Bouchard ne pourra éteindre le flambeau de l’indépendance

Les récentes critiques de Lucien Bouchard sur le soi-disant radicalisme identitaire du Parti Québécois et à l’effet qu’il ne croit plus l’indépendance réalisable ne devraient pas surprendre. Tout au long de son mandat de premier ministre, Bouchard a été un véritable éteignoir pour le mouvement souverainiste. Si ses déclarations sur l’indépendance ont depuis été éclipsées par d’autres événements, il importe tout de même de ne pas oublier de conférer à ce triste individu la sombre place qu’il mérite dans notre histoire.

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En 1996, devant le gratin anglophone du théâtre Centaur, et faisant fi de tout rapport de force historique, il prophétisait, comme d’autres ont annoncé la fin de l’Histoire, l’échéance de « l’ère des bouleversements [linguistiques] pour entrer dans une période d’intérêt mutuel ». Désormais, anglophones et francophones marcheraient, main dans la main, pour l’avènement magique d’une société multiculturelle à la canadienne permettant de devenir « l’un des carrefours les plus originaux de la planète ». Le ver était dans la pomme; on ne prônerait plus l’indépendance comme un moyen d’assurer la survie du peuple québécois, mais comme une simple marque de commerce permettant de répliquer les travers de la société canadienne, mais au Québec.

Toutes les décisions subséquentes furent assujetties à ce même état d’esprit pusillanime où il convenait de se plier aux diktats de la minorité anglophone avec l’espoir – incertain – d’en convaincre une minorité de voter pour l’indépendance.

Ainsi, huit mois après le discours du Centaur, Bouchard affirmait qu’il ne pourrait plus « se regarder dans le miroir » si les membres adoptaient une résolution pour invalider la loi 86, qui ouvrait des brèches béantes dans la loi 101. Plutôt que de s’arrimer aux revendications identitaires des Québécois, le premier ministre se faisait un devoir de rejeter toute mesure qui aurait pu permettre d’assurer la survie du français au Québec. Il rejeta également le projet, pourtant dans la plate-forme électorale du PQ aux élections précédentes, d’appliquer la loi 101 au cégep.

De la même façon, il resta de marbre, sourd aux pressants appels de ses propres militants, de son propre parti, alors que divers groupes menaçaient de partitionner le Québec et que le fédéral imposait sa loi sur la clarté.

En 2001, il blâmait publiquement à l’Assemblée nationale le citoyen Yves Michaud, un des plus grands défenseurs de notre langue, à propos d’une citation qu’il n’avait même pas entendue. Il démissionnait quelques mois plus tard en blâmant le peu de réactions des Québécois face aux tactiques fédérales et en sous-entendant la présence d’éléments extrémistes au sein du mouvement indépendantiste.

Or, n’est-ce pas précisément Lucien Bouchard lui-même qui a tout fait, de par son refus d’adhérer aux saines revendications identitaires de son parti, pour provoquer l’apathie généralisée de la population et les crises internes au Parti Québécois? Il a répudié les grandes revendications linguistiques traditionnelles du PQ et a contribué à la ré-anglicisation du Québec. Et il avait le culot de blâmer les Québécois pour sa propre incompétence à la tête d’un parti qui se proclamait indépendantiste!

Une décennie plus tard, c’est ce même Lucien Bouchard qui blâme les modestes revendications identitaires prônées par un parti qu’il a contribué à affaiblir avec ses atermoiements et son incapacité à se faire le porte-voix de la moitié de la population qui croit que le destin d’un peuple consiste à devenir souverain.

Malgré le travail de sape ponctuel d’un Lucien Bouchard plus occupé à jouer les gérants d’estrade qu’à se battre pour une cause qu’il a prétendu avoir à cœur, tous les sondages démontrent que plus de 40% des Québécois souhaitent notre libération collective. Ces citoyens, ces millions de Québécois qui veulent d’une indépendance permettant à leurs valeurs, leur langue et leurs croyances de se perpétuer dans le temps, nul n’a le droit de les décevoir en donnant la moindre crédibilité aux divagations d’un homme dont les meilleures années sont maintenant loin derrière et qui semble plus intéressé à s’attirer les bonnes grâces des grandes entreprises et de ses amis chez Power Corporation.

