Le colonialisme continue

« Dès son tout jeune âge, le Québécois apprend, souvent de ses parents mêmes, que sa langue maternelle est une langue déjà seconde, sans avenir, handicapée et même handicapante, et qu’il lui faudra coûte que coûte se mettre à l’anglais s’il veut se tailler une place sous le soleil boréal nord-américain. » C’est ce triste constat que dresse le professeur et chercheur Marc Chevrier à partir du film Les amours imaginaires du réalisateur Xavier Dolan. L’auteur, qui a également déjà publié une étude sur le sur-financement des universités anglophones du Québec, n’y va pas par quatre chemins: la domination séculaire des anglophones sur le Québec a entraîné la déréalisation du français et a permis à l’anglais de devenir, dans les faits, la seule langue normative au Québec.

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Pour appuyer sa thèse, Chevrier analyse des scènes courantes du film de Dolan. Pourquoi ce film? Parce qu’il est candide, qu’il représente librement la société québécoise. Parce qu’on y voit une photographie en temps réel du Québec d’aujourd’hui. Et ce Québec, c’est celui d’une population qui enfile le français comme une seconde paire de bas et qui conçoit déjà le monde qui l’entoure dans une langue étrangère.

Voici quelques-uns des exemples de déréalisation notés par Chevrier:

1- Le vocatif : « Eh Gang ! » (dans le parler adolescent) ou « man », on sollicite l’attention de ses amis par un appel en anglais, plus marquant, plus viscéral que le français. On entend aussi souvent entre hommes : « Eh! Les boys! »; au Québec, la virilité ne parle pas français.

2- L’apostrophe d’étonnement : « Oh boy! », placé en début d’une phrase, pour indiquer l’imprévu, le choc avec le réel, le retour dans la réalité après avoir séjourné en français dans l’idéal ou la naïveté. C’est devenu une interjection courante dont usent animateurs de radio, journalistes et même les universitaires dans leurs communications officielles avec le pouvoir…. Nouvelle expression exclamative à la mode chez les jeunes : « Oh my God!» .

3- Le transfert de plan : comme les « by the way », « anyway » (d’après La Presse, le prochain film de Dolan s’appellera Lawrence anyways), « never mind » qui entrecoupent une phrase pour signifier le changement de plan dans le rapport au réel, pour passer à autre chose, orienter la conversation vers son point central ou la conclure.

4- L’emphase itérative: après avoir dit quelque chose en français, le Québécois redit exactement la même chose en anglais, pour se faire comprendre, insister sur son message et sa bonne réception ; « You know what I mean ? ».

5- L’attache affective, sexuelle ou filiale : comme le fameux « chum » ou le « fuck friend » mieux à même de dire la « chose » que le français ; les jeunes parents Québécois se plaisent maintenant à nommer leurs enfants « kids » : j’ai trois kids. Les prénoms anglais sont aussi monnaie courante, surtout chez les garçons : William (prénom le plus populaire en 2007), Anthony, Jeremy, Dylan, Kevin, Steve….

6- L’expression de la colère ou de la frustration: les gros mots empruntés à l’anglais (fuck, shit) ont souvent plus d’effets que les anciens jurons blasphématoires (tabarnak, chriss) utilisés par les Québécois, en réaction contre l’emprise de l’église catholique.

7- L’expression du plaisir vrai : c’est « l’fun » ou c’est « cool » dit-on pour exprimer le plaisir que l’on trouve dans une occasion ou une activité.

8- L’accord phatique : le Québécois n’emploie pas le français pour exprimer son accord ou signifier qu’il écoute le propos de son interlocuteur. Il dit « o.k. » et plutôt que « d’accord » ou « entendu ».

9- Le renchérissement positif : dans certaines circonstances, souvent après une victoire, l’exaucement d’un souhait, le Québécois dit « Yes ! » ou « Yes Sir ! » en haussant la voix. L’anglais a plus de résonance pour annoncer un triomphe, la joie ou une grande satisfaction.

