Ailleurs

« Si les gens ne veulent pas payer les loyers qui sont affichés…ben qu’ils aillent dans un autre quartier, y a personne qui force quelqu’un à prendre un logement. » C’est ainsi qu’un de mes contacts sur Facebook répondait à mon indignation de me retrouver face à des logements trop chers pour ma capacité de payer. Aller ailleurs, c’est toujours ainsi que ça commence. On va plus loin, toujours plus loin, on voyage davantage le matin pour se rendre au travail, on réduit sa qualité de vie et, finalement, à force de se rendre « ailleurs », on finit par habiter nulle part.

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En fait, ça m’a fait penser à Vancouver, où se tient un gigantesque bidonville au coeur de la capitale des Jeux Olympiques. Les squatteurs dénoncent ces Jeux qui ont coûté six milliards de dollars pendant que la pauvreté y est criante. Le quartier Downtown Eastside est le ghetto nord-américain qui concentre le plus de pauvreté et de toxicomanie en Amérique du Nord et qui a le pire taux de séropositivité du monde industrialisé. C’est un dépotoir de l’humanité dans ce qu’elle a de plus désespérée, de plus hideuse, de plus condamnée par les événements et la spéculation sur sa valeur marchande.

À côté du ghetto, la flamboyante ville de Vancouver, avec ses logements hors de prix et ses maisons dont la « valeur » moyenne atteint plus de 600 000$, le double de celui d’une ville comme Montréal. Et ceux qui n’ont pas moyen de se payer des chambres à 1500$ par mois? Qu’ils vivent ailleurs. Et cet ailleurs, c’est souvent la rue, car Vancouver a connu une hausse du nombre de sans-abris de plus de 106% entre 2002 et 2005. Allez ailleurs, mes amis; c’est l’économie, n’avez-vous pas compris?

On établit généralement que le niveau acceptable de paiement d’un loyer est de 30% du revenu mensuel. Au salaire minimum, à Vancouver, cela représente près de 385$ par mois. Or, en décembre 2007, moins de 1% des garçonnières se louaient à moins de 400$, et plus de la moitié de ces logements à une chambre coûtaient au-dessus de 800$ mensuellement! Et on est loin ici d’un logement de qualité! Même des logements subventionnés, réservés aux familles démunies, coûtent plus de 1600$. Vous imaginez?

À Montréal, pendant ce temps, certains stigmatisent les locataires qui veulent un logement abordable et leur recommandent d’aller vivre « ailleurs » pour payer moins. On fait croire à ces derniers qu’ils jouissent d’un prix « trop bas », que c’est un rabais. On les rend coupables de s’attacher à des valeurs comme le droit de se loger et de vivre dans la dignité, le droit de pouvoir aspirer à habiter près du lieu de travail, le droit à une qualité de vie. Non, non. La qualité de vie, ça se paie, et c’est le marché qui décide. Toi, tu fermes ta gueule et tu sors ton chéquier. Ou tu vas vivre à Joliette et tu te tapes trois heures d’autobus par jour.

Ce marché déréglementé, cette machine inhumaine se nourrissant de l’idéologie de gens qui ont déifié l’économie, a causé la crise actuelle, et c’est précisément parce que nos gouvernements n’ont pas le courage de limiter la spéculation et de réglementer le coût des logements qu’une ville comme Vancouver voit ses écarts sociaux exploser et son nombre de sans-abris augmenter continuellement.

On parle souvent de la nécessité de soustraire la santé, la culture et l’éducation du libre-marché, arguant que ces secteurs sont trop vitaux pour être laissés aux aléas d’actionnaires anonymes. Mais si on osait parler du droit de se loger, d’avoir un toit au-dessus de sa tête, ce qui est peut-être encore plus important?

Si on osait arrêter un peu de penser aux spéculateurs et aux propriétaires de logements et qu’on s’assurait que l’économie travaille pour les citoyens, et non le contraire?

