Force Jeunesse: en attendant le chèque

« L’imagination et le courage sont les seules limites de notre capacité à lutter contre la situation budgétaire alarmante » affirme Jonathan Plamondon, président de l’organisme Force Jeunesse. De l’imagination! Du courage! Quoi, vous rêvez? Ce sont les mêmes vieilles « solutions » libérales de hausses de la taxe de vente du Québec (TVQ) et des tarifs d’électricité. Faut-il s’en surprendre, puisque Force jeunesse est financé par le Secrétariat à l’action communautaire autonome (SACA) et se trouve donc directement tributaire des décisions du gouvernement en place? S’il fallait seulement que Jean Charest coupe dans le gras plutôt que hausser les tarifs…

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Je suis peut-être vieux-jeu, ou même carrément vieux. De nos jours, on ne sait jamais. Trente ans, c’est vieux lorsqu’on pense au bien-commun, mais jeune lorsqu’on se veut dans la vent et qu’on propose des solutions « courageuses » pour lécher les bottes du gouvernement et s’assurer qu’elles seront bien luisantes lorsqu’on recevra un coup de pied dans l’arrière-train. Je suis peut-être vieux, donc, mais dans mon petit carré de sable de sagesse, il me semble que le courage et l’imagination, ça ne se résume pas à suivre l’idéologie dominante qui nous a foutu dans le pétrin et qui aujourd’hui nous propose davantage de ce qui nous a foutu dans le pétrin pour nous sortir du pétrin.

Le courage, ce n’est certainement pas d’augmenter la TVQ. La taxe est une mesure foncièrement régressive, c’est-à-dire qu’elle ne joue pas le moindre rôle dans la nécessaire redistribution de la richesse. Cinq pour-cent, c’est cinq pour-cent, que tu sois dans la rue en train de vendre ton corps ou que tu sois le PDG d’une multinationale. Pour la personne qui dépense 20 000$ par année, c’est peut-être le 1000$ qui l’empêche de payer ses comptes; pour celle qui se déleste de 200 000$, c’est bel et bien 10 000$, soit dix fois plus, mais il lui reste tout de même 190 000$, ce qui est bien suffisant pour vivre. Non, ce n’est pas du courage que de préconiser une hausse de la TVQ; c’est bel et bien le déni du rôle égalisateur de l’État et de son devoir de ne pas seulement penser en fonction des possibilités de revenus, mais aussi et surtout en fonction de la capacité de payer des gens.

Pareillement, l’imagination, ce n’est pas non plus d’augmenter les tarifs du bloc patrimonial d’Hydro-Québec, comme le suggère Force Jeunesse. L’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) a démontré d’une manière magistrale de quelle façon une telle hausse pénaliserait principalement les moins-nantis tout en épargnant ceux qui ont les moyens de sur-consommer. Ce sont à ces derniers qu’il faut s’attaquer, pas à la classe moyenne et aux plus démunis qui peinent déjà à joindre les deux bouts. L’élasticité-prix de l’électricité est très faible pour les moins-favorisés: 39,2%, contre 88,1% pour les plus riches. Concrètement, cela veut dire qu’une hausse des tarifs ne résulterait pas en une baisse marquée de la consommation pour les premiers, mais plus certainement pour les seconds; en haussant le tarif patrimonial, on n’incite donc pas la classe moyenne et les moins-nantis à réduire leur consommation, mais on permet simplement aux mieux-nantis de continuer leur party!

Non, le courage, l’imagination, c’est oser s’attaquer au dogme des baisses d’impôts qui gangrènent nos capacités depuis une dizaine d’années. Des baisses, encouragées par nos gouvernements de droite au pouvoir depuis des décennies et qui se sont traduites, dans la décennie 1998-2007, par une réduction marquée de la contribution des mieux-nantis et par une hausse tout aussi remarquable du coefficient de Gini, qui calcule les inégalités sociales. De trop généreuses baisses qui privent, comme le souligne Josée Legault, l’État québécois de près de 10 milliards de dollars par année, soit davantage que le déficit actuel!

