Philippe Leclerc: candidat contre un Québec français

« Le PQ est de retour! » lançait Pauline Marois en novembre dernier. On y a presque cru. On allait enfin récolter les fruits d’interminables « saisons des idées », de sempiternelles « discussions nationales » et le Parti Québécois, après une quinzaine d’années d’hibernation la plus totale où on était plus occupé à vouloir gérer une province qu’à se battre pour l’indépendance et la langue française, se ferait de nouveau le héraut de la cause du peuple québécois. Presque un an après cette déclaration et à l’occasion d’une élection partielle, le vieux parti nous offre encore une fois un candidat en boîte, un poteau coloré appelé Philippe Leclerc, qui serre des mains dans Saint-Laurent tout en se faisant le champion du multiculturalisme à la canadienne.

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Début août, j’écrivais un texte où je dénonçais la confusion identitaire et linguistique touchant certains individus lorsqu’il était question de groupes musicaux vivant ici mais refusant à la fois de parler notre langue ou de s’exprimer artistiquement dans celle-ci. Je parlais d’un contact Facebook ayant affirmé sa fierté d’un groupe comme Arcade Fire, quand bien même ce groupe représente précisément le contraire des objectifs d’intégration et du français comme langue commune que nous désirons atteindre. Ce contact Facebook, c’était précisément Philippe Leclerc, quelques jours avant qu’il ne soit consacré candidat du PQ dans St-Laurent.

Philippe Leclerc avait écrit, sur son statut Facebook:

« Je suis si fier d’être Québécois lorsque j’écoute la musique de compatriotes créateurs tout à fait géniaux, Arcade Fire. Quels ambassadeurs à l’échelle mondiale dont nous devons nous enorgueillir! »

Rien de moins. Des « compatriotes » qui, pour plusieurs, ont de la difficulté à dire deux phrases en français même après une décennie ici et qui chantent exclusivement dans une langue étrangère. Des « ambassadeurs » qui, à l’étranger, donne l’image de Montréal comme étant une ville anglophone et qui contribuent à son anglicisation en propageant cette croyance. S’enorgueillir. Rien-de-moins.

Après que je lui ai souligné le fait qu’on pouvait difficilement qualifier de Québécois des gens qui, précisément, ne possèdent ni la langue ni la culture québécoise, Philippe Leclerc s’est lancé dans une campagne de dénigrement, y allant de la traduction du « shame on you » anglais (traduit en français mot à mot, évidemment, avec le tristement révélateur « honte à toi ») dans plusieurs langues, soi-disant pour montrer son ouverture d’esprit face à la fermeture de ceux qui considèrent qu’un Québécois constitue autre chose que quelqu’un qui habite ici sans même se donner la peine d’apprendre notre langue.

Évidemment, Philippe Leclerc s’est fait démolir – avec raison – par plusieurs autres débatteurs. Akos Verboczy lui a fait remarquer que ce groupe aurait pu se rencontrer à Amsterdam ou ailleurs et qu’il n’a rien de québécois en tant que tel. Siegfried L. Mathelet, lui, a pondu une réplique assez savoureuse:

« S’il s’agit d’encenser cette réussite par une manœuvre d’appropriation nationale, c’est une nationalisation du succès qui relève de la plus plate propagande multiculturelle. Multiculturelle, cette fois, parce qu’elle oublie tout de la trame historique d’une culture de convergence et du statut historique qu’y occupe la langue française. Elle fait donc la promotion d’un nationalisme, en un sens, acculturé parce qu’il n’a plus conscience de sa propre trame historique. »

Multiculturalisme à la canadienne. Le terme est lancé. Surtout que Philippe Leclerc n’hésitait pas, récemment, à afficher sur son profil Facebook une photo du mot « Nous » composé de dizaine de façons de le dire dans des langues différentes, lançant effectivement le message selon lequel le « nous » québécois n’a pas le français comme langue commune.

