Pour qui travaillera Jean-Marc Fournier?

La politique, c’est comme une partie d’échecs. Il y a un principe au jeu d’échecs consistant à toujours juger une position comme elle est présentement et à faire fi des erreurs commises. Je viens peut-être de faire une gaffe incroyable, mais je commets une autre gaffe en tentant de la réparer. Je dois observer l’échiquier tel qu’il est et tenter d’en tirer le maximum. Persister avec une façon de faire ayant mené à un échec est la meilleure façon de conduire à un nouvel échec. Voilà une leçon que Jean Charest aurait dû apprendre avant de sortir Jean-Marc Fournier des boules à mites.

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Théoriquement, l’idée fait du sens. Les stratèges libéraux se sont rendu compte que le ton acrimonieux à l’Assemblée nationale nuit principalement au Parti Libéral et très peu au Parti Québécois. Malgré tous les hauts-cris et les dénonciations de Jean Charest, la population ne le croit plus: c’est son parti qui, à ses yeux, est responsable de la dégénérescence des relations au parlement. En se débarrassant d’un Jacques Dupuis très agressif pour le remplacer par un Jean-Marc Fournier ayant déjà démontré qu’il pouvait accomplir cette tâche avec davantage de respect, le PLQ croit pouvoir changer la donne et se redonner une image respectable. Ça, c’est le calcul.

Le problème – et il est majeur – vient du fait que Jean-Marc Fournier a eu une vie entre son départ de la politique, en 2008, et son retour aujourd’hui. L’homme qui est avocat de formation est devenu, début 2009, vice-président principal de la planification stratégique au sein de la division Socodec, une filiale de SNC-Lavalin. Socodec, rappelons-le, est l’entreprise ayant construit le toit en kevlar du stade, au milieu des années 1980. Et c’est SNC-Lavalin qui était pressentie pour remplacer la toile du stade olympique par un toit fixe, jusqu’à ce que la Régie des installations olympiques décide, fin juin, de lancer un avis d’intention international.

Oui, vous avez bien lu. En plein scandale sur l’industrie de la construction, au moment où même le dernier des nouveaux-nés dans le dernier des hôpitaux de fond de rang demande une enquête sur les liens entre le gouvernement et cette industrie, Jean Charest va chercher un individu relié à ce secteur et qui a œuvré, jusqu’à tout récemment, à faciliter l’attribution du contrat du nouveau toit du stade à sa compagnie.

Odeur de fin de mandat

Évidemment, on pourrait rétorquer que ce ne sont que des allégations. Mais combien faut-il d’allégations avant qu’on puisse tirer des conclusions? Combien de personnes doivent-elles composer le 911 et affirmer qu’il y a de la fumée suspecte avant que les pompiers ne quittent leur caserne pour aller y voir de plus près? Le gouvernement aura beau dire qu’il ne s’agit que d’allégations, mais plus personne ne le croit.

En allant chercher Fournier, Jean Charest espérait peut-être redonner un nouveau souffle à son parti. Il confirme plutôt ce que beaucoup affirment depuis des mois: ce gouvernement est en fin de mandat et ses actions ne sont pas justifiées par la recherche du bien commun mais par la futile tentative de se sauver les fesses d’une situation dans laquelle il s’est lui-même placé. Et la présence de Jean-Marc Fournier ne constituera qu’un autre filon à exploiter par des journalistes curieux d’en savoir davantage sur les apparences de corruption de ce gouvernement.

Jean Charest est en train de perdre la partie. Il essaie n’importe quoi et joue des coups désespérés. Rien n’y fera. La seule façon pour lui de s’en sortir serait d’espérer une opposition péquiste assez faible et désorganisée pour espérer un énième miracle.

Avec Marois au volant, il garde peut-être espoir…

En attendant, la question mérite d’être posée. Pour qui travaillera Jean-Marc Fournier? Les citoyens, ou son portefeuille et ses amis de chez SNC-Lavalin?

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6 Réponses

  1. Salut Louis,(petite parenthèses)tu devrais jeter un coup d’oeil sur ce b;ogue,ils sont vraiment déchaînés ces anglos,des vrais de vrais.

    http://nodogsoranglophones.blogspot.com/2010/08/nationalist-groups-up-in-arms-over.html

  2. Qui a dit que c’était interdit? Anglos comme Francos, les extrémistes finissent pas se rejoindre: les deux détestent l’autre.

    Concernant ce blogue en particulier, le problème vient surtout des commentaires mais bon, si vous me demandez mon avis, les commentaires anti-francophones que je trouve blessant personnellement ne sont rien d’autres que l’équivalent de ce qui se dit chez les nationalistes contre les anglophones. C’est juste que, quand ce n’est pas contre nous, souvent, ça ne nous affecte pas.

  3. J’ai toujours été fier d’être Québécois francophone et de pouvoir
    m’exprimer dans les deux langues officielles.

    J’ai aussi le privilège et la chance d’avoir de bons amis aussi bien
    anglophones que francophones, mais quand je lis plusieurs commentaires
    dans le blogue:
    http://nodogsoranglophones.blogspot.com/2010/08/nationalist-groups-up-in-arms-over.html
    je ne peux cacher mon écoeurement en lisant certains commentaires…

    Ce serait pourtant si facile, à mon sens, de vivre dans le respect
    de l’autre, en harmonie.

    Pour moi, un pays avec deux peuples fondateurs est un plus, et je souhaiterais que le gouvernement fédéral pense de même et qu’il traite le Québec en conséquence.

  4. 1) Un « Québécois francophone » est un pléonasme, au même titre que Français francophone, un Allemand germanophone ou un Russe russophone. Un Québécois EST, par définition, francophone.

    2) Il n’y a qu’une seule langue officielle au Québec et c’est le français.

    3) L’histoire des deux peuples fondateurs est un mythe que se racontent les francophones pour justifier leur impossibilité à avoir la moindre prise sur le réel dans ce pays. Il n’y a pas deux peuples fondateurs; il y a un peuple qui a dominé et domine toujours l’autre.

    4) J’aimerais beaucoup qu’on revienne au sujet, qui est Jean-Marc Fournier.

    Merci!

  5. Je m’excuse d’avoir été hors sujet dans mon dernier commentaire.
    Je promet d’être plus discipliné à l’avenir.
    En ce qui concerne le remaniement de J-Charest et le retour de
    Jean-Marc Fournier, je ne m’attend pas à grand chose de sa part
    si ce n’est qu’il rembourse la généreuse prime de départ qu’on
    lui avait remis en 2008. Il va faire comme ses collègues: faire
    passer les intérêts personnels et du parti avant celles des citoyens.
    Je souhaiterais que ce gouvernement soit renversé pour provoquer des
    élections. Le temps des bouffons a assez duré!

  6. Jean Charest a un coup d’avance sur toi au sujet de Jean-Marc Fournier.

    Tu crois que c’est un gouvernement en fin de mandant et que Jean-Marc diminue ses chances de ré-élection. Jean Charest le sais, il a déjà accepté qu’il perdra les prochaines élections. C’est justement pour cela qu’il a choisit Jean-Marc Fournier… Il a déjà commencer à ramasser de l’argent pour sa retraite, c’est évident.

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