Peut-être que si les grands penseurs de Force Jeunesse passaient un peu moins de temps à fixer les akènes dans les arbres qui font face à leur binerie de la rue Laverdure en attendant leur chèque du SACA et un peu plus à penser à défendre leur article premier, qui est de « défendre et promouvoir les intérêts des jeunes en emploi », ils réaliseraient peut-être – magie, magie! – que ce sont effectivement les jeunes qui seraient les premiers touchés par leurs mesures régressives; ce sont eux qui vivent le plus de précarité; ce sont eux qui tournent des boulettes chez McDo pour un salaire ridicule; ce sont eux qui doivent manger du Kraft Dinner le mercredi en attendant les maigres émoluments du lendemain.

Non, décidément, je ne veux plus être jeune si c’est pour être représenté par des gens comme cela. Appelez-moi le jeune-vieux ou le vieux-jeune si ça vous chante, mais je préfère encore m’arrimer à des générations qui ont eu les couilles de se battre pour des changements permettant d’améliorer réellement la société et qui ne se sont pas contentés de chanter en chœur les refrains usés du parti au pouvoir en gardant un œil sur la boîte aux lettres d’où ils recevront leur prochain chèque.

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10 Réponses

  1. Une autre preuve de l’hypocrisie écologiste.

    Hydro Québec n’a pas la moindre volonté de chercher à réduire la consommation d’électricité. Hydro Québec a un seul mandat ; vendre le plus d’électricité et le plus cher possible. Augmenter la demande et le prix.

    Des cleints qui cherchent à économiser leur consommation, Hydro n’en veux pas. Des clients qui ont besoin de moins d’électricité , Hydro n’en veux pas.

    C’est pareil pour la réduction des gaz à effet de serre ou taxe sur le carbonne. C’est un moyen d’augmenter la consommation. Payer pour mieux consommer.

    C’est le slogan d’Hydro Québec : Mieux Consommer.

    Pas : Moins Consommer.

  2. Je n’ai jamais trouvé la phrase parfaite pour le dire mais la réponse se trouve quelque part ici:
    === Veut-on un pays rentable ou veut-on un pays vivable? ===

    Elle est toute là l’histoire.
    Depuis 1980 on n’arrête pas de répéter le même mantra; ‘coupes tes budgets et tu fleuriras’. Sans méchanceté, 30 ans de la même recette et il est clair que l’auto n’arrive plus à monter la pente. Il y en a même qui sont sortis du bazou et ont décidé de faire le chemin à pied! Après 30 ans on n’en finit plus de nous endormir avec des slogans et des solutions bidon qui perpétuent le mythe qu’en coupant on va bien finir par y arriver. Ajoutez à cela un cynisme rampant et des scandales bien placés et la force jeunesse a le bec à l’eau, le reste suit tout près derrière.

  3. Dac mais une nuance importante :
    Ni vu ni connu Hydro-Québec a changé de mandat. Ce n’est plus une société d’état au service du citoyen. C’est une entreprise privée au service de son capital et vouée au profit.
    Chapeautée par un twit de VP qui n’a même pas le courage de s’excuser comme il faut quand il fait une bêtise.

    Alors l’écologie, comme le reste, c’est juste de la frime. Un jeu de relations publiques.

    Si l’hydro était sérieuse, elle viseraient l’autonomie énergétique pour ses clients en subventionnant les plaques solaires et tout le bataclan, non? Ben voyons donc des citoyens qui vivent mieux c’est pas payant!!!

  4. En plein dans le mil !

    Mais n’est-ce pas le nouveau mandat de toutes les entreprises de l’État québécois ?

    Si elles se comportent comme des entreprises privées, au moins leurs profits reviennent à l’État et aux services aux citoyens.

    C’est une bonne façon de redistribuer la richesse mais pas si on augmente les tarifs à tout le monde comme l’explique bien Louis.

    L’idéal, à mon avis, pour éviter ce désiquilibre, serait d’encourager la conservation d’énergie chez les moins nantis, car ce sont eux qui peuvent bénéficier le plus de tarifs stables tout en faisant bénificier la diversité de l’économie (un pauvre qui paye moins en électricité dépense à autre chose). Un standard devrait être établi pour les besoins essentiels en électricité pour une personne ou famille. Ce standard devrait être exclu d’augmentation de tarif. Ainsi, les moins nantis viseraient cette limite de consommation par l’ingéniosité, inventivité, et même investissements pro-conservation pour s’y maintenir afin de sauver des sous pour consommer à autre chose (diversité économique).

    Même la classe moyenne pourrait en profiter.