L’indépendance, dans un contexte de mondialisation où chaque peuple cherche à protéger ses valeurs, ne constitue pas le projet pusillanime et détaché de l’identité tel qu’il fut prôné par Bouchard. L’indépendance constitue un projet du futur, vivant, ouvert à tous, et qui assure la diversité mondiale en assurant la survie de tous les peuples minoritaires. Cette indépendance est plus nécessaire que jamais, et le sain débat identitaire que veut étouffer Bouchard ne pourra que gagner en force et allumer le flambeau de nos convictions.

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8 Réponses

  1. Est-ce que tu veux dire que la seule chose qui différencie les québécois du reste du monde c’est la langue??? N’est-il pas possible d’avoir une identité québécoise anglophone???? ou encore mieux qui parle espéranto???

  2. Salut Louis !

    Je voudrais seulement faire quelques petites corrections.

    Bouchard n’a pas dit que l’indépendance du Québec n’est pas réalisable. Enfin oui il l’a dit, mais tu as « oublier » de finir sa phrase. Il a dit: L’indépendance du Québec n’est pas réalisable en ce moment. Il y a trop de choses à régler avant comme l’économie, l’éducation et la santé.

     » De la même façon, il resta de marbre, sourd aux pressants appels de ses propres militants, de son propre parti, alors que divers groupes menaçaient de partitionner le Québec et que le fédéral imposait sa loi sur la clarté.  »

    Au contraire qu’il a réagi, le Boubou ! Il a écrit au premier ministre néo-brunswickois Franck McKenna, suite à son intervention d’appui à un groupe qui faisait la promotion de la partition du Québec( http://premier-ministre.gouv.qc.ca/salle-de-presse/communiques/1997/aout/1997-08-06.shtml ).
    Je crois même qu’il voulait faire passer une loi sur le sujet, mais je n’ai pas trouver le lien.

    Et tu réviseras tes chiffres, parce que dans les sondages que j’ai vu, c’est environ 64% des québécois qui sont d’accord avec Bouchard. Ce qui fait, si on y rajoute les indécis et autres, que 36% pour l’option souverainiste.

  3. Mais comme bouchard n’est pas contre l’option souverainiste … tu racontes n’importe quoi alors. Faut etre coherent.

    La moyenne d’année en année reste autour des 40%, ca monte, ca descend, mais ca reste là.

    Et naturellement, on compte parmis les 60% d’en face des gens qui ne sont pas forcement contre mais qui sont trop peureux pour avoir envie de le faire, ou qui ont d’autres priorités pour le moment, des gens qui s’en foutent comme ils se fouttent d’etre federalistes, des purs canadians qui vivent sur notre territoire et ne sont pas des Québécois (sauf géographiquement)

    A chaque fois qu’un referendum se presente tout cela remonte et à chaque fois la vague est plus grosse… je te laisse imaginer la suite, ce n’est qu’une question de temps… comme dans l’histoire de bien d’autres peuples de l’histoire de notre monde. Les federalistes ne font qu’une fuite en avant, la souveraineté du quebec ce n’est qu’une question de temps.

  4. Bouchard pour moi.

    Je débuterais par vous dire que je suis un Québécois né en Haïti. Je suis arrivé sur cette terre à l’age de 5 ans, bien avant les Jeux Olympiques, juste pour vous situer dans mon parcours.

    Très petit, j’ai maîtrisé la langue – et surtout l’accent – beaucoup mieux que le reste de ma famille. Je suis vite devenu, à 6 ans, le porte-parole officiel de toute ma famille pour converser avec les indigènes.

