Black Lake, Québec?

« Pour bâtir l’avenir aujourd’hui and tomorrow. » C’est le slogan que s’est donnée la polyvalente de Black Lake, à Thetford Mines. Présent en français, futur en anglais. Plus colonisé que cela, ton peuple meurt. Encore une fois, ce sont les régions qui sont à la traîne du combat linguistique et c’est l’individualisme qui semble être le fer de lance de ce phénomène.

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J’ai beaucoup de plaisir à lire les commentaires des élèves de l’école sur la page Facebook qui a été créée pour dénoncer ce slogan abrutissant. Plaisir, parce que ce sont des jeunes articulés qui y écrivent, mais aussi parce que cela permet de comprendre à quel point il y a un clivage entre la situation montréalaise et celle des régions.

Sur la page, on assiste à une symphonie complète d’adoration de tout ce qui est bilingue, qui est perçu comme le nec plus ultra de la réussite future. Le slogan? Pas de problème mon ami, car notre école a de l’anglais enrichi. Il faut apprendre l’anglais, l’anglais c’est le futur, ceux qui ne parlent pas anglais sont refermés sur eux, yo man le franssais cé du vieu stok man! Un peu plus et on ressort le « Think Big » de Elvis Gratton. Voilà au moins des mots qu’ils savent écrire correctement.

Que le français régresse au Québec, ces jeunes n’en ont rien à foutre. C’est loin, ça. Eux, leur réalité, c’est une vie en français depuis la naissance, et parce qu’ils ne sont pas confrontés directement à l’anglicisation, ils croient qu’elle n’existe pas. Ils n’ont aucune conscience collective d’être des Québécois menacés de louisianisation, un maigre deux pour cent de l’Amérique du Nord qui tente obstinément de ne pas disparaître dans les craques de plancher de l’Histoire. Non, pour eux, ce sont des histoires de Montréal, ça. Ce sont des histoires d’ailleurs, d’autres personnes, d’autres luttes qui ne les concernent pas.  Qu’aucun peuple dominé, dans toute l’Histoire de l’humanité, ne soit devenu bilingue avec la langue dominante sans perdre sa propre langue ne change rien.  Ce sont de vieilles histoires, dit-on.

À quoi pense-t-on, à la polyvalente de Black Lake? On pense à réussir individuellement. Pour avoir un emploi on doit parler anglais? On l’apprend. Pas question de se battre pour avoir le droit, collectivement, de pouvoir travailler dans sa langue, non non. Cela présupposerait une conscience d’un destin commun, d’une appartenance identitaire à une communauté nationale, d’un sentiment de fierté collective. Alors que leurs grands-parents ont changé le Québec avec la grève de 1949, qu’ils se sont battus littéralement avec leurs poings pour faire respecter leurs droits, eux ils ne pensent qu’à leur petite réussite individuelle. On les renverrait en 1949 qu’ils chercheraient probablement à se quêter une augmentation salariale en échange de la dénonciation de l’implication syndicale de leurs collègues.

Ces jeunes, en fait, ne sont pas si différents de nous. C’est la société en entier qui a adopté l’individualisme. Nous étions pauvres, nous avons dû être solidaires pour survivre, nous nous sommes enrichis grâce aux luttes collectives découlant de notre solidarité, et dès que nous en avons eu les moyens nous nous sommes enfermés dans de charmants bungalows avec des haies de cèdre de deux mètres pour ne pas voir notre voisin. Nous étions riches de notre union, de notre fierté d’appartenir à un peuple possédant une histoire, une langue, une culture unique; nous avions relevé la tête, clamé au monde entier que nous existions, et en une ou deux générations nous nous sommes empressés de tout oublier et de retourner à notre moutonnerie. C’est ça, le Québec.

Or, peut-être suis-je trop positif, mais il me semble qu’un changement se produit dans la région métropolitaine. De plus en plus de jeunes Québécois s’impliquent pour protéger notre langue; on ne compte plus les regroupements, tels que le Mouvement des cégépiens pour le français pour n’en nommer qu’un, qui se forment pour la défense de notre langue commune. Ça se parle, ça grouille, ça s’organise, ça fait des rassemblements, ça lit des études, ça débat, ça cherche des solutions. Ça a compris. Ça a compris que c’est ensemble qu’on peut changer le monde et que ce n’est pas en s’écrasant pour avancer individuellement qu’on construit une meilleure société.