    Mais c’est d’une classe haute-moyenne que le Québec a besoin (nous ne voulons pas d’une économie communiste). Pour s’assurer une classe haute-moyenne stable au Québec j’adopterais la solution des Finlandais qui ont distribué la propriété et gestion des barrages hydro-électriques à plus de 200,000 familles 100% finlandaises résidentes et qui ne peuvent être retransmisent ou vendues qu’à des Finlandais en Finlande. C’est à dire un PPP non avec des multinationales mais avec la nation de souche culturelle et ethnique. Avec le peuple.

  5. C’est une stratégie typique du parti libéral du Québec depuis plusieurs années. Ils ne veulent pas assumer leurs idées de droite alors ils les font passer par d’autres. Desfois ce sont des supposés économistes objectifs qui arrivent pour ‘discuter’ dans des ‘sommets’ de leurs idées déjà faites afin de formuler des ‘suggestions’ que le gouvernement veut entendre. D’autres fois c’est le comité jeunesse du parti libéral qui veut augmenter les taxes de 200%. Et Charest se fait un plaisir d’arriver en sauveur en disant qu’il ne veut pas les augmenter de 200%, qu’il ne les augmentera que d’un niveau raisonnable. On diminue ainsi les attentes de la population et on présente les décision de droite de Charest comme des compromis raisonnables.

  6. Je suis remativement d’accord avec toi Louis qu’il faut redistribuer les richesses mais j’ai l’impression que tu n’es pas plus immaginatif que le gouvernement. Tu reviens seulement a la charge avec le ‘il faut imposer plus les riches et rien changer au pauvre’ Je crois que c’est le travail de tous et chacun de participer a l’état de son mieux.

    Les hausses de taris? très bonne idée sauf que tu donne une quantité X d’énergie considéré comme minimale gratuite a tout le monde, tout ce que tu utilise au dessus tu le paye et plus cher. Pareil pour l’eau.

    Je suis pour un salaire maximale du genre un employé ne peut pas gagner plus de 10X le salaire moyen national (ce qui ferait quand même un bon 200-300k) Rendu au maximum la seule façon d’augmenter ton salaire c’est d’augmenter la moyenne en payant les autres.

    Les gens qui fond de l’argent sans produire de richesse sont un problème mais les actions sont un système nécessaire pour l’investissement alors tu limite a 20 coupons les actions, après elle n’ont plus aucune valeurs.

    D’un autre coté tu ajoute un ticket modérateur pour les hôpitaux, chaque mois tu paye le premier 50$ de tes soins et tout ce qui dépasse est gratuit, si tu peux pas payer 50$ pour ta santé tu as un sérieux problème de gestion.

    En gros tu donne une chance égale a tout le monde et après tu donne les même conditions a tout le monde en fixant des limites a ne pas dépasser….

    Mon avis… Mais je pense que être original c’est plus que seulement dire « faut imposer plus les riches »

  7. André, je pense qu’à une autre époque on appelait ça le communisme.

  8. @Gébé Tremblay: Il y a, à mon avis, une énorme différence entre modérer le capitalisme et instaurer une économie communiste. L’idée est simplement de faire attention aux moins fortunés!

    @Louis Horvath: D’accord avec toi; les valeurs écologiques de Hydro-Québec ne valent pas les valeurs du jeu responsable de Loto-Québec…

    @leTViste: 100% en accord avec toi. On fait faire la sale job par d’autres. Si Charest avait le courage de ses positions, il ne ferait pas long feu. Quoi que… avec la faiblesse de l’opposition, on ne sait jamais.

    @André: Certaines de tes idées m’apparaissent intéressantes, notamment l’idée de ne pas augmenter le tarif préférentiel d’Hydro-Québec, comme je le suggère. Je ne crois pas que ce soit manquer d’imagination que de travailler pour une meilleure redistribution de la richesse: tout le monde y gagne!

    @Achat local 100% Québec: Pas vraiment. La social-démocratie, simplement.

    Merci pour vos commentaires!

  9. Je connais Force Jeunesse depuis 10 ans et j’ai toujours trouvé que c’était des jeunes carriéristes qui dirigeaient cette organisation et qui utilisaient cette dernière comme tremplin pour leurs aspirations futures. Leur discours a toujours été néolibéral et corporatiste, en ce sens que pour eux il n’y a que les intérêts de la « jeunesse » qui compte et tous les jeunes ont le même niveau social et les mêmes intérêts.

