Trois mille fois non à la loi 103!

La ministre Christine St-Pierre n’a qu’à bien se tenir: les Québécois lui ont répondu plus de trois mille fois « NON » à son infecte loi 103, garantissant le « droit » des mieux-nantis de contourner la Loi 101 pour envoyer leurs enfants dans un réseau public anglophone destiné, à l’origine, à la seule minorité historique anglophone. Contre ses larmoyants appels en faveur de la protection des droits individuels de gens méprisant notre langue commune et nationale, des milliers de citoyens lui ont opposé la conception inclusive d’un Québec uni autour de sa langue et offrant la cohésion sociale et linguistique de toutes les nations modernes.

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Plus de trois mille fois, les citoyens québécois lui dont répondu: l’éducation dans une langue étrangère et avec nos impôts ne constitue pas un droit, mais un privilège consenti à une minorité anglophone historique ne représentant qu’un peu plus de 5% de la population. Il est inadmissible qu’un réseau public consenti comme privilège à ces anglophones accueille près de 11% des étudiants au secondaire, 16% au cégep et près de 25% à l’université.

Plus de trois mille fois, les citoyens québécois lui ont affirmé: le Québec est peut-être la seule nation au monde à financer deux réseaux d’éducation publics et parallèles dans deux langues différentes et sur un même territoire. Le Québec ne brime pas davantage les droits individuels des citoyens en finançant un enseignement en français que l’Angleterre ne le fait avec son unique réseau public anglais, l’Allemagne avec son unique réseau public allemand ou la Russie avec son unique réseau public russe. Partout sur cette planète, des nations établissent des lois linguistiques protégeant leur langue nationale et consentent un enseignement public dans la langue nationale. Si Christine St-Pierre croit que le Québec brime la liberté individuelle de ses citoyens avec sa Loi 101, elle devra accuser l’ensemble des nations au monde de faire la même chose.

Plus de trois mille fois, les citoyens québécois lui ont clamé: le français recule en Amérique du Nord, au Canada, au Québec et à Montréal. Si nous n’agissons pas énergiquement et rapidement, il sera bientôt trop tard. Notre louisianisation est en marche et si nous ne sommes pas en mesure de prendre les moyens nécessaires pour protéger notre langue, nous subirons le même sort que celui des Acadiens et autres Franco-Canadiens en voie de disparition. Mme. St-Pierre a la responsabilité historique de défendre la nation québécoise bien au-delà de ses particularismes.

Plus de trois mille fois, les citoyens québécois lui ont crié: notre lutte en est une pour la diversité culturelle! Si le français disparaît au Québec, c’est l’ensemble de l’humanité qu’on prive de notre présence. C’est l’extinction d’une forme particulière du genre humain, avec sa langue propre, sa culture, sa façon de concevoir le monde. Contre l’homogénéité d’un monde fade et anglicisé, le combat pour un Québec français en est un pour la survie de toutes les langues et cultures du monde afin de permettre à une humanité plurielle et ouverte sur ses différences de pouvoir rayonner de ses milles peuples.

Plus de trois mille fois, les citoyens québécois se sont embrassés, se sont réconfortés: nous ne sommes plus seuls. Vous n’êtes plus seuls à vous battre pour pouvoir travailler en français. Vous n’êtes plus seuls à exiger la fin du bilinguisme institutionnel, prélude à notre anglicisation. Vous n’êtes plus seuls à avoir de la difficulté à vous faire servir dans la langue nationale à Montréal. Vous n’êtes plus seuls à refuser de plier l’échine et à vous faire violence pour accommoder une langue impériale qui, sous prétexte d’un libre-choix n’existant que par le sur-financement systématique des institutions anglophones, s’impose contre vous.

Non, nous ne sommes plus seuls. En avril, nous étions plus de mille au rassemblement pour la Loi 101. Aujourd’hui, nous sommes plus de trois mille. La prochaine fois, nous serons dix mille, et nous renverserons le socle de notre propre lâcheté et déboulonnerons toutes nos fausses idoles nous enfonçant notre disparition dans la gorge à grandes bouchées de bilinguisme et d’une prétendue ouverture ne pouvant conduire qu’à notre disparition.

Le combat ne fait que commencer. Le Québec français, libéré de ses institutions étrangères sur-financées, affranchi de ses élites corrompues et anglomanes, libérales comme péquistes, reste encore à construire.

Le route vers la survie nous est ouverte. Il faut cesser d’avoir peur et foncer. Sans jamais se retourner ou regretter ceux qui, comme Christine St-Pierre, ont choisi de disparaître au nom de principes qui nous ne serons d’aucune utilité du fond de notre tombe au cœur du cimetière des peuples.

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2 Réponses

  1. Pourquoi les écoles anglaises exercent-elles une attraction plus forte sur les allophones et (j’ajouterais plusieurs francophones et anglophones) que les écoles françaises? Sont-elles meilleures? Offrent des classes plus petites? Un environnement plus inclusif? Des installations sportives plus récentes? Des programmes plus intéressants? Les langues (dont le français) y sont-elles mieux enseignées?

    Je suis contre la loi 103 mais être contre quelque chose n’est habituellement que peu productif. Nous nous devons d’offrir, de nous offrir, quelque chose de meilleur. Etre pour quelque chose de plus grand, qui fait paraître ce que nous sommes contre bien petit en comparaison.

    Le peuple québécois a déjà eu la volonté de d’accomplir de grandes choses. Pourrions-nous avoir l’ambition de répéter l’exploit?

    Une idée: D’ici 7 ans le gouvernement et le peuple québécois s’engage à mettre toute les ressources nécessaires pour avoir le meilleur système d’éducation au monde, abolir le décrochage de même que l’anaphabétisme. Seule l’idée fait sourire, ce serait extraordinaire…

  2. Louise,

    Chère Louise,

    Nous ne serons jamais meilleurs que les 250 000 millions d’anglais qui nous entourent et nous n’avons pas besoin d’être meilleurs qu’eux. Soyons nous-mêmes et soyons normal. Comme Louis l’a dit, l’enseignement doit se faire dans la langue nationale, soit le français, tout comme il se fait ailleurs dans le monde.
    L’amélioration de nos écoles peut et doit être une constante préoccupation, mais elle de doit pas être faire l’objet d’une compétition pour assurer notre survie.

    Daniel Roy, C.A.

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