En région, par contre, on semble encore loin de toute cette effervescence. On oublie qu’on fait partie d’un destin commun, on désapprend le lien filial qui nous unit les uns aux autres, on perd le souvenir de ce Québec qui a su se faire respecter non pas parce qu’il s’avilissait à exister dans la langue de l’autre, mais parce qu’il se tenait debout et se montrait fier de ce qu’il était.

Je rêve de voir les jeunes de Black Lake et d’ailleurs non pas se battre pour défendre un slogan indéfendable, mais plutôt se joindre à ce qui m’apparaît être LE combat du vingt-unième siècle: celui de la protection, dans le cadre de la mondialisation, des identités et des langues nationales qui constituent la vraie richesse et la diversité de notre humanité.

Au lieu d’aspirer à un petit travail propret dans une langue étrangère leur permettant de s’acheter une myriade de cossins inutiles, pourquoi ne se joindraient-ils pas au combat séculaire du Québec pour assurer non seulement sa survie, mais pour permettre à ses habitants de se réaliser dans leur langue et selon leurs propres valeurs?

Plus difficile, moins tangible, mais ô combien plus gratifiant que de se concevoir dans un futur in english où on vit dans un nowhere sans passé ni futur et où le présent constitue simplement la somme de toutes les concessions qu’on s’impose pour oublier une vie inutile.

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44 Réponses

  1. […] This post was mentioned on Twitter by Jonathan Pelletier, Louis P.. Louis P. said: Black Lake, Québec? https://ledernierquebecois.wordpress.com/2010/05/02/polyvalente-black-lake […]

  2. Je crois que tu as raison Louis.
    Quand je vais à Québec ou d’autres villes de la province, je me sens toujours étonné de voir les gens parler en français dans la rue et de vivre dans un environnement francophone. Comment ça se fait que je suis rendu au point d’être ému d’entendre parler ma langue (nationale)…Ce n’est pas normal.
    Quand je parle avec eux je me rend compte que pour eux c’est leur vie de tous les jours et qu’ils n’ont aucune idée des enjeux linguistiques Montréalais, je les envie ! Pas que je sois contre l’anglais , bien au contraire, mais ça fait plaisir d’être entouré de gens qui parlent ta langue, qui ont les mêmes codes que toi et de ne pas à te soucier de savoir si la personne que tu interpelles dans la rue pour lui demander l’heure ou des directions car tu es perdu va comprendre ce que tu dis. D’entrer dans un magasin et de ne pas te sentir comme une minorité et savoir que tu es le seul qui parle français dans la place.
    Montréal est une ville bi-polaire ou tous les maux sont reliés à la langue. Sortir en région, ça fait du bien!
    Dommage qu’ils ne soient pas au courant des enjeux Montréalais.

  3. Et si moi j’ai envi de parler anglais ? J’ai le droit, je fais mes choix, et c’est ma vie ! On s’en fou d’un slogan de quelques mots, l’anglais est de plus en plus présent et on dois s’en rendre compte ! Pour le métier que je veux faire, l’anglais et un besoin, et ce métier est un rêve pour moi. Donc je devrais laisser tomber mes rêvés pour un slogan d’une dizaine de mots ou quelques cours qui me feront avancer dans la vie, NO WAY !

  4. Maintenant que j’ai laché ton groupe Facebook complètement innutile, je vais laisser un premier et dernier commentaire sur ton site. Oui, je sais que tu aimes notre belle langue comme la plupart des élèves de la polyvalente de black lake.. Je sais que certaine personne la néglige mais dans votre temps c’était pareil, j’en suis certaine. Nous pensons pas juste à notre réussite personnelle.. loin de là. Rare son les gens qui pensent ainsi. De plus, aucun élèves et jeunes veulent voir le langue disparaitre et, avoir un québec anglais serait innacceptable. Nous apprenons l’anglais par choix, et non pas pour l’avenir anglais qui sera et restera française. Ce n’est pas grâce à un slogan que nous réussirons à changer le cours de l’histoire. Pour le reste de mes pensés, tu sais ce qu’ils sont car j’ai, pour la plupart, répété 15 milles fois la même chose.. donc le répété encore servirais a rien. Aujourd’hui j’ai essayer d’être gentille et rester simple dans mon texte car j’aurais pu en dire bien plus sur votre texte. Merci et à jamais.

