Les vautours

Les vautours sont des animaux nécrophages qui se nourrissent surtout de carcasses et qui occupent une niche écologique essentielle à la bonne santé de tous les animaux, ainsi qu’à celle de l’homme. Ils chassent en volant haut dans le ciel, repérant les morts ou les individus à l’agonie. Ils descendent alors en piquée, installent leurs caméras et microphones et filment la misère humaine. « Monsieur, monsieur, comment vous sentez-vous maintenant que vous n’avez plus de toit, que toute votre famille a été tuée et que des dizaines de cadavres en décomposition inondent votre pelouse? »

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Les vautours sont parfois qualifiés de « culs-de-sac épidémiologiques » pour leur capacité à encaisser virus et bactéries sans les transmettre. Ils débarrassent les cadavres et les empêchent ainsi de contaminer la nappe phréatique ou de propager des maladies. Ils s’assurent, en faisant du voyeurisme de la détresse la plus totale des Haïtiens leur pain et leur beurre, que cette misère ne puisse pas contaminer notre petits cerveaux proprets en posant des questions dérangeantes. Des questions du genre: comment se fait-il que ce pays soit si pauvre? Ou encore: pourquoi cet État est si faible et désorganisé? Ou bien: comment se fait-il que devant le risque sismique maintes fois répété on n’ait jamais imposé des normes de construction plus sévères? Ces interrogations sont autant de sources de contaminations. Mieux vaut regarder les cadavres et faire du pipole.

« Ici Richard Latendresse, à Haïti. Je me trouve présentement dans une rue de Port-au-Prince. Regardez derrière moi: il y a des dizaines de corps en décomposition; l’odeur est pestilentielle, et personne, je dis bien personne, ne s’arrête pour tenter de s’occuper de cette situation ». Homme dans la fleur de l’âge, fraîchement débarqué, il aurait simplement à lancer son micro, à prendre une pelle et à aider la population à lutter contre les épidémies en recouvrant les cadavres de terre. Meuh non! « Plusieurs craignent une catastrophe humanitaire et des épidémies. » Le vautour se régale, il se goinfre d’une misère humaine qu’il pourrait pourtant contribuer à réduire.

Et les autres, le cul bien au chaud dans leurs bureaux montréalais, sont-ils mieux? Ils se découvrent une émotion, de grandes envolées lyriques, de longues phrases poignantes de douleur et d’espoir. Ils implorent Dieu, le diable ou les deux. Ils parlent du courage des Haïtiens de la même façon qu’on vanterait les mérites d’un participant à une émission de télé-réalité. « Cette semaine, Maxime a été très courageux d’interpréter la chanson de Mika; très touchant comme performance. Revenez-nous après la pause, nous compterons les milliers de morts en Haïti. » Ils se font une carrière sur la douleur des Haïtiens et l’image d’une femme cherchant ses fils ou d’un homme ayant perdu sa femme ne sont qu’autant de cartes postales de souffrance pré-mâchée qu’on insère dans un bouillon de sentiments faciles.

Les vautours s’attaquent à digérer ce qui nous serait autrement indigeste. Ils plongent leurs longs becs dans la misère humaine et s’en servent goulûment pour prospérer. Ils transforment une information trop complexe, trop intense, trop difficile à concevoir, en fragments de petites histoires glauques ou pathétiques, en pizzas pochettes de la douleur emballée pour conserver toute sa saveur. Ils s’approprient l’essentiel de nos passions, les pré-digèrent, et nous les renvoient dans un long éditorial ou un topo larmoyant où le journaliste se met lui-même à l’avant-scène.

Tout cela, pour qui? Pour nous. Ce sont les éboueurs des ondes, les vidangeurs de la misère humaine, les vautours domestiqués de nos consciences qui nous convainquent de donner un petit dix piastres pour libérer nos esprits et continuer, par la suite, à voter pour des gouvernements qui, de par leurs actions de déstabilisation d’Haïti au cours des dernières décennies, ont contribué à créer cette catastrophe.

Tout s’achète, tout se paie. La déresponsabilisation, et, surtout, la misère humaine.

Les vautours ont faim. Il faut les nourrir.

