Le Devoir: 100 ans de mollesse

Véritable festival de la flagornerie ces jours-ci alors qu’on célèbre le centenaire du journal Le Devoir. Le Devoir il est beau, Le Devoir il est grand, Le Devoir il est fin, longue vie au Devoir, merci au Devoir, bravo Le Devoir. Un tel concert d’éloges ne peut que camoufler le profond vide idéologique entourant le quotidien et son extrême pusillanimité face à la moindre prise de position critique. Cent ans après que Henri Bourassa ait viré Olivar Asselin, fondateur de la Ligue Nationaliste, éditeur du très combatif hebdomadaire Le Nationaliste et meilleur journaliste de son époque, pour créer un quotidien plus modéré et servile face au pouvoir en place, Le Devoir constitue toujours le journal d’une élite ramollie portant sa feuille tiède bien en vue comme les femmes de la haute société exposent leur sac à main Louis Vuitton.

Source de l’image

« C’est le seul journal indépendant à Montréal » entend-on parfois dire. Oui, c’est vrai. Mais encore faut-il faire quelque chose de son indépendance. À quoi sert-il au jeune adulte de quitter le domicile familial si c’est pour adopter sensiblement les mêmes règlements, les mêmes valeurs, les mêmes règles que ses parents? L’indépendance doit permettre à des idées, des valeurs, des convictions différentes de s’exprimer; elle doit s’octroyer l’expression d’une pensée différente, d’une idéologie unique ayant ses racines dans le passé et tendant ses branches vers le futur. Et Le Devoir a échoué lamentablement en s’enfermant dans une pseudo-objectivité l’éloignant définitivement de ce qu’il devait défendre à l’origine: les intérêts du peuple québécois. Le journal est devenu élitiste et a transformé la cause nationaliste en lubie d’intellectuels sclérosés longeant les murs des sous-sols de l’UQÀM.

Qu’elle est loin l’époque du journal Le Nationaliste, de Olivar Asselin, créé en 1904 et auquel Bourassa avait cessé de participer parce qu’il ne voulait pas entacher sa réputation en appuyant les idées contestataires du journal!

À l’époque, les étudiants se mettaient à une quinzaine autour d’une seule copie pour lire et discuter des textes d’Asselin. Ce dernier se promenait de procès en diffamation en procès en libelle, se servant de chaque présence au tribunal pour asséner des coups aux élites corrompues. Il a même été en prison pour avoir giflé publiquement Louis-Alexandre Taschereau, futur premier ministre! Jules Fournier, qui le remplaçait alors au Nationaliste, y a été jeté lui aussi pour avoir pris la défense d’Asselin avec beaucoup de passion. Asselin, qui a renoncé à son propre journal pour aider Bourassa à se faire élire au Québec, et ce dernier qui l’a laissé tomber par la suite. C’est ainsi que fut créé Le Devoir. On se rappellera que Bourassa a lui-même quitté son journal en 1932 à cause d’une polémique l’opposant à Lionel Groulx et à d’autres nationalistes qui refusaient les positions de Bourassa en faveur d’un Canada uni et du bilinguisme.

Cent ans plus tard, c’est le même esprit peureux, servile, d’un nationalisme propret et javellisé qui émane des bureaux de la rue Bleury. Face à une Presse qui, à la suite d’une histoire où elle servait d’organe officiel de propagande tantôt du Parti Libéral, tantôt du Parti Conservateur, n’hésite pas à afficher clairement son fédéralisme et son appui au multiculturalisme, Le Devoir se contente de parler d’indépendance du bout des lèvres, d’identité entre les lignes, de défense du français tant qu’on n’importune pas les anglophones en leur imposant la loi 101 au Cégep; Le Devoir est un journal nationaliste en autant que son nationalisme n’implique pas de prise de position nationaliste. On porte le nom comme autant de faux bijoux qu’on expose pour s’offrir un statut social que seule la pratique peut permettre.