    Je me rappelle encore le premier référendum. Chez moi, c’était la panique. Mes parents, à tort, croyaient qu’une victoire du Oui signifiait leur expulsion du Québec. Tout ça parce qu’un raciste du coin leur a dit « On va faire notre pays pis on va tous vous crisser dehors les osties de nègres »

    Au second référendum, j’étais adulte donc en droit de voter. J’avais déjà développer un grand amour pour la langue et je penchais vers l’indépendance. Sauf que je me sentais exclu. Je me rappelle encore des mots de Parizeau « On a pas besoin des immigrants pour faire l’indépendance » j’avais l’impression qu’on ne voulait pas de moi que mon vote n’était pas sollicité.

    Jusqu’au jour où j’ai entendu – 2 ou 3 jours avant le vote – une interview de Lucien Bouchard à la radio haïtienne. À une question d’une auditrice sur le sort des immigrants haïtiens après l’indépendance il a répondu par ces paroles qui chantent toujours dans mon coeur :

    « Nous allons pas expulser les haïtiens du Québec! Tout au contraire, aujourd’hui nous les invitons à faire partie du PEUPLE FONDATEUR! »

    J’aurais jamais pensé être aussi fière d’être Québécois! Dixit Lévesque!

    Au 31 octobre, j’ai voté OUI! Parce que je voulais faire partie du PEUPLE FONDATEUR de ce nouveau Québec.

    Par la suite, il y eu le 49.xxx%, et le discours de Parizeau. Là je comprenais pas ; perdu à cause du vote ethnique!!! Alors qu’il ne l’avait même pas sollicité!!! Alors que Québec enregistrait 54% et le Saguenay-bleu à peine 69%. Pis merde un vote ethnique c’est avant tout un Vote!!! Mais bon passons…

    Tout ça pour vous dire que pour moi Bouchard, c’est celui qui a tissé ma fibre souverainiste. Lorsqu’il dit que le PQ se radicalise moi je réponds que c’est le mouvement souverainiste dans son entier qui se radicalise. Depuis un bout je m’y retrouve plus.

    Lorsque je vous lit parler d’accommodements, d’immigrants et tout cela, je me sens encore rejeté. Je vois bien dans les yeux des pures-laine que je côtoies que je suis devenu l’ennemi du mouvement. L’étranger quoi.

    À mes amis souverainiste je dis ceci: L’indépendance ne pourrait se faire sans les néo-québécois.

    Pas ceux comme moi. Moi j’ai connu Lévesque, Trudeau, 2 référendums et plus de 35 ans sur cette terre. Mais les autres, on a besoin d’eux.

    C’était mon histoire. Pas celle de la communauté, ou toute autre groupe, juste la mienne.

    Je termine en saluant Louis, notre hôte. Ton blogue a évolué et tes textes sont d’une extrême qualité. Je commente peu, mais je lis toujours.

    Bravo pour ton travail!

  5. Crédulité quand tu nous tiens !!!
    Un Québecois né en Haïti ?
    Tu est Haïtiens « Ad vitam æternam ».
    Oui, je sais, c’est dur la vie..
    http://www.pvr-zone.ca/referendum_quebecois.htm

  6. Je suis néo-québécois et j’ai tres bien compris les paroles de Parizeau ce soir là. C’etait maladroit, mais remis en contexte completement comprehensible surtout quand on connait bien le Quebec.

    Moi aussi je connais beaucoup d’haitiens, ou d’autres communautés, qui ont peur de voter oui… mais pas parce qu’un pure-laine leur a dit : « On va faire notre pays pis on va tous vous crisser dehors les osties de nègres » (des cons y en a partout hein, meme chez les haitiens), mais parce qu’on leur a dit : « si vous votez pour les separatisses, ils vont tous vous renvoyer chez vous, votez NON, vive le plusse beau pays du monde. » ; à la difference du gros con de raciste de la premiere phrase, là ca releve de la propagande, du discours de peur, de la phrase reflechie pour salir une partie de la population du Quebec, instrumentaliser le vote ethnique, creer une haine entre les gens… un travail regulier et de toujours de nos amis federalistes.