  5. Avant d’apprendre l’anglais, vous devriez étudier votre français car il est vraiment pitoyable.Si vous n’êtes pas en mesure d’en apprendre une, comment allez-vous faire pour deux?

  6. Pour une fois, je suis d’accord avec toi Chucky !

  7. Je ne me rappelle plus où j’ai lu un commentaire, donc je vais le faire de mémoire.

    Quelqu’un disait qu’au Québec, c’est en français que ça se passe. Je n’ai rien contre cela, au contraire, je suis pour. Sauf que lorsqu’on doit faire affaire avec nos principaux clients économique, avec qui nous faisons affaire pour 90% de notre production, vous croyez vraiment qu’ils vont se forcer à apprendre le français parce que ici, c’est en français que ça se passe ?

    Soyons réaliste, l’anglais est la langue des affaires, et nous devons faire en sorte que nos affaires fonctionnent. Donc, ceux qui disent que le français doit être respecter au travail, essayez donc d’aller faire des affaires aux États-Unis en parlant français. Je prédis la ruine de votre commerce dans les deux années qui suivent.

    Par contre, en dehors du travail, je crois qu’il est important de parler français.

  8. Avec une telle mentalité, je crois que la plupart d’entre vous allez demeurer au Lac noir…véritable anus du Québec ayant (de mémoire) pour centre-ville: un trou béant,une caisse populaire et une cage aux sports.Ha oui! j’allais oublier,des pick-up en masse conduits par des Kevin et leur Audrey.La grande ville pour eux, c’est Sherbrooke! Belle mentalité de complexé.

  9. C’est pas parceque nous abitons dans un trou nommé BLACK LAKE que nous avons pas de mentalité???????

  10. J’approuve! Et ce n’est pas juste pour affaire au USA, en voyage à l’extérieur du québec je ne suis pas sur de réussir à commander un café dans un restaurant en parlant français!

  11. @Yoyoba: Exactement! Je crois qu’une petite visite culturelle à Montréal devrait faire partie de tout programme scolaire pour chaque enfant québécois, question qu’il puisse voir de ses yeux ce que représente l’anglicisation du Québec!

    @marc: Tu as le droit de faire tes choix et d’apprendre la langue étrangère de ton choix. Mais ce n’est pas à l’État de financer l’apprentissage dans la langue étrangère ou d’imposer une langue étrangère sur une autre. Il n’y a pas de pays développés, à ma connaissance, qui financent, sur un même territoire, un réseau scolaire parallèle dans une langue étrangère à celle de la majorité. Le Québec, qui n’est même pas un pays et est menacé, constitue la triste exception.

    @Chuck Montana: Voilà! Il faudrait apprendre à mieux parler et écrire le français avant d’apprendre une langue étrangère!

    @Audrey Turgeon: Oui c’est avec des slogans qu’on change l’avenir. Car le slogans sont des symboles, et le monde est fait de symboles. Je dirais même que ce sont les symboles qui changent le monde. Tu ne me crois pas? Je te répondrais simplement: 9/11. C’est un symbole qui a changé le monde. C’est de même pour tout ce qui signifie un recul du français au Québec. Qu’on appelle cela ouverture (alors que c’est plutôt une fermeture sur la pluralité humaine) ou quoi que ce soit d’autre, c’est simplement un réflexe de peuple colonisé.

    @Martin R.: « La langue des affaires ». Quel est le pourcentage de gens qui « font des affaires » avec l’étranger? 2%, 5%? On n’a pas à bilinguiser/angliciser l’ensemble d’un peuple pour une si petite élite. Si des gens ont envie de travailler avec l’étranger, qu’ils le fassent et apprennent une langue étrangère (que ce soit l’anglais, le mandarin ou autre) à leurs frais. Pour les autres, c’est inutile collectivement; ça ne fait que favoriser notre disparition.

    Merci pour vos commentaires!

