Laval: l'invasion anglophone

On parle beaucoup de l’anglicisation de Montréal, mais on oublie généralement de parler de celle, beaucoup plus spectaculaire, qui affecte la ville de Laval,  la troisième ville du Québec avec ses 365 000 habitants. Si j’avais déjà calculé sommairement l’anglicisation de cette ville de banlieue, y découvrant une tendance aussi rapide qu’inquiétante, une analyse plus rigoureuse des données expose une situation encore plus catastrophique.

Observez le tableau ci-bas.

Portrait de l’anglicisation fulgurante de la ville de Laval

Quartiers et ville Croissance des locuteurs de langue d’usage anglaise (2001-2006) Croissance des locuteurs de langue d’usage française (2001-2006) IVL français 2006 IVL anglais 2006
Auteuil 118.00% 5.49% 1.06 2.27
Chomedey -4.23% -4.81% 1.13 1.87
Duvernay 75.30% -1.20% 1.08 2.37
Fabreville 108.94% -5.41% 1.06 1.34
Îles-Laval 304.84% -12.78% 1.01 1.22
Laval-des-Rapides 18.65% -8.25% 1.09 1.55
Laval-Ouest 48.61% 4.95% 1.05 1.25
Laval-sur-le-lac 22.49% -7.63% 1.02 1.66
Pont-Viau 53.03% -10.22% 1.07 1.06
Sainte-Dorothée 108.06% 7.64% 1.07 1.82
Saint-François 121.64% -4.87% 1.09 1.17
Sainte-Rose 197.72% 6.48% 1.06 1.42
Saint-Vincent-de-Paul 71.83% -4.82% 1.07 1.73
Vimont 37.69% -11.74% 1.09 2.27
Laval 36.41% -3.36% 1.08 1.80

Les deux premières colonnes comparent la croissance des locuteurs de langue anglaise et française entre les recensements de 2001 et 2006. On parle ici d’une distance temporelle de cinq ans, et les résultats sont ahurissants: plusieurs quartiers ont vu leur population de langue d’usage anglaise littéralement exploser. À l’échelle de la ville de Laval, on parle d’une hausse de 36,4% d’anglophones en cinq ans! Pendant ce temps, la population francophone a baissé de 3,4%. À cette vitesse, combien faudrait-il d’années avant que les anglophones deviennent majoritaires?

Au niveau de l’indice de vitalité linguistique (IVL), qui calcule le pouvoir d’attraction d’une langue en divisant les locuteurs de langue d’usage par ceux de langue maternelle (le chiffre 1 constitue le seuil de renouvellement; au-dessus, on observe un gain, en-dessous, une assimilation), la situation n’est guère meilleure: avec 1,80, l’IVL anglophone de Laval surpasse celui de la plupart des principales villes canadiennes. C’est donc dire qu’un anglophone a davantage de chance de transmettre sa langue anglaise à ses descendants à Laval qu’à Toronto, Vancouver ou Ottawa. Dans certains quartiers, comme Auteuil, Duvernay et Vimont, l’IVL atteint des niveaux quasi-stratosphériques, difficilement imaginables pour un peuple qui n’est pas en situation d’invasion. En fait, l’IVL du français étant de 1,08, c’est donc dire que le niveau d’attrait de l’anglais à Laval est dix fois supérieur à celui du français!

Méthodologie

Ces données des recensements de Statistique Canada pour les années 2001 et 2006 proviennent de la ville de Laval. J’ai additionné les réponses uniques aux réponses multiples n’impliquant qu’une seule des deux langues et j’ai calculé les résultats faisant état de langues multiples impliquant à la fois le français et l’anglais au pro-rata de l’influence de chacune de ces deux langues dans le quartier en question.  Vous pouvez consulter les données brutes ici.

Et si on agissait?

Pendant qu’on discute de notre loi 101 et de la nécessité pour le gouvernement actuel de la renforcer, les anglophones passent à l’attaque. Ils exigent de plus en plus l’anglais et il suffit de se promener au Carrefour Laval ou dans n’importe quel quartier central de la ville pour être témoin du recul de notre langue commune. Je ne compte plus les anecdotes personnelles ou celles d’amis ou connaissances ayant eu de la difficulté à se faire servir en français à Laval; et je ne parle même pas ici du nombre croissant d’entreprises exigeant le bilinguisme à l’embauche.