Il serait peut-être temps pour Le Devoir d’entrer dans le nouveau siècle. Le nationalisme, après des décennies où il a contribué à l’émancipation des Québécois et où même les plus fédéralistes d’entre nous l’appuyait (Claude Ryan a déjà été directeur du journal), est redevenu une position contestataire. Quand Henri Bourassa a créé son journal, l’ennemi était canadien; aujourd’hui, il faut réinventer le discours nationaliste pour le rendre plus combatif et en synchrone avec une nouvelle réalité qui demande de trouver des moyens d’assurer la pérennité des valeurs et de l’identité du peuple québécois dans un contexte de mondialisation où même des États souverains ont de la difficulté à protéger leur identité. Le nationalisme doit de nouveau en être un de combat, acide, ironique, caustique, permettant de trouver des façons d’assurer la diversité humaine en protégeant les cultures minoritaires comme celle du Québec.

Il y a de la place pour un journal indépendant d’idées à Montréal. Ces idées doivent cependant être porteuses d’un discours cohérent et d’une idéologie redonnant pleinement le rôle de quatrième pouvoir au journalisme et ne le cantonnant pas dans celui de petit caniche se tenant lui-même en laisse et ne faisant peur à personne. Si vraiment Le Devoir est attaché à son passé nationaliste, il serait temps pour lui de reprendre l’initiative et de ne pas avoir peur d’affirmer des positions osées, nécessaires, que ce soit sur l’immigration, la langue française ou le multiculturalisme en général.

Dans un contexte de mutation profonde du monde journalistique où le format papier est appelé à disparaître, ce ne sont plus ceux qui disposent des moyens de production, pour paraphraser Marx, qui sont appelés à dominer le monde des idées, mais plutôt ceux qui ont, effectivement, des idées. Les blogues ne sont que la pointe de l’iceberg d’un phénomène condamnant les journaux ayant peur de prendre position et refusant leur rôle de chien-de-garde des intérêts des gens à une disparition aussi inévitable que le moteur à essence a remplacé les chevaux.

Si Le Devoir espère un jour célébrer son bicentenaire, il ferait bien de laisser tomber sa prétendue objectivité pour embrasser de nouveau un nationalisme de combat faisant du Québec le fer de lance de l’affirmation identitaire de tous les peuples de la Terre pour la survie de la diversité humaine.

Publicités

36 Réponses

  1. Il reste que, Olivar Asselin, bien que je l’admire beaucoup, effectuait du journalisme d’opinion. Le Devoir demeure un journal beaucoup plus profond que les autres quotidiens préférant publier des dépêches de presse d’environ 250 mots au lieu d’approfondir le sujet et d’apporter des surplus d’information.

  2. En faisant la cuisine, tantôt, j’entendais la télé qui était syntonisée sur RDI et il y passait l’émission Tout le Monde en Parlait. Le sujet était le 100e du Devoir. Puis vint un moment qu’il fallait s’attendre ; la bonne morale de la nouvelle religion holocaustique qui doit nous être rappellée comme lorsqu’on nous rappelait d’aller à se confesser il y a 50 ans.

    C’est l’historien Robert Lahaise qui pour l’occasion a scrutté tous les articles du Devoir de l’époque des années 30 pour identifier pour nous ceux qui sont antisémites. Il a un don ou un pendule. Cette petite portion de l’émission s’intitulait « La seule période noir du Devoir ». Pour accompagner la morale de Lahaise on nous affichais des photos d’immigrantes aux minettes de victimes et aux allures de pauvrettes sans le sous. Il ne fallait surtout pas oublier les petites affiches « No Jews » de St-Agathe biensûr et surtout ne pas montrer aucune photo du milliardaire juif Fox (20th Century Fox) qui du haut de son manoir là-bas finançait grassement ces immigrants russo-juifs pour s’y installer pour envahir et s’accaparer le commerce de services que les Canadiens français y avaient bâti pour la clientelle des riches Américains.

    Période noire du Devoir qui aurait dû plutôt supporter Staline et ses boureaux juifs (80 millions de morts) qui se partagèrent l’Europe avec Wall Street ?

    On peut comparer Le Devoir à un bas qu’on rappièce depuis trop longtemps. Lorsqu’il ne reste plus aucun fil d’origine, peut-on encore dire que c’est le même bas ? Ou est-ce un autre ?

  3. Il suffit de lire la chronique signée hier par Michel David : « Le virage du Devoir » pour en constater la tiédeur.

    Virage mou. Mou comme Bourassa.

