Racisme ordinaire

Dans la foulé du cataclysme haïtien, de nombreux groupes de soutien à Haïti se sont créés sur Facebook. Que ce soit Une pensée positive pour Haïti ou Solidarité Québec-Haïti, les internautes cherchent des lieux de rassemblement pour offrir leur soutien au peuple haïtien. Ce qui est intéressant avec Facebook, c’est que ce phénomène concerne principalement les plus jeunes; on obtient donc une photographie de l’image de la jeunesse actuelle. Et cette jeunesse, quoi qu’on puisse en penser, ne sait pas se faire respecter.

Source de l’image

Ainsi, la création du groupe Montreal – Answering Haiti’s cry for help (ou on équivalent Montreal Support For Haiti Earthquake 2010). On parle ici d’un groupe de soutien à Haïti (pays francophone) de la part de Montréal (ville francophone) faisant partie du Québec (province francophone et nation reconnue par le Canada en 2006). Un groupe entièrement en anglais, où on peut pourtant lire des interventions d’individus portant des noms comme Stéphane Jolicoeur, Pierre Dartiguenave, Katia Cadet, Sarah Gauthier, Marie-Claude Caci et une litanie d’autres noms francophones. Et je ne compte pas le nombre de Québécois qui sont membres de ce groupe, qui compte déjà plus de 5000 membres.

J’ai souligné au créateur du groupe que Montréal est une ville francophone et que les Haïtiens, dont la langue officielle est le français (et la langue seconde le créole, dont les racines sont majoritairement françaises), méritent de se faire encourager dans leur langue. Peine perdue. Je me suis fait répondre que je suis un raciste, que ce n’était ni la place ni le lieu pour discuter de cela, que Montréal est une ville multiculturelle, etc. Un peu plus et on me traitait d’arriéré parce que j’avais osé réclamer, pour ma ville et mes concitoyens, qu’on parle en notre nom dans notre langue et dans une langue que les principaux intéressés peuvent comprendre.

Évidemment, on pourra me répondre qu’il ne s’agit que d’une tempête dans un verre d’eau, que d’un groupe Facebook. Pas certain. Les arguments lancés par les membres de ce groupe sont ceux qu’on entend à tous les jours, dans la rue, au travail, partout. Au quotidien, on se fait dire: « ce n’est pas la place pour défendre le français ». Je me le suis fait dire à plusieurs reprises. Si on écoutait ces gens-là, la seule place pour défendre le français serait au parlement de Québec, en autant que cela ne dérange personne. Tu veux travailler en français? Pas la place pour cette lutte! Tu veux te faire servir en français? Pas la place pour ce combat! Tu aimerais souligner le fait qu’une artiste décédée n’a chanté que trois chansons en français sur trente-cinq? Es-tu fou, on ne critique jamais les morts, ce n’est pas la place… Ce n’est jamais le bon endroit pour défendre notre langue.

Pourtant, je souffre pour les Haïtiens. Je ne crois pas manquer de respect au peuple haïtien en exigeant qu’on parle en mon nom en français et qu’on souligne les profonds liens linguistiques qui unissent le Québec et Haïti. Le combat linguistique que nous menons, Québécois, n’est-il pas le même que les Haïtiens tentent de mener depuis des décennies contre les puissances extérieures qui décident quel président déposer, quelle mesure créatrice de pauvreté implémenter? Vouloir protéger le français au Québec contre le rouleau-compresseur d’une mondialisation néolibérale anglophone ne trouve-t-il pas écho dans la lutte des Haïtiens pour la création d’un État plus fort, moins soumis aux intérêts étrangers? Ne s’agit-il pas du même combat pour le respect de nos identités respectives?

Il ne s’agit pas que d’un groupe Facebook. C’est l’image d’une nouvelle jeunesse montréalaise qui, d’un côté, se fout éperdument de la protection des valeurs québécoises, et de l’autre n’hésite pas à renier ce qu’elle est au nom d’une cause soi-disant supérieure. Protéger les Tibétains, les Tamouls, les Kurdes, les Haïtiens, parfait! L’identité du peuple québécois? Connais pas! Ce n’est pas la place pour en discuter!

