Décès de Michel Chartand: un canyon dans nos vies

Le décès de Michel Chartrand ne constitue pas seulement la fin d’une époque; c’est tout un monde qui s’écroule avec lui. Un monde de luttes, de rapports de force, de gains arrachés à coups de grèves et de batailles héroïques, d’amour fraternel entre des travailleurs partageant la même condition sociale et ayant la conviction que c’est de leur union que jaillira de meilleures conditions pour tous. Le départ de Chartrand ne signe pas seulement la fin de la vie d’un homme, mais peut-être aussi celle d’une certaine trempe d’hommes, ce ceux qui sont incorruptibles, qui ne se prostituent pas pour une parcelle de pouvoir et qui ne laissent jamais la realpolitik ou les petits calculs partisans assombrir la lumière de leurs idéaux.

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Seulement quelques personnes ont changé ma vie et ma conception de la politique; Michel Chartrand fut l’une d’elle. Les Misérables, de Hugo, m’ont appris la valeur réelle d’une société où les hommes ne sont que des outils au service d’une économie capitaliste sans contrôle. Germinal, de Zola, m’a expliqué la valeur réelle de la révolte. Olivar Asselin m’a animé de sa fureur de franc-tireur qui ne renie jamais ses idéaux. Et Chartrand, finalement m’a illuminé avec la pureté de ses convictions et ses actions vaillantes – comme en 1949, à Asbestos, quand il a lancé « arrête de shaker, tu vas me manquer, crisse » à un policier qui le tenait dans sa mire de fusil – m’a convaincu de la nécessité de ne jamais édulcorer ses valeurs, de ne jamais baisser la tête quand on est convaincu de faire le bien et de le faire conformément à ses tripes. Il m’a aussi appris la valeur d’une saine colère, bien canalisée.

Chatrand, je l’ai rencontré deux fois, mais j’avais déjà lu sur lui, fait des travaux scolaires sur sa vie, et je connaissais et admirais ses combats.

La première fois où nos chemins se sont croisés, c’était en 2000, à la librairie Garneau, rue Fleury, où je travaillais alors. Il était venu à une séance de signature d’autographes, pour la parution d’un nouveau tome de sa biographie, et, à peine entré dans le magasin, il m’avait déclaré, d’une voix tonitruante, alors que je l’accueillais: « Êtes-vous syndiqués icitte? » J’avais envie de lui dire « chuuuuut », de lui demander de ne pas me nuire, de ne pas risquer ainsi mon gagne-pain. Puis, je me suis rappelé qui j’avais en face de moi, ses combats, son courage, ses profondes valeurs chrétiennes. Non, ce n’était pas à Chartrand de parler moins fort, mais peut-être à moi de le faire un peu plus. Ce n’était pas à lui de se conformer à mon statut de gagne-petit, mais à moi de relever la tête et d’exiger davantage. Telle était la force de cet homme!

La seconde fois, c’était lors d’une cérémonie funèbre, en 2001, alors qu’on se souvenait de Jacques Larue-Langlois, un de mes collègues à L’aut’journal, où j’écrivais alors. Je discutais politique, je ne me souviens plus avec qui, et Chartrand, s’étant retrouvé devant le jeune homme d’à peine vingt-un ans que j’étais alors, m’avait dit quelque chose du genre: « C’est bien intéressant ce que tu dis, jeune homme, mais que fais-tu concrètement pour changer les choses? » Et moi, je lui avais répondu, du tac au tac: « Monsieur Chartrand, j’étais candidat aux dernières élections provinciales et j’essaie de changer le monde à chacun de mes textes dans L’aut’journal. » Manifestement surpris, il s’était repris: « C’est bien ça, mon gars, c’est bien, continue! » C’était aussi ça, Chartrand, un homme qui sait reconnaître la valeur de l’action et qui, s’il se désespérait de voir que les jeunes d’aujourd’hui semblaient moins impliqués qu’auparavant, ne se résignait pas pour autant à espérer le changement.