    « Je le [Bourassa] soupçonne d’avoir applaudi intérieurement au virage souverainiste amorcé par Le Devoir après l’échec de l’accord du lac Meech. Les épouvantails sont très utiles en politique, mais il était également trop conscient de l’ambivalence des Québécois — et de la sienne — pour trouver normal qu’aucun grand quotidien ne défende une vision de l’avenir du Québec partagée par la majorité des francophones. »

    et aussi ceci, toujours dans la même chronique:

    « Sur la question linguistique aussi, Le Devoir a changé depuis l’époque où Claude Ryan s’opposait énergiquement à l’adoption de la Charte de la langue française. Il est vrai que la position de M. Ryan répondait à une certaine logique: il y a des limites à un Québec fort et français dans un Canada anglais et uni. »

    C’est ce qu’il appelle : « le genre de la maison ».

  4. Parlant de nos marx-médias,

    une chance que moi et ma femme avons de la famille en Europe, sinon nous n’aurions jamais su qu’il y a là-bas une vague de froid sibérienne jamais vu depuis des lustres !

    C’est vrais que ce doit être gênant de publier une telle nouvelle juste après cette campagne médiatique pro-réchauffement de la planète il y a juste quelques semaines !

  5. Ça GB, c’est la fonte des glaces en Arctique qui a pour effet de diminuer la densité de surface en Atlantique Nord et de la quantité de chaleur apportée par le Gulf Stream qui remonte vers l’Europe. D’où un refroidissement local: l’Europe de l’ouest.

    http://planet-terre.ens-lyon.fr/planetterre/XML/db/planetterre/metadata/LOM-refroidissement-local.xml

    Cela dit, c’est notre « Devoir » de rester dans le sujet. 😉

  6. Et comment expliques-tu pour la Floride, mon cher réchauffiste, hein?

    En passant, froid = baisse des températures et l’Europe est en plein dedans depuis septembre! Si il fait froid, c’est parce que les températures baissent et que la période de refroidissement climatique commence à s’installer, comme ce fut toujours le cas après une période de réchauffement climatique (le dernier réchauffement a prit fin il y a 10 ans, le plateau sur lequel on était depuis 1998 a commencé à baissé en 2003 et ce n’est qu’en 2005-2006 qu’on a commencé à s’en apercevoir), le climat ayant toujours été quelque chose de cyclique, jamais de fixe!

    Bref, on n’a pas fini de greloter, même si il y en a qui ont tout fait pour cacher cette baisse en tripotant leurs données («hide the decline») et en opérant de la collusion dans les revues scientifique pour que les vrais faits ne se rendent jamais jusqu’au grand public! Le Climategate, ça te dit quelque chose? 🙂

    Ton éco-catastrophisme, ça fait longtemps qu’il est discréditer, mon cher malthusien: http://lequebecdedemain.blogspot.com/2009/12/les-prophetes-de-malheur.html

    En passant, maudit que j’ai hâte de vous voir cracher sur les sables bitumineux de l’Alberta avec un gouvernement du Wildrose Alliance (un parti politique albertain qui est beaucoup plus nationaliste que ne le sont les conservateurs et qui trône bien en haut des sondages), les environnementeurs! Ça risque d’être extrêmement jouissif à voir! 😀

    P.S.: Navré d’être hors-sujet, Louis, mais je ne pouvais me résoudre à me mordre la langue! 🙂

  7. Mes fautes de français qui ont été faites par inattention dans mon dernier commentaire m’écoeurent, littéralement. Veuillez ne pas bogguer là-dessus! Merci!

  8. Le Gulf Stream en Chine ?

    8 pieds de neige en Chine !

    Et aux USA ?

    En même temps que les courants font fondre l’arctique ?

  9. Les courrants qui n’étaient pas assez chauds auparavant pour faire fondre la glace d’Arctique ammenaient plus de chaleur que ceux maintenant qui la font fondre ?

    ??!!

  10. Bravo ! Que vous avez donc raison, mon cher Louis ! Le Devoir n’est pas ce qu’il devrait être…
    Quand je pense que ce journal a lutté contre le droit de vote des femmes, a appuyé l’Union Nationale, etc. Ça me fait frémir de honte !