Nos combats sont pourtant interreliés. Défendre le français à Montréal et au Québec, c’est défendre non seulement la pluralité et la diversité des cultures de la planète, c’est aussi se battre pour l’indépendance des peuples. Lorsqu’un peuple se respecte assez pour exiger sa langue, il démontre qu’il n’est pas à vendre et qu’on ne peut pas le détruire à coup de réformes du FMI, comme celles qui ont poussé Haïti à la ruine. Lorsqu’un peuple tout entier refuse de participer à toute organisation reniant ses valeurs profondes, il assure non seulement sa survie linguistique, mais également celle de sa capacité à se gérer lui-même, à s’administrer, à se construire un réel autrement plus solide que celui qui était le lot des Haïtiens depuis des générations.

On ne choisit pas la « place » pour mener le combat. Ces escarmouches viennent naturellement. On ne les mène ni contre le peuple haïtien ni contre une chanteuse récemment décédée, mais plutôt pour leurs enfants, en leur mémoire. Nous menons ces rixes pour que de la tragédie qui fut la leur puisse naître un espoir nouveau, celui d’une planète diversifiée où chaque peuple, chaque nation puisse être en mesure de protéger ce qui lui est cher.

Quand on parle en notre nom dans une langue qui nous est étrangère, on ne scelle pas seulement le sort de notre incapacité à intégrer les nouveaux arrivants à notre destin commun, on ne lance pas seulement le message, à l’étranger, que Montréal ne constitue plus une ville francophone, on contribue à la désolidarisation et à l’affaiblissement des liens naturels qui nous portent vers les autres peuples qui partagent une de nos valeurs les plus précieuses: le français.

C’est bien là le pire des racismes que nous nous imposons: nous rejetons non seulement ce que nous sommes, mais nous tournons le dos aux Haïtiens, nous coupons le lien filial, fraternel, qui nous unit à Haïti et nous renions, nous aussi, ce que nous sommes, ouvrant la porte aux pires aberrations dont l’histoire haïtienne est si riche.

Aider les Haïtiens en français, c’est bien plus qu’un choix personnel; c’est celui de la fierté et de la reconnaissance d’un héritage commun porteur d’espoir pour le futur.

Entre deux peuples dépossédés, l’un par les puissances étrangères, l’autre par l’État canadien, on devrait pouvoir se comprendre dans ce qui représente le mieux nos spécificités: notre langue, notre français rapaillé, notre joual, notre créole, notre français déformé par les cicatrices de l’histoire, ces meurtrissures qui nous ont rendu plus fort.

Nous éloigner de cela, c’est nous condamner à la misère et à la dépossession qui sont le lot de tous les peuples en voie de disparition. Que ce soit par la pauvreté, amplificatrice des catastrophes naturelles, ou l’assimilation, ce racisme quotidien renie ce que nous sommes et ouvre la porte aux pires catastrophes.

Survivre, c’est s’attacher à nos valeurs et à notre langue. Survivre, c’est célébrer nos différences.

Ceux qui s’attachent à nuire à ce combat, quels qu’ils soient et où qu’ils vivent, font preuve de ce racisme ordinaire qui est celui des fats qui sont assis le cul bien au chaud dans leur prétention pendant que les autres luttent pour obtenir un minimum de considérations.  Et peu importe la grandeur de la cause qu’ils défendent, on ne verra toujours que la petitesse de leurs considérations.

Et ceux des nôtres qui acceptent de renier ce qu’ils sont, peu importe la grandeur de la cause, contribuent à la ruine des idées qu’ils prétendent défendre.

Aider Haïti, d’accord, mais pas au prix de renier notre langue et nos valeurs.

