Le client n'a pas toujours raison

« Le client a toujours raison! » vociférait la femme d’un ton qui se voulait sans appel, argument final, fin de la discussion, un à zéro. Hé bien non, que je lui répondis: quand votre mari jette ses déchets dans le stationnement par la fenêtre de votre voiture et qu’il m’invective et veut porter plainte parce que je lui ai demandé poliment de se ramasser, non, le client n’a pas raison. Elle est restée l’air béat, me fixant avec des yeux arrondis, la bouche en cul de poule, stupéfaite qu’un employé – un serviteur, que dis-je! – puisse insinuer que le client ait autre chose que des droits.

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Pourtant, on l’oublie souvent, mais avant d’être des clients ou des employés, nous sommes des citoyens, des gens de la cité. Nous avons des droits, mais aussi des responsabilités. Notre emploi ne constitue qu’une facette de notre identité, une simple transformation de notre temps en argent nous permettant de (sur)vivre. Le caissier chez Wal-Mart ou la pompiste chez Esso ne cessent pas d’être des membres de la communauté parce qu’ils sont au travail; leurs employeurs peuvent exiger certains codes, certaines manières, mais on ne devrait en aucun cas permettre que ces règles outrepassent les valeurs citoyennes.

Or, le problème découle précisément du fait que de nombreux emplois sont tellement précaires – sans aucune protection syndicale – que les patrons peuvent exiger n’importe quoi de leurs employés, y compris de devoir tolérer l’inacceptable: des clients qui insultent, des clients qui menacent, des clients qui intimident… et des clients qui jettent leurs ordures à terre. L’employé est ainsi dépossédé de son statut de citoyen et devient une sorte d’esclave des temps modernes, un sans-voix devant accepter de servir de défouloir pour n’importe quels frustrés se cherchant une cible facile.

Quand un de ces consommateurs-roi n’ayant jamais été éduqué socialement, à qui on n’a jamais expliqué que l’employé devant lui est un humain méritant le respect, que ce n’est pas parce qu’il gagne moins d’argent qu’il vaut moins, que la rue ou le stationnement ne sont pas un dépotoir à ciel ouvert, quand un de ces abonnés du je-me-moi fait face à un citoyen au travail, un vrai, jouissant d’une certaine forme de protection d’emploi, il frappe un noeud, un vrai. Il ne comprend pas, il s’insurge, il élève la voix; un peu plus et il ferait sa crise de l’enfant gâté à qui on enlève une sucette. « Vous n’avez pas le droit de me dire de ramasser mon papier! Vous êtes un employé, je suis le client et le client a toujours raison! » Non, monsieur. Vous êtes client et vous avez tort. Ramassez vos déchets, excusez-vous de vous être emporté, merci pour votre achat et revenez nous voir.

Mais le client ne reviendra pas. Il ira ailleurs. Il se cherchera un autre employé à mépriser, un autre stationnement où jeter ses ordures, un autre commerce où il pourra se croire important pour quelques minutes.

Un autre avantage du syndicalisme

Et si, au-delà de la protection d’emploi et de conditions de travail moins dégradantes, il s’agissait d’un autre bienfait du syndicalisme? Être syndiqué et travailler dans le public, c’est avoir la chance de continuer à être un citoyen. C’est avoir le privilège de ne pas laisser sa conscience à la maison le matin en partant pour la retrouver, usée et poussiéreuse, le soir en rentrant à la maison.

S’il y avait davantage d’employés syndiqués ne se laissant pas écraser par le premier malotru venu, de telles personnes n’auraient pas le choix de modifier leurs méthodes. Si, à quarante ans, on en est encore au stade de jeter ses cochonneries par la fenêtre de sa voiture, on peut parier que c’est parce qu’il n’y a pas eu beaucoup de citoyens pour remettre les pendules à l’heure et expliquer que la propreté est l’affaire de tous. Si à chaque fois qu’un client agissait d’une manière contraire aux valeurs sociales il se faisait reprendre poliment par un employé-citoyen, gagez-vous que la société fonctionnerait mieux et serait un peu plus cohérente?