Voilà des idées qui ne manqueraient pas de choquer une certaine élite de droite pleurnichant sur ses millions en professant de vibrants plaidoyers pour un libre-marché qui ne fonctionne pourtant pas sans puissants garde-fous, mais qui aurait le mérite de nous rappeler qu’avant de célébrer le sport, avant promouvoir une croissance économique artificielle, il faudrait peut-être s’assurer que la classe moyenne et les plus démunis ont encore la capacité de se loger dans la dignité.

On ne pourra pas éternellement cacher l’appauvrissement des locataires et se déculpabiliser en les envoyant « ailleurs ».

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18 Réponses

  1. [*Modération: les attaques personnelles ne sont pas permises sur ce blogue* –> Lire la néthique]

  2. Mon père disait : « Celui qui l’dit, c’est lui qui l’est !  » 🙂

  3. Parfaitement d’accord.
    C’est une situation inaceptable.
    Je suis contre le fait qu’un gars possède plusieurs logements (c’est un insécure) et que d’autres personnes dorment dans la rue au uébec en 2010. Les valeurs chrétiennes transformées par des voleurs crétins.

  4. Le gars qui possèdent plusieurs logements a décider de faire fructifier son argent. Où est le mal de faire cela ? Qui te dit qu’avec cet argent, le gars ne donne pas une partie de ses bénéfices à divers organisme de charité ? Il est pas obliger de le clamer au et fort qu’il fait cela.

    Le problème au Québec, et ce n’est pas nouveau, c’est qu’on a de la misère avec ceux qui font de l’argent. Il fait de l’argent; c’est un maudit chien sale qui coule tout le monde pour s’élever.

    Quand on va commencer à changer de mentalité, le Québec va devenir vraiment riche.

  5. Louis, peut-être que tu vas me dire que je ne sais pas de quoi je parles, mais au lieu de payer des loyers à des prix exorbitants, pourquoi les locataires ne s’arrangent pas pour s’acheter des maisons. Payer pour eux au lieu de payer pour les autres ? Loin de la ville et de sa pollution, de ses bruits à toutes heures de la nuits.

    C’est ça que j’ai décider de faire, et si j’avais su le bien-être que je ressent en ce moment, je l’aurais acheter il y a dix ans, cette maison. Et j’encourage tout le monde à le faire. Quittez la ville, allez en banlieue. Les prix sont nettement moins chers, et le niveau de vie… juste relaxant.

  6. Les logements à prix modiques n’intéressent pas les investisseurs. Pourquoi ?
    Parce que ces logements sont aussitôt occupés par des gens à faible ou sans revenu et la Régie des Loyers les protègent si bien que le proprio fait faillite en peu de temps. Ce ne sont pas toujours des proprios multi-millionnaires et véreux qui détiennent ces logements; j’en connais qui ont acheté des quadruplexs et qui peinent à boucler leur budget dans cette aventure. Ils se jurent de ne jamais recommencer.
    Le gouvernement devrait consacrer plus de ressources aux HLM…

  7. Encore une fois, Louis, je suis plutôt d’accord avec le but de ton billet mais certains de tes arguments m’apparaissent faibles.

     » On les rend coupables de s’attacher à des valeurs comme le droit de se loger et de vivre dans la dignité, le droit de pouvoir aspirer à habiter près du lieu de travail, le droit à une qualité de vie. »

    Ici, je vais préciser le sens que moi je donne au mot droit. Bien sûr, c’est une interprétation personnelle et j’accepte que quelqu’un soit d’un avis différent.

    Pour moi, un droit, c’est quelque chose qui m’est dû et il y a une entité responsable que je peux poursuivre en cas de refus. Exemple: le droit d’assistance si je suis en danger. Si j’ai un problème de santé grave et que le seul médecin de la salle refuse de m’aider, je pourrai le poursuivre. Autre exemple: le droit à une éducation gratuite. Si le gouvernement refuse l’accès à mon enfant à une éducation gratuite, je peux le poursuivre.