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34 Réponses

  1. Je seconde Louis…

    J’éprouve moi-même de l’inconfort vis-à-vis la situation en Haïti. D’un côté je souffre avec les haïtiens d’ici et là-bas puisqu’on parle ici d’une catastrophe majeure, et par ailleurs, l’exemple du français n’est qu’un point parmi d’autres, on va ouvrir encore davantage les portes de l’immigration pour réunir les familles tout en sachant qu’une grande majorité de ces gens choisira Montréal comme destination même si elle n’a rien à foutre de l’identité québécoise et que le temps venu d’une élection ou d’un prochain référendum… Il faut se rappeler que le dernier référendum a été perdu par 54 000 voix.

    On connait la chanson… Je suis un raciste et xénophobe.

  2. « Nous avons déjà trouvé près de 50 000 corps. Nous estimons qu’il y aura entre 100 000 et 200 000 morts en tout, même si nous ne connaîtrons jamais le chiffre exact. » — Le ministre haïtien Paul Antoine Bien-Aimé

    Il n’existe pas de mots pour exprimer la peine et la tristesse en regardant la situation en Haïti. Il faut parfois réaliser qu’il existe des problèmes beaucoup plus graves dans le monde que les nôtres au Québec.

    Comment pouvez-vous oser parler d’un group Facebook en anglais pendant que les haïtiens continuent à mourir? Avez-vous un esprit si fermé que vous ne pouvez pas ignorer vos problèmes triviaux pendant une seconde?

    Et voilà, la mentalité chez l’aile droite du mouvement souverainiste. La seule chose qui est importante est leur politique et leur idéologie.
    Il ne faut même pas laisser la création d’un groupe Facebook pour l’Haïti en anglais parce qu’il est lié à une ville au Québec et établit par un gamin anglophone de Montréal.

    C’est NOTRE culture qui est enjeux, ce n’est que NOTRE langue qui compte.

    Oui, il y a 250,000 blessés et environ 1,5 million haïtiens qui sont touchés par cette catastrophe, mais il faut que l’on se concentre sur ce qui est important; un groupe Facebook en anglais.

  3. Ce n’est jamais le temps ni la place qu’on disait…

  4. Malheureusement vous avez raison, Louis.

    Le problème des Haitiens est semblable au nôtre. Une trahison de nos élites.

    Haiti ne se remettra jamais. La République Dominicaine qui partage l’île avec eux est florissante. Les élites haitiennes ont sabordé l’économie d’Haïti en achetant les produits de la République D.(moins cher que ceux produits en Haïti) et ainsi ont encouragé la contrebande dans la population et les entreprises haitiennes ont dû fermer leurs portes.

    Les Haïtiens ne produisent plus rien.

    Oubliez les investissements massifs étrangers pour repartir l’économie d’Haïti, car ce serait miner c’elle de la R.D. juste à côté dans laquelle les investissements ont été faits.

    Le sort des Haitiens (70% de chômage) est dans les quelques dixaines d’entreprises (sweat shops) de vêtements militaires pour l’armée américaine. À 65 sous l’heure.

    Bien franchement, ils est préférable qu’ils aprennent l’anglais et quittent le Québec car ce n’est pas le petit Québec qui va changer leur situation. Ils sont mieux d’aller dans le ROC ou aux USA.

    C’est ce que les Dominicains ont fait il y a 40 ans et près de 2 millions d’entre eux ont envoyé des million$ au pays pour en faire le paradis touristique qu’il est aujourd’hui.

    Les Haitiens auraient pu en faire autant, mais ils n’avaient plus se sentiment de fièreté nationale. Ils n’ont pensé qu’au présent et ont plutôt aider l’économie du pays d’à côté.

    Ils n’auront certainement pas plus de solidarité ou vison à long terme ici.

  5. Le combat n’en est pas un de langue mais bien de survie, d’organisation et de sauvetage. Juste tenter de vivre ! La langue n’a rien à faire ici. C’est déplacé!