Un collègue de travail m’a conté comment il a été sensibilisé au fait de ne pas jeter ses papiers dans la rue. Il y a quelques décennies de cela, il était au Maroc, et dans un quartier relativement sale, il s’est senti justifié de se délaisser d’un emballage quelconque. Quelques secondes après, il a senti un objet dur derrière un de ses genoux, s’est retourné et a vu un soldat avec une mitraillette le pointer de son arme et pointer le déchet ensuite. Apprentissage à la dure, mais ce collègue n’a plus jamais jeté quoi que ce soit ailleurs que dans une poubelle et il se fait un devoir, lui aussi, d’inciter les gens à avoir une meilleure conscience citoyenne et à ne pas polluer notre environnement commun.

Évidemment, on peut faire les choses autrement. Avec fermeté, politesse, voire avec empathie, on fait comprendre au client que s’il a le droit d’être bien servi, il a la responsabilité de ne pas agir d’une manière contraire aux valeurs citoyennes et qu’il n’est pas justifié de se prendre pour le nombril du monde. On appelle cela l’éducation citoyenne. La société qui complète l’apprentissage d’individus manquant cruellement de valeurs sociales.

Cet enseignement, il est la responsabilité de chaque citoyen, qui doit pouvoir le faire, dans le respect, dans toutes les sphères de sa vie.

J’ai été poli, mais j’ai été chanceux: je suis syndiqué et une cliente a laissé son numéro de téléphone pour plaider en ma faveur. Qui peut se targuer d’avoir cette veine? Combien d’employés doivent se faire violence au quotidien, endurer, souffrir, nuire à leur propre santé pour endurer les insanités d’individus désolidarisés habitant ici mais ne faisant partie d’aucune communauté sinon celle de leur propre nombril?

Citoyens, syndiquez-vous, car le client n’a pas toujours raison!

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21 Réponses

  1. Très réussi ce billet, vraiment bravo. Avec le temps, depuis que je suis assez grand pour « consommer », su apprendre à rester posé lorsque je me fais servir par une serveuse ou une caissière.

    Ce n’est pas tellement difficile de garder en tête que de l’autre côté du comptoir, c’est un être humain. Et quand la machine Interac ne fonctionne pas, ou que le rouleau de papier à facture est vide, y a-t-il vraiment encore des gens qui croient que c’est leur faute, et qu’ils(elles) ont fait exprès d’attendre que ce soit notre tour pour que les problèmes arrivent? Il semble que oui.

    Je n’hésite pas à demander « Comment allez-vous? » et, si la fille est sur son changement de « shift » à l’épicerie avec sa petite caisse, de lui rappeler que « C’est tout à fait normal, inutile de vous excuser ».

    Je sais pas pour eux(elles) mais moi, mon expérience client s’en trouve améliorée.

  2. Le client-travailleur (souvent les mêmes) a raison, à condition de ne pas bafouer les droits des autres clients-travailleurs.

    De plus, ce qui cause principalement l’irrespect des clients pour les employés est la recherche du profit (le vol du fruit de la production des travailleurs par des corporateux) et les hiérarchies de pouvoir contre les employés.

    « Être syndiqué et travailler dans le public, c’est avoir la chance de continuer à être un citoyen. C’est avoir le privilège de ne pas laisser sa conscience à la maison le matin en partant pour la retrouver, usée et poussiéreuse, le soir en rentrant à la maison.  »

    Dans le secteur privé, je crois que le syndicalisme est une bonne chose, en effet, mais dans le secteur gouvernemamantal, la mafia syndicaleuse est une plaie qui favorise des employés incompétents et serviles au dépens des employés compétents, respectueux et indépendants de pensée.

    De plus, j’aurai toujours de la misère à vénérer les syndicaleux tant que l’État les réglementera comme ça.

  3. J’aime beaucoup la phrase de la fin!

    Je suis tout à fait en accord avec ce billet pour avoir refusé moi-même pendant quelques années à me faire traiter comme une moins que rien. Et quelque chose me dit qu’avec mon retour aux études sous peu, je n’ai pas fini. 😉

    Le respect mutuel entre le client et la personne qui sert devrait être la base. Surtout quand on pense que la majorité d’entre nous avons travaillé dans le service à la clientèle. Je m’étonne toujours quand je vois des gens traiter la personne de l’autre côté du comptoir avec mépris.