  11. « Devoir constitue toujours le journal d’une élite ramollie portant sa feuille tiède bien en vue comme les femmes de la haute société exposent leur sac à main Louis Vuitton. »

    Ca resume tout et aussi pourquoi je ne m’abonnerai jamais à cette feuille de chou consensuel et ennuyante. Je prefere encore lire The Gazette et savoir ce que pense mes adversaires … qui eux parlent clairement et prennent position.

    Apres reste La Presse de Gesca non merci, je ne donnerai pas un dollars pour lire du Pratte, Dubuc, Gagnon et les autres sales.

    Ou le journal des beaufs … encore non merci. Heureusement qu’il y a internet et les journaux du monde entier pour avoir de vraies infos.

  12. Moi aussi j’ai hate de voir l’Alberta faire son independance et qu’on ne soit pas obligé dans quelques années de payer pour reparer le desastre ecologique qui se deroule là-bas ! Une raison de plus pour devenir independant si eux ne le font pas.

  13. Lorsque le Devoir était soumis au clergé catholique il pouvait toujours se dire nationaliste, mais maintenant qu’il est soumis aux Juifs il est, au sens pratique, bien mort.

    Le nouveau Devoir parcontre a trouvé la solution en donnant la voix au peuple. Contrairement à la Presse (totalement soumise), le Devoir ouvre presque tous ces articles aux commentaires des lecteurs et ne censure que très rarement. S’il ne peut plus être nationaliste lui-même, il se fait la voix du peuple et ça c’est de l’or.

    Ceux qui se disent nationalistes, souverainistes, indépendantistes, ou simplement Québécois, et sont abonnés à La Presse, serviraient mieux leur cause et les leurs en se désabonnant de La Presse pour s’abonner au Devoir.

    Le Devoir n’est plus celui des journalistes, mais celui du peuple auquel Le Devoir donne courageusement la voix.

    Ou faire comme moi et l’achetter au dépanneur.

    La Presse est disponnible gratuitement sur le web, si on est en manque de divertissement médiocre et potinage vedettes.

  14. « Je prefere encore lire The Gazette et savoir ce que pense mes adversaires … qui eux parlent clairement et prennent position. »(Reblochon)

    Il est en train de couler avec le paquebot Canwest (Juif) ton Gazette.

    Ce serait un excellent moment pour Peladeau d’achetter à rabais des journeaux de Canwest dont la Gazette pour avoir le contrôle de l’information au Canada.

    Vous vous imaginez ? Le contrôle de l’information passerait des Juifs aux Québécois !

    Une foutue quenelle aux english canadians !

  15. M. Préfontaine, ce n’est pas un journal que vous voulez, c’est un pamphlet de propagande. Ça servirait à quoi un journal 100% nationaliste qui ne fait que renforcer un parti-pris que vous avez déjà (que j’ai aussi, soit-dit en passant) ?

    Moi je veux un journal qui m’informe d’abord, qui analyse ce qui se passe dans le monde et qui publie des prises d’opinions diversifiées et souvent (je l’espère) confronte mes propres opinions. Le devoir se débrouille pas trop mal là dessus, il me semble. Je ne lis pas de publications nationalistes, quel intérêt de se faire rassurer dans sa propre opinion ?

  16. @Olivier Morneau: L’opinion est à la base du journalisme. Tout journaliste qui se croit objectif ment à son public. Nous sommes tous subjectifs, ce qui ne veut pas dire qu’on ne recherche pas la vérité. C’est la confrontation des honnêtes subjectivités qui mène à la vérité.

    @Gébé Tremblay: J’ai moi aussi vu ce document à la télévision. Très ordinaire, et je mâche mes mots!

    @Çaparle Aupopette: Oui, le genre de la maison. On prend un sujet, on le chauffe jusqu’à ce qu’il soit bien flexible, et on l’étire dans tous les sens pour en faire un magma confus d’idées brouillonnes. « Libre de penser »… mais quelle cohérence de pensée?

    @Garamond: Merci… Mais je ne suis pas prêt à lui lancer la pierre trop facilement pour les prises de position du passé. On peut avoir des idées différentes des nôtres; l’important est… d’avoir des idées! De ne pas se cacher derrière une prétendue objectivité pour écrire des mots qui ne veulent rien dire.