Comme l’écrivait Philippe Perreault, du Mouvement Montréal français:

« Son « nous » contribue à l’hégémonie déjà puissante de l’anticulture qui lamine les pluralités nationales. Son « nous » exclut le collectif pour laisser place à l’individualisme et à l’atomisation de nos sociétés, symptôme grandissant de la perte de l’intérêt politique du bien commun pour laisser place à la fragmentation et à l’intérêt particulier. »

Un candidat du passé

Cette façon mollassonne de considérer la société québécoise est en droite ligne avec la période sombre des années de Lucien Bouchard, lorsque celui-ci avait affirmé qu’il ne pourrait pas se regarder dans le miroir si le PQ renforçait la Loi 101. On en est encore à l’étape de l’affaire Michaud, de l’argent et des votes ethniques de Parizeau et des grandes dénonciations de souverainistes qui oseraient affirmer quelque chose d’aussi « honteux » qu’il y a une langue commune au Québec et que cette langue, c’est le français.

Sous couvert d’être le secrétaire général des Intellectuels pour la Souveraineté du Québec (IPSO), Philippe Leclerc, qui a fait le choix d’étudier en anglais à l’université Concordia (et qui profite donc du sur-financement des universités anglaises au Québec) a donc tout le loisir de propager ses vieilles idées d’une indépendance désincarnée, dénationalisée, n’ayant rien à offrir au peuple québécois sinon une pâle copie du multiculturalisme canadien encourageant les ghettos et nuisant à la cohésion sociale garantie par une langue et une culture communes.

On aurait vraiment envie de lui demander: pourquoi l’indépendance, alors? Pourquoi vouloir que le Québec soit un pays si c’est pour « s’enorgueillir » de gens incapables de s’intégrer après plus de dix ans passés ici? Pourquoi vouloir un pays si on ne rêve que de multiculturalisme, de multilinguisme et d’une atomisation toujours plus croissante de la société en individus désolidarisés, déconnectés et repliés chacun sur leurs ghettos respectifs?

Non, le PQ n’est pas de retour. Il s’agit de la même continuité d’un parti ayant peur de s’engager fermement pour le français et préférant faire de la vieille politique avec quelque poteau sympathique s’activant pendant un mois à serrer des mains, à jouer à la pétanque avec l’âge d’or et à promettre mer et monde tout en continuant, insidieusement, à détruire notre capacité à bâtir une société nationale cohérente et française.

Avec tous ceux qui ne souhaitent que notre disparition, partout au Canada, avons-nous besoin en plus d’un Philippe Leclerc méprisant notre désir d’établir une société cohérente et francophone et valorisant ceux qui ne respectent pas notre désir de survie?

L’indépendance, c’est en français et pour le français qu’on la veut. Toute autre conception constitue au mieux une euthanasie volontaire, au pire un suicide organisé.

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23 Réponses

  1. Au lieu de tirer dans tes propres rangs, ça ne te tente pas de t’attaquer aux véritables ennemis du Québec, comme les fédéralistes? En ce moment tu fais plus nuire à l’indépendance qu’autre chose…

  2. Je ne considère pas que Philippe Leclerc ou le Parti Québécois font partie de mes « propres rangs ». Je ne voterais jamais ni pour un candidat refusant le fait que le Québec constitue une nation francophone ni pour un parti prenant en otage les indépendantistes au même moment où il appuie, pour ne nommer que cela, la construction d’un méga-hôpital anglophone de 1,5 milliards de dollars pour le 5,4% d’anglophones de langue maternelle nés au Québec.

  3. Louis, c’est vraiment navrant de te voir attaquer ainsi ceux qui devraient être tes frères au sein du mouvement souverainiste. Si tu mettais le tiers de l’énergie que tu consacres à varger sur le PQ pour attaquer nos vrais adversaires, les fédéralistes, tu aiderais la cause.

    Tu ne réalises pas que tu nuis vraiment à la cause en agissant de la sorte?

    Je veux dire, on peut se parler, être en désaccord mais afficher comme ça en grande pompe ta détestation profonde du PQ et des péquistes, c’est du bonbon pour Charest et Harper.

  4. Le Parti Québécois n’est pas un parti indépendantiste, ne fait rien pour l’indépendance, est pleinement satisfait du cadre constitutionnel actuel et n’a nul problème à imposer un candidat opposé aux valeurs des Québécois. Ma cause n’est pas et ne sera jamais celle du PQ. Ma cause, c’est le français et l’indépendance, et je te rappelle que le français a reculé rapidement sous un gouvernement péquiste et que rien n’est fait pour l’indépendance depuis quinze ans. Pire: le PQ appuie même la construction du MUHC et ne s’oppose pas au déséquilibre du financement des institutions d’éducation. Ce parti prend en otage les vrais indépendantistes et un candidat d’une telle médiocrité ne fait que le confirmer, encore une fois.