  10. Monsieur Préfontaine, permettez-moi d’accaparer quelques lignes de votre blogue, à titre de président de Force jeunesse, pour préciser certaines informations présentes dans votre billet du 20 janvier 2010 où vous commentez les positions mises de l’avant par notre organisation.

    D’abord et avant tout, je tiens à vous assurer que les mains de Force jeunesse ne sont pas liées par quelque subvention que ce soit et que nous ne sommes aucunement « tributaire des décisions du gouvernement en place ». Nous bénéficions certes, comme quelques autres organismes communautaires québécois, d’une modeste subvention du SACAIS. Toutefois, il n’y a définitivement pas là de quoi forcer notre complaisance ni restreindre notre liberté de parole, tout comme c’est le cas chez les autres organismes recevant une telle subvention. Permettez-moi de vous citez le cas, à titre d’exemple, de l’Union des travailleurs et travailleuses accidentées de Montréal (UTTAM) qui est loin d’adopter « l’idéologie dominante ». En ce sens, je vous souligne que nous nous sommes largement prévalus de cette liberté de parole par le passé pour communiquer à M. Charest notre insatisfaction envers son gouvernement :

    http://cnw.ca/fr/releases/archive/September2009/18/c6543.html http://cnw.ca/fr/releases/archive/March2008/14/c4046.html

    En espérant avoir dissipé vos craintes d’un acoquinement entre le parti au pouvoir et notre organisation, j’oserai maintenant tenter de vous instruire un peu sur ce à quoi s’affaire Force jeunesse. Au contraire de votre billet qui ne résume qu’une seule de nos positions, la réalité est que nous nous employons notre énergie à proposer des solutions en faveur d’une gestion des finances publiques diligente et équitable entre les générations. Bien qu’une telle entreprise nous mène parfois à proposer un alourdissement du fardeau fiscal des contribuables, nous croyons que c’est une avenue nécessaire pour assurer le maintient du filet social québécois ; mieux vaut payer plus aujourd’hui que d’attendre les bras croisés jusqu’au point où le Québec doive vendre une société d’état ou fermer un programme majeur pour éviter la faillite… Nous croyons profondément que le modèle québécois est source d’équité sociale et que tous les efforts doivent être déployés pour assurer sa pérennité, même si cela signifie, à court terme, exiger un effort fiscal supplémentaire et pénible de la part du contribuable.

    En ce sens, croyez-le ou non, nous sommes en accord avec plusieurs des constats que vous dressez…

    À titre de prélude, un petit examen de la situation actuelle des finances publiques nous indique que, si rien n’est fait, le Québec accusera un déficit budgétaire structurel majeur en 2013-2014. M. Charest et sa bande l’estiment à 6G$, nous l’estimons à 9G$, principalement parce que nous ne croyons pas qu’il sera possible, ni souhaitable, de limiter la croissance annuelle des dépenses à 3,2% comme le projette le gouvernement (le seuil historique est de 4,6%). Le problème à résoudre est donc colossal : combler un fossé budgétaire de 9G$ !!! Il faut proposer des solutions, pour augmenter les revenus. C’est ce que Force jeunesse s’est astreinte à faire : « faire des choix pour faire face au problème dans son entièreté, sans fuite en avant, sans faux-fuyants et sans artifice comptable ».

    La table étant mise, je ne peux m’empêcher de constater que, dans votre billet, vous proposez très peu de solutions pour résoudre le problème explicité précédemment… Certes, vous contestez nos propositions à grand renfort d’indignation et dénoncez vigoureusement notre manque d’imagination et de courage, mais quelles sont vos alternatives ? Comment proposez-vous de combler un manque à gagner de 9G$ ?

    Pendant que vous vous entreprenez cet exercice de votre côté, permettez-moi d’élaborer un peu plus sur les avenues auxquelles Force jeunesse a convenu que le Québec devait se résoudre.

    Sur une hausse de la TVQ pour commencer. Vous n’êtes pas sans savoir que le gouvernement fédéral se dirige vers un déficit de 50G$ pour l’année financière actuelle. Certes, la crise financière en est en bonne partie responsable, mais le budget fédéral comprenait désormais une composante structurelle de déficit. Puisqu’il serait surprenant de voir M. Harper hausser les impôts pour rétablir budgétaire – l’enfer aura gelé bien avant – et qu’il y a une limite aux sommes qui peuvent être récupérées par des compressions budgétaires, il ne serait pas surprenant que les conservateurs jonglent soudainement avec l’idée de reprendre les points de TPS qu’ils ont laissé filer au cours de leurs deux premières années de mandat. S’ils ne le font pas, leurs successeurs libéraux s’en chargeront. Cela nous mène à un dilemme intéressant : où voudriez-vous envoyer une éventuelle hausse de taxe : à Ottawa ou à Québec ? Préféreriez-vous une hausse de la TVQ de 2% ou une hausse de la TPS de 2% ? Vous aurez deviné ce que répond Force jeunesse à cette question.