    @Reblochon: Personnellement, j’aime mieux Le Devoir que des quotidiens dans une langue étrangère et qui méprisent notre peuple. Ce texte ne visait pas à démolir Le Devoir pour le plaisir de la chose, mais peut-être simplement à rappeler qu’on est loin, très loin d’un journal qui assume ses idées.

    @Alex: Un journal, c’est un rassemblement d’individus qui adoptent une certaine vision du monde et qui informent les gens selon cette vision. Ce n’est pas de la propagande, mais simplement une certaine façon de considérer la réalité. Vous demandez quel intérêt à lire un journal nationaliste? Bien simplement: à vous donner des arguments et une base plus solide pour comprendre le monde selon ces préceptes. Ce n’est pas de la propagande, tout au plus une communauté d’idées qui s’exprime. C’est l’affrontement des différents journaux, des L’Humanité des Libération, ou des Le Monde ou Le Figaro en France, qui ont produit une société intellectuellement vivace o les gens sont bien informés. Le Devoir, au contraire, avec son refus d’assumer ses idées, n’a réussi qu’à devenir le journal d’une élite déconnectée de la base.

    Merci pour vos commentaires!

  17. Sans oublier que le moment où ils n’auront plus de pétrole dans leurs sols et que leur environnement sera devenu entièrement souillé et désertique, je n’ai pas envie de payer pour leurs programmes welfare de masse (aide sociale, dettes, BS, chômage …).

    L’indépendance au plus sacrant ! Sinon on va revenir à l’époque Lesage où on payait pour tout le monde, dont l’Alberta qui nous suppliait année après année de financer collectivement leurs explorations et leur développement pétroliers …

  18. Alex, un bon journal est celui qui te donne des informations pertinentes au service de tes intérêts et donc de ta nation. Biensûr qu’un journal est subjectif puisqu’il ne se met pas au service de toute la planète ! Le Devoir ne va pas chercher à informer les Japonais !

    Des opinions diversifiées pour confronter tes opinions, ce n’est pas de l’information.

    Un journal national n’est pas pour te rappeller que tu fait partie d’une nation mais de de t’informer dans l’intérêt de ta nation.

    Tu confond indépendantiste et national. Les fédéralistes n’ont pas rejetté la reconnaissance de la nation québécoise à ce que je sache.

  19. Et les commentaires antisémites?

  20. Des bases plus solides pour comprendre le monde selon ces préceptes ? On parle d’une religion ou d’un journal, ici ?
    Pour renforcer nos propres convictions et avoir des bases plus solides, il y a déjà Le Québécois qui rempli bien ce rôle, à mon avis. Mais, veut-on vraiment un Devoir sur ce modèle ? Ce serait ennuyant à mourir, il me semble. Je ne veux pas d’un journal qui ne fait que renforcer mes partis pris ! Pourvu que le Devoir fasse une bonne place aux prises de positions nationalistes et qu’il ne les musèle pas, ça me va. Mais je veux entendre d’autres opinions aussi.

    Le Devoir devrait être plus militant ? Mais ça servirait à quoi ? Ce n’est qu’un témoin de l’activité sociale d’ici. Ce sont les Québécois qui devraient être plus militants, pas leurs journaux. Reprocher à l’armée d’être molle, ça va, mais reprocher à son messager de l’être, c’est un peu ridicule. Comme on dit, on ne tire pas sur le messager.

    Qui plus est, soyons honnête, des journaux comme Le Québécois ne prêche qu’à des convertis, il ne convainc personne à Westmount à devenir indépendantiste. Un journal plus ‘’neutre’’ comme le devoir à au moins le mérite de faire réfléchir sur la question un auditoire un peu plus large.

  21. Effectivement, quand je parle de nationaliste ici, je réfère au mouvement indépendantiste. Je dis que je ne vois pas l’intérêt d’un Devoir 100% indépendantiste. Désolé de ne pas avoir été plus clair.

    Il y a bien une distinction entre les deux termes, mais je ne vois pas trop l’intérêt d’en débattre ici 😉

  22. Si tu fais reference à La Gazette, je le repete, c’est juste pour mieux connaitre mes adversaires SI un jour je m’abaissai à lire cette feuille de chou meprisante. Personnellement je trouve sur le Net des journaux etrangers ET en francais (meme parfois de pays non-francophone, comme ceux qui traduisent leurs principaux journaux). C’est bien plus sur pour se faire une opinion sur le monde et sur nous-memes.

