Notre chien de garde a faim

Une nouvelle étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) démolit la plupart des mythes de la droite économique. Que ce soit le « travaillez plus » de Lucien Bouchard, l’enrichissement individuel de Pauline Marois ou le « moins d’État » de Jean Charest, toutes les élites de droite en prennent pour leur rhume. Évidemment, voilà une recherche dont vous entendrez très peu parler les éditorialistes en chef de La Presse…

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Concrètement, on y confirme ce qui ne fait plus grand doute dans l’esprit des gens: les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent. Ce qui est nouveau, plutôt, c’est la compréhension de la façon dont se produit cet accroissement des inégalités sociales. De 1976 à 2006, l’économie québécoise a cru de 71%. Au même moment, la majorité des gains de revenu a été au 10% des gens les plus riches pendant que les 70% les plus pauvres ont vu leur assiette fiscale régresser. Tous les déciles sous le décile 8, à l’exception des ultra-pauvres, ont subi une détérioration de leurs revenus au cours de cette période.

Or, c’est précisément à partir de la fin des années 70 et du début des années 80 qu’ont eu lieu les premières réformes néolibérales et le début du désengagement de l’État. Désassurance dentaire, hausse des frais de scolarité, diminution des prestations d’assurance-emploi, baisse des impôts aux compagnies et aux plus fortunés, cette période de trente ans a constitué l’âge d’or de ceux qui ont toujours affirmé – et qui affirment encore aujourd’hui, malgré les tourments économiques que leur idéologie a créés – qu’il fallait rendre la vie plus facile aux plus riches afin qu’ils contribuent à tirer la société vers le haut. Ce qu’on constate, aujourd’hui, est précisément l’inverse: les mieux-nantis se sont effectivement envolés avec l’argent, mais le reste de la société, à l’exception des plus pauvres, a perdu de son pouvoir d’achat. Il s’agit du constat d’un échec et d’un sérieux avertissement à ceux qui seraient tentés de croire, notamment, que le Parti Québécois ferait un bon choix en favorisant l’enrichissement individuel.

Au travail, esclaves!

À tous les Lucien Bouchard et autres soi-disant lucides qui affirment que nous ne travaillons pas assez, l’étude démontre également que l’appauvrissement collectif de la classe moyenne s’est produit au même moment où le nombre de semaines de travail de celle-ci augmentait de près de 16,5%! Parallèlement, les mieux-nantis ont vu leur charge de travail diminuer de près de 6%! Concrètement: en trente ans, l’économie québécois s’est embellie de plus de 71%, la classe moyenne travaille plus de 16,5% de plus, mais elle est plus pauvre, au moment même où lui casse les oreilles avec les soi-disant bénéfices de réformes économiques de droite! Vous y comprenez quelque chose?

En fait, le problème vient principalement du fait que l’État ne joue plus suffisamment son rôle de redistribution de la richesse. L’étude le note pertinemment bien: l’augmentation des revenus après impôts des déciles les moins riches n’était que de moitié de celle enregistrée pour le décile le plus riche. Les auteurs de l’étude notent:

L’impact de l’intervention de l’État est primordial. L’écart observé dans les gains distribués par le marché est plus faible lorsque nous considérons les effets des transferts et des impôts sur les revenus. Mais si l’État limite la croissance des inégalités, ses actions ne sont pas suffisamment vigoureuses pour pouvoir renverser ou simplement freiner cette augmentation.


Le budget de tous les dangers

Ce constat constitue la pire des critiques adressée au dernier budget provincial. Si l’État n’en fait pas suffisamment, depuis une trentaine d’années, pour limiter les inégalités sociales et tous les troubles qu’elles entraînent, le budget Bachand, avec son lot de mesures régressives (200$ pour la santé pour qui gagne 15 000$; 200$ pour la santé pour qui gagne 1 500 000$), ne pourra qu’aggraver la situation actuelle et permettre la continuation de la chute des revenus disponibles pour la classe moyenne et les plus démunis.