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43 Réponses

  1. Là où il y a capitalisme, il y a pillage et destruction. Haïti en est victime depuis plus de deux siècles, et ce n’est pas fini de si tôt tant et aussi longtemps que l’impérialisme, stade suprême du capitalisme, et ce dernier même, existera.

    Ce pays demeurera monnayable d’ici là.

  2. Quelle bouillie d’amalgames ! Pfiouuu et en 3 lignes seulement. Bravo !

  3. Vive RDI! 15 ans de picossage de nouvelles!

  4. Le droit à l’information sans emballage n’est plus actuel. Ça nous prend les cris, les pleurs, il faut voir le visage de la misère, du malheur. Le pire dans cet étalage de la détresse humaine, c’est qu’ils finissent par insensibiliser plutôt que l’inverse.

     » Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus: il leur en fallut le spectacle.  » Amélie Nothomb, Acide sulfurique

    Les vautours font des cotes d’écoutes et vice versa.

  5. À mon avis, c’est l’apparition des chaînes de « Nouvelles continues » qui a transformé nette nécessaire information en une industrie complètement mercantile et dénaturée. Regardez CNN, « vous allez le ouère » comme disait le personnage de Deschamps. Et si ce n’est pas disponible au bon moment, ils vont vous l’organiser.

    Il était quand même rassurant (du point de vue de l’éthique) d’entendre Frédéric Nicoloff de la radio de Radio-Canada nous faire remarquer que les équipes les plus compétentes de secouristes et leurs chiens renifleurs étaient concentrées à l’Hôtel Montana, aux ambassades et autres lieux officiels pendant que les quartiers populaires étaient laissés à eux-mêmes.

    CNN, au même moment nous montrait un père américain en larmes qui suppliait Obama d’envoyer plus d’aide justement au Montana parce que des membres de sa famille s’y trouvaient. Bien sûr il ne faut pas blâmer cet homme de tout faire pour secourir sa famille; mais, simplement, question vautours, ça faisait une belle « shot ». Commercial. Restez à l’écoute pour encore plus de sensations.

    Résiliant ce peuple haïtien ? Heureusement pour eux qu’ils sont profondément croyants.

  6. Pendant ce temps, Isabelle Maréchal, faisait une entrevue avec une designer alimentaire.
    [audio src="http://www.985fm.ca/chmp/audio/audioplayer.php?url=http://mediacorus.corusquebec.com/webcorus/audio/content_Audio/266413.mp3" /]

  7. Wow ! Quel texte ! Soufflant ! Tout est là et bien rendu.

  8. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que les médias profitent de situations aussi dramatiques pour faire du sensationnalisme et engranger des profits.

    Par contre sans ces reportages, la population en général ignorerait probablement les besoins matériels si criants causés par des catastrophes naturelles aussi dévastatrices…

    Les dons faits par le public seraient infimes sans les émotions générées par ces reportages-chocs et nos gouvernements s’impliqueraient probablement très peu sans la pression populaire engendrée par ces reportages si indécents soient-ils…

  9. 50 millon$ du Canada, si la population en donne autant ! (comme si ce 50 million$ ne venait pas aussi de la population).

    Les USA promettent 100 million$.

    Juste après avoir donné 800 milliard$ aux quelques banquiers pour les sortir de la banqueroute.

    Ça vaut pas cher un noir.

  10. Il n’y a eu aucune campagne de collecte de dons pour les banquiers en faillite à cause de la crise. Le peuple n’a pas été consulté et 800 milliards ont été récolés et distribués aux « pauvres » banquiers.

    Aucune collecte ni campagne pour la suposée crise de H1N1. 10 milliard$ ont été exigés par l’OMS et payés par les pays membres. Plus de la moitié de ces vaccins n’ont pas été utilisés.

    Pour la crise en Haïti, il faut des campagnes de dons pour demander la charité dans les pays riches.

    On se demande alors pourquoi l’ONU. Pourquoi le Fond Monétaire International, pourquoi la Banque Mondiale, pourquoi l’Organisation Mondiale de la Santé.

    Pourquoi ces institutions mondiales ?

    Pour qui ?