    Le Devoir, tu n’as peut-etre pas voulu le demolir, mais tu as quand meme touché le point sensible, c’est mou du cul pas à peu pres et à force de vouloir epargner tout le monde et ne pas se positionner … ben on perd tout le monde (sauf les elitistes qui pensent que lire le devoir les rendra moins con que lire le JdM … je te laisse deviner pour les lettres, je risquerais d’etre grossier).

  23. Entre 100% et 0%, y a-t-il un juste milieu pour toi Alex ?

    Et merci pour le bel amalgame entre independantiste et nationaliste … parce que meme si c’est dur à croire, on n’est pas forcement les deux ! Parce que ta difference entre les deux termes, d’apres ce que tu ecris, on dirait que ca n’existe que dans un sens, qu’un groupe contient l’ensemble de l’autre et qu’on ne peut donc etre independantiste sans etre nationaliste. Le contraire on sait bien que c’est possible, juste à regarder les gens de l’ADQ et du PLQ, y en a plein de nationalistes non independantistes.

    En tout cas, on a bien au Quebec un paquet de journaux 100% federalistes car ils ne parlent de notre nation qu’en gardant la vision que nous sommes bien une petite province du canada et rien d’autre et jamais tu ne les verras promouvoir la cause souverainiste, par contre dire que c’est fini, qu’il faut arreter, que c’est d’un autre age, ah ca y en a !

  24. Encore une fois, entre militer pour et ne jamais donner l’heure juste quand à l’option souverainiste en ne denoncant pas les derives et les mensonges federalistes, c’est juste l’autre extreme. Ne rien dire c’est approuver. The Gazette, sans etre à 100% federaliste (dans le sens que parfois ils font un bon papier sur un ami souverainiste), jamais ils ne dementent les dogmes du federalisme.

    Alors entre precher parmis les convertis comme le Quebecois et etre un journal qui se dit neutre et qui pourtant ne descend pas en flamme certains discours pathetique de la propagande federaliste, mais qui est bien present pour nous rappeler que tel souverainiste ne croit plus trop à la cause, ca fait doucement rire. En effet, ils ont encore envie de vendre des journaux dans Westmount … on sent qu’ils ne peuvent pas se permettre de choquer leur lectorat federaliste.

  25. Votre commentaire est raciste.

  26. Le Devoir doit laisser la parole au peuple qu’il doit censurer moins et censurer d’avantage ses journalistes (encroutés).

  27. Ça me fait rire. Réagir aux commentaires antisémites sur « Les Juifs » serait raciste.

    « Les Juifs », ça comprend les proprios de CanWest et les sionistes ultras mais aussi la grande syndicaliste québécoise Léa Roback. Et beaucoup d’autres gens de valeur.

    En tout cas, de la part de quelqu’un qui décrit la presse bourgeoise et marchande comme les « marx-médias » et qui ni les changements climatiques, c’est un honneur!

  28. Louis, c’était avant votre temps (malheureusement pas avant le mien!) mais est-ce que vous connaissez l’histoire des journaux « Québec Presse » et « Le Jour »?
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jour_(journal_québécois)
    Québec Presse (Montréal) (date de première parution non classée sur fr.wikipedia.org
    « Le poète Gérald Godin a d’abord été journaliste au Nouvelliste (de 1958 à 1963). Il s’est ensuite établi à Montréal où il fut longtemps recherchiste à Radio-Canada. Il a aussi travaillé pour le magazine Maclean de 1963 à 1969. Il a travaillé pour Québec-Presse à titre de directeur de l’information de 69 à 73 puis comme directeur général intérimaire à partir de 1973 jusqu’en 1974. » (de l’article fr.wikipedia Gérald Godin)

    Vous trouverez facilement les exemplaires de ces journaux à la Bibliothèque nationale du Québec, sous forme papier ou microfiche.

  29. Le fonds d’archive du journal Québec-Presse est également disponible à l’UQAM:
    http://www.archives.uqam.ca/pages/archives_privees/genere_rdaq.asp?varcote=20P

    Vous allez sans doute découvrir d’autres documents sur la presse indépendantiste au Québec aux archives de la SJJB.