  4. Moi aussi, j’ai bien apprécié ce billet. Si c’est tout à fait vrai que la syndicalisation protège des pires abus, ce n’est pas une panacée à la bêtise et à l’impolitesse. Mes deux enfants ont travaillé dans des centres d’appel syndiqués privés (pas dans la vente, mais uniquement pour offrir le service à ceux qui appellent sans sollicitation), et j’en ai entendu des vertes et des pas mûres sur le comportement des clients. Et, sauf si c’est vraiment dégueux, ils ne sont pas supposés répondre au client…

    Bien sûr, ce serait pire s’ils n’étaient pas syndiqués. Mais, il n’en demeure pas moins que trop de clients se pensent tout permis et profite de leur situation de pouvoir comme clients pour en abuser. Et quand ils ne voient pas l’être humain qui les sert, comme dans des centres d’appel, c’est encore pire !

    Bravo pour ton billet et d’avoir remis à sa place ce client !

  5. Les campagnes de syndicalisations démontrent qu’au delà des augmentations salariales et des avantages sociaux, la principale revendication des travailleurs est le droit au respect et à la simple dignité dans l’exercice du travail.

    Cette revendication est encore plus criante pour le secteur des services puisque ces travailleurs sont exposés à tous les abus d’une société qui ne jure et ne vit que pour consommer. Il est facile pour cette société de franchir la frontière entre la consommation de biens et services et celle de personne lui présentant ces biens ou leur fournissant ces services.

    Le droit d’association est protégé par le Code du travail et par la Charte des droits et libertés. Ce droit est inaliénable, indiscutable et non-négociable, n’en déplaise à tous les libertaires et autres adéquistes.

    Et ça part de loin:
    http://www.scepquebec.qc.ca/index.php?option=com_content&view=article&id=237&Itemid=171

  6. Et tu fais quoi du droit de choisir de se représenter soit même quand tu entre dans une compagnie syndiquée tu es forcé d’y adhérer…

    Et j’avoue que je n’aimerais pas être représentant syndical, mon père l’était et devait défendre des couillons dans une scierie au lac st-jean….

    Donc garder le droit de s’associer ok, mais faut pouvoir garder le droit de choisir

  7. « Donc garder le droit de s’associer ok, mais faut pouvoir garder le droit de choisir »

    Absolument pas!!!! La formule Rand est justement pour empêcher des individu égoïstes comme toi de faire partie d’une entreprise sans se syndiquer. C’est pas de sa faute au gars si il fait des erreurs ou a tendance à négliger un peu son travail! Il mérite de vivre quand même et d’obtenir un salaire décent.

    Vous devez être un dangereux néolibéral!!! Non mais!! Défendre ceux qui refusent de se syndiquer!

  8. « Et, sauf si c’est vraiment dégueux, ils ne sont pas supposés répondre au client… »

    Oui j’ai connu des situations du genre mais je ne me suis jamais gêné pour les envoyer promener. Pour moi, aucun employé ne devrait se faire renvoyer pour avoir insulté un client à son tour, il devrait y avoir des loi pour protéger les travailleurs.

  9. Les deux problèmes auxquels tu fais référence sont réels: le droit de choisir, qui a dû être limité mais non pas « forcé » (tu peux toujours aller travailler ailleurs si le fait d’être syndiqué t’est si insupportable). Le même raisonnement est appliqué pour le choix de la langue d’enseignement prévu par la Loi 101. L’intérêt collectif prime sur la liberté de choix individuelle.

    L’autre problème existe aussi: celui de devoir défendre des paresseux, des incompétents et des irresponsables. Mais ces « cas » ne représentent qu’une infime partie des travailleurs. Et de plus, ces « couillons » comme tu dis, sont également protégés par des instances gouvernementales (eg :CCRI) qui forcent les syndicats à les défendre.