  11. Moi aussi, je trouve que Louis a pondu un bon texte, très inspiré et très inspirant.

  12. Hum… Que j’aime ce genre de commentaires. Il ne blesse personne et il dit beaucoup.

  13. Comme j’ai dit sur mon blogue, je ferais un groupe Facebook, si je savais comment ça marche, pour déloger Martineau et le remplacer par une chronique de Louis dans le Journal de Montréal.

    Martineau, je ne suis plus capable !

  14. Oui, les vautours…oui !
    et maintenant cette douteuse charité spectacle. Qu’en est-il de la justice ?
    Quel tri saurons-nous faire des infos ? Il est question de « pillages », mais de quel pillages ? de personnes qui ont faim, et qui se précipitent sur la nourriture, ou de profiteurs du malheur ? De l’aide , en un temps bien déterminé, ou une mise en tutelle à très long terme, voire définitif ?
    Allons nous être capable, ensemble , de faire « circuler » la véritable trame qui conditionne les drames d’Haïti, tous pays confondus, avec l’analyse de l’histoire concernant chacun, et l’impact produit au fil du temps.

    Quel espace sera accordé pour s’exprimer vraiment aux habitants d’Haïti et à la diaspora ? Que seront nous capables d’écouter, pour qu’à long terme ce pays devienne ?

  15. Madonna a émis un communiqué de presse pour publiciser son don de 250 000$ et demander à ses fans « d’en donner autant ou de donner ce qu’ils peuvent ». Sa fortune est estimée à 900 000 000$. Je ne veux en rien diminuer la valeur du don, 250 000$ c’est énorme, mais pourquoi s’en « vanter »? Et pourquoi faire la demande ridicule que ses fans en donne autant (j’espère que c’était une figure de style…). La charité a aussi ses vautours.

    Tout ce spectacle me désole.

  16. Amen.

    Tant que ce « Pour qui? » conserve sa généralité. Rien ne caractérise plus le grand capital que le vieux dicton:
    « L’argent n’a pas d’odeur. »

    « Non olet », comme disait Titus.

  17. C’est exactement ce que me disait une camarade de travail : «Du pillage ? Mais ils ont faim…»

  18. 250,000$ pour elle, cela équivaut à nous de donner 25$. Et le pire, c’est que l’argent ne se rend pas au complet là-bas, because les frais d’administration et autres frais connexes.

  19. Pffff!!!

    Indice de liberté économique de Haïti: 6,2/10, 96e sur 141!

    http://www.freetheworld.com/cgi-bin/freetheworld/getinfo.cgi

    Comme exemple de capitalisme et de libre-marché, j’ai déjà vu mieux!

  20. […] This post was mentioned on Twitter by ToileBec and Louis P., Astidastineux. Astidastineux said: Les vautours : http://feedproxy.google.com/~r/lelectronlibre/~3/NEYkQsvmXJ4/les-vautours […]

  21. En tant qu’Haïtiens, j’ai souvent été hostile aux étrangers dans le pays cependant aujourd’hui je vois la générosité des Québécois(et des Canadiens) Merci du fond du coeur.

  22. @L’Agitateur: Je suis à peu de choses d’accord. Le capitalisme sauvage engendre le chaos et Haïti en est bel et bien un exemple flagrant!

    @reblochon: On ne peut pas dire qu’il aille complètement tort…

    @Jean-Luc Proulx: « Indice de liberté »… Et ça ne vient surtout pas d’organismes libertariens ou sympathiques à leur idéologie? De toute façon, on ne compte plus les échecs du libre-marché… Haïti, Islande, Argentine… Même combat!

    @Julien Beauregard: D’accord… Mais RDI est moins pire que TVA, tout de même, à mon avis!

    @James B.: Du gros pipole. TVA qui montrait cette femme dans le bout de Joliette et qui avait pas vu sa mère depuis des années. Elle pleurait, pleurait, et moi je me disais: « quel grand moment de télévision! ».

    @Çaparle Aupopette: Résilience, d’accord… Mais à un moment, il faut cesser de donner l’autre joue, qu’en penses-tu?

    @Claude Martineau: Merci! 🙂

    @Daniel Labonté: Merci beaucoup!