Je voulais qu’on l’invite au rassemblement Québec vs. Cour suprême: la loi 101, notre seule voix! de dimanche dernier. Je m’étais dit, naïvement: ce serait peut-être une de ses dernières apparitions publiques, peut-être aimerait-il lancer un cri du coeur à la nouvelle génération. J’ignorais qu’il était à ce point malade; il est mort le lendemain de l’événement. Peut-être – et permettez-moi d’être candide – avons-nous pris le relai de son combat, peut-être a-t-il été, jusque dans ses dernières heures, fier de voir qu’après plusieurs décennies de morosité, une nouvelle génération tente de se lever, qu’elle désire se battre pour la langue, cet autre combat qui fut le sien, et qui lui valut l’opprobre des forcées armées alors qu’il avait refusé, en son jeune temps, de remplir un formulaire unilingue anglais. « Si on n’a pas le courage de prendre les moyens nécessaires pour sauver la langue française, il faut avoir le courage de dire aux générations qui s’en viennent qu’on s’en va vers une assimilation nécessaire à brève échéance », avait-il déclamé, en 1971.

Ce n’est pas un trou qui s’ouvre derrière nos dos avec le décès de Michel Chartrand; c’est un cratère. Un canyon qui se creuse de plus en plus rapidement sous nos pieds au fur à et mesure que nos géants nous quittent. Nous ne pouvons nous retourner sans risquer de tomber; il nous faut aller de l’avant et nous servir de l’expérience absolument fascinante d’une vie d’intégrité, de courage, de valeurs chrétiennes et sociales d’un homme qui, s’il était grand, nous est apparu comme un géant parce que nous étions petits ou courbés.

Repose en paix, Michel Chartrand. Tu as changé ma vie; tu as changé nos vies. Merci. Et oublie pas de syndiquer les travailleurs du paradis!


« Tout le monde devrait faire de la politique. En démocratie, c’est un devoir. Assumer des responsabilités à son niveau; voir à ce que le monde s’épanouisse. On est nés pour le bonheur, quel que soit notre handicap physique ou mental, quels que soient nos parents ou nos gênes. Et pour le bonheur, il faut un minimum: manger, se faire soigner, s’éduquer. Pis travailler. On s’épanouit par le travail! » -Michel Chartrand

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22 Réponses

  1. Alors que le 12 mars dernier, les journalistes et les militants syndicaux n’ont pas trouvé un peu de temps pour assister aux Journées Michel Chartrand, voilà que nous aurons droit aux hommages habituels réservés à ceux qui nous quittent. Reposes en paix Michel Chartrand.

  2. L’ironie du sort a voulu que Chartrand meure, alors que nous vivons l’une des plus graves crises de confiance envers notre gouvernement et nos institutions publiques que nous n’avons jamais vécu, auparavant!!! Même si je n’étais pas d’accord avec toutes ses idées, j’admirais son franc-parler, son courage, son amour de la liberté, de même que ses combats pour un monde meilleur!!!!

    Tout comme Pierre Falardeau, Michel Chartrand aura brassé la cage de la rectitude politique à sa façon. Chartrand demeurera, pour moi, le dernier vrai représentant de la véritable gauche politique: une gauche pro-liberté, une gauche digne de la philosophie des Lumières, beaucoup plus qu’une gauche socialiste et étatiste!!! Ça me fait vraiment quelque chose!!! C’est un peu de notre Histoire qui s’en va avec lui!!!

    Repose en paix, dernier géant survivant du Québec de la première moitié du XXe siècle!!!

    Salut à toi, l’anarcho-syndicaliste!!!

    Salut à toi, le combattant!!!

    Salut à toi, le dissident!!!

    Salut à toi, le passionné!!!

    Salut à toi, le patriote!!!

    Salut à toi, Chartrand, et merci!!!!

  3. Louis, j’avais à peu près le même âge que tu avais au lancement à la librairie Garneau quand j’ai fait la rencontre de Michel Chartrand, mais c’était au cours des années 1970… J’ai connu toute la famille, Simone et les enfants (sauf sa fille qui est morte en 1971). Même si je le savais malade, son trépas est comme un coup de poing. En meilleure forme, il aurait sans doute assisté à la manifestation pour la défense de la loi 101; je me souviens de lui aux vigiles devant le consulat israëlien, contre l’occupation des territoires palestiniens, même par des grands froids d’hiver.