  30. Puisque vous considérez les Juifs comme sémites, biensûr que vous êtes raciste. Vous excluez ainsi les arabes qui sont aussi sémites.

    Si quelqu’un critique les Juifs vous le dites antisémite. Mais pas pour aucune autre communauté. C’est une discrimination raciste, rien de moins.

    Les Juifs ça comprend tous les Juifs. Il n’y a qu’une seule valeur à ça : le racisme.

  31. Le plus frappant exemple que Le Devoir original est bien mort est cette chronique du journaliste millionaire John R. Macarthur au nom de la dénationalisation des pays et leur soumission à la juiverie mondialiste et raciste :

    http://www.ledevoir.com/international/europe/280834/le-piege-de-l-identite-nationale

    La critique y est interdite, biensûr. C’elle de Jacques Noël fut acceptée puis la porte verrouillée pour le laisser seul devant la meute afin de servir d’exemple.

  32. Je n’ai rien dit contre les peuples arabes (qui sont également sémites) et surtout rien contre le peuple palestinien: je milite pour les droits de ce peuple depuis des décennies, en compagnie de bon nombre d’arabes … et de juifs. http://www.pajumontreal.org/

    Historiquement, l’expression « anti-sémitisme » visaient les racistes anti-juifs, dans un contexte européen. Il s’applique toujours à ceux qui parlent de la « juiverie mondiale »

    C’est un honneur de se faire traîter de raciste de la plume (électronique) de quelqu’un qui parle de la « juiverie mondiale », comme le milliardaire Henry Ford.

  33. « Historiquement, l’expression « anti-sémitisme » visaient les racistes anti-juifs, dans un contexte européen. Il s’applique toujours à ceux qui parlent de la « juiverie mondiale » »(Maria Gatti)

    En effet et vous utilisez toujours ce même terme raciste aujourd’hui pour identifier les Juifs.

    Qu’est-ce qui uni un Juif athée anglophone des USA à un Juif athée russe de Russie ?

    Qu’est ce qui fait qu’ils sont tous les deux Juifs, malgré qu’ils ne partagent aucune culture ?

    La juiverie mondiale est basée uniquement sur la race. C’est un concept raciste.

    « C’est un honneur de se faire traîter de raciste de la plume (électronique) de quelqu’un qui parle de la « juiverie mondiale », comme le milliardaire Henry Ford. »(Maria Gatti)

    C’est tout à votre honneur d’accepter ainsi de vous faire dire la vérité. Ford est un bon exemple que vous n’aviez pas toujours cette ouverture.

  34. @Reblochon: Tout le monde au Québec est nationaliste. TOUT LE MONDE. Mais ce n’est pas tout le monde qui partage VOTRE vision de la nation (et celle de monsieur Préfontaine). Certains Québécois sont indépendandistes (ou souverainistes). Parmi les indépendandistes, tous ne partagent pas la même vision de la nation. Et je gagerais que plusieurs d’entre eux ne partagent pas LA-VÔTRE.

    @ Gégé Tremblay : un journal est un lieu de débats, notamment. Y confronter des opinions et visions diversifiées constituent de l’information et participent à des débats plus éclairés.

    Le Devoir n’est pas totalement neutre. Ça n’existe pas de toute façon la neutralité complète en ce domaine. L’équipe éditiorale a un penchant assumé pour la cause souverainiste, bien qu’exprimé de façon modérée. (Mais cela, personne ici ne peut le savoir puisque vous vous faites tous un point d’honneur de ne pas le lire). Qu’on y questionne le souverainisme malgré tout est normal et sain, Reblochon (alors qu’il est/serait douteux que la Gazette ne « [démente] jamais les dogmes du federalisme »). Souhaiter qu’on censure les journalistes pour qu’ils expriment un seul point de vue (lequel au juste?) est un appel à l’endoctrinement, Gégé Tremblay.