    @Pierre Paquet: Je suis d’accord que ces reportages ont leur utilité. Cependant, après trois ou quatre journées, il me semble qu’on devrait commencer à s’attaquer aux causes réelles de ce cataclysme, c’est-à-dire l’extrême-pauvreté des Haïtiens et l’absence d’un État central fort.

    @Gébé Tremblay: « Ça vaut pas cher un Noir ». Je ne suis pas loin d’être en accord avec toi. Si c’était la Louisiane ou l’Ontario qui étaient touchées, ce serait différent…

    @Jeanne: Les pillages, à mon avis, ne sont qu’une façon de faire oublier le véritable pillage: celui des ressources d’Haïti par des pays étrangers…

    @Achat local 100% Québec: On se fait du capital politique sur Haïti… Désolant!

    @haitien: Nous sommes généreux parce que Haïti est un pays qui nous ressemble, petit, isolé contre une mer hostile, et qui tente de faire de son mieux. C’est mon humble hypothèse, mais en tant que Québécois, je me sens fier d’être proche de ce pays!

    Merci pour vos commentaires!

  23. @ Louis.

    «en tant que Québécois, je me sens fier d’être proche de ce pays!»

    En effet, mais, peu importe de quel peuple on est, je crois que personne, sur cette planète, ne se sent pas un peu Haïtien, en ce moment. Mais, le problème de ce petit pays en est un de très complexe. Il a vécu plusieurs années d’instabilité politique et de dictature, la corruption est omniprésente, la liberté économique y est pratiquement nulle, tellement que la bureaucratie est lourde et qu’elle oppresse le peuple, il n’y a pas beaucoup de ressources naturelles, à cause de l’esclavage et du pillage de ses ressources (ça, on appelle ça de l’impérialisme, pas du capitalisme) et j’en oublie sûrement.

    Le tremblement de terre est la tragédie qui a, véritablement, mis à nu tous ces problèmes et là, je ne parle même pas des émeutes et des fous qui battent le monde, là-bas, à coups de machettes, ce qui n’est pas sans rappeler le Rwanda, non plus.

    Louis, le tremblement de terre qu’a connu Haïti était de 7.0 sur l’échelle de Richter et il a tué 10 000 personnes. Le hic, c’est que, en 1989, la Californie (Bay Area) a, aussi, connu un tremblement de terre d’une magnitude similaire et il n’a tué que 63 personnes. Bon, tu vas me répondre que c’est, quand même, 63 personnes de trop et tu auras raison, mais la comparaison est là et elle débouche sur une question que l’on devra bien se poser un jour: comment est-ce qu’un tremblement de terre d’une même magnitude peut-il causer des ravages et une tragédie moins grande, quand ça se passe en Californie, comparativement aux ravages et à la tragédie que cela peut causer, quand ça se passe en Haïti, là où presque tout a été détruit, même les bâtiments qui étaient réputés comme étant les plus solides du pays (le Palais présidentiel, par exemple), hein?

    Elle est là, la différence et c’est la plus grande liberté économique dont jouissait, à l’époque, les États-Unis! Étant la plus grande économie libre du monde, les Américains ont pu construire des maisons et des édifices beaucoup plus solides et ils jouissaient de meilleurs soins de santé et de meilleurs équipements de recherche et de secours que partout ailleurs dans le monde. Or, malgré toute leur bonne volonté, vivant dans un des pays où l’économie est la moins libre du monde, les Haïtiens ne pouvaient pas bien se préparer pour faire face à un éventuel désastre naturel, comme ce fut le cas pour les Américains.

    Ils ne pouvaient pas construire d’infrastructures solides et encore moins se doter de soins de santé et d’équipement de recherche et de secours digne de ce nom. De ce côté, Haïti faisait, déjà, assez piètre figure. Bref, la leçon de cette tragédie est que les habitations humaines sont construites de façon plus dangereuse et que les vies humaines sont beaucoup plus menacées, quand il n’y a pas de liberté de commerce et d’industries.