  12. Le Québec n’est certainement pas le seul endroit où l’éducation en langue minoritaire est financée par l’État!

    La constitution espagnole étant beaucoup plus intransigeante en matière linguistique, difficile de croire que la Catalogne n’est pas obligée d’entretenir un système scolaire en espagnol.

    En Allemagne, les 20000 Danophones du Schleswig-Holstein et les 65000 Sorabes du Brandebourg et de Saxe ont droit à l’éducation dans leur langue, même si en pratique elle est bilingue étant donné le statut folklorique de ces minorités.

    On peut aussi parler des pays baltes, où la minorité russe a encore ses écoles malgré qu’elle soit encore largement privée de droits civiques pour « défaut d’assimilation » envers les majorités d’Estonie, Lettonie et Lituanie.

    Mais, à mon sens, je crois que l’exemple le plus similaire est la Finlande. 5% de Suédois, dont les droits sont protégés et qui obtiennent l’éducation dans leur langue de la garderie jusqu’au doctorat. Si ce 5% de Suédois comprend la nécessité de maîtriser le finnois pour la vie hors des communautés suédoises, l’inverse est moins vrai malgré tous les efforts des gouvernements finlandais pour éviter l’isolement de la minorité. Surtout que comme tous les Finlandais ont une partie de leurs cours secondaire dans l’autre langue officielle, ça finit par emmerder ceux qui n’en ont rien à faire d’une langue parlée par à peine 300000 Finlandais et 9 millions de Suédois. Seulement 50% des suécophones de Finlande peuvent utiliser le suédois « presque partout » dans leur vie quotidienne.

    Je connais ton désaccord mais au moins les Anglophones du Québec sont aidés par le fait que leur langue maternelle est la langue internationale du moment!

  13. Non seulement les cas de pays offrant un enseignement dans la langue minoritaire sont nombreux (et Louis oublie le Canada, qui offre un enseignement en français), mais la province voisine l’offre. Non seulement l’Ontario offre-t-elle un enseignement en français mais elle offre aussi un poste de télévision en français (TFO).

  14. J’avais une réflexion qui me trottait dans la tête au sujet de cette histoire de polyvalente, et c’est ton billet qui m’a poussé à l’écrire.

    J’sais pas si on va s’en sortir…

    http://www.ledetracteur.com/barricade-langue-francaise/

  15. […] qui me trottait dans l’esprit depuis un bon moment, et c’est le dernier article de Louis P. qui m’a finalement décidé de mettre ça sur papier (ou sur écran, comme vous […]

  16. @derteilzeitberliner: En Catalogne, à ce que j’en sais, les études se font dans la même langue du primaire à l’université. Concernant les minorités en Allemagne, tu l’as dit, c’est bilingue; il faudrait que l’éducation offerte aux anglophones québécois le soit pour qu’on puisse comparer. Je ne suis pas au courant concernant la minorité russe dans les pays baltes, mais ces écoles sont-elles financées par l’État? Et quel est l’État de ces écoles?

    @Steph: Il n’y a pas une seule université francophone en Ontario, pas une. Ce sont, au mieux, des universités bilingues, mais dans les faits ça se passe largement en anglais. Le financement pour les francophones hors-Québec pour les études supérieures est une blague; on parle de 72 millions de dollars pour 950 000 personnes, contre plus de 400 millions pour les 575 000 anglophones du Québec.

    Et puis, faudrait surtout pas venir me parler de la santé du français hors-Québec…

    @Le Détracteur: Bonne réflexion; nous sommes effectivement sur la première ligne pour la défense du français. Les régions sont bien à l’abri GRÂCE à nous et ils ne réalisent pas l’ampleur de notre combat pour eux.

    Merci pour vos commentaires!

  17. Je trouve ça vraiment trise de constater le manque de fierté linguistique des dirigeant de cette école. L’adoption de ce slogan démontre le manque de considération pour notre langue nationale, la langue qui nous unis et qui fait que nous sommes différents. Nous avons au Québec des valeurs et une façon de concevoir le monde différente du reste de l’Amérique. Ce n’est pas étranger au fait que nous ayons une langue distincte. L’apprentissage d’une langue seconde constitue un atout, encore faut-il accorder à la langue officielle le statut qui lui revient. Je ne connais pas la réaction des enseignants de français de cette école face à l’adoption de ce slogan, mais quelle sera leur réaction quand les élèves rédigerons des textes bourrés d’anglicisme? Le message envoyé par le slogan bilingue indique que c’est correct de parler le bilingue, c’est cautionné par la direction de l’établissement! Bon matin les friends, on se see tomorrow à Blake Lake.