10- Le superlatif : l’anglais peut exprimer à lui seul le superlatif, comme dans l’expression « être en shape », qui fait plu s convaincant qu’être simplement en forme…

Les expressions peuvent varier dans le temps; quand j’étais jeune, on disait « hey man », mais aujourd’hui le « hey dude » semble avoir la cote. On disait également qu’une situation était « cool », alors que les jeunes d’aujourd’hui parleraient sûrement de « chill ». Les expressions changent, évoluent, mais une tendance demeure: elles sont toujours en anglais.

Pourquoi? Chevrier le dit dans son premier exemple: au Québec, la virilité ne parle pas français. Des siècles de colonialisme ont transformé la langue des Québécois en une sous-langue, qu’on parle en cachette, entre nous, pendant que la langue dominante était associée à la réussite sociale, au pouvoir, à la liberté individuelle. Parler français, d’accord, mais pas question de réellement « vivre » la langue; quand on vit une émotion extrême, quand on manifeste sa joie, quand on partage une franche camaraderie, c’est en anglais que ça se passe. On a intériorisé cette domination et il s’agit peut-être de la pire des violences qu’on a pu nous faire.

Une Loi 101 insuffisante

Le problème fondamental avec cette infériorisation acquise des francophones, c’est qu’elle ne peut se réparer par une seule loi. Personne ne peut contester les bienfaits de la Loi 101; sans la Charte de la langue française, et malgré ses nombreuses modifications qui l’ont affaiblie, il ne fait aucun doute que la situation du français serait pire qu’elle l’est présentement. Ceci dit, à de nombreux niveaux, la Loi 101 n’a fait qu’ajouter une couche de vernis sur du bois pourri depuis l’intérieur. On se donne une apparence française, on affiche en français, on parle français, mais on pense toujours en anglais, on se considère toujours d’une manière anglaise et on demeure résolument déconnecté de nos racines françaises.

Demandez à nos jeunes ce qu’ils savent de leur propre langue, de leur propre culture. Connaissent-ils les grands auteurs français? Ont-ils lu les classiques? Sont-ils seulement en mesure d’écrire correctement, sans faire une faute à tous les trois mots? Poser la question, c’est déjà souffrir de la réponse. Nos jeunes ne savent rien non pas parce qu’ils sont idiots, mais parce que même le système d’éducation a transformé le français en une langue utilitaire, facultative, qu’on peut massacrer à souhait. Ils ne savent pas bien écrire le français parce qu’ils ont compris, intérieurement, que la maîtrise de cette langue n’était pas nécessaire dans leur vie. Ils acceptent intuitivement l’idée que le français ne constitue qu’un voeu pieux qu’on agite au vent comme un drapeau avant de le laisser s’envoler à la moindre bourrasque de vent. Ils se résignent à la perception d’une langue inférieure et l’éducation publique renforce cette démission d’eux-mêmes.

Renforcer la Loi 101 en l’appliquant au cégep est inévitable. C’est une question de vie ou de mort. Ceci dit, il ne s’agit que d’une solution parmi d’autres. Il s’agit peut-être, en fait, de la solution la plus facile et la moins efficace. Un enduit supplémentaire sur la poutre qui nous soutient de plus en plus difficilement.

Ce qu’il faut, la seule façon de réellement protéger le français au Québec, consiste à s’attaquer jusqu’à la source de ce sentiment d’infériorité linguistique qui accable notre population et la rend si sensible aux sirènes d’une langue anglaise qu’elle a appris, intérieurement, à considérer comme la seule langue valable.