    L’indépendance ne pourrait se faire sans les néo-québécois. Tout à fait. Deja parce que les néo-québécois sont des québécois à part entiere (n’en deplaise à Gébé). Enfin, si ces néo-québécois veulent se reconnaitre de la nation quebecoise ; n’oublions pas que pour plusieurs ils ne sont pas néo-québécois, mais néo-canadiens et ne reconnaissent pas la nation quebecoise, le peuple quebecois et considere etre ici dans une quelconque province du canada.

    Pour finir, je ne sais pas si tu milites au PQ, si tu viens aux assemblée, moi oui. Encore cet aprem j’ai un executif… avec parmis ses membres un haitiens, un francais de france, un italien, un truc machin de l’europe de l’est (j’ai oublié le pays d’origine tellement que cela n’a pas d’importance en vrai) et ce qui nous unit, c’est qu’on est tous quebecois et que les interets du Quebec nous tiennent à coeur. Le PQ est pluraliste, inclusif, ouvert … Bouchard raconte n’importe quoi. C’est un parti (meme si il n’est plus de gauche) qui comporte encore une bonne majorité de gens d’allegeance de gauche, des progressistes, des humanistes… ces gens ne toleraient pas qu’une forme de racisme ou de xenophobie puisse y etre developpée.

    Parizeau n’est pas raciste, il est lucide, oui le vote ethnique est une des causes qui peut etre prise en compte pour la defaite du dernier referendum. Oui une autre cause est le choix de certains pure-laines de ne pas vouloir devenir independant… mais là on parle d’un choix, tandis que pour le vote ethnique, dans certaines communautés, c’etait carrement un appel des leaders, un vote massif.

    Excuse-moi de te faire remarquer que des secteurs qui votent à 100% contre la souveraineté, ca ne s’appelle plus un choix ! Tu ne trouveras AUCUN secteur votant à 100% pour le OUI.

    Le vote ethnique existe, on l’a encore vu lors des municipales de Montreal. Aujourd’hui ce n’est plus tant un sujet tabou, meme les liberaux se sont plusieurs fois lachés, comme lorsqu’ils ont donnée l’explicatioon de la non-defusion de St-Laurent lors du referendum sur les defusions. Meme les conservateurs ont fait des etudes pour voir quelle communauté ils pourraient piquer aux liberaux du QUebec. Si ce n’est pas un aveu, je ne sais pas ce que c’est !

    Connaissant bien Jacques Parizeau, connaissant bien la femme de son fils (qui travaille dans le milieu communautaire de mon quartier), son petit-fils militant avec moi et au sein du meme executif, sa femme qui est ma deputé, je peux te dire sans me tromper, que tout ce monde n’est ni raciste, ni xenophobe … et que Bouchard est un abruti frustré qui n’a pas apprecié qu’on « insulte » son frere… en plus d’avoir été envoyé en mission commandé par nos amis federalistes, ne trouvant plus de moyen pour empecher une election de Pauline en 2012 !

    Tu n’es pas un néo-québécois, tu es un Quebecois et ce pays du Quebec, on va le construire ensemble.

  7. Dis, tu vas le coller combien de fois ton lien rigolo avec le texte de l’autre abruti qui n’a pas compris ce que voulait dire démocratie ?

  8. Les séparatistes Québecois sont prêts à tout pour prendre le pouvoir. Même, si nécessaire, à construire des mosquées à tout les coins de rue. Tout le monde sait que la « chef » du parti québecois, bouffie d ‘orgueil, rêve de devenir la première « Présidente » de la république bananière du Québec indépendant. Si ça tourne mal, elle sera à l’abri dans son palais présidentiel. Pas moi, et encore moins les « ethnies »…Nous vivons à l’heure irréversible de la mondialisation. Chaque frontière de plus est un handicap dans la libre circulation des personnes et des biens. Donc, une entrave au commerce. Toujours se rappeler que c’est à l’abri de frontières que naissent les dictatures…
    http://www.pvr-zone.ca/referendum_quebecois.htm

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