    Soit dit en passant, j’invite toute le monde à se renseigner sur l’origine du nom Black Lake autrefois Lac Noir. Plus ça change, plus c’est pareil.

  18. Les écoles anglophones du Québec enseignent le français dès la maternelle, c’est pas mal bilingue, non? Mais enfin, on ne peut pas comparer car les minorités en Allemagne sont folkoriques. C’est une chose de valoriser la transmission du danois ou du sorabe mais quand ça ne sert à rien en dehors de ton village… et dans le cas du sorabe, c’est pire car cette langue n’est parlée que par 60000 personnes: 30 mins de télé par semaine, quelques heures de radio par jour, pas de films, etc… Leur situation se compare davantage aux langues autochtones.

    À l’indépendance en 1991, l’Estonie et la Lettonie n’ont accordé la nationalité qu’à ceux qui pouvaient prouver (ou par leur famille) leur présence sur le territoire avant l’occupation soviétique (1940). Pour les autres, des examens de langue et d’histoire étaient nécessaires. Des pressions de l’OTAN, du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne ont ramolli les dispositions mais la nationalité est encore inaccessible à plusieurs Russes plus âgés.

    La Lettonie a constamment eu l’approche la plus restrictive, sans doute parce que c’est là que la majorité est la plus faible. Les non-citoyens russes de la Lettonie sont des gens apatrides, le « passeport d’étranger » n’étant pas reconnu par personne d’autre que la Russie. Elle est de plus strictement unilingue au niveau institutionnel, se réservant même le droit de réguler l’utilisation de langues autres que le letton dans les communications privées et d’affaires.

    L’éducation en russe est assurée au niveau primaire et secondaire, un certain pourcentage des cours doivent être en letton par contre. On a remarqué que des municipalités fermaient des écoles russes, officiellement en raison de la baisse démographique car de nombreux parents abandonnent et envoient les enfants à l’école lettone. Au sujet du financement du réseau, il est public mais je ne saurais dire si on considère « sous » ou « sur » financé.

    Mais ce qui est intéressant de constater pour toi, c’est que malgré les textes « neutres », en réalité on ne vise que la langue de l’envahisseur russe. On se met à l’anglais, langue de l’occident. Affichage, raisons sociales… si c’est anglais, c’est pas grave, si c’est en russe, illégal. En somme, c’est un peu comme au Québec: on règle ses comptes avec l’histoire, bien que le Québec n’ait pas la possibilité d’éviter l’anglais.

    À noter aussi que les pays baltes ne sont pas exactement des destinations d’immigration, ce qui enlève un côté à la question.

    On doit remarquer quelque chose aussi: la « valeur marchande » de l’anglais est élevée dans le contexte actuel de mondialisation, ça rend donc la dynamique différente d’avec le russe en Lettonie.

    @Martin D

    En région, les parents disent « On a manqué d’opportunités en ne parlant qu’une langue, vous allez parler anglais c’est essentiel ». Combien de fois mon père rappelait qu’il trouvait illogique d’aller à l’école en français si nous le parlons à la maison. L’unilinguisme est vu comme un genre d’analphabétisme, ce que je trouve très étrange étant donné que plusieurs régionaux ne valorisent même pas les diplômes d’études secondaires.

  19. Heumm… Sérieux tu n`as pas à insulter les citoyens de Black Lake! Et pour dire que Black lake est l`anus du Québec.. J`aimerais bien savoir pourquoi quelqun nommé Chuck Montana ( Un nom quand même très anglophone) viendrait parler de ce qu`il y a dans notre belle ville! Es ce que tu es déjà venu à Thetford mines Hannah Montana??

  20. Chuck Montana… Tes parents es-ce qu`ils sont anglophones ou ils n`ont simplement pas de gout?

  21. @David

    Mon père est anglophone et ma mère Espagnole.Je suis allé deux fois au lac noir pour affaires, lorsque je suis revenu dans la civilisation, j’ai ressenti une certaine déprime.Je n’y suis jamais retourné depuis.

