  Je crois que je garderai certaines de mes réflexions pour moi à l’avenir, ou plutôt que je prendrai le temps de mieux choisir mes luttes et de canaliser mes critiques (je n’arrêterai pas de dénoncer l’immobilisme péquiste pour autant, soyez-en sûr);
  4. Le blogue peut être un excellent outil d’auto-promotion, mais il ne peut pas constituer une fin en soi, à moins de se satisfaire d’une situation où il faut perpétuellement condenser son message sans jamais prendre le temps de bien s’expliquer;
  5. Le blogue est temporaire, le livre reste.  Et peu importe la forme du livre du futur (j’ai la conviction que le format papier vit ses dernières heures), un livre est complet par lui-même alors que le blogue ne peut l’être que par le travail acharné de lecteurs persévérants cherchant à relier un ensemble de textes en apparence disparates.  Autrement dit: si je meurs en bloguant, rien ne reste, mais si je meurs après avoir écrit un livre, celui-ci me survit.  Et je survis donc à travers ce livre.  Je façonne une œuvre complète, je finis le casse-tête plutôt que de m’être contenté de numéroter les pièces.

Je ne me suis fixé aucun échéancier précis.   J’aimerais cependant avoir fini la recherche quelque part cet hiver ou au début du printemps, et avoir fini l’écriture vers l’été prochain.  C’est ambitieux, considérant que je ne dispose que de quelques heures par semaine, mais ce n’est pas impossible.   On verra.

En attendant, je reviendrai sûrement écrire ponctuellement sur ce blogue, que ce soit pour dénoncer l’anglomanie de nos élites, la francophobie de nos ennemis ou la situation absolument catastrophique de l’intégration au français dans la région de Montréal (tiens, j’aurais pu écrire un texte sur ces jeunes d’une école secondaire francophone de Laval ayant été au palais de justice pour dénoncer un chauffard ayant tué une de leurs camarades et ayant apporté des affiches unilingues anglaises…).   Vous pourrez juger de la progression du livre selon la fréquence de mes interventions ici.

En attendant, le combat pour le français continue.  Différemment, mais il continue.

« Tant qu’un peuple n’est envahi que dans son territoire, il n’est que vaincu; mais s’il se laisse envahir dans sa langue, il est fini. »
– Louis de Bonald

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8 Réponses

  1. Bravo! Excellente idée d’écrire un livre, vous allez

    ainsi atteindre beaucoup plus de gens.

    Et, s’il vous plaît, M.Préfontaine, gardez ce bel enthousiasme

    pour continuer votre beau travail.

  2. Cher Louis,

    Nous allons alors vous manquer.

    Si je puis me permettre, je vous suggère le ton « Dans ta face » afin d’attirer l’attention, de vous démarquer, mais surtout, afin d’être fidèle à vous même et à ce que nous vous reconnaissons.

    Vous nous faites languir lorsque vous dites que vous détenez de l’information que vous seul détenez. J’allais vous suggérer de faire vite, mais je dirais qu’une échéance de moins d’un an pour écrire un livre est très bien. Je vous suggère un livre court et bon marché pour atteintre une clientèle plus vaste. Il est préférable de vendre 100 000 copies à 10 $ que 1 000 copie à 50 $. J’espère que votre livre sera un antidépresseur, une sonnerie de réveil ou une bombe intellectuelle. J’espère que votre livre rendra le peuple responsable de sa survie. Enfin, j’espère aussi que votre livre sera une recette à suivre pour nos élites afin de nous lancer enfin dans la voie de l’obtention d’un pays.

    Daniel

  3. Ne lachez pas de publier en attendant un livre. Votre blog garde le moral et l’esprit en état de combativité. Un petit peu toutes les semaines, vous êtes capables de mobiliser, de garder vigilante une partie de l’opinion publique. Ce n’est pas donné à tout le monde. Un livre c’est pour la satisfaction personnelle. C’est vrai que le livre reste, les bibliothèques en sont pleines.
    Le Québec a besoin de chroniqueurs politiques indépendats et indépendantistes.

  4. Les « dernières heures du format papier » c’est la même chose que ces « affiches unilingues anglaises que des jeunes d’une école secondaire francophone de Laval » brandissaient au palais de justice. La fin / ‘The End’.

    Espérons donc que le livre (en français de préférence) ne mourra jamais et qu’un jour on mettra tous ces pédagogues fumeux à la porte des écoles.
    Rêvons que nous redécouvrirons demain que la culture, la connaissance et l’éducation sont des biens plus précieux qu’un morceau de papier appelé ‘diplôme’ (aujourd’hui on les donne gratuitement, après avoir fourni un minimum d’effort). Que l’enseignement des matières de bases redevienne une priorité. En particulier, celui de notre langue qui est si dépréciée de nos jours.

    Bonne écriture!

  5. Hé bien, bonne chance dans tous tes projets, même si ce n’est pas un départ définitif de notre chère blogosphère dont tu es un peu l’un des pères, mon cher Louis!!!

    Tu vas pouvoir capter un lectorat plus gros que celui que tu as sur la blogosphère, c’est certain!!! Si tu as des informations que tu es le seul à posséder (pour l’instant), j’espère qu’elle se retrouveront dans ton livre!!!

    J’apprécie vraiment de voir ce que tu es devenu!!! Avec le temps, tu es devenu un blogueur qui est respecté par certains et qui est craint par d’autres, mais, le plus beau, c’est que tu ne laisses plus personne indifférent (ni les blogueurs, ni les personnalités publiques comme Patrick Bourgeois 😉 ) et que tu as toujours été fidèle à tes principes!!! Les idées que tu défendais il y a trois ans, tu y crois encore et tu n’hésites pas une seule seconde à foncer dans le tas pour les défendre, quitte à te mettre à dos certains blogueurs qui n’aiment pas que tu leur donnes les vrais faits sur l’état du français à Montréal (les gens de la Kaverne, par exemple)!!!

    Tu es devenu le Olivar Asselin de la blogosphère politique québécoise et te lire est toujours un plaisir, même si, parfois, nous n’avons pas toujours été d’accord!!! Par contre, je crois que nos échanges se sont toujours faits dans le respect!!! En plus, tu es le seul de l’ancienne gang de UHEC qui n’a pas encore pété un plomb et qui, avec le temps, n’est pas devenu la caricature de lui-même et c’est tout à ton honneur!!!

    Longue vie à l’homme en colère que, au fond, tu seras toujours!!!

    Longue vie au dernier Québécois connu qui veut protéger la langue de ses ancêtres!!!

    Longue vie à l’électron libre que tu as toujours été et longue vie à Louis P.!!!

    En espérant te lire de nouveau ici, dans un avenir rapproché!!!

    P.S.: Si tu fais une séance de dédicace, quand ton livre sortira, et si, pour ce faire, tu as à passer par Québec (cette ville qui a tant fait partie, à une autre époque, de nos solides discussions virtuelles 😉 ), et si, alors, mon horaire me le permet, peut-être pourrais-je passer à ta séance et te serrer la main!!! 🙂

  6. «Tu vas pouvoir capter un lectorat plus gros que celui que tu as sur la blogosphère, c’est certain!!!»

    Je voulais, bien sûr, faire référence à ton éventuel livre!!!

  7. Bonne route!

  8. Merci à tous pour les bons mots. Je ne cesserai pas d’écrire ponctuellement (mon dernier texte en est la preuve). Quand l’actualité m’offrira quelque chose d’intéressant ou quand je ne pourrai rester assis sur mes mains, je serai présent. Je le serai simplement moins qu’avant! 🙂

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