  6. @Réal Croteau: Personnellement, je n’ai pas trop peur de l’arrivée des Haïtiens, car ce sont les immigrants qui s’intègrent le mieux au Québec (à part peut-être les Français et autres pays européens et maghrébins francophiles). Je crois que nous avons un devoir d’aide, mais je suis d’accord qu’il faut tout de même faire attention. Des éléments indésirables peuvent facilement se glisser dans les failles du système si nous accélérons trop le processus.

    @Benjamin & filonle: Le combat identitaire des Québécois va de pair avec le combat identitaire haïtien. Manque de respect aux premiers ne signifie pas aider les seconds. C’est le Québec qui se sent près des Haïtiens, pas le Canada. 80% des Canadiens en Haïti en ce moment sont Québécois. C’est la langue qui nous unit. S’attaquer à cette solidarité linguistique en insultant les Québécois avec ce groupe anglophone constitue la meilleure façon de nuire aux Haïtiens. Il faut plutôt, à mon avis, renforcer cette solidarité et les liens linguistiques qui nous unissent. Nos histoires sont semblables, notre destin est lié. On peut très bien aider les Haïtiens SANS insulter les Québécois. Nous n’avons pas à accepter de nous faire insulter, à voir notre culture et notre langue foulées des pieds, peu importe la cause.

    @Gébé Tremblay: Je trouve qu’il est facile de blâmer les Haïtiens. On oublie trop facilement qu’à plusieurs reprises où ils se sont donnés des leaders stimulant leur fierté et tentant d’améliorer leur sort, ceux-ci ont été déposés par des coups d’État financés par des pays étrangers, dont les États-Unis, la France et le Canada. Aristide était un grand homme et il cherchait véritablement à sortir Haïti de sa misère; c’est à deux reprises qu’on s’est débarrassé de lui; en 2004, c’est même la CIA elle-même qui l’a kidnappé dans le palais présidentiel…

    Merci pour vos commentaires!

  7. @filonle : Le combat pour la langue a toute sa place ici, du moment où les États-Uniens s’auto-proclament chef d’équipe et empêchent nos secours de Métropole d’arriver avec leur matos pour secourir leurs frères haïtiens !!!
    @ Louis, fine plume et analyse pertinentes, continue de te battre cousin d’Amérique pour resserrer les liens qui nous unissent par les valeurs portées par notre langue.

  8. «C’est l’image d’une nouvelle jeunesse montréalaise qui, d’un côté, se fout éperdument de la protection des valeurs québécoises»…
    Malheureusement trop vrai….
    Nos jeunes, mes enfants y compris, ne comprennent absolument rien à la lutte pour notre survie en tant que peuple francophone noyé dans un océan d’anglos.
    Il y en a une poignée qui comprennent mais la majorité se réclame d’un espèce de village global, où la langue ne signifie rien…
    Que c’est triste !

  9. «le rouleau-compresseur d’une mondialisation néolibérale anglophone». Je pense que vous avez tort d’associer le néolibéralisme à une langue. Si vous voulez dire que le néolibéralisme est en rapport avec les pays anglophones, il me semble que ce n’est pas vrai; il suffit de comparer cela avec la G20 à titre d’exmple simple. La signification de votre phrase admet un esprit chauvin non justifier historiquement. Se fonder sur une idéologie chauvin inflechit l’histoire des luttes des quebécois. Encore, il faut faire attention quand on essai d’associer les noms à leur appartenance nationale; un Duglas,un Brel,un Tremblay, un Benjalloum ou un Aoun, etc. pourront-ils appartenir à un X nation ou nationnalité?
    Enfin toutes mes sympathies pour les résidents d’Haïti.

  10. Salut Louis. J’ai lu ce billet parce qu’il me dérangeait. J’ai compris tous tes arguments et je suis d’accord avec la majorité d’entres eux. Moi, qui est un jeune montréalais souverainiste qui veut que le français soit respecté, je crois que ce n’est qu’un groupe facebook. Je m’explique.