    @David

    Tes parents ne t’ont jamais appris a écrire  »est-ce que » ou ils sont simplement illettrés ?

  22. Tant de mots pour défendre un outil de communication. Oui, un outil! Désolé, mais je ne ressens aucun sentiment envers ma langue maternelle. Que dans 50 ans la majorité des Québécois parlent anglais, espagnol ou chinois honnêtement je ne pense pas que ce soit un enjeu majeur. L’humanité change tout simplement. Il y a 1000 ans l’ancien français n’avait rien à voir avec ce que nous parlons comme langue aujourd’hui.

    Et effectivement, on sent que Montréal semble être une région isolée du reste de la province où tout est statique, rien de semble évoluer, rien ne semble changer!

    Bref, je peux comprendre que les nationalistes aient un sentiment et une émotion intense quand il vient le temps de parler de la sauvegarde du français. Mais honnêtement, c’est un peu comme si on me demandait: Price ou Halak? Et de répondre: j’en ai vraiment à cirer…

    Donc non, je ne considère pas qu’il s’agit d’un sujet important et je suis un peu las de voir des billets de blogueurs nationalistes en discuter…

  23. @ Simon Tremblay

    La langue c’est bien plus qu’un outil de communication, c’est le fondement même de l’existance d’un peuple. La langue est porteuse de valeurs et amène une conception particulière du monde.

    La langue française au Québec et un fait extraordinaire dans l’Amérique anglophone. Pourquoi ne pas être fier de notre caractère distinct?

    Savais-tu qu’il n’y a pas seulement au Québec où les nations veulent protéger leur langue? http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/

  24. J’AIMMEE 😛

  25. Que dirais-tu si je m’amusais a détruire ta bagnole un peu plus chaque jour? Pourtant ce n’est qu’un outil de transport et dans 50 ans le modèle n’existera plus depuis belle lurette.Tout le monde roulera électrique.Pourtant le prix que nous a couté collectivement et historiquement cette langue vaut a mon avis beaucoup plus qu’une foutue Honda civic 2007.Chacun ses valeurs…man! Si tu en as.

  26. Protéger sa langue, ce n’est pas se couper du monde comme vous l’exigez.

    L’islandais a quelque chose que le français n’a pas: la pureté. Tout est fait pour que la langue reste la même que celle parlée il y a mille ans, on invente, on recycle des mots pour tout. Tellement pur que vous trouverez même des gens qui écrivent « fesbok » pour Facebook! Et cette langue n’est pas morte, ils écrivent des tonnes de livres, traduisent, ils font de la musique, des films acclamés à l’étranger.

    Ils savent une chose: personne hors de l’Islande ne pleurera leur langue, parlée par 300000 personnes. C’est donc à eux de la sauvegarder.

    Pourtant, impossible d’y trouver un film doublé et même la télévision publique ne diffuse pas la majorité de ses émissions en islandais. Personne ne s’offusque que les festivals invitent des artistes de partout. De même, on accepte que la littérature universitaire ne soit pas traduite et quand il faut aller se faire opérer à l’étranger, l’État ne vous paie pas un interprète pour vous suivre!

    L’Islandais n’attend pas du monde entier qu’il parle sa langue, sauf quand il vient s’établir chez lui. Et j’ai bien dit « s’établir » car aussi content qu’on puisse être quand on visiteur s’essaie, comment même souhaiter qu’un touriste en route apprenne les formules de base alors que la langue est presque inaccessible en dehors de l’ile?

    Sans compter que c’est une occasion pour eux de pratiquer les langues étrangères enseignées dans les écoles publiques.

    Une inébranlable fierté à l’internet mais un pragmatisme vis à vis de l’externe, voici comment résumer la protection de la langue islandaise en une phrase. Et de mon côté, il s’agit de l’attitude à adopter en ces jours où les frontières n’existent plus.

  27. Hahaha [*On reste poli SVP*] avec ton Man! Tu peux bien parler de valeurs quand tu compare la langue francaise à une auto!! Une grande valeur de ce monde c`est l`ouverture d`esprit et je crois que la-dessus tu à du travaille à faire chuck norris!