    Ces deux problèmes ne sont rien en comparaison des avantages que procure l’appartenance à un syndicat; à commencer par le droit à la dignité dont parle Louis.

    Tu peux remercier ton père pour le travail qu’il a accompli. Rappelons que l’immense majorité des représentants syndicaux sont bénévoles. L’amlioration sociale et financière des travailleurs a permis des avancées impossibles à envisager avant l’avènement des syndicats: accession à la propriété, à une meilleure éducation, à la sécurité d’emploi, à la sécurité physique etc…

    De plus la pression syndicale a fait que plusieurs employeurs offrent de meilleures conditions de travail à leurs employés pour éviter que ces derniers n’adhèrent à un syndicat. J’ai l’exemple de mon propre fils qui profite, sans être lui-même syndiqué, de conditions comparables aux meilleures boites syndiquées du Québec.

    J’ai la certitude que mon fils ne croit pas que j’ai perdu mon temps dans les mouvements ouvriers.

  10. «la principale revendication des travailleurs est le droit au respect et à la simple dignité dans l’exercice du travail.»

    Tout à fait d’accord. À cela j’ajouterais, même si dans le fond cela en fait partie, la qualité de vie au travail. Je suis moi-même représentant syndical et ces motifs l’emportent de loin aux enjeux de la négociation collective pour expliquer mon engagement.

  11. Leonard, dans le genre commentaire qui ne sert à rien tu réussi bien.

    Sinon merci pour ta réponse Çaparle Aupopette elle fait bien du sens. Je crois par contre qu’avec l’évolution des droits du travail et de l’accès à la justice les syndicats ne sont plus essentiels. Mais effectivement comme tu dis maintenant j’évite les emplois dans des entreprises syndiqués et je m’en porte mieux. De toute façon une grosse lacune du système pour le moment c’est la façon de fonctionner avec les actionnaires. Dans ma tête une bonne entreprise est une entreprise transparente ou les profits sont distribués aux employés…

  12. Personnellement, je ne vois pas en quoi être syndiquer apporte le respect des clients, travailleur ou pas. Le respect des autres ne devrait pas commencer par la syndicalisation, mais par la responsabilité des parents a bien éduquer leurs enfants.

    Et malheureusement, aucun patron ne vas accepter que leurs employés répondent de façon non-respectueuse à des clients. Le cas donc Louis parle, celui de l’homme qui jète ses vidanges par la fenêtres de sa voiture est assez concret: un employé, même non-syndiquer, peut demander à l’homme de ne pas jeter ses vidanges par la fenêtre sans que son patron puisse dire un mot, s’il le demande avec respect. Par contre, syndiquer ou pas, si le client refuse de ramasser, l’employé va devoir tout de même ramasser et avoir cette impression de ne pas être citoyen(dixit Louis).

    Une autre chose: les syndicats sont comme un parti politique; il faut suivre la ligne de parti, sinon, vous passez dans le bureau du président, et il va vous demander de vous assoir dans la chaise face au bureau pendant que lui vas s’élever en s’assoyant sur le bureau, vous démontrant par ce geste qu’il est supérieur à vous. Je le sais parce que j’ai vécu cette situation.

    @Çaparle Aupopette:
    J’aimerais bien savoir ou va l’argent que le syndicat prélève sur la paie des salariés si les représentant syndicaux ne sont pas payés. Parce que j’ai jamais vu un représentant syndical non payé. Si on vous a dit que vos représentants ne sont pas payé, demandez ou va votre argent dans ce cas.

    @Leonard:
    Le syndicalisme représente pour moi une forme de dictature, qui commence au moment de l’embauche: tu dois payer une cotisation, même si tu n’as pas le droit au syndicat avant la fin de ta probation. Et tu n’as pas le choix d’y adhérer après. Pourquoi on ne devrait pas avoir le choix ? N’est-ce pas un des principe de notre pays, la démocratie ?

  13. « J’aimerais bien savoir ou va l’argent que le syndicat prélève sur la paie des salariés si les représentant syndicaux ne sont pas payés.  »

    Pas fort Martin R., pas fort.