Cela passe non seulement par la fin du sur-financement des institutions anglophones – un sur-financement qui lance le message selon lequel l’anglais constituerait une langue supérieure au Québec – mais également par la création, à terme, d’un seul réseau d’éducation publique, entièrement en français (comme cela se fait dans les autres pays) de la maternelle à l’université. Il faut oser s’attaquer aux avantages indus d’une minorité anglophone qui, assis sur le poids de sa domination historique et actuelle, jouit d’écoles, d’hôpitaux et d’institutions sur-financées lui permettant de s’enraciner au sein de notre collectivité et d’angliciser nos jeunes.

Il est impératif, également, d’augmenter la sévérité des cours de français, d’histoire, et d’apprendre aux Québécois qu’ils ont un passé, un présent et un avenir collectifs et que leur langue, loin d’être une béquille devant se superposer à la pureté d’émotions se vivant en anglais, a le droit de s’exprimer partout, sur toutes les tribunes, et de permettre l’expression, en français, de toutes la gamme des sensations humaines.

Finalement, il faut permettre, plus que jamais, aux francophones d’avoir accès aux plus hautes sphères de la société. Ce n’est pas parce que les échanges commerciaux internationaux se passent souvent en anglais (quoi que d’autres langues y sont également présentes) qu’on doit imposer la connaissance de cette langue pour tous les emplois. Des traducteurs existent, et il n’est pas normal qu’un individu qui n’est pas directement en contact avec des personnes d’un pays anglophone (ou utilisant l’anglais dans ses communications) doive parler anglais. La langue commune et nationale, au Québec, est et doit demeurer le français.

Nous sommes en 2010, mais le colonialisme continue. Plus insidieux, mais tout aussi mortel.

Le jour où notre jeunesse exprimera ses plus vives passions en français, nous aurons peut-être gagné le droit de survivre encore quelques siècles. Le jour où nous aurons compris que nous ne serons jamais assez anglicisés pour ceux qui ne désirent que notre disparition, nous aurons peut-être mérité d’assurer notre survie définitive en Amérique du Nord.

En attendant, continuons le combat. Plantons fermement nos doigts dans cette terre d’Amérique et réclamons le droit d’exister.

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12 Réponses

  1. @Louis

    Les anglophones utilisent beaucoup d’expressions Françaises tel que : Rendez-vous, ménage a trois ou encore  » et voila! ».Le véritable danger pour le français c’est lorsque sa structure est touchée.  » La fille que ch’sort avec » est un bon exemple.Il y a des centaines d’anglicismes beaucoup plus pernicieux comme celui-ci qui utilisent des mots français dans une structure de phrase Anglaise. C’est  »cool » n’est qu’une égratignure pour notre langue tandis que l’autre exemple est un os fracturé.

  2. Entièrement d’accord avec vous. Il faudrait, aussi, sensibiliser les professeurs de français dans nos écoles primaires et secondaires du danger d’utiliser des anglicismes à outrance. Un bon professeur de français doit, en quelque sorte, devenir un modèle que les élèves chercheront à imiter.
    Continuez votre bon travail!

  3. Sur ces pages, on me trouve mercantile sur la question identitaire, mais je suis totalement d’accord avec vous ici: tant qu’à parler une langue, faisons-le bien!

  4. Si la virilité ne parle pas Français, alors pourquoi les jeunes disent-ils: « Aïe le gros… » ou « Aïe le grand! »?

    Oui, je suis d’accord qu’il y ait trop d’anglicisme mais je ne crois pas que ceci provient du supposé « Effet Colonisateur. » Les jeunes au Taiwan utilisent bien plus d’anglicismes qu’ici, même des phrases entières. Et le nombres d’anglicismes qui sont officiellement inclus dans le lexique japonais est épatant: Bien plus qu’ici.