  5. Louis, c’est très malhonnête de dire que le PQ n’est pas indépendantiste.

    C’est clair que tu peux être en désaccord sur la stratégie, les moyens, l’attitude prudente de la direction actuelle du parti. On peut en parler. Mais le PQ et les péquistes sont souverainistes.

    T’es pas obligé de prendre ta carte du PQ pour être indépendantiste. Mais c’est vraiment une insule pour tous les militants sincères qui se sont engagés pour la cause de l’indépendance ce que tu dis.

    Prends la mesure de tes propos Louis. Tu as une plume efficace et acérée et tu l’utilises beaucoup plus souvent pour casser du sucre sur le dos du PQ que sur le dos de n’importe quel parti fédéraliste qui le mériterait 100 fois plus.

    De plus, un gars intelligent comme toi sait certainement que le PQ c’est la seule chance qu’on a pour réaliser l’indépendance. T’as beau pas aimer le véhicule, c’est le seul et unique qui puisse nous conduire à l’indépendance. Je te dis pas d’embarquer dedans, mais au moins cesse de varger dessus à bras raccourcis.

    Marc,
    militant indépendantiste écoeuré de voir ses frères s’entre-déchirer au lieu de travailler ensemble pour la liberté de notre nation.

  6. Non, le PQ n’est pas indépendantiste. C’est plate pour les militants honnêtes, mais ces gens sont déjà manipulés par le Parti Québécois car, de toute façon, toutes les décisions importantes au sein de ce parti sont prises en haut. Et il n’y en a pas de ces décisions en faveur de l’indépendance. Et presque rien pour le français.

    Il faut arrêter de dire que le PQ est « la seule chance ». Le PQ sera la « seule chance » tant que des gens continueront à gaspiller leur vote pour ce vieux parti englué dans son immobilisme et sa peur de faire des gestes concrets pour défendre notre langue et notre nation.

  7. Louis,

    Le PQ est pour le renforcement de la loi 101 en allongeant cette loi aux cégeps. Il est pour la loi 104. Toutes ces mesures courageuses protègeront le français si le PQ revient au pouvoir.

    Le PQ se dit pour la souveraineté du Québec. Vous dites qu’ils ne le sont pas? Alors, donnez-nous des preuves réelles qu’il ne veut pas ça.

    Le PQ est une coalition des gens ayant des opinions différentes, qu’ils soient de gauche ou droit. La seule chose que les gens du PQ ont en commun, c’est l’indépendance du Québec. Des gens comme Philippe Leclerc. Il est indépendant. Cela me plait. Je me fous s’il est pour le multiculturalisme ou non.

    Louis, vous ne voterez pas pour le PQ? Alors, pour qui voterez-vous? Il n’a pas un parti politique qui répond à 100 % toutes vos opinions. Vous devrez « lighten up ».

  8. Le PQ n’est pour rien et n’a rien proposé ou adopté de concret encore. Ce n’est pas plus une coalition de gauche et de droite (il y a longtemps que la gauche a quitté et le parti ne fait que proposer des mesures de droite depuis au moins une dizaine d’années) qu’un parti qui s’active pour l’indépendance.

    Philippe Leclerc n’est pas indépendant; c’est un poteau multiculturaliste qui sert les intérêts de la clique qui a pris possession de ce parti et qui le dirige par en haut.

    Un parti politique n’a pas besoin de répondre à 100% de nos opinions; il a seulement à être cohérent. Et un candidat qui est multiculturaliste et qui rejette le caractère francophone du Québec n’est pas conséquent avec un parti qui se proclame pro-langue française. Pas plus que ce même parti qui se proclame en faveur de l’indépendance n’est cohérent avec le fait qu’il ne fait rien pour elle.

    Il est temps d’en finir avec ce vieux parti. Les vrais indépendantistes se sont fait prendre en otage depuis trop longtemps par ce parti de carriéristes et d’opportunistes.

  9. « L’indépendance, c’est en français et pour le français qu’on la veut. Toute autre conception constitue au mieux une euthanasie volontaire, au pire un suicide organisé. »

    Très bien dit!

  10. C’est épouvantable… et affreusement désolant de lire ceci… c’est sans aucun doute c’est par pure jalousie que tu écris tout cela.