    Jean-Luc Proulx, si Michel était libertaire et un fervent de la liberté et de la libération nationale et sociale, ici et ailleurs, il était également socialiste, un fondateur de l’aile québécoise de la CCF, et a rompu par la suite avec le parti canadien à propos de la question nationale; à la fin de sa vie il a appuyé les candidatures d’Amir Khadir et Françoise David.

    J’ai bien aimé ce commentaire de Marc Donati (Le Devoir, le syndicaliste Michel Chartrand nous quitte à l’âge de 93 ans):

    « Un grand s’est éteint
    Un de nos derniers grands hommes politiques s’est éteint. Michel Chartrand, aimé de la gauche des jeunes comme des vieux, était la preuve vivante que l’âge ni est pour rien dans la perte des idéaux, que vieillir ne signifie pas nécessairement vieillir en vieux con.
    Chartrand était l’antidote contre ces anciens idéologues, autrefois marxistes, et qui maintenant rendus sexagénaires et chroniqueurs de La Presse, font la morale à la jeunesse tout en plaidant pour les Lucides.
    R.I.P. Michel ».

    En effet. Jamais assagi, mais bien plus sage que cet Alain D. méprisable.

  4. Le communiqué de la CSN:
    http://www.csn.qc.ca/web/csn/communique/-/ap/Comm13-04-10a?p_p_state=maximized

    On trouvera aussi au site de la CSN http://www.csn.qc.ca un message de sa famille, du Conseil central de Montréal: (en passant, j’ai assisté au congrès de 1979 de la photo – j’étais en grève) et un hommage de la CSN – photo superbe!

  5. @ Maria Gatti.

    Ai-je dit que Chartrand n’était pas gauchiste??? C’était un anarcho-syndicaliste (un anarchiste ne peut pas être un socialiste, car, contrairement à l’anarchisme, le socialisme ne reconnaît aucun droit individuel, ce qui était tout le contraire de Chartrand), mais il jettait, quand même, un regard sévère sur le syndicalisme d’aujourd’hui!!

    Il a déjà dit ceci: «Dans ce temps-là, on menait un syndicalisme de combat, mais, maintenant, ÈÈÈÈÈ, les syndicats, y discutent avec les patrons pis les gouvernements, s’tie!»!!! Ensuite, il s’est esclaffé de rire. Un syndicaliste qui me dit que le corporatisme syndicaleux est à proscrire, ça, je dois admettre que ça me plaît bien d’entendre ça!!!!!

    Par contre, je dois admettre que, sur certaines de ses idées, il n’avait pas encore réalisé que le monde avait évolué, depuis les années 1940, que les employés n’étaient plus les laquais des patrons depuis bien longtemps et qu’ils étaient même pleinement associés avec ceux-ci pour le bénéfice de l’entreprise et que les combats qu’il a mené y étaient pour beaucoup, dans ce nouveau type de gestion!!!

    Ce qui m’attriste le plus, quand je pense à lui, c’est que, durant les dernières années de sa vie, il était devenu, en quelques sortes, une espèce de parodie pathétique de lui-même qui ressasait ses discours des années 1940 à voix haute, un peu comme un vieux 35 tours qui saute!!! Certains de ses constats sur le corporatisme syndicaleux (les ti-z’amis à protéger, le graissage de pattes, l’ancienneté tout azimut, l’intimidation syndicaleuse, le copinage avec le monde politique et le patronat, etc.) avaient le mérite d’être un cri du coeur en faveur du retour des nobles idéaux pour lesquels il s’était tant battu, mais sa mentalité était celle d’un homme qui a toujours refusé de voir la modernité, surtout le fait que l’employé est, maintenant un membre à part entière de l’entreprise pour laquelle il travaille, ce qui lui a fait appuyer (peut-être aveuglemment) des partis communistes comme Culbec suicidaire, alors que, sur le plan des droits individuels et sur sa conception du travail (le programme de QS est le plus pro-BS qu’il n’y a pas), ce parti était très loin de ses propres idées!!!!

    Dès que Chartrand voyait un patron, il lui déclarait aussitôt la guerre, comme dans le temps où les syndicats étaient interdits et où le droit d’association était bafoué, ce qui était d’un pathétisme sans nom!!!! Aujourd’hui, c’est le droit de non-association qui est bafoué par les syndicaleux, mais, bon, pour Chartrand, c’était normal qu’un employé soit syndiqué, même contre son gré, si il le fallait!!!!