    Je n’avale pas l’hameçon de l’argument qui voudrait qu’: »Après 250 ans de colonialisme, les Québécois naissent avec une servilité programmée par le système… » Les Irlandais étaient colonisés par les même Anglais qu’ici pendant 800 ans, ils ont même perdu leur langue, mais ils n’ont jamais arrêté de se battre et ils ont vaincu. Les Grecs étaient colonisés pendant 500 ans mais ils résistaient quand même. Les Coréens ont vécu une occupation sauvage et inhumaine de la part des Japonais qui criminalisèrent leur langue (oui, s’était illégal qu’un Coréen par la langue Coréenne en Corée!) se qui est une colonisation extrêmement pire que celle que nous subissons ici, mais s’était un échec car ils parlent encore Coréen dans leur pays indépendant.

    Chaque ethnie exhibe des traits caractéristiques. Les Québécois, peuple descendu d’agriculteurs et paysans, ne démontre pas l’esprit dominant des Anglo-Saxons, non par schisme psychologique causé par l’apartheid des Anglais mais simplment parce que nous sommes un peuple relaxe et molo, où comme ils disent en Anglais: « Easy going. »

    Dans le fond, les seules personnes qui pensent vraiment que les Francophones sont inférieurs, sont les Francophones. Vlà la raison pourquoi nous sommes encre colonisés par ce pourri système pseudo-Britannique de maorde. Nous avons « …intériorisé cette domination… » non parce que le système Canadien nous l’a rentrée dans la tête par force, mais simplement parce que nous avons une attitude moins offensive, paniquante et indolente, que nous devons changée ET ÇA PRESSE!

    L’Anglais n’est pas le plus grand handicap linguistique à quel font face les Québécois. Le vrai obstacle et simplement le Français standard basé sur l’ancien dialecte Parisien. Non seulement devons nous se familiariser avec une langue grammaticalement différente comme l’Anglais, mais nous devons, en plus, nous forcer à maîtriser un autre langue qui n’est pas la nôtre. Plusieurs Québécois ne peuvent pas réaliser leur maximum potentiel car la langue anglaise ne leur permet pas, mais quasiment tous Québécois sont ralentis et se font couler du béton dans les souliers par la langue française QU’ILS NE PARLENT PAS! Nous nous torturons pour apprendre à écrire différemment que l’on parle et ceux et celles qui en éprouvent de la difficulté ou qui refusent simplement de porter le masque hypocrite de l’intelligentsia québécoise se font fouetter par une plus grande amertume et un plus grand dédain provenant de leurs paires parlant le supposé « bon Français » qu’ils reçoivent de la part des Anglais quand qu’ils ne s’exprime pas dans la langue de Shakespeare sans accent.

    Je suis d’accord que nous nécessitions d’un seul réseau d’éducation entièrement unilingue, mais ce réseau doit enseigner la grammaire québécoise écrite à l’aide d’un standard orthographique québécois.

    (Oui, je sais que j’ai dû faire des fautes dans mon textes, mais sachez que le Français standard n’est pas ma langue primaire: Je parle Québécois!)

  5. Mes parents sont haïtiens, je dois dire que le « parlé » québécois pour se « franciser » devrait commencer par la maison. Mes parents sont immigrants, lorsque j’étais petit, je n’ai pas reçu une éducation avec ce genre de mots, et c’est selon moi là que commence le problème! En classe, les québécois pure laine éprouvent souvent des problèmes lors de l’écriture justement du fait qu’il pense que parler et écrit = meme chose.

  6. J’aime bien ce que vous dites, notamment quand vous écrivez qu’il faut «s’attaquer jusqu’à la source de ce sentiment d’infériorité linguistique qui accable notre population».

    Effectivement c’est par une réflexion sérieuse et l’identifiation de moyens efficace que l’on pourra collectivement reprendre conscience de la force de notre riche culture.

    Je me trompe peut-être mais je sens de plus en plus que la réflexion s’approfondit et je crois que nous sommes sur le point de pouvoir commencer à réagir d’une façonpositive et efficace.

  7. Je suis de plus en plus abasourdi de lire vos textes empreints d’une telle désinformation linguistique. La « qualité de la langue » se base sur une norme arbitraire qui ne tient pas compte des variétés régionales… À trop vouloir imposer l’utilisation du bon mot pour des raisons de « pureté », les locuteurs finissent par perdre la fonction première de la langue, la communication.