Et malheureusement, puisque le PQ de Pauline Marois semble avoir adopté la même idéologie de hausses de tarifs et de taxes alliées aux baisses d’impôts, cela ne laisse rien présager de bon pour l’avenir, advenant l’élection du Parti Québécois aux prochaines élections.

Affamer la bête

Tout ceci nous ramène insidieusement à la définition de l’économiste Paul Krugman, qui parle de la stratégie orchestrée pour affamer l’État. Comme l’explique Josée Legault:

Leur stratégie fut baptisée « affamer la bête ». Elle commence par une réduction d’impôts – un geste toujours populaire. Puis, les revenus de l’État étant diminués, à la moindre crisette, le déficit augmente ou réapparaît. Les gouvernements se disent alors « forcés » de couper les services publics. Et une fois qu’on a bien « affamé la bête » étatique en baissant les impôts souvent au bénéfice des entreprises et des mieux nantis, ils coupent dans les services publics pour retrouver un équilibre budgétaire qu’ils ont détruit eux-mêmes. C’est précisément ce qui s’est passé à Québec et à Ottawa.

Cette étude de l’IRIS, c’est le rapport de l’état de santé des citoyens qui doivent, théoriquement, se faire protéger par la « bête étatique », notre chien de garde collectif. Après des années de baisses d’impôts, de hausses de tarifs et de coupures de services, la bête est devenue tellement épuisée, affamée et rachitique qu’elle ne peut plus jouer son rôle d’assistance aux citoyens, eux qui sont maintenant de plus en plus « libres » de se retrouver isolés, à la merci des aléas du hasard, dans une jungle néolibérale leur proposant le projet de société d’avoir à se combattre les uns les autres pendant qu’une minorité de privilégiés continuent leur party.

Et si on se décidait enfin à hausser un peu leurs impôts et à les forcer, eux aussi, à participer à l’amélioration de la société?

Notre chien de garde étatique nous a sorti de la misère dans les années 60 et il nous a jamais laissé tomber depuis; ne le laissons pas crever de faim. Ce n’est pas à notre avantage collectif.

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11 Réponses

  1. […] This post was mentioned on Twitter by Simon Dor, Louis P.. Louis P. said: Notre chien de garde a faim https://ledernierquebecois.wordpress.com/2010/05/20/iris-etude-chien-de-garde-faim […]

  2. J’ai lu cette étude, l’ai dévorée d’une page à l’autre…

    Et le lien que tu fais avec le «starve of the beast» de Paul Krugman est tout à fait pertinent.

    Ça doit faire au moins un mois que je ne vais plus écoeurer les libertariens sué 7 (sauf une petite pique de temps en temps…), mais là, je ne pourrai pas résister…

    Je trouvais étrange les premières fois que je te lisais comme nous pouvions se rencontrer sur les sujets sociaux et s’affronter sur ceux qui touchent la race…

    Mais bof, je prends maintenant ce qui fait mon affaire et basta pour le reste !

  3. Il y a un commentaire assez hirsute merci sur centpapiers; comment on peut justifier l’enrichissement d’une minorité qui-à-déjà-tout me dépasse. C’est comme dire (gasp!) qu’il y a du bon aux mines anti-personnel, aux guerres de clans comme celles entre les Hutus et les Tutsis ou encore que les fours crématoires auraient joué un rôle positif dans l’histoire.

    http://www.centpapiers.com/notre-chien-de-garde-a-faim/13983/

    Bien sur je beurre épais. Tant mieux. Les gens de la droite ont besoin d’une bonne claque derrière la tête pour arrêter de répéter les mêmes mantras pourris inlassablement. Et se prétendre plus éclairés que les autres.

  4. Salut Louis,

    Je suis un peu d’accord sur ce que tu dis, que l’enrichissement indiduel au maximum n’est pas une bonne avenue comme l’autre extrémité non plus. Il faut savoir se trouver au juste milieux. Je trouve qu’on offre présentement des services non essentiels mais par contre je suis d’accord qu’on permet aux riches de s’enrichir à outrance.