    Tu n’apportes rien avec tes propos destructeurs. Tu dois tellement être malheureux dans la vie… ouf. Si tu veux réussir… deviens bon.

  11. Aucune jalousie; pourquoi serais-je jaloux d’un individu œuvrant pour un vieux parti nuisant à notre cause et faisant la promotion d’une idéologie empêchant la création d’une nation francophone en Amérique du Nord? Je n’aime pas qu’un candidat du Parti Québécois méprise le concept d’un Québec français et prétende que des gens qui vivent ici sans parler un traître mot de français sont aussi Québécois que toi et moi.

    Évidemment, j’imagine que le concept de conviction est un peu difficile à saisir pour quelqu’un ramenant le sujet de la discussion sur l’être plutôt que sur les arguments…

    Si jamais tu as envie de discuter du sujet et non pas de faire des attaques ad personam, tu seras la bienvenue.

    En attendant, je te réfère à ma néthique, point 2, et je te dis: « du vent! ».

    Bonne journée!

  12. Merci! 🙂

  13. Louis, je ne suis pas toujours d’accord avec toi, mais ça m’arrive sur certains points.

    Je ne serais pas aussi sévère ni aussi catégorique que toi sur le PQ. Cependant je crois qu’il n’est plus ce qu’il était.

    À l’origine, c’était un parti d’idéalistes et d’idées. Des personnes comme Lévesque, Charron et Parizeau qui avaient un projet clair. Qui acceptaient de ne pas jouer la joute électorale et qui respectaient leurs idéaux. Ils n’avaient rien à perdre étant donné que ce n’étaient pas, fondamentalement, des politiciens.

    Aujourd’hui le parti a vieilli. Plusieurs députés ne veulent pas perdre leur siège et acceptent des compromis électoralistes. Les candidats non élus veulent davantage se faire élire que réaliser l’indépendance.

    Ce parti reste indépendantiste. Mais il a vieilli et a été corrompu par la politique.

    Question pour les péquistes purs et durs: que fait Marois avec la commission Bastarache? Et jusqu’à quel point exige-t-elle une commission d’enquête sur la construction?

    http://ygreck.typepad.com/.a/6a00d8341c5dd653ef0133f36d4273970b-800wi

  14. Lâchez pas M.Préfontaine! Vous êtes très articulés. Le PQ ne fait plus rien pour l’indépendance. Il faut voter pour le Parti Indépendantiste qui va sauver notre langue et notre culture et qui freinera l’immigration. En plus le PI n’est pas néolibéral contrairement à l’équipe de Mmme Marois.

    En passant vous êtes vraiment pas laid M.Préfontaine. J’ai déjà lu ce que vous avez dit sur le féminisme et je suis bien d’accord avec vous. A quand le retour des vrais mâles?

  15. On a besoin de patriotes comme vous M.Préfontaine qui n’avez pas froid aux yeux! Si tous les Québécois étaient comme vous on l’aurait notre pays!

  16. Du vent du ven et encore du vent voila la seul chose qu’est capapble d’écrire cette personne. se texte manque clairement de preuve et de contenus. On dirais que cela a été écris par un fédéraliste qui cherche a se faire passer comme un indépendantiste.

    La devise de M.Prefontaine toujours plus bas

  17. Bravo Louis,en plein dans le mille.

  18. M. Préfontaine,

    Vous avez soulevé un problème intéressant et pertinent concernant l’inscription des « Voutes de Feu » (si vous me passez la traduction) dans la culture Québécoise et, par extension, sur l’inscription de la production culturelle de citoyens québécois dans la culture québécoise.

    Sur le fond de cette question, je pense que nous sommes d’accord et vous citez fidèlement mon propos. Une production culturelle mérite d’être située dans la continuité d’une trame historique, donc, pour ête qualifiée de québécoise, une production musicale doit s’inscrire dans la trame historique de la musique québécoise.

    À défaut de rigodons en anglais produit par des concitoyens anglophones qui partagent divers éléments populaires de la vie sociale de la majorité, la langue française demeure le noyau commun le plus pregnant de la musique québécoise. Jim Corcoran et Nanette Workman l’auront compris.

    En effet, si tous les québécois se mettent à faire du Indyrock à vocation anglo-planétaire, il y a un problème pour la culture québécoise, même s’ils enrégistrent tous dans leur sous-sol en Estrie.