    En passant, quelques faits intéressants:

    À Haïti, pour ouvrir un commerce, il faut passer au travers de 13 procédures bureaucratiques. Ce processus prend, en moyenne, 195 jours et il représente une dépense de 227,9% du salaire annuel.

    En République Dominicaine, pour ouvrir un commerce, il faut passer au travers de 8 procédures bureaucratiques. Ce processus prend, en moyenne, 19 jours et il représente une dépense de 17,3% du salaire annuel.

    À Haïti, pour obtenir un permis de construction, il faut passer au travers de 11 procédures bureaucratiques. Ce processus prend, en moyenne, 1179 jours et il représente une dépense de 569,5% du salaire annuel.

    En République Dominicaine, pour obtenir un permis de construction, il faut passer au travers de 17 procédures bureaucratiques. Ce processus prend, en moyenne, 214 jours et il représente une dépense de 131,6% du salaire annuel.

    À Haïti, pour importer un conteneur de marchandises, il faut passer au travers de 10 procédures bureaucratiques. Ce processus prend, en moyenne, 33 jours et il représente une dépense de 1545$/conteneur.

    En République Dominicaine, pour importer un conteneur de marchandises, il faut passer au travers de 7 procédures bureaucratiques. Ce processus prend, en moyenne, 10 jours et il représente une dépense de 1150$/conteneur.

    http://www.doingbusiness.org/ExploreEconomies/?economyid=85

    http://www.doingbusiness.org/ExploreEconomies/?economyid=59

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes, Louis.

    «Et ça ne vient surtout pas d’organismes libertariens ou sympathiques à leur idéologie?»

    Parce que si c’était un organisme gauchiste, il faudrait applaudir le tout et sans se poser de questions? Ton jupon dépasse, mon Louis!

    Ah, et, pendant que j’y suis:

    Indice de liberté économique de l’Argentine: 5,9/10, 114e sur 141

    En fait, leur meilleur résultat date de 2000 (7,2/10, 33e sur 123), ce qui remonte à loin.

    Source: Free the World.com

  24. Louis écrit:

    « Le capitalisme sauvage engendre le chaos et Haïti en est bel et bien un exemple flagrant!»

    « Haïti, c’est le résultat d’une histoire catastrophique à laquelle on a ajouté la catastrophe de réformes économiques diluant le pouvoir de l’État et créant, de facto, un véritable paradis libertarien »

    « L’histoire récente d’Haïti est avant tout celle d’un pays dépossédé, brisé, un pays que des politiques économiques libérales ont démoli. »

    ***

    Avez-tu lu mes réponses?

    L’exploitation ‘capitaliste’ que tu décris, c’est causé par l’absence d’un véritable libre marché. Toute l’économie est contrôlée par des capitales étrangères, des armées étrangères, le fmi, banque mondiale, l’onu, etc. Ce sont des trucs étatiques ou supra-étatiques non démocratiques, qui contrôlent, exploitent, abusent les Haïtiens…

    La bureaucratie kafkaïenne, la corruption endémique, le manque de lois -et le respect de ces éventuelles lois- qui défendent la propriété privé, les revenus d’emplois, la sécurité de sa personne, etc, etc, etc sont omniprésentes.

    Dans une société libertarienne -pas anarchique, comme la somalienne ou hyper bureaucratique, comme la haïtienne- tout serait différent.

    Et encore une fois, je suis sincère, et c’est parce que j’aime profondément ce peuple, souvent trop doux ou naïf pour son propre bien, que j’écris tout ça.

    Louis, stp, éduque-toi un peu sur ce que le libertarianisme. Ta démonisation systématique de ce courant philosophique -qui prône le respect de l’humain en tout- démontre que -malgré ta grande intelligence et ton excellente plume- tu ne cherches pas la réalité en tout.