    Dans ma tête la solution : un salaire maximum annuel, un nombre de services minimum, conserver l’idée actuelle du pas de taxe sur les produits essentiels et finalement un point super important, effacer la dette et ne plus jamais vivre à crédit.

    Enfin peu de vrai arguments dans mon message mais je crois que c’est l’idée que j’ai d’un monde équitable et juste 🙂

  5. […] Publié sur : ledernierquebecois.wordpress.com […]

  6. @ Louis Horvath:

    « Comment on peut justifier l’enrichissement d’une minorité qui-à-déjà-tout me dépasse »… Surtout, ne vous laissez pas dépasser ! La réalité, qu’on peut trouver choquante, c’est que cette façon de penser est celle qui devient de plus en plus populaire aux USA et même au Québec… Mettre l’article de Louis en vedette sur CENTPAPIERS sert de révélateur à cette réalité et est une façon de permettre à chacun de choisir son camp.

    Cela dit, il faut tout de même préciser que le commentaire « hirsute » dont vous parlez n’est pas resté sans réponse sur CentPapiers. J’en ai moi-même souligné deux failles et d’autres l’ont aussi pris à parti..

    Pierre JC Allard

  7. Voilà une étude très intéressante. Intéressante par ce qu’elle révèle mais aussi intéressante par ce qu’elle omet.

    Premier constat: tous les déciles sans exception ont augmenté leur pouvoir d’achat sur la période observée. En effet, le tableau 1 en page 8 indique les augmentations suivantes (en dollars constants, bien sûr):
    décile 1: +20%
    décile 2: +8,1%
    décile 3: +3,8%
    décile 4: +5,2%
    décile 5: +7,3%
    décile 6: +10%
    décile 7: +10,7%
    décile 8: +11,6%
    décile 9: +12,9%
    décile 10: +14,3%
    Aucun décile n’a vu son pouvoir d’achat régresser.

    deuxième constat: à l’exception (quand même très notable) du décile le plus pauvre qui a vu son pouvoir d’achat augmenter de 20%, en général, les plus riches voient leurs revenus augmenter plus rapidement. Tout le monde gagne du pouvoir d’achat, mais c’est plus vrai pour les riches que pour les pauvres. Mais les plus pauvres, eux, sont les grands gagnants: leur 20% bat à plate couture le 14,3% des plus riches.

    Troisième constat: le coefficient de Gini après impôt est d’une remarquable stabilité(graphique 5.2, p24). Si on exclut la période 1989-1997, on peut voir une grande stabilité pour les 13 premières années, une hausse pour la période 1989-1997 et finalement une stabilité pour les 10 dernières années. C’est surprenant. Je me serais attendu à une hausse constante. Les statistiques montrent que les récentes réductions d’impôt n’ont pratiquement pas eu d’impact sur le coefficient de Gini. Je me demande sérieusement comment cela peut être possible. Si quelqu’un a une explication…

    Quatrième constat: Le ratio (revenu des riches)/(revenu des pauvres) est en baisse depuis 2000 (graphiques 6.1 et 6.2, p27). Vraiment étrange. J’aurais parié pas mal fort que l’inverse était vrai…

    Cinquième constat: le décile 1, le décile le plus pauvre, ne mérite pas d’être inclus dans le graphique III de la page 7. pourtant, c’est un graphique important puisque c’est le seul qui tienne compte des transferts gouvernementaux. Tout le reste de l’étude omet de tenir compte des transferts gouvernementaux.

    Sixième constat: le taux de chômage régresse depuis 3 décennies (graphique 3.3, p17)

    Réflexion personnelle: je n’aime pas beaucoup les statistiques de revenus par famille pour la raison suivante: il suffit qu’un couple divorce pour qu’on constate un important appauvrissement (un ménage riche est détruit et deux ménages pauvres sont créés).

  8. @ Steph

    Le mieux serait peut-être de faire parvenir vos questions aux auteurs sur le site de l’IRIS ! Je vais quand même m’essayer à répondre à quelques-uns de vos constats, la plupart fort pertinents…

    «Cinquième constat: (…) Tout le reste de l’étude omet de tenir compte des transferts gouvernementaux.»