    Pourtant, bien qu’étant d’accord sur le fond, j’ai un peu de difficulté avec le ton et la forme de votre propos qui constitue une véritable mise en accusation du candidat péquiste.

    Par exemple, selon votre appréciation, j’aurais, avec d’autres, « démoli » le propos de Ph. Leclerc. En fait, d’après mon appréciation des choses, j’ai simplement soulevé plusieurs contradictions dans ses propos. Mais je n’ai pas remis en cause sa bonne fois.

    En fait, je ne crois pas que M. Leclerc soit « contre » un québec français. Je crois que, bien que son propos « facebook » ait été quelque peu confus, M. Leclerc est pour une culture de convergeance qui évolue en français. Et, oui, je crois qu’il doit répondre à vos, ou à nos remarques en ce sens: Il devra nous dire comment son nationalisme entend renouer avec la trame historique de la nation québécoise.

    Si je trouve comme vous que la déclinaisons du « nous » dans toutes les langues est un peu caricaturale, je fais confiance à Ph. Leclerc pour souligner par là une volonté d’intégration de la diversités des ORIGINES dans une citoyenneté et une culture commune; et je ne crois pas me tromper en disant que pour lui, la loi 101 demeure l’instrument d’intégration de la diversité par excellence.

    Surtout, je crois qu’il faut amener les principaux « intervenants » à prendre conscience de la situation québécoise et à agir en conséquence. Je crois donc qu’il faut poursuivre la discussion avec les Ph. Leclercs et même les « Voutes de feu » de ce monde sur un ton courtois. Je ne pense pas non plus qu’il faille sommer les artistes d’engager leur production envers la promotion nationale, ou clouer au pilori ceux qui ne le font pas, mais il faut rester sur le terrain d’une critique constructive. Là-dessus, au-delà du fond, le ton est important.

    Pour clore le tout, outre le ton, je désirai surtout dans mes remarques sur le débat entre M. Leclerc et vous, et bien que solidaire avec votre point de vue sur « Voutes de feu » et avec la valorisation de l’histoire nationale autant que du statut historique de la langue française, me dissocier d’un courant qui assimile avec fort peu de nuance, à mon sens, l’interculturalisme québécois au multiculturalisme canadien, en dénonçant une trahison des élites intellectuelles et souverainistes tout en mettant une forte pression sur tous les mécanismes d’intégration de la diversité comme s’ils nuisaient à l’affirmation nationale.

    Non pas que je pense que toutes ces critiques soient entièrement dénuées de fondement, mais parce que je pense que l’intégration de la diversité est une belle chose et il faut le dire clairement. Plus clairement que ne le laisse transparaître vos propos et, surtout, plus clairment que le PQ ne le fait depuis son virage identitaire.

    Philippe Leclerc à le mérite de dire une chose qui me plait : l’intégration de la diversité dans notre culture commune – ancrée historiquement au fait français en amérique, faut-il ajouter – est un objectif louable et à poursuivre dans le cadre de notre marche vers l’indépendance nationale !

  19. Si je n’avais qu’une chose sur laquelle insister, ce serait exactement ce que souligne notre compatriote, Mathieu. Nos adversaires ce sont les fédéralistes. Plus de bashing entre nous, SVP. Merci.

  20. Qui est plus dangereux?

    A) Un ennemi de l’autre côté;
    B) Un ennemi du nôtre?

    Si vous dites que les ennemis sont les fédéralistes et si on peut reconnaître un fédéraliste par ses actions en faveur du multiculturalisme et contre la langue française, alors je ne vois pas de problème à qualifier M. Leclerc d’ennemi.

  21. 1) Accuser un frère souverainiste de trahir la cause ne compte pas comme un gain pour le projet de pays. Le «bashing» reflète mal sur tout le mouvement souverainiste.

    2) En véritable « journaliste-citoyen », je vous encouragerais plutôt fortement de vous éclaircir auprès de Philippe Leclerc. Je vous assure que si vous discutiez avec lui, cet article serait le dernier que vous écrirez prétendant que Philippe Leclerc est autre chose qu’un souverainiste pour un Québec français et ce sans compromis. Vous seriez assez surpris de ce que vous avez en commun.