    Contre-exemple: le permis de conduire. Conduire n’est pas un droit, c’est un privilège. Si on me refuse mon permis de conduire parce que j’ai brûlé trois feux rouges lors de l’examen, je ne peux poursuivre personne. Il n’y a personne qui a la responsabilité, le devoir de me donner un permis de conduire sur demande.

    Selon cette définition, le droit de se loger convenablement, le droit d’habiter près de son lieu de travail, le droit à une qualité de vie… ne sont pas des droits. Ce sont des privilèges. Personne ne peut dire « je veux demeurer à moins de 3 km de mon lieu de travail » et trouver une entité qui a le devoir de remplir cette exigence.

    Ce ne sont tout simplement pas des droits.

    _________________

    « Ce marché déréglementé, cette machine inhumaine se nourrissant de l’idéologie de gens… »

    Euh… Pardon? Marché dérèglementé? Voyons voir…

    Je suis un humaniste qui souhaite faire construire un immeuble. Je trouve un terrain. Zut… le zonage ne permet pas la construction de mon immeuble. J’en trouve un autre. J’obtiens un permis de construction qui obéit à toutes les normes. Je trouve un contracteur honnête qui va respecter tous les décrets de la construction: l’électricien ne fait que l’électricité, le plombier ne fait que la plomberie (ce qui veut dire que je dois faire venir 2 ouvriers spécialisés à 30$-40$ de l’heure pour brancher un lave-vaisselle). Tout va bien. Je respecte tous les règlements.

    J’accueuille mes premiers locataires. Je ne fais pas de discriminations. Certains ne m’inspirent pas confiance mais ils ont droit, eux aussi, à un logement décent malgré leurs faibles revenus.

    Les locataires du logement 1 ne paient pas. Je n’ai pas le droit de les expulser avant 6 mois et il faut que je me rende à la régie pour obtenir un ordre d’expulsion.

    Les locataires du logement 2 ont brisé pas mal leur logement avant de quitter. J’ai des frais de 3000$ pour tout réparer. Comme les réparations durent quelques jours, le logement n’est pas disponible pour le 1 juillet et je perds un mois de location.

    J’ai le goût d’améliorer le logement 3 car ce sont d’excellents locataires. La régie fixe les augmentations de prix correspondant aux améliorations locatives et cela va me prendre 30 ans pour rentrer dans mon argent. J’abandonne l’idée.

    Mes taxes municipales sont de 1000$ par logement.

    C’est ça que tu appelles dérèglementé? Mal règlementé, peut-être, mais dérèglementé… pas selon moi. Le zonage est contrôlé à 100% par la ville, la construction est l’un des domaines les plus règlementés et la Régie du logement exerce une forte influence.

    ________________

    Moi, je crois que tu te trompes de cible. La solution, c’est plus de logements sociaux fournis par le gouvernement. Plus de logements sociaux, ça veut dire une plus grande offre et une moins grande pénurie, ce qui mènera à des prix plus accessibles.

    Actuellement, le gouvernement a tous les moyens nécessaires pour corriger la situation. S’il y a quelqu’un à blâmer, est-ce celui qui contrôle tout ou celui qui respecte les règles dictées?

  8. Intéressant ce que tu dis Louis.

    Mais j’aurais une demande spéciale à te faire. Dans un tout autre ordre d’idées, j’aimerais avoir ton opinion et celle de tes lecteurs, sur ce que tu considères comme le meilleur film québécois en 2009. J’ai établi un sondage sur mon blogue. J’ai dressé une liste de tous les films sortis l’an dernier, une trentaine. Eh oui ! Et je suis persuadé que tu n’en connais que quelques-uns sur cette liste. Ne t’en fais, c’est ainsi pour la majorité d’entre nous.

    Vous pouvez voter pour plus qu’un film. Le but de mon sondage est de déterminer si, en laissant le libre choix au public, le meilleur film de l’année serait celui qui a le plus marché.