    Malgré tous ses combats et malgré le fait qu’il ait été un géant de notre Histoire, un passionné, un combattant, un dissident, un patriote et, tout anarcho-syndicaliste qu’il était, il était devenu une parodie du monde syndical, un peu comme le blogueur Pierre Morin en est une pour les fédéralistes!!!

    Mais, j’essayerai de me souvenir du meilleur de Michel Chartrand, surtout de sa citation sur la démocratie que Louis a mis à la fin de son texte, car cette citation-là, de même que celle sur le corporatisme syndicaleux, me rejoint totalement!!!

  6. Michel Chartrand sera exposé à la Coopérative funéraire au 635, Curé-Poirier ouest à Longueuil, jeudi et vendredi de 14h à 17heures et de 19h à 22 heures.

    Les funérailles auront lieu le samedi 17 avril, à l’église Saint-Antoine de Padoue, à Longueuil, au 55 rue Sainte-Élizabeth, à 11 heures.

  7. Maria, non seulement a-t-il appuyé les candidatures d’Amir et Françoise mais il était un membre en règle de Québec solidaire. Il a d’ailleurs appuyé le candidat de Qs dans sa circonscription (Chambly) lors des élections de 2008.

  8. Également au site de la CSN:

    Témoignages de sympathie
    Merci pour vos témoignages de sympathie à l’égard de Michel Chartrand. Nous les imprimerons et les insérerons dans le livre d’or du Conseil central du Montréal métropolitain. La population est invitée à signer ce livre qui se trouve dans le hall du siège social de la CSN, au 1601, av. De Lorimier, à Montréal.

    Dons
    La famille invite celles et ceux qui le désirent à faire un don à la Fondation pour l’aide aux travailleuses et aux travailleurs accidentés (FATA), 6839-A, rue Drolet, Montréal H2S 2T1, téléphone : 514 271-0901, télécopieur : 514 271-6078, fata@cam.org.

    Frank, oui je savais (sauf l’appui au candidat de Chambly, une nouvelle plutôt locale). J’ai zéro intérêt à débattre avec des gens qui font des calembours de mauvais goût comme « Culbec suicidaire » – libre à tout le monde d’y préférer un autre parti ou aucun – il me semble qu’à tout le moins les partisans du Parti Québecois, du Bloc Québécois, de Québec Solidaire et du Parti Indépendantiste devraient pouvoir s’exprimer ici – mais ça dépend toujours en dernière analyse de la volonté de l’auteur de ce blogue.

    Et je ne comprends tout simplement pas ce que ça veut dire être « pro-BS ».

  9. Maria, merci pour toutes ces informations. T’en fais pas, y’a plus grand monde qui perd son temps à débattre avec ce troll. Salutations.

  10. «Il a d’ailleurs appuyé le candidat de Qs dans sa circonscription (Chambly) lors des élections de 2008.»

    En effet, Frankie!!!

    Ici, on voit une photo de Chartrand avec le candidat de QS dans Chambly aux élections québécoises de 2008, un certain JOCELYN ROY: http://www.quebecsolidaire.net/chambly/un-appui-de-michel-chartrand

    Décidemment, ce type devrait se payer quelques semaines de vacances aux bords de la mer, ça lui ferait du bien!!! Il a un teint à faire peur. Bon, d’accord, c’est un commentaire très personnel, mais, ouf!!!! Disons que ça va avec la gang de rigolos de QS!!! 😉

    Pour Chartrand, je réitère ce que j’ai dit plus haut: certains de ses constats sur le corporatisme syndicaleux (les ti-z’amis à protéger, le graissage de pattes, l’ancienneté tous azimuts, et ce, au détriment de la compétence, l’intimidation syndicaleuse, le copinage avec le monde politique et le patronat, etc.) avaient le mérite d’être un cri du coeur en faveur du retour des nobles idéaux pour lesquels il s’était tant battu, mais sa mentalité était celle d’un homme qui a toujours refusé de voir la modernité en face, surtout le fait que l’employé est, maintenant, un membre à part entière de l’entreprise pour laquelle il travaille, ce qui lui a fait appuyer (peut-être aveuglément, qui sait???) Fidel Castro, de même que des partis communistes, comme Culbec suicidaire, alors que, sur le plan des droits individuels et sur le plan de sa conception du travail, le programme de QS étant le programme le plus pro-BS qu’il n’y a pas, ce parti-là était très loin de ses propres idées, de même que Castro, d’ailleurs!!!!