    Faux. Dans le lexique, on définit le revenu après impôt ainsi :
    «Revenu après impôt: Revenus une fois les impôts provinciaux et fédéraux retirés et les transferts provinciaux et fédéraux remis.»

    On peut toutefois regretter que l’étude ne traite pas des apports spécifiques des impôts et des transferts. Elle ne montre que leur impact ensemble, tandis que cet apport varie entre eux énormément selon les années. Par exemple, en période de récession, les transferts ont plus d’impact, tandis que les impôts en ont plus en période de croissance (plus de personnes grimpent de paliers d’imposition).

    «deuxième constat: (…) Mais les plus pauvres, eux, sont les grands gagnants: leur 20% bat à plate couture le 14,3% des plus riches.»

    Si on regarde le graphique de la page 36 et le tableau de la page 62, on peut constater que les revenus après impôts (et transferts) des familles les plus pauvres avec enfants de moins de 18 ans n’ont en fait augmenté que depuis 2000. D’une part, cela provient dans des gains (baisse du chômage ?), comme on peut le voir à la page 61 (les gains passent d’autour de 0 entre 1992 et 1998 à plus de 3 500 $ en 2006. C’est faible, mais il s’agit de la médiane des revenus les plus bas, donc du 5 % le plus pauvre. Cette hausse pourrait très bien provenir des effets de l’implantation des services de garde à tarifs réduits, dont plusieurs études attribuent la forte hausse du taux d’emploi des femmes avec enfants d’âge préscolaire et la baisse du taux de faible revenu chez les femmes cheffes de familles monoparentales.

    D’autre part, on observe un gain semblable (autour de 3000 $ entre 1998 et 2006, soit le gains après impôt de 6400 $ moins le gain avant impôt de 3500 $) attribuable aux impôts et aux transferts. Pour les impôts, cela pourrait être attribuable aux crédits d’impôt remboursables implantés ces années-là. Pour les transferts, faudrait voir… 😉

    Finalement, il faut considérer que 20 % de pas beaucoup, c’est moins que 14 % de beaucoup !

    «Troisième constat: le coefficient de Gini après impôt est d’une remarquable stabilité (graphique 5.2, p24). Si on exclut la période 1989-1997, on peut voir une grande stabilité pour les 13 premières années, une hausse pour la période 1989-1997 et finalement une stabilité pour les 10 dernières années.»

    et «Quatrième constat: Le ratio (revenu des riches)/(revenu des pauvres) est en baisse depuis 2000»

    C’est quand même inquiétant. Le Gini a augmenté en période de récession et au cours des années de faible croissance qui ont suivi. Avec la forte croissance entre 1997 et 2006, il aurait dû baisser grandement. Or, il ne l’a pas fait. C’est là qu’on peut voir les effets de la baisse des impôts depuis cette époque. Avec les données de 2008 et 2009, on risque de voir une nouvelle hausse du Gini.

    Il en est de même du ratio riches/pauvres depuis 2000. Parfois, l’absence de mouvement est plus révélatrice que l’observation de changements…

    «Sixième constat: le taux de chômage régresse depuis 3 décennies»

    En plus, le taux d’emploi (surtout celui des femmes) a grimpé en flèche depuis 30 ans. La baisse du chômage et la hausse du taux d’emploi auraient du faire diminuer le coefficient de Gini considérablement. Or, il a augmenté… Le chapitre 9 est très intéressant à cet égard.

    «il suffit qu’un couple divorce pour qu’on constate un important appauvrissement (un ménage riche est détruit et deux ménages pauvres sont créés).»

    Les données par ménage et par personnes seules sont aussi délicates à utiliser, car la taille des ménages a considérablement diminué au cours de ces décennies et le % de personnes seules a grimpé en flèche. Vous avez raison, il faut prendre bien des précautions et nuancer les résultats, mais de telles études demeurent essentielles.

  9. @ Darwin:

    Je vous remercie d’apporter vos lumières. J’apprécie grandement vos commentaires.