  9. Meilleur film : Les doigts croches

  10. @Yvon Sylva: Exactement! Un logement ou un bloc devrait être la limite. Personne n’a besoin de plus d’un endroit où vivre.

    @Martin R.: On n’a pas de la misère avec ceux qui font de l’argent; on a compris que rien ne se perd, rien ne se crée, et que quand on se met à bâtir une société en fonction de ses plus riches, on se ramasse avec des échecs comme aux États-Unis et dans le Downtown Eastside à Vancouver. Remarque que pour acheter, c’est trop cher également… Si on réglementait le prix des loyers, ce serait aussi le prix des duplex qui baisserait. On n’aurait pas à payer 500 000$ pour un duplex ordinaire dans Rosemont…

    @Garamond: Ils peinent à rentabiliser leur achat parce qu’ils ont payé trop cher… Quand tu paient 500 000$, c’est normal que tu t’attends à charger plus cher par mois que si tu payais 250 000$… Le problème vient de la bulle spéculative, et elle touche à la fois propriétaires et locataires.

    @Steph: 1) Se loger est un droit; 2) Ce n’est pas le marché de la construction qui est déréglementé, mais le marché de l’immobilier. C’est la loi de l’offre et de la demande qui fixe les prix, et c’est ce qui a permis la catastrophe actuelle. Il faudrait réglementer les prix; 3) Les logements sociaux, ce n’est qu’un bandage sur le problème. Si la spéculation fait qu’un taudis vaut 1 million de dollars, alors on perd de l’argent collectivement en louant à 400$ les logements; il faut plutôt comprendre et constater qu’aucun duplex ou triplex ne peut valoir 1 million de dollars. Il faut s’attaquer à la source du problème et empêcher la spéculation, réglementer fortement le marché.

    @Daniel Labonté: Contacte-moi en privé pour ce genre de question SVP. Merci.

    Merci à tous pour vos commentaires!

  11. Personnellement, j’ai bien aimé ce film. C’est un bon scénario.

  12. « 1) Se loger est un droit; »

    Puisque tu le dis, ça doit être vrai. C’est donc ma définition de droit qui doit être erronée.

    « 2) Ce n’est pas le marché de la construction qui est déréglementé, mais le marché de l’immobilier. C’est la loi de l’offre et de la demande qui fixe les prix, et c’est ce qui a permis la catastrophe actuelle. Il faudrait réglementer les prix; »

    D’accord. Mais le marché de la construction influence les prix. Tout comme la Régie du logement. Tout comme le zonage. C’est donc un marché d’offre et de demande influencé par une lourde règlementation.

    « 3) Les logements sociaux, ce n’est qu’un bandage sur le problème. Si la spéculation fait qu’un taudis vaut 1 million de dollars, alors on perd de l’argent collectivement en louant à 400$ les logements; il faut plutôt comprendre et constater qu’aucun duplex ou triplex ne peut valoir 1 million de dollars. Il faut s’attaquer à la source du problème et empêcher la spéculation, réglementer fortement le marché. »

    En soit, je ne suis pas vraiment contre. Mais je n’y crois pas.

    Imaginons, par exemple, qu’une loi fixe le prix des logements à 100$ par pièce. Évidemment, compte tenu du prix d’une construction neuve, il ne se construira plus rien.

    Imaginons maintenant, et ce n’est pas farfelu, qu’un baisse des prix des loyers fasse en sorte qu’un plus grand nombre de ménages puissent se payer un logement dans un quartier donné. De quelle façon seront déterminés ceux qui auront le droit d’occuper un logement?

    Concrètement, j’ai un immeuble de 6 logements. La loi m’impose un prix maximal de 400$ par mois. 20 personnes veulent mes 6 logements. De quelle façon éliminerai-je 14 candidats malheureux?