    Néanmoins, nous ne sommes pas moins conscients des effets qu’une hausse de la TVQ occasionnerait pour les plus démunis. Bien que cela ne transparaisse pas dans notre mémoire, qui s’axe principalement sur les sources possibles d’augmentation des revenus, nous croyons que, parallèlement à une augmentation de la TVQ, le gouvernement devrait mettre en place un programme d’aide qui permette aux moins bien nantis de faire face à la hausse. Et, pour en rajouter, nous ne parlons pas simplement d’offrir une petite compensation mesquine ici. Non. Nous voulons une aide réelle.

    Serait-ce suffisant ? Soyons quelque peu honnêtes ici… Notre proposition de hausser la TVQ de 2% n’aurait pour effet que de ramener le total des deux taxes (TPS+TVQ) à son niveau de 2006 ; il s’agit donc moins d’une véritable hausse que d’un retour à la situation qui a prévalu depuis le début des années 90. Pour cette raison, et supposant la mise en place d’un programme d’aide adéquat, nous avons toutes les raisons de croire que les moins bien nantis seraient en mesure de survivre à la hausse que nous proposons.

    Enfin, sans vouloir rejouer une manche de l’éternel débat « taxation VS imposition », force est de constater que la taxation a des avantages indéniables si l’on souhaite faire payez les plus riches. Miser uniquement sur l’imposition, comme vous semblez le proposer, est une idée très noble en soit… mais cela rapporte-t-il ses fruits ? La réalité est malheureusement que, lorsque l’on est très riche, on échappe plus facilement à l’impôt qu’à la taxe. Avec un revenu annuel de 200 000$ (pour reprendre votre exemple…), on peut se payer un comptable très créatif qui nous fait économiser beaucoup, en toute légalité. Mais on ne peut facilement éviter la TVQ.

    Sur la question des tarifs d’hydroélectricité ensuite. La position de Force jeunesse comprend plus d’un volet. Si nous proposons effectivement une hausse du prix de vente de l’électricité du bloc patrimonial, mesure avec laquelle vous ne semblez pas être d’accord, nous proposons également la mise en place de « tarifs-ascenseurs », c’est-à-dire d’augmenter davantage le prix au kilowattheure des plus gros consommateurs résidentiels. Cette dernière idée rejoint exactement vos propos. Permettez-moi également d’ajouter que, comme pour la hausse de TVQ, nous demandons à ce qu’une éventuelle augmentation des tarifs d’hydroélectricité soit assortie d’un réel coup de pouce au plus démunis, afin que ceux-ci puissent faire face à la hausse.

    Sur une hausse des impôts enfin. Nous sommes d’emblée en accord avec les propos de Madame Legault – propos que vous rapportez – à l’effet que le Québec s’est fait cadeau de trop généreuses baisses d’impôt au cours des dernières années. Nos calculs montrent que, sans les baisses d’impôts ni la création de nouveaux programmes survenus entre 1998 et 2009, le budget québécois afficherait un surplus de 10G$. Nous croyons donc qu’il faut faire marche arrière et relever le niveau d’imposition des deux façons suivantes : ajouter un quatrième palier d’imposition et suspendre temporairement l’indexation du régime d’imposition. Nous épousons donc ici votre propre recommandation concernant la nécessité de hausser l’imposition.

    Mentionnons par ailleurs que, sans les baisses d’impôts des dix dernières années, l’État aurait pu utiliser la marge de manœuvre budgétaire disponible pour diminuer considérablement son niveau d’endettement et les intérêts qu’il paie annuellement à cause de celui-ci. Il aurait également été bien mieux préparé pour faire face à une crise économique que l’on savait qui viendrait un jour ou l’autre…

    Par ces quelques mots, j’espère avoir rectifié des informations erronées et combler certaines absences dans la présentation de nos propositions pour le plus grand bien de vos lecteurs.

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