    Entre autres, vous dites: « Faux. Dans le lexique, on définit le revenu après impôt ainsi… ».

    Mea Culpa. En ayant lu la légende accompagnant le graphique III (« Cette catégorie des revenus, que nous n’utilisons que dans le présent tableau, représente les sommes reçues en salaires et en transferts gouvernementaux,
    avant impôts. ») je croyais effectivement que c’était le seul tableau à en tenir compte.

    Concernant mon deuxième constat: comme vous, je comprends que 20% de presque rien c’est beaucoup moins que 14% de beaucoup. Plus tôt ce matin je me disais que c’était néanmoins un rattrapage intéressant et une preuve de solidarité croissante envers les plus démunis. Après réflexion, je pense maintenant différemment.

    Plus j’y réfléchis, plus je crois que le décile le plus pauvre peut et doit être éliminé de l’analyse en raison de la trop grande imprécision des données de ce décile. Il y a beaucoup trop de « bruit », de « pollution » dans ces données pour qu’on puisse en tirer quelque chose de significatif. Voici ce qui me fait penser ainsi:

    Le gros problème, c’est que c’est une étude de revenus. Par conséquent, pour l’année 2008-2009 on pourrait conclure que l’Étatsunien le plus pauvre était… Bill Gates. En effet son revenu a été d’environ -18 000 000 000 $. Oui: il a perdu 18 milliards en une année. C’est clair qu’il appartient au décile le plus pauvre! La relative bonne performance que décile 1 de l’étude provient donc peut-être du fait que moins de riches font des faillites personnelles. Évidemment, moins de faillites, c’est une bonne chose, mais ça ne nous renseigne pas du tout sur les vrais pauvres, ce qui devrait être le but de ce décile.

    On peut d’ailleurs lire dans le rapport (p19): « Le gain médian du décile 1, soit le plus pauvre, est de 1 589 $. C’est dire que 5 % des familles québécoises gagnent moins que ce montant par année. »

    Moins de 1 589$, ce n’est pas un assisté social ou un chômeur. Et il y a de bonnes chances que 2 ans plus tôt il gagnait substantiellement plus.

    Bref, selon moi, le décile 1 est trop pollué pour être significatif. Évidemment, ça contamine un peu les autres déciles, surtout les plus proches.

    Si on accepte ce point de vue, on peut conclure de façon plus catégorique que plus on est riche, plus on s’enrichit. L’exception que je soulignais et à laquelle j’accordais de l’importance devient non significative.

    Je vais continuer à y penser un peu et peut-être encore améliorer ma compréhension du sujet.

  10. @ Steph

    «le décile le plus pauvre peut et doit être éliminé de l’analyse en raison de la trop grande imprécision des données de ce décile.»

    Sans enlever le premier décile du cadre de l’étude, il faut, et vous avez tout à fait raison à ce sujet, faire attention aux conclusions. Il y a de fait du bruit dans ces données, mais pas seulement pour la raison que vous donnez (moi, quand je donne un exemple du phénomène que vous décrivez, je prends un dentiste malade ou en sabbatique qui doit continuer à payer le loyer de sa clinique…).

    Ces données proviennent d’enquêtes, dont sont sujettes à des erreurs d’échantillonage. Mais le plus complexe est que les membres d’un décile peuvent changer de décile à chaque année. Par exemple, quand les auteurs disent que ce sont les pauvres qui subissent le plus durement les récessions, ce n’est pas faux, mais c’est plus complexe. En fait, ce sont ceux qui subissent le plus durement les récessions qui deviennent pauvres ! Ils étaient peut-être dans le quatrième ou cinquième décile et tombent dans le deuxième en perdant leur emploi, puis dans le premier l’année suivante.

    En plus, comme ces victimes des récessions ont en général un peu d’épargne, ils n’auront pas toujours droit à l’aide sociale après avoir épuisé leurs prestations d’assurance-emploi. Bref, la composition des déciles les plus bas, et le premier surtout, peut changer grandement d’une année à l’autre.

    Malgré toutes ces nuances, et il faut les faire, je partage en très grande partie les conclusions des auteurs.

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