    _______________

    Par ailleurs, pour qu’on se comprenne bien, j’aimerais avoir ta définition de « spéculateur » et de « droit ». Si on utilise les mêmes mots dans des sens différents, on peut très bien vouloir dire la même chose tout en ayant l’air de se contredire. J’ai déjà fait un peu ma part en donnant ma définition de « droit ». Je vais maintenant donner ma définition de spéculateur: individu qui recherche un profit à court terme en achetant et en revendant un actif sans lui donner plus de valeur par ses actions »

    Par exemple, pour moi, quelqu’un qui achète un actif (un bloc, des actions ou autre) et le conserve pendant moins d’un an est présumé être un spéculateur. Quelqu’un qui achète un immeuble et le conserve pendant plus de trois ans ou encore qui lui apporte des améliorations notables est exclus de ma définition de spéculateur et entre dans la catégorie de ce que j’appelle un investisseur.

  13. 2 autres remarques:

    « @Martin R.: On n’a pas de la misère avec ceux qui font de l’argent; on a compris que rien ne se perd, rien ne se crée… »

    Faux: la richesse se crée.

    Par exemple, comparons mon niveau de vie avec la personne la plus riche du 17ème siècle: louis XIV.

    Lui, il avait des chevaux en quantité infinie pour se déplacer. Moi, j’ai une voiture qui me permet d’aller plus loin, plus vite et plus confortablement que lui. Si je veux changer de continent, je prend l’avion et j’arrive après un voyage de 8 heures alors que lui aurait eu besoin de 3 mois. Je suis loin devant lui…

    Lui, il pouvait faire venir un orchestre. Moi, avec mon iPod, j’ai accès à toute la musique que je veux, que je sois en déplacement ou à mon domicile. Avantage à moi.

    Lui, il avait des lattrines et des chandelles. Moi j’ai l’eau courante, une toilette, l’électricité, un chauffage réglé par un thermostat.

    J’ai une télévision, un accès à internet, un réfrigérateur, un micro-ondes, un téléphone… alors que lui n’avait rien de tout cela.

    Pourtant, je ne suis pas le plus riche du monde. Ni du Québec, ni de ma ville, ni même de la rue. Je suis dans la moyenne.

    Un Québécois moyen a aujourd’hui un niveau de vie largement supérieur à presque n’importe quel aristocrate d’il y a 300 ans. Pourquoi? Parce que le génie humain a créé de la richesse. Énormément de richesse. Tellement qu’il y a des millions (milliards?) d’êtres humains qui ont un téléphone, une télévision, l’eau courante, un réfrigérateur…

    La richesse se crée.

    ________

    « Si la spéculation fait qu’un taudis vaut 1 million de dollars, alors on perd de l’argent collectivement en louant à 400$ les logements; il faut plutôt comprendre et constater qu’aucun duplex ou triplex ne peut valoir 1 million de dollars. Il faut s’attaquer à la source du problème et empêcher la spéculation, réglementer fortement le marché. »

    Mon opinion sur ce sujet est que tu confonds la cause et la conséquence. Ce n’est par parce que les immeubles sont chers que le prix des loyers est élevés; c’est parce que le prix des loyers est élevé que les immeubles sont chers.

    Essaie, pour le fun, d’acheter un immeuble plus cher qu’il ne vaut. Va ensuite dire à tes locataires que tu dois augmenter tes loyers davantage que ce que la régie suggère parce que tu as payé trop cher ton immeuble. Si tes locataires te disent que tu as raison et acceptent sans rechigner l’augmentation, je dirai que tu as peut-être raison: c’est le prix de l’immeuble qui influence le prix des loyers.

    Maintenant, propose 2 immeubles à un investisseurs: un qui rapporte 7 000 $/an net et un autre qui rapporte 12 000 $/an net. S’il te dit qu’il est prêt à payer le même prix pour chacun de ces deux immeubles, alors j’admettrai que tu as définitivement raison.

    Par contre, si un investisseur dit qu’un immeuble qui rapporte plus vaut plus cher, je crois que tu devras me donner raison.