  28. @David

    Vous pouvez m’appeler Chucky si vous voulez.N’ayez crainte David, je comprend vos frustrations et votre colère (ce satané sentiment d’injustice).Habiter le lac noir,le même patelin que la polyvalente gratton et n’avoir que l’amiante comme moteur économique, ne doit pas être facile au quotidien.Ceci dit, j’ai pris la ferme décision de continuer mon combat pour la défense du Français et de mener une chaude lutte a tous ceux qui oseront s’attaquer aux plus fragilisés de notre société.Dorénavant tous ceux qui essayeront d’abaisser davantage votre communauté, me trouveront sur leur chemin.Promis.

  29. @ derteilzeitberliner

    T’as vraiment rien compris! Ce n’est pas une question de fermeture sur le monde que de protèger sa langue. Au Québec c’est en français et ça ne doit pas être autrement à l’école, au travail et dans la vie public. Ça ne veut pas dire de proscire le multi-linguisme individuel. D’ailleurs la comparaison avec l’Islande n’a pas de rapport avec celle du Québec. L’Islande est un pays pleinement souverain qui a le contrôle sur la sélection de son immigration, ce qui n’est pas le cas du Québec. Son économie est en lien avec l’Europe (multilingue) et non avec le continent nord-américain (anglais). Le combat n’est pas le même. Par ailleurs, l’apprentissage de l’anglais ça peut ce faire à l’extérieur de l’école pour ceux qui veulent vraiment acquérir cette connaissance mais cela doit rester un choix individuel et non collectif. C’est beau d’avoir des opinions, encore faut-il savoir les défendre. J’ai confiance qu’un jour, tu comprendras.

  30. Bravo Martin!…quoi dire de plus?

  31. Il paraît que Loco Locass sera au festival d’été de Québec.

  32. C’est une joke ou quoi!? Ta seule manière de te défendre c’est de t’acharner sur les fautes des gens! LOL! Et, t’es même pas capable de ne pas en faire!

  33. Tiens donc, un autre qui a sniffé de la poussière d’amiante.
    C’est dangereux mec.Faut pas faire ça!Quand t’es victime d’une overdose, y parrait que tu te transforme en Elvis Gratton.On dit même que plusieurs Blacklakiens cours autour du Lac en criant: Think big s’ti!Il l’ont les Amarrrricains!Pas surprenant que ces derniers (pas si cons) ne veulent plus acheter de ce produit hyper dangereux pour les neuronnes.

  34. […] me dira: ce n’est qu’un festival, tout comme on m’a dit, précédemment, ce n’est que leslogan d’une école, ce n’est que la ville de Laval, ce n’est qu’Alain Dubuc, ce n’est qu’unhôpital, ce […]

  35. Je n’ai jamais attendu après personne pour devenir multilingue. Quand j’ai voulu apprendre l’anglais « comme il faut », j’ai mis ma télé à CBC. Quand je me suis mis dans la tête de parler allemand couramment, je suis allé sur le net pour compléter mes cours. Et c’est encore ces bons vieux sites internet de journaux et de télé qui m’ont aidé quand j’ai décidé de me mettre aux langues scandinaves.

    J’ai travaillé 4 ans dans un magasin du centre-ville. Quand la succursale de Fairview appellait et qu’on parlait anglais, je lui parlais toujours en français. Des fois, la personne changeait de langue, d’autre non mais moi j’avais eu ce que je voulais: je lui parlais français. Par contre, non, je ne voyais pas le but de faire la même chose pour un appel de Calgary ou Vancouver. J’ai des bons amis à Laval et quand je vais dans les commerces, je trouve que ça parle « beaucoup » anglais mais non, je n’irai pas empêcher le monde de parler la langue qu’ils veulent entre eux!

    Il y a 30 minutes de cela, j’ai vérifié un prix sur Continental Airlines. On m’a offert le site en français, j’ai cliqué. Chaque mois, British Airways et Lufthansa m’envoie les promotions dans un email en français. Ma carte de guichet Desjardins n’a jamais été utilisée dans une autre langue, peu importe la devise qu’elle a retirée.