    3) Personnellement, cet article est presque hypocrite : je ne connais aucun péquiste – ni même Pauline Marois – qui refuserait de reconnaître un vote pour le « OUI », sous prétexte que l’électeur en question soit né ailleurs au Québec ou adopterait l’anglais comme langue d’usage. Or, Philippe Leclerc oeuvre sur le terrain : depuis des années maintenant, il rencontre nos concitoyens anglophones et immigrants, leur explique notre beau projet de pays et leur invite à se joindre à nous. Il confronte l’opposition en pleine face. C’est plutôt louable, non? Si certains souverainistes canalisaient leurs énergies de la sorte, on serait bien plus avancés.

    4) J’espère que les autres partis mettront de l’avant ce qu’ils ont à offrir plutôt que de simplement attaquer Philippe Leclerc, Jean-Martin Aussant et d’autres, sur une base purement électoraliste par peur de perdre des votes.

    Au plaisir de vous lire, M. Préfontaine.

  22. J’avais très bien compris la première fois.

    1) Accuser un frère souverainiste de trahir la cause ne compte pas comme un gain pour le projet de pays. Le «bashing» reflète mal sur tout le mouvement souverainiste.

    Philippe Leclerc n’est pas un « frère souverainiste ». C’est un traître participant à notre recul collectif en refusant de reconnaître que la langue commune et incontournable de notre nation est le français et qu’un individu vivant ici depuis des décennies et ne parlant pas notre langue n’est pas et ne sera jamais un Québécois. Il se fait passer pour un indépendantiste mais il encourage, par ses actions, le repli sur soi des immigrants, notre anglicisation et, à terme, notre disparition.

    2) En véritable « journaliste-citoyen », je vous encouragerais plutôt fortement de vous éclaircir auprès de Philippe Leclerc. Je vous assure que si vous discutiez avec lui, cet article serait le dernier que vous écrirez prétendant que Philippe Leclerc est autre chose qu’un souverainiste pour un Québec français et ce sans compromis. Vous seriez assez surpris de ce que vous avez en commun.

    Si vous aviez lu mon texte au lieu de vous dépêcher de commenter, vous comprendriez que c’est déjà fait. Et je vous assure que je n’ai rien en commun avec un ennemi du Québec français et un individu qui considère que le Québec constitue un territoire désincarné sans aucun ciment unificateur.

    3) Personnellement, cet article est presque hypocrite : je ne connais aucun péquiste – ni même Pauline Marois – qui refuserait de reconnaître un vote pour le « OUI », sous prétexte que l’électeur en question soit né ailleurs au Québec ou adopterait l’anglais comme langue d’usage. Or, Philippe Leclerc oeuvre sur le terrain : depuis des années maintenant, il rencontre nos concitoyens anglophones et immigrants, leur explique notre beau projet de pays et leur invite à se joindre à nous. Il confronte l’opposition en pleine face. C’est plutôt louable, non? Si certains souverainistes canalisaient leurs énergies de la sorte, on serait bien plus avancés.

    Un vote est un vote. Mais en se prostituant et en dénaturant notre projet pour obtenir une poignée de votes de NgGuyen, de Paratshi ou de Chong on se déconnecte des centaines de milliers de nos frères québécois qui ont tourné le dos à l’indépendance parce que celle-ci ne leur ressemble plus. Cessons de nous mettre à genoux devant des immigrants ayant tout pour être CONTRE nous et allons chercher le vote des Québécois qui ont tout pour être AVEC nous. Votre pensée et celle de Leclerc semble sortie d’un mauvais film péquiste version 1996.

    4) J’espère que les autres partis mettront de l’avant ce qu’ils ont à offrir plutôt que de simplement attaquer Philippe Leclerc, Jean-Martin Aussant et d’autres, sur une base purement électoraliste par peur de perdre des votes.

    Dans la vie, on utilise le pouvoir qu’on a. Quand la plateforme sera sortie, il sera trop tard pour la modifier à court terme. Voilà pourquoi il importe de faire des pressions sur Aussant MAINTENANT afin qu’il se dissocie des propos anti-québécois de Philippe Leclerc et qu’il marque clairement, dans sa plateforme, son opposition tant au multiculturalisme qu’à cette conception dénaturée et vieillotte de la nation telle que présentée par vous et Leclerc.

  23. Je ne vous suis pas. Vous dites que le PQ n’est pas souverainiste, alors que le parti a tenu deux référendums sur la souveraineté.

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