    Loyer du local
    Locations de salles
    Imprimeries
    Activités de formation
    Coûts des services juridiques (souvent substantiels)
    Frais d’adhésion à une centrale ou/et national/international
    Dépenses reliées aux congrès ou autres activités pertinentes

    Les officiers d’un syncicat local ont un « salaire » qui peut varier de 20$ à 100$ par mois. Vu le nombre d’heures et la somme de travail qu’ils y consacrent, j’appelle ça du bénévolat. J’ignore le ratio entre les permanents (qui bien sûr sont rémunérés) et les bénévoles; mais selon mon expérience personnelle je l’évalue à 20 à 30 pour 1.

    « Personnellement, je ne vois pas en quoi être syndiquer apporte le respect des clients, travailleur ou pas. »

    Martin R. tu transpires la mauvaise foi et j’en déduis qu’il est inutile d’essayer de te convaincre.

    Les vérités qu’on aime le moins à apprendre sont celles qu’on a le plus d’intérêt à savoir.
    Proverbe chinois.

  14. «Les officiers d’un syncicat local ont un « salaire » qui peut varier de 20$ à 100$ par mois.»

    Ah bon. Je suis président d’un local syndical et ne reçois pas un sous. Je n’ai droit qu’à des remboursements de dépenses (autobus, taxis, etc.) et c’est très rare dans mon cas (une fois par année, environ).

    «Personnellement, je ne vois pas en quoi être syndiquer apporte le respect des clients, travailleur ou pas.»

    Le fait d’être syndiqué rend moins craintif de mesures disciplinaires injustifiées. De toute façon, quand Çaparle Aupopette mentionnait «le droit au respect et à la simple dignité dans l’exercice du travail», il ne parlait pas nécessairement des clients, mais des patrons… En tout cas, c’est ce que j’ai compris et observé sur bien des lieux de travail, tout particulièrement dans les emplois peu payés et précaires.

    Un de mes gars s’est déjà fait engueuler par une patroone parce qu’il la corrigeait poliment quand elle l’appelait par un autre nom que le sien («Je ne m’appele pas x, mais y.»)… Voyons, un patron, ça ne se trompe pas. C’est à l’employé de changer de nom !

  15. Salut Darwin,
    Oui, ça dépend des syndicats. La constitution et les règlements locaux sont votés par les membres. Mon expérience syndicale, bien que fort longue, se limite à un seul syndicat dont le siège social est à Washington.

    Ce que je voulais exprimer c’est que somme toute, bien peu de gens sont permanents et que la plupart des représentants sont à toute fin pratique bénévoles.

  16. «la plupart des représentants sont à toute fin pratique bénévoles»

    Je crois qu’il y avait simplement confusion dans la compréhension du titre «représentant syndical». Dans mon milieu et le tien, un représentant est un bénévole, un permanent est un conseiller syndical ou un agent de relations de travail. J’ai d’ailleurs occupé un poste de conseiller syndical pendant trois ans durant la récession du début des années 1990. C’est très exigeant, très dur (encore plus en période de récession où on ne peut que minimiser les dégâts) mais c’est probablement aussi mon expérience professionnelle la plus enrichissante.

  17. @Çaparle Aupopette

    Tu dis que je suis de mauvaise foi. Je ne crois pas. Je t’accorde que le loyer du syndic, à même l’entreprise, doit comporter un loyer, mais pas au point de prendre jusqu’à 10$ par semaine à quarante employés pendant le mois.

    Locations de salle: à moins qu’il y aie une négociation de contrat, les rencontres syndicales se font dans la cafétéria. Je ne crois pas que l’entreprise demande un montant pour ça. C’est la même chose pour l’imprimerie. Le syndicat s’achète une imprimeuse, ou si le syndic couche avec les patrons, on emprunte l’imprimeuse de l’entreprise.

    Coût des services juridiques: quand on est avec une grande centrale syndicale, on s’entends-tu qu’on a pas vraiment d’avocats, et quand on est un petit syndicat, on se prends un avocat seulement pour comprendre les textes de négociations. Pour les frais d’adhésions, ça doit payer les frais d’avocats pour les autres syndiqués…

    En fait, tout ces frais n’expliquent pas pourquoi je devrais payer dix dollars par semaine pendant 52, et pourquoi ça devrait affecter au moins quarante personnes.