Après le Mouvement Montréal français, le Mouvement Montérégie français et le Mouvement Laurentides français, faudra-t-il à nouveau nous organiser et créer un Mouvement Laval français? Dans quel sorte de pays vivons-nous pour avoir à nous organiser entre citoyens pour exiger le droit de faire une chose aussi normale que de se parler dans la langue commune et nationale? Imaginerait-on des mouvements de défense du français en France, de l’allemand en Allemagne ou du russe en Russie?

Au lendemain du formidable spectacle pour la loi 101, les mots de Lord Durham résonnent encore dans ma tête:

Je n’entretiens aucun doute sur le caractère national qui doit être donné au Bas-Canada; ce doit être celui de l’Empire britannique, celui de la majorité de la population de l’Amérique britannique, celui de la race supérieure qui doit à une époque prochaine dominer sur tout le continent de l’Amérique du Nord. Sans opérer le changement ni trop vite ni trop rudement pour ne pas froisser les esprits et ne pas sacrifier le bien-être de la génération actuelle, la fin première et ferme du Gouvernement britannique doit à l’avenir consister à établir dans la province une population de lois et de langue anglaises et de n’en confier le gouvernement à une Assemblée décidément anglaise.

Et si on changeait l’histoire? Et si on en finissait avec ce génocide culturel?

Pour le moment, je ne peux que vous inviter à joindre le groupe Facebook de l’Association Laval français, mais qui sait ce dont l’union de Québécois fiers de leur langue et fatigués d’avoir à se prosterner devant une langue étrangère peut donner?

Rue par rue, quartier par quartier, reprenons la ville de Laval.

Nous n’avons pas le choix.

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18 Réponses

  1. Vous avez bien raisons quand vous utilisez le terme invasion anglophone. Que fait-on en situation d’invasion?. On contre attaque. C’est une question de survie.

  2. […] […]

  3. Désolé de te décevoir Louis, mais ça existe des groupes de défense du français en France et de l’allemand en Allemagne.

    En France, 4 associations de défense décernent même le « Prix de la Carpette Anglaise » équivalent à « vos » Prix Citron.

    En Allemagne, il y a quelques groupes liés aux néo-nazis mais ça devient de plus en plus « grand public ». Deutsche Bahn a décidé d’ajouter l’allemand et d’éliminer les anglicismes dans les gares suite à une plainte qui s’est retrouvée au Bundestag. Des ministres fédéraux ont aussi entrepris d’éliminer l’anglais de leurs ministères. Et, puisqu’on parle de l’Allemagne, mentionnons ces sondages qui disent que l’allemand est négligé par l’Union européenne car elle donne trop de place…au français.

  4. Je ne parviens pas à ouvrir le fichier xlsx. Est-ce possible de le fournir en xls ?

    En plus, je ne trouve l’expression «langue d’usage» dans les fichiers pdf. Est-ce la «langue parlée le plus souvent à la maison» ou la langue parlée au travail ?

    Merci !

  5. Ça me surprend, j’habite à Duvernay EST (près de St-François d’ailleurs) et je trouve ce recul surprennant.

  6. Vous avez bien raisons quand vous utilisez le terme invasion anglophone. Que fait-on en situation d’invasion?. On contre attaque. C’est une question de survie.

  7. […] tout comme on m’a dit, précédemment, ce n’est que leslogan d’une école, ce n’est que la ville de Laval, ce n’est qu’Alain Dubuc, ce n’est qu’unhôpital, ce n’est qu’un retard scolaire, ce […]

  8. […] tout comme on m’a dit, précédemment, ce n’est que leslogan d’une école, ce n’est que la ville de Laval, ce n’est qu’Alain Dubuc, ce n’est qu’unhôpital, ce n’est qu’un retard scolaire, ce […]

  9. wow vous parlé dune invasion d anglai calmer vous le ponpon ils ont le droit de parle la langue qil veule on est dans un pay libre au cas ou vous auré oublier alor…..laisser les s’exprimer
    ne penser pas que je suis anglaise parce ke jsuis 100% québecoise
    mais moi au moin jsui pas raciste les anglai cest du monde comme du monde vous parler d invasion cest as une bande de bibite!!!!