    À Copenhague, j’ai été choqué de voir de l’affichage bilingue à des endroits où ce n’était pas nécessaire. Je trouve que les Allemands et les Français mettent de l’anglais où il n’en faut pas.

    Et après, on me dit ici que je ne « comprends » pas. Je fais ce que je juge nécessaire pour que le français vive en Amérique: je l’utilise. Je ne me cache pas derrière des lois coercitives qui procurent une fausse sécurité tout en utilisant la pire méthode pour faire accepter une évidence: l’enfoncer dans la gorge.

    Bon, j’admets avoir étiré un peu la sauce avec la comparaison mais votre réponse m’a semblé à coté de la réalité quelque peu. Mis à part les réunifications familiales et les réfugiés, le Québec contrôle plus du 3/4 de son immigration. C’est plus que les pays européens…

    On critique souvent la migration inter-provinciale, notamment ces étudiants de McGill qui viennent étudier et qui passant 5 ans ici sans jamais dire bonjour. On dira que c’est parce que rien ne les oblige à se franciser, libre-circulation oblige. Bien l’Europe a le même « problème ». Les citoyens des 27 (et de l’Islande, Suisse, Norvège et petits) sont libres de vivre et travailler où ils veulent. Seuls les « non communautaires » sont obligés de s’intégrer. Notre ami Reblochon, citoyen français, peut vivre au Danemark toute sa vie sans être contraint d’apprendre un mot. Moi, si je ne le fais pas, je suis expulsé. De même, pensez-vous que les Polonais qui travaillent sur la construction en Islande ou qui cueillent des patates au Danemark pour « faire la passe de cash » le temps d’un été se couchent le soir en lisant leur conjugaison? À Berlin, Dresden, Leipzig, j’ai connu des dizaines d’étudiants « erasmus » qui ne savaient même pas se commander une bière en allemand mais qui en buvaient pas mal alors qu’ils étudiaient aux frais des contribuables allemands!

    La semaine dernière j’ai même lu que les Chinois de Budapest boudent le hongrois. Or, la Hongrie n’a pas de minorité historique anglophone pour justifier un quelconque accommodement à leur égard…contrairement au Québec!

  36. Penses tu vraiment que l’amiante est dangereuse? Quand tu la mines, peut-être mais , GROSSE NOUVELLE, ya personne a Black Lake qui est mort de l’amiantose dans les 15 dernières années!

  37. Bravo ma poupoune

  38. Euhmm, laisser tomber se commentaire inutile, il est posté par ma mère?

  39. @Chuck Montana

    Bon, j’ai rien contre les gens qui critiquent la langue anglaise, mais ceux qui critiquent nos villes ! Tu défends la langue Française, parce qu’elle représente le Québec et tu est attaché au Québec, mais tu critiquent les villes qui composent cette province ! Black Lake, l’anus du Québec comme tu dis, s’était une des villes les plus riches il y a quelques années encore ! Et ton nom toi, Chuck Montana, c’est super beau comme nom Français ! Tu critique un slogan comportant un petit mot anglais, et t’en a deux dans ton nom, pas fort ! J’habite à Montréal, et oui, je suis pour la langue anglaise, parce que c’es notre avenir, mais toi, t’es vraiment juste un gros trou du cul qui se prend pour quelqu’un de supérieur parce que t’habite je sais pas trop où ! Donc t’es un raté et et gros con ! Merci, have a nice day mate !

  40. Hi,

    i’m living in New-Brunswick et les people here parlent un language hard to comprendre.You know Marc une telle phénomène could Happen au Québec if we don’t care.I hope tu comprends what i mean.De toute way rien de personnal guy.Je comprend que tu es hangry contre moi.I’m juste a gros asshole you’re not the firt a me le dire.

    Have a good one Marc!

  41. LOOOOOOOOOL!

  42. Mais peut-être était-il poster pour lui? Euhm, je dois en discuté avec ma mère.

  43. […] me dira: ce n’est qu’un festival, tout comme on m’a dit, précédemment, ce n’est que leslogan d’une école, ce n’est que la ville de Laval, ce n’est qu’Alain Dubuc, ce n’est qu’unhôpital, ce […]

  44. Je suis tombé ici un peu par hasard. J’y ai trouvé des idées qui avaient bien besoin d’être brassées. 🙂

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