    Le jeune montréalais(ce que j’ai compris) voulait tout simplement se montrer solidaire. Que le gorupe soit en espagnol,en anglais ou en français, une personne peut avoir le goût de se montrer solidaire envers un autre pays. Je pourrais très bien créer un groupe en français pour le Tibet. Des Tibétains pourraient joindre se groupe(bon, ils sont rayés de la carte en Chine alors ca n’aide pas!) Des Québécois pourraient aussi se joidnre au groupe. Dans le cas du groupe « solidaire » pour Haïti, les Québécois peuvent le joindre s’ils le veulent. C’est leur problème, et trop souvent, dès qu’ils voient l’image du groupe, ils veulent le joindre.

    Bref, je crois qu’un anglophone peut être solidaire en anglais. C’est son droit. Je ne vais pas le blâmer, même si les canadiens qui sont en Haïti sont presque tous des Québécois.

  11. Je trouve qu’il est facile de blâmer les autres.

    Tout ce que vous énumérez, les Dominicains l’ont subi aussi. Même qu’Haïti a déjà envahi la R. D. !

    Pourtant, la R.D. est le pays le plus riche des carraibes. Sa nation parle sa langue à 99% (espagnol) et leur identitaire national est très fort.

    Non, je crois que le problème est chez les Haïtiens, tout comme il est chez les Québécois. Un manque d’estime de soi.

    Ne sommes-nous pas les nègres blancs d’amérique ?

    Pas étonnant que les Haïtiens préfèrent l’anglais de Montréal. N’oublie pas que c’est l’élite haitienne qui est ici. Ici plutôt qu’à Haïti. Il vont choisir la fédération canadian c’est clair et cette fédération est au service des USA et CIA.

  12. C’est tout de même ironique de demander aux Haïtiens de respecter le français dans un esprit de solidarité. La langue imposée de leurs maîtres dont ils se sont affranchis et qui leur a ensuite imposé des « dédomagements » odieux.

    La première langue d’Haïti est le créole.

    Des Haïtiens qui parlent français à Haïti, c’est un peu comme des Québécois qui parlent anglais au Québec.

  13. Merci bien pour ton commentaire Vincent Rioux! Je n’ajouterai rien, tu as tout dit!

  14. Le créole est un dérivé du francais en Haïti. Il est postérieur au français ! Les langues d’origines sont africaines, comme les esclaves qui ont peuplé l’ile !

  15. Oui, un anglo québécois peut très bien être solidaire en anglais et cependant en tant que Québécois, il peut très bien être solidaire en français aussi! Les anglo québécois bilingues ne sont pas rares mais ceux qui trouvent normal de fonctionner en français sont plutôt rares. Et pourtant, c’est la langue de la majorité de leurs concitoyens. Représenter Montréal uniquement en anglais a quelque chose d’offensant peu importe la noblesse de la cause, et dans ce cas encore plus, car il s’agit d’Haiti un pays francophone.

    Je suis un anglophone originaire de Toronto unilingue il y a 45 ans quand je me suis installé à Montréal et qui soutient Louis dans sa démarche. Les anglo québécois ont les droits qu’on leur reconnaît, mais ils semblent moins bien reconnaître leurs devoirs, ce qui veut dire pour moi de soutenir la langue française en l’utilisant et de participer à la culture francophone. Également, je déplore l’effritement chez les jeunes francophones de la volonté d’utiliser leur langue, phénomène que je constate sur le blogue en question ou plusieurs francophones ont opté de s’exprimer dans un anglais parfois boiteux. C’est dingue! … et cela m’attriste.

  16. Où avez-vous pris ça ?

    Le créole est un mélange de langue diverse.

    Les occupants de l’île à l’arrivée des Espagnols étaient les Taïnos qui leur ont servi d’esclaves. Ensuite les espagnols utilisèrent des esclaves africains qui se joignirent aux esclaves Tainos.

    Lorsque les Français arrivèrent beaucoup plus tard, les esclaves de l’île parlaient déjà un créole formé de leurs langues diverses africaines, de la langue tainos et de l’espagnol.