    Tu dis aussi que je suis de mauvaise et foi et qu’il ne sert à rien d’essayer de me convaincre. Si c’était le cas, tu crois que je viendrais sur le blog de Louis. Est-ce à dire que Louis aussi est de mauvaise foi, ou plusieurs autres personnes qui fréquentent le blog, parce que je ne crois pas au mouvement souverainiste et que je viens en discuter avec eux. Louis lui-même, même s’il me considère probablement comme un « troll », n’a jamais dit quelque chose du genre. Il préfères en jaser pour essayer de me convaincre. Alors j’apprécierais que tu me portes respect. Merci.

    @Darwin

    Je suis d’accord avec vous lorsque vous dites que ça rend moins craintif des mesures disciplinaires, mais vous parlez d’un seul côté de la médaille. Un de mes amis, qui est syndiqué, m’a raconté une histoire à propos d’un de ses collègues de travail qui aurait crier à un de ses superviseurs qu’il le faisait ch***, et joignant le geste à la parole, il a baissé ses pantalons devant le-dit superviseur et lui a fait un joli cadeau. Est-ce que le-dit collègue de mon ami a eu un avis disciplinaire quelconque ? Non, selon mon ami.

  18. Bonjour Darwin,
    « C’est très exigeant, très dur (encore plus en période de récession où on ne peut que minimiser les dégâts) »

    En effet, c’est un tue-monde. Surtout si tu prends ça trop à coeur. Dur pour le couple, dur pour la santé, j’en ai même connu un qui s’est suicidé. Je crois qu’on le fait pour se valoriser quand nos tâches quotidiennes ne suffisent pas à nous réaliser personnellement. Il faut aussi une bonne dose d’altruisme et de tolérance.

    Et j’ai peut-être fait preuve d’intolérance envers Martin R. en le taxant de mauvaise foi; par conséquent j’y vais d’un autre essai pour le convaincre.

    Martin R.

    À lire ta réplique, je constate que c’est peut-être ton ingnorance de la chose syndicale qui te fait énoncer des énormités sur le ton de l’affirmation.

    Donc, je retire « mauvaise foi », mais je te demande d’aller visionner au complet la référence video que j’ai citée dans ma première intervention. C’est René Lévesque qui explique le syndicalisme lors d’une conférence donnée le 18 juin 1965. C’était même avant mon temps figure-toi. Même si ça date un peu beaucoup, l’essentiel y est.
    ————————————————————

    Tu fais partie d’une petite unité syndicale (40 membres); vous payez chacun 10$/semaine; donc 40 x 10 x 52 = 20,800$

    Je connais mal ces petites unités puisque mon activité syndicale s’est faite dans des unités dont le nombre de membres se situait entre 700 et 2000 environ. Par contre, il m’est arrivé de recruter (à leur demande expresse) des groupes encore plus petits, mais ce n’est pas moi qui faisait le suivi et qui les représentait. Donc, je vais tenter d’expliquer un peu ou peut bien passer votre 20,800$ annuels.

    Alors:
    1-
    Je comprends que nous n’ayiez pas les moyens de payer un loyer mais utiliser un local fourni par la compagnie n’est pas recommandé. Et encore moins faire des assemblées générales dans la cafétéria ! Il faut s’arranger pour ne rien devoir à l’employeur.

    Mais c’est souvent le lot de ces petites unités parce que règle générale, ces membres coûtent infiniment plus qu’ils ne rapportent et, par conséquent doivent être supportées par les groupes plus nombreux.

    2-
    Relis ton premier paragraphe et tu verras qu’il peut laisser pantois: 10 x 40 =400. C’est peu… OK pour le loyer si l’employeur vous fait une faveur (intéressée ?); mais qu’est ce qui reste pour le reste ?