    Par exemple, la semaine dernière j’étais à l’épicerie à la recherche d’échalotes que j’ai trouvées sous l’enseigne des oignons verts.. Loin de ressemblés aux oignons jaunes ou rouges pourtant!

  8. […] Louis Prefontaine   Publié sur ledernierquebecois.wordpress.com […]

  9. […] […]

  10. « quelques-uns des exemples de déréalisation notés par Chevrier

    On se donne une apparence française, on affiche en français, on parle français, mais on pense toujours en anglais, on se considère toujours d’une manière anglaise et on demeure résolument déconnecté de nos racines françaises. »

    Profonde colonisation…

    La palme d’or des «déréalisations» revient au lecteur de Vigile, Claude Bachand.
    Le 15 novembre 2009 il nous rappelais, dans une lettre « J’ai honte ! », l’état de profonde colonisation des jeunes Québécois francophones, étudiants et membres du Rouge et Or de l’U de Laval.

    À la remise du trophée à l’équipe gagnante, ces étudiants scandaient, dit-il…

    « Yeah ! Yeah ! Yeah ! »
    « Yes ! Yes ! Yes ! »
    « That’s it baby ! »
    « All the way ! All the way ! All the way ! »

    Il faudrait graver cette remise du trophée au Rouge et Or sur CD, pour le bénéfice de tous les politiciens bailingues qui ne cessent d’abrutir le public avec leur discours de « franciser » ou « francisation » des allophones et des immigrants.

    Renforcer la Loi 101 en l’appliquant au cégep est inévitable. C’est une question de vie ou de mort. Ceci dit, il ne s’agit que d’une solution parmi d’autres. LP

    Préparez-vous à une opposition féroce. Voici votre ennemi juré, le plus mortel… Le Parti Québécois.

    Ses chefs, ses directeurs, ses députés et ses membres, sont tous des bailingues, hybrides bicéphales.

    Un parti qui maintient « l’anglais » obligatoire pour tous à l’école et au collège de langue française. Sinon, pas de diplôme DES et DEC. Le régime de «full» bailingue, à la sortie du secondaire.

    Un parti PQ dont la cheffe et les députés répondent toujours en « anglais » aux anglophones. Pendant qu’ils proposent la francisation, aux immigrants et allophones, évidemment.

    Un parti qui a délesté et abandonné le droit de travailler en français, au Québec.

    CH

  11. Salut Louis,
    La seule façon de redonner de la force au français est de procéder à des réformes en profondeur du système éducatif. Cela exige des couilles, et notre système politique est profondément hostile à ce genre de réformes. L’adoption de la représentation proportionnelle et d’un mode de gouvernance axé non pas sur la concentration du pouvoir propre aux régimes parlementaires mais sur son exercice partagé au sein de coalitions. Seules des coalitions sont susceptibles de voir les partis politiques renchérir pour proposer des projets de gouvernement renforçant le français : deux partis se mettent ensemble, l’un exige qu’il n’y ait pas de référendum, l’autre exige les cégeps français, une réforme en profondeur du régime médiatique, une réforme du financement des institutions scolaires, etc. Les possibilités sont infinies. Jamais un parti extrémiste comme un Equality Party ne trouverait preneur dans une coalition; il faudrait qu’il se vide de ses éléments extrêmes pour devenir acceptable et être candidat à une coalition fédéraliste nationaliste.
    Le courage politique, la volonté politique, ça passe par une autre dynamique électorale que l’actuelle. Dans le régime actuel, le plus favorable aux groupes d’intérêts qu’on puisse trouver sur le marché démocratique, nous courrons à notre perte. Le colonialisme, c’est l’absence de volonté devant l’inacceptable. Ça a des racines structurelles et institutionnelles.
    Pierre

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