    Les français n’avaient pas d’industrie de l’esclavage et devaient se les procurer en les volant aux Espagnols ou les achetant aux Hollandais qui dominaient l’industrie. Ces esclaves parlaient déjà un créole des îles avoisinantes ou du Brézil.

    Le français c’est ajouté à ce créole comme aujourd’hui l’anglais s’y ajoute.

  17. L’étude de Jacques Leclerc de l’Université Laval sur les aménagements linguistiques dans le monde, parle de 127 types de créoles dans le monde, dont 15 sont à base de français. C’est le résultat d’un mixage de différentes langues. Un ami Haïtien me disait que le créole haïtien est un mélange d’espagnol, d’anglais et de français; ce qui me semble tout à fait logique.

    Quant au statut officiel du français à Haïti, il n’apparaît qu’en 1918 et semble constituer plutôt une réaction du peuple haïtien face à la menace que représentait l’anglais, langue de l’occupant américain.

    L’étude (2005) mentionne aussi que 80% de la population actuelle d’Haïti parle uniquement le créole. La France ne représente certainement pas un souvenir agréable pour l’ensemble de la population et le français m’apparaît plutôt comme l’instrument privilégié pour participer à la communauté mondiale plutôt qu’un attachement ancestral comme le nôtre.

    Je comprends la réaction de Louis lorsqu’il a questionné l’auteur du site en question quant à la langue utilisée pour qu’une ville francophone dans un état francophone vienne en aide à un pays francophone. C’est frustrant.

    Mais, pour une fois, je crois qu’il faut passer outre et aller vers l’essentiel, soit : aider Haïti. J’ai d’ailleurs remarqué les nombreux messages en français sur les pages de ce groupe.

    Les occasions de soutenir notre combat pour notre langue nationale ne manquent pas. C’est un combat journalier. Ce site n’est qu’UNE manifestation spontanée de cette volonté et cette urgence d’aider Haïti. Ça ne veut absolument pas dire que l’aide du Québec s’organise en anglais. Enfin, je ne veux pas trop me faire l’avocat du diable puisqu’au fond, je suis d’accord avec Louis; je crois simplement qu’il faut rester concentré sur l’urgence essentielle: la situation en Haïti.

  18. Une jeunesse montréalaise! Ici à Gaspé, j’ai été témoin encore hier du mépris généralisé que nous avons tous envers nous-mêmes.

    Dans un resto, un anglophone de la place parle strictement en anglais et je l’entend dire que le français c’est trop difficile (l’excuse classique), le serveur de lui répondre en bon téteux et en anglais lui aussi,  » oui même moi j’ai de la misère en français  »

    L’exemple le plus ridicule c’est quand les gens qui ne connaissent pas l’anglais s’expriment en français avec des intonations anglaises. Fait vécu ici aussi…

    Pouaaaahh!

  19. Si ce n’est pas de la propagande de dire que les Etats-Uniens bloquent nos aides… J’exige des preuves!

    Y’a pas de combat de langue, oui on est plus près d’eux car la communauté est forte ici (au Québec) et qu’on aime les haïtiens mais bon, c’est pas pour autant que l’on peut dire tout et n’importe quoi sur la situation et surtout user de cette dernière pour parler d’une toute autre chose. Un seul besoin prédomine dans de telles circonstances, le soutient. Je le redis, pas besoin de récupérer une situation dramatique pour un combat comme celui là(la langue ou quoi que ce soit d’autre). C’est comme tout ce beau monde qui ne fait que tout reporter à son beau nombril. Oui, moi aussi ça m’est arrivé. Moi aussi j’ai fait ça. Moi aussi je vais…

    Alors, ton gars qui tente d’aider Haïti ok il fait ça en anglais et toi, tu fais quoi pour Haïti en Français?

  20. [Modération: Ce blogue est un blogue québécois; les commentaires dans une langue étrangère ne sont pas tolérés. Veuillez lire la charte néthique. Merci!]