    3-
    Je te cite:
    « Le syndicat s’achète une imprimeuse, ou si le syndic couche avec les patrons, on emprunte l’imprimeuse de l’entreprise. »
    Je ne te le fais pas dire. Donc, dépenses additionnelles.

    4-
    Services juridiques.
    « Coût des services juridiques: quand on est avec une grande centrale syndicale, on s’entends-tu qu’on a pas vraiment d’avocats,… »
    J’comprends pas…Penses-tu vraiment que les grandes centrales vont assigner leurs avocats à chacun des syndicats les composant et à chacune des unités composant les syndicats ? Tu rêves ?
    Les centrales en ont déjà plein les bras. Les affaires locales doivent se régler localement.

    Donc coûts énormes pour certains griefs plus litigieux, ou importants, ou prêtant flanc à faire jurisprudence. + Coûts de l’arbitre et autres frais afférants…
    Tu suis ?

    Un litige le moindrement compliqué pourrait gruger vos cotisations annuelles pour plusieurs années.

    Et tout ceci sans compter les rondes de négos. L’immobilisation d’un permanent pour des semaines et mêmes des mois. En espérant qu’il n’y ait pas de problème majeur (eg. vente d’entreprise) forçant d’en référer au CCRI ou à la Commission des Relations du Travail du Québec.

    5-
    Conclusion
    Les frais que ton syndicat engage pour te représenter sont selon toute vraisemblance, plus élevés que 10$ par semaine. Le manque à gagner est avancé par l’ensemble du mouvement syndical.

    Je te cite:
    « Personnellement, je ne vois pas en quoi être syndiquer apporte le respect des clients, travailleur ou pas.  »

    C’est cette première phrase de ta première intervention qui peut porter à croire que tu es de mauvaise foi:

    il est évident que ce n’est pas le fait d’être syndiqué qui rend les clients plus respectueux; tu es assez intelligent pour comprendre que c’est le sentiment de sécurité qui permettra à un préposé faisant face à une personne agressive, méprisante ou irrespectueuse de remettre à sa place cette personne sans craindre de perdre son emploi et en gardant sa dignité.

    Sa dignité.

    ps: et laisse faire les anecdotes, j’en aurais des centaines à te conter; et ça irait dans tous les sens.

  19. Allo Çaparle Aupopette

    «j’en ai même connu un qui s’est suicidé»

    À la fin des trois ans où j’ai travaillé pour une centrale syndicale, un de mes amis, en fait, celui qui m’avait recommandé là, que je connaissais depuis 20 ans, s’est justement suicidé. C’était le conjoint d’une de mes meilleures amies. Il avait deux enfants. Environ 10 % du personnel était en burn-out…

    Moi, ça allait, même si je travaillais beaucoup dans les cas de fermeture. Mais mon contrat était terminé et, avec les conséquences de la récession, la centrale ne pouvait prolonger mon contrat. J’étais déçu, mais, en y repensant, c’était peut-être mieux comme ça…

  20. Je ne peux pas parler pour tout le monde mais, de mon expérience en service dans les magasins, le genre de client qui insulte comme ça les employés, il s’en prend souvent au boss avec le même mépris.

  21. Je crois qu’avec la grève en milieu de garderie qui va avoir lieu lundi, le client va avoir raison de chialer. Comment peut-on être d’accord avec le fait que ces syndicats, qui gagnent en moyenne entre 26000$ et 40000$/année, peuvent se plaindre qu’ils n’ont pas un gros salaire, qu’ils ont de mauvaises conditions de travail(quand on sait qu’une personne doit être responsable d’un groupe de six, et que deux personnes sont responsables d’un groupe de neuf enfant, c’est des grosses conditions de travail…).

    Ces syndiqués vont prendre en otage une partie de la population en refusant d’ouvrir comme à l’habitude à 6h00/6h30 lundi matin. Ils vont ouvrir les portes que vers 9h30. Je suis désoler, mais ces quelques heures sont importantes pour les petits salariés. Et vous allez accepter que des gens qui ont un bon salaire et de bons avantages sociaux fassent perdre des heures si précieuses aux gens qui en ont de besoin ?

    SO-SO-SO-SOLIDARITÉ… mon oeil oui.

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