    *
    Il semble que ce ce qui agace le plus est que Le Devoir dans son ensemble privilégie une position modérée. Or, Le Devoir fait partie de la presse généraliste qui s’adresse à tous les citoyens du Québec. À ce titre, comme la plupart des journaux généralistes d’ailleurs (y compris Le Monde et la Gazette), la « communauté d’esprit » a pour limite le devoir de réserve et la modération afin précisément que le journal puisse jouer son rôle de lieu de débat public pour les citoyens de toutes les allégeances. (Et ça n’a rien à voir avec la volonté de plaire au lectorat Ouestmontais, Reblochon). Pour lire une ligne éditoriale indépendandiste mur à mur, on se tape Le Québécois. Pour un regard fielleux sur l’actualité, il y a Le couac. Pour des reportages sur vos zartistes, il y a sept jours. Faut pas tout mêlé, quand même!
    *
    @Louis P.: c’est quoi ça cette idée « d’intellectuels déconnectés de la base »?? !

  35. « Souhaiter qu’on censure les journalistes pour qu’ils expriment un seul point de vue (lequel au juste?) est un appel à l’endoctrinement, Gégé Tremblay. »

    Alors, selon votre logique, lorsque le Devoir censure les commentaires des lecteurs il fait de l’endoctrinement.

    Je préfère qu’il censure les journalistes.

  36. Le Devoir et le « Roi nègre »
    Jean-Claude Pomerleau

    lundi 7 septembre 2009

    Le Devoir revient sur l’épisode de Duplessis, lequel voulait faire taire Le Devoir ! À l’époque la posture du journal face au « Cheuf » fut sans équivoque :

    « Dans un de ses plus célèbres textes, Laurendeau présente alors le chef de l’Union nationale comme un « roi nègre », une sorte de marionnette coloniale au service de puissances d’argent qu’il croit contrôler mais qui le dominent en définitive complètement. »

    http://www.ledevoir.com/2009/09/05/265749.html

    Il est vrai que patronage était à l’époque un mode de fonctionnement de notre l’État ; compte tenue de la contingence de notre histoire pouvait il en être autrement . Mais Duplessis n’en a jamais personnellement profité (Documentaire de la SRC) ; et, surtout il n’a jamais trahie les intérêts supérieurs du Québec. Au contraire, il fut un redoutable défenseur de notre autonomie. M Landry se disait dernièrement, ou serait le Québec si Duplessis n’avait pas récupéré d’Ottawa une partie de nos impôts sur le revenus. À t on oublié qu’il fut le premier à utiliser l’expression : « Maître chez nous ».

    Quand est il maintenant de la posture du journal Le Devoir face à notre nouveau Roi nègre, Jean Charest : Il a ouvert la porte à un puissant réseau d’intérêts qui squatte systématiquement notre état, à leurs profits et au détriment du bien publique. Le Devoir tarde à faire le constat que cette clique qui nous gouverne n’a aucune loyauté nationale envers les intérêts supérieurs du Québec ; L’Hydro Québec, la Caisse de dépôt, entre autres, sont devenu leurs choses.

    Au cas ou Le Devoir voudrais sortir de sa passivité et faire ses devoirs, voici un dossier qui mérite sûrement une enquête. Je sais il y en a une multitude mais commençons par ordre d’importance :

    Sous le régime Charest et Thiery Vandal, les droits d’explorations pétroliers et gaziers appartenant à l’Hydro Québec ont été cédé, dans des circonstances nébuleuses, à des petites entreprises privés, dont une (Gastem) appartient à un ex ministre libéral. On parle, entre autres, de réserves prouvées d’au moins 2 milliards de barils de pétroles dans le Golf du St Laurent (Hold Harry).

    http://www.vigile.net/Les-Liberaux-font-mains-basses-sur

    Le bien publique (potentialité de centaines de milliards de dollars) bradé aux petits amis du régime sans qu’aucunes questions ne soit soulevé par quiconque. Cela en dis long sur la combativité actuelle de nos médias pour défendre l’intérêt supérieur de l’État du Québec. Tiré cette histoire au clair. Voilà donc une mission tout indiquée pour le valeureux Le Devoir qui nous a révélé « Le scandale du gaz » en 1958. Et du coup, nous révéler l’étendu de l’abus de pouvoir de notre nouveau Roi nègre actuel, Jean Charest. À moins que cette clique ait réussie, ce que Duplessis n’a pas réussi : Faire taire Le Devoir.

Comments are closed.