  21. Je seconde.

    Mais j’aimerais bien savoir ce que ALS avait à dire. Allez ALS, un petit effort, tu vas voir, on n’en meurt pas.

  22. Bon, un autre qui n’a pas encore compris dans quelle langue ce blogue est administré, rédigé et commenté! Si tu veux bloguer en anglais, va sur un blogue anglophone! Ce n’est pas ça qui manque dans la blogosphère canadienne et américaine.

  23. J’ai déjà faites beaucoup d’efforts en Français, parler et écrit et il n’y a jamais apporté rien. J’ai étais critiqué pour mon écriture en Français et il y avait des clients qui ont refusé de faire affaire avec moi car je porte un nom trop Anglophone pour eux. Ça c’est mon dernière effort.
    Et le dernier linge de ma poste était que nos prières et pensées sont avec les victimes d’Haïti, dans n’importe quelle langue!

  24. Bravo.
    Je crois également que la situation en Haïti mérite une trève.

    Et, si tu permets, la raison pour laquelle tes efforts en français n’ont jamais rien rapporté, c’est que les Québécois n’ont pas la fierté d’exiger l’utilisation de la langue nationale dans leur vie quotidienne. Ce qui a pour résultat que des anglophones comme toi, et beaucoup d’allophones peuvent prétendre vivre ici sans avoir une connaissance minimale du français.

    Quant aux clients qui te critiquaient, ce sont des cas particuliers qui, crois moi, se passent des deux côtés de la barrière linguistique.

    Si plus de Québécois faisaient comme Louis et la majorité des intervenants sur ce blogue, ton français, bien qu’il soit fort acceptable, serait encore meilleur et surtout plus utile; jusqu’à devenir indispensable. C’est à nous de l’exiger.

    En attendant, ton message est passé et il est le bienvenu.

  25. Franchement, vous êtes juste évasifs sur le caractère puéril de la récupération médiatique de cet article. Ok pour les combats sur la langue et tout ce que tu veux. Ok pour l’identité et etc. Ici, maintenant, les Haïtiens se ramassent dans des fosses communes pendant que des gros gras dans le nord parlent d’identité linguistique! Franchement! C’est de la récupération gratuite pour se faire voir. Allez-y donc !

  26. […] Racisme Ordinaire – Haïti […]

  27. interessant … pour ceux qui ne savaient pas tout ca.

    http://lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=2010

  28. Félicitations reblochon! Tu as écrit le 20 000e commentaire de ce blogue!

  29. Maudit chanceux! Quel prix vas-tu lui accorder? Sans farces comme je t’ai dit sur Facebook, continue ton bon travail Louis. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec toi j’apprécie ce que tu fais.

  30. Avec le bol que j’ai, le premier prix va etre un souper en tete-à-tete avec Gébé !

  31. Hé,un peu moi je veux être le cent millième…mais attendez le début avril parce que je serai un peu absent d’ici là.
    😉
    Bravo Louis.
    Et Reblochon aussi bien sûr.

  32. Un peu tout croche oui…

  33. Tu gagnes un souper avec moi reblochon… Mais je ne sais pas quand encore, car je suis assez occupé ces jours/semaines-ci! 🙂

  34. Un des répondants exprimaient le fait que la majorité des Haïtiens au Canada sont originaire de l’élite Haïtienne.

    C’est Archi-faux, C’est une légende urbaine présente même parmis les haïtiens des USA.  » L’Élite  » sont les immigrant du début des années 60 jusqu’a je dirais 70. Une partie non – négligeable d’entre eux sont meme blanc installer en Haïti depuis des siècles et souvent mélangé avec d’autre mulatre oeuvrant dans le richissisme commerce du café, Duvalier les à expulser! C’est ironique puisque Duvalier les a rempalcer par les Arabes qu’il préférait au mulatre.entre 70 et 79 ce sont des jeunes qui sont venu immigré ( mes parents en font partie) au canada pour venir travailler et aider leur famille. puis de 79 à nos jours, c’est la masse.

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