  10. Franchement! Je suis toute a faite d’accord avec la loi 101 et oui il a de quoi a s’inquieté voyons donc en 5 cinq il a eu beaucoup de gens qui ont immigré dans notre province c’est pourquoi nous devons être fiers de notre langue maternelle et celle qui a étét établie, la protégée et nous devons en tant que Québécois mettre nos limites afin que les gens d’ailleurs se conforme a nos racines!!!!
    J’espère seulement que les enfants de nos enfants pourrons parler le francais ! Merci

  11. L’auteur parle d’invasion de la langue anglaise. Il ne parle parle pas d’invasion des anglais. La cible de son indignation est une langue (culture) et non les personnes qui parlent anglais. La distinction est importante. Le but étant de préserver une culture francophone et d’éviter le multiculturalisme qui, selon plusieurs intellectuels et citoyens, divise le peuple en des micro-sociétés dénuées de « sens commun ». Selon moi, le multiculturalisme est un concept théorique appliqué à la hâte par M. Trudeau qui s’est avéré être un échec lamentable, comme les différentes crises des accommodements raisonnables nous le démontrent, et continueront de nous démontrer dans les prochaines décennies.

  12. M. Prefontaine,

    Je pense que vous êtes en train de faire une histoire pour rien. Ces gens parler aussi le francais. Vous crier au loup pour rien. En passant, il n’y a personne qui est mort en sachant plus qu’une langue.

    Claude Vaillancourt

  13. Je suis d’accord. Le monde sera plus beau lorsque nous parlerons tous la meme langue, mangerons tous la meme nourriture et aurons tous la meme culture. Ca facilitera les échanges commerciaux et nous nous sentirons chez nous partout dans le monde. Ca sera vraiment le meilleur des mondes.

  14. Vous faites surement allusion aux américains avec leur McDo et leur langue qu’ils imposent a tous afin de se sentir partout chez-eux.Je ne connais aucune autre nation qui agit de la sorte.Je crois que vous dérapez solide AlbanB.

  15. « Vous faites surement allusion aux américains avec leur McDo et leur langue qu’ils imposent a tous afin de se sentir partout chez-eux.Je ne connais aucune autre nation qui agit de la sorte.Je crois que vous dérapez solide AlbanB. »

    Le phénomène est beaucoup plus important que le simple McDo, M. Chuck. Je crois que vous sous-estimez fortement la force de la mondialisation (économique, technologique, culturelle, scientifique) grandement influencée par l’hégémon actuel. C’est pourtant le contexte politique et économique de notre génération (post guerre froide).
    Je crois que dans le contexte de la mondialisation, la protection de notre culture est d’autant plus primordiale. Le Québec sert de modèle et d’inspiration pour plusieurs pays quant à la protection de notre langue (France, Israël, Allemagne, USA), même si les anglo-montrealais nous accusait de racisme (nazisme meme!) lors de son entrée en vigueur.
    Maintenant, il faut faire appliquer cette loi. Il ne faut pas attendre d’être dans la situation des Acadiens ou de la Louisianne avant d’agir : il faut apprendre de l’Histoire!

  16. L’anglais complote pour nous assimiler ou nous exterminer (si nous refusons). La contre-attaque est nécessaire, aux armes compagnons!

  17. […] du français au Québec et, principalement, sur l’île de Montréal, dans ses banlieues et sur l’île de Laval!!!Ces nouvelles statistiques, nous dit Louis P., ne sont pas seulement un échec pour […]

  18. Il faut faire une verification et refuser de vendre ou louer des condos à des anglophones, faut les jeter en Ontario.
    Non à la louisianisation du Quebec. Le quebec doit etre aussi francais que la france, il est inacceptable qu’un anglophone puisse faire sa vie en anglais à Montreal ou Laval. il faut renforcer les cours de francais à l’école et laisser le choix à l’enfant de choisir sa seconde langue ex: mandarin, espagnole.

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