  11. Maria, lisez-vous les programmes des partis, à la fin???

    http://www.quebecsolidaire.net/engagements_2008#Vie_Travail

  12. Wow, le grand Inquisiteur lutopium a parlé, mesdames et messieurs!!! Sa magnifissime blogosphérique dit que je suis un troll. Le verdict vient de tomber, il est clair et il est sans appel!!!

    Quiconque ne partageant pas les opinions de grand vizir aux moeurs plus purs que purs est un troll!!! Ensuite, il dit être ouvert d’esprit!!! On croirait lire la swamp de Richard Hétu sur Cyberpresse.

  13. Oups, j’ai confondu Frank avec Frankie!!! 😀

    Ça sent la fatigue de fin de journée!!!

  14. Lutopium a, d’un côté, les défauts des libert-à-riens, sans avoir leurs qualités de l’autre. C’est ça la tristesse chez cet individu, comme chez des milliers d’autres, d’ailleurs (socialistes).

  15. Ce n’est pas grave JLP, je te pardonne.
    Allez, vas-en paix, maintenant !

  16. Frankie, je n’ai jamais prétendu posséder la vérité et, si tu me connaissais vraiment, tu réaliserais que j’ai une certaine ouverture d’esprit. Contrairement à certains libertariens, quelques conspirationnistes et plusieurs militants de la droite politique, je n’insulte pas les gens. Même pas les trolls.

    Tu vois, même ici, maintenant, voilà Louis qui rend hommage à Michel Chartrand et ça dérape.

  17. Michel Chartrand a beaucoup fait pour le Québec et ses travailleurs. Jamais je ne renierai cela. Il a fait augmenter le niveau de vie de nos pères et nos grands-père de façon considérable. C’est en partie grâce à lui si nous sommes aujourd’hui éduqués, que nous ne payons pas trop cher notre éducation, nos frais de santé, que nous avons aussi une vraie démocratie. Je respecterai toujours ce grand homme qui préconisait l’éducation et le travail comme valorisation de soi, au lieu de rester à la maison à attendre le chèque du début du mois.

  18. […] Décès de Michel Chartand: un canyon dans nos vies Se rendre aux commentaires Publié aussi sur ledernierquebecois.wordpress.com […]

  19. SVP-POUR PUBLICATION. MERCI

    DÉCÈS DE MICHEL CHARTRAND : LE QUÉBEC PERD UNE ICÔNE…

    MESSAGE DE CONDOLÉANCES ET SOUHAIT POUR QUE LE GOUVERNEMENT DU QUÉBEC DÉCRÈTE UN JOUR DE DEUIL NATIONAL À L’OCCASION DU DÉCÈS DE FEU MICHEL CHARTRAND, UNE ICÔNE DU PATRIOTISME QUÉBECOIS, UN HOMME JUSTE ET UN GRAND HUMANISTE ET SUGGESTION D’ÉRIGER UN MONUMENT EN HOMMAGE À SA MÉMOIRE.

    C’est avec tristesse que j’ai appris le décès de feu Michel Chartrand, lundi, le 12 avril 2010. Pour moi, il était un grand homme, une figure emblématique du mouvement syndical, une icône du patriotisme Québécois de la première heure et profondément voué à la justice sociale et aux causes des peuples opprimés des pays en développement en général et à celle de la Nation Palestinienne en particulier. Il était apprécié, aussi bien au Québec, au Canada qu’à l’extérieur du pays.

    Alors que j’étais encore adolescent dans les années 60, j’entendais mon frère aîné, Mohamed Dahan, grand syndicaliste, parler des exploits du syndicaliste Michel Chartrand. J’ai eu moi-même la preuve de ses exploits dès le début des années 90 lorsque je suis arrivé à Québec.

    Connu pour sa générosité légendaire, il était le frère des pauvres. Pour lui, il n’existait pas de différences de couleurs, de races… Il était surtout connu comme celui qui avait la détermination et la rage de débarrasser nos institutions gouvernementales d’habitudes malsaines, ce qui a fait de lui un adversaire redoutable pour ceux qui oppriment les pauvres et qui s’enrichissent aux dépens des Québécois.