    C’est vraiment dommage que tu ne saches si peu faire de nuances dans ce domaine. En tout cas, en-dehors de ce sujet, je te trouve très bon.

    http://www.leblogueduql.org/2010/01/les-bons-c%C3%B4t%C3%A9s-du-tremblement-de-terre-en-ha%C3%AFti.html?cid=6a00d8341cb44a53ef012876dd2d1c970c#comment-6a00d8341cb44a53ef012876dd2d1c970c

    ***

    UN exemple parmi tant d’autres (sous forme de poème… plutôt une tentative de poème, mais passons):

    Peuple soumis

    Avant que le fmi impose son ‘rififi’
    dans le marché du riz
    en Haïti
    ce pays exportait son riz

    Maintenant, il en importe des étata-unis,
    qui subventionnent sans vergogne(grr, je ne trouve rien qui fini en i)
    leurs producteurs de riz…

    ***

    Extrait:

    « En 1995, le FMI a forcé Haïti à réduire ses tarifs douaniers sur le riz de 35% à 3%, entraînant une augmentation des importations de plus de 150% entre 1994 et 2003. Aujourd’hui, les trois quarts du riz consommés en Haïti viennent des Etats-Unis. Pour Riceland Foods of Arkansas, la plus grande usine de riz au monde, c’est une bonne nouvelle. Les bénéfices de Riceland ont fait un bond de 123 millions de dollars entre 2002 et 2003 grâce, en grande partie, à une augmentation de 50% des exportations, principalement vers Haïti et Cuba. Cependant, cela porta un coup terrible aux cultivateurs haïtiens en particulier dans les zones consacrées à la culture du riz qui enregistrent les taux de malnutrition et de pauvreté les plus élevés. »

    http://www.haiti-info.com/spip.php?article3631

    ***

    Dans un véritable libre marché…

    1) Les producteurs agricoles américains ne serait PAS parmi les producteurs les plus subventionnés au MONDE.

    2) Les producteurs américains ne pourraient PAS compétitionner les producteurs Haïtiens (ou jamaïcains, ou africains, ou alouette), dans leurs propres pays;

    3) Les FMI et banque mondiale de ce monde (des patentes non-démocratiques et anti-libre marché), ne pourraient pas imposer des trucs aussi anti-démocratiques et anti-libre marché que ce marché de dupes.

    Dans un ‘méchant’ monde libertarien, les gros producteurs ne pourraient PAS se servir de l’état ou de trucs supra-étatiques pour imposer ce -soi-disant- libre marché… alors que c’est en réalité du NÉO-libéralisme… ou du VRAI ‘capitalisme monopolistique’, dirigé…

    Commencez-vous à comprendre? (pour ceux qui associent libertariannisme au néo-libéralisme)

    Le fmi a détruit l’indépendance alimentaire et la production agricole de je-ne-sais-plus-combien de pays. En plus de les endetter ! Faites des recherches sur CE sujet, et vous allez comprendre que la rhétorique et les guéguerres droite-gauche sont vraiment contre-productives. Certains gauchistes disent que ces dérives sont dû au libre marché et certains droitistes font l’apologie de ce faux libre marché. Les 2 courants de pensée font fausse route et me donne le gout de crier.

  25. @ SEBAS -clin d’oeil,

    Peuple soumis

    Avant que le fmi impose son ‘rififi’
    dans le marché du riz
    en Haïti
    ce pays exportait son riz

    Maintenant, il en importe des étata-unis,
    qui subventionnent sans vergogne -faux amis-
    leurs producteurs de riz…

  26. @Louis
    Tout à fait d’accord au sujet du pillage, ancien et actuel…
    J’ai lu hier, dans « Mediapart » comment
    « Trois écrivains décryptent Haïti, son histoire et ses cataclysmes »

    http://www.mediapart.fr/journal/international/190709/trois-ecrivains-decryptent-haiti-son-histoire-et-ses-cataclysmes

    « Dans des styles radicalement différents, ces trois livres racontent Haïti, mesurent l’extraordinaire poids du passé, font émerger les souvenirs reconstruits de cette ancienne colonie française qui se libéra de l’esclavage et proclama son indépendance en 1804. Ils racontent aussi la violence des rapports sociaux, la sophistication des moyens de domination, l’absence d’espace public et des élites prédatrices. »

  27. Je continu à apprécier tes propos et ceux de tes correspondants que je trouve très au fait d’une situation qui est au dessus de la compréhension de la majorité des populations sous influence du mal (Occident). Il faut se donner les moyens quels qu’ils soient pour anéantir à jamais le mal qui nous gruge et nous détruit au point de ne plus savoir par où commencer. Que font les syndicats dans nos pays supposément développer pour instruire les travailleurs qui n’ont plus le temps de comprendre ce qui se passe autour d’eux, ils sont occupés à sauver leur peaux. Un tremblement de terre peut-être????