    Si tu veux t’attaquer à la source du problème, tu dois t’attaquer au prix des loyers. La valeur des immeubles suivra. Si tu t’attaques à la valeur des immeubles, tu fais fausse route: si je peux payer (en raison de la règlementation) un immeuble 50 000$ alors qu’il rapporte 25 000 $/an, pourquoi baisserais-je les loyers? Cela enrichirait les propriétaires sans procurer le moindre avantage aux locataires.

  14. Martin On y a pensé. Cependant avec le prix des maisons actuellement et les taxes qui ne cessent d’augmenter, ça nous revient moins cher de rester locataire. En bref ce qu’on paierait en assurance et taxes sur une maison c’est plus ou moins le prix de notre loyer. En plus, il n’est pas dit que le marché ne va pas sombrer bientôt… Dans certains coins des EU les maisons ont perdu jusqu’à 50% de leur valeur.

  15. Magnifique, magnifique texte!

  16. Salut Steph,

    La richesse ne se crée pas. Tu confonds la richesse avec la fonction d’un produit. La richesse est le volume du vecteur d’échange permettant d’acquérir un bien matériel ou un service. Ce n’est pas la fonction d’un produit. C’est bien beau que tu as une automobile et que Louis XIV disposait seulement de chevaux pour se déplacer sur terre, mais si Louis XIV aurait eu accès aux automobiles, il aurait pu en acheter des millions avec la richesse qu’il possédait.

    Oui tu as un I-pod, mais Louis XIV pourrait s’en acheter des milliards d’I-pods avec sa richesse.

    Si ton argument est basé sur la fonction des biens et services du temps contemporain, il faudrait que tu considères les Louis XIV d’aujourd’hui qui possèdent plus de voitures et d’I-pod que toi…

    Finalement, il y a un volume limité de vecteurs d’échange et la majorité de ceci appartient à une petite minorité des gens qui touchent à cette richesse car ils sont nés dans une classe sociale supérieure (oui, il y a plusieurs exemples de gens issus de classes sociales inférieures qui réussissent à acquérir un plus grand volume de vecteurs d’échange, mais ceci est très rare).

    Quand le système tant justement de créer de la richesse en imprimant des nouveaux vecteurs d’échange, il entame un processus que s’appelle: L’INFLATION! Et ironiquement, cette inflation réduit la valeur des autres vecteurs d’échange jusqu’à temps que tous les unités retrouvent leurs valeur originale à comparé avec le nouveau nombre d’unité.

    La richesse ne se crée pas.

  17. J’admets en partie ton argumentation. Effectivement, on peut prétendre que je suis moins riche que le plus puissant roi de France de l’histoire. Ma comparaison volontairement provocatrice est boiteuse.

    Mais il faudrait d’abord s’entendre sur une définition de « richesse » si l’on veut s’entendre. Pour moi, la richesse, c’est la capacité d’acquérir légalement des biens et services. Plus je peux me procurer de choses, plus je suis riche.

    Cela peut se produire de 2 façons: ou bien je gagne plus, ou bien les choses coûtent moins cher (ou, bien évidemment, une combinaison des 2…).

    Or le génie humain permet de trouver sans cesse des façons d’améliorer la productivité ce qui permet justement d’augmenter les salaires ou de baisser les prix. D’où une création de richesse.

    Imagine qu’un pays inconnu soit resté à l’abri de toutes les innovations des 200 dernières années. Crois-tu que ce pays aurait des chances d’être aussi riche qu’un Québécois moyen? Imagine que Louis XIV ait acheté tout ce qu’il pouvait acheter et s’était isolé sur une île qui permet de vivre éternellement, crois-tu que son niveau de vie serait supérieur au mien?

    Évidemment, si tu indexes sa fortune comme l’humanité dans son ensemble, tu supposes qu’il bénéficie du génie humain et de la création de richesse qui l’accompagne. Et alors là, bien sûr, il me dépasse.

  18. On va réglementer quoi aussi? Le prix des matériaux pour les rénovations et la construction? Acheter absolument local? Réglementer le prix des services professionnels?

    On devrait être capables de garder notre population encore plus captive du Québec de cette manière.

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