    Contrairement à certains de nos politicards au fédéral, au national et au municipal, M. Chartrand a compris dès ses premières interventions politiques qu’un vrai patriote devait servir le Peuple et non se servir de lui.

    Il faut que l’Histoire Québécoise se souvienne de ce grand homme, unique en son genre, je souhaite qu’on érige un monument en hommage à sa mémoire.

    Les dirigeants des 4 partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale sont entrain de se battre pour le pouvoir et oublient ainsi les vrais enjeux des Québécois: lutter contre la pauvreté et l’exclusion; améliorer le statut des travailleurs ; contrer l’augmentation des taxes et les frais de scolarité et plutôt élargir le système d’éducation au plus grand nombre possible d’étudiants ; éviter un système à deux, voire à trois vitesses ; respecter sécuriser et rendre accessible les soins aux personnes âgées ; protéger l’environnement… Il aurait été plutôt souhaitable que le gouvernement Charest décrète une journée de deuil national afin d’honorer la mémoire de cet homme hors du commun.

    Quant à Stephen Harper, Premier Ministre du gouvernement d’extrême droite du Canada il a annoncé un jour de deuil national, suite au décès du président polonais Lech Kaczynski, le jeudi, 15 avril 2010. Il aurait été plus juste qu’il décrète aussi un jour de deuil national, samedi, le 17 avril 2010 à l’occasion des funérailles de celui qui a marqué l’Histoire du Canada et du Québec, feu Michel Chartrand.

    Un jour, le Mahatma Gandhi disait :  » … Aucune loi ne peut créer ni réglementer un sentiment d’affection. Si l’on n’éprouve aucune affection pour une personne ou un système, on doit avoir le droit d’exprimer librement sa désaffection … « . Il semblerait que les intégristes ethniques et religieux qui gouvernement l’empire de la haine et de la destruction et ses alliés n’ont pas compris la prophétie de ce père de la non-violence. C’est pourquoi, ils s’attaquent comme des fauves contre toute personne comme Michel Chratrand, pionnier des défenseurs des droits humains au Québec quib condamne leurs crimes abominables.

    BÂTIR ENSEMBLE UNE NATION QUÉBÉCOISE PLUS JUSTE, PLUS ÉQUITABLE ET PLUS INCLUSIVE

    Très tôt, le grand patriote Michel Chartrand a compris que LE SILENCE DEVANT L’INJUSTICE EST UN CRIME et dénonçait les politicards qui veulent faire du Québec une ethnocratie dictatoriale qui mise sur les rivalités interethniques et interreligieuses
    afin d’accéder ou de se maintenir au pouvoir… Pas étonnant que ses plus grands calomniateurs et détracteurs se trouvaient toujours parmi les oppresseurs qui bafouent les droits élémentaires des travailleurs québécois et les béni-oui-oui. Québec a perdu aujourd’hui un de ses éminents patriotes de la première heure qui s’est engagé dès le début de 1940 dans la lutte pour l’émancipation des Québécois. Il faudra garder surtout en mémoire qu’il a démontré un grand exemple de courage et de persévérance lorsqu’il n’a pas hésité un seul instant de réclamer, haut e t fort, en 1941, aux autorités canadiennes, le respect de sa langue maternelle, le français.

    En tant que citoyen canadien, natif de Djibouti, issu d’une minorité ethnique et qui habite la capitale nationale Québec, depuis presque deux décennies, je trouve scandaleux et immonde que certains de nos politicards avides de pouvoir, veulent aujourd’hui phagocyter la charte des droits et liberté du Québec qui était la fierté de tous les Québécois, ici et ailleurs dans le monde en la transformant en une charte qui s’applique uniquement à certains « aryens » et à certaines « ethnies » ! Donc, pas étonnant de voir que ces représentants du peuples sont là pour se servir du peuple et non pas pour le servir.

    Pour ma part, je crois qu’à l’aube de ce 3e millénaire, le Québec a besoin de dirigeants qui savent écouter, partager les visions de toute la population et être juste envers tous les citoyens issus de toutes les origines et confessions comme l’a été feu Michel Chartrand. On ne peut pas bâtir une nation en piétinant sur les droits les plus élémentaires de ses autochtones et en opprimant ceux qui sont issus des minorités ethniques et religieuses.