  28. @ Louis,
    J’aimerais dissiper une impression que la dernière phrase de mon intervention semble avoir donnée: je dis qu’ils sont chanceux d’être croyants. Je ne dis pas que je le suis. Et je ne dis pas que je n’aimerais pas l’être non plus. Même me définissant comme agnostic, je n’arrive pas à m’adonner au pari de Pascal.

    Quant au peuple Haïtien, s’il en est un qui ne tend pas l’autre joue, c’est bien celui-là. C’est en partie, selon moi, ce qui fait sa résilience. Les Québécois pourraient y trouver de grandes leçons de courage.

  29. Et parlant d’autre joue et de vautours, je m’étonne qu’un de ces vautours n’aie pas encore été attaqué par des désespérés qui ne voient d’aide arriver à eux que sous forme de caméras et de micros.

    Indécent.

  30. e suis à peu de choses d’accord. Le capitalisme sauvage engendre le chaos et Haïti en est bel et bien un exemple flagrant!

    «On ne peut pas dire qu’il aille complètement tort… » – Louis

    (« qu’il ait », pas « qu’il aille »)

    Si il parle de capitalisme sauvage oui tout à fait d’accord. Mais ce n’etait pas ecrit dans son texte, plutôt dans le tien. Et l’impérialisme existe tout autant dans des régimes capitalistes que communistes, droite ou gauche, l’impérialisme ne connait pas de camp.

    « l’impérialisme, stade suprême du capitalisme, » mais on se marre devant de telles sottises.

  31. Comme disait l’autre:
    le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme; alors que le communisme c’est tout à fait le contraire.

  32. […] Michelle, Pierre, (ajoutons Richard Latendresse qui subie lui aussi quelques critiques sur ce sujet) ou tout autre relayeur d’information augmentent «leur capital» de […]

  33. […] https://ledernierquebecois.wordpress.com/2010/01/15/les-vautours 0 vote Répondre | Alerter | Lien permanent […]

  34. […] […]

  35. @ Çaparle Aupopette.

    «Comme disait l’autre:
    le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme; alors que le communisme c’est tout à fait le contraire.»

    Pouahahahahahahaha!!!!!!

    N’oublie pas ta faucille et ton marteau, surtout, KKKamamarada!!!! 😆 😆 😆 😆

    Non, mais, ce qu’il ne faut pas lire! Alexandre Soljenitsyne doit bien se retourner dans sa tombe.

  36. Ta perspicacité est étonnante.

  37. Je croyais que cette vielle blague se berçait au musée, mais il semble que non seulement Jean-Luc ne l’avait jamais entendue, mais encore faudrait-il la lui expliquer.

    Sulcul !

  38. [Modération: Son nom est Jean-Luc, pas d’insultes sur son nom SVP] m’étonnera toujours par ses analyses approfondies et ses émoticones.Dans ce cas-ci, émo ti-cons serait plus juste.

  39. Et pendant ce temps, « les riches s’enrichissent tandis que les pauvres s’appauvrissent »…
    Si Haïti pouvait nous montrer, à nous le peuple, qu’il faut nous mobiliser ailleurs aussi pour une plus juste répartition des savoirs et des richesses. En ce moment on meurt de soif et de faim ailleurs sur cette terre, fallait-il le rappeler ? Combien d’autres peuples en détresse ?

  40. Tu serais venu me dire ça sur mon blogue, tu y serais out manu militari. Capiche, Charles?

  41. Désolé, erreur de frappe…

  42. Pas besoin d’etudier Haiti pour voir ce que rend une republique nananiere, dans une moindre mesure on vit la meme chose ici.

  43. […] et la perle des bureaucrates! Les médias sont contents, ces temps-ci. Depuis une semaine, ces vautours, pour paraphraser Louis P., se nourrissent de la misère humaine d’un petit pays des Antilles pour meubler leur temps […]

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