    HONTE AU PREMIER MINISTRE, JEAN CHAREST POUR SON ARGUMENT SIMPLET POUR NE PAS DÉCRÉTER UN JOUR DE DEUIL NATIONAL SUITE AU DÉCÈS DE FEU MICHEL CHARTRAND

    Cette après-midi, 16 avril 2010, je me suis rendu à Longueil, au salon funéraire où était exposé Michel Chartrand pour lui rendre un dernier hommage. J’ai appris d’une source digne de foi que notre Premier Ministre a eu le culot d’affirmer qu’il ne décrètera pas un jour de deuil national, ni le samedi, 17 avril 2010, jour des funérailles de Michel Chartrand, ni à une date ultérieure.

    M. Charest prétend qu’il ne peut pas décréter un jour de deuil national parce que la famille Chartrand n’en a pas fait la demande.

    Je trouve que cet argument ne tient pas la route et est bien simplet. On se demande alors si M. Charest voulait que la famille quémande cet hommage pour décréter un jour de deuil national !

    Je trouve que c’est un devoir et même une obligation pour le Premier Ministre de décréter un jour de deuil national pour ce grand fils du Québec que fut feu Michel Chartrand. Pire encore, pour éclipser la journée des funérailles, samedi, le 17 avril 2010, dédiée à la mémoire du grand patriote Michel Chartrand, notre Premier Ministre Jean Charest a non simplement choisi de ne pas participer aux funérailles mais se contente d’envoyer deux de ses ministres. Il a choisi en cette journée mémorable de convoquer un conseil général pour les dirigeants de son parti, le PLQ afin de commémorer la mort d’un de ses dirigeants !

    Que M. Charest arrête de jouer à ce jeu mesquin d’infliger à cette noble famille endeuillée une peine supplémentaire.

    En conséquence, je demande au nom de ceux qui croyaient à ce grand combattant de la justice sociale et de la liberté des Peuples que le Premier Ministre décrète un jour de deuil national, samedi, le 16 avril 2010 ou ultérieurement et qu’il s’engage à ériger un monument en sa mémoire

    En ces moments difficiles, c’est avec une grande émotion que je présente mes plus sincères condoléances et mes profondes sympathies à sa conjointe, à ses enfants, à ses petits enfants et ainsi qu’à ses arrière-petits-enfants.

    Je suis certain que de là-haut, il veillera sur notre Nation Québécoise et qu’il intercédera pour faire rayonner le Québec comme il l’a toujours fait dans sa vie. Que Dieu l’accueille dans son paradis éternel.

    Merci M. Chartrand pour tout ce que vous avez fait pour le Peuple Québécois ! Merci pour l’exemple de courage et de ténacité envers la classe ouvrière québécoise et les sans-voix ! Merci pour votre droiture, votre intégrité et votre patriotisme !

    Fait à Québec, le vendredi 16 avril 2010

    Ali Dahan, Ph.D. Ex-Diplomate, apolitique
    Pacifiste mais jamais passif face à l’injustice

    Portable : 418- 262-2504 Tél. et Fax. : 418- 658-9244 Courriel : aldahan@oricom.ca

  20. […] Décès de Michel Chartand: un canyon dans nos vies […]

  21. Michel Chartrand a beaucoup fait pour le Québec et ses travailleurs. Jamais je ne renierai cela. Il a fait augmenter le niveau de vie de nos pères et nos grands-père de façon considérable. C’est en partie grâce à lui si nous sommes aujourd’hui éduqués, que nous ne payons pas trop cher notre éducation, nos frais de santé, que nous avons aussi une vraie démocratie. Je respecterai toujours ce grand homme qui préconisait l’éducation et le travail comme valorisation de soi, au lieu de rester à la maison à attendre le chèque du début du mois.

  22. […] pas, ce parti-là était très loin de ses propres idées, de même que Castro, d’ailleurs!!!!Tout le monde devrait faire de la politique, avait-il dit, un jour!!!! En démocratie, c’est u….Voilà les paroles d’un grand humaniste responsable qui était épris d'une vraie justice […]

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